Ordinary love? More like ordinary lie ft. Haruto

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Sam 15 Avr - 18:54
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

La première pensée qu’avait eu Kiyoshi en recevant le texto de fesses divines (ok, il devait définitivement revoir ses comparatifs – et changer l’appellation dans son téléphone- s’il voulait se complaire dans le rôle du mâle alpha super viril et amateur de femmes) – Haruto, c’était quel tarif ça lui coûterait pour le voir comme ça, au grand jour. Était-ce une nouvelle technique pour lui vendre des séances de thérapie? La seconde option, tout aussi inquiétante, était que quelque chose clochait avec sa santé. C’était plausible, avec l’accident dont il avait été victime dernièrement… et s’il y avait eu des complications? Non parce que franchement, en lisant un texto du genre ‘’il faut qu’on parle’’ il n’avait pu trouver aucune raison pour laquelle le nippon aurait pu lui en vouloir. Ils ne s’étaient pas vus depuis un bon moment, il n’avait fait aucun attouchement à Ji Hoon qui aurait pu compromettre l’image du dieu de la drague hétéro qu’il avait de lui et, aux dernières nouvelles, Kiyoshi n’avait rien à se reprocher…

Il avait beau se retourner l’esprit dans tous les sens, il n’avait aucune idée de ce qu’il avait bien pu faire de travers… Crétin. Il faut dire que sa participation à une émission bidon, avec sa prof’ de théâtre qui plus est, ne lui avait pas effleuré l’esprit.  Après tout, qu’est-ce qu’Haruto pourrait avoir à faire du fait qu’il s’expose comme le plus mâle des mâles du japon sur les télévisions du pays hein? Kotani avait fait atteinte à sa réputation avec ses allégations d’amateur de bambou, il devait sévir! C’est donc l’angoisse au ventre qu’il avait accepté la rencontre, allant même jusqu’à se lever aux aurores dans une tentative bidon de contrôler son stress, le jour J.

Était-ce trop tard pour annuler? C’est ce qu’il se demandait en fixant l’heure, à tous les cinq minutes. Il n’était pas prêt pour une confrontation. Dieu, il haïssait la confrontation! Et pourtant, fidèle au poste, il s’était pointé au Pizza Hut, comme un grand, ne laissant rien voir de son trouble. On lui avait proposé de manger un morceau de son repas préféré, clairement, ça augurait bien non? … Alors c’était quoi ce sentiment de peur qui ne le quittait pas. C’était cette oppressante réalisation, quasi constante, que quelqu’un finirait par voir derrière le masque qu’il portait, que quelqu’un, un jour, le forcerait à dire tout haut ce qu’il avait refoulé au plus profond de lui-même.

En arrivant sur les lieux, c’est un sourire qui ornait son visage, mensonge odieux quand on savait la peur qui lui retournait l’estomac. Sourire qui s’élargis alors qu’il repérait son ‘’ami’’ non loin. Ok. Affronter, savoir de quoi il retourne, et prendre la fuite au besoin. Il était prêt à faire comme Bambi devant le chasseur si ça devenait nécessaire. Il était toujours prêt de toute façon. Fuir, c’est ce qu’il faisait de mieux… Il s’était approché de son rendez-vous du jour et, en agitant la main, avait commencé d’un ton enjoué – trop enjoué ? « … Haruto!  » … au moins, il avait l’air en forme, il pouvait radier le scénario maladie grave? … « T’as raison, on doit parler. J’ai vu ta sœur à la télé. Comment t’as pu me cacher qu’elle est aussi bonne?  » … Pour le remplacer par le scénario ou Haruto l’étranglait? … Bah au moins, qu’on note qu’il pigeait ses répliques de parfait hétéro pervers directement de la bouche de Ji Hoon! Ça méritait des points pour l’effort?


electric bird.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar

     Jeu 4 Mai - 15:28
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Peut-être bien qu'il y avait tout à revoir. Haruto ne savait pas trop. Etait-il vraiment un mauvais psychiatre ? Un mauvais ami, peut-être ? C'était sa grande interrogation. Cependant, il ne pouvait rester là, sans rien faire. Si sa nature première était d'observer sans prendre réellement part à la marche du monde, il n'était pas non plus du genre à rester là sans rien faire. Et ce cas semblait être top priorité ! Qui d'autre que lui pour mener cela à bien ? Sûrement personne ! Parce que oui, Kiyoshi, c'était quand même un cas à part.

S'il n'avait pas particulièrement apprécié son visionnage de la émission de dating proposé par le label E. Entertainment parce que sa sœur y apparaissait couplée avec l'homme qui était peut-être le plus à l'opposé d'elle, Haruto n'avait pas manqué reconnaître d'autres visages, parmi tous ces joyeux couples. Le thème de Ordinary Love lui paraissait grotesque, ayant simplement pour but de faire croire aux citoyens lambda qu'ils pouvaient rêver sortir avec des idoles d'aujourd'hui et demain. Du grand n'importe quoi, en somme. Y en avaient-ils vraiment pour croire que cela pouvait arriver si facilement ? Un beau sourire, et le tour était joué ? N'y avait-il personne pour réfléchir et noter que la plupart appartenait de près ou de loin au même univers ? A part Liang, tous les inconnus n'en étaient que moyennement. On se fichait clairement des téléspectateurs.

Et parmi ces visages pas si inconnus, celui de Kiyoshi. S'il ne l'avait pas relevé devant Ji Hoon pour ne pas l'alarmer – le fâcher – Haruto n'avait pas oublié, le lendemain. Profitant que son homme aille voir son frère, il avait envoyé un message à son ami. Patient. Ami. Qu'importe. Il devait lui parler d'un petit détail qui l'avait quelque peu ennuyé. Rendez-vous était pris quelques jours plus tard au Pizza Hut. Drôle d'endroit, mais soit. Haruto aurait préféré un endroit plus calme, intimiste. Cependant, sa mémoire ne lui faisait pas trop défaut sur un point. Sa faculté à parler. A trouver les mots. Du moins, il l'espérait. Bien que toujours en convalescence suite à son accident survenu en février dernier, le psychiatre qu'il était ne l'avait pas complètement quitté.

