You were never supposed to see me weak ft. Gabriel

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     Mer 1 Nov - 22:04

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



Lorsqu’elle avait ouvert les yeux, Heaven était assise dans un lit d’hôpital et abordait un look qui aurait probablement été plus approprié pour Halloween que pour cette charmante journée de novembre : les cheveux en bataille, les lèvres craquelées, le teint pâle, grisâtre, comme si la mort avait déjà son emprise sur elle. Ses bras d’ordinaire immaculés étaient bleutés, signe d’une infirmière médiocre qui avait échoué plusieurs fois son œuvre… Et pour cause, ses bras étaient perforés de tubes transparents de toute sorte : soluté, antibiotique et dieu sait quel autre liquide chargé de lui sauver la vie. Des tubes de la même famille passaient derrière ses oreilles et jusqu’à son nez, comme pour lui envoyer assez d’oxygène pour continuer. Et il y avait la jaquette, l’infâme robe bleu-moche qu’on lui avait enfilé sans qu’elle n’ait son mot à dire… Elle aurait protesté, si chacun de ses mouvements n’envoyait pas de douloureuses contractions dans sa pompe à sang. Une autre crise, probablement. Elle avait l’habitude de cette douleur cuisante qui aurait un jour raison d’elle. Chaque année la rapprochait du cercueil et elle ne se faisait pas trop d’illusion : les greffes étaient rares, et avec sa santé… presque impensable. Elle était prête.

Dans un effort soutenu pour avoir l’air fier, elle avait agrippé la télécommande du lit et avait appuyé sur un des boutons, redressant le dossier de la surface où elle était confinée, grimaçant de douleur au moindre mouvement. Ses pauvres poumons aussi peinaient, elle avait un mal fou, respirer était ardu … elle pouvait sentir tous les effets d’un mauvais apport en sang. Maudit organise dysfonctionnel. Heureusement pour notre blessée – qui n’avait pas trop la force de chialer – un médecin qu’elle connaissait bien – un collègue de son frère ainé – était entré dans la pièce pour augmenter sa dose d’antidouleur. Bénissez-le! « Comment te sens-tu ? Si je te laisse avoir mal, Philip va me défoncer dès qu’il reviendra… » Oh ça, elle n’en doutait pas. Et c’était presque un soulagement de savoir son frère dans une autre ville : il avait une opération à exécuter, il le lui avait dit. Elle aurait la paix. Forçant un sourire en direction du pauvre homme, ses traits s’étaient plutôt crispés à l’entendre parler. « Comme ton frère ne pouvait pas être là… et que ton autre contact n’était pas disponible…. J’ai pris la liberté de contacter le deuxième contact d’urgence… » deuxième contact? Elle avait totalement zappé que Daisuke était en Chine… mais alors…

De tout son être, elle pria pour qu’il n’ait pas appelé Kazuya. Ils en étaient au point mort tous les deux, à essayer de sauver des vestiges d’une relation maltraitée. Il était la dernière personne qu’elle voulait voir ici… des plans pour qu’il prenne la fuite. Ses iris bleutés s’étaient posés sur le médecin, prête à l’étrangler si il nommait son ex. Puis, elle figea. Non. NON NON NON ET NON. Il n’appellerait pas Kazuya. Plus jamais. Elle venait de se souvenir du nom qu’elle avait fait inscrire dans son dossier – en prévoyant que Daisuke serait toujours disponible et que lui au moins, était au courant de son état. Sa voix était un souffle, une question, alors qu’elle demandait. « Choi Gabriel? »  elle allait se jeter par la fenêtre! Plus que de ne pas vouloir le voir pour cause d’une guerre puérile pour un chien – et une vache russe – elle ne voulait pas qu’il la voit comme ça! Pas lui! Pas son ami si pur, si fragile… elle lui avait caché pendant une décennie sa maladie incurable. Elle comptait bien continuer… Reculant, le médecin avant conclus un : « Une infirmière lui résume ton dossier. Il ne devrait plus tarder. » Et voilà qu’il l’avait laissé là, toute seule, en pleine panique. Merde. Prise de panique, Heaven avait fait la seule chose mature : feindre le sommeil.
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     Sam 4 Nov - 3:06

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



J’essaie, mais je ne comprends pas la moitié de ce que cet homme me raconte. Les mots sont compliqués, et je vois bien qu’il essaie de rendre les choses aussi simples que possibles, mais non, impossible : c’est le blanc total. Tout ce qui me vient, c’est l’envie de passer cette porte, d’aller voir la femme qui se trouve dans cette chambre d’hôpital et de m’excuser. Oh oui, m’excuser auprès d’elle. Et de l’engueuler, aussi, cette putain de meilleure amie incapable de me dire ce qui ne va pas. Genre, je pige peut-être pas ce que ce mec me dit dans son entièreté, mais j’ai bien compris une chose : c’est pas joli. Je vous promets que je vais la bouffer.

Pourtant, quand on me donne enfin l’autorisation d’entrer dans la pièce, je me sens brusquement fébrile. Je ne sais pas si j’oserai. Mes doigts se posent sur la poignée de la porte de la chambre, mais j’ose à peine appuyer. On m’a prévenu de son état dans les grandes lignes. Juste ça, ça me rend malade. Mais je ne suis pas venu jusqu’ici pour faire demi-tour. Pas maintenant, alors que Heaven, ma meilleure amie, a besoin de moi.

Je ferme les yeux et pousse cette foutue poignée, laissant la porte s’ouvrir sans oser entrer pour autant. Il fait si calme. « Heavy ? » Sur le moment, c’est mon cœur qui est heavy. J’ai l’impression qu’il s’est changé en pierre avant de rouler jusque dans mon estomac pour s’y coincer à jamais. Je déglutis avec difficulté, poussant un peu plus la porte pour passer la tête dans l’entrebâillement, posant les yeux sur le lit où ma meilleure amie semble endormie. Semble, oui. Avec tous ces tuyaux, je n’y vois pas grand-chose.

