Nous manquons de trainees, favorisez-les pour vos personnages inventés ! heart


 

 Between me & you - ft. Naomi ♥

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     Dim 1 Jan - 20:26
Between me & you. NAOMI;
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ça pour être perserverant, Ren l'était ! C'était peut-être l'une des premières choses qui l'avaient marquée chez lui d'ailleurs. Il mentirait s'il ne s'avouait pas qu'au début ça l'avait fait fortement soupirer. Plus d'une fois, Ren lui avait fait peur en ayant fait preuve de ce qu'il voyait aujourd'hui comme une qualité. Il se sentait chanceux d'avoir été victime de cette dernière sans avoir le sentiment de véritablement la mériter. Il se savait borné de son côté mais il ne pouvait pas prétendre qu'il partageait le même talent que son ami à ne pas baisser les bras. Parce qu'autrement, ce soir, il ne s'accrocherait pas autant aux derniers moments qu'il pouvait avoir d'une relation qui n'était pas pour lui. Une relation à laquelle il aurait dû renoncer il y a bien longtemps pour permettre à Mikio d'avancer sans jamais souffrir.
Il n'était pas borné... il était tout simplement trop faible aux ordres que son coeur traduisait par des battements... des battements trop douloureux quand il était si loin de Mikio. Quand il ne pouvait pas être contre lui. Quand ses doigts se tendaient vers la froideur de draps au lieu de pouvoir glisser contre une peau qui appelait toujours plus de caresses.
Si faible que maintenant il trouvait le moyen de souhaiter par dessus-tout que Mikio se trouve dans le même lit que lui...

« Je suis sûr que c'est faux. » Si Mikio te dit que son meilleur ami se débrouille mieux que lui, c'est que c'est probablement vrai.
... non. Dans le monde de Nao, personne n'était meilleur que Mikio. C'était une vérité incontestable. Et même si le coréen déclarait aujourd'hui qu'il n'en n'avait plus fait depuis longtemps, il était certain qu'il se débrouillait encore très bien. Intérieurement, il s'était perdu plusieurs secondes à imaginer son aîné sur une planche de surf et il avait trouvé l'image plus que plaisante. Oui, vraiment, Mikio devait être si beau quand il surfait sur l'eau... ne l'était-il pas dès qu'il faisait quelque chose ? En chantant. En surfant. Mais plus généralement en respirant. Mikio dégageait quelque chose qu'il n'avait jamais vu avant. On pourrait lui dire qu'il n'avait pas rencontré assez de monde, et pas les bonnes personnes, mais il était persuadé que c'était rare. Certains définiraient cette présence comme du charisme mais chez le coréen, c'était un mot plus fort encore que l'on devrait inventer « ça te va bien. » le surf, nager, oui, ça lui allait bien. Il aurait bien aimé le voir au moins une fois... c'était dommage qu'il soit forcé de se laisser aller à l'imagination pour avoir la chance de vivre cette image « Hum... oui... un Mikio sur l'eau j'aime beaucoup... » il n'était probablement pas là pour se perdre avec les pinceaux du pouvoir de l'imagination. Non. Mais cette réplique était toujours mieux que de dire tout haut qu'il venait de le penser particulièrement beau à maîtriser des vagues. ça, c'était probablement le genre de choses qu'il valait mieux éviter de dire... maintenant en tout cas.

« Hum ? » le surf idiot....
Oh... « Ah, non. ça ne m'a jamais tellement attiré ces trucs-là.... » ... il aurait bien aimé pourtant.... Mais non, ça ne le branchait pas... le surf... non, jamais !
... il y avait tellement de choses qu'il aurait aimé savoir faire. Pourtant, il savait qu'il ne pouvait pas se plaindre. Parce qu'à la base, il était supposé ne faire que "savoir". Connaître des choses. Être cultivé. Parler plusieurs langues. Être calé en commerce.
Mais savoir et pratiquer en dehors de connaissances, c'était un monde dans lequel il n'aurait jamais dû entrer. On lui avait accordé le violon. Il s'était offert la guitare et la photographie. Et puis, aux Etats-Unis, il s'était laissé aller à d'autres expériences... parce qu'il y avait tellement de choses qu'il avait regardé de loin avec envie pendant son enfance.
Des batailles de boules de neige à un cerf-volant qui vole haut dans le ciel.
D'un tour en vélo à ... qu'est-ce qu'il avait l'air cool ce toboggan sur lequel il regardait glisser des enfants en attendant que la voiture ne redémarre à ce feu rouge.
Et cette cabane qu'ils avaient bâtie imaginairement avec Tetsuo... il aurait aimé les avoir pour de vrai ces échardes dans les doigts.
Mais il ne pouvait pas se plaindre... parce qu'il y en avait des tas des choses qu'il avait pu faire alors qu'il n'aurait jamais dû les connaître en dehors d'un imaginaire qui n'imposait aucune limite.
Et son plus bel exemple... il était en train de lui parler à présent à travers un écran... oui, juste pour Mikio, il n'avait pas le droit de se plaindre.

Tout comme il n'aurait probablement pas dû admettre tout haut que son souhait à présent était d'ouvrir la porte pour Mikio.
Oui, même si c'était pour le voir fâché et être forcé d'écouter un sermon.
Mikio pourrait le gronder... lui il se perdrait probablement à le serrer un moment dans ses bras. Parce que maintenant, il n'aurait aucune volonté. Son coeur affaibli par le manque avait néanmoins le pouvoir de s'exprimer plus fortement que la raison « Alors je devrai peut-être faire une bêtise... » oui... évidemment... ou se la fermer. Mais s'il comptait réellement aller prendre en photo un kangourou de nuit, peut-être que Mikio viendrait pour de vrai.
....
non, évidemment que non ! Mikio n'allait pas débarquer comme ça.
... pourtant, ça aurait été bien se lever et ouvrir la porte sur son visage.
ça aurait été si bon pouvoir faiblir un peu pour retrouver ses bras.
ça l'aurait été autant de laisser à ses lèvres le droit de goûter un peu à son cou.
Ailleurs sur sa peau aussi. Il y avait tellement d'endroits où se perdre... elles le brûleraient toujours autant maintenant n'est-ce-pas ?
... parce qu'il ne s'accordait plus ce droit. Parce qu'elles appréciaient trop la peau de Mikio, c'était vrai. Elle était si addictive... il n'y pouvait pas grand chose. Bon goût... le terme était faible pour la qualifier. Pour parler franchement, il n'en n'avait jamais goûté de meilleure. C'était le genre de peau qui lui faisait clairement perdre la raison. Si on pouvait qualifier ça de genre quand c'était bien la première fois que la tête lui en tournait au point de lui faire perdre la raison. Dans le fond, heureusement que Mikio était une personne raisonnable parce que lui, il se laissait trop souvent aller quand il faiblissait à consommer un peu de cette drogue trop douce.
Oui, il avait beau chercher... non, jamais ses lèvres n'avaient eu envie à ce point de courir sur une peau...

S'il aurait dû se taire. Si ce "non" paniqué n'aurait pas dû sortir non plus et qu'il s'était trouvé embêté ensuite, le soupir n'était pas resté silencieux non plus au même titre que ce « Merci... » soufflé avant un silence qu'il avait  brisé peu après d'une justification à la manière d'un enfant qui cherche à dépasser un peu plus le couvre-feu « ... et puis, c'est encore tôt. ». Et il était quelle heure ?
...
Oui, sans importance en somme de la connaître cette heure qu'on ne disait pas tardive.
Laissant ses doigts glisser sur le matelas, regrettant de ne pas avoir Mikio près de lui, il n'avait pas cherché spécialement à meubler la conversation qu'il venait de réclamer. Et ses doigts s'étaient stoppés net quand le chanteur l'avait fait à sa place. « ... » il ne savait pas tellement les traduire les battements que son coeur avait repris après une absence. Mikio n'était pas supposé trop l'écouter, il n'était pas supposé penser à lui ou chercher à être avec lui non plus... et pourtant, son visage à lui avait pris une couleur différente, proche du rouge « ... » sa bouche s'était effectivement ouverte mais aucun son n'était sorti. Son coeur ne s'était probablement pas serré parce qu'il regrettait que Mikio ne lui dise pas qu'il ne pouvait pas rester, il devait retrouver Jin Ah maintenant... non... la raison plus honnête était ces mots qui avaient fini par franchir ses lèvres « ça me touche... que toi... tu l'apprécies.... » parce que quelqu'un avec le talent de Mikio qui écoutait plusieurs fois votre chanson, c'était plus qu'un beau compliment, oui... mais aussi parce que... « ... vu qu'elle n'était que pour toi... » de la première à la dernière note, le moindre mot... rien que pour lui... « ... même si j'aurai aimé t'offrir un peu plus ... » un album photo, un dîner, une plage en plein milieu d'un appartement... oui, ce n'était pas possible... il le savait, mais c'était dommage... même si ce n'était toujours pas suffisant et que Mikio avait passé une meilleure soirée de toute manière « ... mais si tu veux, oui... c'est d'accord... » refuser quelque chose à Mikio, est-ce qu'il savait seulement le faire ? Hormis dans les cas où il se montrait imprudent bien sûr...
« ... Tu sais Michan, moi aussi je t'écoute beaucoup... » et il le ferait tout de suite après qu'ils aient raccroché. Il mettrait ses écouteurs dans ses oreilles et il passerait un moment à l'écouter cette voix si parfaite... « ... pas uniquement ce que tu m'envoies, j'en ai plein des... » vidéos... oui... et honnêtement... c'est un peu embarrassant... non ? « ... enfin tu sais... du bar... quand je viens te voir... »

Non... vraiment... tais-toi.
... Un autre soir, il se débrouillerait mieux dans le registre "j'espère que ça se passe bien avec Jin Ah. Moi je ne pense pas trop à toi, je passe vraiment des vacances parfaites. Des videos ? Quelles videos ?"
... un autre soir, c'était déjà loupé pour celui-là manifestement :

« ... toi ... » brillant changement de sujet Naoki ! Pour le coup, on ne savait pas trop s'il pouvait remercier Mikio pour avoir parlé de son séjour vu ce qu'il en faisait.
Il l'avait pensé non ?
Il ne l'avait pas dit tout haut ?
Si ?
Pas trop fort alors... oui, il avait dû le dire trop bas... Mikio ne l'avait pas vraiment entendu que la seule personne qu'il voulait voir maintenant, c'était lui. Il ne le savait pas qu'à présent il désespérait de pouvoir sentir son odeur, au moins pour quelques secondes. Que ses yeux mouraient d'envie de voir son sourire même si c'était en se posant sur un endroit dangereux... « ... On irait bien au Nord ... » oui, c'était bien le Nord... ses lèvres iraient plutôt vers le Sud de son côté... « Au moins pour la barrière de corail. » ah ce qu'elle était belle cette barrière ! Les yeux de Mikio aussi non ? C'est vrai qu'il les aimait beaucoup les yeux de Mikio... sans plaisanterie... « Et puis Ren voudrait faire un autre parc d'attractions. » ... lui, il préférait nettement perdre toute une journée à caresser une peau beaucoup trop douce.

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     Lun 2 Jan - 22:57
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Between me & you


Les lèvres de Mikio esquissèrent un sourire flottant. Il avait toujours aimé la mer. C’était sans doute sa seconde passion après la musique. D’aussi loin qu’il se souvenait, cette plage avait toujours fait partie de sa vie jusqu’à ce qu’il quitte Busan. Petit, sa mère lui avait souvent dit qu’il s’était trompé en naissant en décembre, qu’il n’était pas sagittaire mais poisson. Elle riait mais elle y était probablement pour beaucoup dans cette fascination qu’il avait pour l’océan. La plage était son terrain de jeux, son décor favoris pour les aventures qu’il vivait avec Jae… Et quand il en avait besoin, elle devenait son jardin secret. Cette place si particulière, ce même rocher où il pouvait se poser des heures en se soulant à l’air marin et au bruit des vagues… tantôt calme, tantôt déchainé…. Il n’y avait pas d’élément pour lequel Mikio avait plus d’admiration. Alors ce n’était pas étonnant, lui qui aimait tout ce qui touchait à l’eau, qu’il se soit essayé à ses activités… comme le surf. Quelques étés, avec Jae, pour s’amuser ils avaient pris des planches et s’étaient mis en tête dompter les vagues. C’était parfois concluant, parfois ça ne l’était pas. Et il reconnaissait que ça l’était plus souvent pour son meilleur ami. Mais ça lui était égal, ils pouvaient se défier autant qu’ils voulaient, Mikio savait et ils en riaient ensemble la plupart du temps. Il ne le prenait pas mal, c’était un jeu avant tout. Et puis, il y avait d’autres domaines où Mikio était plus à l’aise. Dans l’eau, comme il l’avait dit à son cadet, ou plutôt sous l’eau. Plonger, il adorait ça. Trouver des jolies coins et les explorer. En apnée et par lui-même le plus souvent, pour se balader librement et profiter de ces instants magiques où il faisait parti intégrante de ce décor magistral qu’était l’océan. Si son souffle n’était pas limité, il y passerait sûrement des heures voire des journées entière en se laissant seulement immerger dans ce spectacle chaque fois différent dont il ne pouvait se lasser…
C’était si calme, reposant et envoutant… Et se rappeler d’ô combien il aimait la beauté marine laissa dans ce sourire reconnaissant qu’il avait adressé à Naoki, une teinte de nostalgie qui avait un peu serré son coeur. Ces week-end avec Jae lui manquaient…

Tentant de convaincre ses pensées d’arrêter de dériver trop loin, il se reconcentra sur Nao et fut surpris du rejet de ce dernier vis à vis du surf. « Oh… » Il l’avouait, la réponse l’avait un peu déçu… peut-être parce qu’il s’était plu quelques seconde à fantasmer l’image d’un Naoki sur les vagues et qu’il avait trouvé ça plaisant. Ca lui allait bien oui… un autre charme qu’il aurait pu ajouter à la longue liste de ceux qu’il possédait déjà. Sûr qu’il en aurait fait tourner des têtes sur la plage et… et tout de suite cette pensée l’enthousiasma moins l’encourageant à couper à une réflexion déjà beaucoup trop longue et étrange… Non, il n’était pas censé se plaire à imaginer un Nao surfeur…
Mais peut-être que c’était uniquement la planche qui ne le branchait pas. Quand il disait « ces trucs là », il ne pouvait pas englober toutes les activités aquatiques… non ? « Et la plongé ? » Il est vrai, Mikio s’était montré curieux. Mais son regard s’était également allumé avec une pointe d’envie qui s’était expliqué par la phrase suivante : « Ca doit être magnifique là où tu es en plus… J’aimerais tellement voire la Grande barrière de corail… » Rêveur, il n’avait pas réalisé que ce genre de souhait faisait parti des choses qu’il était censé contenir. Il l’avait trop sincèrement pensé en réalisant que son cadet se trouvait si près de cet endroit où ils auraient rêvé plonger avec Jae. Un jour, ils s’étaient promis. Ils économiseraient pour un voyage de rêve où ils feraient toutes ces choses folles qui leur avaient toujours fait envie.
Un jour…
Mikio ne savait plus vraiment si ce serait possible désormais. Si ce plan était toujours au programme… Il avait dû changer. Forcément… ne serait-ce parce que Naoki était rentré dans sa vie et qu’il savait qu’il refusait de ne pas partager cette expérience avec lui aussi. Mais ce n’était pas vraiment le soucis…
… Allait-il continuer longtemps de faire comme si de rien était ? Penser à Jae et parler de lui comme son meilleur ami… alors qu’il ne lui avait plus donné signe de vie depuis trop longtemps. Est-ce qu’il l’avait oublié ça ? Qu’il n’était qu’un lâche et un abruti qui fuyait avant tous ses responsabilités ? Il pouvait fermer les yeux encore un peu mais il ne pouvait pas être con indéfiniment… Jae ne devait certainement plus voir les choses de la même façon aujourd’hui. Et il n’était pas question de lui passer un coup de fil innocent en faisait semblant que tout allait bien…
Il était un abruti. Un abruti qui avait secoué la tête pour se reprendre et ne pas laisser le trouble l’envahir.

La plongée était néanmoins un sujet moins dangereux. Mikio préférait savoir Naoki s’y essayer et envisager d’avoir la possibilité de partager un jour cette activité avec lui plutôt qu’il fasse une bêtise comme il venait de l’entendre. Si ses sourcils s’étaient froncés en le considérant un instant, son coeur avait loupé un battement pour s’emballer juste derrière. A quoi jouait-il ? Nao ne devait pas dire des choses comme ça… Il n’était même pas censé les penser… Est-ce qu’il plaisantait ? Pourquoi semblait-il réellement y songer alors… ?
Baissant légèrement le regard, troublé, il déglutit avant de forcer un sourire qui se transforma en un vague rire nerveux. Il secoua la tête et retrouva son image : « Arrête Nao… dis pas de bêtise… et n’en fais pas non plus… » Il ne devait pas jouer à ça… Parce qu’il le savait non ? Qu’il n’hésiterait pas une seconde à le prendre cet avion… Il y claquerait ses économies, il s’en moquait, et il le trouverait. Parce que c’était Nao… et qu’au fond son coeur n’attendait sans doute qu’une occasion pour le rejoindre et moins souffrir en s’efforçant de battre si lourdement. Il n’attendait que ça… un prétexte pour le sermonner… Mais il ne devait pas suivre ces caprices là… Et puis : « Je veux pas qu’il t’arrive quelque chose… » Même si Mikio crevait d’envie de le retrouver, il préférait éviter que ce soit par une connerie… Il en souffrirait bien trop. « Ne m’oblige pas à venir te chaperonner… » Non. Ce n’était certainement pas la bonne chose à dire… ni de la bonne façon, dans ce soupire qui n’exprimait aucune réticence à l’idée… Et si ça encourageait Nao ?
… Pourquoi ? Pourquoi, qu’est-ce que ça voulait dire ? Nao n’avait pas besoin d’être encouragé… Pourtant à l’entendre, c’était bien ce qu’il cherchait… Mikio ne comprenait pas. Ou craignait de comprendre… Si son cadet voulait le voir… il ne pouvait pas simplement lui dire ?
Qu’il se détrompe… ça ne rendrait pas les choses plus faciles.

Il n’était pas vraiment sûr qu’il soit « encore tôt » comme le prétendait le plus jeune… mais il était en revanche certain qu’il ne voulait pas raccroché tout de suite. Il avait remercié un peu trop ce cri venant du coeur qui ne faisait que trop bien écho au sien… Alors, très égoïstement, il avait choisi de ne pas le relever, fermant les yeux sur sa résolution de se montrer raisonnable… Nao avait besoin de dormir mais… peut-être avait-il plus besoin de lui ? Le Coréen s’était mordu la lèvre inférieur, en guise de punition. Mais c’était ce qu’il avait cru comprendre à ce soulagement qu’il avait perçu dans la voix du garçon et qui avait continué de provoquer ces pulsions singulières dans sa poitrine. Nao voulait rester avec lui… Encore un peu… avec lui… Non, ce n’était probablement pas censé lui faire autant plaisir…
Mais plutôt que d’épiloguer, il avait préféré parler d’une chose qui lui tenait à coeur depuis un moment. Et la réaction de Nao… Est-ce qu’il était gêné ? Il en avait l’air… Ce qui n’aurait sans doute pas dû faire paraitre ce petit sourire sur le visage du chanteur. Il était loin d’être moqueur, mais plutôt attendri… Il le savait : Nao ne s’attendait pas à ce que Mikio écoute autant sa chanson. Pourtant, il aurait dû. Elle était tellement… Non, l’aîné n’avait toujours pas les mots pour la définir. Il y était juste accroc. A ses mots, à sa voix… Seulement Naoki ne se rendait jamais compte de toutes ses choses qu’il lui offrait, et encore moins de leur valeur… Plus précieuse encore aux yeux et au coeur du Coréen. Alors, évidemment qu’il « appréciait » sa chanson… en fait : « Le mot est faible… » Nao n’imaginait pas à quel point.
Néanmoins son sourire s’évapora l’espace de quelques seconde où son coeur en prit un coup. Que pour lui ? Cette fois-ci, ce furent ses joues à lui qui rougirent. C’est vrai, il l’admettait, cette chanson, Mikio l’avait voulait pour lui… uniquement pour lui. C’était peut-être un nouveau caprice de son coeur, un de ceux qui se rapprochaient de cette volonté maladive qu’il avait développé de vouloir absolument posséder Naoki… Oui, cette même volonté qu’il pouvait ranger parmi ses raisons d’aller bientôt voir Haruto afin qu’il lui dise que la façon qu’il avait de considérer son coloc’ n’était pas très saine. Mais que Nao lui-même lui dise que cette chanson n’était qu’à lui… Oui, sa poitrine s’était faites silencieuse trop de secondes avant que les battements ne s’affolent ensuite… « Nao… » Tiens ça faisait longtemps. Non mais… Il voulait lui offrir plus ?? Comment quand il lui donnait déjà tout ce qu’il y avait déjà de plus beau dans ce monde ? Mikio secoua la tête. Parce que lui, c’était cette générosité si particulière et propre à son protégé qui le touchait tant… « C’est déjà tellement… Nao, tu me rends beaucoup trop heureux, sache le… Plus tu… tu vas finir par me tuer. » Son coeur s’emballait… oui, plus, il allait exploser, c’était sûr. Mais ça ne lui avait pas empêché de lui sourire plus fort et son regard trahissait cette envie de le serrer si fort dans ses bras pour le remercier…. Mais tout ce que son écran pouvait permettre, c’était ce « Merci… » soufflé et répété plusieurs fois :  « Merci d’être si attentionné Yeobu… merci pour cette chanson… » Il pouvait bien passer la nuit à le remercier, ça ne suffirait sans doute jamais.