Cependant, ce fut un peu nerveux qu'il s'assit à une table du restaurant. Arrivé en avance, il fixait droit devant lui, un point invisible pour les autres clients qui se fichait bien de lui. Que pourrait-il bien lui dire, au final ? Avait-il raison de se mêler de cette histoire ? On l'avait peut-être forcé, après tout. Kiyoshi était après tout un trainee de E. Entertainment, son avenir ne lui appartenait plus tout à fait. Mais le jeune homme avait accepté de le rencontrer, aussi Haruto essayait de se calmer. Il pouvait toujours dire qu'il l'avait vu à la télé, et partir dans une simple discussion de courtoisie. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas vus ? L'accident, au moins. S'il avait eu des nouvelles, ça ne valait jamais une rencontre en face à face. La voix familière de Kiyoshi le sortit de ses pensées. « Oh, Kiyoshi ! » Mais rapidement, le sourire qui avait doucement illuminé ses traits s'affaissait. De justesse, Haruto se retint de le frapper à l'épaule. D'un claquement de langue exaspéré, il lui présenta la chaise face à lui. « Assieds-toi, au lieu de dire des âneries. » Très mauvaise tactique de la part du trainee que de mentionner de sa sœur de cette manière. Que ce soit l'une ou l'autre, d'ailleurs. « Tu n'es pas fan de Hanabi ? » Ses si jolies senpai ? Levant un sourcil curieux, Haruto joignit ses mains sur la table, s'y appuyant doucement dessus. « Après la soirée d'hier, je me posais la question. » Se penchant légèrement vers Kiyoshi, il se rendit compte que son ton s'était fait bas. « Tu as donc retrouvé le droit chemin ? » Ces derniers mots avaient été dit d'un ton amer, presque dégoûté. Son regard dur s'était planté dans celui de Kiyoshi, espérant que ce dernier comprenne bien ce qu'il sous-entendait.


electric bird.

_________________

Always ♒︎ I'll be loving you always, with a love that's true always, when the things you've planned need a helpin' hand, I will understand always, always. Days may not be fair always, that's when I'll be there always, not for just an hour, not for just a day, not for just a year but always© endlesslove.

— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Ven 5 Mai - 15:16
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Lorsqu’il était allé, pour la première fois en thérapie de conversion, Kiyoshi se souvenait d’avoir trouvé étrange que la majorité de ses pairs aient été dans cette pièce par obligation plutôt que par choix. Tous ces gens dont les parents s’inquiétaient de la normalité, ces âmes perdues qui ne voyaient pas l’utilité d’un tel cheminement… Et lui dans tout ça? Lui, il était là pour refouler ces pulsions malsaines qui lui broyaient l’âme. Il n’en avait pas parlé à sa mère, de peur qu’elle le dissuade. Maman Matsuda était réputée pour sa grande capacité d’acceptation, elle avait même pardonné au père de ses trois enfants d’être allé refaire sa vie dieu sait ou comme une greluche de bas étage. Elle pardonnait tout. Et il était hors de question qu’il lui impose une nouvelle épreuve. Dans toute la pièce, il le réalisait désormais, il était probablement un des seuls à avoir réellement espéré que ce cheminement fonctionne, qu’on puisse le guérir de ces idées malsaines. Déjà, il était à mi-chemin, n’ayant aucune intention d’expérimenter quelconque rapprochement avec un homme ou une femme. Jamais. Mais pouvait-il réellement contrôler sa pompe à sang qui accélérait un peu trop lorsqu’il pensait à un certain acteur… non.

Et Haruto, il connaissait cette parcelle de lui. Il aurait dû couper les ponts, ne jamais le garder comme ami, c’était trop difficile, trop compliqué de gérer toute ces connaissances. Haruto l’avait vu au plus bas, quand il tentait désespérément de trouver une cure à sa condition, quand il gobait les promesses de ces séances minables … et de par ce fait même, il était désormais à même de percer son masque de parfait petit hétéro plus aisément que quiconque. Ajoutez à cela qu’il avait fait des études en psychiatrie, il est certain qu’il était à lui seul une arme dangereuse, un type à qui vous ne pouvez pas vraiment cacher la vérité. Et ça, plus que toute chose, ça angoissait Kiyoshi. Comment parviendrait-il à se mentir à lui-même, s’il ne pouvait même pas duper un de ses rares amis? Il pouvait toujours espérer de mourir assassiné, si c’était son plan, parce que la gueule qu’avait tiré le médecin en l’entendant parler de sa sœur était une menace très explicite à ce sujet.

Sujet qu’il était préférable d’éviter. Ok. Le fait que ses sœurs soient mignonnes était proscrit, et le fait que Ji Hoon était canon aussi. Ça rayait deux points qu’ils avaient en commun. Triste. Il avait risqué un sourire innocent à la question de son vis-à-vis, prenant place comme il lui demandait. Hanabi… Ce n’était pas le groupe dans lequel cette idiote de Maiko performait? Une vraie peste qui avait osé remettre en question son orientation sexuelle et sa virilité, il n’encourageait certainement pas de la musique païenne! Et pourtant, creusant sa cervelle pour une réponse acceptable, il avait quand même conclus : « Si… mais ma préférée, c’était Yue. Maintenant que tu m’interdis d’admirer tes sœurs. Ce n’est quand même pas de ma faute si vous avez de bons gênes chez les Kamiya! » Surtout Haruto, s’il avait pu voir son médecin se déhancher sur une scène, il aurait voté pour… Il n’en dit évidement, pas un mot. Il semblait déterminé à ouvrir la bouche uniquement pour baragouiner des âneries.