En silence, ce qui est assez rare venant de moi, je me dirige vers le lit, mes yeux passant sur elle et sur les différents moniteurs. Mes prunelles s’arrêtent sur les tuyaux et les câbles auxquels elle est reliée. C’est la claque que je ne m’attendais pas à recevoir, une claque invisible quand je m’entends la maudire, le soir du bal, pour m’avoir présenté un garçon comme son meilleur ami. Jalousie idiote. Mes dents se serrent comme mes doigts sur le drap du fond du lit. « Heaven ? » Mon cœur fait des siennes à nouveau. Mérité. Entièrement mérité, oh, Gabriel l’idiot, qui ose maudire sans penser aux conséquences. Je n’ai jamais été pratiquant, mais ça m’apprendra.

« Tu es réveillée ? » Le médecin à l’extérieur m’a dit qu’elle l’était, alors, en toute logique, ce doit être le cas. Sinon, les moniteurs ne seraient certainement pas aussi stables ? Je n’ai aucune idée du fonctionnement de ces machines, mais on en voit souvent dans les séries. Maintenant que je me retrouve vraiment dans cette situation, je me sens plus stupide que jamais. Comment ai-je pu ignorer une chose aussi importante, et ce pendant des années ? Pourquoi ne m’en a-t-elle jamais parlé ? Pour le même prix, j’aurais pu la perdre aujourd’hui. « C’est moi. »

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     Sam 4 Nov - 14:32

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



Lorsqu’elle l’avait entendu approcher, Heaven avait volontairement feint le sommeil, préférant éviter encore, autant que possible, le moment où elle devrait faire face à la musique, assumer que son ami – enfin s’il l’était toujours – était désormais au courant de son état. Étant qu’elle lui avait caché pendant des années… depuis toujours, finalement. La partie altruiste d’elle-même tenterait de se défendre en clamant avoir omis ce léger détail sur sa durée de vie abrégé pour protéger l’idole, pour ne pas l’inquiéter…. Au fond de son cœur, elle savait pourtant que la vérité était d’avantage égoïste : elle ne voulait pas voir leur relation changer. Quand elle avait rencontré Gabriel, tout le monde autour d’elle la regardait déjà comme une bête de foire, une grenade, une pauvre petite brebis fragile qu’il ne fallait ni vexer ni contredire, de peur de la voir éclater en morceaux. Sa famille, les parents, tout le monde marchait sur des œufs comme si, de par sa maladie enfin diagnostiquée, elle méritait leur pitié. Leurs regards désolés, leurs excuses vides pour justifier leur incapacité à y changer quoi que ce soit… ça la pesait. Beaucoup. Tant même, qu’elle avait lentement cessé de leur parler, cessé d’être aussi proches d’eux… tous ses frères, seul celui professionnellement formé pour gérer le décès n’avait pas eu cette réaction…

… Et si Gabriel avait fait pareil? Elle appréciait son humour, sa franchise brutale, le fait qu’il la traitait comme la dernière des connes, par moment, mais qu’il n’avait jamais peur de la remettre à sa place ou de lui dire le fond de sa pensée. Cette complicité, cette farouche amitié, elle en avait besoin, comme d’une bouée ou s’accrocher. Elle avait besoin que quelqu’un, juste un peu, ne la vois pas comme une breloque fragile mais reconnaisse qu’elle avait du mordant, une volonté, et que sa date d’expiration rapprochée n’y changeait rien. Elle voulait être une amie pour lui, un pilier… pas une carcasse. Elle détestait combien les gens avaient tendance à la traiter comme une morte alors qu’elle respirait encore. Alors, plus que leur querelles, plus que leur dispute pour un chiot et une vache russe, ce qu’elle redoutait, c’était que son regard ait changé face à elle… Si ça arrivait, elle ne s’en remettrait pas. Trop couarde pour affronter cela maintenant, elle avait fait l’endormie, immobile, en l’entendant prononcer son nom.

Déjà, première claque, elle n’avait pas eu besoin de lui faire un dessin, à lui, pour qu’il entre dans la pièce et comprenne que peut-être, elle avait besoin de lui. Clairement, Kazuya aurait du comprendre… Mais il y avait cette hésitation dans sa voix, dans ses pas, elle n’osait pas bouger, tentant peut-être bien, de contrôler les battements frénétiques de son cœur. Elle avait peur, peur de le perde lui, peur que sa bulle secrète, elle éclate. Et voilà qu’il parle encore… tout bas, elle avait serré les dents, réprimant les larmes qui embuaient ses yeux clairs. C’était peut-être la dernière fois qu’elle l’entendait si normalement. Abandonnant finalement ce jeu de chat et de souris – elle n’aimait pas fuir ses ennuis, elle avait faiblement ouvert les yeux, les posant plutôt sur son bras que sur son visage. Elle avait peur de ce qu’elle lirait dans son regard. « … Non crétin. Je dors. » oh cette animosité, elle lui en voulait, un peu, beaucoup. Maintenant qu’il la savait brisée, est-ce qu’il l’abandonnerait définitivement comme le souhaitait Anastasi? Ça serait certainement mieux. « … Qu’est-ce que tu fais ici hein? Tu ne devrais pas être avec ta nana, un collier à chier autour du cou? Genre bien soumis, bien docile à sa botte, tu sais qu’elle ne veut pas que tu me parles. » l’insulter, le chasser, tout pour ne jamais voir son regard maintenant… Elle avait serré les poings, réprimant un sanglot, sa voix lourde de douleur, ses traits crispés par la peine et le mal. « Allez, retourne jouer les cabots. Tu sais bien que j’vais plus t’énerver longtemps. T’auras tout le loisir de faire style je te manque à mes funérailles! » … vraiment mature.
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     Lun 6 Nov - 18:03

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



J'ai beaucoup de mal à accepter le fait que Heaven ne m'ait pas jugé digne de recevoir une information aussi cruciale que son état de santé. N'est-ce pas le genre de choses que l'on annonce à un ami? Le genre de détail important que toute personne a le droit de savoir? Visiblement, j'aurais dû simplement me laisser surprendre par la nouvelle subite de sa mort, me retrouver là, silencieux, avec comme seul souvenir les dernières paroles que je lui avais accordées, à savoir une malédiction qu'elle n'avait peut-être même pas entendue. Maintenant que je la vois allongée sur ce lit, si faible, raccordée à des machines par des tuyaux sont j'ignore l'utilité, je réalise que je suis un idiot. Un idiot qui n'a pas été capable de voir au-delà du bout de son nez et qui, peut-être, aurait dû réalisé que quelque chose n'allait pas.