Mais la déclaration suivante de Nao, il ne s’y était pas attendu non plus. Nao l’entendait souvent chanter, que ce soit au travail ou parce qu’il le réclamait mais…  « Ah… » Nao avait décidé de provoquer un arrêt cardiaque au chanteur ce soir, il n’en doutait plus. Et ses joues ne s’étaient pas rafraichies, bien au contraire… « Vraiment.. ? » S’il te le dis… Maintenant que Nao lui disait, c’est vrai, il l’avait déjà vu faire : sortir son téléphone et le braquer sur lui quand il était sur scène. Il n’avait pas pu le manquer… Lui, quand Nao était là, c’était ses yeux qui étaient braqué sur lui. Cependant, il ne pensait pas que…. D’accord Mikio, enlève ce petite sourire idiot et niais de ta figure… « Ca me fait plaisir… » Ca ne se voyait pas du tout… Ses dents avaient torturaient sa lèvre quelques secondes avant qu’il n’inspire et souffle : « Puis tu sais… quand tu viens au bar… c’est pour toi que je chante… » Est-ce ça il avait le droit de lui dire ? Il n’en était pas sûre. Oui, il dirait, parce que c’était vrai et que Nao avait le droit de savoir. En fait, ce n’était pas seulement quand le garçon venait le voir. Aujourd’hui, si Mikio chantait, c’était pour lui. Grâce à Naoki, celui qui lui avait donné ce nouveau souffle si précieux…

Revenant sur un sujet plus hétér… normal pour deux amis parlant du voyage de l’autre, Mikio attendit une réponse sagement. C’était peut-être un prétexte pour discuter avec Nao plus longtemps, mais dans le fond, ça l’intéressait aussi… Ce que son cadet voulait voir…
Toi.
Qui toi ?
Lui ?
…. Lui ?

………. « Hé ? » ………

Est-ce qu’il avait mal entendu ? Il cligna plusieurs fois des yeux en fixant l’image de Naoki. Ce dernier enchaina trop rapidement pour que le cerveau du Coréen percute…. Il n’avait quand même pas halluciné ? Ca aussi, c’était une mauvaise blague ? Un jeu auquel son coeur, qu’il sentait sur le point de lâcher tant il cognait fort dans sa gorge et ses tempes, n’avait pas envie de jouer….
Le Nord, le parc d’attraction…. « Ah… » Même la barrière de corail, qui pourtant avait suscité son intérêt plus tôt n’avait pas su réellement caper son attention. Son regard n’avait pas décroché de l’écran.

« Nao… Pourquoi t’es parti ? »

Ce n’était pas ce qu’il était supposait demander maintenant. Mais Nao n’était pas supposé lui dire qu’il était la personne qu’il voulait voir. Comme il n’était pas censé lui dire qu’il avait envie de faire une bêtise pour qu’il vienne le chercher.. Nao n’avait pas le droit de formuler tout ces voeux quand il était celui qui avait souhaité s’éloigner. Quand il aurait pu choisir des centaines d’autres options qu’une séparation dont il n’avait pas envie tous les deux… Il ne comprenait… S’il voulait tant le voir, puisqu’ils avaient incontestablement tant de mal à vivre l’un sans l’autre… pourquoi s’infliger ça ?
Pour Ren, il pouvait l’accepter. C’était son ami après tout… C’était la réponse la plus raisonnable d’ailleurs… Mais ce n’était pas celle qui le convainquait le plus. Il y en avait une autre…. qu’il ne trouvait pas admissible… Nao n’avait pas le droit de s’effacer pour Jin Ah. Il n’avait pas le droit de lui manquait autant pour cette raison… Il n’avait pas le droit de le rendre aussi confus…

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     Ven 6 Jan - 19:19
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"Et la plongée"
... oui, la plongée... évidemment qu'il en ferait ! Ce serait idiot se trouver là et ne pas saisir cette occasion ! C'était un peu comme passer une après-midi sur une plage et ne pas en profiter pour se baigner quand on voyageait à l'étranger « J'en ai jamais fait mais oui, pourquoi pas.... » ce serait si parfait, se noyer en vacances. Il serait probablement le premier abruti à plonger alors qu'il ne savait pas nager. Pour le bien de l'intelligence humaine, il espérait encore que le cas ne s'était pas vu trop fréquemment. Sur sa tombe on pourrait marquer "Serizawa Naoki. A plongé pour faire comme s'il savait nager" « C'est vrai que ça doit être vraiment beau... ce serait bien si on avait le temps de le faire. » Non, l'eau ce n'était pas trop son truc... mais c'est vrai qu'il aurait bien aimé. Il aurait bien aimé ne pas avoir à répondre qu'il plongerait peut-être tout en sachant que ce ne serait pas le cas et qu'au mieux il se trouverait une excuse pour ne pas accompagner Ren. Parce que même le Kotani ne le savait pas.
A plusieurs reprises, Ren s'était moqué de lui et de ses cheveux qu'il ne voulait pas décoiffer ou abimer. Oui, parce qu'il ne pouvait pas toujours préférer faire des photos.
... A 21 ans, il ne nageait que dans des mensonges ou dans son imagination.
A 21 ans, il se répétait parfois qu'il n'en n'avait pas tant envie que ça. Il y avait plein d'autres choses qu'il pouvait faire. Mais il le savait lui, que même sans le surf ou la plongée, juste nager il aurait bien aimé essayer au moins une fois. Et à plusieurs reprises, il s'était dit que c'était bien dommage que ce savoir là ne puisse pas s'apprendre en lisant quelques bouquins.
Parce qu'il n'apprendrait jamais et que finalement ce qu'il raconterait à Mikio ce serait plutôt "c'est dommage, on n'a pas eu le temps" ou "Ren a été mais moi j'ai préféré prendre des photos" à moins qu'il n'invente une histoire de plongée où il avait vu des choses que seule son imagination décrirait.
... il lui mentait déjà assez comme ça. Alors il n'aurait tout simplement pas le temps. Il ne l'aurait jamais parce que c'était trop tard pour apprendre aujourd'hui. Et que le Naoki qu'il avait envie de rester encore un peu n'était pas prêt pour ce ridicule là. Non, il préférait regarder avec envie un Ren s'en moquer complètement.

Mais ses pensées avaient été rapidement arrêtées par Mikio. Par cette barrière. Et par ce trouble qu’il avait mis un temps à remarquer, celui de partir de son petit monde où la sensation de nager ne lui échappait pas « .... » un instant, il avait hésité à sortir Mikio de sa rêverie d’un prénom prononcé tout haut. Celui d’après, le coréen était revenu sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche.
S’il ne savait pas dans quelles pensées son aîné avait voyagé, les siennes avaient regretté de ne pas pouvoir offrir à Mikio ce que ses yeux rêvaient de voir.
Si Mikio avait été avec lui et non Ren… il ne savait pas quelle excuse il aurait trouvé pour le laisser plonger sans lui… mais il savait que ses yeux à lui auraient trop aimé la voir cette expression sur le visage de son coréen. Plus que devant le Mikio qui avait pris l’avion avec lui une fois, il se serait attendri… il le savait que son cœur se serait serré d’une douce chaleur en voyant… un sourire, de l’excitation et puis écouter son récit. Il n’aurait pas eu besoin de plonger, il lui aurait suffi d’écouter Mikio le raconter pour pouvoir le rêver un peu avec lui ce moment.
Et à cette seconde, plus encore, il l’avait regretté que le chanteur ne soit pas près de lui pour pouvoir lui offrir ce que ses yeux souhaitaient voir « Tu la verras un jour. » avec Jin Ah. Ou avec un ami qui avait le droit de rester près de lui. Lui ce n’était pas tant cette plongée, ou cette barrière qu’il regretterait… maintenant, ce serait de ne jamais la voir à travers les yeux de Mikio.

Mais il était probablement plus urgent de regretter être un tel abruti qui racontait autant de conneries.
Sérieusement ? Annoncer une bêtise pour attirer Mikio ici ?
Est-ce qu’il s’en souvenait de la raison de sa présence ici ?
Oui… le sourire de Mikio… Jin Ah… l’encourager vers un bonheur qu’il n’était pas capable de lui donner… il ne devait même pas avoir la prétention de savoir le faire. Ce n’était pas dans ses cordes à lui… et malheureusement, ça non plus, ça ne s’apprenait pas dans les bouquins « ... » oui Nao, ne dis pas de bêtises… Mikio n’a rien à faire ici près de toi, ce n’est pas sa place… « Oui… » pardon « … t’en fais pas. » … il n’obligerait pas Mikio à se déplacer pour lui faire directement la morale. Sage, il le serait, à sa manière….
… mais quand même, même si c’était pour ouvrir la porte à un coréen papa-poule qui le disputerait comme s’il n’avait que 3 ans… il aurait tellement aimé le voir maintenant. La place de Mikio n’était pas ici oui… mais son cœur avait tellement envie d’ignorer que la sienne n’était pas dans ses bras. Et dans son imagination moins douloureuse, il se moquait du sermon, son nez cherchait une odeur qui lui manquait tant dans un cou qui rendait ses lèvres plus brûlantes, des lèvres qui ne résistaient pas à le supplier d’un serre-moi fort… Dans son imagination, quand Mikio lui disait qu’il restait près de lui, il y avait le droit à ce toujours
Plus tard il ne demandait pas à vivre… mais s’il pouvait au moins rêver…

Des bêtises, il devait arrêter d’en dire. Et au moins, son aîné lui permettait d’être obéissant sur ce point quand il le privait de paroles par le pouvoir d’une gêne qui avait coloré ses joues.
Un peu plus encore sous l’insistance.
Non, ce n’était pas grand-chose… mais Mikio semblait l’aimer réellement. Il l’avait écouté… plusieurs fois… sa chanson…. Et à présent son cœur battait si vite qu’il avait l’impression qu’il cherchait à inventer un nouvel air. Un air au rythme plus rapide encore sous l’adjectif « heureux »… ce n’était pas plutôt Mikio qui cherchait à le tuer maintenant ? La question était légitime quand la confusion s’était bien trop lue dans sa voix ensuite « ... ah… arrête… vraiment, c’est rien…. » est-ce qu’il avait de la fièvre ? Il avait l’impression que ses joues étaient chaudes … « ... tu mérites plus… » tellement plus oui… même plus qu’un dîner ou un album photos qui ne reproduisait que faiblement sur ses pages des souvenirs avec lesquels son cœur avait la volonté de se torturer plus tard en espérant ne pas oublier une seconde, un seul détail de ce moment où son doigt avait pressé sur le bouton de son appareil

« ... » plutôt que de former des mots, sa tête s’était secouée… réponse automatique à un remerciement qui n’aurait jamais dû franchir les lèvres de Mikio. En tout cas pas celles de quelqu’un avec une voix pareille… une voix qui se mariait à la perfection avec cette présence que Mikio était le seul à dégager.
Il n’aurait probablement pas dû le dire que ses vidéos qu’il prenait quand il venait le voir, il les regardait si souvent. Mais à son niveau… non, le chanteur ne serait pas capable de le soupçonner le nombre de fois où il l’avait écouté. Il ne pouvait pas le deviner que le nez enfoui dans un t-shirt volé, son cadet écouterait cette voix qui résonnait de cette manière si spéciale contre son cœur. Avec désespoir, il chercherait à s’imaginer contre lui tandis qu’il repousserait autant qu’il chercherait un sommeil qui finissait toujours par le rejeter.
Et son cœur ne s’y était pas attendu de son côté à cette déclaration qui l’avait fait se stopper net avant de reprendre un rythme soutenu. Si soutenu qu’il avait dû retenir sa main de venir se serrer sur sa poitrine pour calmer ces battements.
Pour lui ? « ... » rien que pour lui ? « ... moi ?  » est-ce qu’il n’avait pas l’air idiot comme ça à laisser ce simple mot franchir ses lèvres ?
Oui toi, imbécile… c’est bien ce que Mikio vient de dire… « ... » … manifestement dans le but de te troubler et de te priver du pouvoir de la parole.
Lui…
L’écran devait les cacher, il l’espérait, ses yeux trop brillant…

Mais ce qu’il aurait dû souhaiter à la place, c’était que sa bouche ne s’ouvre pas pour répondre aussi honnêtement à la question de son aîné.
Il ne s’en était pas rendu compte. Sans l’avertir, son cœur avait répondu à sa place pour lui laisser ensuite la liberté d’enchainer comme si de rien n’était.
Et s’il s’en apperçu, peut-être que la question du coréen ne l’aurait pas autant figé et rendu incapable de toute réaction « ... » de toute parole.
Pourquoi ?
Il était parti oui…
Pourquoi est-ce qu’il était là ce soir, seul dans cette chambre d’hôtel, alors que son cœur désespérait de le retrouver ?
Pourquoi est-ce qu’il s’arrangeait pour avoir plus mal ?
… il n’avait pas le choix, c’était… c’était…

« Comme ça… »

… probablement pas la réponse à laquelle Mikio s’attendait. Nerveusement, sans même s’en rendre compte, ses doigts étaient venus faire tourner la gourmette qui n’était pas la sienne autour de son poignet.
Pourquoi ça fait si mal ?
… cette question là, la bonne pour lui… il la trouvait plus simple… « Je partais souvent avant… c’est vrai que depuis que… » t’es là « ... je suis revenu au Japon, je l’ai fait moins souvent mais… » oui, une réponse, il devait en donner une pourtant…
Mikio en voulait une… la bonne mais pas la vraie… c’était celle qu’il devait fournir maintenant « ... ça fait un moment que Ren voulait qu’on parte en vacances ensemble… même si c’est vrai que… » … rien… oui même si c’était vrai qu’il aurait préféré rester pour profiter du temps qu’il leur restait ensemble… quand il était déjà si court. Ses sourcils s’étaient froncés, une seconde, sa phrase s’était changée pour en retirer la franchise que son cœur voulait y glisser « ... Je sais pas, je me suis dit que c’était le bon moment maintenant. » … parce qu’il y avait Jin Ah… et que c’était d’elle que Mikio devait profiter « ... tu sais… » oui… il savait non ? « ... comme je suis en vacances… et puis ça te…  » … « laisse le champ libre pour profiter de Jin Ah »… oui… Mikio en profitait… non ? Une nouvelle fois, ses sourcils s’étaient froncés et il terminait son explication de cette manière… probablement un peu culotée oui « ... désolé… je ne comprends pas ta question…. » oui… il était parti en vacances… rien de plus. Est-ce qu’il y avait besoin de dire autre chose ?
… et est-ce qu’il ne pouvait pas avoir l’air de s’y amuser plus pendant ces vacances ?

Il ne pouvait pas lui dire… pourquoi.
Il ne pouvait pas lui dire que c’était plus facile pour lui de partir en sachant qu’il avait quelqu’un, une personne à laquelle il était attaché assez pour que son départ ne soit qu’à peine remarqué comme c’était supposé l’être.
Est-ce qu’il y avait des mots pour formuler qu’il n’était pas censé s’attacher à lui parce que dès le début il savait qu’il n’y aurait aucun toujours entre eux ?
S’il lui disait maintenant qu’il avait simplement envie de le savoir heureux pour le reste de sa vie… est-ce que cette réponse honnête serait acceptable ?
Non, c’était trop tôt… il gâcherait peut-être tout entre Jin Ah et lui… et il lui ferait encore de la peine ce soir…. Il devait attendre le moment où les mots sortiraient en ne faisant mal qu’à son cœur. Le moment où Mikio l’accepterait simplement et lui souhaiterait bonne chance dans sa nouvelle vie sans lui rappeler qu’un soir il lui avait demandé de ne plus le laisser se faire autant de mal…

« Je suis juste parti en vacances…. »

Rien de plus…
Ça faisait trop longtemps aujourd’hui qu’il tirait sur la corde.
Du temps, il n’avait cessé d’en grappiller.
Et si la dernière fois il n’avait pas eu la force de monter dans cet avion, si aujourd’hui 10 jours semblaient être une épreuve insurmontable pour son cœur, il n’avait pas eu besoin de l’accepter que sa vie n’était pas près de Mikio… parce qu’il l’avait toujours su…..
Ça ne pouvait pas être autrement. Il n’était juste pas supposé s’attacher à lui au point de rendre son cœur capable d’autant de conneries… au point de laisser des mots stupides franchir ses lèvres à de trop nombreuses reprises…
Ce n’est qu’une pause Naoki, un dernier souffle , il se l’était pourtant suffisamment répété en montant dans cet avion un an plus tôt. Cette folie dont il ne se pensait pas capable, il le savait que ce n’était dans le fond qu’une occasion de tenir encore un moment en cédant un peu plus à ce monde auquel il aurait souhaité appartenir sans en être capable.
Aujourd’hui, il en avait découvert un autre, plus proche de son imagination, et plus irréel aussi…. Et avec un cœur qui battait, s’en détacher était un abandon douloureux quand ça aurait dû rester un simple soulagement.
Il le serait pourtant, à la fin, soulagé… il le savait, ce serait une délivrance… enfin…. Mais pour ça, aujourd’hui, il préférait savoir qu’un sourire se trouverait toujours sur les lèvres de Mikio… parce que jamais le bonheur de quelqu’un n’avait compté autant pour lui.
Lui, il promettait d’essayer encore un peu… en sachant que ce cœur fatigué se rapprochait à chaque battement douloureux d’une fin de parcours.
Parce qu’aussi certain qu’il était de ne pas pouvoir rester auprès de Mikio, il était sûr que loin de lui, il n’aurait pas la force de s’obstiner longtemps.
Il y avait goûté à ce rêve trop parfait...
Son cœur y avait pris goût, il y avait appris à battre et chaque pression dans sa poitrine était une menace de s’arrêter si on le privait de dormir encore un jour de plus.



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     Sam 7 Jan - 13:14
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Donc, c’était aussi un non pour la plongée. Cependant, c’était un « non » différent puisque Nao sembla se montrer plus ouvert à l’idée de faire un tour sous l’océan plutôt que de surfer dessus. Mikio ne pu retenir un vague sourire. Oui, ça l’aurait étonné que Nao n’y manifeste pas de l’intérêt à la voir. « Je l’espère pour vous, vraiment. » Lui qui aimait la photo, il n’était pas sans savoir que la grande barrière de corail était un sublime trésors naturel qui regorgeait de clichés formidable. Il espérait sincèrement que son cadet pourrait lui confirmer ça et lui souhaitait encore plus de trouver le matériel nécessaire pour qu’il puisse prendre quelques photos. La faune marine qui la peuplait devait offrir un festival de couleur que nos yeux ne pouvaient appréhender uniquement en étant immergé au coeur du spectacle… Si Nao n’avait jamais fait de plongée, il n’y avait sans doute pas de plus belle première fois et il méritait de s’en souvenir.
Et lui aussi, il voulait le faire. Il en avait tellement rêvé… et pas seul. Est-ce que ça s’était vu ? Il avait mis un peu de temps avant de se rendre compte qu’il s’était perdu, mais il s’était repris. Il y avait certaines pensées qui n’avaient pas leur place à cet instant, même s’il ferait mieux de ne pas les oublier. Plus tard, il aurait tout le temps de se torturer avec ça. L’encouragement à l’allure prophétique de Nao lui fit replacer un regard doux et chaleureux sur l’écran. Mais il n’avait pas répondu si ce n’était d’un sourire. Il n’était néanmoins pas certain de ce que l’esquisse avait traduite… parce qu’il l’avait bien senti son coeur se serrer. Faire de la plongée là bas, oui c’était un rêve… mais il n’était pas aussi sûr que Nao qu’il se réaliserait. Encore moins comme il l’avait toujours souhaité… Et à cette pointe de chagrin nostalgique qu’il s’était pourtant efforcé de chasser, s’était rajouté une pointe de culpabilité tandis que ses yeux avaient considéré trop longtemps le visage face à lui. C’est vrai qu’il avait beaucoup pensé pas à Jae mais… Il l’avouait, à cet instant, il s’était surtout dit que c’était avec Nao qu’il aurait voulu être. Partager sa première plongée dans un endroit si magnifique… Est-ce qu’il avait le droit de le regretter ce manqué là ? Ce n’était qu’une activité. Elle serait sans doute tout aussi amusante avec Ren - en tout cas plus animée… Mikio ne voulait retirer cette chance à son ami pouvoir découvrir le récif mais… Il ne niait pas qu’il aurait tout donné pour être à sa place dans les prochains jours.
Enfin… S’il devait être parfaitement honnête, il aurait même donné bien plus pour l’être depuis l’embarquement de cet avion.

