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 Ghost from another life ft. Fitz

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     Lun 25 Déc - 21:19

" Ghost from another life "
ft. Fitzi boy ♥



Sur papier, Reina était enseignante d’anglais ou à tout le moins c’est le rôle que lui donnaient ses employeurs en déposant son chèque de paie toutes les semaines… Le seul problème, c’est que pour obtenir ce poste, elle avait été contrainte de profiter des contacts du Serizawa le plus abruti de la lignée et qu’à cet effet, tant et aussi longtemps qu’elle n’aurait pas trouvé une candidate grasse, moustachue et unijambiste qu’il pourrait engager comme assistante avec l’approbation de sa petite amie, elle devrait endosser bénévolement ce rôle! Et aujourd’hui, ce rôle la menait à l’ambassade là où elle devait remettre un paquet cadeau à un certain Calaway dont son faux employeur était prétendument proche. Un truc genre être un partenaire d’affaire avec la famille de sa femme, ou elle ne comprenait pas trop. Toujours est-il qu’il avait exigé que la livraison soit faite en main propre. Chargée comme un mulet, elle avait hissé l’énorme panier cadeau contre elle, ses talons la maintenant en équilibre précaire alors qu’elle se dirigeait vers l’ascenseur en tentant de gagner la réception. Lentement, elle s’était dirigée vers le compte derrière lequel se tenait une réceptionniste et y avait déposé l’énorme paquet.

… C’était d’un ridicule, et une partie d’elle soupçonnait Daisuke de la forcer à transporter une telle chose pour se payer sa tête. Et pour cause, elle avait le souffle court une fois les mains libres, et elle dû attendre quelques secondes avant de donner des instructions à la réceptionniste. Puis, le monde s’ouvrit sous ses pieds. Alors qu’elle regardait vaguement les employés qui circulaient en passant par la réception, son regard s’arrêta sur un fantôme du passé, et pas n’importe lequel… un qu’elle connaissait bien, très bien, trop bien… comme une claque venue brusquement la ramener à cette époque… cette vieille époque, avant Keisuke, avant la prison… avant qu’elle ne perdre son âme dans une vie dont elle ne voulait pas… cette époque où elle avait une volonté propre.

Son corps réagit avant sa tête, d’abord, par un pas en arrière assez brusque, comme si elle voulait mettre le plus de distance possible entre elle et ce type. Puis, un autre, son cœur battait brusquement et une vague de honte s’était emparée d’elle. C’était stupide, vraiment stupide, mais elle n’arrivait pas à faire taire cette panique sourde, cette idée qu’il aurait honte de voir la loque qu’elle était devenue, qu’elle, elle qui aspirait à tant d’indépendance, n’avait rien accompli… Elle préférait ne pas revoir les fantômes de son passé dans cet état, pas maintenant, jamais. Son troisième pas, cependant, fut plus dévastateur. Alors qu’elle espérait que Fitz ne l’ait pas reconnu, ou même remarqué dans le lot, son dos avait heurté l’énorme panier cadeau hissé sur le comptoir de la réception et ………. L’avait fait tomber sur le sol, le bruit sonore d’une bouteille brisée rompant la quiétude des lieux. Merde. MERDE. Et plutôt que de regarder son dégât, elle était restée figée, implorant silencieusement pour qu’il ne se retourne pas.
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     Jeu 28 Déc - 17:50
Les langues vous emmenaient partout. Par exemple, il est possible de faire des années et des années d’études pour finalement vous retrouver à … trier des documents dans une ambassade à l’autre bout du monde. Oui, on vous le concède : il y a des choses plus passionnantes à faire dans une vie. Mais l’avantage d’être traducteur trilingue, c’est qu’il est possible de gagner beaucoup de temps et d’en avoir pour traîner à la machine à café. C’était d’ailleurs le cas de Fitzgerald qui, depuis le début de la journée, en était à sa troisième pause, son quatrième café au lait bien trop sucré. Incroyable. Il avait bien vu le regard que lui jetait la réceptionniste. Elle était jalouse, la brune, à prendre de appels de l’autre côté de son bureau pendant qu’il était là, à quelques mètres, et dégustait un café préparé par un automate. Du bon café dégueulasse. Comme il l’aimait. Il appuya sur le bouton du sucre pour en ajouter une dose. À se demander comment il entrait encore dans ses vêtements. Le diabète guettait. En quelques mois, il avait dû dépasser la triple centaine de cafés.

