wake me up when... + HAROON ♡

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     Lun 26 Juin - 23:15

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Summer has come and passed. The innocent can never last. Wake me up when September ends, ring out the bells again like we did when spring began


Le son des instruments médicaux le sortirent d'un lourd sommeil. Son cœur battait étonnamment vite. Ses yeux cherchaient autour de lui sans savoir exactement quoi. La panique commença à l'envahir. Où était-il ? Rapidement, son cerveau passa en revue ce qu'il savait. Il s'appelait Kamiya Haruto... Et au final, à bien y réfléchir, c'était la seule chose dont il était à peu près sûr. Où se retrouvait-il ? Quelle heure ? Quel jour ? Quelle année ? Lentement, il fit bouger le bout de ses doigts, et poussant un soupir de constater que ça fonctionnait. Ses orteils aussi. Même ses oreilles. Une soif terrible lui asséchait la gorge. Et soudain, il le remarqua enfin. Le masque à oxygène qui l'aidait à respirait. Il voulut tousser, n'y arriva pas. Un souvenir de ses années d'études lui rappela le bouton d'appel d'urgence. Un mal de tête terrible lui traversa le crâne de part en part, s'il avait pu, il aurait poussé un cri. Deux larmes pointèrent au coin de ses yeux.

S'était-il évanoui ? Une infirmière penchée au-dessus de lui l'appela d'une voix douce et rassurante. Oui, il l'entendait. Kamiya-san est réveillé ! Qu'ils appellent le docteur Ogawa ! Haruto regardait autour de lui sans comprendre. N'avait-il pas vécu une scène similaire, il y avait peu ? Soudain, il eut très froid, et se sentit repartir. La main rugueuse d'un homme d'un âge honorable le maintint éveillé, sa main étonnamment fraîche posée sur son avant-bras. Il parlait d'une voix monocorde bizarrement rassurante. Le docteur Ogawa était un chirurgien respecté, au CHU de Tokyo. Haruto tenta de lui sourire, mais ses muscles lui firent un mal de chien. On demanda de la morphine, quelqu'un protesta. On le laissa souffrir. Ne savaient-ils donc rien des procédures à suivre, après le réveil d'un long coma ? Débarrassé de son masque, Haruto se sentit étouffer. Il lui fallut quelques terriblement longues secondes pour se réhabituer. Il ouvrit la bouche pour interroger son aîné, mais aucun son n'en sortit. Le chirurgien posa une main amicale sur son épaule. Et lui souhaita un bon retour.

Tout était calme, désormais. Placé dans une chambre individuelle, Haruto attendait la venue de ses parents, prévenus rapidement après son réveil. Le docteur Ogawa lui avait appris d'une voix étrangement affable, presque timide, que ses proches attendaient son réveil depuis plus d'un an. La nouvelle avait provoqué un raz-de-marée en lui. Ce n'était pas possible. Le vieil homme comprenant que son jeune élève en fut retourné lui expliqua qu'il s'était réveillé en février dernier, mais seulement quelques heures, avant de replonger dans le coma. C'était pourquoi l'équipe médicale qui l'entourait préférait rester prudente. La voix chevrotante, hésitante, Haruto put poser quelques questions à son éminent professeur. Oui, Erena et Haruno étaient bien célèbres, non, il n'avait pas passé son diplôme et n'avait jamais exercé en tant que psychiatre. Les autres questions qui le tourmentaient, Ogawa ne pouvait y répondre. Ce dernier avait donc pris congé, laissant son patient seul dans une grande chambre froide, sans personnalité.

Haruto ne voulait pas voir ses parents, il l'avouait à sa plus grande honte. Il voulait voir Ji Hoon, se demandait s'il viendrait avec Kimyaki. En tant que chouchou du chirurgien, on laisserait bien le bichon passer les portes de l'hôpital, non ? Un an et demi... ? Son cœur loupa un battement. Les sourcils froncés, le Japonais compta dans sa tête. Cela voulait dire que son accident remontait à... janvier 2016 ? A nouveau, la panique se saisit de lui. Leur premier voyage à la montagne ? Non. Impossible. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas le faible coup que sa mère avait porté sur la porte de sa chambre. Les larmes lui coulant sur les joues, elle le prit dans ses bras, clamant qu'il était enfin revenu. Elle le voyait bien, en était certaine. Il avait meilleure mine que la première fois ! Haruto ne trouva rien d'autre à faire que sourire faiblement. Voir son père tourmenté lui serra le cœur.

Les babillages de sa mère aggravèrent sa migraine. Son père sembla s'en rendre compte, et avisa qu'il était l'heure de rentrer. Après des au revoir déchirants digne d'un mauvais drama, Haruto retrouva le calme angoissant de sa chambre d'hôpital. Un coup d’œil à sa montre lui apprit que l'heure des visites n'était pas encore passée. Ji Hoon viendrait-il ? Quelqu'un avait-il pu le mettre au courant ? Les minutes passèrent, et rien ne vint troubler le silence oppressant qui l'entourait. Un an et demi. Ces quatre petits mots suffisaient à l'ébranler. Toutes ses certitudes volèrent en éclats, une profonde tristesse l'accabla. Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine. De temps en temps, son regard glissait vers la porte, qui restait obstinément close. Lorsque, enfin, elle s'ouvrit, ce fut les petits pas d'une infirmière discrète qui entra. Avec douceur, elle s'enquérit de son état, avant de lui prodiguer les soins nécessaires. Personne ne viendrait plus, aujourd'hui, il devait se reposer. L'équipe médicale restait prudente.

Ses parents, encore. Sa mère parlait, parlait, assurant dix fois que la dernière fois il avait bien moins bonne mine. Son père acquiesçait, lui offrant un sourire compatissant qui semblait dire « elle a raison, fiston ». Haruto l'écoutait sans vraiment entendre ce qu'elle lui disait. Malgré sa vilaine cicatrice, il restait beau. Elle lui trouverait une épouse, d'ailleurs, une candidate sortait clairement du lot. Lorsqu'il serait requinqué, elle lui présenterait. C'était à ce moment précis que son mari la prenait par la main et lui disait qu'il était temps d'y aller. Haruto souriait à son père pour le remercier, et à sa mère pour la saluer, murmurant une formule de politesse alors qu'ils passaient le pas de la porte. Un long soupir lui échappa, les yeux tournés vers le plafond. On ne lui avait toujours pas rendu son téléphone, même si Haruka avait appelé ses filles pour qu'elles saluent leur frère et leur souhaitent un bon rétablissement. Haruto, lui, les avait félicité. Où en était-il, exactement ? Avait-il vraiment rêvé tout ça ? Ça lui paraissait si incroyable. Persuadé d'avoir entendu des choses lors de son sommeil terrible, il tentait de se rassurer au mieux. Des bruits de pas dans le couloir l'arrachèrent à ses pensées. Dehors, il faisait encore jour. Ça ne pouvait pas être l'infirmière qui venait le border et fermer ses rideaux ! Les lèvres pincées, le cœur battant, Haruto se redressa en apercevant la silhouette qui venait de pénétrer dans la chambre. Un large sourire éclaira ses traits, sûrement pour la première fois depuis son réveil. Ce fut comme si toutes ses pensées négatives s'envolèrent en un instant. Il était venu. « Hoonie... » S'il avait pu, Haruto se serait jeté contre lui pour le serrer fort. Seule sa main se leva en sa direction. Il l'avait enfin retrouvé. Tout allait bien, maintenant.

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     Mar 27 Juin - 15:41

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Summer has come and passed. The innocent can never last. Wake me up when September ends, ring out the bells again like we did when spring began


Il s’est enfin réveillé. Pour de vrai, pas comme en février dernier.

Le cœur du Coréen avait bondi dans sa poitrine, sentant son souffle se couper dans la conversation qu’il échangeait avec cette femme qu’il avait appris à connaitre à force de la croiser à l’hôpital. La mère Kamiya était charmante, comme l’ensemble de la famille, oui. Il aurait aimé la rencontrer dans d’autres circonstances. Ji Hoon n’avait pas été là en février dernier lorsque son meilleur ami s’était réveillé et il s’était maudit pour ça. Il priait tous les jours pour le voir se réveiller, pour qu’il ouvre enfin les yeux. Quand il allait le voir, il le lui demandait toujours. D’ouvrir les yeux. Il avait vraiment besoin de lui, il se sentait perdu. Un an, c’était devenu beaucoup trop long. Il se maudissait de ne pas l’avoir forcé à rester avec lui ce jour-là, à la montagne. De ne pas lui avoir imposé son programme au lieu de le laisser dévaler une nouvelle piste le lendemain. Leur avion partait quatre heures plus tard. Il aurait dû insister, le Coréen le savait, mais bête comme il était, il avait décidé de ne rien dire, de le laisser descendre une fois encore. Pas un jour ne passait sans que les images défilent devant ses yeux. La violence de l’accident, tout ce sang, et son meilleur ami qui gisait là. Entre la vie et la mort durant quelques semaines, puis dans un état stable, mais il ne revenait toujours pas à lui.

Pourtant, il avait toujours refusé de perdre espoir. Il espérait, au fond de lui. Un jour, il verrait à nouveau les yeux brillants de son ami. Un jour, il entendrait à nouveau le son de sa voix grave. Ji Hoon y croyait. Et ce jour était arrivé. Que devait-il faire ? Il avait eu envie de courir à l’hôpital mais il se disait que le Japonais avait surement des gens plus importants à voir d’abord. Ça le peinait un peu, mais il ne devait pas se voiler la face. Il avait prévenu Liang, il avait semblé soulagé aussi, même s’il n’y croyait plus vraiment, sans oser l’avouer à son jumeau. Il avait prévenu le monde entier avant de prendre son mal en patience et d’attendre la fin de la journée pour pouvoir le retrouver. Il espérait que ce ne soit plus comme en février. A son arrivé, il s’était déjà rendormi et impossible de le réveiller. La situation était compliquée, il se demandait ce que Haruto penserait. Tellement de choses avaient changé ces derniers mois. Par quoi Ji Hoon devrait-il commencer ?

Il continuait ce même boulot dont Haruto ignorait tout. Et la magie aussi. Il avait eu moins le cœur à monter des spectacles, ça marchait plus ou moins bien. Mais il avait aussi débuté des cours du soir. Des cours de cuisine. Il n’avait pas oublié ce petit délire qu’ils avaient eu peu après le nouvel an. Ouvrir un restaurant lui plairait bien. Peut-être qu’en se réveillant, Haruto aurait réellement trouvé une passion pour le découpage de légumes ? Non, il reprendrait ses études, il fallait qu’il passe sa thèse et devienne un brillant psychiatre. Ji Hoon savait combien c’était important pour lui et il avait pensé à cela tout le mois d’avril 2016. Normalement, ce mois-ci, il aurait dû enfin être diplômé. Malheureusement, il ne s’était pas réveillé à temps pour cela. Ni pour rien. Ji Hoon avait si souvent eu besoin de lui. Souvent, il y pensait. Il se disait qu’il aimerait qu’il soit là, qu’il l’aide, le conseil, le rassure. Il avait toujours fait ça plutôt bien. Ce n’était pas son meilleur ami pour rien. Ji Hoon le réalisait chaque jour un peu plus, en constatant combien il pouvait lui manquer.