Parce qu’il n’avait pas besoin d’avoir envie de faire de la plongée avec Nao pour ressentir ce besoin d’être près de lui. Il y avait tout un tas de raisons, toutes plus ou moins acceptables. L’une des principales était cette inquiétude qu’il nourrissait depuis des semaines au sujet de la santé de son protégé. Plus les jours s’écoulaient et plus il s’en voulait de ne pas avoir mieux assurer sur coup-là… parce qu’aujourd’hui, Nao était trop loin de lui pour qu’il ait le droit de s’angoisser. C’était trop tard, il l’avait laissé partir avec cette tête fatigué, sans être sûr de son alimentation. Ou plutôt en l’étant de plus en plus sur le fait qu’il n’en avait pas… Il s’en voulait d’être là, derrière son écran dans ce canapé à Odaiba alors que son cadet tentait de le convaincre qu’il n’y avait aucun danger à sortir en pleine nuit dans la nature australienne à la recherche d’un marsupiale sans même se poser la question de si son corps était capable de suivre. Et ce n’était probablement pas la seule bêtise qu’il était capable de faire… Et Mikio y pensait bien assez pour que Nao n’ait pas besoin de lui annoncer une connerie. Non, il n’en avait pas besoin pour donner envie au Coréen de le rejoindre. Il trépignait déjà sur place. A la moindre alerte, à la moindre demande… il le prendrait ce billet. Mais ce n’était pas une bonne chose. Son coeur ne devait pas être autant à l’affût et Naoki ne devait pas dire des choses pareils. Là aussi, pour bien trop de raisons, ses paroles n’avaient pas de sens… ou il y en avait un en particulier qu’elles ne devaient pas avoir.
Perdu mais en s’efforçant de ne pas trop le paraitre, il avait tenté de faire jouer le peu de raison et de lucidité qu’il lui restait. Nao ne devait pas s’amuser. Et lui il ne devait pas l’encourager dans cette voie… Parce que comme prétexte pour le rejoindre, il préférait encore que Nao ne soit pas blessé…
Alors quand le plus jeune céda, le chanteur laissa échapper un soupir qui devait être de soulagement. L’oppression dans sa poitrine était toujours présente mais… Oui, c’était mieux comme ça. Que Nao finisse sagement ces cinq jours aux côtés de son ami… sans bêtise, sain et sauf… Et que lui ne faiblisse paas. Non, il ne partirait pas pour l’Australie dans le but de lui faire un sermon qu’il n’était pas certain de mener correctement. Pas quand son coeur était si troubler et qu’il tentait de le convaincre de faire des choses auxquelles il n’avait même pas le droit de penser… Non, ce n’était pas une solution acceptable de que le serrer dans ses bras dès l’instant où il le verrait. Si fort qu’on aurait pu croire que l’étouffement était la forme de punition choisie… quand il aurait totalement perdu la notion de châtiment.
C’était mieux, oui. Bien mieux… Mikio avait encore cinq jour essayer de convaincre les protestations dans sa poitrine de se calmer. Cinq jours trop long… trop lourds….

En revanche, s’il y avait une chose que l’aîné ne regrettait pas c’était de lui avoir dit pour sa chanson. Il se devait de le remercier, c’était important pour lui… mais il le regrettait encore moins face à l’expression de Naoki qui n’avait pas de prix. Bien sûr qu’il pensait chaque mot qu’il avait prononcé, comme il avait ressenti chaque battement singulier lorsqu’il écoutait cette chanson… Mais il devait l’avouer, et même s’il se garderait bien de le dire à voix haute cette fois, Nao l’était réellement… craquant. Il aurait donné tellement pour être à côté de lui caresser ses joues qu’il imaginait chaudes dans un sourire probablement trop niais pour être légal. Et il se serait entêté à lui dire que c’était loin d’être « rien » pour lui. Après tout… pour un musicien, Naoki ne pouvait pas choisir meilleur langage pour lui parler et le toucher.
Néanmoins, Mikio aurait dû faire plus attention à son propre visage qu’il sentait lui aussi désormais chaud. Nao était peut-être gêné de recevoir un compliment mais il ne se rendait pas compte qu’il offrait au chanteur encore bien plus… un chanson rien qu’à lui… et il voulait lui donner plus ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien mériter de plus quand il avait déjà Nao ? Pour un homme qui était marié à la poisse, Mikio se considérait aujourd’hui comme le plus chanceux de tous pour avoir le garçon dans sa vie… Alors il secoua doucement la tête sans détacher ce regard convaincu et reconnaissant du visage de son protégé : « J’ai déjà tout ce que je veux… » Lui. C’était tout ce qu’il voulait. Mais il se trompait… il devait encore attendre 5 jours pour que son coeur soit complet et comblé.

S’il avait pris le temps de le remercier pour la chanson, il s’était peut-être un peu emballé sur les déclarations. Il devait peut-être revoir son classement des choses à dire et ne pas dire… Avait-il était trop honnête? Trop soudain ? Au regard de son expression, Nao ne s’y attendait pas non plus. Mais c’était la vérité… Dès qu’il savait que Nao se trouvait dans un des bars où il travaillait, c’était quelque chose dont il s’était rendu compte très récemment sans s’en affoler… mais sa façon de jouer changeait alors. Les notes que sa guitare, son piano ou sa voix produisaient n’étaient alors plus pour un public qu’à moitié à l’écoute, mais toutes destinées à ce garçon assis là et que son regard ne lâchait pas. Ses doigts ne se mouvaient que pour lui et c’était son coeur qui battait la mesure en lui soufflant de faire au mieux parce qu’il était alors face au plus bel auditoire du monde. « Oui, toi. » Que toi. Un sourire doux avait accompagné cette confirmation. Tant pis si ça le troublait… il estimait que Nao devait savoir. Oui, il devait en avoir conscience… de tout ce qu’il lui apportait parce qu’il ne le savait pas assez… Et parmi elles, il y avait sa si précieuse musique. Alors s’il devait le lui répéter encore et encore pour qu’il l’intègre, il le ferait. « Quand tu es là, il n’y a que pour toi que j’ai envie de chanter… » La vérité c’était sûrement que ce n’était pas seulement lorsqu’il était présent. Il lui avait donné l’envie de persévérer, d’avancer, de produire de nouvelles choses… combien de nouveaux morceaux avaient-ils composés depuis que Nao était dans sa vie, sans même compter ceux qu’ils faisaient ensemble ? Beaucoup et le plus beau c’est qu’il n’avait le plus souvent pas besoin de le vouloir vraiment… Il suffisait de penser à lui et ses doigts jouaient. Une mélodie qui voulait exprimer ce que son coeur ressentait sur l’instant… Elle suivait ses humeurs, ses envies… mais toujours la même inspiration. « T’es tout ce que j’ai dans la tête… » Et dans le coeur et… D’accord, peut-être qu’il avait été un peu trop honnête maintenant.. et que sa poitrine s’était un peu emballé. Mais puisque c’était la vérité, il n’avait pas en rougir n’est-ce pas ?
Non, il ne se posait pas la question de si c’était normal ou pas… C’était Naoki, point.

Il n’avait cependant pas été le seul à être trop honnête. Et si Mikio détestait les mensonges, s’il souhaitait toujours que Nao ne lui mente pas… il l’avouait, cette fois, la vérité l’avait perdu. Il peinait toujours à croire à ce mot qu’il avait entendu malgré cette tentative de le noyer parmi d’autres paroles qu’il n’avait pas écouté…
Lui… Pourquoi Nao avait répondu ça… A quoi jouait-il ? Comment pouvait-il ne serait-ce que le penser là où il était… bien sûr, Mikio avait souhaité manquer à Nao, même s’il ne le devait sans doute pas. Mais là…. Pourquoi rendait-il les choses si compliqués quand rien n’était déjà simple ?
Partir, c’était lui qu’il l’avait voulu. Il lui avait annoncé calmement avant d’entamer ce manège familier qu’il détestait… S’éloigner pour mieux briser une distance à la veille d’un départ qu’ils avaient semblé maudire tous les deux jusqu’à la dernière seconde… alors pourquoi ? Pourquoi était-il parti ?

Comme ça… Parce qu’il aimait voyager, parce qu’il avait un ami qui mourrait d’envie de partir avec lui et qu’il était en vacances.

Mikio n’avait pas esquissé le moindre mouvement tandis qu’il recevait une réponse qui aurait normalement dû le satisfaire. Oui, même si Nao lui manquait, c’était pourtant les meilleures raisons. Elle était cohérente et allait de soi… Si bien que la question de l’aîné ne faisait finalement aucun sens, et Nao avait raison de le souligner, pourtant…
Pourtant ses yeux ne l’avait pas lâché une seconde, fouillant dans les siens à la recherche du moindre élément ou indice qui confirmerait ou réfuterait ce sentiment qu’il avait… L’ennui était qu’il ne savait juste pas ce qu’il souhait y trouver. Il avait seulement cette impression qui se renforçait de plus en plus depuis l’aéroport… Cet éloignement qu’il avait entamé une semaine plus tôt, Mikio se rendait compte aujourd’hui qu’il s’agissait d’un éloignement progressif qui devait aboutir à…. il ne savait pas. Non, plus honnêtement, il n’avait pas envie de le savoir… mais les paroles de Nao avant de partir l’avait marqué suffisamment pour comprendre que ce n’était pas une fin qu’il souhaiterait. Et tout avait débuté, il y avait pensé ces derniers jours, le premier soir où il était rentré après l’avoir vu elle. Jin Ah… Mikio avait peut-être mal réagi ce soir-là, c’était même sûr… il ne savait pas ce que Nao s’était mis en tête, mais il ne voyait que ça et cette idée, de plus en plus évidente autant qu’elle en devenait aberrante pour lui, lui faisait bien trop mal au coeur.
Il aurait voulu y croire à la réponse de Nao. Réellement. Il l’avait souhaité… qu’il soit juste parti en vacance, même avec Ren, ce n’était rien, ils survivraient oui. Mikio l’aurait attendu en sachant que Naoki passait de bonnes vacances. Oui, il se serait senti un peu seul, oui il aurait autant souffert du manque… mais il ne l’aurait trouvé aussi injuste qu’à présent. Parce que là, le plus jeune n’avait même pas l’air d’au moins en profiter de ce séjour… S’il voulait croire à son discours parce qu’il était plus simple pour tout le monde, dans ce regard qu’il n’avait quitté, il ne voyait qu’une exile forcée pour s’effacer et…
… Qu’est-ce que Nao aurait dit s’il avait terminé sa phrase, hein ?
« Ca te permet de profiter de Jin Ah ».
C’était probablement une phrase comme ça qu’il avait eu en tête. Comme c’était tout aussi probablement que par « bon moment » Nao n’entende pas seulement ses vacances…
Peut-être que Mikio divaguait simplement. Peut-être qu’il ne comprenait rien et qu’il se montait la tête et que c’était même plus prétentieux que n’importe quoi que de penser que Nao faisait tout ça pour lui…
… Mais si c’était le cas… il trouvait ça parfaitement inadmissible. Naoki n’avait pas le droit de le quitter pour une raison pareille… Et s’il devait avant tout lui reprocher qu’il se mêlait de choses qu’il ne le regardait pas… il lui en voulait surtout pour croire qu’il avait le droit de s’effacer pour une autre.
… Tout ce qu’il lui avait dit jusqu’à aujourd’hui n’avait-il donc aucun sens ?

« Et Jin Ah ? » Sa voix s’était élevé malgré lui. Son poing s’était serré nerveusement contre l’encolure du chien qui en avait relevé la tête. Pourquoi son papa avait l’air si tendu soudainement ? « Elle n’a rien à voir avec ça hein ? » Son ton n’était ni agressif, ni piquant… en fait, il laissait surtout l’impression d’attendre une réponse. Négative… Il déglutit et baissa la tête dans un soupire trahissant sa propre confusion. Passant une main sur son visage il se laissa aller un peu plus contre le canapé comme s’il souhaitait se fondre à l’intérieur. « Je… » Il pinça la lèvre. Est-ce qu’il avait vraiment le droit d’accuser Nao ? Maintenant que c’était sorti, il n’était plus sûr de rien… « C’est juste que… je ne veux pas que tu t’éloignes pour d’autres raisons… » C’était injuste de lui infliger ça. Injuste pour tous les deux… Alors oui, bien sûr qu’il préférait croire Naoki… Mais ce coeur qui se comprimait encore dans sa poitrine ne se laissait pas facilement convaincre. « Moi aussi… Moi aussi j’ai envie de te voir.. Tu me manques… » Ils s’étaient bien gardés de se l’avouer depuis que Nao avait atterri, même si aucun des deux n’en doutait. Ils évitaient juste de le dire… mais ils ne pouvaient pas s’empêcher de l’éprouver. Nao ne pourrait jamais l’empêcher de l’éprouver ce manque, même en le laissant en pseudo bonne compagnie. « C’est une bonne chose que tu profites de ce voyage et de Ren… » Est-ce qu’il pouvait profiter réellement ? Les photos, les paysages…. Nao ne devait pas passer son temps à souffrir, non ? C’était trop triste et prétentieux de le croire… « … mais j’ai quand même hâte que tu rentres, tu sais… » A quoi bon le nier. Il n’avait pas pour but de faire culpabiliser Nao, ils s’étaient déjà dit ce genre de choses avant de se quitter. Mais son coeur préférait lui rappeler… qu’il ne se méprenne pas… qu’il ne pense une seconde qu’à son retour tout aurait changé. Ses bras, il lui appartiendrait toujours… « Profites-en Nao… Je t’attends. » Toujours.

Mikio était certes jaloux de Ren, mais il préférait savoir que Nao s’amusait plutôt que croire qu’il s’infligeait une punition dans un si beau pays. C’était moins lourd à supporter… et c’était peut-être plus.. normal.

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     Sam 7 Jan - 16:47
Between me & you. NAOMI;
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Tout ce qu'il voulait oui....
Mikio méritait tellement plus. Il ne le voyait pas et pourtant.... il n'y avait rien qu'il puisse lui offrir qui serait de trop quand tout n'était clairement pas assez.
Peut-être parce qu'il n'était pas une bonne personne pour lui. Peut-être parce qu'il n'était pas celui qui serait capable de prendre soin de lui.... Pourtant, c'était vrai, il aurait bien aimé être celui qui pourrait lui apporter "tout ce qu'il voulait". Juste pour cet exploit, il se serait probablement un peu plus apprécié. Mais si cette compétence avait été dans ses cordes, ça aurait également voulu dire qu'il n'était plus celui qu'il détestait autant.
Tel qu'il était aujourd'hui, avec ce qu'il avait à lui donner, il était impossible de se penser un jour responsable du bonheur de son aîné. Oui, il pouvait avoir quelques intentions. Lui offrir une chanson qui ne le valait pas assez, lui faire un album de moments partagés qui auraient pu être plus magique pour lui ou encore tenter de créer une soirée unique qui n'atteindrait pas la perfection et la magie qu'il voulait pour Mikio....
Mais au final, un jour, en plus de ne pas être à la hauteur, il le détruirait comme il en avait détruit d'autres avant lui.
Il ne le supporterait pas. Briser quelqu'un comme Mikio. C'était un crime que sa conscience ne serait pas capable d'endurer.

Être loin de lui, il ne connaissait rien de plus douloureux que ça.
Mais il préférait encore sentir son coeur mourir à nouveau, se rapprocher de jour en jour de l'abandon et avoir l'impression à chaque seconde que simplement s'écrouler était encore le mieux pour lui... si à chaque seconde de ces moments, il pouvait penser : ce n'est pas grave... parce que Mikio sourit quelque part.
Tant que Mikio était heureux, il avait une bonne raison d'avoir mal de son côté.
Qu'est-ce qu'ils auraient s'il s'obstinait à se montrer aussi égoïste ?
D'autres moments. Des moments magiques pour lui. De nouveaux souvenirs dans lesquels se plonger plus tard pour se rappeler qu'un jour il avait rêvé.... De quoi s'accrocher un peu plus au final... quelques secondes avant de se rappeler que quelque part, Mikio souffrait par sa faute....
Il ne pourrait pas lui mentir éternellement. Il ne pouvait pas se bercer d'illusions dans ce rêve trop de nuits. Parce qu'un jour, son père supposé mort le retrouverait... et comprendrait peut-être que ce coréen près duquel il avait retrouvé son fils... il lui avait apporté tout ce qu'il n'était jamais supposé connaître.
Oui, il pourrait lui mentir, prétendre que Mikio n'était "personne"... mais dans son regard, il y aurait peut-être à un moment une expression qui passerait... des mots... des mots qui feraient comprendre à son père qu'il était en réalité tout pour lui....

Alors oui. Il pouvait essayer de rendre Mikio heureux. Mais dans le fond, même en mettant tous ses efforts à rester un Naoki potable, il le ferait souffrir à la fin.
Son coeur avait mal mais il ne pouvait pas le nier que le seul moyen pour que Mikio ait réellement tout ce dont il avait besoin, c'était que lui n'ait plus la seule chose dont il avait besoin pour continuer à battre....
Mais quand Mikio parlait de cette manière, il se mettait à battre si fort. Au point que tout se mélangeait dans sa tête et qu'il n'était plus capable de raisonner correctement.
Qu'est-ce que représentait Mikio pour lui ?
Quel était ce mot pour définir une chose capable de faire fonctionner à ce point un coeur qui n'avait jamais marché avant qu'il ne le mette en route ?
Aimer. C'était un verbe dont il avait pensé ne jamais saisir la définition. Il n'était pas supposé le faire, ça il le savait. Mais aujourd'hui, grâce à Mikio, aussi confuse était la définition... il la comprenait. Parce que lorsqu'il se demandait le sens de ce verbe, c'était le visage de son coréen qu'il voyait. Son sourire. Ses yeux. Le son que faisait son rire. La sensation de ses doigts sur sa peau ou celle de ses lèvres. Le rythme que prenait son propre coeur quand son regard se posait sur lui. Ou celui qu'il adoptait quand il entendait des mots qu'il n'avait pas l'impression de mériter. Et c'était son odeur qu'il voulait sentir... pas une autre... il n'y en avait pas de meilleure pour expliquer ce verbe... tout comme il n'y avait pas d'autres bras qui en vous serrant pouvaient vous aider à saisir mieux le sens d'un inconnu qui était supposé le rester.
Alors, qu'est-ce que représentait Mikio pour lui ?
Il n'y avait pas de mot... tous se montraient injustes selon son coeur qui mourait d'envie de lui en souffler trois... je t'aime

« Michan…. » à quel point ses joues étaient colorées maintenant ? A quel point son coeur battait. Non, Mikio n'était pas supposé lui dire ça... c'était probablement des mots destinés aux oreilles de Jin Ah ou de la personne qui aurait la chance de partager sa vie. Pourtant, il n'avait pas pu se protéger de cette émotion, touché... il l'était au point que son regard s'était embrumé davantage... et que les mots qu'il pensait lui avait échappé tandis que sa main se portait à son coeur sans qu'il ne puisse la retenir ... « ... je crois que mon coeur est en train de mourir... » d'avoir une attaque plus probablement. Et sa main avait beau eu se presser plus fortement sur ses battements, le rythme n'avait pas daigné se calmer. Ses joues avaient pris une teinte plus rouge quand ses oreilles l'avaient informé qu'il s'était exprimé à haute voix « …. », son regard s'était relevé un moment vers l'écran avant que sa main ne libère son coeur pour se tendre à nouveau vers la bouteille d'eau... qu'elle avait bousculé vers le sol.
Est-ce que ça allait ? « Ah ! » pendant plusieurs secondes, il avait disparu de l'écran et s'était penché pour ramasser la bouteille au sol. Oh oui, il avait essayé d'avoir l'air normal quand il l'avait porté à ses lèvres. Malgré ses joues rouges, il avait tenté de faire comme s'il n'était pas si troublé que ça. Mais Nao, tu sais, pour boire, il faut d'abord retirer le bouchon.... « ... » . Et quand il s'en était rendu compte, ses yeux s'étaient tournés une seconde vers l'écran avant que, plus rouge encore, il ne rabaisse la bouteille de ses lèvres pour dévisser rapidement le bouchon qui lui avait échappé des mains...
Sincèrement, est-ce qu'il allait se remettre ?
S'ordonnant de se reprendre, il avait bu quelques gorgées tandis que son coeur s'obstinait à le maltraiter dans sa poitrine. Mais après une recherche du bouchon, c'est une main tremblante qui l'avait revissé tandis que son regard se portait à nouveau vers son aîné pour reprendre la conversation abandonnée « Oui, c'est vraiment joli la barrière de corail. »
...
...
...
enfin, il avait essayé en tout cas.