Mais alors qu’il réfléchissait sans grand enthousiasme au nombre de documents qui l’attendaient sur son bureau, des problèmes de passeports aux permis de conduire non réglementaires et aux autres ennuis qui touchaient les expatriés de son pays, Anthony réalisait qu’il avait déjà beaucoup de chance de pouvoir travailler dans ce pays. Après deux échecs cuisants dans des entreprises qui favorisaient visiblement les japonais aux traducteurs étrangers, il avait quand même réussi à se faire engager. Cette institution était certes liée à son pays, mais elle se trouvait au Japon, que demander de plus ? Il aurait sans doute préféré faire un travail directement lié à ce qu’il avait étudié. Ça l’aurait empêché de se shooter à la caféine à longueur de journée pour éviter de se sentir dépassé.

Son gobelet vide, le traducteur se dirigea vers la poubelle la plus proche, conseillant encore une fois à la réceptionniste trop maquillée de rappeler à l’ambassadeur de faire installer des machines à café convenable. La pauvre entendait ce refrain dix fois par jour… Ça ne devait pas être si pénible, puisque le café restait un jus de chaussette infect. Sans prêter plus attention à la personne qui se trouvait à la réception à cet instant, sur lequel il n’avait posé les yeux qu’un instant, il s’éloigna, arrêté dans son élan par grand fracas de verre. Le désastre qu’il découvrit en tournant la tête lui fit rebrousser chemin pendant que la réceptionniste commençait à se plaindre et à hurler au désastre. « Calmez-vous, un peu de vin ne va pas vous faire de mal. » ironisa-t-il en posant son regard bleu sur l’employée toute en affaire. On pourrait difficilement faire pire, de toute façon, songea-t-il. Il se tourna alors vers la seconde personne présente, une asiatique, de toute évidence. « Vous n’avez rien ? » La question posée, en japonais par habitude, il observa un peu mieux la maladroite. « Attendez, je vous connais ? » Oui, il en était certain. Mais d’où ?
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     Mer 3 Jan - 14:18

" Ghost from another life "
ft. Fitzi boy ♥



Dès l’instant où elle avait posé ses iris sur lui, Reina avait été foudroyée par un tsunami de honte, c’était puéril, ridicule, injustifié, et pourtant, elle ne pouvait chasser la gêne que lui inspirait cette vision du passé. Figée sur place, le souffle coupé, elle avait l’impression d’être enfin arrivée au jugement dernier… Pas étonnant, avec de tels yeux bleus, ils l’avaient toujours perturbé, probablement parce qu’elle n’avait pas l’habitude d’en voir dans son pays natal. Une étrange réaction, c’était vraiment bête, mais elle ne pouvait chasser cette certitude que s’il savait, lui, lui qui l’avait connu à l’époque où elle avait une volonté propre, des rêves, de projets, à cette époque où elle était plus que le défouloir de son mari, il serait déçu. Elle qui disait qu’elle ne serait jamais une de ces femmes muettes, sans ambitions… elle en était désormais l’incarnation. Se moquerait-il ? Lui dirait-il qu’il l’avait toujours su, même lors de leur session d’études, de leur discussions enflammées sur divers sujets d’actualité, de leurs bêtises autour d’une bière, qu’elle n’irait jamais loin? Après tout… elle avait fait exactement ce qu’elle avait juré ne jamais fait : retourner enseigner l’anglais dans sa ville paumée de naissance… et si ce n’était que ça, elle avait fait de la prison!

… Alors de revoir Fitzgerald, en habit propre, dans une ambassade, il devait avoir réussi… avoir un boulot d’enfer. Était-il devenu politicien ? Hors de question qu’il voit la catastrophe qu’elle était devenu, après toutes ces années! C’était comme lui demander de mettre à jour cette partie d’elle-même dont elle avait tellement, ô, tellement honte. Son souffle s’était coincé dans sa gorge, ses iris étaient rivés sur lui et, plutôt que de prendre la fuite et de faire comme si cet incident n’était jamais arrivé, elle avait préféré faire un pas en arrière, reculer… et repeindre le sol d’un vin dispendieux. Merde! Pétrifiée, elle n’avait même pas porté attention à la réceptionniste qui hurlait presque en pointant le dégât, pas plus qu’elle n’avait pris ses jambes à son cou. Non, elle avait prié silencieusement pour devenir invisible… le bel échec. Et voilà qu’il se retournait vers elle. MERDE.

