Nous manquons de trainees, favorisez-les pour vos personnages inventés ! heart


 

 trippin' ▫ kamiya haruto

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     Dim 7 Mai - 22:08




Trippin'
“So what do you think the physical effect was?"


Le métro japonais était bien des choses. Doté d’une réputation irréprochable, notamment pour la courtoisie et l’honnêteté de sa faune, mais également la propreté irréprochable de ses barres, sur lesquelles je ne m’amuserais cependant pas à manger pour étayer cette théorie, on a cependant tendance à oublier qu’il s’agit du métro. Le métro, par définition, n’est pas un endroit agréable, peu importe sur quelle parcelle du globe l’on se trouve. On aimerait bien qu’un tour dans cette boite en ferraille soit aussi fun qu’écouter Funky Town, mais les concepteurs avaient visiblement à cœur de rendre cette expérience aussi déplaisante que possible. Et on commence bien évidemment par l’exiguïté de l’engin dans lequel on finit compresser aux heures de pointe, façon sardines en boite. Je n’évoquerai même pas l’idée soi-disant brillante de celui qui s’est dit « tiens, et si on ne les faisait voyager presque exclusivement sous terre. Ce serait rassurant, non ? »
Non.
Mais, me demanderez-vous, si vous ne souffrez ni d’agoraphobie ni de claustrophobie, est-ce si terrible de voyager en métro dans notre belle capitale ? A cela je vous répondrai que même éduquer, la bêtise humaine est un facteur à ne pas négliger. Le métro, c’est quelque chose à ce niveau-là, à moins que ce ne soit le manque de lumière et d’espace qui rendent ces pauvres gens plus idiots que d’habitude. Dans tous les cas, vous les avez probablement déjà croisé ; les poivrots, les groupes qui ne contrôlent pas leur débit sonore, les mains baladeuses qui mériteraient probablement d’être coupés, sans parler des pénis sauvages que l’on peut parfois surprendre au détour d’un wagon, les soirs de pleine lune.
Mais je ne suis pas là pour expliquer à quel point ce moyen de transport me parait peu recommandable. Je suis là pour vous parler de l’un de ces individus qui ne vous aideront pas à trouver le trajet plus supportable, au contraire.
Vautrer sur deux sièges, parce que les gens ne se battent pas déjà suffisamment pour ne pas avoir à supporter la position débout, l’œil vitreux et dont les vaisseaux sanguins étaient anormalement visibles, notre protagoniste n’avait pas vraiment le profil du voyageur bienveillant. Il n’était pas bruyant cela dit, mais son haleine embaumé subtilement le wagon. Et ce n’était pas du tabac, pas seul en tout cas, qui le rendait mou comme un verre, tout juste capable de lever le bras, puis le majeur pour protester contre le môme sur le siège d’à côté qui le regardait avec curiosité, les yeux ronds comme la sucette qu’il venait de se fourrer dans le gosier.

Hiro n’avait pas la moindre idée de ce qu’il foutait là, ou du moins il avait sa théorie sur le sujet mais, jusqu’à preuve du contraire, les petits bonhommes verts qui vous kidnappent pour vous asseoir de force dans le métro, ça n’existe pas. Alors nous partirons du postulat qu’il a bêtement loupé son arrêt et, à force d’être dans cette boîte infernale, a fini par oublier qu’il voulait simplement rentrer chez lui. C’était loin d’être une première, surtout quand la fumée venait lui embrumée les pensées, et nous n’en parlerions même pas s’il s’était contenté de rester dans le wagon jusqu’à ce qu’il pense que peut-être, peut-être il devrait rentrer. Il n’était que 23h, mais quand même.
Ce qu’il y avait d’intéressant, cette fois-là, c’est qu’à force de regarder le tableau des arrêts, parce que les petites lumières étaient grandement récréatives, il lui était venu une idée. Une idée un peu bête, ou brillante, selon le point de vue, mais une idée quand même. Haruto devait bien être chez lui à cette heure-là. Et si… Et si il allait lui rendre une visite ? Et si Jihoon était là-bas lui aussi ? Et si… Et si il le traitait de goujat ou non, non mieux… De poudre de perlimpinpin ? Excellent.
Si la seule qualité de Hiro jusque-là était son silence, les autres voyageurs pouvaient désormais s’agacer de son rire particulièrement sonore.

Le chemin jusqu’à la modeste demeure de monsieur Kamiya fut aussi laborieux que la réflexion tortueuse d’Hiro. Curieusement cohérente quoi qu’un peu chancelante, mais le coupable pour cette démarche incertaine se trouvait dans son sac à dos et portait un nom russe qu’il serait bien incapable de prononcer après en avoir si généreusement consommé. D’ailleurs, il n’allait pas se priver d’une petite gorgée du courage avant ce qui s’annonçait être une guerre verbale d’une brutalité extrême.
Reconnaître la bonne porte était aussi un obstacle inattendu contre lequel il fallut persévérer quelques longues minutes avant qu’enfin, il puisse toquer et déclarer sa présence aussi subtilement et élégamment que possible.