Mais la vie avait repris son court. Progressivement, il avait dû apprendre à vivre sans lui. Il n’aurait pas imaginé que ce soit aussi difficile. Il n’avait jamais pris conscience de l’importance de son meilleur ami dans sa vie. Ji Hoon s’était vraiment senti perdu sans lui. Même un an plus tard, il avait l’impression de faire n’importe quoi. Tokyo était redevenu cette ville trop grande et effrayante, même s’il avait fait de son mieux pour l’affronter et avait trouvé des moyens de l’affronter du mieux qu’il pouvait. Foncer droit dans le mur quelque chose comme ça. Il ne savait pas si tout cela était bien ou non. Il avait besoin de voir Haruto. Plusieurs fois, il se changea, voulant être le plus parfois possible. Il espérait ne pas avoir vieillit ! Il tira la langue à cette voix moqueuse derrière lui, riant un peu ensuite. C’était important pour lui d’être à son avantage ! Elle ne pouvait pas comprendre. Il avait hésité à lui proposer de venir, mais pour ces retrouvailles, Ji Hoon préférait y aller tout seul.

Dans le métro, il imaginait mille scénarios, mille choses qu’il aimerait lui dire. Tellement de choses à lui raconter. Mais surtout, il devra lui répéter qu’il lui a manqué. Oh oui ! Beaucoup. Haruto n’avait pas dû se rendre compte, dans son coma. Il avait surement passé ces derniers mois dans le noir complet, ne se rendant même pas compte du temps qu’il avait laissé filer. Une fois dans l’hôpital, il réalisa qu’il n’avait même rien apporté. Cela ne se faisait pas. Il avait été trop excité de venir. Dans une petite boutique, il acheta une peluche blanche, toute douce. Il ne savait pas trop si c’était un chien ou un ourson, mais c’était mignon. Une fois acheté, il remarqua une peluche Rilakkuma. Haruto aimait Rilakkuma. Il l’acheta aussi. Ça faisait beaucoup, deux peluches pour un homme adulte de 26 ans, futur psychiatre. Peu importe. Ji Hoon y tenait. Nerveux, il grimpa les étages jusqu’au bon service, avançant timidement jusqu’à la chambre de son meilleur ami, priant pour que ce dernier ne soit pas encore endormi.

Son sourire dissipa toutes ces craintes. Le cœur du Coréen bondit de joie en le voyant. Son sourire. Il l’appelait même Hoonie ! « Hey Hyung… » Doucement, il s’avança vers le lit, hésitant un peu avant d’attraper sa main. Haruto n’avait jamais été particulièrement tactile. Il se baissa un peu pour lui faire une légère accolade. « Il était temps que tu te réveilles, paresseux ! » Donnant une petite tape sur son épaule, il s’éloigna un peu. « Tiens, je t’ai pris ça ! » Il lui tendit les deux peluches, fier de lui. Tirant une chaise, il s’installa à côté de lui, souriant sans trop savoir quoi dire. Il avait toujours ses grands yeux brillants et une bien meilleure tête. Il fallait qu’il dise quelque chose d’utile, d’intelligent. « J’avais pleins de trucs à dire avant d’entrer là, mais maintenant, plus rien me vient… » Il avait un peu de mal avec le japonais. Même s’il vivait à Tokyo, il ne pratiquait quasiment jamais la langue du pays. « C’était long… Un an et demi. » Beaucoup trop long. Ses lèvres se pincèrent un peu, il les fit doucement rouler l’une contre l’autre. « Tu m’as manqué. » Il n’assumait pas vraiment de lui dire ça, un rire un peu embarrassé quitta ses lèvres.

« Comment tu te sens ? » Oui, parce que c’était peut-être important de savoir. Le cœur du Coréen battait plus vite, il se sentait ému, comme dans un rêve. Il avait l’impression de ne pas pouvoir y croire. Il avait peur de cligner des yeux, comme si en les rouvrant, Haruto pouvait avoir totalement disparu. « T’as meilleure tête que la dernière fois que je t’ai vu. » En même temps, il était dans le coma. Mais là n’était pas la question. Il était heureux de voir le visage de son meilleur ami reprendre des couleurs, et de pouvoir admirer ce beau sourire sur ses lèvres. Il était toujours aussi beau. Ji Hoon était si heureux. Comme si sa vie retrouvait enfin son sens.

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     Mar 27 Juin - 23:26

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Summer has come and passed. The innocent can never last. Wake me up when September ends, ring out the bells again like we did when spring began


Respirant le plus calmement possible, Haruto tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées. Dans ses souvenirs. Ceux-ci paraissaient étrangement confus, distordus, comme le ciel de ce tableau célèbre. Quand il fermait les yeux, des étoiles dansaient sous ses paupières. Un an et demi. Pendant près de dix-huit mois, il flottait dans un coma profond. Ce n'était pas un sommeil normal, et s'il osait, le Japonais avouerait presque qu'il avait vécu. Toutes ces images qui flashaient dans sa tête. Bien que certaines restaient encore floues, d'autres lui paraissaient bien distinctes. Réelles. Mais plus il tentait de comprendre, d'y voir plus clair, de réfléchir à tout ça, plus la migraine le harcelait. Des larmes coulaient aux coins de ses yeux sans qu'il ne puisse rien y faire. Un trop grand chagrin lui ébranlait l'âme, son cœur meurtri déversait sa peine. Ça ne pouvait pas être ainsi. Il n'avait pas rêvé... Si ? Ces souvenirs qu'il était persuadé d'avoir... N'était-ce alors que des fantasmes ?

Dans cette chambre trop grande pour lui, l'inquiétude du patient lui rongeait le cœur. Impossible, se répétait-il. Mais aussi souvent que ce mot lui tourmentait l'esprit, une voix malsaine lui disait que c'était pourtant évident. Y avait-il vraiment crû, à tout ça ? Ses mains frictionnèrent doucement ses bras. Les visites de ses parents n'avaient fait que renforcer ses doutes. Haruto se sentait plonger dans un gouffre abominable, duquel il ne pourrait sûrement pas revenir. Un an et demi. Janvier 2016. Pendant un an, il était resté allongé sur ce lit d'hôpital, l'esprit divaguant. En février, une lueur d'espoir était née dans le cœur de ses proches, lorsqu'il avait ouvert les yeux. Malheureusement, quelques petites heures plus tard, il les avait refermé pour sombrer dans un abîme de noirceur fantasmagorique. Son cerveau avait-il enregistré des voix, des mots, des caresses, qui avaient modelé ce monde intérieur ? Jusqu'à quel point la conscience se montrait-elle intrusive ? Son influence était-elle donc si puissante ? Pour l'étudiant en psychiatrie, c'était comme vivre lui-même une expérience extraordinaire. Mais loin de l'enchanter, ça ne faisait que l'angoisser davantage.

Si les visites de sa mère et de son père, ainsi que les appels téléphoniques à ses sœurs, lui faisait plaisir, Haruto avouait que s'il ne devait voir qu'une personne, il n'hésiterait pas à invoquer son nom. Ji Hoon lui manquait étrangement. Il avait un besoin étrange de le voir. Chaque minute, il s'attendait à le voir franchir le pas de la porte de sa chambre qui restait malheureusement toujours close. S'il en avait la force, le Japonais foncerait dans le couloir à la recherche des téléphones publiques mis à disposition des familles des patients de l'hôpital. On ne lui avait pas restitué son portable, argumentant que ce serait trop de stress. Quand il y pensait, il n'avait même pas d'argent. Haruka ne lui avait ramené que des vêtements propres et des photos de famille. Aucune de Ji Hoon. Même s'ils n'étaient pas au courant de leur relation, ses parents auraient pu penser que voir le visage de son meilleur ami – même sur papier glacé – lui ferait du bien. Ils devaient bien avoir des clichés de sa soutenance de thèse, Ji Hoon était présent et avait fait leur connaissance. Non. Bien sûr que non. Haruto fixa le vide, assommé. Il n'était pas diplômé. Son meilleur ami n'avait sûrement même jamais rencontré officiellement monsieur et madame Kamiya.

Quand la porte s'ouvrit, son cœur rata un ou deux battements, avant de reprendre une cadence plus légère, comme étrangement apaisé. Son surnom lui échappa, sans qu'il n'y prête plus attention que ça. Haruto était simplement heureux de revoir son visage. Lorsque Ji Hoon se pencha vers lui pour le serrer brièvement dans ses bras, son esprit s'échauffa. Sa tête, comme dans un geste naturel, pivota légèrement, sa joue se colla à la sienne. Soudain, le Japonais se figea. Qu'avait-il attendu, au juste ? Ses yeux suivirent ceux de son meilleur ami qui s'éloignait. L'embrasser. L'espace d'une seconde, son regard effleura les lèvres du Coréen, les trouvant si attirantes. Encore plus lorsqu'elles se mouvaient pour lui parler. Déglutissant discrètement, Haruto cligna des yeux devant les peluches que lui tendaient son ami. « Kimyaki... » Un petit sourire rida joliment son visage. Les yeux brillants, il releva la tête pour regarder à nouveau Ji Hoon. Il voulut lui demander comment allait leur bichon, avant qu'un doute ne l'arrête. Kimyaki, c'était après leur séjour à la montagne.

« Ce n'est pas grave, je suis heureux que tu sois là. J'en avais besoin... J'ai eu peur qu'on ne te mette pas au courant. » Il aurait tant voulu serrer sa main dans la sienne, mais Ji Hoon l'avait lâchée. Serrant les deux peluches contre lui, Haruto laissa ses doigts jouer distraitement avec une oreille de Rilakkuma. Son meilleur ami connaissait encore ses goûts parfois enfantins, surtout quand ils concernaient le petit ourson. « Un an et demi, oui... » Il avait l'impression de se retrouver au bord d'une falaise. Qu'avait-il loupé, en presque deux ans ? Enormément de choses, à ne pas douter. Ça lui faisait peur. Lui qui s'était toujours tenu à l'écart de la ronde du monde, il avait l'impression d'avoir été carrément expulsé de son orbite, à milles lieux du monde réel. La Terre avait inexorablement continué de tourner, la marche du temps lui sembla tout à coup bien cruelle. Chacun de ses proches avait vécu sa vie, avancé dans leur avenir. Sans lui.

Un faible sourire étira ses lèvres, alors qu'il hochait doucement la tête. Lui aussi, il lui avait manqué. Mais les mots restaient coincés dans sa gorge. Ji Hoon le croirait-il seulement ? Lui qui l'avait traité de paresseux penserait sûrement qu'il mentait. Comment lui dire qu'il n'avait pas dormi ? Que dans ses rêves, ses fantasmes, son monde intérieur, lui aussi avait continué à vivre ? Comment différencier le vrai du faux, lorsque ses souvenirs étaient encore un peu confus ? Haruto réalisa alors que tout ne devait être que pure invention de son cerveau touché par l'accident. Une vilaine cicatrice – aujourd'hui cachée par ses cheveux – courait le long de sa tempe droite. Preuve s'il en était de son terrible accident. Survenu en janvier 2016. La date dansait devant ses yeux. Comment allait-il ? La question le sortit de ses réflexions. « Perdu. » Et plus Haruto fixait Ji Hoon, plus la réalité le frappait. En janvier 2016, ils ne formaient pas encore un couple. Ni l'un ni l'autre ne s'était rendu compte de leurs sentiments. Aimait-il Ji Hoon ? Le Japonais se posa sérieusement la question, et ça lui parut être une évidence. Oui. Oui, il l'aimait. Sinon pourquoi cet horrible sentiment de nostalgie, cette peine de le voir se tenir à l'écart ?