Elle avait serré les poings, comme si elle allait soudainement devenir un X-Men, se transformer en femme bleus ou se volatiliser, bref, tout sauf lui parler. Lorsqu’elle ne remarqua aucun pouvoir particulier émanant d’elle, la jolie enseignante mordit sa lèvre inférieure en relevant ses iris vers le jeune occidental. C’était trop demander qu’il ne la reconnaisse pas? Une inspiration plus tard, c’est dans un anglais un peu trop américanisé qu’elle rétorqua, avec un sourire résigné. « C’était petit, l’Ohio. Mais je suis à peu près certaine que j’étais la seule nipponne. » tenter l’humour? Pourquoi pas, elle avait fait un pas vers l’arrière, réalisant bêtement qu’elle venait de piler dans le vin renversé. Merde. « Shit! » Reina mesdames et messieurs, qui venait de souiller le bas de son pantalon de vin, super, elle sentirait le fond de caisse pour la journée. Et en plus, elle jurait dans un des seuls lieux au pays ou on pouvait comprendre ses jurons. Triple merde. L’instant d’après, elle s’était penchée pour aider la réceptionniste à ramasser – un réflexe, elle ramassait toujours les bouteilles de Keisuke. À la hauteur de la pauvre femme, elle fut frappée par l’odeur puissante de son parfum. Sans le réaliser, elle avait lâché un : « Oh mon dieu. C’est le vin qui sent le caribou mort? »
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     Ven 5 Jan - 17:42
Au premier abord, Fitzgerald devait renvoyer l’image de quelqu’un qui a réussi dans la vie. Ce n’était pas totalement faux, après tout : il avait un travail bien payé, dans l’ambassade de son propre pays, dans un pays qui faisait rêver les plus jeunes comme les plus vieux. C’était la définition d’accomplissement personnel, de réussite. Sauf que ce n’était pas exactement ce qu’il avait espéré, ce n’était pas la vie dont il avait rêvé. Il se voyait traduire, interpréter pour les meilleures institutions du monde, mais il se retrouvait à trier des papiers et à prendre notes des rendez-vous comme une vulgaire secrétaire. Heureusement, on ne lui demandait pas encore de porter une minijupe, des talons et du maquillage criard ! Le jour où cela arriverait, il serait déjà loin, très loin. Peut-être même serait-il de retour en Amérique pour éviter une telle humiliation ? Une atteinte à sa virilité ! Et il ferait sûrement tout son possible pour passer les concours d’entrées à l’ONU. Après tout, ses langues le lui permettaient. Il n’avait juste pas envie de bouger tout le temps. Le Japon lui plaisait énormément.

Et cette femme, il la connaissait. Un petit sourire étira ses lèvres à sa réponse. « Reina ! » Évidemment, c’était elle. Les nippons vieillissaient vraiment différemment qu’eux, alors ? Il en avait l’impression, à la voir. Toujours aussi élégante qu’à l’époque. Pourtant… Il ne put s’empêcher de remarquer que quelque chose avait changé, dans son attitude, dans sa façon de parler… Pourquoi avait-elle l’air de fuir quelque chose ? « Ça fait combien d’années comme ça ? » Il baissa les yeux pour constater les dégâts. Visiblement, l’âge faisait aussi grandir la maladresse. Et la réceptionniste qui continuait de beugler comme une mégère derrière son comptoir. Lui avait-on arraché la langue ? Un œil ? Une dent ? La ménopause la frappait-elle déjà, à son âge ? Elle ramassait les débris en râlant, et il restait là, debout, appuyé contre le meuble voisin, ce petit sourire amusé aux lèvres. « Allons, Judith… Ce n’est pas pour une fois que vous avez un peu de travail. N’abîmez pas votre manucure, surtout. » Et la harpie de reprendre de son ton de sa voix pincée, sifflant un « Lewis ! » qui arracha à l’Américain un petit rire amusé avant qu’il n’entende la question de la nipponne qui, il le remarqua seulement, était à terre, elle aussi. « Mais, relevez-vous, ce n’est pas à vous de faire ça. » Soupira-t-il en s’approchant d’elle pour l’aider à se relever, riant ensuite de la question à laquelle il n’avait pas encore répondu. « Oh, vous n’aimez pas le nouveau parfum de Judith ? » Il surprit le regard noir de la réceptionniste, à qui il adressa un petit sourire. « C’est comment, encore ? Bouse fraîche d’été ? Rosée sur Charogne ? » Ce qu’il aimait la charrier, cette pauvre Judith. En même temps, elle tendait le bâton pour se faire battre. Il n’attendit pas plus longtemps pour emmener la nipponne un peu plus loin. « Qu’est-ce qui t’amène ici ? »
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     Ven 5 Jan - 18:42