Sauf qu'au final, il aurait été probablement préférable de rester dans ce trouble là. Parce que maintenant, ce sujet de conversation était dangereux... prématuré... du moins, dans le cas d'une réponse honnête qu'il ne pouvait pas lui donner. Il gâcherait tout, il lui ferait de la peine... il n'avait plus envie de lui en faire.
Pour Mikio, il voulait sincèrement que tout se passe bien. Que son coeur ne lui fasse plus mal à cause de lui. Que de temps en temps, il se souvienne simplement d'eux comme deux amis qui avaient vécu ensemble... avec un sourire sur les lèvres, il aimerait bien, c'est vrai... mais tant que Jin Ah lui en donnait chaque jour, ce n'était pas important.
Jin Ah.
Ce prénom pour lequel il avait regardé Mikio avant de détourner les yeux quelques secondes. Une de trop peut-être... il ne l'espérait pas.
Silencieux, il avait écouté chaque mot sans l'interrompre. Son coeur s'était calmé pour se serrer et il n'avait pu retenir à ses dents de se planter dans sa lèvre. Sous l'oreiller que sa main avait retrouvé, près de ce t-shirt, ses doigts s'étaient torturés entre eux tandis que sa bouche retenait un "tu me manques aussi" que Mikio avait pourtant compris sans qu'il ne le prononce.
Il ne faisait pas que lui manquer. Oui, c'était vrai. Cette douleur provoquée par cette absence, il n'y avait pas de mots pour la confesser. Mais il n'avait pas le droit de se plaindre. Il ne pouvait pas faire ça à Mikio. Non, ce qu'il venait de penser en réponse à trois mots interdits pour le bien du coréen, il devait s'employer à ce que ça se réalise Tu devrais arrêter de m'attendre...

Parce que bientôt il ne serait plus là. Parce qu'il n'était pas une bonne personne pour lui. Et parce qu'il était temps aujourd'hui que Mikio s'applique à chercher ce qu'il méritait : le bonheur.
La franchise lui avait brûlé les lèvres mais sa tête s'était secouée.
Tais-toi.
Il se l'était répété de nombreuses secondes. Sa bouche, il avait tenté de la garder close. Après tout, secouer la tête était une réponse suffisante... du moins, elle était préférable... mais Mikio attendait probablement d'entendre le son de sa voix pour « Tu devrais arrêter de m'attendre.... » ... il l'avait peut-être pensé trop fort... et il était trop tard pour le rattraper maintenant, il avait pourtant essayé « Non... j'veux dire... » il l'avait dit, il ne pouvait plus revenir en arrière « Michan…. » c'était trop tard...
Il s'en était voulu. Et un instant il avait pensé à écourter cette conversation « ... toi aussi tu me manques mais... » ça ne servait plus à rien de parler maintenant « ... et je ne suis pas parti parce que tu as Jin Ah maintenant... » ... mais clairement, il savait encore mentir. Pourtant, c'était vrai, Jin Ah n'était pas responsable de son départ, pas tout à fait en tout cas. Elle, ce dont elle devait être responsable, c'était du bonheur de Mikio « ... Ren voulait... non, on voulait... enfin, c'est juste des vacances. » ... il était un bon menteur, l'un des meilleurs avec son père mais quand ça touchait trop à son coeur, quand il était question des sentiments qu'il avait pour Mikio, il avait plus de mal à ne pas se montrer sincère. Il ne savait pas pourquoi.... Est-ce que c'était parce que son coeur était encore trop jeune pour avoir cette expérience ? S'il avait fonctionné dès le début, il aurait peut-être eu ce talent de jouer la comédie... « Mais c'est vrai que c'est une bonne chose si tu en profites pour voir Jin Ah un peu plus. » ça ne le regardait pas vraiment mais la suite était tout de même venue « Tu devrais l'inviter à dormir à l'appartement. » non, vraiment, ça ne le regardait pas « Ne la fais pas fuir parce que tu as un amant.... » il avait tenté un sourire pour aller avec la plaisanterie... même si son coeur n'avait pas envie de plaisanter sur le sujet « Tu sais, je me disais... » rien, il ne se disait rien à part qu'il ferait mieux de se taire maintenant « On devrait peut-être essayer de se comporter un peu plus comme des ... » ce mot lui arrachait le coeur trop certainement pour qu'il soit capable de le prononcer sans se forcer... « ... amis…. C'est juste que...  »

... oui, c'était juste normal. Qu'il soit l'ami de Mikio comme il était celui de Kô. Et c'était normal de le montrer un peu mieux depuis que Mikio avait quelqu'un dans sa vie. Même si c'était bizarre... parce qu'il ne prenait pas la place que Jin Ah était supposée occuper... après tout, des amis, ils l'avaient toujours été dans la manière officielle des choses... non ? « Moi je ne suis pas comme vous... Kô et toi... » non, lui... il n'était pas une bonne personne. Et de manière plus précise, il ne serait jamais celui qui se case avec quelqu'un pour avoir une jolie vie... l'italien avait un travail, des jours de semaine, et ça lui allait très bien comme ça « Je ne pense pas me poser un jour, avoir une vraie relation... j'ai déjà essayé et je sais que ce n'est pas pour moi... » se rattraper, il essayait sincèrement... mais au final, il aurait probablement mieux fait de garder le silence depuis le début. Parce qu'il n'avait pas envie de parler de Reina pour s'expliquer... « Je ne sais pas... si on a l'air trop gay, ça ne va pas te faire marquer des points avec ta copine. » son rire était un peu forcé mais il avait fait de son mieux. Son problème, c'est qu'il ne savait même plus trop ce qu'il venait de dire. Il avait parlé. Beaucoup parlé. Trop. Et c'était peut-être pour ça qu'il avait voulu clore le sujet en le résumant « Tu peux pas t'enterrer avec moi. »
Oui... mais ce que Mikio lui avait demandé, c'était pourquoi il était parti.
...
C'était vrai pourtant... même sans son départ, même s'il n'avait été que le stupide italien... comment est-ce que Mikio les voyait dans 20 ans ? Naomi amis pour la vie ? Un duo de vieux garçons que tout le monde prendrait pour des gays ?  Mikio ne l'était pas. Mikio méritait d'avoir quelqu'un pour l'aimer, chaque jour... oui, lui... il l'aimait mais...
L'image était ridicule... et il ne voyait pas Mikio devenir comme lui et se charger d'un planning... il valait mieux que ça...

« Je suis juste parti en vacances.... »

Ah oui... il fallait peut-être le rappeler... juste au cas où son discours sonnait un peu étrange.
Il ne s'éloignait pas.
Il se comportait en ami.
Jin Ah était bien pour lui.
Et surtout, il était juste parti en vacances.
Au moins, le résumé était moins catastrophique que les nombreux mots qui avaient quitté ses lèvres... lèvre qu'il s'était mordu en essayant de remettre de l'ordre dans des mots pour en rattraper des premiers.
Ce n'était pas si terrible que ça non ?
Après tout, il n'avait pas eu le courage de lui avouer que s'il ne devait plus l'attendre, c'était parce qu'un jour il ne rentrerait plus...

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     Dim 8 Jan - 2:51
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Adorable. Parfaitement adorable. D’accord, il n’était pas censé penser ce genre de chose, encore moins après sa bourde qui datait d’à peine quelques minutes… mais que pouvait-il penser d’autre face à ce visage qu’il n’avait probablement jamais vu autant coloré ? Et cette plainte qu’il avait émise en serrant son coeur, il n’était certainement pas supposé l’a trouvé tout autant plaisante. Même s’il n’avait pas pu s’empêcher de rétorquer avec légèreté « Ben non, meurt pas, c’est pas le but ! » avant de retenir un rire à la maladresse du garçon. Il ne l’avait probablement jamais vu aussi maladroit. Le trouble et l’embarras, il l’avait déjà lu dans son regard, mais jamais à ce point. En fait, c’était bien la première fois qu’il le voyait aussi incertain quand le rital était généralement celui qui faisait perdre ses moyens au Coréen… Comme quoi, il ne fallait jouer à qui était le plus con mais bien à qui était le plus honnête avec lui. S’il s’attendait à ce que la vérité lui fasse autant d’effet…
D’ailleurs… Ca faisait un moment qu’il avait disparu de son écran maintenant ? Quelques micro secondes mais c’était déjà trop pour que le chanteur ne s’inquiète pas un peu en se demandant s’il n’était réellement en train de faire une attaque.. « Tout va bien ? » Heureusement, le temps de finir cette phrase, le garçon réapparaissait déjà devant lui en amenant de nouveau un sourire sur les lèvres coréennes. Peut-être qu’il avait arqué un sourcil en le regardant boire… est-ce qu’il devait lui dire ? « Nao… » s’en rendit compte lui-même et le chanteur n’eut pas besoin de l’informer qu’il ne pouvait pas boire avec un bouchon vissé. Sa main se porta automatiquement à sa bouche pour cacher ce sourire qui s’étendaient désormais jusqu’à ses oreilles. Non, il ne se moquait pas mais… D’accord, peut-être qu’il n’avait pas assez bien étouffé ce petit rire attendris pour qu’Umberto ne relève pas la truffe intrigué. Mikio secoua la tête. Ce n’est rien bébé… on a perdu papa, avait-il eu envie de dire…. si le bébé n’avait pas été le père en question. Est-ce qu’il devait s’excuser pour l’avoir autant troubler ? Non, en vérité, c’était à Naoki de s’excuser pour être aussi mignon à cet instant… On était d’accord hein ? Mikio n’était pas supposé avoir envie de le bouffer…
Et à cette tentative vaine pour se reprendre, le sourire de Mikio ne s’en fit que plus doux. Il n’avait vraiment pas eu pour but de le bouleverser… il voulait seulement lui dire une chose évidente et importante pour lui… Peut-être que son coeur approuvait un peu trop la réaction de son cadet même si elle était inattendu… parce que ça voulait dire que ça comptait pour lui. Peut-être autant que pour le chanteur.  Et il regrettait davantage de ne pas être à ses cotés à présent : s’il avait pu, ses mains se seraient perdues bien trop de fois dans les cheveux de son protégé. Mais tout ce qu’il avait pu faire derrière cet écran qui lui rappelait douloureusement l’océan qui les séparait, c’était répondre avec ce sourire attendrit : « Oui, les couleurs sont splendides… » Est-ce qu’il jouait ou est-ce qu’il avait tout simplement eu la clémence de ne pas en rajouter … en tout cas, ce rouge là qui brûlait les joues de son Italien, valait bien celui du récif corallien australien…

Peut-être aurait-il dû insister. Prolonger cette parenthèse de légèreté où il avait su rire à plusieurs reprise mais sur une trop courte durée. Maintrnant, c’était évident qu’il préférait continuer à trouver Nao affreusement craquant… il aurait même pris le temps de se poser plus de question sur cette nouvelle obsession à le trouver si beau… Parce qu’à présent, il était bien trop tendu.
Il n’aurait pas dû. Il aurait dû garder ses doutes pour lui et se la fermer comme la veille du départ. Ou peut-être plus largement comme ces dernières semaines… Des questions, Mikio en avait toujours posé. Aujourd’hui encore, il y en avait qu’il ne pouvait pas contenir… mais d’autre et la majorité d’entre elles qu’il se forçait à taire. A cause de cette dispute et la crainte qui ne lui avait jamais autant broyé le ventre que de le voir fuir… Alors lâchement, pour le garder auprès de lui, il lui avait cédé ce silence quelque temps. Mais cette fois, il avait probablement trop accumulé et son coeur était sans doute trop faible pour ne pas avoir failli… Ca lui avait échappé. Trop lui avait échappé… A commencé par Jin Ah qu’il avait jeté dans la conversation sans y mettre les formes.
Mais à présent, le chanteur se sentait idiot en attendant une réponse qui tardait à venir… parce qu’il n’était pas sûr de ce qu’il voulait entendre. Il n’était pas sûr de vouloir affronter une réalité trop douloureuse… Et plus les secondes passaient, plus il pensait avec regret qu’il avait dû toucher dans le mille. Si Nao peinait à répondre… c’était peut-être qu’il cherchait un moyen de se sortir de cette situation délicate parce qu’il ne s’attendait pas à ce que Mikio comprenne. Parce que Ren avait bon dos mais ça ne suffisait plus et il était tant d’admettre que ….

« Tu devrais arrêter de m'attendre.... »

Quoi ? … Son coeur s’était probablement arrêté. Tout comme ses yeux qui s’étaient fixés horrifié sur l’image du garçon. Sa bouche s’était ouverte : « Na-… » Une douleur atroce le fit taire, comme s’il venait de se recevoir un coup droit dans le ventre et la poitrine…
Qu’est-ce qu’il entendit par là ? Il… il allait rentrer, pas vrai … ? Il lui avais promis… il allait rentrer… Il ne pouvait pas lui dire le contraire comme ça soudainement, ça… ça n’avait pas de sens… Immédiatement, sa main se porta sur la gourmette autour de son poignet. Celle de Naoki…. Cet échange… lui, il avait du sens pas vrai ? Nao allait revenir et récupérer sa gourmette… et tout rentrerait dans l’ordre ! Oui, comme il se l’était promis à lui aussi : il n’y aurait plus de peine, d’éloignement, de…
A quel moment sa respiration était-elle devenue si lourde ?

Il devait se calmer, se reprendre et ne pas céder à une panique qui lui opprimait déjà la poitrine et la gorge… Si bien qu’il avait eu du mal à entendre la suite. Les mots semblaient rebondir contre sa tempe déjà battante et tout ce qu’il avait vraiment compris c’était qu’il manquait à Nao mais….
Mais quoi ?!Il n’aimait pas ce « mais »… il n’était sûr de vouloir entendre la suite en vérité… il ne voulait pas entendre Nao lui dire qu’il comptait rester là bas…
Jin Ah… Ren… Ca s’était embrouillé dans la tête du chanteur, au point qu’il avait seulement relevé le regard quand l’étudiant lui avait affirmé qu’il s’agissait uniquement de vacance. L’occasion pour lui de se rendre qu’il avait baissé la tête jusqu’alors pour fixer avec trop d’insistance le coin du clavier…. Mais des vacances… Oui, là, plus que tout Mikio souhaitait que ça soit réellement le cas. Des vacances innocentes avec un ami. Nao faisait seulement un caprice en le réclamant mais rien de grave. Il y croyait même sans y croire… ça devait être ça, ça le devait ! Des vacances… Parce qu’on revenait toujours de vacance… pas vrai ?
Peut-être que c’était de l’auto-persuasion.. mais au moins, ça lui avait permis de se reprendre un peu. Assez pour se raisonner et se montrer plus à l’écoute… mais peut-être pas assez pour ne pas froncer les sourcils à l’évocation de Jin Ah pour laquelle il aurait presque gronder Nao en oubliant qu’il était celui qu’il l’avait amené dans la conversation. Et si finalement la première phrase lui sembla être une remarque tout à fait amicale qui ne prouvait pas la culpabilité de la belle dans toute cette histoire, la seconde fit sévèrement tiquer le Coréen qui secoua immédiatement la tête, balayant tout aussi rapidement la question malgré la confusion : « Qu-… N-non ! » C’était hors de question. Pas de femme à l’appartement, c’est tout.
C’est vrai, il n’ignorait pas qu’il avait été le premier à déroger à cette règle qu’il venait probablement d’inventer. C’était arrivé une fois, à une époque où le lit n’avait pas cette dimension quasi religieuse pour eux… Une époque où leur relation était encore basé sur un jeu où ce « plus » commençait doucement mais sûrement à s’imbriquer, où l’éloignement était déjà quelque chose de bien trop mal vécu…. trop pour que Mikio ne trouve pas qu’une bien maigre consolation dans les bras de cette russe un peu étrange qu’il n’avait même plus cherché à revoir depuis. Et plus généralement, il n’avait même plus réitéré la chose avec une autre. Tout simplement parce que la place dans son lit était prise… et elle le resterait toujours. Il ne l’avait que trop bien compris ce soir de début d’année où Naoki l’avait retrouvé… C’était sa place à lui et Mikio ne voulait pas qu’elle soit prise par personne d’autre, même lorsqu’il n’était pas là. Il avait même poussé le vis jusqu’à prendre lui-même cette place pour laisser la sienne à Anastasia comme si cet espace était sacré. C’était peut-être un peu ridicule, mais c’était réellement une chose à laquelle il tenait… autant qu’il détestait la voir vide. Mais la combler avec Jin Ah ? L’idée ne lui était même pas venu à l’esprit et si elle s’amusait à se manifester, il la rejetterait aussi tôt.
A cette raison un peu mystique mais pas moins significative pour le chanteur, s’en rajoutait une plus rationnelle mais certainement pas plus acceptable : s’il s’y refusait, c’était également parce qu’il n’apprécierait pas que Nao le fasse. Même dans sa propre chambre, il ne voulait pas risquer de croiser une conquête…. Bien sûr, il ne dirait rien, Nao faisait sa vie mais… il ne voulait pas le savoir. L’idée était toujours de plus en plus dérangeante.
Alors c’était bien un non catégorique.. qu’il soit seul ou non dans cet appartement.

Puis, s’il devait être honnête, et il devait probablement le dire au plus jeune, il n’en était pas vraiment à savoir lequel passerait la nuit chez l’autre, loin de là. Mikio n’en avait pas le coeur ni les idées assez claires pour se lancer. Et la suite, même si elle avait été dite avec le sourire, ne l’aida pas à remettre plus d’autre si ce ne fut qu’à lui serrer le coeur. C’était léger, mais il le sentait… Nao se remettait en cause comme il le craignait et ça ne lui plaisait pas. Mais ça ne lui plairait jamais moins que les dernière paroles du garçon. Son coeur se figea. Son corps entier sans doute. Pour la seconde fois en sûrement moins d’une minute, il connu cette terrible douleur qui lui transperça poitrine et lui coupa le souffle…
Des amis…
Des amis pour de vrais….
Mikio avait détesté ce terme à l’instant même où Naoki l’avait prononcé ce jour là. Il était amusant et définitivement justifié mais dans le fond, le Coréen savait qu’il y avait difficilement plus gros mensonge que celui-là… Sinon, son cadet ne lui demanderait pas une telle chose. Cette demande irait de soi… Elle était légitime et bien sûr bien plus juste pour Jin Ah mais…
Nao n’était pas un ami. Même au début en fait, il ne savait même pas s’il avait eu le temps de le considérer comme tel… Leur relation avait très vite pris une tournure singulière. Elle avait connu beaucoup de virage mais finalement jamais de demi tour… Comme deux idiots, ils avaient avancés sans peur sur ce chemin glissant où ils s’étaient bien cassés la gueule quelques fois… mais seulement pour se relever et mieux continuer à avancer sur cette même route sans jamais penser une seconde à s’arrêter… Et aujourd’hui, Nao le lui demander. Pas d’arrêter, mais de freiner trop brusquement son coeur déjà lancé à pleine allure… Un demi tour lui était impossible… il le savait n’est-ce pas ?

Est-ce qu’il s’en était rendu compte, Naoki ? Que les doigts de Mikio serraient désormais bien trop fort cette gourmette qui ne lui appartenait pas… Si fort que sa main tremblait. A moins que ça ne soit les battements assourdissants de son coeur qui lui donnait cette impression….
Se comporter comme des amis…. Oui… non…. Ca faisait du sens bien sûr mais aucun pour son organe vital qui refusait tout ce que cette suggestion impliquait. « Nao… » C’était impossible… Et qu’est-ce que ça voulait dire être amis ? Ne plus l’appeler Yeobu ? Ne plus fêter la Saint Valentin avec lui ? Ne plus chercher sa main ? Ou tout autre forme de contact qui n’était pas purement amical ? Ne plus dormir ensemble ? Retirer cette gourmette ? « C’est ce que tu veux…. ? » Il n’était même pas certain de l’avoir dit assez fort pour son cadet. Sa voix s’était étouffé à mesure qu’il énoncé toutes ces choses qui n’étaient pas censé le faire autant souffrir à l’idée de ne plus y avoir droit… Et même s’il faisait tous ses efforts… Ca ne lui enlèverait pas cette douleur, ce manque, ce besoin maladif qui le rendait fou…. Ils n’étaient pas amis. On avait pas aussi mal quand notre ami était si loin de nous. On ne se sentait pas autant crever à la simple idée de se considérer comme tels…. Ils n’étaient pas ami et ils ne le seraient jamais… Et Mikio n’était pas sûr d’être prêt à faire semblant.