Haruto était amoureux de Ji Hoon. La panique l'envahit. Le Coréen n'en savait rien. Il n'éprouvait aucun sentiment à son égard, si ce n'était amical. La détresse lui tomba dessus comme une chape de plomb, il se sentit alors horriblement abattu. « Tu... Tu venais souvent me voir ? » Haruto refusait de croire qu'il avait tout inventé. Si le cerveau gardait encore de nombreux mystères, il devait y avoir une explication logique. Une scène se dessina dans ses pensées. Ji Hoon, lui tenant la main, sanglotant. Il lui murmurait des mots d'amour encourageant, lui soufflant qu'il l'aimait, qu'il avait besoin de lui. Que ferait-il sans lui ? Il l'aimait ! Les yeux du Japonais se baissèrent tout à coup, une légère rougeur colora ses joues. Il devait savoir. Mais comment lui poser la question ? De nombreuses semaines avaient passé, avant qu'ils ne réalisent être amoureux l'un de l'autre. Si dix-huit mois s'étaient bel et bien écoulés, pour Ji Hoon, ils en étaient resté à janvier 2016. « C'est fou... J'ai fait des rêves qui semblaient si réalistes... » Les peluches posées maintenant chacune d'un côté, Haruto triturait ses doigts. Finalement, il releva les yeux vers Ji Hoon. « Je ne sais plus trop ce qui s'est vraiment passé, ce que mon cerveau a imaginé. » Et son meilleur ami pouvait sûrement l'éclairer à ce sujet. « Tu étais là, en février ? Il paraît que je me suis réveillé... » Il s'était peut-être passé quelque chose à ce moment-là ? Ji Hoon lui faisait une déclaration enflammée ? Son cœur accéléra ses battements, alors qu'il attendait fébrilement une réponse. « Et toi, comment vas-tu ? En un an et demi, il a dû se passer des choses, dans ta vie... » Comme la découverte de son homosexualité pour lui ? Haruto tenta de calmer son esprit qui s'échauffait un peu trop. Pourtant, lorsqu'il posait les yeux sur Ji Hoon, il n'y avait aucun doute ; c'était bien là l'homme dont il était tombé amoureux.


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     Mer 28 Juin - 15:54

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Il s’est enfin réveillé. Pour de vrai, pas comme en février dernier.

Ces derniers mois avaient semblé passer au ralentit. Le Coréen attendait avec désespoir de voir son meilleur ami ouvrir les yeux. Il était un pilier important de sa vie, même s’il l’avait longtemps rejeté, Ji Hoon savait que Haruto était juste maladroit et un peu trop solitaire. Pour preuve, avec le temps, cela avait changé. Il s’était habitué à ce beau Coréen qui venait passer la plupart de ses weekends avec lui. Ils avaient fini par s’apprivoiser et s’adopter mutuellement. Pour le plus grand plaisir du magicien qui avait vraiment besoin d’un ami qui lui accorderait l’attention qu’il méritait et dont il avait besoin. Le perdre avait été terriblement difficile. Il avait mis des semaines avant d’accepter de reprendre une vie ordinaire. Ji Hoon avait besoin de son ami et le voir inerte lui faisait beaucoup trop de mal. Les images de l’accident tournaient douloureusement dans son esprit et il voulait pouvoir se les arracher. Mieux, revenir en arrière et empêcher Haruto de monter sur la piste. Ils avaient beaucoup bu la veille, il n’était surement pas encore en état. Il aurait dû s’interposer, râler, chouiner, lui casser une jambe. Tout pour qu’il ne perde pas un an et demi de sa vie.

Mais il était désormais réveillé et face à lui. Le cœur de Ji Hoon se desserrait doucement, laissant tomber ces derniers mois d’angoisse. Il avait l’air pleinement éveillé et plutôt en forme. Ça lui faisait plaisir de le voir ainsi. Le Coréen craignait qu’il ait des lésions importantes, qu’il ne soit plus le même. Liang avait essayé de le préparer à cette éventualité. Après tout, il était rare de sortir indemne d’un coma aussi long. Ji Hoon tentait simplement de se voiler la face. Pourtant, il se rendait compte qu’il avait eu raison. Il ne semblait pas différent, il gardait cette même vivacité qu’il avait connue auparavant. Il ne put contenir son sourire en sentant sa joue se coller contre la sienne, le Coréen le serra un peu plus fort avant de doucement le relâcher pour s’installer sagement sur une chaise non loin du lit de son meilleur ami. Un petit sourire se forma sur ses lèvres et il pouffa un peu. « Kimyaki ? » Son regard se posa sur la peluche. « Tu lui as déjà donné un nom ? En tout cas, ton imagination est encore bien là ! » Il rit de bon cœur. Kimyaki. Il n’avait jamais entendu ça auparavant mais c’était plutôt mignon. Bon, il ne savait pas si un homme de 26 ans qui donnait des prénoms à ses peluches était mignon ou inquiétant mais comme c’était lui, Ji Hoon décida de trouver ca mignon.

Heureusement qu’on l’avait prévenu. Avec le temps, il avait pu se rapprocher un peu des Kamiya. Surement parce qu’il était le seul qui venait encore le voir malgré les mois qui passaient ? A force, les gens se lassent et ne voient plus l’intérêt de visiter si souvent un homme inconscient. Ji Hoon n’avait jamais vu les choses ainsi. Il avait besoin de venir le voir. Besoin de lui parler, de passer du temps avec lui. Bien sûr que c’était douloureux de ne jamais avoir de réponse, même pas une petite réaction. Mais il espérait que Haruto l’entende. Qu’il sache qu’il ne l’avait pas abandonné, qu’il ne le ferait sans doute jamais. Ils avaient trop besoin l’un de l’autre. « Ta mère m’a appelé ce matin, j’ai attendu la fin de la journée pour être sur de pas déranger. » Il sourit doucement, sa main se leva doucement pour frotter le bras de son meilleur ami. « C’était vraiment de très longs mois. » Il ne savait pas trop comment Haruto l’avait vécu mais pour lui, c’était comme si le temps passait dix fois plus lentement. C’était tout simplement invivable et Ji Hoon remerciait mille fois le ciel d’avoir laissé Haruto se réveiller. Lui revenir un peu.

« C’est normal que tu sois perdu, mais tu verras, tu vas vite t’y retrouver. » Entre ses sœurs idoles et sa famille. Et lui. Il ne savait pas trop. Des choses avaient changé, mais au fond, pas vraiment. De toute manière, il avait tout le temps d’entamer le sujet plus tard. L’ambiance était un peu bizarre. De vieux amis qui se retrouvaient après longtemps. C’était tellement bizarre. Il avait tellement de chose à lui raconter mais il ne pouvait s’arrêter de le fixer silencieusement, comme s’il prenait doucement conscience de la réalité. Haruto était bel et bien là. Juste devant lui. Il avait ses beaux yeux ouverts et il lui parlait. Ji Hoon avait envie de se pincer, s’assurer qu’il était bien là. Que tout cela était réel. La question de son ami le surpris un peu et la réponse fut d’abord un timide hochement de tête. « Le plus souvent possible. En général deux fois par semaine. » De moins en moins avec le temps. Il venait tous les jours au début mais son frère lui avait demandé d’arrêter. Il se rendait malade. « Je devais te donner mal à la tête, je parlais beaucoup ! » Il lui racontait tout. Tout ce qui lui arrivait, de plus important au plus insignifiant. Ji Hoon trouvait ça important de le tenir informé, et il se disait que ça devait peut-être le stimuler un peu. Il n’en savait rien.

Haruto avait rêvé. C’était étrange. Le Coréen ne savait pas que l’on rêvait dans le coma. Il trouvait ça bizarrement fascinant. Son regard curieux se posa sur lui. De quoi avait-il bien pu rêver depuis des mois ? Surtout pour qu’il puisse désormais être confus entre la réalité et la fiction de ses songes ? « Je peux t’aider… Raconte-moi ? » Peut-être qu’á force de lui parler, cela avait influencé ses rêves ? Comme s’il vivait encore pleinement avec eux, comme s’il ne les avait pas laissés derrière tout ce temps. Ce serait incroyable. Est-ce qu’une chose pareille était réellement possible ? Ji Hoon se l’imaginait difficilement. Mais cela avait quelque chose de rassurant. Se dire que d’une certaine façon, Haruto avait continué à vivre. Qu’il n’avait pas simplement été là, inerte, à laisser le temps couler. Son visage se tordit un peu. Il s’en voulait de ne pas avoir été là assez vite pour pouvoir le voir, quand il avait ouvert les yeux quelques heures trop courtes. « Non, je suis venu trop tard, tu étais déjà reparti… J’étais vraiment triste. » Il l’était encore maintenant. Un petit rire désolé quitta ses lèvres. Il aurait aimé être là, l’encourager autrement que face à un visage absent.

Comment il allait. Beaucoup mieux désormais. Sa vie avait avancé au ralentit et en même temps, tout était allé si vite. Ses lèvres roulèrent doucement l’une contre l’autre avant de laisser ses yeux se figer sur lui. Il ne savait pas vraiment ou ni par quoi commencer. « Maintenant que tu es là, ça va vraiment très bien. » Ji Hoon lui sourit affectueusement. Un poids horrible quittait sa poitrine. Tout le stresse, toutes les angoisses. Tout ça disparaissait petit à petit. « Encore magicien. J’ai changé d’endroit, la scène est plus grande maintenant ! » Il pouvait être plus libre de ses mouvements et calculer plus largement ses gestes. Il avait hâte de voir Haruto assister à nouveau à ses spectacles. « Tu te souviens ? Un peu avant ton accident, on avait fait du kimchi chez moi et on parlait d’un restaurant ? Je suis des cours de cuisine depuis quelques mois, pour pouvoir en ouvrir un, un jour. Ça se passe plutôt bien. Faudra t’entrainer pour découper des légumes. » Un doux rire s’échappa de ses lèvres. Il devait avouer que l’idée d’avoir ce restaurant avec son meilleur ami le charmait réellement. Un instant, il réfléchit à quoi ajouter. Il le savait bien, au fond. Le principal changement. Mais c’était la chose qui lui paraissait la plus difficile à annoncer. « Je suis fiancé depuis quelques mois. » Un sourire plus assuré se forma sur ses lèvres. « J’étais vraiment triste, de me dire que tu serais pas là pour les noces. On se marie en aout, en Corée. Tu viendras ? J'aimerais vraiment que tu viennes. »

Bien sûr qu’il viendrait. C’était son meilleur ami. Nerveusement, sa main frotta son propre bras et il rit un peu. « C’est mon ex-petite-amie, on s’est retrouvé il y a quelques mois, à Tokyo. Elle vient de Busan, on s’est rencontré là-bas. C’est plutôt drôle de se retrouver ici. » Enfin, surtout lui. Elle, elle avait des origines japonaises donc ce n’était pas aussi étrange. Elle était mignonne, gentille, docile. Et oui. Incroyablement riche. Il n’avait pas changé en un an et demi. Ses buts restaient les mêmes. « Tu veux voir une photo ? » Sans vraiment attendre de réponse – pourquoi Haruto refuserait ? – il se leva et lui tendit son téléphone pour qu’il puisse la regarder.  « Elle a hâte de pouvoir te parler et que tu la rencontres. » Comme elle l’avait déjà rencontré, sauf qu’il était parfaitement inconscient. « On a adopté un chien, regarde ! » Faisant rapidement passer les photos, il s’arrêta sur un bichon tout blanc. « Il s’appelle Yuki ! » Comme la neige, pas très original. Comme la petite fille fantasmatique qu’ils n’auront jamais. Mais tout ça, Ji Hoon l’ignorait. Il n’avait jamais eu la chance d’évoluer dans la même réalité que celle de son meilleur ami.