… La nervosité. Et il espérait, un peu du moins, que de changer de sujet suffirait à éviter le questionnement qu’il savait venir. Si Haruto avait allumé la télévision dernièrement, il aurait vu, sa tentative minable pour draguer une vieille bique d’enseignante, il aurait vu ce masque… et aurait une fois de plus tenté de le percer. Il ne voulait rien entendre. Sauf que son ami n’était pas de cet avis et, à sa question, il avait bêtement cligné des yeux, sentant sa respiration s’accélérer. Le droit chemin? N’y avait-il pas qu’un seul chemin? Il avait forcé un sourire, refusant d’aborder sérieusement ce sujet-là. « Il n’y a qu’un seul chemin Haruto. Rien qu’un. » Et il n’était même pas proche de l’emprunter. « Et je ne l’ai jamais quitté. » Pas avec des sentiments aussi brutaux pour les gens du même sexe, et pas avec cette aversion pour les contacts de toute nature, franchement, il haïssait l’idée même d’un rapprochement, avec un homme ou avec une femme. Il aurait voulu que les relations se limitent à se tenir la main, à l’occasion. Ça aussi, il le savait bien, ce n’était pas normal… Ses doigts avaient nerveusement commencé à s’accrocher au marque place en papier, le déchirant sous l’effet de la nervosité. Sa gorge était nouée, et il pouvait sentir son cœur se compresser alors qu’il avait couiné, plus pour lui que pour son ami :  « … je suis tout ce qu’il y a de plus normal…non? »


electric bird.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar

     Dim 11 Juin - 22:42
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Sa relation avec Kiyoshi restait particulière. Haruto ne savait pas trop s'il le considérait vraiment comme un ami proche et si Kiyoshi ne voyait pas plus le psychiatre en lui qu'autre chose. Oui, sûrement étaient-ils amis. Sinon pourquoi se serait-il inquiété de le voir dans cette stupide émission ? Pourquoi cela pouvait-il l'énerver à ce point, qu'il se cache ainsi ? Parce que lui-même vivait une histoire d'amour homosexuelle ? Peut-être, mais pas seulement. Aussi bizarre que cela pouvait paraître, Haruto tenait à Kiyoshi. Cela pouvait venir de son côté un peu trop empathique, il ne savait pas. Il avait vu ce dernier au plus mal, et il était hors de question de tout recommencer. S'il ne pouvait le forcer à sortir du placard, Haruto pouvait au moins lui tenir la porte ouverte.

Mais arriverait-il à l'ouvrir, Kiyoshi semblait désespérément accroché à la poignée. Au point où ça en devenait presque ridicule, mais Haruto se garda bien évidemment de le lui signaler. Avec un élément comme lui, il fallait se la jouer fine, avancer à petits pas. Cette invitation avait pour but d'engager une conversation sincère, durant laquelle le plus jeune n'aurait pas à se cacher. Inutile de le mettre au pied du mur, mais simplement essayer de lui faire comprendre – encore – que c'était futile et insensé de se battre contre ce qu'il éprouvait. Ça le frustrerait, et ne lui apporterait rien de bon. Cependant, Kiyoshi ne paraissait pas le comprendre. A la place, comme d'habitude, il débitait des grossièretés plus énormes que lui. Haruto lui pardonnait ces mots malheureux qu'il eut envers ses sœurs, se disant qu'un jour, il pourrait toujours les lui faire payer d'une manière ou d'une autre. Et puis, c'était bien parce qu'il connaissait son secret. « Tu peux les admirer sans jouer les machos ridicules. » Haruto admettait néanmoins que son ami avait raison. Les gènes Kamiya étaient parfaits, dignes des dieux, comme l'indiquait le caractère chinois de leur nom.

Mais ce n'était pas le moment de s'épancher sur la beauté – réelle et assumée – de la fratrie Kamiya. Haruto ne devait pas perdre de vue l'objet de cette invitation. Se penchant par-dessus la table, il ne laissa pas le temps à Kiyoshi de changer de sujet, voulant ainsi lui montrer qu'il était sérieux dans sa démarche. Dans son envie de l'aider. Un seul chemin ? Il secoua la tête. « Bien plus que ça. C'est d'ailleurs pour ça qu'il arrive que l'on se trompe d'itinéraire. » Comme lui, jusqu'à ce que sa route croise celle de Ji Hoon. « Tu devrais enlever tes œillères, lever les yeux de cette carte que tu t'obstines à suivre sans réfléchir vers où tu souhaites vraiment aller. » Et s'ils laissaient là les métaphores ? Haruto ne voulait pas se montrer trop moralisateur et lui adressa un sourire à la fois compatissant et encourageant. Cela pouvait mettre du temps, mais il restait persuadé qu'un jour, Kiyoshi accepterait la vérité qui s'imposait naturellement.

Fixant son ami, le plus âgé se demanda s'il ne devait pas leur commander quelque chose. Peut-être que discuter en mangeant détendrait l'atmosphère ? Il entama le verre d'eau qu'un serveur avait déposé devant lui à peine fut-il assis. Les mots de Kiyoshi lui parvinrent malgré le brouhaha ambiant. S'étranglant légèrement avec la gorgée qu'il venait de boire, Haruto toussota, reposant sur la table son verre d'un geste maladroit. Pinçant les lèvres, il se retint de le secouer. Cependant, Haruto voyait bien la détresse de son ami. Soufflant par le nez, il se redressa légèrement, affichant un air on ne pouvait plus sérieux. « Est-ce que tu me trouves anormal ? » Il fixa intensément Kiyoshi. Celui-ci avait bien compris qu'entre Ji Hoon et lui, il y avait bien plus que de l'amitié, non ? Retrouvant un regard et un ton plus doux, Haruto lui sourit amicalement. « Kiyoshi... C'est à toi que tu fais le plus de mal, tu sais ? La plupart des gens s'en fichent, et au pire, ils ne veulent pas savoir. Ça ne regarde que toi. » Haruto se laissa retomber contre le dossier de sa chaise. « Est-ce que tu es heureux comme ça ? » Les bras croisés, il attendait de son ami une réponse sincère, espérant que la serveuse qui s'approchait lui en laisse le temps.  


electric bird.