" Ghost from another life "
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Elle ne pouvait quand même pas passer sa vie à fuir les fantômes de son passé non? Elle aurait bien aimé… parce que se souvenir de l’époque avant Keisuke, de cette vie ou elle savait très bien quels étaient ses aspirations, ses limites, ses rêves, c’était assurément suivi par un face à face brutal avec l’échec qui avait suivi. Tout ce qu’elle s’était juré de ne jamais enduré, elle s’y retrouvait désormais contrainte, et elle n’assumait pas ces choix, aucun d’entre eux et elle ne se reconnaissait plus, elle était une étrangère dans son propre corps. Cette certitude était des plus violentes alors qu’elle dévisageait son ancien camarade, comme contrainte d’avouer qu’il avait réussi, qu’il avait une carrière en tout point éclatante, une ambassade, elle aurait aimé que ses études la mènent si loin.

Le vin, les cris de la réceptionniste purifiée, tout c’était volatilisé avec un seul son : la voix d’une vieille connaissance. La jolie parolière s’était figée, comme un lièvre pris au piège, son attention entièrement dévouée à l’américain alors qu’il l’interpellait par son prénom, avec cet accent typiquement non japonais – la classe - avec cette proximité qui était pourtant habituelle outre-mer. Ça faisait longtemps… ça lui avait manqué. Plutôt que de montrer sa nervosité, elle avait, automatiquement décidé de se moquer de lui, un vieux réflexe. « Plus de dix ans. Tu trouves que j’ai l’air vieille c’est ça? » … Ça faisait combien de temps qu’elle n’avait pas fait dans l’humour? Trop longtemps, elle se surprenait elle-même. Préférant ne pas se poser trop de question sur cette attitude atypique, ou plutôt, volée à son ancienne liberté, elle s’était accroupie pour aider la réceptionniste puante à ramasser. Quel beau gâchis! Daisuke serait forcément furieux.

Elle était si zélée qu’elle ne remarqua qu’on s’était approché qu’en sentant la main de son vieil amis sur son bras, pour la tirer vers le haut alors qu’elle protestait un : « Mais… C’est un peu mon dégât. » … avant de réaliser qu’il était un peu trop près. Titubant d’un pas, elle le dévisagea plus certainement. Toujours ces mêmes yeux bleus, toujours cette mâchoire carrés…et cette barbe………..est-ce qu’elle venait vraiment de trouver séduisant un mec barbu? Genre, majeur? OH MON DIEU. Elle était mourante c’est ça? Ça ou l’odeur de charogne qui s’échappait de la dénommée Judith lui faisait perdre la tête. D’abord confuse face à la moquerie de l’homme, elle débutant un : « Le nouveau parfum…. Oh! » avant de plaquer brusquement sa main contre a propre bouche, réalisant l’insulte…. Il n’avait pas osé…. Si? Elle demeura ainsi un moment, tentant une excuse polie : « Oh mon dieu! Je suis désolée… ça doit être le vin qui sens aussi mauvais et… » avant le round 2 d’insulte signé Fitz. Cette fois, elle s’était indigné : « TONY! » avant de plaquer ses deux mains contre sa bouche et de pouffer de rire de façon peu discrète.

Il y avait quand même des limites à sa retenue! Occupée à ne pas éclater de rire pire qu’elle ne le faisait déjà, elle s’était laissé entrainer à une distance prudente, souriant à son vieil ami. « Je livre du vin. J’ai malheureusement pactisé avec le diable! Mais c’est un plaisir de te revoir! » en bonne américaine inside, elle s’était permis de passer un bras autour de son épaule pour l’étreindre comme on salut un vieil ami, après 10 ans. Et puis, elle avait osé prendre une grande inspiration loin de la putride Judith. « Je ne sais pas eau de Cologne du utilises, mais merci, je vais peut-être conserver mon sens de l’odorat grâce à toi. » se reculant un instant, un sourire bien franc aux lèvres, elle l’avait observé avec attention, mentionnant à voix haute sa pensée, comme une idiote. « C’est nouveau la barbe? Ça te va bien. »
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     Ven 5 Jan - 19:27
Ah, toujours aussi drôle ! « Non, je me disais justement que vous aviez beaucoup de chance à ce niveau. » dit-il en riant. Ah, les asiatiques et leur peau. C’était un véritable cadeau du ciel. Le désavantage, c’est qu’ils vieillissaient mal, lorsqu’ils commençaient. Lui, il resterait sur une voie plus ou moins constante, jusqu’à ressembler à un vieux pruneau ridé. C’était toujours mieux qu’une vieille prune Mirabelle, non ? Allons, il savait pourtant que les japonais n’étaient pas littéralement jaune. Reste que cette plaisanterie, qu’il se fit silencieusement, lui arrache un véritable sourire. Il se faisait rire comme il le pouvait. « C’est plutôt moi qui devrais me faire du souci. J’ai trouvé un cheveu blanc hier ! » Il en avait frôlé la crise cardiaque… Ou peut-être pas ? Il n’avait pas de problème avec la crise de la trentaine. Enfin… Pas trop.