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     Mer 28 Juin - 23:40

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Summer has come and passed. The innocent can never last. Wake me up when September ends, ring out the bells again like we did when spring began


La présence de Ji Hoon lui faisait du bien. Pour preuve, Haruto n'avait pas l'impression de sortir de près de dix-huit mois d'un coma profond. Il se sentait étonnamment bien, comme s'il s'était réveillé d'une longue sieste. Bien sûr, plusieurs heures étaient passé depuis l'instant où il avait ouvert les yeux. Kamiya Haruto avait toujours eu une bonne hygiène de vie, mais cela suffisait-il à expliquer son état actuel ? Ne devrait-il pas demander à son meilleur ami de repasser demain ? Il avait besoin de repos, que l'équipe médicale surveille son état. N'y avait-il pas de séquelles ? Il n'en avait pas l'impression. Ou peut-être que si. Une tellement énorme qu'il ne le réalisait pas. Il ne voulait pas y croire, préférait perdre son regard dans celui de Ji Hoon. Tant pis s'il avait l'air bizarre, il pouvait toujours mettre ça sur le compte de la fatigue.

La tête reposant sur son oreiller, Haruto garda un instant son regard baissé sur ces peluches. Un nom lui était venu spontanément, en voyant le petit chien blanc. Kimyaki. Il lui ressemblait tellement ! Ça ne pouvait pas être un hasard ! Un petit sourire se forma sur ses lèvres encore un peu sèches. Le léger rire de Ji Hoon le fit relever la tête. Son sourire se fana un peu, alors que ses yeux le regardaient sans comprendre. Son imagination. Un rire dénué d'enthousiasme quitta sa gorge irritée. « Oui... » Il tenta bien de donner plus de force à son rire, en vain. Se grattant l'arrière du crâne dans un geste embarrassé, il hocha la tête. « Je trouve que ça lui va bien... Tu ne penses pas ? » Dans son cœur restait un espoir. Son sourire se fit timide. N'avait-il pas l'air ridicule, à tenir ses deux peluches comme un enfant recevant les plus beaux cadeaux de sa vie ? Pourquoi n'agissait-il pas comme un adulte de son âge ? D'ailleurs, Haruto réalisa soudain qu'il avait déjà vingt-six ans. Un anniversaire était passé, personne pour le fêter. Il n'avait rien eu de joyeux, de toute manière.

Kimyaki et Rilakkuma trouvèrent place à côté de lui, chacun d'un côté. Haruto avoua son soulagement de voir son meilleur ami auprès de lui. Il garda néanmoins pour lui son inquiétude de ne pas l'avoir vu franchir plus tôt le pas de la porte. Ji Hoon était là, maintenant, c'était tout ce qui comptait. Sa mère l'avait prévenu, et cette nouvelle était encourageante. « Ça veut dire que vous vous entendez bien ? » Peut-être y avait-il un peu trop d'espoir dans cette question. Haruto pinça légèrement les lèvres. Il ne devait pas se montrer trop enjoué, mais apprendre petit à petit ce qui lui échappait encore. Il secoua la tête. Ji Hoon ne le dérangeait pas. Au contraire, s'il savait à quel point le Japonais avait attendu sa visite ! Son cœur rata un battement lorsqu'il lui caressa doucement le bras. Les poils de son avant-bras se hérissèrent, à l'instar de ceux de sa nuque. Un simple contact et une si grande confusion. Faisant au mieux pour cacher son trouble, il lui sourit peut-être un peu trop tendrement. « Tadaima. » Pour de bon, même si un goût amer restait coincé au fond de sa gorge, et que son cœur se tordait.

Haruto devait mettre de l'ordre dans ses idées. Peut-être était-ce là un contrecoup de son coma. Beaucoup de choses avaient dû se produire, durant son drôle de sommeil, mais il ne réalisait pas encore vraiment. C'était comme des scènes abstraites, la vie d'un autre. Il peinait à croire qu'il ne se réveillait que maintenant, lui qui pensait avoir vécu. Une autre vie. Sans oser le formuler, il le pensa tout de même ; une vie meilleure. Son inquiétude grandissante l'empêchait de répondre correctement à son meilleur ami. Prenant de profondes inspirations, il se contentait de sourire et de hocher la tête. Si l'optimisme de Ji Hoon devrait l'encourager, Haruto s'en voulait de constater qu'il le déprimait. S'y retrouver, ça voulait dire éclaircir les mystères de sa mémoire qui semblait lui jouer un tour bien cruel. Avait-il donc tout rêvé ? Ji Hoon l'avait bien dit, son imagination était toujours là ! Une douleur grandissait dans sa poitrine, et bientôt, inexorablement, le Japonais savait qu'elle serait insupportable.

La réponse de Ji Hoon, à sa plus grande honte, le déçut. Haruto avait eu envie de lui demander ; seulement ? Deux fois par semaine ? Pourquoi s'était-il donc imaginé qu'il venait tous les jours ? C'était ridicule. Il devait plutôt se sentir honoré qu'il lui soit resté fidèle, à sa manière. Sa mène n'avait pas évoqué beaucoup de noms. Seul celui de son meilleur ami revenait souvent. Alors, deux fois par semaine, c'était déjà bien. « Merci... » Que pouvait-il dire d'autre ? Son murmure s'était doucement envolé, sans savoir s'il était parvenu aux oreilles de l'intéressé. Haruto sourit un peu plus sincèrement à Ji Hoon, lorsque ce dernier lui avoua lui avoir parlé encore et encore. Il avançait à petits pas. Le Coréen lui avait donc bel et bien parlé, beaucoup. Cela expliquait sûrement certaines choses. Et cela ne le rassura pas. Son cerveau avait vraiment intercepté certaines paroles, et fabriqué des souvenirs à partir d'elles ? Glissant de plus en plus vers une déprime sans nom, Haruto ne savait plus quoi raconter. Ses rêves ? Il espéra que Ji Hoon ne noterait pas cette légère rougeur qui colora ses joues. Passant sa langue sur ses lèvres, il fit mine de réfléchir pour se donner du temps. Il ne pouvait pas tout lui dire, ce n'était pas prudent. « Eh bien... Par exemple... Que tu avais adopté un petit chiot à l'une de tes voisines, que toi et Liang étiez retournés en Corée du Sud. D'ailleurs, votre village natal ne s'appelle pas Jukdo, mais Seokgyo ! Ou encore que tu avais été repéré dans la rue pour une éventuelle carrière de mannequin... » Mais n'était-ce pas là comme lui avouer n'avoir rêvé que de lui ? Que penserait son meilleur ami. Haruto émit un léger rire. « Enfin ça, c'est en ce qui te concerne ! » Même à ses oreilles, son rire sonnait faux. « J'ai rêvé que tu m'apprenais que... Haruno et Yong Seok étaient devenus proches. » Ce serait indélicat que de mentionner monsieur Lee. Et s'il était toujours vivant ? « Que j'étais diplômé, aussi... Le meilleur de ma promo. A peine sorti de l'université, qu'un poste m'était réservé. Ici-même. » Et apprendre que ce n'était qu'un rêve l'avait profondément abattu.

Lui souriant d'un air désolé, Haruto baissa les yeux. Ça ne devrait pas, mais ça lui faisait bêtement plaisir que Ji Hoon avait été triste de ne pas l'avoir vu conscient, en février. Ces mots prouvaient qu'il tenait à lui. Le raisonnement était peut-être bancal, mais le Japonais se raccrochait à tout ce qu'il pouvait. Un sourire timide, mais large, éclaira ses traits à l'aveu de son meilleur ami. Son cœur se mit à battre plus fort. « J'ai hâte de te voir à nouveau sur scène. » Le plus rapidement possible. Il voulait s’enorgueillir d'être son plus grand fan – même avant Liang. « Découpeur de légumes... » Il s'en souvenait ! Et il prenait même des cours de cuisine ! « Tu me prépareras mon premier repas, une fois sorti de l'hôpital ? » Haruto se sentit submergé par l'émission. N'était-ce pas lui qui le lui avait proposé ? Il ne l'avait jamais écouté... Ou peut-être que si. Et que ce n'était même pas grâce à lui. Sans qu'il ne puisse le maîtriser, son sourire s'affaissa. Ses oreilles montraient-elles des signes de déficience ? Avait-il bien entendu ? Dans sa poitrine, son cœur vola en éclat. Fiancé. Marié en août prochain. En Corée. « Quoi ? » Aurait-il pu avoir l'air moins enthousiaste ? Il ne pensait pas.

Ce fut le seul mot qui lui échappa. Ses félicitations restèrent coincés dans sa gorge, c'était clairement au-dessus de ses forces. Haruto l'écoutait lui parler de cette si merveilleuse fiancée, en le fixant d'un air ahuri. Haha, oui, si drôle. Non ! Il avait envie de taper des poings sur son matelas trop froid. De hurler que ce n'était pas juste. Qu'il devait ouvrir les yeux. Et que surtout, il ne voulait pas voir sa tête ! Mais Kamiya restant Kamiya, il hocha lentement la tête, un sourire factice aux lèvres. Il eut envie de pleurer, elle était si belle. « Elle a l'air très... sympa. » Sympa. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Son coma lui avait volé son vocabulaire ? C'était le seul compliment qui lui vint, malheureusement. « Vous devez former un joli couple. » Enfin ça, le Japonais le supposait. Pitié non, il ne souhaitait pas la voir. Il ne voulait pas imaginer ce mariage. Un gémissement se coinça dans sa gorge en apercevant le bichon. C'était le leur ! Leur bébé ! « Ki... Yuki. » Comme s'il répétait stupidement le nom que lui avait donné Ji Hoon. Pas Yuki. C'était trop facile, trop commun. Neige, pour un chien tout fluffy et blanc ! Kimyaki, c'était plus original, avec une signification toute personnelle. Kimchi et takoyaki. Un mélange d'eux deux. Sûr que c'était bien qu'un éventuel Kimimbap, Bimkim. « Il est adorable... » Des larmes embuèrent ses yeux. Haruto renifla, secouant automatiquement la main pour signifier que ce n'était rien.

« Tu as l'air d'avoir vécu tellement de choses... » Sans lui. Bien sûr, quel idiot. Ji Hoon n'allait pas l'attendre. Pourquoi, d'ailleurs ? Dans cette vie, il ne formait pas de couple. Ji Hoon n'était pas amoureux de lui, leur si merveilleuse histoire d'amour n'était qu'une chimère fabriquée par son cerveau perturbé par le trop long sommeil de sa conscience. « Désolé, je... Je ne t'ai pas félicité correctement. » Son cœur brisé cassait sa voix. Il priait pour que Ji Hoon ne lise pas sa peine dans son regard. Lui si fuyant d'habitude ne pouvait se détacher des petits yeux de son meilleur ami. « C'est juste... surprenant. Ne le prend pas mal, mais je ne te voyais pas épouser une femme, un jour. » Il avait peut-être trop fantasmé leur mariage à eux. « Tu es heureux avec elle ? » C'était important, même si la réponse risquait de le détruire un peu plus. Ji Hoon devait vivre un grand bonheur, qui pourtant ne devait être rien comparé à celui qu'ils avaient vécu, quelques part dans les méandres de son inconscient. Il lui avait fallu presque un an et demi de coma pour se rendre compte qu'il éprouvait des sentiments amoureux pour Ji Hoon. Car ceux-ci étaient bien réels, Haruto n'en doutait pas. Son amour pour lui demeurait, intact, toujours aussi puissant. Mais cette fois-ci, non réciproque.