Le pire meilleur ami du monde.
Pas étonnant qu'elle ait décidé de ne plus me parler.

J'aime Anastasia. De tout mon coeur. Je donnerais presque n'importe quoi pour elle. Presque, car je suis incapable de tirer un trait sur une amie. Incapable d'oublier, malgré tout ce qu'elle peut me demander, la personne qui a été présente pour moi lorsqu'elle ne l'était pas, quand elle n'était encore qu'une fille populaire appréciée du monde entier qui refusait de me voir. Si la gloire ne doit pas m'empêcher de la voir, elle, Ana ne peut pas m'empêcher de voir Heaven. Jamais. J'ai été trop bête pour le comprendre à temps, mais si c'est la seule façon qu'on a trouvé, là-haut, pour m'en faire prendre conscience: allez bien vous faire voir. Ou plutôt: pardonnez-moi. Pardonnez-moi d'être un imbécile. Pardonnez-moi d'avoir pensé à ma seule colère, à ma seule souffrance, sans songer que je pouvais faire du mal aux personnes qui me sont le plus cher. Et merci. Merci de m'avoir laissé une chance de demander pardon pour ce comportement idiot. Merci beaucoup.

Debout près de ce lit trop blanc, dans cette pièce trop blanche, je me sens terriblement sale. J'attends une réponse, un signe, un geste de la part de ma meilleure amie et, quand il vient enfin, je l'observe en silence. Crétin? « Hm. » Je comprends. Je n'accepte pas, mais je comprends. Mon regard se pose sur son visage, maintenant qu'elle est éveillée, et je souris faiblement. « Depuis quand les Américains se soumettent aux Russes? » C'est tout ce que j'ai trouvé à dire, avec un pauvre rire qui sonne faux. « Je suis pas un chien. » Mon ton se veut sûr de lui, mais il n'en est rien. Je m'en rends compte quand ma voix craque doucement, laissant passer la honte que je ressens et que j'aimerais garder pour moi. Est-ce qu'elle me voit vraiment comme ça? Est-ce qu'elle pense que je n'ai jamais pris sa défense devant Anastasia? Devant n'importe qui d'autre? Je ne suis pas allé trouver ce putain de T-rex humain pour me faire insulter comme ça. Quand elle reprend la parole, j'ai envie de hurler, et sans doute ma voix me devance-t-elle avant que j'ai le temps de m'en empêcher. « Je t'interdis de dire ça, ok? »

Mon ton a été un peu dur. Je m'en rends compte l'instant suivant et baisse le volume, serrant les dents et pinçant les lèvres alors que ma vue se brouille un peu et que je me retourne pour ne pas le montrer. Je suis plus fort que ça. Je suis plus fort. Heaven n'a pas besoin d'un chouinard pour ami, putain. Pas maintenant. « Je comprends pas Heaven, pourquoi tu me l'as pas dit? T'attendais que je le devine? » Elle avait l'air en parfaite santé, pourtant. Comment aurais-je dû le deviner? En le lisant sur son nez? « T'avais si peu confiance en moi? »

La respiration tremblante, je prends une profonde inspiration et secoue la tête, les mains appuyées sur l'appuie de fenêtre. Les secondes me semblent longues avant que je ne me décide à reprendre la parole. Des mots que je ne cesse de penser depuis mon arrivée dans cette chambre. Des mots que je ne prononce que rarement, encore moins quand je les pense. « Je suis désolé Heaven. J'aurais pas dû réagir comme ça. » Je ne suis qu'un idiot. Un idiot incapable de comprendre ce qui ne va pas. Un idiot qui panique facilement quand il ne sait pas comment agir, et qui est incapable de choisir entre deux personnes qu'il aime sincèrement, bien que d'un amour différent.

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     Dim 12 Nov - 14:52

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



Allongée dans ce lit, accrochée à toutes ces machines, tous ses tubes, furieuse contre l’état minable de son propre corps et contre l’image de faiblesse qu’elle devait projeter, Heaven était forcé de constater l’étendue de sa connerie. Si ça l’avait déjà retourné avant, c’était une évidence là, maintenant, elle aurait dû tout avouer à Gabriel. Elle était dans le tords, pour le lui avoir caché, la pire amie du monde, à ce stade, c’était presque un mensonge de plusieurs années… et pourtant, peu importe le nombre de fois où elle avait voulu se confier, elle n’avait jamais trouvé les mots pour surpasser sa couardise. Au fils des ans, Heaven avait accumulé les excuses, les justifications, tous les motifs possible pour retarder, voir éviter de confier à son meilleur ami son état de santé. Et si leur relation changeait? Si, par cette révélation, elle perdait la personne la plus importante à ces yeux? S’il devenait rongé par la pitié, les remords de  ne pouvoir rien faire…le dire à Gabriel, c’était risquer de perdre ce lien si fort, si franc qui les unissait. Elle n’avait pas s’y résigner. Et voir l’état de douleur, de tristesse sur ses traits là, maintenant, lui faisait redouter que ça ne soit plus jamais comme avant… Autant, elle avait envie de tout lui dire, autant, son orgueil le lui refusait. Elle ne serait pas minable devant lui, elle ne serait pas pathétique, non seulement par fierté mais aussi… parce qu’elle était en colère. Vraiment. Elle n’était pas la seule à lui avoir caché des secrets important… Elle savait, pour Anastasia et son état d’incubatrice… et elle ne l’avait pas appris du fautif. Roulant les yeux, son ton hargneux mais faible s’était fait entendre. « Américain, russes, tous des dégueulasses d’étrangers. » ah bah, elle était sur la pente remontante si elle avait encore la force d’être raciste…

