Féminité feat. Arakawa Sakuya

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     Sam 30 Déc - 8:53

« Excusez-moi. »

Le japonais était parfait. L’accent était, quant à lui, indubitablement teinté de cette Angleterre si chère à son cœur que Lawrence n’avait quitté que depuis deux mois. Il incline la tête en direction de la personne qu’il venait de bousculer, mais sans trop la regarder, se penchant déjà davantage pour récupérer au sol ce qui semblait être une petite collection de gloss. Il rend les cinq bâtonnets à sa propriétaire. Heureusement, il n’y avait pas eu de dommage. À nouveau, l’Anglais s’incline respectueusement. Il sait en relevant les yeux que la demoiselle est plus jeune que lui et qu’il est donc probablement un peu déplacé de manifester autant de politesse, mais c’est son erreur et elle méritait donc ces excuses. Par contre, il avait réalisé quelque chose à retardement… et pendant un instant Lawrence ne parle plus, réalisant qu’il connaît ce joli minois. Mais d’où ?

« On se connaît ? », demande soudainement l’homme, perplexe. Il n’arrivait vraiment pas à replacer cette personne. Il ne dirait plus qu’il avait devant lui une femme. Malgré sa grande féminité, il parvenait quand même à voir qu’il n’avait pas affaire à une femme mais plutôt à un homme très délicat. Ses épaules étaient un peu plus larges que la moyenne féminine, ses hanches l’étaient pour leur part moins. Ses traits étaient un peu plus angulaires aussi, peut-être. Mais quelque chose le mettait un brin mal à l’aise. Sûrement cette impression de savoir à qui il parlait… sans savoir ! « Excusez-moi encore une fois. Je suis probablement juste impoli. J’ai simplement l’impression qu’on se connaît tout en ayant celle de ne jamais vous avoir rencontré malgré tout. »

Pourquoi se retrouvait-il à parler avec un délicat maquilleur au milieu des loges des artistes de la Eita ? Lawrence s’était certes vu confier le cas Kim Han Sol à la dernière minute cette semaine, mais il était surtout dans cette agence pour reprendre le flambeau d’un autre manager. Quelque chose s’était produit, mais on n’avait pas voulu lui dire quoi. Encore une fois, l’Anglais allait devoir tirer les vers de nez de son petit protégé. Mais cette fois, il s’agissait d’un artiste qui avait déjà débuté. Et il avait envie de le voir avant la rencontre officielle alors il traînait dans le coin…! Quant à ce maquilleur, il semblait fort chargé. Impossible d’ignorer le fait qu’à ce stade, une collision allait arriver un jour ou l’autre. Alors finalement, le certes masculin mais bien petit manager vient prendre quelques trousses des bras de leur propriétaire sans lui demander son avis.

« Attendez… laissez-moi vous aider. C’est honteux, tous ces gens qui vous laissent vous promener ainsi, surchargé… », murmure-t-il tout en offrant au jeune homme un petit sourire, certes pas aussi chaleureux que chez bien des gens, mais au moins présent. Il fait signe à l’autre de passer devant, puisque pour sa part, il ne savait pas trop où ils allaient. « Je vous suis. Qui sait… Je trouverai peut-être celui que je cherche près de la loge où vous allez. »

À moins qu’il ait terminé ce qu’il faisait ici et qu’il repartait dans son… bureau ou son atelier. Comment est-ce qu’on appelait ça, pour un maquilleur ? Bref… Lawrence suivait. Et continuer d’observer probablement trop l’inconnu parce que décidément, quelque chose clochait ! Et grand dieu… C’est quand, après avoir fait quelques pas, le jeune homme se retourne vers lui pour lui lancer un regard par-dessus son épaule que Lawrence comprendre. Et il cesse net de marcher. Il se sentait… vraiment, vraiment trop con…

« Sakuya… »