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     Jeu 29 Juin - 21:51

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Il n’y avait bien que Haruto pour avoir une imagination assez développée pour trouver immédiatement un prénom à ce petit animal en peluche en quelques secondes à peine ! Ji Hoon trouvait ça réellement mignon. Il ne pouvait s’empêcher de sourire et de rire un peu. Il se rendait compte plus que jamais de combien Haruto lui avait manqué, et combien il pouvait se sentir bien avec lui. Il était à l’aise, il se sentait tout à fait lui-même, sans avoir besoin de tricher ou d’abuser. Ça lui faisait du bien. Il se demandait comment il avait fait, pendant ces si longs mois, sans son meilleur ami. Le meilleur qu’il n’ait jamais eu. Désormais, tout cela était derrière lui. Il n’aurait plus à venir à l’hôpital la boule au ventre, priant pour qu’on ne lui dise pas que son état s’était dégradé. Il n’aurait plus ce pincement au cœur horrible dès que quelque chose lui rappelait Haruto, dès qu’un souvenir heureux ou non se glisseraient dans sa mémoire. Quand quelque chose se passerait, Ji Hoon n’aura pas besoin de parler dans le vide. Il pourrait l’appeler, lui écrire. Mieux encore ! Aller le voir, chez lui ou dans un bar, autour d’une bière, de cheongju, ou peu importe. Son cœur se réchauffait rien que d’y penser.

Au début, il avait senti que la mère Kamiya lui en voulait. A cause de l’accident. Peut-être qu’elle aurait préféré que ce soit lui qui fasse l’accident plutôt que son fils, et au fond, Ji Hoon l’aurait souhaité également. Son meilleur ami avait des choses tellement plus importantes que lui à accomplir. Il ne supportait pas de le voir ainsi, c’était insoutenable, trop difficile. Mais Ji Hoon devait arrêter d’y penser. Tout allait mieux. Tout irait beaucoup mieux. « Hm… Oui ça va ! Ton père parle pas beaucoup et c’est pas vraiment l’endroit le plus joyeux pour faire des conversations… » Mais si sa mère l’avait appelé pour le prévenir, c’était qu’elle devait l’apprécier au moins un peu, non ? Cette pensée lui faisait plaisir, il s’en sentait assez fier. Sa main glissa sur son bras. Il avait besoin de le toucher. Il avait toujours été tactile, en particulier avec Haruto. Son sourire s’attendrit encore un peu en l’entendant dire les formules d’usage à un retour. « Okaeri, Hyung. » Et il ne pouvait pas se tromper. Parce que Haruto l’avait dit avant, il n’avait plus qu’une seule solution sur les deux.

Lui rendre visite représentait les moments les plus importants de sa semaine. Au début, il y allait chaque jour, mais au fur et à mesure, il ne vivait quasiment plus, planifiait ses journées pour passer au moins deux heures avec lui. Mais Liang lui faisait remarqué que ça n’allait pas. Il survivait plus qu’il ne vivait et ce n’était pas sain pour lui. Il ne devait pas se laisser aller. Alors progressives, il y allait moins. Minimum deux fois par semaine. Cependant, ses remerciements firent rater un battement à son cœur. Le besoin de se justifier se prit et il se redressa vivement. « Je venais tous les jours au début, vraiment. Mais Liang m’a dit d’arrêter, je devenais un vrai zombi… » La confidence le fit rire ; un peu honteux. Il ne voulait pas avoir l’air pitoyable. Sans Haruto, il ne s’en sortait pas vraiment. Il se forçait à sortir petit à petit. Et c’était finalement comme ça qu’il l’avait revu, elle.

Mais Ji Hoon ne voulait pas penser à sa fiancée maintenant. Il voulait savoir de quoi il avait rêvé et son regard resta focalisé sur lui. Sa bouche s’ouvrit toujours un peu plus quand il énonça les rêves. Tout était vrai ! Tout s’était produit ! Même pour son frère. Un petit rire tendre quitta ses lèvres. « Jin Seok… » Mais il n’y avait que ça de faux. Et la suite. Il baissa tristement les yeux, déçu pour lui, qu’il n’ait pas pu passer sa thèse. Qu’il vive cette déception. Ses yeux se posèrent sur lui, il sourit doucement. « En ce qui me concerne, tout est vrai. C’est vraiment bizarre. On dirait que tu m’as entendu… C’est possible ? » On dirait de la folie. Quelque chose de totalement improbable. Pouvait-il vraiment l’entendre, pendant ce coma ? « Même pour Seokgyo. » Et c’était le plus surprenant. Il aurait pu tout inventer, tout cela aurait pu être du hasard, mais non. Ça, il n’aurait jamais pu l’inventer. « Et pour ta thèse, c’était juste un rêve pré... Genre, qui dit ce qui va arriver pour de vrai ! » Il sera le meilleur de sa promo, le meilleur de tous. Le plus grand psychiatre que le Japon ait connu.

Dès sa sortie, il l’emmènera voir un de ses spectacles. Et ils feront le tour de Tokyo ! Il devait rattraper cette année perdue. Il devait retrouver ses repères et Ji Hoon serait là à chaque instant pour l’y aider. Il lui ferait même son spectacle en privé s’il y tenait, s’il le désirait. « Dès que tu sors, je t’emmène ! » Il lui en mettra pleins la vue et le Japonais reviendra tout le temps. Et pour la cuisine, pareille. Il cuisinera pour Haruto autant qu’il voudra. « J’ai pleins de plats à te faire goûter ! On me fait que des compliments. » Aussi bien sa tendre fiancée que sa famille. Il espérait que son meilleur ami aimera également ce qu’il faisait. Ji Hoon fera tout pour en tout cas, quitte à recommencer encore et encore jusqu’à ce qu’il aime. Il se surpassera. Après tout, c’était grâce à Haruto, s’il se trouvait là, s’il avait choisi cette voie. Il lui devait beaucoup, même éloigné de lui pendant des mois.

Sa réaction le mettait mal à l’aise, mais le Coréen réalisait qu’il était déjà mal à l’aise rien qu’à l’idée de lui dire. Haruto n’avait pas l’air heureux. Il était surpris. Oui, voilà. Surement surpris. Il continuait à parler, comme pour meubler, riant nerveusement aux mots de son ami, il hocha la tête. « Oui, elle l’est. » Vraiment très sympa. Sur ça, il n’avait pas à se plaindre. Il pouvait lui reconnaitre cette qualité. Elle n’était même pas pénible, c’était si rare chez une femme. Cette conversation était bizarre, il regrettait de lui avoir dit. Mais s’il le lui cachait, Haruto aurait pu lui en vouloir de ne pas lui avoir appris quelque chose de si important. « C’est ce qu’on nous dit en général. » Un petit rire lui échappa. Ils formaient un très beau couple, oui. Parfaitement assorti, presque un peu trop bien. Un vrai petit couple de mannequin, c’était ce qui revenait souvent. Mei Lin disait qu’ils passeraient facilement pour les Beckham Coréens.

Le chien, c’était plus neutre. « Tu vois, tu avais raison, j’ai bien adopté un chien. » Haruto allait l’adorer. Mais il avait pu imaginer toute réaction sauf ça. Des larmes qui se formaient, ses yeux brillants. Il allait poser sa main sur son épaule, le consoler – mais de quoi ? – mais son geste de la main le stoppa. Il ne voulait pas l’embarrasser. Il secoua la tête, riant nerveusement. « Pas tant que ça… » A ses yeux, il n’avait pas fait grand-chose. Se fiancé, oui, adopter un chiot. Il ne savait pas ce qui avait le plus d’importance pour lui, il était totalement perdu. Ji Hoon secoua la main. Haruto n’avait pas besoin de le féliciter. Il ne voulait pas qu’il le félicite, ce n’était pas si important. Enfin, si, bien sûr. C’était important que Haruto approuve tout ça. il espérait sincèrement qu’il apprécierait celle qu’il avait choisi pour devenir sa femme. Haruto était son meilleur ami, sa présence comptait énormément pour lui. Son rire se fit un peu nerveux face à sa confession. Il ne l’imaginait pas épouser une femme un jour. « Pourtant, j’ai toujours dit que je voulais me marier un jour… » Pour qu’on s’occupe de lui, qu’on le nourrisse, qu’il puisse se vider sans avoir besoin se fatiguer à sortir… « Puis, pas me marier avec une femme, tu veux que je me marie avec quoi, Haru ? Se marier avec soi-même, c’est pas encore légal. » Il rit de sa propre bêtise. Il était drôle. Vraiment très drôle ! Il savait que Haruto était juste confus dans ce qu’il racontait.

Se rasseyant correctement, il fronça un peu les sourcils. S’il était heureux ? Avec elle ? La question méritait réflexion, pourtant, la réponse lui sembla naturelle. « Bien sûr. Je vais quand même l’épouser. » Il n’aurait pas accepté de lier sa vie à une personne qui ne le rendait pas heureux. Elle faisait exactement tout ce qu’il voulait, ne chouinait jamais, était vraiment très belle, et qui plus était, elle était vraiment très, très riche. Et c’était ce qu’il préférait chez elle. Evidemment. Elle avait acheté une nouvelle maison pour sa famille, payé les études de Sooyoung, et lui faisait des cadeaux en permanence. Il s’en fichait pas mal d’avoir le statut d’homme entretenu. Ça lui allait plutôt bien. « Elle est vraiment très bien, tu verras. Elle est mignonne, vraiment gentille et en plus, elle est drôle ! C’est rare qu’une fille puisse être aussi mignonne et aussi drôle. » Un soupir quitta ses lèvres en même temps qu’un rire. « J’ai l’impression de pas la mériter, c’est fou. » Son regard se perdit un peu sur les peluches, son sourire se perdit un peu. Elle était sans doute trop parfaite pour lui. Elle était juste un peu naïve, pur ne pas vraiment se rendre compte de l’idiot qu’il était.

« Tu pourras enfin voir, combien la Corée, c’est magnifique. J’ai pas oublié, je dois te faire visiter ! » Il trouvera le temps de lui montrer, avant son mariage. L’enterrement de vie de garçon pouvait se faire sous forme d’un voyage ! Entre meilleurs amis, à Séoul. Il avait déjà hâte d’avoir Haruto rien que pour lui pendant quelques jours. Il en aurait vraiment besoin. Mordillant sa lèvre légèrement, il ne savait pas s’il devait continuer à parler d’elle et du mariage. Il avait l’impression que c’était surement trop pour son meilleur ami. Ils en reparleront plus tard, quand il aura la tête plus reposée. Pour le moment, il gardait sa curiosité, il avait envie d’en savoir plus, un peu inquiet. « Tu as fait d’autres rêves ? De nous ? En un an, j’ai pu dire vraiment beaucoup de choses… » Peut-être trop ? Il n’arrivait pas à se souvenir de tout, il ne réfléchissait jamais quand il lui parlait. Les mots sortaient naturellement, confessant ses moindres pensées. A cœur ouvert, sans se censurer. Il en avait besoin. Que Haruto sache combien il l’attendait.


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     Ven 30 Juin - 23:36

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Pourquoi était-ce si important que Ji Hoon plaise à ses parents ? Cette question, Haruto y avait trouvé une réponse depuis un moment, maintenant. Parce qu'il comptait énormément. Parce qu'il l'aimait. Et qu'il voulait que sa famille l'accepte comme lui l'avait accepté. Que ce soit dans cette vie ou dans l'autre, ça n'avait aucune espèce d'importance, en vérité. Que le Coréen se soit fait une place dans son quotidien, c'était un fait depuis longtemps établi. Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, il était devenu son meilleur ami. Lui qui n'en avait jamais vraiment eu, juste quelques camarades qu'il fréquentait plus ou moins longtemps. Là, en Ji Hoon, Haruto avait trouvé la partie manquante de lui-même. Ce n'était pas un fantasme crée de toutes pièces par son esprit. Il le savait. Ils étaient faits pour se rencontrer. Leurs destins étaient liés, d'une façon ou d'une autre. Son cœur ne pouvait mentir, ce rythme soutenu qui le faisait danser lorsque ses yeux accrochaient les siens. Ji Hoon ne le ressentait-il vraiment pas ?