― Hey mon gars, j’espère t’es pas en train de baiser avec ta blonde parce que moi j’suis pas venu ici pour souffrir, ok ? Faut qu’on parle !
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     Mer 14 Juin - 22:03




Trippin'
“So what do you think the physical effect was?"


Son bras retomba mollement vers le sol, alors que Kimyaki venait renifler le téléphone dans sa main. Ji Hoon ne rentrerait pas ce soir. Pourquoi est-ce que ça l'étonnait ? Vingt-trois heures allaient bientôt sonner. Mieux valait-il encore qu'il aille se coucher. Car depuis quelques trop longues minutes, Haruto se demandait sérieusement s'il devait ou non repeindre son plafond. A force de le fixer, il avait fini par le trouver vraiment trop blanc, c'était presque invivable. S'il le peignait en bleu, il pourrait se perdre dans des métaphores stupides de ciel dégagé d'été. Avait-il assez de talent pour y dessiner un ou deux nuages qui ne ressembleraient pas à du gribouillis d'enfant de maternelle ? Et dans le coin, un soleil ? Oui, mais sans visage. Il y avait des limites au bon goût.

Se frottant les tempes, il finit par se redresser sur son séant, observant son appartement trop petit qui commençait à l'oppresser. L'absence de Ji Hoon se faisait paradoxalement ressentir de cette manière. Seul restait leur adorable bichon pour lui apporter un peu de réconfort et d'affection. Mais à force de le câliner, Haruto avait peur d'en faire un petit chien pourrir gâté – ce qui était en soi déjà trop tard. Que pouvait-il faire d'autre, après tout ? La majorité des numéros griffonnés sur son répertoire n'étaient plus attribués, les noms qui apparaissait sur l'écran de son téléphone ne lui disaient plus rien. Et si par miracle c'était le cas, le Japonais savait qu'il était inutile de les déranger, surtout à une heure pareille. Ceux qui voulaient bien encore se considérer comme ses amis, Haruto souhaitait les garder.

Ne pouvait que se résoudre à passer une nuit blanche à tourner dans son lit trop grand et trop vide sans trouver le sommeil, Haruto finit par se hisser sur ses longues jambes tordues. Kimyaki jappa doucement, comme pour lui demander ce qu'il comptait faire. Boire ? Ça justifierait peut-être un dialogue avec son bichon. Non, il n'allait pas se ridiculiser devant leur bébé. Et surtout pas tout seul. Ji Hoon lui manquait vraiment... Peut-être devrait-il l'appeler et le supplier de rentrer ? Il avait besoin de lui, il ne pouvait pas le laisser. Poussant un profond soupir, le Japonais se demanda depuis quand il était si soumis. Ne  pouvait-il vraiment rien faire sans son petit ami ? Des coups vivement frappés à la porte l'empêchèrent d'obtenir la moindre réponse du cosmos sur sa question purement rhétorique. Sûrement que le résultat ne lui aurait pas plu, c'était mieux ainsi.

Cette voix. Pourquoi Haruto devait rougir de ses propos ? Il n'y avait qu'une personne qui osait. Qu'avait-il bien pu faire au karma ? Rattrapant Kimyaki qui aboyait aussi férocement que le pouvait un petit chien comme lui, le Japonais tenta de le calmer avant d'ouvrir. « Bon sang Hiro ! Les voisins ! » Ceux-là devaient en savoir bien plus long sur les nuits – matins, après-midis – torrides du couple que Hiro. Le bichon grogna contre ce dernier, avant de filer dans la cuisine, histoire de montrer à son papa qu'il n'approuvait pas cette visite. « Qu'est-ce que tu veux ? Il t'est arrivé quelque chose ? » Mine de rien, il l'avait laissé entrer. Officiellement, il dirait que c'était parce qu'il ne voulait pas que son ami réveille tout l'immeuble par ses hurlements tendancieux. Officieusement, Haruto n'avouait pas qu'il avait besoin de compagnie. Et à ce niveau-là, même celle de Hiro lui conviendrait. « Tu as bu ? » Il allait finir par être jaloux. Trop sage.
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Always ♒︎ I'll be loving you always, with a love that's true always, when the things you've planned need a helpin' hand, I will understand always, always. Days may not be fair always, that's when I'll be there always, not for just an hour, not for just a day, not for just a year but always© endlesslove.

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     Lun 21 Aoû - 2:31




Trippin'
“So what do you think the physical effect was?"