Riant à sa réaction, il lui désigna la réceptionniste en colère d’un geste. « Maiiiis non, Judith se fait toujours un plaisir d’aider, elle s’ennuie tellement. » Faut dire que la pimbêche passait les trois quarts du temps à se faire les ongles ou à feuilleter un magazine pendant qu’il traitait les problèmes que l’ambassadeur ne gérait pas lui-même. C’était ça, son métier principal, après tout. Il n’était pas simplement assistant potiche parfumé au caribou qui attendait que le temps passe à la machine à café… Hélas. Il aurait bien aimé être payé à ne rien foutre, parfois. Mais à peine avait-il répondu qu’il se lançait sur la mauvaise pente, assénant les gentillesses à la réceptionniste qui, à ses yeux, les méritait amplement. Elle était si médisante, quand elle voulait ! « Quoi ? Je ne fais que dire la vérité ! » Enfin, la vérité aurait peut-être été bonne à taire, pour une fois. Il ne put s’empêcher de rire encore, satisfait de l’effet que sa plaisanterie avait sur la japonaise qu’il accompagnait un peu plus loin. Que cette vieille bique fulmine si elle le voulait : c’était elle, celle qui ramassait une bouteille de vin qui sentait meilleur qu’elle ! Pourtant, la boisson était sûrement plus vieille. Quelle tristesse.

« Le diable ? Je suis sûr qu’il serait content que tu l’appelles comme ça. » Il se demandait bien pour qui elle pouvait travailler. À l’époque, il la voyait bien présentatrice. Il ne savait pas pourquoi, peut-être parce qu’elle était belle et que tous les étudiants de sa section rêvaient de se taper LA japonaise perdue du campus ? Ah, spécimen rare que cette fille aux yeux bridés et au physique à se damner. Lui ? Il avait toujours eu un faible pour les russes et les espagnoles. Les japonaises étaient belles, certes. Mais elles n’étaient pas aussi… ouvertes ? Celles qu’il rencontrait depuis son arrivée n’avaient jamais l’air très intéressées, de toute façon. « Content de te revoir aussi, ça fait si longtemps. » Il lui tapota affectueusement l’épaule quand elle l’étreignit et il rit de bon cœur à son commentaire. « Rien de particulier. Mais dis-toi que je supporte cette odeur tous les jours. J’ai essayé de lui faire entendre raison, mais je crois que son nez fonctionne aussi mal que ses deux neurones. » Tapotant sa tempe, il reprit la parole. « Elle est pas si méchante, en vrai. » Juste inutile. Et bavarde. Et chiante. Et conne. Ah. Le compliment lui fit passer une main sous son menton. C’est vrai ! « Merci ! Mais non, ça fait quelques années. J’en avais pas, à l’époque ? » Non, il n’avait commencé cette lutte pour la pilosité que quelques années plus tard. C’était dingue, ce que le temps passait vite ! « Qu’est-ce que tu deviens, depuis tout ce temps ? »
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     Ven 5 Jan - 20:52