En fait, elle lui avait jeté n’importe quelle insulte à la figure, juste pour le voir partir, juste pour ne pas avoir à constater qu’il était là, qu’après tout ce qu’elle lui avait dit, toute la haine, il était encore là. Elle avait envie de pleurer, de hurler, une petite partie d’elle était verte de jalousie à l’idée qu’un être aussi présent, aussi loyal existe… et qu’elle doive le partager. Ses doigts s’étaient crispés sur ses draps, son visage se tordant un instant sous la douleur. Douleur causée par les mots de son ami, par son cœur, par tout. « ... ». Demeurant silencieuse un instant, elle avait détourné son minois vers la fenêtre, évitant de le regarder, évitant de parler. Elle se savait en faute… mais ayant la maturité d’un enfant de deux ans, elle avait préféré lancé des piques, nier sa responsabilité et, lorsqu’il l’avait accusé, son ton était mesquin, narquois, comme une enfant protestant contre sa punition. « C’est marrant que tu me parles de confiance… Considérant que t’es le mec qui kidnappe mon enfant sans même te sentir mal. » et il savait, forcément, que ça l’affecterait de ‘’perdre’’ un autre enfant, il était con ou quoi? Et s’il n’y avait que ça. Elle avait dardé ses iris sur lui, baissant le ton. « Et on parlera même pas de ton hyperfertilité. » oui, ça aussi, il le lui avait caché. Soupirant, elle avait roulé les yeux dans un : « T’aurais voulu que je te dises quoi Gab? » il n’y avait aucune bonne façon d’annoncer ça. « Que je pouvais crever à tout moment? Qu’un jour mon cœur va arrêter et personne ne peut rien y faire? » … juste le verbaliser la tétanisait de peur. « Et t’aurais fait quoi? T’aurais chialé? Tu te serais inquiété? Oh non, je l’ai! T’aurais absolument rien fait parce que ta meuf a des soucis plus grave genre se casser un ongle! » … de toute façon, il n’y en avait que pour elle. Cette pétasse possessive, cette fille qui l’avait tant blessé par le passé, qui l’avait humilié, détruit, il la préférait à celle qui avait ramassé les pots cassés. « D’ailleurs, retournes donc la trouver. »

Peut-être qu’elle aurait dû être plus tendre avec lui, plus délicate, accepter ses excuses, le hic, c’est que Gabriel ne lui avait jamais demandé pardon avant, pour rien. Leur amitié n’était pas comme ça, chialer, s’excuser, jamais. Ils n’étaient pas rancuniers. Alors elle les prenait pour de la pitié, elle voyait ce lien si important pour elle, lui échapper. « … Vas t’en. Tu ne le penses pas.  » elle avait secoué la tête, sa voix n’étant qu’un murmure tremblant mais hargneux, ses iris s’emplissant de larmes. S’agitant un peu trop pour son propre bien – son rythme cardiaque clairement en hausse vu la machine et la contorsion de douleur sur ses traits, elle avait craché à son intention. « Tu fais juste comme tous les autres! Tous! Trop cons pour réaliser qu’ils restent par culpabilité pas par envie. Je n’ai pas besoin de ta pitié !  » Non. Mais elle avait besoin de lui, tellement besoin de lui. Gabriel, c’était et ça avait toujours été son pilier. Elle avait porté sa main à son cœur, grimaçant de douleur, les yeux embués de larmes.
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     Sam 18 Nov - 17:21

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



Je n'ai pas vu beaucoup d'horreurs dans ma vie. J'ai vu les films, les histoires, les légendes et les informations à la télévision. Mais me retrouver là, dans cette chambre, et voir tous ces écrans clignotants, ces chiffes et symboles incompréhensibles, c'est bien différent de ce que j'ai pu voir dans les séries. Je n'ai rien d'un Gregory House, d'un Docteur Grey; je n'ai rien du Docteur Choi de Chicago Med. Je suis juste Gabriel, idole japonaise originaire d'Amérique, bien incapable de déterminer si les données que je vois sont de bonnes ou de mauvaises nouvelles. Je sais que les visites sont normalement réservées à la famille, ici, au Japon, mais Heaven est comme une soeur pour moi. Je serais même incapable de dire depuis combien de temps nous nous connaissons. Et voilà que je me retrouve dans un hôpital, à la regarder mourir...


Non.

Je refuse qu'elle meure maintenant. C'est hors de question.

« Je vois que t'es en forme. » plaisanté-je amèrement, malgré tout pris au coeur par mes propres paroles. Elle n'a pas l'air en forme et je le sais bien. J'ai l'impression qu'elle pourrait s'effondrer d'un instant à l'autre, à cause de tous ces câbles et ces tuyaux. Comme si la machine allait s'emballer d'un coup. Comme si elle allait commencer à hurler à l'urgence. Je n'ai pas envie que ça arrive. Elle pourra me traiter d'étranger autant qu'elle le voudra, ça ne me fera pas bouger... En plus... « Je suis toujours plus bridé que toi. » Un rire gêné m'échappe alors que je tente de me reprendre pitoyablement. Je déteste être aussi faible, aussi... aussi... Je ne sais pas.

Je ne manque pas de poser les questions qui me brûlent les lèvres. Pourquoi ne pas me l'avoir dit? Pourquoi avoir caché qu'elle était malade durant tout ce temps? Je suis trop jeune pour être endeuillé d'une meilleure amie. Je peine déjà à me remettre de la mort de cet imbécile mort à Orlando... Mes lèvres se pincent à cette pensée alors que je vois Heaven détourner le regard. Et ma réponse? Où est-elle? Je manque de m'étouffer en l'entendant. « Ça n'a rien à voir Heaven. » Oui, elle a perdu un enfant, qu'on a remplacé par un chien. Oui, j'ai laissé Ana rencontrer l'animal et l'affubler d'un chapeau ridicule. Oui, Ana est enceinte et, pour protéger ma carrière et la sienne, j'ai décidé de n'en parler à personne. Mais personne ne risquait de mourir. Personne ne risquait d'être blessé. Rien, absolument rien, dans toutes ces choses, n'implique la disparition soudaine de l'un d'entre nous. Rien, excepté cette maladie qu'elle m'a cachée. J'ai beaucoup de mal à comprendre sa logique, et le simple fait qu'elle me parle de cette façon m'énerve encore plus.