Quel phénomène particulier que le paradoxe Takagi. Ce terme désigne un rapport aux règles conflictuel, oscillant entre un respect religieux à un mépris magistral.
Il n’y a pas si longtemps – quelques mois, tout au plus – Hiro Takagi, membre émérite du conseil étudiant, chargé de rendre l’endroit plus agréable aux nouvelles têtes sur le campus, n’aurait pas imaginé l’idée de s’opposer au règlement. Il s’imaginait que tomber dans ce piège, la tentation de briser les règles, des appâts posés sur son chemin pour tester sa résolution, pouvait aller jusqu’à déterminer son avenir, ses chances d’échec ou de succès. Ce n’était pas totalement faux, en réalité. Le règlement était devenu sa bible morale : pas de relation, une vie saine, un dévouement sans bornes à l’entrainement.
C’est fou ce qu’un changement d’administration peut provoquer chez un homme, au point de lui faire voir les choses sous un jour opposé. Avec Eita Mariko, il savait ses chances de réaliser son rêve un jour réduit à pas grand-chose, un grain de sable au milieu du désert. Il ne respirait qu’en exprimant une insolence constante à son égard ; les règles étaient devenues des choses faites pour être brisées.
Cela dit, et quoi que l’on puisse en dire, Hiro n’était pas dupe sur sa situation. Il ne faisait rien pour augmenter ses chances de succès, bien au contraire. La presse à scandale finirait immanquablement par s’intéresser à lui, par lui tomber dessus. Il espérait simplement que les retombées seraient désastreuses pour la réputation de la directrice. Quant à la sienne, il la savait déjà tachée, au-delà de toutes réparations possibles. Rectifié sa ligne de conduite n’y changerait rien, il restait ce qu’il était, et si s’en cacher le peinait déjà suffisamment, il n’était certainement pas question qu’il mente en s’inventant des amourettes avec des demoiselles pour lesquelles son affection ne serait jamais plus que platonique.
Autant dire donc qu’il se moquait bien d’être en si piteuse état dehors, si tard. Autant dire que l’idée de finir dans le lit de quelqu’un était une pensée avec laquelle il flirtait à l’instant même où il s’était retrouvé devant la porte de son ami. Mais, cette fois-ci, ce n’était pas par insolence envers Eita Mariko. Il avait seulement très envie d’emmerder ce brave Lee Jihoon.

Lorsqu’il vit sortir Haruto, seul, si ce n’est de la bête assoiffé de sang qui jappait derrière sa jambe, il ne put s’empêcher de sentir une pointe de satisfaction. L’animal, en revanche, ne l’aida pas à se sentir tout à fait en confiance. Sa tentative de sourire charmeur, plein d’assurance, déjà affligé par le handicap qu’est l’alcool, ne fut pas aidée par la façon dont son estomac se nouait à l’idée que ce machin ne le morde.
« Bon sang Hiro ! Les voisins ! » Les voisins… Un instant de confusion fit disparaitre toute tentative de charme sur le visage du jeune homme. La signification du mot sembla l’échapper, à moins qu’il ne s’agisse de la raison pour laquelle Haruto s’agaçait. Peut-être parce que Jihoon était bien là, finalement, en train de se battre avec son froc ? L’idée d’interrompre cet instant le fit sourire à nouveau. Pas très longtemps. Le grognement du bichon ne manqua pas de le rappeler à l’ordre.
Il était en territoire ennemi et même lorsque le monstre se refugia à l’intérieur, une distance raisonnable de sécurité les séparant, il ne parvint pas à se détendre.  « Qu'est-ce que tu veux ? Il t'est arrivé quelque chose ? »
Un autre instant et le voilà à divaguer à nouveau, à se demander s’il lui faudrait une gorgée de vodka supplémentaire pour oser embrasser son ami sur le porche. Le timing serait parfait, du peu que l’autre imbécile décide de venir voir qui a osé interrompre leur moment privilégié. Il serait probablement fou de jalousie, Haruto enfin débarrassé de cet abruti, une perspective très séduisante. Mais la façon dont le chien le fixait, terré derrière la porte, le dissuada de tenter une telle action. Il se contenta de rentrer malgré la menace canine qui ne le lâchait pas du regard. Est-ce qu’Haruto l’avait invité à rentrer ? Aucune idée. Encore une autre chose dont il se fichait. « Tu as bu ? » Avant de répondre, Hiro n’avait pas oublié une des règles élémentaires de la politesse. Il retira ses chaussures à l’entrée avant de se traîner jusqu’au canapé où il se vautra de tout son long. Pas sûr que son hôte pourrait s’asseoir, mais maintenant que la tête lui tournait moins, maintenant qu’un peu de sang semblait être venu entre ses deux oreilles, il se sentait à même de répondre à sa question en lui tendant la bouteille que sa main gauche conservée si jalousement jusque-là. « L'eau, ça finira par avoir ma peau ! T’en veux ? » Question rhétorique, la bouteille avait déjà forcé son chemin entre les mains d’Haruto. Quelque chose d’autre inquiétait Hiro, et ce n’était pas la présence du bichon au pied du canapé. Personne ne semblait prêt à débarquer de la chambre à coucher. Haruto, à bien y regarder, semblait bien propre sur lui pour quelqu’un qu’il supposait s’être habillé à la va vite pour venir lui ouvrir la porte. « Jihoon est pas là ? »
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