Et la justification de Naoki, Mikio n’était pas certain de la comprendre. Pas au début en tout cas. Qu’est-ce qu’il entendait pas lui et Kô ? Qu’est-ce qu’il racontait encore comme bêtise ? Quelle idée inacceptable s’était-il mis en tête cette fois ?
Les sourcils du chanteur se froncèrent… Une vrai relation… Pourquoi est-ce qu’il lui parlait de ça ? Est-ce qu’il essayait de prendre son cas comme un exemple pour donner des conseils à son ainé ? Pour le pousser à suivre une autre voie que celle du rital ? Sérieusement ? Si cette conversation commençait à le déranger, il ne pouvait néanmoins pas faire comme si cet aspect de Nao ne pas l’avait toujours bien arrangé. Que le jeune homme ne s’attache pas aux femmes lui permettait de le garder plus sûrement avec lui, de partager des choses que deux gars normaux auraient probablement choisi de partager avec leurs petites amies respectives… Personne ne pouvait les blâmer pour ces caresses…. ni même ces baisers échangés… les approuvés comme les oubliés. Oui, de la façon la plus égoïste et sans jamais vraiment se remettre en question, Mikio s’était accommodé de cette situation… trop même alors que la première chose à laquelle il aurait dû penser était que Nao aussi avait le droit de trouver l’amour et le bonheur auprès d’une femme qu’il chérirait plus que tout. Plus que lui….
… Comment cette idée là pouvait-elle lui être aussi insoutenable ? Depuis quand était-il aussi con, égoïste et égocentrique ? Ne voyait-il même pas que le problème ne touchait pas que Nao ? Le pire dans tout ça, même si l’aîné refusait de le prendre en compte, c’était que l’étudiant avait raison. Se comporter en amis… retrouver une relation plus saine pour construire quelque chose avec une autre sans avoir l’air de la tromper avec son coloc’ qui occupait ses pensées… C’était avant tout mieux pour elle…
Alors cette plaisanterie Mikio l’avait à peine relevé, n’en avait pas rie non plus et avait très vite voulu corriger en secouant négativement la tête. Une réponses sans doute un poil impulsive et précipitée… « C’est pas ma copine Nao ! On se fréquente oui mais… je ne sais même pas où j’en suis avec elle je… » je suis complètement paumé… Sa main s’était serré nerveusement à l’arrière de son crâne. Nao ne pourrait pas l’accuser ne de pas avoir essayé… Il le faisait encore aujourd’hui en s’accordant un peu de temps pour « remettre de l’ordre dans sa tête »… Mais il le savait déjà dans le fond. Peut-être depuis le début… Jin Ah avait beau être extrêmement désirable doublée d’une fille formidable… son coeur ne suivait pas. Leurs baisers semblaient doux mais demeuraient sans saveur… et faire l’amour avec elle… Ca lui faisait déjà mal au coeur pour elle d’appeler ça comme ça tant l’amour s’était obstiné à se faire absent. Et ce n’était pas faute de l’avoir déjà aimé par le passé… si fort avait-il cru… Aujourd’hui, il n’en restait vraiment plus rien ?

« Je… j’ai pas l’intention de m’enterrer avec… enfin, j’vais pas m’enterrer ! » Tout ça était très déstabilisant pour lui. C’était de sa faute, il avait ouvert la boite de Pandore… Mais il n’était clairement pas à l’aise avec cette conversation et n’apprécia l’aspect moralisateur qu’elle contenait. Bien sûr, il avait conscience de la bonne intention dont faisait preuve son protégé… Il le savait bien qu’il avait pensé à lui, était c’était tout ce qui le gênait. S’il n’aimait déjà pas parler de ce genre de chose, il supportait encore moins que Naoki s’arrange de lui-même pour que tout fonctionne à merveille pour son « ami ». Encore moins quand les solutions proposées qu’elles soient aberrantes ou très justes, semblaient avoir pour seul but de lacérer son coeur.
Il n’aimait pas cette discussion et sa tête le trahissait en se secouant à plusieurs reprise. Sa vie amoureuse, il l’avait toujours géré seul… Et aussi catastrophique avait-elle toujours été ou presque, ce n’était pas une raison pour s’en remettre à Nao… surtout pas Nao… Il était bien la dernière personne avec qui il souhaitait aborder le sujet. Il n’avait rien à voir avec toutes ces femmes qu’il avait aimé… C’était différent. Parce que le garçon était à part. Toute comme ce qu’il avait avec lui.
Et ce n’était certainement pas qu’il était son ami. Non… il était plus. C’était une relation qui n’avait pas de mot pour être décrite… Mais qu’il n’y avait qu’eux qui la comprenait. Enfin, c’était ce qu’il pensait… avant que Nao de lui demande s’éloigner… pour le bien de sa relation avec Jin Ah. C’était réellement plus important pour lui ?
Ses doigts avaient continué à jouer avec la plaquette d’argent autour de son poignet et son regard ne s’était pas reposé sur l’écran.

« T’y arriverais toi ? A changer ça… ? » N’était-ce pas ce qu’il avait déjà essayé de faire quelques jours auparavant ? « A renoncer à tout ça ? » « ça » … les caresses, les mots doux, des lèvres sur une peau… « Je ne sais pas en quelle langue je dois te le dire…. mais moi je ne peux pas… Et je nous ferais pas l’affront de croire qu’on est seulement ami Nao… T’es tellement plus que ça, tu seras toujours plus important… alors…. » Il plongea un instant son visage dans une main en soupirant comme s’il cherchait ses mots… « S’il te plait… n’essaie pas de me faire renoncer à toi et… c’est gentil de t’en inquiéter mais ne te préoccupes plus de ma relation avec Jin Ah. » Il ne devait plus chercher à l’influencer d’une quelconque manière… par un sms, par des conseils, par un éloignement … surtout pas… il ne voulait plus que ça arrive. Le prix était trop cher pour une chose à laquelle son coeur ne parvenait pas à adhérer.

Un soupire lui échappa mais il se sentait encore pesant. Comment en était-il arrivé là ?

« Oui… tu es juste parti en vacance… »
C’était finalement la meilleure réponse. Et Jin Ah ? Ca lui semblait clair à présent. Très clair.

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     Dim 8 Jan - 14:00
Between me & you. NAOMI;
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Pourquoi est-ce qu'il avait dit tout ça ? Il n'aurait pas pu se contenter d'un simple non avant d'insister sur le fait qu'il était simplement parti en vacances ? Il le savait, c'était la réponse qu'il aurait dû lui donner... celle qu'il voulait lui donner aussi. Alors pourquoi autant de mots avaient quitté ses lèvres ?
Parce que c'était ce qu'il souhaitait pour Mikio.... Son bonheur, simplement son bonheur. Rien d'autre. Et si ça lui semblait être une chose impossible pour lui, pour Mikio c'était un dû. Il le méritait tellement, être heureux. Il n'y avait pas de personne qui le méritait plus que lui....
Mais il était trop tôt. Trop tôt pour lui faire comprendre ce qu'il aurait déjà dû comprendre tout seul même s'il ne savait pas tout.
Il l'adorait ce rital. C'est vrai, il était cent fois mieux que celui qu'il cachait dans le fond. Il était confiant, globalement stupide mais il avait des amis fantastiques. Il n'avait peur de rien, ne doutait de rien et il se moquait de tout. Mais même s'il l'adorait, ce n'était pas une personne qui avait le droit de passer sa vie avec Mikio.
...
Enfin, il ne savait pas trop....
Oui, c'est vrai, il y avait toutes ces femmes. C'était le futur inexistant qu'il voyait pour l'italien. Et c'était vrai que cette image n'allait pas avec celle qu'il se faisait d'une vie pour Mikio.... Mais même avec ça, cet italien aurait quand même fait partie de sa vie non ? Alors où était le problème ? Il n'était pas supposé le faire autrement que comme plus qu'un ami... ils l'étaient, amis... dans la forme.
.... il ne savait pas trop. C'était peut-être injuste dans le fond de s'attendre à ce que le coréen comprenne sans des données supplémentaires....

Ou c'était peut-être juste lui qui était incapable d'oublier celui qu'il était réellement.
Cette incapacité faisait que même l'italien aujourd'hui, il l'aimait de moins en moins....
Auprès d'autres personnes, il aurait probablement continué à l'apprécier autant. Mais auprès de ses amis qui valaient tellement plus que lui... auprès de Mikio... oui, il n'avait sans doute pas le droit d'occuper une place trop importante. Parce que dans le fond, l'italien aussi... qu'importe qui il était, au fond de lui, il ne l'oublierait jamais qu'il n'était qu'un minable...

... mais ce n'était pas la question. Il partirait. Et avant qu'il ne le fasse, Mikio devait arrêter de l'attendre.
Oui, c'était sans doute plus pour ça que les mots s'étaient échappés de ses lèvres. Parce qu'il refusait l'image de ces adieux de cette manière. Il voulait prendre un avion et penser que Mikio reprendrait simplement sa vie là où il l'avait laissé. Il ne voulait pas penser qu'il avait de la peine parce qu'il attendait que quelqu'un qui ne le valait même pas revienne près de lui.
Cette place que Mikio semblait lui donner, elle devait être prise par une autre personne. Ce n'était pas la sienne. Dans le fond, ça ne l'avait jamais été et pourtant, égoïstement, il l'avait occupé. Il s'y était plu... comme jamais avant il ne s'était plu quelque part. Son coeur souhaitait si fort la garder que parfois il commettait l'injustice de se serrer quand il s'imaginait une autre personne à cette place... quand il le corrigeait d'un la mienne...
ça ne l'était pas. Il le savait. Alors au fond de lui, il ne pouvait pas exister ce souhait, cette envie de la garder et d'être celui qui réchaufferait toujours Mikio ou qui l'endormirait de gestes qui n'avaient rien d'amicaux.
Pas plus que ces mots...
tesoro...
... amore...

La liste était longue.... Il s'en souvenait bien qu'au début ce n'était qu'un jeu entre eux. Mais aujourd'hui, il le savait que lorsqu'un mot d'amour franchissait ses lèvres, il ne le cherchait même plus, c'était un automatisme... mais pas une habitude. C'était simplement son coeur qui considérait Mikio comme son trésor. C'était son coeur qui soufflait que ce surnom d'amore, il le méritait parce que chaque sentiment qui se traduisait en des battements plus forts, il n'était que pour lui....

Dans 20 ans.
S'il avait été un autre. Réellement un autre. Si jamais il n'avait porté le nom Serizawa. Où est-ce qu'il aurait aimé être ?
A ma place...
... près de Mikio.
Et de quelle manière est-ce qu'il les aurait vu alors ?
... probablement pas comme des amis...
Dans cette image là... il n'y avait pas Jin Ah.... Il n'y avait qu'eux...
Et dans cette image là... il y en avait trop des gestes qui n'allaient pas à deux amis pour de vrai....

« Ce serait mieux pour toi.... » il lui avait demandé si c'était ce qu'il voulait... pas ce qui était le mieux pour lui.
Pour lui... le mieux... c'était une question à laquelle il ne voulait pas s'autoriser de répondre même s'il connaissait déjà la réponse en réalité. Et elle était impossible.
Le mieux pour lui, dans le domaine du possible... il n'y avait pas de "où je serai dans 20 ans"....Arrête de m'attendre...
Laisse-moi partir...

Aujourd'hui, ou même demain, on n'avait pas à parler de lui. Ce n'était pas de lui dont il s'agissait. Il ne s'agirait jamais de lui.... Ce qu'il voulait n'avait aucune importance.
Pourtant, officiellement, il semblait en vouloir des choses. A commencer par un Mikio en couple avec Jin Ah « Oh... ça viendra... vous allez bien ensemble et.... » oui, se la fermer. ça c'était une vraie bonne idée. Et au moins, il avait eu l'intelligence de ne pas terminer une phrase dont il ne connaissait pas réellement la fin. Dire à Mikio aujourd'hui qu'il lui avait vu une belle et longue vie pour lui en compagnie de la blonde... oui, c'était probablement un peu prématuré... attendre encore une ou deux semaines peut-être....

« ça va... t'y as pas encore réfléchi.... » oui, mais lui, clairement, il y avait déjà réfléchi pour lui.
Où il serait dans 20 ans.
Ce qu'il ferait.
Ce qu'il devait arrêter de faire pour y arriver.
De qui il devait s'éloigner...
Un peu trop sans doute.
C'est vrai, il avait besoin de se brosser le portrait d'une jolie vie pour Mikio. C'était heureux qu'il voulait l'imaginer plus tard. Même s'il n'était plus à ses côtés, il refusait une autre image. Non, le coréen n'avait pas le choix, peu importe comment et avec qui, il devait avoir une belle vie. C'était le seul cadeau qu'il lui demandait. Mais à ce stade là, ça relevait plus de l'exigence....

Et il en exigeait des choses. A commencer par fermer sa gueule de temps en temps. Oui, ça... ce serait vraiment une bonne chose.... Avant de l'ouvrir ce serait mieux.
La question du coréen avait eu le mérite de le couper dans son élan et sa tête s'était baissée pour que son regard s'obstine à fixer sa main tandis que l'autre continuait son jeu plus nerveusement. Les derniers mots avaient perdu en volume ... « C'est pas la question...» ... et il s'était forcé à ne faire que penser la suite. Non, la question c'était pourquoi il était parti. Elle était en réalité très simple. Il était simplement parti en vacances.... S'il y arriverait ou non à être un bon ami pour Mikio, ce n'était même pas si important vu le futur. ça ne comptait pas... que ça lui fasse mal au coeur d'être loin de lui au point de lutter à chercher son souffle. Plus coupable encore, son regard avait cherché plus certainement un point à fixer sur le drap à la suite... « Excuse-moi... ça ne me regarde pas.... » ... il n'avait pas à s'en mêler... il n'avait pas à en parler non plus visiblement « Je ne t'en parlerai plus.... » ses yeux, il n'avait pas osé les relever pour se répéter « je suis désolé.... » et même s'il s'était mordu la lèvre, il n'avait pas épargné Mikio d'une ultime répétition « Pardon.... » oui, même si c'était mieux de se taire plutôt que de s'excuser.
Resserrant sa pression sur ses doigts, il n'avait plus prononcé un seul mot... pendant de longues secondes, peut-être une minute, il n'en savait rien. Mikio aurait pu relancer la conversation maintenant, il ne l'aurait même pas entendu. Plus fortes, ses pensées tambourinaient contre son crâne des mots pour resserrer plus certainement la pression sur son coeur.

Mais il avait fini par s'en rendre compte qu'il se montrait silencieux depuis un temps trop long.
Son regard était toujours coupable lorsqu'il s'était relevé vers le coréen. Coupable pour avoir quitté une place qu'il ne connaissait pas si bien. Coupable pour des mots qui auraient dû lui faire plaisir... s'il avait été un autre.
Toujours plus important...
Pourquoi Mikio ne voulait pas être heureux ?

« C'est tard.... » mais pour déclarer l'inverse que précédemment, il n'avait une fois de plus pas regardé l'heure « Tu devrais dormir. » on pourrait lui faire remarquer qu'il était plus tard là où il se trouvait, il n'en n'aurait pas vraiment tenu compte. Il avait besoin de prendre l'air, pas de dormir maintenant. Se rhabiller, faire un tour, son regard s'était bien tourné un instant vers la porte plutôt que de le faire vers son oreiller « On se rappellera... » oui, quand il se sentirait plus capable de sourire et de discuter simplement, quand il serait redevenu le joyeux rital... même s'il avait probablement un peu de mal à l'être en ce moment avec Mikio « Buenanotte bambino mio » il s'était pourtant efforcé de s'adresser avec le sourire à son chien et il l'avait même gardé quand son attention s'était reportée sur son aîné « Bonne nuit Michan... » mais une seconde, son sourire avait disparu, il s'était mordu la lèvre avant que son regard ne se porte sur le bouton pour raccrocher. Un nouveau sourire forcé et sa main s'était tendue, un peu hésitante, avant de mettre fin définitivement à la conversation.
Mikio et Umberto avaient disparu de l'écran et pourtant ses yeux étaient restés de longues minutes devant la tablette sans qu'il ne bouge. Mais quand ils avaient trouvé la force de faire le tour de sa chambre pour se poser sur la place vide près de lui, il l'avait pensé cette réponse qu'il n'avait pas le droit de donner.
Non... moi je n'y arriverai pas sans toi.

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     Mar 10 Jan - 22:29
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Between me & you


Il n’aimait pas cette discussion. Et il était probablement qu’un abruti qui ne récoltait que ce qu’il avait semé sans même être capable de savoir s’il regrettait d’avoir posé cette question. Un peu. Parce que maintenant il avait terriblement mal au coeur. Parce que maintenant, ses tempes battaient trop fort et ses doigts ne parvenaient pas à arrêter de jouer nerveusement avec cette gourmette échangée. Mais est-ce que continuer d’ignorer le fond de la pensée de Naoki était une bonne chose ? Il n’en savait rien. Il n’aimait juste pas cette conversation au même titre qu’il n’aimait aucun des mots qui franchissaient la bouche de son cadet…
De quel droit Nao pouvait affirmer une chose pareille ? Mieux pour lui… Ca ne voulait rien dire. Pas pour son coeur. Lui, il criait tout le contraire. Lui, il protestait contre ce mot « ami » entre eux…
Oui, mais son coeur n’était pas rationnel. Ni raisonnable. Au fond, Nao n’avait pas tort et c’était très certainement tous ces gestes qui n’avaient pas leur place entre eux. Parce que c’était ce qu’ils devaient être.. des amis… Rien de plus. Oui, si Mikio voulait avoir un jour une vraie relation avec une femme, il était temps qu’il se rende compte qu’il ne pouvait pas ignorer le fait qu’il dormait depuis des mois avec un homme. Il ne pouvait tout simplement pas faire comme si c’était parfaitement normal et que personne n’y verrait quelque chose de dérangeant là dedans. Il ne pouvait pas simplement se dire que ce n’était rien quand il était un peu trop accroc aux caresses de ce garçon et qu’il était depuis quelques temps déjà un peu trop obsédé par ses lèvres…Non, il ne pouvait pas simplement balayer tout ça d’un revers de la main en se disant que ce n’était pas grave et qu’il verrait ça plus tard… Parce que c’était bien maintenant qu’il fallait y réfléchir. Parce qu’il le veuille ou non, Jin Ah faisait bien parti de sa vie et que la suite, quelle qu’elle soit, ne serait en aucun cas étrangère à cette donnée… Oui, si jamais il décidait d’essayer avec elle… Est-ce qu’il comptait vraiment l’abandonner tous les soirs en lui disant qu’il préférait dormir avec son coloc’ ? Qu’il le berçait mieux… qu’il savait mieux caresser son visage la nuit… qu’il préférait entendre ses mots doux en italiens ?
Est-ce qu’il était vraiment aussi con pour croire qu’il pourrait fermer les yeux encore longtemps quand il ne savait déjà que trop qu’il serait parfaitement incapable de renoncer un jour à Naoki ?