_________________

Always ♒︎ I'll be loving you always, with a love that's true always, when the things you've planned need a helpin' hand, I will understand always, always. Days may not be fair always, that's when I'll be there always, not for just an hour, not for just a day, not for just a year but always© endlesslove.

— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Dim 9 Juil - 22:13
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Parfois, il regrettait d’avoir gardé contact avec Haruto. Il avait l’impression que le médecin voyait en lui plus qu’il ne devrait, qu’il arrivait à percer cette carapace qu’il avait pourtant mis des années à se forger. Il le forçait à se montrer vulnérable, à ouvrir les yeux, à réfléchir sérieusement sur ces sensations malsaines qui lui emplissaient le cœur et les pièces qui manquaient depuis des lustres au puzzle qu’était son identité. Kiyoshi pouvait feindre la joie, le calme aussi, mais pas quand on remettait continuellement en question ses mensonges, ses faux-semblants et cette pièce qu’il jouait, comme si ça ne pouvait être plus minable que sa propre vie. Et pire encore, il n’avait pas la délicatesse de le laisser se plonger dans son déni, ni maintenant, ni avant…. Son ami ne lui avait jamais caché ne pas approuver la ‘’thérapie’’ à laquelle s’adonnait le plus jeune, espérant trouver dans ce traitement la formule miracle à ce qui n’allait pas chez lui. Et encore aujourd’hui, dans ce restaurant, Kiyoshi sentait sa gorge se nouer sous les regards désapprobateur du jeune homme, ne pouvaient-ils pas avoir une conversation légère, amicale pour une fois? S’il tolérait le bridé, c’était certainement parce qu’il percevait, dans ses attentions, dans ses mots, qu’il tentait un sauvetage… mais comment aurait-il pu le guérir d’un mal dont il ignorait la source et la nature hein?

Dans un couinement, le jeune homme avait répondu à son vis-à-vis, préférant laisser de côté le sex-appel des sœurs Kamiya, et, mieux encore, ne surtout pas mentionner que selon lui, Haruto était le plus canon de toute la fratrie. « Je ne vois pas de quoi tu parles… » sa voix s’était fait étouffée, basse, alors qu’il fixait la table en serrant les poings. Il n’était pas prêt à verbaliser ce qui l’habitait, ça le terrifiait, et il ne voulait pour rien au monde confronter ce démon-là. Ni maintenant, ni jamais. « Je ne porte pas d’œillères, je sais exactement ou je vais. » ou plutôt, il savait où il n’allait pas. Affronter le dégoût profond que tout contact lui inspirait, cette répulsion face à la gente féminine, et pire, cette incapacité à vouloir plus qu’observer un homme qui lui plaisait… Il n’était ni gay, ni hétéro, et c’est probablement ce manque d’étiquette qui le troublait plus que de raison. Qu’était-il donc? Son âme entière réclamait une certaine personne, près de lui, pour lui parler, pour sa compagnie, mais après, lorsqu’il pensait aux étapes suivantes, les rapprochements, les baisers, il se glaçait d’effroi, que le participant soit homme ou femme. Ça, il ne voulait même pas y songer.

Il aurait voulu tourner les talons, ne pas avoir cette discussion, ne surtout pas ouvrir cette plaie qui peinait à se refermer. Et la crainte de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir personne à qui s’identifier, de ne pouvoir donner à un partenaire futur ce qu’il attendait de lui… c’était quoi, ce vide, ce manque total d’intérêt pour les contacts humains? … Peut-être que s’il n’avait pas refoulé si profondément ces questionnements, quelqu’un aurait pu l’aider… mais qui? C’est un regard profondément choqué qu’il avait posé sur le médecin, à la mention de son étrangeté. D’abord, l’incompréhension, puis, le choc qui passait sur son visage, les yeux qui s’écarquillaient. Oui, vraiment, il s’était imaginé que le plus hétéro des hétéros, son prof de drague, le grand Ji Hoon était un amateur de femelle et que ça ne changerait jamais……….. mais… Haruto ne venait-il pas d’insinuer que… Nouveau regard choqué : « Anormal? Ne? …………. Enfin… non. Non pas du tout…. Avec Hoonie? » comment était-ce possible que son idole soit un amateur de saucisses! MAMAMIA.

Il avait dégluti péniblement avant de forcer un sourire. Ce n’était pas tant que gay qui le dérangeait chez lui, quel que soit la couverture qu’Il y mettait… c’était………..la différence. Il n’entrait pas dans cette catégorie non plus. Il avait fixé la table alors que les mots du jeune homme lui faisaient l’effet d’un coup de poignard. Heureux… l’avait-il seulement déjà été ? …………. Si, un été, un seul, avant que tout ne se volatilise en fumée. Pendant les brefs mois ou il avait eu Mirai à ses côtés sans ressentir la pression pour lui donner ce qu’il se refusait, avant que l’angoisse de n’avoir aucune attirance pour personne ne le fasse paniquer à l’idée de le perdre… oui, quand il repensait au bonheur, il repensait à son ancienne victime. Et pourtant, d’un ton non convainquant, il avait rétorqué, sans oser le fixer.  « Oui… je suis heureux comme ça… » ses doigts avaient nerveusement commencés à déchirer le napperon. Cette maudite serveuse ne pouvait-elle pas revenir? Il avait finalement soupiré, redressant un peu son dos en déglutissant péniblement. Ça serait quoi, de le dire à voix haute hein… « Il y a quelque chose de brisé chez moi …………… je…. que ça soit n’importe qui………….. les trucs d’amour………….ces trucs charnels………….. même une accolade……….. j’en veux pas. Je peux pas je……….. » les mots s’étaient coincés, et ses poings serrés sur la table tremblaient. Finalement… le dire, c’était la pire torture.