La « fille » qu’il trouvait si jolie et avec laquelle il bavardait depuis près de deux ans sur Messenger… Lui qui s’était félicité d’enfin trouver une demoiselle à son goût s’en voulait soudainement amèrement. C’était un peu comme ces rêves desquels on se réveille en déboulant les escaliers. Il le vivait mal…
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     Mar 2 Jan - 8:06
Définitivement, il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond avec Sakuya, il fallait vraiment qu’il cesse d’entrer en impact avec les gens comme ça. La jeune Tanegashima c’était déjà suffisant comme collision, mais maintenant le voilà impliqué dans une autre! Comme s’il avait ressenti le besoin de monter en grade, il avait les mains pleines cette fois-ci. Ça lui apprendra à vouloir faire des voyages de lâche. « Pas de mal » avait-il répondu en espérant que l’accent causé par sa surdité ne soit pas trop imposant. Souvent, les gens portaient plus attention à ce qu’il avait que sur ce qu’il disait et dans ce cas-ci, cela serait un possible malaise si son vis-à-vis n’avait pas compris. Une fois que ses précieux gloss furent bien installés dans le pot qu’il tenait en main et que son partenaire de collision se fut relevé de sa forme de politesse un peu excessive mais tout de même apprécié, il fronça les sourcils, cherchant rapidement où il avait déjà vu l’autre jeune homme tout en ayant jamais entendu sa voix avant. Clairement, il n’était pas le seul à se poser la question, mais puisqu’il n’était pas en mesure de donner une réponse claire, il avait préféré se taire.

Du moins, pas en mesure de donner une réponse claire, c’était au début, car dès le moment où son interlocuteur impromptu eut donné ses explications précédées de nouvelles excuses, le cerveau du jeune Arakawa eut vite fait de faire le lien. Quand on est poli à l’extrême même aux yeux d’un Japonais, c’était assurément que l’on était un non-Japonais au Japon. Des gens qui ne venaient pas du pays du soleil levant, Sakuya n’en connaissait pas une beaucoup. Une pensée rapide pour les diverses personnes qui faisaient partie de ce groupe restreint, et lui-même avait reconnu à qui il faisait face. La question se posait par contre : depuis quand est-ce que Lawrence était au Japon exactement et que faisait-il à Eita? Ne faisait-il pas dans le tabac? Probablement que son froncement de sourcils serait interprété comme s’il ne comprenait pas la confusion du Britannique, mais il était plutôt concentré sur ses interrogations.

Quelqu’un de poli aurait donné la réponse à la question précédente comme quoi oui, ils se connaissent et se serait présenté officiellement. Présentement, l’opportunité était trop parfaite pour être ignorée par Sakuya. Il voulait savoir combien de temps prendrait Lawrence avant de réaliser qui il était. Laissant l’autre l’aider sans un mot, il sourit doucement en retour. « Tout le monde… est occupé. » Il avait marqué une pause assez imposante entre les deux bouts de phrase et il avait parlé lentement, presque machinalement, mais malgré tout ce satané accent ne quittait pas. L’orthophoniste lui avait dit que ça pouvait ne jamais partir, mais il essayait quand même. Son message restait véridique, après tout : si près du concert à Disneyland, l’agence était pire qu’une ruche.

« Par ici. » Il ne lui restait qu’à aller porter les trousses auprès des trainees, qui avaient temporairement une loge, donc il espérait pour Lawrence que la personne qu’il cherchait était un trainee ou un membre du staff qui travaillait avec eux. De l’angle qu’il était, en menant la marche, il n’entendait pas très bien les pas de son aide improvisée et une fois qu’il avait passé le cadre de la porte de leur destination  il ne put s’empêcher de vérifier s’il était toujours suivi. Oui, c’était bon, il n’était pas seul. Puis, il y eut les trois syllabes qu’il connaissait le plus au monde, autant à l’audit que lu sur les lèvres de quelqu’un : Son propre prénom. La connexion s’était donc faite… il mettra le délai sur le dos des fuseaux horaires.

« Oui. Allo. » Confirma-t-il en déposant les trousses sur sa table de travail, le pot contenant les gloss à côté, il croisa les bras et ne put empêcher une temporaire expression de victoire, suivie d’un sourire franc. Un vrai sourire de petit malcommode, alors qu’il mettait de l’huile sur le feu avec un : « Me demandait …combien de temps… ça prendrait. » Quelqu’un devrait peut-être lui dire que c’était franchement pas poli, mais si après deux ans à jaser avec lui sur Messenger son vis-à-vis ne savait pas qu’il pouvait être une peste niveau taquineries, il n’aurait pas le choix de le savoir maintenant.