Même si la réponse du plus jeune ne lui avait pas plu, peut-être même qu’elle l’avait énervée, son coeur vint toquer contre sa poitrine pour souligner un détail… Qui n’en était pas un pour lui. Nao n’avait pas dit que c’était ce qu’il voulait. Il n’avait pas dit qu’il avait envie de ça… de s’éloigner… d’être des « ami pour de vrai » pour de vrai.
… Alors si ce n’était pas ce que Nao souhaitait… Pourquoi devraient-ils se forcer tous les deux ? Pourquoi faire quelque chose qui ne ferait que les faire souffrir tous les deux ? Ca avait autant de sens que cet océan aujourd’hui entre eux…
Pour Jin Ah. Ou une autre avec qui il pourrait envisager de construire quelque chose… Oui, c’était évident… Mais ça aussi, avait-il seulement le droit d’y penser maintenant ?
Mikio ne pensait pas beaucoup à l’avenir. Il vivait au jour le jour ou dans un futur proche. Il considérait que tout ce qui devait arriver, arriverait. C’était un peu comme ça qu’il avait toujours plus ou moins envisagé son avenir. S’il réussissait dans la musique, il s’était dit qu’il aurait aussi droit un jour à une situation amoureuse posée et stable. Naturellement, il rencontrerait quelqu’un, construirait sa vie, finirait par se marier et peut-être même avoir un gosse… Oui, sans que cette image là sans l’obsèder, il avait toujours considéré que ce serait un très bel avenir et qu’il pouvait bien vouloir d’une vie comme celle là. Et finalement, pour avancer vers ce futur, il lui suffisait simplement d’accepter la suggestion de Naoki. C’était la solution la plus raisonnable.
Seulement, si Mikio pensait déjà très peu à l’avenir…. il ne l’avait plus du tout fait depuis déjà quelques temps. Quelques mois en fait…
Et ce n’était probablement pas aujourd’hui qu’il avait décidé de devenir parfaitement sage et lucide, sinon, ce faible souffle mais pas moins convaincu n’aurait pas quitté ses lèvres tandis que ses yeux s’étaient fixé un coin bas de l’écran d’ordinateur :

« Arrête. Ne décide pas seul de ce qu’il y a de mieux pour moi Naoki. »

Le problème, c’était que l’étudiant était obstiné. Pourquoi ? Son bien…. Il faisait ça pour lui. Tous ses mots, dans le fond, Mikio le savait que Nao n’avait pas de mauvaises intentions, qu’elles étaient même un peu trop bonnes. Ca, il voulait bien l’entendre mais… Pourquoi y mettre autant de coeur ? Pourquoi s’acharner ? Qu’avait-il à y gagner ?
Un soupire échappa au Coréen à l’encouragement de Nao. Non, il ne comprenait pas ses motivations… Que leur relation marche ou pas, qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Qu’est-ce que ça lui apporterait ? Mikio était le seul à voir que jusqu’à présent ça ne leur avait apporté que du mal ? D’accord, Nao ne verrait probablement pas les choses de cette façon. Pas du tout même et le chanteur devait peut-être considérer les choses autrement seulement… Il ne pouvait pas s’empêcher de rester persuadé que s’il n’avait pas revu Jin Ah ce soir-là, Naoki ne serait pas en Australie aujourd’hui. Oui, même s’il démentait… Ca ne quittait pas son esprit et les questions continuaient de tourner dans sa tête bien qu’il s’oblige cette fois à n’en laisser échapper aucune… Mais le pourquoi ne cessait de résonner à l’intérieur.
Qu’est-ce qui était si important en vérité ? Naoki avait si peur que Mikio soit un vrai boulet incapable de trouver l’amour par lui-même ? Est-ce qu’il avait pitié de lui ? Ou bien c’était totalement autre chose et Nao souhaitait simplement que son aîné lui laisse un peu d’air en allant voir ailleurs ? Parce qu’il ne pouvait pas faire ça seulement pour les beaux yeux du chanteur ou parce qu’il avait eu une révélation en les voyant côte à côte… C’était absurde… !
… Tout se brouillait dans sa tête. Mikio ne savait même plus ce qu’il pensait vraiment. Confus, il baissa son visage et se pinça l’arrête du nez, presque abattu…

Il ne la redressa que pour mieux la secoué à la nouvelle remarque du garçon, non sans lui lancer un regard désespérément agacé. Sa langue émit un claquement sonore contre son palais. Est-ce que Nao pouvait arrêter de faire comme s’il savait mieux que lui ? De se prendre pour son aîné ? Voire pire ? Si Mikio était resté à Busan, c’était typiquement le genre de conversation qu’il aurait pu avoir avec sa mère. Plus ou moins contre son grès… Il craignait que bientôt, Nao ne commence à lui parler mariage et enfant… « Je t’en prie Nao, tu crois pas que t’es un peu jeune pour me parler de ça ? » Avait-il oublié qu’il était le cadet ? A 21 ans et avec la vie que Nao menait - il n’y portait aucun jugement -, il avait du mal à accepter que Nao se préoccupe autant de son avenir et encore moins comme d’une chose urgente et nécessaire. Après tout, lui aussi, il n’avait que 24 ans, il avait bien le temps de voir et s’il souhaitait se faire remonter les bretelles, il appelait sa mère.
… Et cet homme était d’une mauvaise foi si immense qu’il méritait une punition. Il frisait le foutage de gueule… N’était-il pas le premier à infantiliser Naoki en se prenant pour sa mère ou son père ?
Surtout que le cadet était loin d’avoir tort. Mikio était trop paumé et contrarié pour l’admettre parce qu’il ne comprenait pas ce qu’il voulait vraiment ni pourquoi c’était si important que son aîné se concentre sur sa relation avec Jin Ah… Il l’était d’autant plus que Nao lui demandait des choses injustes que son coeur ne pouvait pas supporter… S’éloigner… Oui… S’il avait été un autre. Oui, oui, certain qu’un autre aurait pu suivre les conseils du garçon et… Non, non, cela signifierait que Nao était proche d’une autre personne que lui et cette image le fit gronder intérieurement renforçant sa contrarié…
Il était putain de gravement atteint… Mais sur ça, au moins, il ne mentait pas : s’éloigner de Naoki, renoncer à lui… il savait qu’il en était incapable. Il ne le voulait pas… Il était perdu oui, mais ça, il en était certain : aimer moins Naoki, c’était impossible. Tout comme faire semblant… Ca lui arracherait le coeur.

Alors le mieux, c’était qu’ils arrêtent ce cirque. C’était mieux oui, si Nao ne se mêlait plus de sa vie … « amoureuse ». Mikio continuerait de faire comme il avait toujours fait : ne pas en parler, mener sa vie, rester con…. mais il ne supporterait pas un encouragement, une incitation supplémentaire. Il ne voulait plus entendre qu’il formerait un couple formidable avec une femme qu’il n’était tout simplement plus capable de regarder comme celle qu’il avait aimé… Et il ne voulait surtout pas ressentir le moindre ressentiment envers elle alors qu’elle n’y était pour rien dans cette histoire….
A la première excuse de Nao, Mikio avait été tenté de confirmer qu’effectivement, ça ne le regardait pas en dépit de ses bonnes intentions… mais à la seconde, une pointe de culpabilité vint se loger dans sa poitrine pour la mordre plus sûrement à la troisième. « » Son regard se planta sur l’écran. Nao sembla plus affecté qu’il ne l’aurait cru… Ca lui tenait tant que ça à coeur ? A moins que Mikio ne se soit montré trop dur avec lui … Il n’avait pas arrêté de rejeter chacun de ses mots depuis le début d’une conversation qu’il avait lui-même amené. Eclaircissant sa gorge qu’il devinait nouée, il prit une maigre inspiration et finit par lâcher : « Non… C’est de ma faute, c’est moi qui en ai parlé… J’aurais pas dû… » Oui, ça y’est, il s’en souvenait maintenant. Et il ne pensait pas avoir eu tort sur l’instant… seulement il aurait peut-être finalement mieux valu garder ça pour lui. Parce que maintenant, ils étaient deux à culpabiliser. Deux à sembler perdus et dans le mal… Deux à subir un silence que Mikio ne su pas briser.

Ce fut bien Nao qui le fit, faisant relever la tête au Coréen. Tard… Combien de temps s’était-il écoulé depuis que Nao avait décrété qu’il était encore tôt ?
« Eh… » Pris de court, Mikio avait tout juste le temps d’assimiler la remarque de l’étudiant et ce qu’elle signifiait. Dormir… Oui… Non, bien sûr que non. Il n’y arriverait certainement pas, il ne se faisait pas d’illusion. Son estomac était trop noué. Son coeur était trop lourd et surtout…. Cette conversation avait été loin d’être aussi satisfaisante qu’elle aurait dû l’être. En tout cas, jamais assez pour l’apaiser un peu… bien au contraire. Néanmoins, il se souvenait qu’il était effectivement tard chez Naoki et s’il ne croyait pas que ce dernier était doucement devenu raisonnable, il ne voulait pas l’empêcher d’aller se reposer. De toute façon, Nao souhaitait mettre fin à cette appel que le chanteur avait lui-même abrégé… et son coeur ne fut que plus douloureux. Il ne pouvait s’empêcher de trouver cet au revoir précipité, trop rapide, trop brutal… Au fond, il n’avait pas envie de raccrocher comme ça… Mais il ne parvint cependant pas à protester et tout ce que sa bouche fut capable de dire furent ces deux misérable mots : « Oui… demain… » Au moins Nao souhaitait toujours qu’il se rappelle malgré la connerie dont faisait preuve son « ami pour de vrai ». S’il n’avait pas précisé quand, Mikio s’en assura en le faisant lui-même. Il ne pourrait ainsi pas se dérober… Il ne pourrait pas cédé à la panique et l’angoisse de retenter un appel… Il était hors de question de rester sans nouvelle de lui. Il ne dormait déjà pas… c’était signer son arrêt de mort.
Le couinement d’Umberto lui indiqua que l’intention imminente de Nao de quitter la conversation, confirmé rapidement par un bonne nuit qui lui était adressé. Est-ce que c’était juste son coeur ou il avait trouvé ça trop expéditif ? C’est à peine s’il eut le temps de souhaiter à son tour « Bonne nuit Nao… », chercher à retenir son regard fut vain… il ne fallut que trop peu de seconde pour que le visage de Naoki disparaisse pour être remplacer par sa photo skype. Mikio n’avait même pas eu le temps de lui souffler ses recommandations habituelles….
Repose toi…
Mange bien…
Pas de bêtise…
N’oublie pas de m’envoyer des photos…
Tu me manques…

Oui, tout ça, il avait seulement pu le dire dans sa tête. Même si cette dernière chose, qui était sans doute ce qu’il pensait le plus, n’était toujours prononcé que dans sa tête.

Il lui fallut un instant pour bouger autre chose que sa main qui continuait de dispenser des caresses absentes au chien. Peut-être le temps nécessaire à son coeur de se faire moins lourd pour lui permettre de bouger. Pour dire la vérité, ce changement n’opéra pas mais il se fit violence pour fermer l’écran de son ordinateur et le reposer sur la table. Encore un peu, il resta là, dans un silence pesant, les yeux fixés dans le vague… Qu’est-ce qu’il pouvait être con…. Est-ce qu’il savait  faire autre chose que merder ?
Sans s’en rendre compte, sa main s’était saisie de son téléphone et son regard s’était posé sur le visage gaie qui le composait. Il était beau son sourire à Nao…. Pourquoi avait-il l’impression que ça faisait une éternité qu’il ne l’avait pas vu… Est-ce qu’elles étaient toujours là ? Ses petites fossettes… Déverrouillant l’écran, il pianota rapidement un message sur son clavier… Pour elles, s’il voulait continuer à les voir, ce message valait la peine.

Quelques longues minutes furent encore nécessaire pour qu’il trouve la force de quitter Umberto. Ils étaient resté un petit moment, tous les deux, le chien s’endormant sur ses cuisses au rythme des caresses sur sa tête. Il serait bien resté la nuit tant il n’avait le coeur de le bousculer… et puis là où dans sa chambre… Seulement, il n’avait pas envie de croiser Kô au petit matin et se justifier.
Laissant Umberto rejoindre son panier, Mikio rejoignit sa chambre non sans un dernier au revoir. Sans même cherché à envisager le lit, le chanteur se changea pour se diriger immédiatement à sa fenêtre où il s’y percha. Laissant l’air frais caresser son visage, il positionna les écouteurs dans ses oreilles et enclencha la musique. Il poussa un long soupire avant de laisser sa tête cogner l’encadrement de la fenêtre tandis que son regard se perdit sur le ciel. Il savait qu’il le chercherait là haut… et ce jusqu’à ce que l’aube efface doucement et cruellement le maigre réconfort que lui offrait ses amies les étoiles tandis qu’elles accompagnaient avec lui ce morceau qui n’était qu’à lui…. Celui qui signifiait que le mot « ami » n’avait depuis longtemps plus sa place entre eux….


Il était peut-être resté quelques dix minutes de plus sous la douche. Il s’était fait violence pour tourner la manette sur l’eau froide et maintenant son corps sous cette cascade glacée. Il en avait besoin. Ca n’effacerait pas les cernes et la fatigue d’une nuit blanche passée à ressasser les mêmes choses, mais ça lui donnerait au moins le courage de s’habiller pour affronter cette journée. Il ne se faisait pas d’illusion. Les pensées ne s’envoleraient pas de sa tête par magie. Les remords continueraient de harceler son ventre et sa poitrine. Son téléphone, il continuerait de le fixer trop longuement sans même se rendre compte qu’il attendait bien trop désespérément un message… L’heure, cependant, il bloquerait moins dessus que d’habitude. Une vilaine appréhension broyait son estomac. Il avait eu trop de temps cette nuit pour se répéter qu’il avait été un con avec Naoki hier. Qu'il avait été trop dur avec lui alors qu’il n’avait aucune mauvaise intention et que c’était uniquement de la faute du chanteur si ce sujet avait été amené sur le tapis. Il devait s’excuser. Il y avait bien trop pensé… seulement quand il avait reçu cette photo de wallaby, il n’avait eu la force de mettre le mot « hier » dans son message…

Avalant son second café non sans une grimace digne d’un gosse, il secoua la tête pour la énième fois dans le but de chasser l’épuisement. Ce n’était pas tant sa nuit blanche qui le terrassait… mais bien le poids de son coeur qui n’avait fait que s’alourdir la veille et chaque fois un peu plus que la dernière fois qu’il avait vu Nao s’éloignait… il lui manquait trop. Atrocement. C’était terrible… Il se sentait perdu sans lui. D’accord, il n’avait pas besoin de l‘absence de Nao pour être paumé ces derniers temps… mais ça ne l’aidait pas. Surtout quand il était assez con pour l’être aussi avec l’étudiant qui n’était déjà pas au meilleur de sa forme.
Un soupire agacé, un parmi la centaine qu’il lâcherait aujourd’hui, s’échappa de ses naseaux et dans un mouvement nerveux, presque au bord de la crise de nerf, il frotta vigoureusement ses deux mains à l’arrière de son crâne en râlant. Il se maudit. Beaucoup. Et ses dents se plantèrent sévèrement dans sa lèvre inférieure pour se punir d’être un tel abruti.
Peut-être que son coeur s’était énervé trop fort pour qu’il soit pris d’un vertige qui l’obligea à se retenir au plan de travail. Le haut-le-coeur qu’il avait ressenti l’avait forcé à baisser son visage blême… sous l’oeil inquiet d’un Umberto qui l’avait rejoint dans la cuisine. Déglutissant avec difficulté, il se reprit tentant de calmer sa respiration un peu affolée - plus parce qu’il s’était fait peur que par véritable mal être - avant de s’accroupir à la hauteur de son fils qu’il caressa doucement : « C’est rien bébé… Papa est juste un con… » Il tenta d’ignorer le regard désapprobateur du chien, sans doute parce que les vilains mots étaient interdits à la maison, et se redressa avant de se diriger vers la laisse qui convainquit Umberto de le suivre d’un pas pressé. « Viens, on va balader. »
Il était probablement celui qui avait le plus besoin de cette promenade. L’air frais, le calme… il devait remettre ses idées en place et vite. Calmer cette colère qu’il ressentait contre lui-même pour mener à bien ce qu’il avait à faire aujourd’hui…


La balade s’était achevée devant cette porte familière. Ils avaient marché longtemps encore une fois et probablement écumé tous les parcs du coin. Si cette escapade faisait d’Umberto un chien comblé de pouvoir gambader librement durant des heures, elle avait surtout été nécessaire au Coréen pour pouvoir remettre de l’ordre dans ses idées. Est-ce qu’il était à présent moins perdu ? Pas réellement. Toutes les questions qu’ils se posaient, toutes ses incertitudes, il les avaient gardées. Pour Naoki… Non, ça n’avait pas changé. L’étudiant était loin de lui et il se confortait de plus en plus dans l’idée que ce voyage n’était pas motivé par des « bonnes » raisons. En tout cas, pas des raisons que le chanteur pouvait accepter. Mais ça n’effaçait pas le fait qu’il s’était quand même comporté comme un abruti avec lui. Le remord ne le quittait pas. Quelle que soit les raisons qui avaient poussé Nao à agir ainsi, il savait qu’il n’avait pensé qu’à son bien.
« Tu devrais arrêter de m’attendre. » Et celle-là ? Celle-là, il ne la comprenait pas. Ou peut-être ne le voulait-il pas. Elle lui avait fait mal. Si mal… Nao ne pouvait pas lui demander chose pareille. C’était aller contre toutes les raisons qui faisaient battre son coeur. « On devrait peut-être essayer de se comporter un peu plus comme des amis… » Ces même raisons qui rendaient cette phrase tout autant insupportable…
Mais à celle-là, il pouvait faire quelque chose. Qu’on ne se méprenne pas, il ne comptait pas réaliser le « souhait » de Naoki, parce qu’il était absurde entre eux. Ils étaient ce qu’ils étaient… peu importe quoi, peu importe s’il n’y avait pas de mot correct pour le définir. Mais ce n’était pas « amis » et Mikio refusait simplement que ça le devienne. Néanmoins, il pouvait au moins essayer d’arranger les choses qui pouvaient être arrangées.
Il lui avait fallu quelques heures pour qu’un déclic se fasse dans sa tête et que ses pas le mènent avec une assurance insoupçonnée devant cette porte. Il n’avait pas pris le temps de ramener Umberto à l’appartement. C’était maintenant qu’il devait être clair. C’était maintenant qu’il devait faire les choses bien.

La vérité, c’était qu’il aurait dû s’y pointer bien plus tôt devant cette porte. Il ne savait toujours pas trop pourquoi il avait laissé trainer les choses… Est-ce qu’il avait eu peur ? Est-ce qu’il avait vraiment voulu essayer ? Peu importe, ça ne servait à rien de se poser la question maintenant quand son doigt avait déjà pressé la sonnette. Maintenant que la porte s’était ouverte sur un visage qui s’était illuminé en apercevant celui du Coréen. « Hey ! Salut ! Alors ça y’est ? Tu as pu remettre de l’ordre là dedans ? » Jin Ah désigna sa propre tête du bout du doigt en souriant. « Oui. » Le problème, c’est que ce sourire sur sa figure… Mikio allait devoir l’effacer.

Son coeur lui faisait horriblement mal à présent qu’il l’avait en face de lui. C’était de sa faute… Il aurait dû le faire depuis le début. Dès ce premier baiser échangé, il aurait dû s’en rendre compte. Il n’aurait pas dû essayer de se persuader que ça irait, que son coeur finirait bien par battre plus vite en sa présence comme il l’avait fait tant de fois avant. Ce n’était pas une chance qu’il avait voulu leur donner mais une illusion grotesque dans laquelle il s’était bercé pour des raisons qui n’étaient sans doute pas plus acceptables que celles qu’il critiquait plus tôt. Une illusion qu’il était amené aujourd’hui à briser… malheureusement, ce n’était pas le sienne qui était la plus douloureuse à casser, mais bien celle de Jin Ah.
S’il devait y avoir un roi des cons, il ne doutait pas qu’il aurait la couronne sur la tête et bien vissée. Il l’avait fait attendre, il s’était fait désirer, il avait abusé de sa patience… Pourquoi ? Pour se rendre compte trop tard qu’il serait incapable de la rendre heureuse. Il aurait pu le comprendre cette fois là aussi, quand dans ce lit, la blonde un peu décoiffée l’avait couvert de ce regard si doux qu’il aurait pu se noyer dans ses yeux… Là, tandis que sa main bougeait trop lentement sur une peau qu’elle s’efforçait caresser tendrement, il avait été frappé par tout cet amour qui en débordait. Oui, là, il aurait dû se rendre compte qu’il ne pourrait jamais lui offrir ce qu’elle désirait… Que cet amour avec lequel elle l’avait couvert et qu’il ne méritait pas, lui ne le destinerait plus à elle…
Peut-être qu’il l’avait déjà compris au fond… mais c’était trop tard qu’il l’avait admis… et désormais, tout ce qu’il allait faire, c’était faire du mal à la seule femme qui ne l’ai jamais réellement aimé. La seule qui, à un moment, avait su vraiment le rendre heureux.



Une idiote, voilà ce qu’elle avait été. Peut-être qu’elle l’avait su dès l’instant où elle l’avait vu sur son palier. Parce qu’il ne l’avait pas rappelé mais qu’il était venu directement la voir… Peut-être… Qu’est-ce qu’on s’en foutait non ?
Elle ne savait même pas si elle devait lui en vouloir… Pourquoi ? Pour lui avoir dit la vérité … ? Il n’aurait pas pu lui dire ce soir là, au bar ? Parce qu’il le savait déjà à ce moment là, n’est-ce pas ? Ce soir-là… Elle l’avait vu. Il l’avait à peine regardé et elle n’avait presque jamais vu de véritables sourires sur sa figure…. Elle n’avait pas été capable d’en déclencher un seul. Même ce baiser qu’elle lui avait donné, il était stupide. Lui en vouloir ? Alors qu’il ne l’avait jamais forcé et qu’elle avait elle-même coupé court à la conversation… Qu’elle s’était donné du temps à elle et non pas à lui…
Elle n’était qu’une idiote.

Leur histoire, elle s’était terminée il y a 10 ans déjà, sur cette plage. Ce que Mikio lui avait dit c’était qu’il souhaitait penser encore à elle comme une jolie histoire. Qu’il ne voulait pas la gâcher en la faisant souffrir, ni ternir cette image par une distance qu’il était bien incapable de combler et des sentiments qu’il ne parvenait pas à lui retourner. Il ne voulait pas détruire ce qui semblait cher à son coeur autant qu’au sien.
Non, elle, c’était différent. Elle s’en rendait compte aujourd’hui qu’elle n’avait jamais tiré un trait sur cette histoire. Oui, le problème, c’est qu’elle, elle ne l’avait jamais vraiment oublié. Elle était resté bloquée 10 ans en arrière… Leurs attentes n’avaient pas été les même quand elle, elle avait voulu… beaucoup trop. Sa première histoire d’amour, elle ne pouvait cependant pas la récupérer. Mikio avait changé. Il n’était plus cet adolescent qui lui jouait de la guitare sous un arbre ou qui l’emmenait le soir sur la plage en la couvrant de sa veste pour ne pas qu’elle prenne froid à cause de l’air marin… Ce n’était pas que ce garçon si gentil et attentionné dont elle avait été tant amoureuse n’existait plus… mais lui, il avait grandi. Il avait avancé.
Elle aurait dû le comprendre dès l’instant où elle l’avait revu. Et quand ils avaient échangé ce baiser la première fois… l’hésitation qu’elle avait ressenti, elle la comprenait maintenant.