" Ghost from another life "
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Reina avait une crainte un peu démesurée face à l’effet du temps, au vieillissement, comme si de voir les années passer, les effets de l’âge se faire sentir sur son corps sur sa vie, lui faisait bien malgré elle prendre conscience de tout ce qu’elle avait gaspillé. De précieuses années, à endurer les abus et les coups de Keisuke, puis, plus de temps encore, à purger une peine ridicule dans une prison d’état, à se torturer le cœur au point de l’indifférence totale, en pensant à tords, que Naoki n’était pour rien dans le procès injuste et aberrant qu’elle avait subis. Tout cela pour dire qu’elle craignait le passage du temps, elle méprisait les rides, et que jamais, même sous menace de mort, elle ne dévoilerait son véritable âge. Comme si cette confession la rapprochait de la tombe … c’était une peur puérile, panique, de n’avoir rien accompli de sa vie. Aussi, de voir la rétorque sincère de son camarade, elle s’était permis un sourire franc, quelle femme n’aime pas les compliments, en rajoutant, réjouie : donnant  la réplique à un bouffon : « Tragique! Je crois que l’on devrait conserver une minute de silence pour votre chevelure. Ça pourrait être pire, vous pourriez avoir besoin de postiche !! »

… Elle rêvait ou Judith venait de tousser ? Est-ce que cette vieille bique, qu’elle avait décidé d’aider à ramasser sa catastrophe, avait en plus de son odeur de carcasse, une perruque ? Et si oui, pourquoi l’avoir choisis si laide? Ce mystère demeurera complet pour l’heure, puisqu’elle s’était fait retiré de ses corvées de femme de ménage pas un occidental qui lui assurait que a vieille femme accroupie était ravie de sa position… Euh… la seule raison pour laquelle elle voudrait être à quatre pattes volontairement elle, c’était pour autre chose que ramasser du vin. Mais….chacun ces choix non? « Oh… d’accord. Merci Judith! » Si elle était convaincu? Non. Si elle avait envie de ramasser? Encore moins! Et puis, elle avait mieux à faire, genre réprimander, entre deux quintes de rires, le fourbe qui insultait sa collègue de travail.« Mais la pauvre quoi… Ça doit pas être facile tous les jours de sentir le fond de tonne. Si en plus tu lui rappelles… » … Reina, rappelle nous de ne jamais te laisser éduquer la jeunesse. Son truc de toute façon, c’était plutôt les châtiments corporels! Ses pensées furent coupées par des questionnements sur son boulot… elle soupira, soudainement nerveuse.

« ... C’est encore sympathique, je t’assures. Un vieux riche amateur de jeunettes !! … Devoir des faveurs est une dette lourde. » C’est comme ça que tu traites ton sauveur? Bah… Un fallait appeler un chat un chat! Et puis, elle n’avait pas envie de mentir à son vis-à-vis, étrangement, pas après tout ce temps. « Trop longtemps. Tu as finalement quitté cette ville ô combien vivante de l’Ohio? » Elle avait aimé ses études, le lieux, moins. Elle fut reconnaissante pour la diversion sur l’odeur de puisard de la secrétaire. Incrédule, elle demanda : « Tous les jours? » puis, prenant une nouvelle bouffée d’air frais en étreignant le jeune homme, elle pouffa de rire un : « Ça doit avoir des répercussions à long terme. Tu sais que la moisissure donne le cancer? » … Que quequ’un l’arrête. Libérant sa victime, elle replaça son épaisse chevelure, observant sa barbe, oui, vraiment, ça lui allait bien. Bordel elle matait un mec avec des cheveux blancs! Que quelqu’un appelle une ambulance! « Non. Dans mes souvenirs tu étais aussi imberbe qu’un enfant. » Elle tentait de se souvenir de sa bouille il y a dix ans, il n’était pas aussi charmant. « Beaucoup moins séduisant. Cheveux blancs mis à part. »

…Peut-être qu’elle essayait juste d’éviter la conversation sur les 10 dernières années… conversation qui débuta, la forçant à redevenir nerveuse, à se dandiner d’un pied à l’autre. « ... Pas grand-chose. » Rien du tout… elle n’avait rien accompli, elle avait été une victime de sa propre vie… « Rien du tout. Je suis parolière pour une Agence de gamins. C’est super mal payé. » la voilà qui se mordait nerveusement la lèvre, marmonnant un : « Finalement, je n’ai pas fait grand-chose avec ce diplôme… » Elle qui voulait voir le monde, faire bouger les choses, voyager… elle était clouée en place, incapable de fuir le passé, incapable d’aller de l’avant. Elle était après tout, encore mariée. « Je n’ai rien fais du tout. » Le dire tout haut était une telle claque, une telle honte. Elle avait finalement relevé les yeux sur Anthony dans un : « Et toi? » son sourire de retour.
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     Mar 9 Jan - 20:36
Quand Reina évoqua le potentiel postiche, il ne put s’empêcher de rire. Il glissa même une main dans ses cheveux, plus amusé qu’il ne l’aurait dû, en observant la réaction de la réceptionniste qui ne semblait pas apprécier la remarque que venait de faire la nipponne. Allait-il en rajouter une couche ? Non, ce n’était pas très sage. D’un autre côté, c’était tellement amusant qu’il éprouvait bien des difficultés à ne pas se moquer ouvertement de cette pauvre femme à l’odeur douteuse. « Parfois j’ai peur que ça soit son odeur naturelle. » Un soupir lui échappa, trop amusé pour être honnête. « Mais je crois que c’est juste un mauvais choix, vraiment. Les fautes de goût, ça existe partout. » Un petit rire lui vint malgré lui alors qu’ils observaient d’un œil amusé la réceptionniste qui venait, lentement mais sûrement, à bout du désastre que Reina avait causé.