Oui, j'aurais préféré qu'elle me le dise. J'aurais préféré qu'elle m'annonce qu'elle allait mourir. Pas le découvrir comme aujourd'hui. Les dents serrées, je triture le tissu de mon pantalon, les yeux rivés vers les draps qui couvrent le lit.

« Non. »

Mes excuses n'ont eu aucun effet, visiblement. Pourtant, je suis sincèrement désolé. Désolé d'avoir osé me montrer aussi odieux envers ma meilleure amie. Désolé d'avoir été suffisamment con pour la maudire parce qu'elle m'avait remplacé. Désolé d'être aussi con. Mes lèvres laissent fuir un soupir que j'aimerais réprimer, mais j'ai le coeur lourd de cette conversation de sourds. Quand finalement je la vois porter la main à son coeur, je me continue de fixer les draps avec attention. Peut-être est-ce même une pointe de déception.

« T'es vraiment trop conne, Heaven. Je te l'ai jamais dit? » Il me faut un instant pour relever les yeux vers le visage de ma meilleure amie, plantant mon regard sombre dans le sien. « J'suis peut-être pas une lumière, mais je sais qu'un ongle, ça repousse... » Je pince les lèvres et réprime un soupir. « Si tu meurs... Tu reviendras jamais. » Faut lui dire en quelle langue pour qu'elle comprenne?

Mon coeur se serre un peu plus et je glisse discrètement l'extrémité de ma manche sur ma joue, assis en biais sur le lit, pour essuyer la perle d'eau salée que je sens rouler sur ma joue. Pas maintenant. Pas aussi bêtement. Pas comme ça. « Tu crois vraiment que ça aurait changé quelque chose entre nous? » Je repose les yeux sur elle, les lèvres pincées en une ligne. Je sens les larmes venir, mais je les réprime une fois encore. « T'as toujours pas compris que j'étais différent? » Son meilleur ami. Le seul, l'unique. Qu'importe combien elle peut tenir à ce Hideki. « Tequila a besoin de toi, alors ressaisis-toi. » Une seconde, deux secondes s'écoulent. « J'ai besoin de toi. »

Si l'on m'avait dit que je pleurerais un jour au chevet de Heaven, j'aurais sûrement ri au nez de l'imbécile qui aurait osé dire une chose pareille. Maintenant, je me rends bien compte que tout est possible. Tout même le pire. Mais ce pire, je n'y suis pas prêt. Je refuse d'accepter la possibilité que Heaven puisse un jour mourir. Il est trop tôt. Elle est trop jeune. Nous sommes tous trop jeunes et, au fond de moi, j'aimerais simplement qu'elle soit heureuse après tout ce qu'elle a traversé.

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     Jeu 23 Nov - 18:18

" You were never supposed to see me weak "
ft. Gabriel & Heaven



Venait-il vraiment de la traiter de non Japonaise? Malgré le peu de force qu’il restait dans son corps frêles, elle avait trouvé assez de détermination pour le foudroyer du regard, ses iris aussi brutaux que deux poignards rivés sur lui. Elle le jurait, s’il ajoutait qu’elle avait une ressemblance même infime avec le Cheetos qui dirigeait les USA qu’il aimait tant, elle allait réunir ses dernières forces pour le battre à mort à coup d’une des machines auxquelles elle était accrochée. Pinçant les lèvres, elle avait conservé un silence buté face aux explications du jeune homme, luttant vainement contre les tambours de sa pompe à sang qui lui martelaient les tempes. Ils se disputaient souvent, enfin, trop grande franchise oblige, mais c’était la toute première fois qu’elle pouvait sentir son inséparable lui échapper, lui filer entre les mains… il préférait sa Russe, il était déjà en rang pour se porter volontaire comme tribut aux prochaines Hunger Games de Moscou. Il s’éloignait, lui cachait des choses importantes… alors l’idée de lui révéler tout lui avait échappé aussi… elle ne voulait pas user de sa maladie pour le forcer à ne pas lui tourner le dos… c’était trop minable. Serrant les poings, elle avait vociféré contre lui un : « C’est fabuleux comment, quand t’es en faute, c’est jamais grave. » avant de rouler les yeux, blasée.

Elle allait l’étrangler, pour de bon! Plus elle cherchait en elle sa compassion, plus elle se butait à sa mauvaise foi. Elle aurait dû lui dire, il y des années, elle le savait, mais entre le savoir et l’avouer… Elle était déjà cadavérique, à moitié morte, faible devant lui, pathétique, elle n’allait pas en rajouter en fondant en larmes! Alors fidèle à elle-même, Heaven avait opté pour l’agression, les accusations, tout pour ne pas se parler de façon mature et posée, et avouer, que peut-être, un peu, elle était morte de trouille. « Alors comme ça moi, j’aurais dû te faire confiance au point de t’avouer un truc horrible, en signe d’amitié, toutes ses conneries que t’essais de me raconter... » elle avait agité ses mains blêmes, le visage fermé, les lèvres pincées, insatisfaites, poursuivant d’un ton cassé, brisé et entrecoupé de longues respirations douloureuses, elle ne devait pas s’agiter, son pauvre cœur était si douloureux… « Mais c’est à sens unique, parce que bien sûr moi, tu ne me dis jamais rien! Moi, tu ne me fais pas assez confiance! Et le pire, c’est que je t’aurais aidé! Je t’aurais écouté! Si il y a bien une personne qui comprends la panique d’une grossesse non désirée quand le père est un idole c’est bien moi! »  … Oui, elle savait. Elle savait quelle panique c’était, de gérer ça en secret, elle l’avait vécu, à cette époque maudite… et Satoshi n’avait pas eu la moindre compassion, Gabriel lui … il semblait être là pour Ana. Quelque part, devant son propre abandon des derniers mois, devant la réaction de Kazuya… ça la rendait un peu jalouse. Juste un peu. Qu’il soutienne sa petite amie alors qu’elle, quoi qu’elle n’en dise rien avait tellement… mais tellement besoin de lui.