electric bird.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar

     Jeu 27 Juil - 23:21
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

On conseillerait sûrement à Haruto de ne pas tenter d'à ce point psychanalyser ceux qui se considéraient volontiers comme des amis à lui. A force, ce serait hypocrite de se demander pourquoi il en avait si peu. Mais Kiyoshi, s'il ne représentait pas d'énigme pour le psychiatre qu'il était, restait une personnalité complexe que l'ami avait parfois du mal à bien gérer. Bien évidemment, Haruto savait qu'il n'était pas toujours simple de prendre le recul nécessaire sur soi-même, et qu'il était bien plus aisé de juger autrui. S'il ne jugeait tout de même pas son ami, il possédait néanmoins son opinion sur lui. Et une certitude en résultait, aussi cohérente que tenace ; Kiyoshi avait besoin de son soutien. Aussi, Haruto s'était donné le devoir d'être présent si le garçon le demandait. Il voulait être cette petite voix ô combien agaçante mais pleine de bon sens qui l'aiderait à faire ses choix, en espérant qu'ils soient bons. Et à d'autres occasions, c'était lui qui le contactait afin que certaines choses soient mises au clair.

Comme aujourd'hui. Les lèvres pincées, Haruto observait Kiyoshi débiter des âneries plus grandes que lui. Il était impossible que ce dernier n'ait rien compris. S'il s'obstinait à suivre une voie toute tracée qui ne lui convenait pas, tout finirait mal, c'était certain. Mais le psychiatre avait beau dire, il savait bien que ce n'était pas aussi simple. Ce qu'avait traversé Kiyoshi, s'il pouvait l'imaginer, le psychiatre ne pourrait jamais vraiment le comprendre dans l'absolu. A côté de ce que son ami avait vécu, il se disait que ses problèmes avec sa mère n'étaient pas grand chose. On ne guérissait pas de l'homosexualité, comme toute autre sexualité, d'ailleurs. C'était même plus complexe que quelque chose de simplement inné. La science n'arriverait peut-être même jamais à l'expliquer. Ceux proposant alors des méthodes pour contrôler tout ça n'étaient que des charlatans à qui on devait impérativement retirer leurs licences. Un médecin était d'abord censé vouloir aider son prochain, pas le détruire.

Haruto ne savait pas trop pourquoi il choisit de se dévoiler de la sorte. Il avait sincèrement crû que Kiyoshi l'avait déjà deviné, mais visiblement ce n'était pas le cas. Un léger rire gêné lui échappa, à sa réaction. « Oui. » Lui, avec Hoonie. Réponse sans équivoque. Se passant une main dans les cheveux, il saisit ensuite son verre d'eau pour en boire une longue gorgée. « Je n'ai jamais été attiré par un homme, avant. C'est le premier et le dernier. Le seul. » Son véritable amour. Haruto ne se justifiait en rien, mais il voulait essayer de faire comprendre à Kiyoshi que ça ne se maîtrisait pas. « On tombe amoureux, c'est tout. » Dis comme ça, ça semblait si simple. Son index joua avec un coin du set de table sur lequel s'étalaient les intitulés de dizaines de pizzas. Le bout de son ongle plia le papier dans un geste distrait, alors qu'il reposait les yeux sur son ami. Haruto savait qu'il avait tendance à se montrer un peu trop moralisateur, mais il pensait sincèrement que c'était pour le bien de ses proches.

Etre heureux restait un concept. Ce n'était pas la même chose pour tout le monde. Néanmoins, en posant cette question, Haruto voulait que Kiyoshi se la pose sincèrement à lui-même. Mais il répondit un peu trop vite à son goût. Sans enchaîner, le psychiatre se contenta de fixer son ami, sans pour autant le faire durement. Il ne devait pas le brusquer, il sentait comme si quelque chose allait éclater. Et ce fut le cas, quelques secondes plus tard. Haruto poussa un soupir, se laissant retomber contre le dossier de sa chaise, buvant un peu d'eau. « C'est bien... De pouvoir l'exprimer par des mots. » Il ne le jugeait bien évidemment pas. « Depuis longtemps ? » Depuis ce fameux camp, ce stage initiatique ou il ne savait plus quel intitulé on avait donné à cette barbarie ? « Est-ce que ça te manque ? » Parler d'un sujet aussi sérieux dans un restaurant comme celui-ci lui semblait déplacé. La serveuse approchait déjà, et Haruto commanda pour eux la même chose, afin qu'il s'éloigne rapidement. Lui adressant un sourire navré pour son initiative, il s'accouda contre la table. « Tu peux me faire confiance, tu sais ? Tu n'en es pas obligé, mais si tu souhaites en parler... » D'un trait, il vida son verre d'eau, avant de reporter son attention sur Kiyoshi. C'était bien l'ami qui parlait.  


electric bird.

_________________

Always ♒︎ I'll be loving you always, with a love that's true always, when the things you've planned need a helpin' hand, I will understand always, always. Days may not be fair always, that's when I'll be there always, not for just an hour, not for just a day, not for just a year but always© endlesslove.

— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mer 2 Aoû - 14:26
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Notre japonais possédait un véritable talent pour l’aveuglément volontaire. Depuis qu’il connaissait Ji Hoon et Haruto, il avait pourtant eu une multitude d’indices pour conclure qu’ils étaient un couple. Déjà, ils avaient un chien commun, vivaient ensemble, et ne se cachaient pas réellement quand venait le temps de parler de leurs sentiments. Oui, c’était clair comme de l’eau de roche et pourtant, il s’était entêté à penser qu’il s’agissait-là de deux amis très proches, de deux colocataires complices… parce qu’il ne voulait pas voir plus loin, parce que quelque part, de ne pas être confronté à d’autres mode de vie que celui hétérosexuel et masculin imposé par son paternel depuis l’enfance. Une petite partie de lui redoutait de ne pas coller à cette définition de normalité, comme si, forcément, s’en détacher ferait de lui un être immonde qui abandonne sa famille au moment le plus critique. Et s’était impensable. Sa mère avait assez de tristesse dans sa vie sans qu’il ne vienne troubler sa paix d’une nouvelle révélation choc. Jamais, s’était juré que jamais, jamais il ne la ferait pleurer plus qu’elle ne l’avait déjà fait lorsqu’elle s’était retrouvée avec un mariage en miette et deux jumelles naissantes.