« Non, c'est vrai... » Haruto s'en voulait, il aurait aimé que ses parents rencontrent son meilleurs amis en de meilleures circonstances. Là, ils avaient fait la connaissance du Coréen qui avait vu leur fils faire cet horrible accident, qui avait peut-être assisté à ses derniers instants pleinement conscient. Sa mère lui en voulait sûrement. Son père... Oui, définitivement, la pomme n'était pas tombée loin de l'arbre. Kamiya était un homme discret et réservé, timide. Efficace dans son travail, c'était un homme fiable qui ne protestait jamais. Si on ne pouvait le qualifier d'homme soumis, il laissait néanmoins à sa femme le soin de prendre soin de la maison et des affaires familiales. Haruka s'occupait volontiers des factures, elle aimait diriger. Leurs enfants étaient leurs plus grandes fiertés, ils les aimaient comme des trésors à chérir. Haruto, indéniablement, tenait de son père. « Je ferai officiellement les présentations. Ma mère t'adorera, j'en reste persuadé. » Il adressa un sourire compatissant à Ji Hoon, se doutant bien que leurs rencontres n'avaient pas toujours dues êtres joyeuses – voire jamais. Maintenant qu'il était de retour – son sourire s'élargit à la réponse de son meilleur ami – Haruto était déterminé à reprendre sa vie là où il l'avait laissé, à rattraper ce temps perdu dont il avait rêvé.

Il le fallait, pour eux. Haruto avait le sentiment bizarre de se retrouver dans un monde qui n'était pas le sien. C'était étrange. Un monde parallèle ou une réalité alternative, il ne savait pas trop. La vie réelle, rétorqueraient certains. Ça n'avait rien d'excitant, ça le déprimait. Sa tête et son cœur portaient des traces encore trop vivaces de ces souvenirs qu'il voulait croire vrais. Son imagination débordante ne pouvait avoir créé tout ça ! Pourtant, la justification de Ji Hoon pouvait expliquer ces souvenirs. Son cerveau avait dû enregistrer ses paroles, se confondant dans sa mémoire. S'il était bel et bien venu tous les jours, au début, il avait dû beaucoup parler. Même en ne revenant que deux fois par semaine par la suite, ça avait dû suffire. « Ne t'inquiète pas... Je sais que je ne suis pas bavard de base, mais là ce devait être encore plus frustrant. » Sa blague n'était pas drôle, même lui le reconnaissait. « Je suis désolé... » Ji Hoon s'était fait tellement de souci... Ça le touchait sincèrement, ça le rendait même heureux. Jusqu'à ce que sa tête dessine dans son esprit une image de son meilleur ami atterré, triste, abattu, déprimé. Par sa faute.

C'était peut-être la culpabilité qui avait créé ces souvenirs, alors. Des bons – très bons – moments passés ensemble, pour se rattraper. Un bonheur infini pour palier à l'immense peine qu'il lui causait. Une relation incroyablement merveilleuse pour rattraper le temps perdu qu'il imposait à son meilleur ami. D'ami à amant, était-ce là vraiment ce qu'il désirait, au plus profond de lui ? Son cœur lui hurlait que oui. Alors, prudemment, Haruto évoquait ces rêves qu'il avait eu. Ces rêves qui lui semblaient si réels. Le cœur battant d'une émotion à peine contenue, il énumérait ses souvenirs, n'ayant pas l'envie des les nommer autrement. Et la réaction de Ji Hoon ne lui échappa pas, le confortant dans son idée. Son meilleur ami avait l'air vraiment surpris, est-ce que cela signifiait qu'il avait raison, quelque part ? S'excusant rapidement d'avoir écorché le prénom de son jeune frère, Haruto termina sa petite liste non exhaustive. Par sa thèse, son diplôme. Il se sentir soudain déprimé, mais la réponse de son meilleur ami lui redonna espoir. Tout était vrai. Parce qu'il l'avait sûrement entendu. Si ça l'avait d'abord rassuré, Haruto réalisait que ce n'était pas une si bonne nouvelle. « Tu sais, on ne comprend finalement pas grand chose de notre cerveau. Et le coma reste un mystère. » Même pour lui qui l'avait vécu, qui en revenait. « Prémonitoire ? » Avait-il eu des visions de son futur ? Son cœur reprit sa cadence enjouée. Plus que sa thèse, c'était le reste que Haruto souhaitait voir se réaliser. Il voulait tant retrouver Ji Hoon comme avant. Comme dans cette vie qui lui manquait déjà atrocement. « Je l'espère. » Un doux sourire embellit son visage, ses grands yeux fixaient son meilleur ami. Il espérait tant de choses, à vrai dire. Si seulement ce dont il avait rêvé se révélait plausible. Ça l'était, Haruto voulait s'en convaincre. Son cœur ne pouvait mentir. Quand ses yeux se posaient sur Ji Hoon, c'était toute son âme qui vibrait, ayant retrouvé sa moitié. Ça ne pouvait pas être qu'une illusion ! Ils vivraient ensemble cette vie fantasmée. C'était pourquoi le Japonais avait hâte de sortir de cette chambre d'hôpital trop impersonnelle, que son meilleur ami tienne sa promesse. Il voulait goûter – encore – sa cuisine. Ouvrir ce restaurant avec lui, rattraper tout ce temps perdu.

Oui, vraiment, Haruto le voulait du plus profond de son cœur. Qui l'instant d'après fut pulvérisé sous le coup du chagrin. Ji Hoon était fiancé, ils allaient se marier en août prochain, en Corée du Sud. Et sûrement y resteraient-ils définitivement. Haruto devait-il déjà maintenant réserver une chambre d'ami dans leur future maison ? La panique et la tristesse se mêlaient en un mélange horrible. Son cœur débordait de peine, il saignait. La douleur était telle qu'il aurait préféré que l'on lui arrache – c'était en tout cas bien l'impression qu'il avait. Son enthousiasme était au plus bas, il n'avait même pas la force de faire semblant. Au mieux, Ji Hoon prendrait sa réaction comme le contrecoup de la surprise et de la fatigue. Au pière, il penserait que ça ne l'enchantait pas plus que ça ou qu'il n'en avait rien à faire. Si la première hypothèse était juste, l'autre absolument pas. Ça le dévastait. Il avait beau essayer de paraître enjoué, de mener une conversation en tentant de paraître curieux, il n'y avait rien à faire. Si seulement elle était moche. Mais bien évidemment – et il aurait dû s'en douter – c'était bien loin d'être le cas. Ji Hoon ne pouvait épouser quelqu'un de laid. Et constater qu'ils avaient adopté ensemble ce petit bichon qui devait être le leur le mina un peu plus. Kimyaki était devenu Yuki, un petit chien qui n'en avait rien à faire de lui. Les larmes lui montaient aux yeux sans qu'il ne puisse les contrôler. Quel idiot.

Ji Hoon avait continué à vivre. Haruto n'avait pas le droit de lui en vouloir. Il n'avait pas le droit de lui reprocher de ne pas l'avoir attendu. Pourtant, une amertume tenace lui piquait la gorge. « Si ça l'était, tu t'épouserais sur-le-champs ! » Affichant un sourire en demi-teinte, le Japonais essaya tout de même de se montrer un peu taquin. « Qui refuserait de t'épouser, après tout, quand même toi tu n'y résistes pas ? » Pas lui, en tout cas. Son rire mourut bien rapidement. Il devait arrêter de se bercer d'illusions. Ji Hoon le lui confirmait, il épouserait sa belle fiancée. Haruto avait bien envie de lui rétorquer que ça ne voulait rien dire, il avait peur de passer pour un rabat-joie. Son estomac se serra. Il n'avait pas envie d'entendre ses éloges, ça le déprimait sérieusement. Si son regard restait braqué sur son meilleur ami, le Japonais ne le voyait pas, perdu quelque part dans ses pensées obscures. Cette fille, il la détestait déjà si fort. Il ne voulait pas la rencontrer. Mais il le faudrait, parce qu'il aimait Ji Hoon. Il ne pouvait pas lui faire ça. Un sourire tordit le coin de ses lèvres. « J'en ai rêvé. » Il aurait tant voulu dire qu'il l'avait vécu. Bien qu'il ne pouvait décemment pas tout lui dire. « Enfin... On était à Séoul, mais je ne me rappelle pas grand chose de la ville. » Ce qui était logique, compte tenu de ce qu'il s'y était passé. « Et tu as dû me décrire Seokgyo et Jukdo, nous y étions aussi. » Haruto évita quand même de mentionner sa mère et ses sœurs. « J'aimerais beaucoup que tu m'y emmènes. » Comme il le lui avait promis, dans toutes leurs vies.

Que pouvait-il lui raconter d'autres ? La ligne entre rêve et réalité lui semblait si fine. Ji Hoon l'avait-il vraiment influencé à ce point ? « J'ai rêvé de choses absurdes. » Son regard se baissa vers ses mains jointes devant lui, ses doigts jouant nerveusement entre eux. Maintenant qu'il y pensait, certaines choses survenues dans cette vie parallèle onirique s'expliquaient sûrement mieux ainsi. Les mettre sur le compte du rêve – ou du cauchemar – le soulageait, d'une certaine manière. Pour son esprit torturé, c'était plus pratique de se dire que ça n'avait jamais existé. « J'avais mis une fille enceinte et je l'ai quittée parce que... » Ses lèvres se pincèrent. « Je me suis rendu compte que j'aimais quelqu'un d'autre. A ce moment-là, je ne savais pas. » Il n'avait pas brisé la vie de cette pauvre Minah. « D'ailleurs... Tu as des nouvelles de Hiromu ?  » Ji Hoon ne devait sûrement pas saisir le lien, mais Haruto se demandait si son ami lui avait rendu visite ou non. D'accord, ce dernier et son meilleur ami ne s'entendaient pas, mais peut-être qu'après son accident, ils étaient tombé d'accord sur une trêve ? « J'ai aussi rêvé que tu étais un escroc... C'est fou, hein ? » Il pouffa, attendant que Ji Hoon le taquine une nouvelle fois sur son imagination débordante. « Mais certains rêves semblaient si réalistes... » Son regard se fit triste, et toute trace de sourire disparut de ses lèvres. Bien évidemment, Haruto ne pourrait jamais évoquer lesquels avec le Coréen. Puisque ce dernier allait se marier, et inexorablement, s'éloigner. Comme il l'avait toujours craint, comme il l'avait toujours su. Pendant des mois, il s'était persuadé être fait pour lui, que l'amour trouvait sa définition chez eux, qu'ils en étaient la parfaite incarnation. Mais ces mois n'avaient été que du noir, et cette vie qu'un fantasme. Si c'était ça, Haruto regrettait de s'être réveillé, et égoïstement, préférait se rendormir. Pour retourner auprès de ce Ji Hoon qui l'aimait en retour.

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     Dim 2 Juil - 1:03

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Summer has come and passed. The innocent can never last. Wake me up when September ends, ring out the bells again like we did when spring began


Ji Hoon avait toujours parlé pour deux. Pour le groupe entier. Il aimait beaucoup ça, épiloguer sur tout et n’importe quoi, chaque sujet lui convenait. Enfin, il aimait tout particulièrement quand ça le concernait, mais il pouvait faire sans. Il entrait facilement en contact, toujours très sociable. Au Japon, ses débuts étaient difficiles. Lui qui adorait parler était contraint au silence comme il ne maitrisait pas la langue. Ça l’avait beaucoup peiné, mais au final, il avait trouvé quelqu’un d’assez patient pour le laisser parler et lui accorder l’attention dont il avait cruellement besoin. Le Coréen avait toujours été ainsi. Il aimait qu’on s’intéresse à lui, il aimait qu’on le remarque, qu’on l’écoute. Et en Haruto, il avait trouvé le partenaire parfait pour ça. Ji Hoon n’avait jamais été gêné par l’idée qu’il puisse le psychanalyser quand il parlait. Il s’en fichait un peu. Il se disait que s’il était un cas à faire peur, Haruto aurait déjà fuis. Mais il était encore là. Il lui revenait doucement après des mois et calvaire à devoir continuer sans lui. Même s’il n’était pas bien bavard d’ordinaire, il l’avait toujours été plus que ça et là, ça avait clairement été trop difficile, insoutenable. Plus jamais il ne voudrait vivre quelque chose d’aussi difficile. Plus jamais il n’accepterait de presque perdre son meilleur ami.