Aujourd’hui, elle savait. Si elle n’en souffrait pas moins, que Mikio lui ai dit ne[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] lui laissait plus aucun doute. Elle n’avait plus à courir après une histoire qui était terminée. Pour de vrai. Désormais, le trait qu’elle tirerait dessus serait définitif et elle aussi, elle pourrait à présent avancer.
Peut-être qu’elle éviterait Odaiba un moment… Le temps pour son coeur, non pas d’oublier, mais de guérir. C’était tellement dur d’abandonner une histoire qui vous collait à la peau depuis tant d’année… Mais ce qu’elle souhaitait à présent pour plus tard, c’était qu’elle aussi, bientôt, elle pourrait sourire en pensant à Mikio comme d’une jolie histoire qu’ils avaient partagées…

— I'M MADE IN ITALIA —
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     Sam 14 Jan - 11:53
Between me & you. NAOMI;
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« Ah, voilà la mienne ! » en même temps, c'était la seule valise avec autant de stickers collés dessus... même celle du gamin qui était passé 10 minutes plus tôt ne lui arrivait pas à la cheville. La valise de Kotani Ren, ça ne pouvait être que celle-là et on ne pouvait pas la louper.
Resserrant la main sur la poignée de la sienne, il avait replacé correctement sa guitare sur son dos avant de prendre la direction des contrôles sur fond de paroles renesques « Tu sais, même si je regrette que ce soit passé si vite, je suis quand même content de rentrer dans le fond. Maiko m'a manqué, un peu Yasuo aussi mais pas trop Minoru. » tournant la tête pour regarder son ami, il lui avait souri sans faire de commentaires. Il le savait bien que l'ensemble de sa famille lui avait manqué. Et il ne doutait pas non plus que tous attendaient son retour. Oui, même Minoru devait avoir hâte que son grand frère maltraite à nouveau sa dernière coupe de cheveux « T'es sûr que tu veux pas manger avec nous ce soir ? Tu peux rentrer après ou même dormir à la maison. » c'était la cinquième fois qu'il lui demandait s'il comptait correctement. Et pour cette fois-ci, il s'était contenté de secouer la tête. Oui, il était certain de vouloir rentrer... même si... c'est vrai, il appréhendait un peu.... Il  ne savait pas vraiment ce qu'il allait retrouver et il ne pouvait pas empêcher à cette boule dans son ventre de le torturer.

Il avait promis qu'il rentrait. Le matin même, il avait envoyé un message à Mikio pour dire qu'il était bien à l'aéroport. La veille, ils s'étaient appelés et leur conversation avait ressemblé à celles qu'ils avaient eues depuis cet appel Skype.
Il avait raconté sa journée, ils avaient discuté un peu, il n'avait plus fait d'écart. Depuis ce fameux soir, il mettait même plus d'efforts, un peu plus d'entrain. Il ne lui avait pas dit qu'il lui manquait, Mikio ne lui avait plus dit non plus, et évidemment il avait gardé les mots "je t'aime" pour lui. Malgré tout ce que Mikio avait pu dire en somme, il s'efforçait de jouer le rôle d'un ami... de l'italien aussi. Malgré tout ce que Mikio avait pu lui dire... il s'obstinait à toujours voir ce futur pour lui....
La fin du séjour s'était passée comme le début. Calme à la façon Kotani ... enfin presque. Ça, c'était sa propre version officielle parce qu'il faisait comme si rien ne s'était passé le matin qui avait précédé cette nuit où il avait probablement trop parlé à Mikio.
Il se souvenait être rentré à l'aube à l'hôtel après avoir erré un peu au hasard. Il se souvenait même être monté dans sa chambre en pensant prendre une douche avant de rejoindre Ren, malgré la fatigue et les migraines. Mais il ne se rappelait plus que son ami l'avait rejoint et qu'il s'était effondré. Au moins, il s'était reposé ce jour-là. Ren avait fini par accepter de le laisser seul et il avait fait du mieux qu'il avait pu pour récupérer un peu.

Si aujourd'hui il se sentait mieux... c'était une autre question.
La veille, ils n'étaient pas sortis tard et il avait fait de son mieux pour se reposer. Parce qu'à partir de ce soir, il veillerait à nouveau. Ce n'était pas grave. Vraiment, ça ne le dérangeait pas. En fait, malgré tout ce long discours sur l'amitié, il avait hâte de retrouver son lit. Il espérait pouvoir "dormir" avec Mikio cette nuit. Veiller sur son sommeil entouré par son odeur... qu'est-ce qu'il avait hâte de la retrouver son odeur... qu'est-ce qu'il avait hâte de pouvoir le voir en vrai plutôt qu'à travers un écran... il lui manquait tellement que cette douleur rendait confuses toutes les bonnes résolutions
Alors oui, il était certain de ne pas vouloir manger chez Ren et passer la nuit là-bas.

Récupérant son passeport, il s'était retourné quelques secondes plus tard en sentant la main de Ren se resserrer sur son avant-bras. A son hésitation, il avait compris que son aîné avait quelque chose d'important à lui dire et il lui avait désigné un endroit quelques pas plus loin pour ne pas déranger les gens. Voir une nouvelle hésitation dans le regard de Ren l'avait inquiété, ce n'était pas son genre mais il ne lui avait pas forcé la main. Il avait attendu quelques secondes de plus avant que son ami s'exprime d'un ton qu'il ne lui connaissait pas « Nao... y'a un truc que je voudrai te demander... » pinçant ses lèvres, le Kotani avait semblé formulé des mots dans sa tête et il avait tenté de l'encourager de son côté « Je t'écoute.... » il ne savait pas ce que Ren voulait lui demander, mais il avait vu passer de la tristesse dans ses yeux ... ce n'était probablement pas en rapport avec l'autre jour, parce qu'il lui avait accordé de ne plus en parler et ils n'en n'avaient d'ailleurs plus parlé. Ren lui avait bien demandé s'il se sentait mieux le soir, il avait répondu oui et ils avaient changé de sujet. Non, c'était autre chose... « J'sais pas... j'me demandais si tu... » sa phrase s'était stoppée là et le Kotani avait détourné les yeux, prêt à renoncer « Ren... dis-moi.... » il pouvait non ? Dans le pire des cas, il ne répondrait pas et ils passeraient à autre chose. Ou il lui mentait... selon... ça marchait souvent comme ça ... « Non laisse, j'me fais des idées... » et il s'était tourné, prêt à repartir. Sa bouche s'était bien ouverte de son côté mais aucun son ne l'avait franchi avant que Ren ne change de sujet en retrouvant le large sourire qu'il lui avait toujours connu... à l'exception que celui-là était forcé... il l'avait été les premières minutes en tout cas « N'empêche que j'regrette un peu de pas avoir ramené ma planche de surf ! » il aurait pu insister, lui demander mais à la place il avait fait ce que Ren faisait pour lui d'habitude, il avait respecté son souhait de ne pas parler « Pense à Yasuo ! » le sourire de Ren s'était faussement élargi quand il s'était tourné vers lui, il avait encore beaucoup à apprendre... « Je sais, je veux vivre mais quand même... juste pour sa tête ! Touiceless ! » arquant un sourcil, il n'avait pas pris la peine de corriger son anglais, il l'avait suivi dans les formalités et tout était bientôt rentré dans l'ordre.

Ren ne s'était pas fait remarquer... enfin pas trop, et ils en avaient terminé avec les passages obligatoires. Il n'avait pas fouillé le hall du regard. Ren l'avait fait. Lui... il n'avait aucun intérêt à ce que son regard parcoure la foule... parce que ce n'était pas le visage qu'il avait envie de voir qu'il y trouverait. Bien sûr, il pouvait se l'imaginer fort que Mikio était venu le chercher, mais le coréen ne s'était pas proposé et il n'avait pas non plus demandé. Il le retrouverait à l'appartement et dans le fond c'était probablement mieux. Malgré cette boule dans son ventre, les battements de son coeur lui indiquaient qu'il avait hâte... il voulait le retrouver....
Non, ces 10 jours n'avaient pas passé vite en réalité.
« Yasusuuuuu ! » il lui avait bien semblé, même de loin, entendre Yasuo reprendre son cadet. Sa tête s'était relevée pour repérer le chef Kotani et il avait regardé Ren se diriger vers lui... oui, il venait bien de lui faire un câlin auquel Yasuo avait répondu de quelques claques dans le dos. Et si l'aîné Kotani avait l'air gêné, il avait également ce léger sourire sur les lèvres quand celui de son cadet était beaucoup trop radieux.
Ren lui avait manqué. C'était quelque chose qu'il ne pourrait pas nier en étant crédible.
Discret, il n'avait pas interrompu les retrouvailles, il s'était simplement avancé et avait attendu que Yasuo le regarde pour le saluer. Une félicitation, ça avait été sa réponse, ils n'avaient pas terminé en prison et revenaient même entier, c'était assez beau pour qu'il le souligne :

« Jte jure, un kangourex ! » et c'était donc le kangourex qui l'avait remporté, à peine ils s'étaient retrouvés à l'air libre que Ren s'était mis à raconter cette histoire. Ce serait donc les pokemon avant le surf « Ah att... » sa main n'avait pas eu le temps de se tendre vers sa valise ou même de terminer sa phrase, Yasuo avait déjà chargé son bagage dans la camionnette et se retournait vers lui dans un "quoi ?" uniquement visible sur sa tête « Je peux prendre un taxi. » oui, il y en avait des tas ici et ce n'était pas comme si c'était contraignant. « Lol » détournant les yeux vers son ami, Yasuo lui avait pris son bagage à main sans faire de commentaire de son côté « m. d. r. » ...... « X... p.t.d.r. » .... Yasuo et lui ne s'étaient échangés qu'un regard avant de porter leur attention sur le kangourou qui venait d'ouvrir la portière pour monter à l'intérieur « ... ça va, c'est rien, il fait ça depuis qu'il a appris l'alphabet. Tu me passes ta guitare ? » quelques secondes de plus, il l'avait regardé avant de hocher la tête. ça va, il avait compris, pas de taxi.
Il avait fini par retirer sa guitare pour la caler lui-même à l'arrière avant d'être attiré par le « Je t'ai gardé une place à côté de moi Jermano ! » oui, bon, l'espagnol aussi ce n'était pas trop ça.... Il s'était pourtant mis en tête de l'apprendre et de le parler dans le but de rencontrer le demi-frère de sa soeur, alias Kô. Il s'était également mis en tête de lui faire tout un speech sur qui est ton bff, #j’aiunadmirateursecret, et pourquoi il se trompait probablement sur les dires Kotanien parce qu’il ne savait plus trop qui lui avait dit que le prénom de son meilleur ami devait commencer par la lettre J, ou F à part s’il était né en février là ça pouvait être un P…., mais allez faire entendre raison à un Ren vous… allez comprendre un Ren !
Après avoir fait glisser sa portière et mis sa ceinture, son attention n'avait eu le temps de se porter sur la fenêtre que pour quelques secondes avant que... avant le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

« ..............................................»
"Non, vraiment, je peux prendre un taxi...". Oui, insister semblait être une bonne idée dans un monde où la main de Yasuo ne se tendait pas rapidement vers le bouton pour éteindre la musique sous les protestations de Ren bien sûr… rythmées à chaque fin par des « Non. » ou des « Toujours non. » de son aîné. Ce manège-là avait bien duré au moins cinq minutes... avant quelques pauses. Evidemment, Ren insisterait à nouveau pendant le trajet. Ce bouton pour remettre la musique était une trop forte tentation pour lui. Une tentation plus forte encore sous le manque d'envie évident de son aîné d'entendre du disney (toujours pas du disney).
« Naoki ? Tu sais, pour ce que je t'ai dit avant de partir... » quittant la fenêtre, son regard avait retrouvé Yasuo. Le poing fermé, le Kotani l'avait passé un instant sur ses lèvres, ne quittant pas la route des yeux de son côté. Il savait de quoi il voulait parler... oui, ils étaient probablement supposés en parler malgré la réticence d'un Ren qui semblait se tenir prêt à intervenir si son aîné avait le malheur de ne pas mâcher ses mots « ça sert à rien de m'expliquer. Je crois que je comprendrai pas de toute manière. Je pratique le Ren depuis des années mais le Naoki c'est un level au-dessus. » à la recherche de mots à répondre pour Yasuo, il n'avait pas eu le temps d'en formuler un seul « J'veux juste... Ren fait assez de conneries tout seul, l'entraîne pas trop dans ta merde ok ? Tu sais comme il est... » cette fois, sa bouche s'était ouverte, il comptait bien s'excuser à défaut d'être capable de s'expliquer mais Ren avait décidé de clore le débat à sa manière « Adorable, mignon, craquant, irrésistible... oh irrésistiblement drôle aussi, futé, unique en mon genre, attendrissant, sentimental... » enfin, c'était plutôt la claque à l'arrière de son crâne administrée par Yasuo qui avait terminé cette conversation... ou presque … « Chaleureux, ponctuel, déterminé et déterminant, attirant, ... »

-- 95 adjectifs plus tard --

« ça fait bizarre… je m’étais habitué… Yasu, on peut pas le garder ? » Ni Yasuo ni lui n’avaient répondu, sans qu’il n’ait le temps de faire quoique ce soit, le chef de famille avait tiré ses valises du coffre avant de prendre la direction de l’immeuble « Attends, je vais… » te regarder bêtement ouvrir la porte du pied et la bloquer dans un « Tu t’amènes ? J’sais pas où t’habites ! » rapidement, il avait placé l’étui de sa guitare sur son dos « Oui, fais juste gaffe à Sharky ! ».
« Sharky ? » c’était à peu près l’interrogation dont Yasuo avait dû se contenter. Seulement si la concierge était bien sortie dès la porte passée, et si son attention s’était aussitôt portée vers le locataire du coin pour lequel elle avait probablement des pensées impures, elle n’avait pas prévu le vent kotanien, ou plutôt la tornade Renesque. Alors il avait suffi d’un « Ren, je te présente ma concierge. Elle est fan de pokemon ! » pour passer Cerbere.
Oh comme c’était petit. Comme c’était démoniaque.
… mais malin. Et sur ce coup-là, il était plutôt en confiance, assez pour dire dès le premier palier à Ren qu’il l’appelait dans la semaine. Quand Yasuo redescendrait, il serait probablement le sauveur de Sharky et non de son petit frère.

Mais maintenant qu’il était là, devant sa porte, face à Yasuo qui avait déposé ses valises à ses pieds avant de le saluer d’un « file droit » et d’une main hésitante qui avait tapoté son épaule une brève seconde pour ensuite reprendre la direction des escaliers.
Maintenant qu’il y était… il avait hâte de la pousser cette porte oui… et pourtant il l’avait noté que sa main tremblait légèrement… peur aussi, mais rien qu’un peu…..
Qu’est-ce qu’il voulait au juste ?
… pousser cette porte, que Mikio le salue comme un ami malgré son refus de se comporter en tant que tel ?
Ou rentrer… le serrer dans ses bras en espérant qu’une étreinte aussi forte qu’il en rêvait lui réponde ?
… est-ce qu’il voulait que son vœu se réalise ou bien que son rêve dure encore un peu ?
Sa main serait encore figée sur la poignée s’il n’avait pas entendu gratter derrière la porte, s’il n’avait pas entendu ce pignement suppliant qui l’avait obligé à obéir ou presque.
Il avait encore fallu qu’il sorte ses clés pour abréger les souffrances de son fils qui ne lui avait même pas laissé le temps de rentrer de son côté.
Ça avait pris quoi ? Trois sauts ? Peut-être quatre ? Pour qu’il se laisser tomber assis sur le sol et laisse Umberto l’attaquer pleinement avec affection. Comment résister à un chien si mignon qui, toujours en pignant, vous offrez la plus belle des fêtes. Prenant son chien contre lui malgré son agitation, il l’avait laissé lui administrer des coups de langue entre la morale de l’avoir abandonné et la joie de le retrouver « Mon bébé… tu m’as tellement manqué. Moooow oui t’es beau… ah… attends… d’accord, ça va… » oui, son discours italien n’avait plus ressemblé à grand-chose sous les attaques incessantes d’un chien déterminé à lui offrir le bonjour qu’il préparait depuis 10 jours. Pour le calmer ça lui avait pris dix bonnes minutes de papouilles dans le couloir. S’il avait compris que personne ne se trouvait à l’appartement, il avouait avoir guetté l’entrée les deux premières minutes pour finalement accorder à Umberto toute son attention.
Ils devaient être au travail…  oui, c’était probablement ça… simplement, il lui avait semblé que Mikio….
Peut-être qu’on l’avait appelé et qu’il n’avait pas eu le temps de le prévenir… ou peut-être qu’il était avec Jin Ah et qu’il n’avait pas vu l’heure.
Oui… c’était peut-être ça, c’était bien ça pour lui. Ça voulait dire que…
… rien… ça ne me regarde pas.

Il avait dû sembler triste pour qu’Umberto redouble d’attaques. Ou alors, les caresses s’étaient faites plus rares probablement. Le chien avait en tout cas décidé de se montrer davantage excité, et même s’il se mordait toujours la lèvre, il s’était appliqué davantage à lui donner l’affection qu’il réclamait
Son cœur finirait bien par se desserrer. Coupable pour l’autre jour, triste… rien qu’un peu… parce qu’il devrait patienter encore un moment pour le revoir mais c’était bien… secouant sa tête une fois de plus pour chasser cette pensée, son visage s’était perdu dans le cou de son bébé pour l’attaquer d’une avalanche de bisous à son tour « Tu veux pas qu’on rentre bambino ? On sera mieux à l’intérieur et papa pourrait se faire violer par Sharky s’il reste trop dehors. » des fois, on avait presque envie de donner raison à l’italien qui prétendait que leur fils canin comprenait tout du moment qu’on lui parlait dans sa langue natale. Parce qu’à ces mots, le chien ne s’était pas fait prier pour rentrer à l’intérieur et son père n’avait eu qu’à se relever et traîner ses valises pour le suivre.
Refermant la porte derrière lui, il avait amené ses bagages jusque dans sa chambre, suivi par un Umberto et n’en n’avait ouverte qu’une seule avant de revenir au salon.
Un jouet… ok, deux… bon trois ou quatre approximativement, une couverture pour son panier et une nouvelle gamelle… non, franchement, il ne l’avait pas trop gâté son chien. Il avait juste trouvé le moyen de se faire juger par Ren ! Après le déballage des cadeaux, oui il avait pris la peine de les emballer et alors !, il avait laissé Umberto avec un kangourou en plastique que ses dents se plaisaient à maltraiter et avait pris la direction de leur chambre.

Il ne s’attendait pas vraiment à y trouver Mikio, il ne venait rien chercher de spécial… du moins aucun objet. Ce qu’il voulait avait beaucoup plus de valeur à ses yeux et il n’était pas capable d’attendre que Mikio revienne pour se l’offrir.
Il s’était laissé tomber dans le lit et son visage avait cherché une odeur dans un oreiller… il avait cherché à s’enivrer, le plus possible, et ses bras avaient fini par resserrer l’oreiller de Mikio tandis que son nez se perdait dans le sien… il sentait Mikio aussi… juste rester là pour l’attendre, c’était une idée tentante que lui avait refusé Umberto en poussant la porte de sa patte. Parce que Papa Michan n’était pas là, il avait osé sauter sur le lit pour venir s’allonger contre Papa Rital avec ce petit air de « s’il te plait » sur le visage  « Bambino… tu sais que tu dois pas être ici… » quoi ? Lui ? Il allait faire preuve d’autorité envers son fils ? « Je dis rien à papa Michan si tu lui dis rien non plus ok ? » d’un coup de langue son fils avait accepté l’accord avant de venir chercher sa main de sa truffe pour l’encourager à le caresser. Il ne s’était pas fait prier… « Bambino mio… tu sais sur une échelle de 1 à 100 combien tu m’as manqué ? 12 000 ! … bon ok, plutôt 100 000. Et moi, je t’ai manqué un peu ? Tu sais quoi ? Papa reste un peu là, prend une douche, un café et tous les deux on se regarde un film, tu veux ? » un autre coup de langue et un soupir qui tenait du rire lui avait échappé « Je prends ça pour un oui. Je suis désolé, j’aurai voulu te promener… on ira demain d’accord ? » Gaga ? Lui ? Noooon… ou alors rien qu’un peu. Mais comment on pouvait résister à Umberto ? « Papa t’aime fort ! » On ne pouvait pas, on cédait c’est tout.