Ses doigts s’étaient nerveusement mis à déchirer le napperon, c’était la seule activité à laquelle il osait s’adonner pour contrôler l’angoisse qui le prenait aux tripes. D’une petite voix, il avait murmuré un : « … alors tu ne crois pas que c’est une maladie…. Je veux dire… de tomber amoureux d’un homme? » Probablement que cette réplique allait énerver le médecin, sauf que Kiyoshi l’avait demandé avec un tel désespoir, avec une voix tellement remplir de crainte et un regard de chevreuil égaré qu’il aurait été impossible de penser qu’il portait un jugement. Non, il demandait, vraiment, comme s’il attendait que son ami lui dise, une bonne fois pour toute, que ce qu’on lui avait enfoncé dans le crane encore et encore aux séances de thérapie de conversion n’étaient que des mensonges. Que quelqu’un lui dise que c’était acceptable, que ça n’allait pas le tuer, d’être incapable, des années plus tard, de chasser un certain joueur de basket de son esprit. Parce qu’il avait vraiment voulu en guérir, de cette maladie-là, de cette étrange déviance, mais il en était incapable, son cœur le ramenait sans cesse à son ancien voisin et, encore à ce jour, il s’emportait dès que quelqu’un mentionnait Mirai. Ce qui était étrange, parce qu’il ne ressentait nullement le besoin de le toucher, de l’embrasser il aurait juste voulu… l’observer de loin, lui parler… à cette simple pensée, son cœur s’était emporté et ses joues avaient prises une teinte rosées. « … je crois que c’est incurable tu sais… on me l’a dit. » en le virant de thérapie, alors qu’il était pourtant un patient acharné… seulement, ces sentiments ne voulaient pas partir.

Ses doigts avaient commencés à s’en prendre à sa serviette de table, comme si la mutiler allait calmer les tourments qui lui ravageaient l’âme. Il avait honteusement avoué de façon maladroite que quelque chose le troublait, et s’était muté dans un silence. Une partie de lui avait presque espéré que la serveuse reste plus longtemps, qu’elle se tienne là jusqu’à ce qu’il ait ravalé ses questions. Ça serait mieux pour tout le monde… Mais non, Haruto avait commandé, et s’était bordé à relancer le sujet…. Depuis quand? On se croirait chez le médecin, on tentait vainement de cibler ses symptômes… depuis quand… « … c’est compliqué. » il avait reniflé, hors de question qu’il pleure en public, son père traverserait un continent pour venir le frapper! Ou l’exterminer, au choix. « … depuis toujours. » D’aussi loin qu’il se souvienne, il avait toujours détesté les contacts, quand son enseignante de primaire lui demandait de prendre la main de son voisin de classe pour une sortie, il se recroquevillait en boule et pleurait jusqu’à être autorisé à rester en classe, seul. Même à l’adolescente, ses petites amies, il avait risqué la crise cardiaque au moindre contact et s’était imposé des douches brulantes après coup comme pour purifier sa peau… Ciel, même sa propre mère ne pouvait pas l’enlacer sans qu’il risque l’attaque de panique.

En vingt ans, il avait appris à vivre avec ses manies, avec cette panique incontrôlable qui l’envahissait dès qu’on approchait trop, c’était une partie de lui… sauf que Mirai était venu foutre la merde dans cette vie organisée. « … ce n’est pas que ça me manque… » Non, c’était plus compliqué que ça. L’incompréhension qui l’habitait avait redoublé d’ardeur depuis qu’il avait recroisé Mirai … Comment son cœur pouvait-il s’emporter de la sorte, battre à une telle cadence, se tordre à la simple idée de le savoir dans les bras d’un autre… et ne ressentir aucune envie de contact physique à son égard. En fait, l’idée de le toucher le rebutait, lui donnait la nausée. Comment son cœur pouvait être aussi détaché de son corps… « c’est stupide… je… j’ai envie d’être avec cette personne… » Il était hors de question qu’il dise que c’était un homme, quoi que le psychiatre devait s’en douter… Kiyoshi n’étant pas l’incarnation de la virilité. « … je sais que ce n’est pas de l’amitié… sinon, ça serait pareil comme quand je te vois, juste amical… mais non…….. c’est différent… » il avait soupiré. « Mais en même temps… je ne suis pas physiquement attiré tu vois… je voudrais être avec… mais à trois mètres de distances……..c’est illogique. » Ce grand vide, cette anormalité, il n’en pouvait plus…. Il fallait qu’il en parle à quelqu’un et il y avait quelque chose chez son ami, probablement sa formation, qui lui donnait envie de se confirmer. Parce qu’Haruto n’avait jamais jugé, il avait toujours eu ce calme plat, comme s’il voulait vraiment l’aider, le faire cheminer. Et maintenant, plus que jamais, Kiyoshi avait besoin de son aide, de ses lumières.