Peut-être qu’un jour, on comprendrait mieux le cerveau humain. Peut-être. Ji Hoon se demandait s’il l’avait vraiment entendu. Probablement. Comment saurait-il pour Seokgyo ? Et pour le chiot ? Pour tout ? Ji Hoon savait. Il l’avait entendu, et réinterprété. Ses dents se plantèrent dans sa lèvre en le fixant. Avait-il vraiment tout entendu ? Un sourire vint se glisser au coin de ses lèvres. Ce serait plutôt amusant. Quel genre de rêve avait-il bien pu avoir ? Toutefois, il n’avait pas envie de lui demander, pas envie d’en parler. Il hocha plutôt la tête. Voilà, prémonitoire. Ça devait être ça. Ce le sera, Ji Hoon en était certain. Il passerait sa thèse avec brio, et fera l’admiration de tout son cercle. Le métis y croyait de tout son cœur et cela ne pouvait qu’arriver. Il sourit un peu à son meilleur ami, le lui confirmant par la pensée. « Tu verras, ça se réalisera. » Son sourire s’accentua légèrement. Oui, un jour, Haruto y arrivera. Un jour, ses rêves se réaliseront, Ji Hoon ferait tout pour l’aider à y arriver. C’était son rôle. Celui de meilleur ami, totalement dévoué à son Japonais.

Lui avouer qu’il était fiancé était normal, naturel. C’était un élément important de sa vie actuelle. Elle était parfaite, tout le monde le lui disait. Haruto l’aimerait forcément. C’était dommage qu’il n’ait pas rêvé d’elle. Pourtant, le Coréen lui en avait parlé souvent, il l’avait évoqué dès qu’ils s’étaient retrouvés. Il avait essayé d’avoir l’avis de son meilleur ami. Mais Haruto ne lui avait jamais donner son avis. Il lui avait demandé son avis avant de lui demander sa main, mais au final, il avait dû prendre chacune de ses décisions tout seul. Liang le conseillait mais ce n’était pas pareil que Haruto. Au final, il avait avancé tout seul dans ce pays où Haruto l’avait toujours guidé. Ce dernier n’avait pas l’air heureux, ni convaincu. Ji Hoon ne savait pas quoi lui dire, pour le convaincre que c’était quelque chose de bien. Qu’il fallait s’en réjouir. Il allait épouser la femme parfaite ! Et elle, un Dieu vivant. En toute modestie. Oui, s’il était possible de se marier avec soi-même, il aurait déjà sauté le pas. Il n’y avait personne de plus parfait que lui de toute façon. « Je me demande aussi. Je pense que personne pourrait dire non. Même toi, tu dirais oui ! » Haruto n’aurait jamais un meilleur mari que lui. Riant fièrement, sa langue se glissa entre ses lèvres pour le taquiner.

Il avait même rêvé d’un voyage à Séoul. C’était extraordinaire. La vie imaginaire de Haruto était bien plus remplie que sa vraie vie à lui. Ji Hoon pourrait presque l’envier. « Tu peux pas vraiment te rappeler d’une ville que t’a jamais visité… » Le Coréen rit un peu. Il se promettait de lui faire visiter pour de vrai, pour que la ville soit encrée dans son cerveau. « Dès que tu te sens prêt, je t’emmène voir Seokgyo, d’accord ? » Il pourrait même l’emmener faire le tour du monde, s’il le lui demandait. Il faudrait qu’il retarde le mariage, mais elle comprendrait. Elle savait que Haruto comptait beaucoup pour lui et qu’ils auraient beaucoup de choses à rattraper, beaucoup de moments magnifiques à vivre. Un homme marié n’est plus aussi libre, il devait en profiter, encore un peu, avant d’être coincé pour de bon, d’avoir la bague au doigt et de ne plus être aussi libre.

Quand cela le concernait, ce n’était jamais absurde. C’était drôle. Il avait lu pas mal de récit sur internet, de témoignages de personnes ayant vécu un long coma, mais rien de comparable à ce que vivait Haruto. Toujours confortablement callé au fond de sa chaise, il gardait son regard figé sur lui. Son sourcil s’arqua légèrement, il ne put s’empêcher de pouffer. Haruto, l’étudiant si prudent ? Mettre une fille enceinte ? C’était tellement drôle et improbable ! La suite était plus plausible. Qu’il la quitte parce qu’il aimait une autre personne. Oui, franchement, ça tenait la route. Il hocha la tête, comme pour montrer qu’il suivait encore, prenant un air confus, la transition était un peu bizarre. « Quoi, tu t’es rendu compte que t’aimais Hiromu ? Pourquoi tu me parles de lui d’un coup ? » Pinçant les lèvres, il secoua la tête en riant, finissant par répondre : « Il va bien. On a bu un verre ensemble la semaine dernière ! Je lui dirai que tu es réveillé. » Pour qu’il puisse venir le voir ici. Ils s’étaient un peu rapprochés, il le fallait bien. Avec ce qui arrivait, se soutenir un peu. Au final, ce n’était pas l’idiot fini qu’il imaginait. Il était bien pire et c’était pour ça que Ji Hoon l’appréciait. « Tu était tombé amoureux de qui ? » Peut-être qu’il ne devrait pas le fixer aussi intensément. Il s’en fichait pas mal.

Encore une drôle de preuve qu’il pouvait l’entendre. Un escroc. Il le lui avait confié un soir, tout bas. Il avait besoin de lui dire, ça n’allait plus très bien, il était inquiet. Il avait eu besoin de le dire à son meilleur ami, de se soulager de ce poids. « Ouais, complètement fou. » Pas tellement. Pas du tout. Ji Hoon rit encore. Pourquoi est-ce que cela l’amusait ? La situation n’était pas drôle. Ou jute un peu. « Du coup, c’est quoi le mieux ? » Il se redressa et s’approcha un peu du lit, gardant son regard toujours encré dans le sien. « Le rêve ou la réalité ? » Sans doute le rêve. Ji Hoon en était persuadé, cette réalité était trop difficile. Lui-même avait l’impression de suffoqué alors qu’il ne l’avait jamais quitté. Continuant à lui sourire, il laissa sa main glisser le long de sa joue. Il était vraiment mignon. Vraiment très beau. Ji Hoon choisissait bien ses amis, même si sa mère avait toujours affirmé le contraire. Elle n’y comprenait rien. « Ça fait si longtemps que je n’ai plus rêvé… Si longtemps que mes nuits sont terriblement tristes. » Même pas un petit truc fantaisiste. C’était terriblement ennuyeux. Sa main resta sur sa joue un moment. « J’aurais bien aimé connaître un autre monde. » Comme Haruto avait semblé le connaitre. Il avait plus encore le regret de ne pas voir été à sa place ce jour là, de ne pas avoir subi l’accident. « Vivement que tu me fasses rêver à nouveau. » Son sourire s’accentuer alors que sa main glissait doucement de son visage. Il rit un peu avant de le relâcher. Il ne devait pas comprendre. Peu importe, c’était amusant. Son meilleur ami était de retour. Son meilleur ami finirait bien par comprendre.


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     Dim 2 Juil - 20:42

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Bien sûr qu'il l'épouserait. Il avait même déjà eu en tête l'idée de lui faire sa demande. S'il n'avait pas encore établi de quelle manière cela se ferait, Haruto était sûr d'une chose ; il le ferait. Quand, comment, ce qu'il savait c'était que ce serait romantique – et un peu érotique (à leur image). Il voulait le mieux pour Ji Hoon, que celui-ci s'en souvienne pour toujours, tout en restant à ses côtés pour toujours. C'était quelque chose que le Japonais avait souhaité du plus profond de son cœur. Encore aujourd'hui. Seulement, maintenant, certaines choses avaient changé. Ou plutôt, la réalité le rattrapait. Ses rêves, il les espérait prémonitoires. Ça ne pouvait en être autrement. Son cœur lui hurlait qu'il avait raison et sa raison lui indiquait qu'elle ne pouvait avoir décemment tout inventé. Ça semblait trop fou. Si on ne connaissait pas encore grand chose au fonctionnement du cerveau humain, une telle imagination paraissait tout bonnement incroyable.

Se contentant de sourire pour toute réponse, Haruto évoqua ce qu'il avait vu. Son esprit avait-il voyagé vers un futur un peu étrange ? Une dimension parallèle, ça semblait un peu gros. Ils se marieraient, et iraient voir Séoul et Seokgyo. Hochant la tête d'un air entendu, il scella cette promesse en fixant Ji Hoon droit dans les yeux. Savait-il à quel point cela était important pour lui ? Qu'ils continuent à vivre ensemble ces petits instants. Son meilleur ami ne pouvait pas avoir conscience de tout cet amour qu'il éprouvait pour lui et qu'il brûlait de lui démontrer. Peut-être l'aimait-il déjà en retour, sans se l'avouer ? Après tout, si leur histoire avait bien commencé il y avait près de cinq ans, ce n'était que quelques mois après ce séjour à la montagne qu'ils avaient accepté leurs sentiments réciproques. Haruto avait peut-être vu ce qu'il se serait passé s'il n'avait pas fait cette terrible chute ? Un avenir plausible ? Alors, tout espoir demeurait. Ji Hoon l'aimait. Il lui suffisait d'un peu de temps. Qu'il soit fiancé n'était qu'un détail auquel le Japonais voulait égoïstement ne pas penser. Il trouverait une solution, ils n'étaient pas encore mariés. Tout pouvait s'arranger.

Pour ça, Haruto devait raviver la flamme. Persuadé qu'elle brûlait encore dans le cœur de Ji Hoon – qu'elle avait toujours brûlé – il se mit en tête de le séduire. Bien sûr, sa mine ne devait pas être la plus excellente qu'il avait dû afficher jusque là. Le physique ne comptait pas, à cet instant. Au moins, il se rassurait en se disant qu'au moins il avait les yeux ouverts. Brillants, ils ne se détachaient pas de ceux de Ji Hoon. Ce regard profond qu'il aimait tant. Avec légèreté, Haruto mentionna ses autres rêves, ceux qu'il pensait moins plausibles. Rougissant à la remarque du Coréen, il balbutia une réponse précipitée. « Non... C'est que... Dans mon rêve nous étions en froid... » Si seulement Ji Hoon savait. C'était drôle, aussi, de constater qu'il n'était pas si loin de la vérité. Oui, il s'était rendu compte qu'il aimait un de ses amis. Mais pas n'importe lequel, le meilleur. Haruto ne savait pas trop s'il était heureux ou non de ce rapprochement entre Hiromu et lui. Grimaçant un sourire pour le remercier, il sentit son cœur rater un battement à la question qui suivit. Il sentit sa nuque devenir moite et son cœur se tendre sous le regard insistant de Ji Hoon. Pourquoi le fixait-il ainsi ? Se doutait-il de quelque chose ? Si oui, en était-il fâché ? Son regard se baissa précipitamment. Fixant à nouveau ses mains au tremblement nerveux, le Japonais chercha une réponse honnête sans pour autant tout dévoiler. « De quelqu'un... que j'apprécie beaucoup. Je ne pensais pas l'aimer à ce point. Nous étions si heureux... » Son regard s'embruma. Il ne devait pas pleurer, c'était si stupide ! Regretter une vie qui n'avait jamais existé ? Ridicule. Il devait se ressaisir !