Et il lui avait cédé de nombreuses caresses avant de finalement se résoudre à faire autre chose. Il avait besoin d’une douche. Il pourrait toujours prendre l’oreiller de Mikio pour le regarder ce film.
On ne ferait aucun commentaire sur ce t-shirt subtilisé et ramené dans son sac pour l’emmener à l’hôtel le lendemain. Personne n’avait rien vu… Sauf Umberto auquel il avait adressé un signe de chut et un clin d’œil.
Après une douche rapide et fraiche, il avait enfilé des vêtements propres et n’avait pas pris la peine de se sécher les cheveux en quittant la salle de bain « Je prends mon café et je viens. Tu n’as qu’à choisir le film en attendant. »
Un chien Naoki, Umberto est un chien !
Oui… et ?

Le cas désespéré avait pris la direction de la cuisine et s’était préparé un café. Passant une main à l’arrière de son crâne, il avait machinalement replacé ses cheveux humides avant de laisser son regard se perdre sur le liquide qui coulait dans sa tasse.
Ce serait sans doute pas mal qu’il se force à avaler quelque chose avec ça. A ce niveau-là, il n’avait probablement pas fait beaucoup d’efforts… probablement parce qu’il se forçait à avaler un yaourt ou encore un fromage à public enfantin devant Mikio au moins une fois de temps en temps. Ou alors parce que l’appétit, il l’avait encore moins quand Mikio n’était pas là.
Mais il avait mangé quand même… un peu… il avait dormi aussi… du mieux qu’il le pouvait…
Tirant la tasse de café vers lui, il avait peut-être fait un vague bilan des efforts produits au cours de cette dizaine de jours. Il faisait au mieux et de son mieux, ça avait été sa conclusion en amenant la tasse fumante devant ses lèvres.
Il s’en sortait bien… vraiment, il méritait presque des félicitations pour promesse accomplie….. Mais maintenant, il n’avait pas perdu une seule seconde de plus dans ce thème, son esprit avait divagué vers celui qu’il s’efforçait de ne pas avoir l’air de trop attendre….

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     Sam 14 Jan - 20:58
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Between me & you


Est-ce que l’heure tournait au ralenti ? Ou bien était-ce parce que Mikio la fixait trop souvent. Il laissait de moins en moins le temps à la grande aiguille pour faire le tour du cadran avant de reposer ses yeux dessus. Les minutes semblaient durer des heures. Il avait l’impression de revivre cette même pénible journée interminable… sauf que cette fois, ce n’était pas un appel qu’il attendait. Il avait eu son message ce matin, mais d’un genre différent… d’un genre qui rendait le temps cruel.
Naoki rentrait aujourd’hui. Ce n’était plus qu’une question d’heure. Peut-être même de minute.
Enfin. Ce séjour touchait à son terme… Il savait qu’il aurait normalement dû de sentir peiné pour Naoki. C’était toujours triste la fin des vacances… mais ce n’était pas le cas. Ca n’avait rien de vacances ordinaires, aussi fort l’étudiant avait-il bien voulu lui faire croire. Et même si le Coréen avait souhaité adhérer à sa version… ça n’en restait pas moins une véritable torture de son côté. C’était un exploit qu’il ait réussi à survivre à ces dix jours… Un exploit qui n’avait possible uniquement par la foi qu’il avait mis dans cette phrase. « Je t’attends ». Il n’attendait pas pour rien. Peu importe les mots que Nao avait employé - en vérité, ils étaient loin de lui importer peu seulement… avait-il le choix pour tenir ? - il s’était accroché à sa promesse. Nao allait rentrer. Et c’était aujourd’hui.
Oui, et il n’était pas le seul à s’impatienter. Umberto aussi avait bien trop hâte que son second papa revienne. Mikio avait beau tout faire pour occuper le chiot, lui donner beaucoup plus d’affection que d’ordinaire, faire de longue balade et même lui avoir acheter un nouveau jouet … Ca ne comblerait jamais l’absence de celui qui l’avait sauvé et adopté. Le chanteur le voyait  bien : le chien commençait réellement à se languir au point de couiner de plus en plus souvent sans raison apparente dans le salon. Mikio pouvait bien le rassurer autant qu’il le pouvait… il souffrait tous les deux de ce vide à l’appartement. Et aussi idiot cela pouvait-il paraitre, si lui cherchait à consoler Umberto, ce dernier avait beaucoup aidé son papa en retour. Bien sûr, il y avait Kô aussi. Il n’oubliait pas son précieux ami mexicain seulement, à Kô, il ne pouvait pas tout lui dire. Non, il ne pouvait clairement pas lui parler de cette boule qui s’était logée dans son ventre depuis quelques jours. Cette culpabilité qui l’avait rongé trop sûrement jusqu’à en troubler un peu plus son sommeil déjà catastrophique…

Il s’en voulait pour tellement de choses… Jin Ah. Il ne regrettait pas ce qu’il avait fait ce jour-là. Loin de là. Il s’était montré honnête avec elle et son seul regret avait été de ne pas l’avoir fait plus tôt. Il lui avait fait du mal inutilement parce qu’il avait été trop idiot… Et comme le crétin qu’il était, avoir réglé ce problème, pensait-il bêtement, lui donnait le droit de ne plus penser à certaines choses problématiques… Il repoussait ces questions. Il éludait des zones qu’il n’était pas prêt encore à éclairer. Mais au moins, ça n’entrait plus en conflit avec une possible relation. Il ne risquait plus de blesser une personne à laquelle il tenait…
Ou pas. Ca ne l’avait pas empêchait d’être un véritable con avec Naoki. Il y pensait tous les jours. Ça n’avait pas quitté sa tête… tous ces mots qu’ils avaient échangé, ce regard qu’il avait perçu, cette hésitation et cette fin de discussion avortée…. C’est vrai qu’ils s’étaient rappelé ces derniers jours. Ca s’était bien passé. Du moins en apparence…. Mikio ne savait pas ce qu’il devait penser de ces conversations. De cet entrain dont avait fait preuve Naoki… Il ne savait pas si c’était lui qui cherchait aujourd’hui du faux partout et à tout prix au point de virer parano… Il s’en voulait de plus savoir ce qu’il devait distinguer, de perdre de vus certaines priorités… Bien sûr il n’avait pas oublié l’état dans lequel il avait laissé Nao. Ca aussi, il y pensait bien trop et c’était toujours la principale raison de cette angoisse qui ne l’avait pas quitté depuis que son cadet avait pris l’avion. Néanmoins, durant leur dernier appel, il ne savait même plus s’il essayait de discerner la fatigue chez son protégé ou une quelconque pointe douleur qu’il aurait lui-même provoqué …
Il n’était qu’un idiot. Avoir été honnête avec Jin Ah n’avait pas fait disparaitre tous ses problèmes. Ca ne l’avait pas rendu moins inquiet pour Nao.. et ça ne l’avait pas rendu plus honnête envers lui-même…

Mais malgré l’appréhension il ne pouvait ignorait la hâte qui lui faisait concurrence. Et qui gagnait en vérité largement. S’il fixait trop cette aiguille au point de retenir parfois bêtement sa respiration, s’il avait peur, il crevait surtout d’envie de le revoir… Le manque était devenu insoutenable. Il avait tellement besoin de le voir devant lui, de constater qu’il allait bien - au mieux … -, de se rassurer de sa réelle présence… de lui parler, le toucher, le sentir…. Dès l’instant Nao passerait cette porte, Mikio aurait-il au moins un minimum de retenu ?
« On devrait peut-être essayer de se comporter un peu plus comme des amis… »
Il n’avait pas oublié bien sûr. Elle lui avait tourné tellement de fois dans la tête cette phrase… et elle n’avait jamais cessé de lui serrer le coeur. Est-ce qu’il en serait capable ? Se montrer raisonnable comme le souhaitait Nao… En serait-il seulement capable ? Son coeur connaissait déjà la réponse. Mais alors… Est-ce que Nao le repousserait ? Si jamais son coeur prenait le pas sur la raison…. Quelle serait sa réaction ? A tous les deux…
C’était peut-être mieux si Nao le repoussait. Il ne voulait même pas penser à tout le mal qu’il ressentirait, seulement… c’était peut-être la seule façon de lui faire renoncer à s’entêter… S’il sentait que c’était vraiment ce que voulait Naoki alors… peut-être qu’il deviendrait moins con….

Appuyé contre le plan de travail, Mikio avait lancé sa canette de soda vide dans la poubelle après l’avoir péniblement terminé. Un jet habilement réussi et dont il se serait probablement flatté si son estomac n’était pas si noué. Ca ne servait à rien de stresser. Ni de fixer l’entrée comme ça. L’heure approchait mais il avait encore un peu de temps, il n’avait pas besoin de faire de l’apnée jusque là. Il avait encore un peu de temps pour essayer de se rassurer, se dire que tout irait bien et que lorsque Nao passerait la porte, leur retrouvailles se feraient naturellement… Il allait…

*Sonnerie*

Le coeur du Coréen fit un bond à la vibration de son téléphone. Il s’en saisit immédiatement. Et si c’était Nao ? Est-ce qu’il y avait un problème ? Son ventre se noua davantage. Non, il ne devait pas commencer à s’imaginer les pires scénario… Ni les plus inadmissibles, ni les plus douloureux… Nao n’était pas coincé quelque part, son avion n’avait pas problème ou de retard, et il allait rentrer. Oui, il allait rentrer..
Déverrouillant enfin son écran, son regard se porta sur le prénom qui s’affichait et qui n’était pas celui de Naoki. Kana. C’était une amie d’enfance qui vivait juste à côté de chez Mamie… Elle était un peu…spéciale, mais pas méchante. Quoique fatigante… Qu’est-ce qu’elle lui voulait ?

« Allo ? »
« Mikio ? J’crois qu’on essaie de cambrioler ta grand-mère ! »
« Hein ?! Qu’est-ce qu-… »
« Faut que tu viennes tout de suite ! J’vais essayer des les arrêter en t’attendant mais dépêche toi ! »
« Q-Quoi ? Mais Kana ? T’es sûre ? Attends, ne fais rien de stupide… Mamie est à la maison ? T’as appelé la police ? »
« …. où est-ce que j’ai foutu mon pied de biche moi… »
« …. !!! KANA ! Laisse ça !! J’arrive ! Ne fais pas de conne- … »
« Tuuuuuuuuuut »
« … rie… »

La tonalité lui indiqua qu’elle venait de raccrocher et la main de Mikio vint immédiatement claquer son front dans un bruit douloureusement sonore.  « Eh merde, c’est pas vrai… » Il n’avait pas le temps d’en avoir le coeur net. Ce n’était pas le moment mais il ne pouvait décemment pas laisser faire Kana. Soit elle allait se créer des problèmes et risquait de blesser quelqu’un, soit elle allait réellement se mettre en danger… dans quel cas, sa grand-mère l’était aussi peut-etre. Il ne voulait pas prendre le risque d’attendre la confirmation des policiers… Dans un soupir, exaspéré par la tournure des évènements, il attrapa ses clés et se précipita hors de l’immeuble pour rejoindre la voiture. Rapidement, en maudissant sa poisse légendaire et en priant pour que personne ne soit blessé et surtout pas Mamie, il conduisit jusqu’à Edogawa. Tout au long du trajet, ses dents avaient torturé sa lèvres… Il n’aimait pas partir comme ça, pas maintenant… mais il était incapable de laisser tomber sa grand-mère.
Jetant la voiture devant la maison, prenant à peine le temps de constater qu’il n’y avait aucun véhicule suspect alentour, ni policier, le chanteur sorti en trombe du véhicule. Il chercha également rapidement sa voisine des yeux mais ne la vit nulle part. Dans une inspiration déterminée, résolument prêt à en découdre si besoin, il courut jusqu’à l’entrée qu’il ouvrit en s’exclamant : « Mamie !! Kana !! Tout va bi-….! »
………
Non, il ne venait pas de se faire assommer. Il venait simplement de débarquer dans le salon de Mamie où cette dernière était tranquillement assise sur un petit coussin, autour de sa petite table basse, en compagnie de Kana qui sirotait paisiblement un thé sans doute préparé avec beaucoup d’amour pas la maitresse des lieux, non sans son précieux pied de biche reposant tranquillement à côté d’elle.
« …….. »
Si elles venaient toutes deux de tourner un visage étonné vers celui qui venait de débarquer comme un fou furieux dans la pièce, elles lui offrirent tout aussi gentiment un sourire accueillant et chaleureux. Un sourire accueillant et chaleureux qui n’avait RIEN A VOIR avec la situation alarmante dans laquelle il était supposé les trouver.
Il aurait probablement dû être soulagé. « C’est une blague ? » Oui peut-être qu’il l’était un peu au fond… très au fond. Relativisé, oui oui… En décochant un regard furibond à la demoiselle qui continuait de lui sourire comme une idiote. « Ne me dis pas que… »
« Si ! Fausse alerte ! En fait, c’était le facteur ! »
« ……………. »
Rester calme. Oui, il était calme. Si ce n’était ce sourcil qui s’était arqué et cette lèvre qui tressaillait presque de colère. Cette fille… elle devait forcément se foutre de sa gueule, pas vrai ? Néanmoins, sa tension retomba aussitôt que la voix de sa grand-mère se fit entendre, avec cette douceur qui lui était propre : « Excuse moi de t’avoir inquiété mon petit Mistune. Comme je dormais, le monsieur cherchait simplement un endroit pour déposer mon colis… Kana a cru qu’il me voulait du mal, elle a cru bien faire t’appelant… Mais tout va bien maintenant, rassure-toi. »
Un soupire réellement soulagé s’échappa des lèvres du Coréen. La vérité, c’est que la poisse lui collait toujours à la peau et qu’il ne pourrait jamais s’en défaire… Kana en avait déjà fait des bêtises, mais là, elle avait vraiment choisi son moment…

« Rassure-moi, le facteur va bien…? » fit-il, non sans fixer le pied de biche près de la jeune fille.
« Bien sûr ! Pour qui tu me prends ?! » s’indigna-t-elle.
« Pour la tarée que tu es. »

Et il pesait ses mots.

« Oooh ! Allez, je sais que tu m’aimes au fond ! »
« Non. »
« Têtu lui… Allez Mimi, fais pas cette tête, viens boire un peu de thé glacé avec nous ! »
« Arrête de m’appeler comme ça. »

Passant une main désespérée sur son visage, il ignora l’expression boudeuse de Kana. Elle avait un don pour l’agacer, notamment avec des surnoms stupides qu’elle adorait lui donner. Néanmoins, sa patience avait sans doute sauvé la jeune fille plus d’une fois… à moins que son véritable objectif ne soit de le faire véritablement sortir de ses gonds un jour. Il avouait, aujourd’hui, elle y était presque arrivé… Certainement parce que Mikio était déjà à bout de nerf… et que ce n’était pas le moment pour lui de quitter la maison. Pas maintenant et certainement pas pour ça… même s’il était toujours content de voir sa grand-mère, il avait lancé un regard désespéré à l’horloge accrochée sur le mur. Ca devait faire un moment qu’il avait atterri maintenant …

« Elle a raison, » reprit finalement Mamie. « Puisque tu es là, tu mérites au moins que je te serve quelque chose. Ne bouge pas, je vais cherché le thé… » Mais avant qu’elle ne se lève, Mikio lui fit signe de ne pas se donner cette peine. « Non, te dérange pas Mamie, je ne vais pas rester. » La déception sur la visage de sa grand-mère lui serra un peu le coeur, si bien qu’il ajouta aussitôt. « Je repasserais vite, mais c’est aujourd’hui que Naoki rentre. » Et soudainement, les yeux de la vielle femme s’animèrent d’une drôle de lueur et un sourire bienveillant éclaira son visage. « Oh, je vois, d’accord, je ne te retiens pas alors. »
Mikio apprécia la compréhension de sa grand-mère et cette mystérieuse sympathie dont elle faisait toujours preuve quand il parlait du garçon. Le temps pour lui d’embrasser sa chère Mamie qui tint quand même à lui donner un plat qu’elle avait cuisiné le midi, faire un énième sermon à Kana pour lui dire d’être moins stupide et ignorer sa question « C’est qui Naoki ? » avec option répétions, et le chanteur repartait en promettant de revenir très vite…

Une fois arrivé, il n’avait même pas jeté un regard à Sharky qui avait pointé le bout de son nez dès l’instant où il avait passé la porte de l’immeuble. En temps normal, il aurait peut-être lancé « J’ai mon homme à la maison ! » mais ça n’était pas sorti. Tout simplement parce qu’il ne savait même pas s’il avait le droit de plaisanter avec ça aujourd’hui… Alors il avait tracé jusqu’à son étage et la porte de l’appartement.
Il avait marqué une pause. Bêtement sans doute. Peinant à déglutir, son hésitation lui permit au moins de remarquer l’absence d’agitation derrière la porte… Umberto n’était pas là pour l’accueillir. Bravant la vague d’appréhension qui avait gagné un niveau, il avait quand même poussé la porte pour constater à nouveau que le calme régnait. Pour autant, il avait déjà le sentiment que l’appart était moins vide… Et ce sentiment ne fit que se confirmer lorsqu’il fit quelques pas dans l’entrée. Il ne lui en fallut pas plus pour apercevoir sa silhouette à travers l’ouverture de la cuisine. Son coeur loupa un battement. Peut-être plusieurs. A moins qu’il ne donna un coup si fort que son souffle fut coupé et qu’il sentit ses jambes flancher. Non… Il n’allait pas tomber. Il n’allait pas non plus rester planter là… Il avait autre chose à faire. Parce qu’il était là… Naoki était bien dans l’appartement… Cette fois, il n’hallucinait pas… S’il s’avançait, s’il s’approchait, s’il tendait la main… il pourrait le toucher. Sa main ne rencontrerait pas un écran froid et son regard croiserait réellement le sien…
Nao était rentré et paradoxalement, il lui avait jamais autant manqué à qu’à cet instant.

Là encore, il avait peut-être arrêté de respirer. Qu’est-ce qu’il foutait ? Et s’il commençait par dire quelque chose ? Est-ce que Nao l’avait entendu rentrer ? Si ce n’était pas le cas, Umberto allait bientôt le trahir… Néanmoins, sans réfléchir, sans même s’en rendre compte, ses pas l’avait guidé dans la cuisine après avoir abandonné le plat de sa grand mère sur la table. Lentement, ou peut-être moins qu’il ne l’aurait cru, vraiment beaucoup moins, il avait réduit la distance qui les séparait. Parler, le saluer, lui demander comment il allait, s’il était fatigué, s’il avait fait bon voyage… Il avait cru que tout ça lui viendrait naturellement dès l’instant où il le verrait. C’était peut-être parce qu’il ne pouvait pas voir son visage qu’il ne s’était pas arrêté pour le détailler, peut-être aussi au fond qu’il n’avait pas envie de s’y confronter tout de suite… mais la seule dont il avait été capable de faire, c’était se rapprocher encore et laisser finalement ses bras entourer le corps de son cadet. Dans un battement qui fit écho à ce contact soudain, il resserra immédiatement cette étreinte pour l’emprisonner plus sûrement contre lui, nouant ses mains devant son buste. Sans mot, il avait seulement laissé sa raison de côté, plus rapidement qu’il ne l’aurait cru, et ses yeux s’étaient clos immédiatement.
Nao était bien là. C’était bien lui qu’il serrait à présent dans ses bras… Oui… Et avant il n’émette une protestation, sans doute par crainte qu’il le fasse, par crainte qu’il se tourne et qu’il ne voie plus certainement à quel point il avait été con avec lui, il avait soufflé, à la limite du murmure, une supplication qu’il n’avait pas maîtrisé une seconde :

« Ne bouge pas… s’il te plait… reste comme ça… un peu … »

Il s’était alors rendu compte à quel point sa voix comme ses gestes étaient fébriles. Peut-être que pour cacher les tremblements de ses mains, Mikio avait resserré l’étau de ses bras. Qu’est-ce qu’il foutait ? Bonjour… c’était trop compliqué pour lui ? Trop pour son coeur qui semblait retrouver l’envie de battre à ce contact désespéré. La chaleur de Naoki, l’odeur de Naoki…. Ca, il ne s’était probablement pas rendu compte non plus que son nez avait plongé dans son cou pour retrouver un parfum entêtant qui lui avait terriblement manqué…
Comme tout chez lui… Absolument tout…
Est-ce qu’il comptait l’étouffer en le serrant un peu plus fort encore ?
Il n’y pouvait rien. C’était comme s’il s’accrochait désespérément à lui… comme s’il craignait que soudain, Nao ne s’envole, ne disparaisse, qu’il ne soit un mirage et que les mots que Nao lui avait dit et lui avait fait tant de mal, prennent alors tout leur sens….


    
 
Between me & you - ft. Naomi ♥
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