electric bird.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar

     Jeu 17 Aoû - 13:26
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Pourquoi tomber amoureux tiendrait de la maladie ? Haruto avait du mal à comprendre. Si sortir avec Ji Hoon l'avait grandement aidé à ouvrir son esprit et envisager l'amour autrement, ça ne signifiait pas pour autant qu'il avait jusque là penser l'homosexualité comme contre nature. En vérité, il n'avait jamais eu de réel avis à ce sujet. Maintenant, bien sûr, tout était différent. Et entendre son ami proférer de telles âneries l'énervait un peu. Beaucoup. Mais le psychiatre faisait de son mieux pour ne pas le montrer. Pinçant l'arête de son nez, il prit une profonde inspiration avec de laisser son bras retomber doucement sur la table. Secouant la tête, il adressa un sourire affable à Kiyoshi qui semblait véritablement perdu. « Qui te l'a dit ? Ces fascistes homophobes ? » Ce camp de concentration nouvelle génération l'avait profondément affecté. « C'est effectivement incurable, dans le sens où on ne peut rien y faire. Mais ce n'est pas une maladie, alors de quoi pourrait-on guérir, au juste ? » Le problème – si on se permettait de le nommer ainsi – de Kiyoshi était autre. Son rejet du contact exacerbait cette homophobie indirecte. A vrai dire, les racines de ce mot trouvaient tout leur sens avec lui. Il avait peur.

Néanmoins, constater qu'il s'ouvrait de plus en plus ravissait Haruto. Ce dernier employait des trésors d'ingéniosité pour le faire parler. Garder ses soucis en soi ne révélait jamais rien de bon, et il connaissait l'importance d'en parler. Il espérait ne pas donner l'impression à Kiyoshi de se retrouver dans son cabinet de psychanalyse. C'était réellement en temps qu'ami qu'il essayait de comprendre ce qu'il gardait enfoui dans son cœur. « Depuis toujours ? » Comment pouvait-il l'affirmer ainsi ? Il y avait dû avoir un événement déclencheur. Sa mère qui ne l'avait pas pris contre elle, à l'accouchement ? On ne répétait jamais assez à quel point le contact peau à peau était important, entre le nouveau né et la mère. Mais il était délicat d'aborder ce sujet dans un endroit comme celui-là. Et puis, loin de lui l'idée d'embarrasser Kiyoshi. Même s'il persistait à lui poser des questions pour comprendre.

Avec attention, Haruto écouta ses réponses. Parce que sa patience et son silence payaient ; Kiyoshi s'ouvrait petit à petit de lui-même, lui dévoilant des secrets bien gardés de son cœur, comme en témoignait son ton traînant, hésitant. « Tu es donc amoureux ? » Un sourire s'était formé sur ses lèvres, mais loin d'être moqueur, il était sincèrement heureux de la nouvelle. Hochant la tête pour montrer qu'il avait bien assimilé la logique de son ami, Haruto se saisit de son verre d'eau pour en boire une gorgée. En le reposant sur son set de table en papier, il garda son regard pointé vers Kiyoshi. « Ce n'est pas illogique. » Se tortillant sur sa chaise comme s'il cherchait une position plus confortable, Haruto chercha ses mots. « Nous avons eu un cour, un jour. Les différentes sexualités. Honnêtement, je ne pensais pas qu'il y avait tellement de différences... J'admettais l'hétérosexualité et homosexualité, la bisexualité, aussi. » Il releva ses yeux vers Kiyoshi. « J'ai découvert que ce n'était pas aussi simple. Et depuis que je fréquente Ji Hoon, je comprends mieux. » Même s'il évitait toujours de coller une étiquette sur leur histoire et leur sexualité. Certaines choses lui semblaient dorénavant plus naturelles, compréhensibles. « Je pense simplement que tu es asexuel. Tu n'es pas le seul, dans ton cas. Nous avions lu le témoignage d'une jeune femme se définissant ainsi, qui n'aimait pas les contacts physiques, et qui pourtant était engagée dans une relation amoureuse avec une femme et un homme. Elle se désignait comme asexuelle biromantique. » La serveuse approcha avec la commande, les déposant devant eux en leur souhaitant un bon appétit, avant de s'éloigner dans un sourire professionnel. Haruto observa sa pizza, avant de reprendre. « Mais je pense que ça reste des étiquettes. Des étiquettes parfois utiles, qui peuvent éventuellement aider les plus perdus d'entre nous à se retrouver. » Souriant à son ami, le psychiatre leva une part prédécoupée devant son visage avant de croquer dedans. Chacun restait différent, à sa manière. 


electric bird.

_________________

Always ♒︎ I'll be loving you always, with a love that's true always, when the things you've planned need a helpin' hand, I will understand always, always. Days may not be fair always, that's when I'll be there always, not for just an hour, not for just a day, not for just a year but always© endlesslove.

— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mar 22 Aoû - 17:07
 
Ordinary love? More like ordinary lie
KIYOSHI & HARUTO

Lorsqu’il avait rejoint un groupe de « thérapie de conversion », des années plus tôt, Kiyoshi avait été surpris de constater que la majorité des participants avaient été enrôlés par un membre de leur famille, un collègue, bref, n’importe qui voulant leur bien, et qu’ils n’étaient pas là de leur plein gré. Franchement, ça l’avait choqué : comment ces gens pouvaient-ils s’imaginer être parfaitement équilibrés, normaux, s’ils s’acharnaient à éprouver des choses horribles, contre nature même… Ça le dépassait. Notre bridé quant à lui voulait vraiment changer, il désirait plus que tout que cette marrée de sentiments dont il ne saisissait pas la force, cette montagne de peur qui le dominait se dissipe, le laisse tranquille. Chaque fois qu’il se surprenait à répudier un contact, à regarder trop longtemps un membre du sexe opposé, il était submergé par une telle vague de honte que s’en était insoutenable. Il était hors de question qu’il soit comme ça, pas un autre, pas une nouvelle déception pour sa mère. Il se souvenait distinctement ses larmes, quand son mari l’avait largué pour un homme, ses hoquets qu’elle voulait discret quand elle avait appris pour sa carrière de Drag Queen… et comment elle s’était effondrée, lorsqu’on lui avait dit que son ex-mari s’était remarié à un médecin australien. Plus loin encore, il pouvait revoir toutes les insultes que lui avait lancé son père, les correctifs, les remarques homophobes… non, il ne voulait pas être gay, il avait vraiment, du plus profond de son cœur, voulu guérir.