« Vu comment tu en parlais, j’imaginais déjà le pire. » Allez savoir pourquoi, il le comprenait, ce type. Non pas qu’il aimait particulièrement les filles plus jeunes, mais… Il aurait bien aimé être riche. N’était-ce pas le rêve de tout un chacun ? Un petit rire lui vint, qu’il ne retint même pas. « Eh oui, j’ai parcouru le monde. » Il avait vu la Russie, en soi. Ce n’était pas énorme, mais les vacances à droite et à gauche n’étaient pas non plus une chose dont il pouvait se plaindre. Si l’on oubliait son président actuel, il n’avait pas trop à geindre au sujet de son pays : il était né dans une famille favorisée, ça aidait forcément. « Pourquoi crois-tu que je sois toujours de mauvaise humeur ? » Cette femme empestait la carcasse, il n’y pouvait rien.

Aussi imberbe qu’un enfant… Ah, elle n’était pas si loin de la vérité. Cette barbe avait été un combat particulièrement difficile qu’il avait mené pendant des années avant de finalement réussir à atteindre son objectif. « Merci du compliment. » Il n’allait pas broncher parce qu’une femme aussi belle que la nipponne lui disait à demi-mot qu’il l’était devenu davantage, n’est-ce pas ? Un sourire souleva le coin de ses lèvres alors qu’il s’approchait de sa fidèle machine à café, considérant l’idée de prendre son quatrième café de la journée. Était-il assez accro pour cela ?

« Oh ? Laquelle ? » Elle n’avait pas l’air si fière de cet accomplissement, mais à ses yeux, c’était déjà quelque chose. Ses sourcils se froncèrent légèrement à cette pensée, évidemment, si c’était mal payé… « Et t’as pas moyen de trouver un truc ailleurs ? » Il fouilla distraitement dans ses poches, à la recherche de pièces qui auraient pu s’y trouver. « Genre, dans une école ou je sais pas ? » Ça devait être décevant. Son job à lui était plutôt bien payé, mais ce n’était pas… aussi immersif qu’il l’aurait souhaité. Il parlait anglais les quatre cinquièmes du temps. « Moi je suis l’assistant d’Allan Calaway. » Ça sonnait tellement prestigieux. « Deux masters pour trier des documents et gérer des cas de gens mal informés. Mais c’est bien payé, puis on a une machine à café. » Cette machine, c’était sa vie. « Je t’en offre un ? Il est pas terrible, mais bon, j’ai pas fini ma journée alors je peux pas t’offrir un truc correct. » demanda-t-il en un rire, avant jouer avec les quelques pièces qu’il avait rassemblées dans sa paume.
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     Mar 9 Jan - 22:01

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ft. Fitzi boy ♥



Notre bridée avait roulé les yeux en pouffant de rire à la mention de son ‘’patron’’, elle était la première à se payer sa tête – comment en pas le faire, un tel soumis elle imaginait difficilement pire (keuf keuf Gab) ! – mais elle savait aussi qu’il avait un bon fond, et elle lui devait énormément. Si elle avait d’abord cru à un regain de culpabilité pour le procès truqué, elle avait fini par accepter que le Bakasuke des plaines était un homme bon et un p—édo.« … En vrai, il n’est pas si terrible. Mais il a vraiment besoin d’un emploi du temps plus chargé! Il fait de ces conneries quand il s’ennuie! » … Et le hic, c’est qu’il s’ennuyait souvent. Elle plaignait franchement ce pauvre Alfred qui devait se coltiner ses bêtises. Dieu merci, elle n’avait qu’à gérer ce cirques jusqu’à ce qu’elle lui embauche une assistante grasse, vieille et moche, préférablement unijambiste, est-ce que Judith était en recherche d’emploi? La puanteur de l’enfer, ça, c’était un critère d’embauche!