« Tu penses quoi Gabriel ? » c’était probablement la première fois qu’elle utilisait son prénom en entier, comme pour briser le peu de proximité qu’il restait, comme pour bien enfoncer chaque son de Ga-bri-el comme une manifestation de sa fureur. Serrant les poings, elle avait poursuivi, le souffle irrégulier, en pétard. « Que je l’ai appris au bal que t’as engrossé ta copine? Ma prends pas pour une conne, j’étais au courant depuis des semaines, je t’ai donné la chance de me le dire, et t’as rien dis. T’as rien fais! Alors ne me fait pas la morale sur des cachoteries! »  Elle savait, depuis cette altercation, depuis qu’elle avait fait venir Philip… elle savait et il ne lui avait rien dit. Cette trahison là aussi, elle faisait mal. Fronçant les sourcils devant la grande leçon du Choi des plaines – la mort, c’est final, elle ne pouvait que se surprendre qu’il ait retenu quelque chose en biologie. Dommage que ça ne soit pas la portion contraception…

Elle aurait voulu qu’il parte, qu’il ne la voit pas au bord des larmes, si faible, si seule, qu’il n’essai pas de la gaver de belles paroles alors qu’elle le savait, le vivait avec sa propre famille : devant la maladie, ils la regardaient tous comme un cadavre. Elle tentait de toutes ses forces de se cramponner à sa colère… pour ne pas céder, pour ne pas craquer. Mais il l’avait fait le premier. Voyant les premières larmes couler, une nouvelle douleur l’avait prise au cœur et, sa voix colérique avait passé de forte à un couinement. « Arrête de chialer comme une gonzesse. » … elle ne voulait pas voir ça, elle ne voulait pas lui faire mal, ça, plus que tout le reste, elle le redoutait. Déglutissant, elle avait tenté un : « Gab … »  avant d’elle-même, fondre en larmes. Ok. Peut-être qu’il avait raison, elle était un peu conne. Beaucoup conne même. Et pourtant, ses iris noyés de larmes, sa main si faible, perforés des fils médicaux bidons, elle l’avait tendu vers lui, sans une hésitation, avouant bien malgré elle un : « … Je … j’ai besoin de toi.   » Ça l’avait frappé, brutalement. Gabriel était différent, et au fond d’elle-même, si elle lui avait caché sa maladie, ce n’était pas par peur de le perdre, ou qu’il l’abandonne. Non. Ce qu’elle redoutait plus que tout au monde, c’était qu’il reste à ses côtés, ce crétin borné, et que la dernière chose qu’elle fasse sur cette terre, soit de lui causer du chagrin. Il lui était précieux… si précieux, son meilleur ami.
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     Jeu 7 Déc - 0:14

" You were never supposed to see me weak "
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Heaven m’énerve. Je l’aime profondément, avec plus de sincérité que n’importe quel ami, j’en ai la certitude, mais sur le moment, elle m’énerve plus qu’elle ne l’a jamais fait, elle aussi. Plein d’inédits, c’est incroyable. Mais le fait qu’elle ose remettre en question ce que je dis, lorsque je lui affirme que ça n’est pas la même chose, m’énerve plus que tout au monde. « Meuf, t’es dans un lit d’hôpital, ça a rien à voir. Admets que j’ai raison pour une fois. » Je ne devrais pas m’énerver contre elle, mais elle minimise son état, et je peux pas laisser passer ça. Puis c’est pas la mort de pas avoir su que Anastasia était enceinte, si ? On se faisait la gueule, jusqu’à preuve du contraire. Elle a tendance à l’oublier. Enfin… On se parlait avant, mais ce n’est pas pareil, comme je le disais !

Je soupire malgré moi quand j’entends sa nouvelle tirade, agacé par ce qu’elle dit. Sérieusement ? SÉRIEUSEMENT ? Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité, là. À sens unique. Notre amitié n’a jamais été et ne sera jamais à sens unique. JAMAIS. « Ok alors tu vas arrêter de te focaliser sur cette grossesse et réfléchir un peu. Visiblement y a pas que ton cœur qui en a pris un coup. » Je suis dur, mais elle m’énerve. Elle n’a pas idée. « Ça fait combien de temps qu’on se connait ? Des années. Des années pendant lesquelles t’aurais pu m’en parler. Des années pendant lesquelles tu m’as entendu te raconter ma vie. Toute. Ma putain. De vie. » Et pour que ça rentre bien, je tapote ma paume du bout de mon index. « Et c’est à sens unique ? On doit pas vivre la même amitié alors. » Je secoue la tête et pousse un nouveau soupir, plus profond encore que le précédent. « Sérieusement Heaven, je sais pour Ana depuis beaucoup moins longtemps, et on s’est fait la gueule pendant des mois. Tu peux comprendre que j’aie eu du mal à en parler au début aussi, non ? » Et elle a perdu un enfant, je sais. Ouais, je sais. Ça n’excuse rien ! « Arrête de me prendre pour un con maintenant, si on suit ton raisonnement, t’es la première à m’avoir menti. »

Et qu’elle ramène cette altercation avec Anastasia ne m’amuse pas du tout. Je m’énerve tout seul pendant quelques minutes, sans même chercher à répondre à ses accusations, pris de court par la réalité alors que je me décide à lui rappeler un fait qu’elle a peut-être oublié. Eh oui, la mort, c’est définitif. On se réveille pas d’une grande sieste en se disant que, putain, on a bien dormi au cours de ces dix dernières années. Ça, ça n’arrive que dans les films, et on n’est pas dans un film, même si on est Américains. Cette fille est incroyable.