… Sauf que c’était sans issue. Les yeux sombres qui fixaient son ami n’avaient plus cette pointe d’hostilité de leurs débuts, en fait, c’était presque de la curiosité qui se cachait derrière l’effroi. « Pas une maladie ? … c’est toi le médecin après tout… » mais ce qu’il taisait, ce que ses doigts nerveusement appliqué en mutilation de sa serviette de table cachaient, c’est qu’il aurait tellement aimé qu’il existe un traitement, une opération pour lui faire suivre le peloton d’abrutis jugés normaux. Il n’y a rien a monde qu’il ne voulait plus que ça… Il doutait de pouvoir pleinement s’accepter un jour, il suffisait de voir comme c’était ardu pour lui, de mettre en mot ses peurs. Parce que oui, il était tétanisé. Comment Haruto avait-il fait pour passer outre les jugements, outre la crainte panique de ne pas se conformer au stéréotype dépassé du fils modèle? Pour lui, c’était impensable. Et il enviait de psychiatre pour cela, ça semblait tellement facile, de sourire, de vraiment être heureux avec quelqu’un… Son cœur battement violement dans son poitrail, il avait serré les lèvres, un instant silencieux. Oui, depuis toujours. Sa tête s’était hochée en silence.

Son entourage le savait bien, que quelque chose clochait chez lui, mais autant il arrivait aisément à écrire des pièces, autant, il était muet, page blanche complète, pour avouer ses tourments. Ne pas savoir ce qui n’allait pas au juge ne l’aidait en rien. Et pourtant, quelque chose chez son vis-à-vis lui donnait envie d’essayer, de parler, parce qu’Haruto ne l’avait jamais jugé, ni quand il tentait désespérément de suivre des thérapies d’hétérosexualisation, ni maintenant, dans ce restaurant qui lui donnait la nausée – manger avec l’estomac en boule n’aide pas – alors peut-être…. Ce petit espoir de salut, que quelqu’un comprenne ce qui se débattait dans sa tête lui donna la force de parler, un peu, si peu… Il avait l’impression de reculer de deux pas dès qu’il en faisait un. Ce monde, ces choses, ça lui était tellement inconnu. Ses doigts s’acharnaient sur la serviette de papier. « Je ne suis pas amoureux. »  ça lui avait échappé, vivement, un peu trop fort probablement. Il était hors de question qu’il mette une étiquette là-dessus. Et puis à quoi bon, ça n’arriverait jamais. Non seulement parce que le fruit de son adoration était (selon les standards Kiyoshi assez stricte) un obsédé sexuel et qu’il ne pourrait jamais se passer de contact mais en prime, parce que Mirai donnait dans les licornes maintenant. Il avait soupiré, plus calme. « Et puis ce n’est pas important, il a une petite amie. » un sujet plus neutre… « Elle s’appelle Sae. Et elle est vraiment jolie. Et je suis persuadée qu’elle arrive à le toucher sans vomir. Ça serait bête de lui dire ce que je pense… je ne fais pas le poids. » …Il pouvait se contenter d’une amitié, voir Mirai quand ça lui plaisait, avoir une belle complicité, et laisser à la naine de sa vie le loisir de se charger des besognes plus physiques.

Oui, ça lui allait. Kiyoshi était à changer de sujet lorsque son érudit de compagnon se mit à lui raconter des faits… des études… un témoignage… qu’il aurait pu arracher mot pour mot à sa vie. D’abord souriant – style je m’en moque – son visage s’était fait plus grave et il s’était penché vers l’avant, buvant chaque parole comme si c’était une prophétie divine. Asexuel… ça sonnait incurable, mais ce n’était pas non plus PD. C’était une amélioration… non? Ses yeux s’étaient arrondis, un vrai bambi devant une voiture, il voulait fuir… mais en même temps, il voulait savoir. Il s’était mordu la lèvre, paniqué. « … Et cette fille... » il avait pris une grande inspiration. « Elle était heureuse? »  parce que là, maintenant, il ne voyait pas le bout du tunnel. Il avait l’impression de se noyer et de n’avoir à portée aucun outil pour s’en sortir. Par automatisme, il se servit une pointe de pizza, histoire de s’occuper les mains. Il était sur la défensive, il ne voulait pas être autre chose qu’hétérosexuel… Ses yeux sombre s’étaient posés sur Haruto et il avait osé demander, d’une petite voix, un couinement : « Et toi? Tu en as une étiquette? Tu te vois …. J’en sais rien… retourner vers une femme?   »  il avait soupiré, il avait vraiment besoin qu’Haruto le rassure, lui dise que ça irait mieux, que ça serait ardu mais que lui-même ne voudrait jamais retourner en arrière. Il le fixait intensément dans un : « Avec tout ce que tu sais… avec les regards des gens, les jugements, les déceptions…. T’es capable de me le jurer que tu ne changerais jamais d’avis, même si tu pouvais, et que tu resterais dans cette relation…. ? » ce qu’il demandait vraiment c’était : est-ce que j’ai la moindre chance d’être heureux comme ça un jour. Qu’Haruto lui montre le chemin! C’est à son ami – le seul au fond – qu’il demandait conseil en ce moment, à lui qu’il s’accrochait comme ultime bouée avant de sombrer.


electric bird.
 
Ordinary love? More like ordinary lie ft. Haruto
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» [Fauteuil] Love by Sandro SANTANTONIO
» [Vase] Love is Blind by Jessica LERTVILAI
» [Chaise] Origami Chair by the group Form Us With Love
» LOVE, beagle femelle, 2 ans (Belgique)
» Bonjour tout le monde! (Présentation juju-love-ivresse-43)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
E. Entertainment :: Wonderful Tokyo :: Shinjuku :: Pizza Hut-