« Toi, au Japon? » Vraiment, un jour il faudrait qu’il existe une application pour décoder les phrases abrégées de Sakuya, ou encore qu’il gagne la confiance suffisante pour avoir de vraies conversations. Malheureusement, ce n'était pas encore le cas et il faudrait faire avec, surtout qu'il semblait pas vouloir donner de répit. « Et Eita?»
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     Ven 5 Jan - 11:54
Dans un premier temps, Lawrence ne fait pas attention à la manière singulière qu’a l’autre de parler. Il n’était en aucun cas Japonais. Ça expliquait le manque de discernement à ce sujet ! Pour lui, les accents des différentes régions du Japon se confondaient et en trois petits mots, il ne pouvait définir une quelconque différence chez qui que ce soit. Il remarque toutefois que le jeune homme prend son temps pour parler et suppose simplement qu’il est lui aussi étranger, dans un premier temps. Son regard se pose sur les nombreuses personnes qui marchent rapidement sans vraiment faire attention à ce qui les entourait. Oui, forcément. Ils étaient occupés. Normal, en même temps. Lui-même pensait l’être un peu plus que ça dès son arrivée à Eita et rageait que ça ne soit pas le cas. Néanmoins, sans mot dire, Lawrence suit le maquilleur docilement, les quelques affaires qu’il avait récupérées en mains. Et c’est à ce moment-là qu’il réalise qui il avait bousculé. Lawrence est perplexe. D’ailleurs, alors qu’il pose les affaires du maquilleur, il ne peut s’empêcher de l’observer. Il se sentait largué…

Lawrence était néanmoins doué pour les apparences et reprendre contenance n’est peut-être pas aisé mais au moins peut-il feindre le contraire. Il a un sourire de façade pour le jeune homme. Sa confusion augmente, mais d’une façon différente, alors que Sakuya lui parle. Des phrases lentes et articulées l’auraient moins dérangé que cette façon de couper dans celles-ci. Il manquait des mots. Même lui, qui ne parlait pas japonais depuis des années, pouvait le remarquer.

« Tu es différent de ce que j’imaginais. », explique lentement Lawrence, se trouvant machinalement une excuse. Bon, c’était aussi assez vrai mais ça, c’était valable pour toutes les relations via Internet, non ? Voir une personne sur deux ou trois photos de profil, ce n’était pas la même chose que de les avoir en face de soi. Certes, Sakuya en avait plus que deux-trois ! Mais pas Lawrence. D’ailleurs, il était étonné que Sakuya le remette si vite. Et qu’on le bénisse… il ne lui avait pas encore fait remarquer qu’il était plus petit qu’il ne croyait ! D’ailleurs, cette pensée le ramène à ce qu’il venait de dire et il précise : « Je ne le dis pas d’une façon négative. Mais en photo et en personne, c’est différent, non ? »

Surtout quand on pense parler à une femme depuis près de deux ans, m’enfin… Quant à sa présence au Japon, Lawrence acquiesce brièvement. Il suppose que cette phrase manifeste de la surprise !

« J’avais envie de faire des expériences différentes avant d’être cloué dans le fauteuil de PDG de l’entreprise familiale. », explique-t-il en haussant doucement les épaules. Et pour un jeune héritier, décider d’aller vivre au Japon n’était pas difficile. « C’est la raison pour laquelle j’avais cherché un correspondant japonais. Je suis manager ici, maintenant… Et toi ? Je savais que tu étais maquilleur, mais pas où. Quelle coïncidence. »

Mais… cette façon de faire des phrases si courtes l’interpelle. Assez pour que Lawrence soit plus attentif dès que Sakuya parle. Et il commence à se douter… Ce n’est que parce qu’ils se parlaient depuis deux ans que l’homme se permet de s’approcher du jeune maquilleur. Levant une main, il revoie doucement une mèche de cheveux soyeux derrière une oreille effilée. Et là il le voit. Doucement, le bout de ses doigts passent sur l’implant cochléaire. Sourd. Lawrence a un sourire pour Sakuya.

« Qu’est-ce qui t’empêche de faire des phrases complètes ? », demande soudainement Lawrence. Oui, bon. Il n’était pas Japonais et si la politesse japonaise ne lui était pas étrangère, s’étant beaucoup renseigné auprès de natifs avant de venir ici, il ne comptait néanmoins pas devenir Japonais et par conséquent, il lui arrivait de se mettre volontairement les pieds dans les plats. Mais Lawrence était très entier, disons…! « Ton joli accent, ta façon de parler lentement… je comprends. Mais faire des phrases complètes, c’est la base et rien ne t’en empêche. Alors pourquoi ? »

Il voulait comprendre. Parce que pour lui, ça ne faisait aucun sens.

    
 
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