Reportant son attention sur son vieil ami, elle l’avait dévisagé avec une pointe d’envie, alors qu’il parlait de voyage. On pouvait y voir cette étincelle, cette bribe de rêves dans ses iris sombres. « Le monde? Rien de moins! Tu es allé où? » Elle aura pu l’écouter le lui raconter dans les moindres détails, il y avait tant de choses qu’elle voulait voir, tant de places à découvrir… beaucoup plus facile sans casier judiciaire cela dit. Encore une fois, elle se sentait lamentable. Cette liste d’envies, de souhaits pour sa vie, elle n’en avait réalisé aucun. Pas un seul. Croyez-nous que la prison n’était pas dans sa bucketlist! Elle l’enviait un peu… mais surtout, elle avait honte, honte de ne pas pouvoir lui prouver que cette fille pleine de rêves et de détermination, elle existait encore. Non. Elle était morte le jour où elle avait troqué Tomohisa pour Koike, le jour maudit ou elle avait marié cet abruti. D’un ton se voulant joyeux, elle avait ajouté : « Je n’ai vu que l’océan moi… Enfin, j’avais un job sur un bateau. » … une porte de sortie, une autre chance, se cacher et voyager son deux choses bien différentes. « Le poste est encore flou, même après coup… je devais genre… me faire bronzer et indiquer les toilettes en 5 langues. C’est à peu près ça. »

La conversation pris à nouveau une tournure amusante alors qu’il râlait contre la charogne vivante accroupie non loin. Ah pour sûr, à tolérer une telle odeur, il devait avoir des séquelles! Sa lèvre se souleva en un sourire complice, alors qu’elle osait demander, en pouffant de rire. « ... Tu veux que j’accroche discrètement un désodorisant de voiture à sa moumoute? » Qu’on ne lui fasse pas croire qu’elle n’en avait pas, elle avait été si vexée à la blague pourtant excellente! Du coin de l’œil, elle observa un instant la réceptionniste accroupie, qui se voulait subtile dans son vol pur et simple de chocolats dans le paquet cadeau. Clairement, elle ne devait pas en recevoir souvent… les prétendants la sentaient venir. Littéralement.

Elle s’était mordue la lèvre pour ne pas éclater de rire, noyant finalement sa rigolade dans une étreinte – toujours choquée de le trouver charmant malgré son âge avancé. Plantée devant lui, la discussion avait alors tourné autour de son boulot et elle avait senti son estomac se nouer. D’un ton timide, elle avait lancé un : « Eita, tu connais? » … quel abruti ne connaitrait pas, c’était une grosse Agence. Distraitement, elle l’écoutait en sentant sa gêne grimper. Elle se sentait une telle ratée, une bonne à rien, et c’était d’autant plus flagrant que la Reina forte et pleine d’ambitions, il l’avait rencontré. « … En fait… quand on a gradué et que je suis rentrée au pays, j’ai bien enseigné un moment, l’anglais... » Avant de se faire un de ses étudiants, dans une tentative désespérée d’échapper à son alcoolique de mari. Un couinement, rien de plus. « … Mais Keisuke ….. » puis le silence. Son nom, elle l’avait banni, refusant de le prononcer depuis des lustres…Pourquoi était-ce si difficile de mentir à son vieil ami? Désirant détourner la conversation des sujets troubles, elle avait malgré sa crainte d’être empoisonnée, accepté le café d’un : « Je veux bien un café, mais je mets rien dedans s’il te plait. » avant de finalement avoir 2 neurones connectées.

Figée, les yeux ronds, la bouche en ‘’o’’ elle venait de faire 2+2. Clairement, les math n’étaient pas sa force! « … Attends est-ce que tu as dit Allan Calaway? » Son nom était sur le paquet… ou plutôt… « T’es son assistant?!!?! » la liaison secrète de Daisuke? Le type qui devait recevoir victuailles et chocolat? Une main devant la bouche, elle avait débuté un : « …Tony… je… je ne sais pas comment te dire ça… » un regard jeté vers la carcasse de caribou – pardon, vieille moche. « Judith s’empiffre dans tes chocolats. Le panier, il était pour toi. »

    
 
Ghost from another life ft. Fitz
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