Alors je me surprends à pleurer. Je déteste ça. Être si faible. Si ridicule. Mais j’ignore si ces larmes sont des larmes de tristesse ou de rage ; peut-être les deux, en vérité. Je peine à réaliser que ma meilleure amie m’a menti pendant tout ce temps, à accepter cette idée, mais j’ai encore plus de mal à me dire qu’elle ne sera peut-être plus là d’ici quelques temps, à cause de cette merde. « Je pleure pas. » Je peux toujours essayer, non ? Je m’efforce de lui tourner le dos pour qu’elle ne voit pas les larmes qui continuent de rouler sur mes joues de temps à autres, toujours plus nombreuses. Je me déteste pour tout le mal que j’ai pu penser d’elle l’autre soir, au bal. Je suis effrayé à l’idée que j’aurais pu, si elle était morte aujourd’hui, la laisser partir sans lui dire tout ce que je pense d’elle. Tout le bien que je pense d’elle. L’entendre pleurer à son tour m’achève et je n’essaie plus de retenir mes larmes, me redressant pour m’approcher d’elle et la prendre dans mes bras en prenant garde à ne pas toucher aux fils qui l’entourent pour ne pas déclencher une catastrophe. J’ai trop peur de lui faire du mal. Aussi, je m’assieds à ses côtés et je saisis sa main libre de fils dans les miennes, la serrant fort, si fort. Comme si elle pouvait m’échapper d’un instant à l’autre. « Je serai toujours là Heaven… Toujours. » Les larmes me viennent à nouveau et je serre les paupières pour ne pas les laisser fuir, bien incapable, cependant, de les retenir totalement. Je m’entends reprendre d’une voix étranglée. « Tu le sais ça, hein ? » Comment en est-on arrivés là ? Je pousse un soupir. « Même avec Ana, je serai toujours là. Je te le promets. » Et si elle doit tomber un jour, je serai là pour la soutenir, pour l’empêcher de s’écraser. Cette pensée me serre le cœur, mais je sais que cela finira par arriver. Hélas.

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     Sam 9 Déc - 19:36

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Meuf? Vraiment? À quoi il jouait? Il se prenait pour un Casanova de bas-fonds? Risible! Pour la peine, elle avait pincé ses lèvres d’un air outré en ajoutant, du même ton plein de sarcasme lourdaud : « Mec. Jamais. Le jour où je te donnerai raison t’as intérêt à leur faire doubler les médocs, je n’aurai clairement plus toute ma tête. » ce qui n’était pas faux, si elle avait un défaut, notre jolie blonde, c’était l’orgueil, elle était tellement fière que même sur son lit de mort – et dieu sait qu’aujourd’hui, ça lui ressemblait – elle ne lui donnerait pas raison. Jamais. Une partie d’elle savait bien, que les accusations de son ami était fondées, qu’elle n’avait aucune bonne excuses pour justifier l’omission de son état de santé. Elle aurait dû lui dire, elle aurait pu lui dire, à n’importe quel moment dans la dernière décennie et chaque fois, elle avait abdiqué, avait trouvé une raison de ne rien en faire. Elle voyait bien, qu’elle était en tords, sauf que les mots du jeune homme raisonnaient dans son esprit au point de ne pas la rendre apte à avouer sa faute. Pas qu’elle n’en ait vraiment envie. Devant sa fureur, elle préféra en rajouter une couche. « Au moins, moi si j’suis conne c’est la maladie! Toi c’est visiblement inné! » … Non mais de quel droit il osait lui parler comme ça! Sa pauvre pompe à sang était douloureuse, elle ne devrait pas élever le ton… mais en même temps…

« Parce que je ne t’ai pas raconté ma vie moi peut-être? T’es la seule personne…LE SEUL. Et le seul à qui j’ai avoué avoir touché à un étranger dégueulasse. Je t’ai dit que j’ai couché avec un sous homme FOR FUCK SAKE. » La honte de sa vie, la pire baise de son existence, comparativement au crétin qu’elle s’était coltiné post-kazuya, elle en était presque venu à regretter les talents de bourrin de son meilleur ami! Ce qui était peu dire. Et voilà qu’il se croyait au-dessus de tout, qu’il tentait de lui renvoyer la pierre qu’elle savait mériter… mais ne se résigner à avouer. « Non justement non je ne peux pas comprendre ! Si t’es assez con pour penser que je t’aurais laissé tomber juste parce que t’as été un connard et que t’a volé notre enfant pour l’élever avec Poutinette t’es totalement débile! C’est toi qui doit voir notre amitié comme une grosse merde inutile si tu penses une seconde que je ne t’aurais pas soutenu! » … Elle s’était tu un instant, énervée, probablement d’autant plus hors d’elle parce qu’elle voyait bien, qu’elle était en tords. Mais elle n’en dit rien, le regardant s’éloigner, encaissant la douleur des larmes qu’elle voyait poindre. Son couinement était plus faible, un souffle, une supplication incohérente. « … T’as jamais demandé. … Tu pensais que je faisais quoi toute ses fois où j’allais à l’hôpital? Un changement de sexe?! »  … Elle avait toujours de la mauvaise foi, elle vivrait.

Heaven n’avait rien dit pendant qu’il s’éloignait, incapable de gérer ses larmes, de voir le mal qu’elle lui faisait. Et encore, ça serait pire, bien pire, quand elle ne serait plus là. Elle ne lui avait pas fait remarquer qu’il pleurait quand même, elle avait repris son souffle, sentant la culpabilité grimper en puissance dix. Elle avait besoin de lui, plus que de quiconque. Gabriel, c’était un peu sa bouée, quand elle avait appris sa maladie, il était celui qui l’avait remonté, il était celui qui avait veillé sur elle sans savoir, qui l’avait réconfortée. Il était … la personne la plus importante dans sa vie, et de le voir tout donner à cette Russe, qui n’avait jamais rien fait d’autre que de lui en vouloir… elle avait cette peur panique de le perdre. Et sans lui, sans lui, ça lui faisait beaucoup trop peur de continuer à avancer. Lorsqu’il était approché, lorsqu’il avait saisis sa main, son cœur avait recommencé à battre.