Fermant les paupières un instant, Haruto rouvrit les yeux dans le même mouvement où il releva le visage pour regarder Ji Hoon. Ses traits n'avaient pas changé, il les aimait toujours autant. Il aimait entendre son rire, aussi. Ça lui donnait envie de l'accompagner, et son rire timide s'éleva dans la chambre, avant qu'il ne s'excuse. Bien sûr que c'était fou. Quand Ji Hoon se rapprocha, Haruto écarquilla les yeux, son rythme cardiaque entrant dans une course folle. Ils étaient si près l'un de l'autre... Ne comprenant pas où son meilleur ami voulait en venir, il darda sur lui un regard surpris. De quoi parlait-il ? Sans trop savoir pourquoi, il se sentit d'abord soulagé, quand la précision fut apporté. Et finalement, elle le plongea dans un intense moment de réflexion. « Honnêtement... ? » Le Japonais réalisa qu'il essayait de gagner un peu de temps. Ji Hoon le prendrait-il mal s'il lui disait préférer ce qu'il pensait avoir vécu alors plongé dans le coma ? Tout le monde était si heureux de le retrouver, et lui n'aspirait qu'à retrouver cette existence perdue. Haruto avait l'impression d'être un monstre égoïste. « Les rêves sont toujours agréables, n'est-ce pas ? On a toujours envie d'y rester enveloppé... » Il émit un rire bref que lui-même ne put interprêter correctement. « Mais ce que j'ai rêvé... Je me dis que je pourrais le retrouver ici. » Ses yeux fixèrent intensément son meilleur ami. Cette main sur sa joue faisait tourner une boule de chaleur au creux de son ventre. Haruto avait tant envie de la prendre dans la sienne et de la serrer contre lui, de presser ses doigts contre ses lèvres.

Son cœur redoubla de vitesse. Ces mots... ? Haruto devait-il y comprendre un sens caché ? Il déglutit discrètement, incertain du fait qu'il devait y apporter une réponse. Souriant faiblement à Ji Hoon, il tentait de maîtriser son palpitant devenu fou. S'il osait, le Japonais balancerait une plaisanterie à propos de ces nuits soit-disant ennuyeuses. Mais son regard restait ancré dans le sien, intense. Figé sur son lit, incapable de bouger, il luttait pour ne pas céder à ses pulsions. Sa bouche devenait sèche, et pourtant, il osa parler. Un simple murmure. « Je peux... Je peux t'aider à le connaître... » Ces paroles ne devaient avoir aucun sens pour le Coréen. Mais la dernière phrase qu'il prononça le motiva à céder. Dans un geste qui n'invoqua aucune hésitation, Haruto se pencha vers Ji Hoon avant que celui-ci ne se soit trop éloigné. Ses lèvres embrassèrent doucement les siennes. S'il voulut d'abord le baiser chaste, comme une simple caresse, Haruto ne put se contrôler. Ses lèvres restèrent collées aux siennes, les embrassant avec douceur. Sa main se posa même sur sa joue pour l'appuyer un peu plus fort. Son amour était pur et sincère. Son cœur s'envolait dans sa poitrine. Ils ne pouvaient être séparés, tout ça paraissait impossible. Leur amour était plus fort que tout, leur histoire réelle. Ji Hoon l'aimait ; Haruto y croyait.

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     Lun 3 Juil - 17:51

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Les choses avaient changé en un an. Ji Hoon avait bien dû vaincre sa solitude en se rapprochant de celui qu’il n’avait jamais supporté, à cause d’une jalousie quelconque. Hiromu lui ressemblait beaucoup en réalité. Ils avaient pu se soutenir, ou plus ou moins. Aussi fort qu’il aimait son jumeau, Liang n’était pas autant à même de comprendre la situation et de se mettre à sa place pour tout ça. Bien sûr, l’amitié de Hiromu n’était rien comparée à celle de Haruto et il était plus que soulagé de le retrouver et de pouvoir à nouveau parler avec lui. Son rire lui avait manqué, tout comme le son de sa voix. Il avait vraiment une très jolie voix, forte et puissante. Ji Hoon la reconnaitrait entre mille. En même temps, ce n’était pas difficile
Elle était unique. Ça faisait du bien de pouvoir l’entendre après tout ce temps. Parfois, le Coréen se mettait à angoisser, en se disant qu’il ne l’entendrait peut-être plus jamais. Il ne parvenait même plus à savoir ce qu’il lui avait dit en dernier, avant de se lancer dans cette piste, avant de l’abandonner ici pour les dix-huit mois à venir. Mais tout cela était désormais terminé, puisque son meilleur ami lui était restitué, plus jamais il ne permettrait quiconque de lui prendre.

C’était sans doute courant. Quand on rêvait d’une personne, notre perception de cette dernière pouvait changer selon ce que nos songes nous avaient dicté. C’était sans doute pour ça que Haruto semblait si nostalgique en parlant de la personne qu’il avait aimée pendant ces mois de coma. Il devait penser maintenant que c’était réel. Ou l’aimait-il déjà avant et son subconscient avait rendu sa peine plus agréable en créant de toute pièce une histoire qui l’aurait rendu heureux. C’était à double tranchant. Quoi de plus triste, que de se réveiller pour se rendre compte que cette histoire merveilleuse n’avait jamais existé, excepté dans son imagination ? Ce serait probablement difficile à vivre. Ji Hoon n’osait pas se l’imaginer. Et s’il se réveillait pour découvrir qu’il ne l’avait jamais revu ? Qu’il ne s’était jamais fiancé ? Un frisson se glissa le long de son corps. Non, il ne voulait pas y penser. C’était vraiment affreux. Ses dents se glissèrent dans sa lèvre. Haruto avait du courage et Ji Hoon, comme souvent, devait se montrer admiratif envers la force de son meilleur ami. Il avait l’air si fragile et pourtant, il était si fort. Personne ne devait vraiment s’en rendre compte. Son sourire était si beau et grand qu’on en oubliait que derrière tout ça, il pouvait souffrir sans jamais en faire part.

Alors au final, qu’est ce qui était le mieux ? Le rêve ou la réalité ? Ses yeux ne le quittaient pas, trop curieux et impatient de savoir de quoi il en retournait. Il ne voulait pas que Haruto lui mente. Il ne voulait pas qu’il se sente obligé que la réalité lui plaisait davantage plutôt qu’un rêve ou il avait pu être sincèrement heureux. Tout cela était important et il savait qu’il ferait de son mieux pour que son meilleur ami retrouve gout à cette vie réelle qui avait continuer sans lui pendant trop longtemps. Ji Hoon allait y remédier, c’était promis. Mais d’abord, il voulait entendre sa réponse. Les rêves étaient toujours préférables. Non, pas toujours. Son sourire se figea un peu. Le Coréen n’était pas sûr de tout comprendre. Ce qu’il avait rêvé, il pourrait le retrouver ici. Oui, vraiment. Il l’avait perdu. Comment pouvait-il en etre aussi sur ? Ji Hoon lui sourit, hochant doucement la tête. « Oui, je suis sûr que tu y arriveras. » Avec un peu de détermination. Ces rêves l’ont peut-être aidé à savoir ce qu’il voudrait réellement, il ne tenait qu’à lui de tout faire pour que cela se réalise, pour rendre cette histoire réelle. Pour être aussi heureux qu’il ne l’était dans ce rêve, par exemple. Cela semblait difficile ainsi, mais aucun doute, son meilleur ami trouverait un moyen de revenir à cette vie qui lui plaisait. Qui devait déjà lui manquer.

Ji Hoon aussi voudrait pouvoir rêver. S’échapper parfois de la réalité. Voler vers un autre monde ou tout serait différent. Ce serait si beau, de pouvoir y arriver. Si beau de pouvoir enfin se laisser aller à une toute autre réalité. Mais il n’avait pas cette chance. Il devait vivre chaque jour cette même réalité. Cette vie si ennuyeuse. Haruto ne devait pas réaliser sa chance. C’était bizarre, d’envier quelqu’un qui venait de passer plus d’un an dans le coma. Pourtant, c’était plutôt vrai. Ou du moins voulait-il en convaincre, alors que sa main se posait sur sa joue, toute douce. On avait dû le raser il y a peu de temps. Son regard restait encré dans le sien, tout près de lui. Il continuait à lui sourire, ses caresses se calmaient doucement alors que sa main demeurait statique sur sa joue. C’était amusant, de le fixer ainsi. Garder ses yeux plongés dans les siens. Il voyait que cela perturbait son meilleur ami, c’était surement ce qui lui plaisait le plus. « Tu peux m’aider ? » Son regard ne le quittait pas, sa voix s’était faite plus basse et il ne bougea pas d’un millimètre. Haruto se rapprochait dangereusement. Sans broncher, il laissa ses lèvres se poser sur les siennes, fermant doucement les yeux, se délectant de ce gout subtil qu’il attendait de connaitre depuis si longtemps.

Celui de la victoire. Il sourit conte ses lèvres avant de remonter doucement sa main contre son torse, le repoussant fermement pour le plaquer contre le matelas. Son sourire s’affirma un peu, suivit d’un petit rire. « Eh bien, voilà. Je savais que j’avais raison. » Sa main glissa dans ses cheveux alors qu’il reculait pour s’éloigner de Haruto. « Tu m’as pas menti, t’es bien hétéro ? » Parce que sinon, ça venait un peu gâcher tout cela. Haussant les épaules, son rire se fit plus franc. « Je savais que je pourrais même séduire un hétéro. Et cette idiote en doutait ! » Incroyable. Pourtant, elle connaissait bien son pouvoir de séduction. « Si j’avais su que ce serait aussi facile à ton réveil, j’aurais insisté pour qu’elle vienne… » Ah, il avait imaginé qu’il faudrait plus de temps. Il avait commencé tout cela il y a bien longtemps. A la montagne, il savait qu’il y était presque, mais cet accident était venu perturber tout ça. Il avait dû faire avec, y travaillant mois après mois.

« Tu savais que parler à quelqu’un dans le coma peut le stimuler ? Je ne pensais pas que cela influerait autant sur ton imaginaire. C’est fascinant ! » Tout ce qu’il avait pu lui dire, les mots d’amour, les déclarations, ces plans d’avenir qu’il lui susurrait. C’était risqué. Si Haruto ne l’aimait pas, par exemple. Mais le Coréen savait que c’était le cas. Il voyait ce genre de choses. Il avait vu combien ce type devenait accro à lui, combien il s’attachait. Il avait parfaitement conscience de comment il le regardait. Tout ce qu’il fallait, c’était de lui faire progressivement croire que tout cela était réciproque. « T’as vraiment cru que je pouvais t’aimer ? » Son rire se fit un peu moqueur. « Franchement, si on oublie ton physique déjà, je n’ai jamais vraiment trouvé l’idée de me prendre une queue excitante, t’es tellement chiant et ennuyeux, je commençais a désespéré. » Un soupir quitta ses lèvres. Il n’aurait pas pu continuer à faire semblant, elle devrait le croire sur parole, hors de question qu’il joue au gay encore, l’embrasser avait déjà été bien trop désagréable pour qu’il s’y plie encore. S’approchant à nouveau de lui, il posa sa main sur son épaule qu’il secoua doucement son épaule. « T’as vraiment été stupide hein ? Comment on peut etre aussi con, franchement j’y crois pas ! » Il rit encore, profondément amusé par la situation. « Mais réveille-toi, Haru ! Ouvre les yeux ! » Etait-il idiot au point de croire cela possible ? Au point d’avoir cru tout ça possible ? Le pauvre, il lui ferait presque de la peine.


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