Dès qu’il s’était rapproché, qu’il avait pris place près d’elle, Heaven avait enlacé ses doigts aux siens, serrant sa main dans la sienne, fort, s’accordant le peu de force qu’il lui restait pour se déplacer plus près de lui, si près, se permettant de poser sa tête bouclée contre son épaule, en une maladroite étreinte limitée par lies divers tubes qui la transperçaient. L’angle était un peu douloureux, mais de le savoir si près d’elle, de sentir qu’elle pouvait se reposer sur lui était un tel réconfort qu’il primait sur l’inconfort. Son minois s’était enfouit contre l’épaule de son amis, encore humide des larmes qu’elle ne pouvait contenir à l’entente de ses mots, de ses promesses. Elle n’avait jamais douté qu’il serait là, quelque part, elle le savait, et c’est précisément pour cela qu’elle lui avait caché sa fatalité, de crainte de l’inquiéter, qu’il en fasse trop, qu’il ne soit plus cet imbécile heureux. Et pourtant, de l’entendre le lui dire suffisait à mettre un baume sur son cœur, elle avait serré d’avantage sa main, soupirant un faible : « Je sais. » contre son épaule. Elle s’en voulait un peu, d’avoir autant besoin de lui, de se reposer sur son ami alors qu’il n’avait rien demandé, que lui donnait-elle en retour… Rien. Rien du tout, elle ne lui causait que des soucis. Son pauvre cœur se serrait et elle s’était nichée d’avantage contre lui, espérant probablement corroborer qu’il était toujours là.

Quelque part, entre deux quintes de larmes, elle s’était risquée à l’humour, soufflant contre son épaule une tentative de bêtise, pour détendre cette atmosphère un peu trop lourdes. « Et moi aussi, je trouverai même un moyen de te hanter quand mon cœur aura lâché. Je ferai bouger tous les objets dans ta loge tu vas voir! »  … Lui pourrir la vie de l’autre côté, elle y comptait bien! Elle serait une vraie peste, elle ferait des peurs à Anastasia pour lui faire payer toutes fois ou elle avait osé faire pleurer son ami. Boucle d’or avait soupiré, relevant son minois pour plonger ses prunelles dans celles de son ami, débutant d’une voix toujours aussi rauque, mais bien franche. « Tu sais… même si t’es un américain coréen … » … de graves crimes ethniques. « T’es la personne la plus importante dans ma vie... » elle s’était serrée contre lui, des larmes coulant sur ses joues. « Et je ne voulais pas que tu souffres à cause de moi... je… je pourrais pas continuer… si t’étais pas là… tu le sais ça hein? »
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     Sam 23 Déc - 1:13

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Heaven pourrait me sortir toutes les conneries du monde, je doute qu’elle puisse me faire croire qu’elle a raison. Je doute même, à l’instant, qu’elle pourrait me faire rire. Parce que cette situation n’a rien de drôle, que ma meilleure amie ajoute comme si elle était en droit de me reprocher quoi que ce soit, y compris une connerie que je ne prends pas contre moi. Ce n’est pas parce que tout le monde pense que je suis stupide que je le suis vraiment ! Je ne l’ai jamais été ! Ils peuvent penser ce qu’ils veulent : que je manque de talent, de volonté, de courage parfois. C’est faux. Je laisse donc Heaven cracher son venin, pinçant les lèvres alors que j’évite de m’énerver contre elle encore une fois. Elle ne réalise pas tout ce que je fais pour elle à cet instant ? … Certes, je suis debout à côté d’un lit avec une tête de trois pieds de long, mais c’est déjà quelque chose, non ?

Et qu’importe ce que Heaven peut dire aujourd’hui, je refuse de lui donner raison. Cette histoire de sous-homme. Cette histoire de grossesse, cette amitié qu’elle n’a pas tellement mis en avant au bal de Noël. Ah. Elle croit peut-être encore que c’est la même chose ? Je secoue la tête en l’entendant reprendre la parole. « Comme s’il n’y avait pas des milliers de raisons pour aller à l’hôpital. » N’est-elle pas psychologue de formation ? J’ai moi-même été à l’hôpital pour une jambe que je pensais cassée, ça ne fait pas de moi un mourant. Et je déteste être pris pour le dernier des idiots alors que je sais parfaitement qu’on se fout de moi. « Tu me feras pas changer d’avis. » Elle ne fait que m’attrister davantage.

La preuve, ce sont les larmes qui suivent quelques secondes plus tard. Quand je me retrouve incapable de cacher à quel point cet événement me touche, à quel point je tiens à cette meilleure amie, qu’elle m’ait caché sa maladie ou non. Réalise-t-elle seulement à quel point mon amitié est forte ? J’ai parfois l’impression d’être une espèce d’handicapé social, incapable de m’exprimer et de faire comprendre aux autres à quel point je les aime. Je me perds dans les mots. Je me perds dans mes idées. Je me perds dans ce que je veux dire, ce que je veux faire. C’est comme si j’étais à nouveau un enfant qui n’avait jamais grandi, qui peut juste voir les choses arriver sans agir. Mais je refuse que Heaven souffre seule, et l’idée de la perdre m’est insupportable. Elle est l’une de mes amies… Si ce n’est la seule qui me suive depuis aussi longtemps. Mes doigts serrent ceux de ma meilleure amie. J’essaie de me montrer fort. Un homme, un vrai, comme l’auraient dit les imbéciles d’Orlando. Des idiots qui n’ont jamais compris qu’un homme pouvait aussi avoir des moments de faiblesse. Peut-être qu’au bout du compte, je n’ai jamais été fort.

Je ferme les yeux et glisse mes bras autour du corps fragile de ma meilleure amie quand elle s’approche de moi, essayant de sécher mes larmes, lâchant un rire amer à sa plaisanterie. « Rigole pas avec ça. » Je lui interdis de me lâcher maintenant par ces seuls mots. Un petit sourire, pénible mais sincère, étire mes lèvres quand elle s’éloigne et que nos regards se croisent. « Je suis quand même le plus sexy des américains coréens. » dis-je en riant un peu. Quand je dis que j’ai du mal avec les émotions. « Je serai toujours là. Même si on devait se disputer. » Un silence s’installe, que je ne tarde pas à briser. « T’as intérêt à être vite debout. » Et c’est un ordre, évidemment. On en doute ? « Tu as besoin de quelque chose ? »

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