A walk to remember ❀ ft. Jaera ♥

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     Sam 11 Mar - 23:40

A walk to remember
ft. Jaera ♥



« C'est bien, il fait beau aujourd'hui. »

Cela faisait un moment que Tôta n'était plus sorti de sa chambre d’hôpital. Les médecins n'étaient pas trop favorables à le laisser sortir en dessous de certaines températures... son métabolisme fragile ne lui permettait pas de faire des sorties aussi souvent qu'il le voulait. Quand c'était le cas, Tôta appréciait d'auant plus la balade.

« Mh.. »

En général... Mais c'était tout juste si Tôta avait réagi, le visage tourné vers les arbres qui bordaient l'allée. Il semblait ailleurs. « T'as pas l'air enthousiaste... » Pourtant le garçon aimait être dehors. Il passait son temps dans le jardin quand il était encore chez leur tante. C'était là que sa soeur le retrouvait la plus part du temps quand il n'était pas dans son lit...Tôta n'aimait pas être enfermé. Encore moins dans sa chambre d’hôpital. Pour autant, il ne s'en plaignait presque jamais... Parce qu'il savait qu'il n'y pouvait pas grand-chose. C'était son lot et aussi injuste soit-il, il l'avait accepté. Mais Keira savait qu'il désespérait de pouvoir jouer à nouveau dehors.... Courir dans l'herbe, se perdre dans la végétation... ou simplement s'allonger et ne rien faire d'autre que regarder l'immensité du ciel. Ca lui suffisait, il ne demandait rien d'autre.

« J'ai envie de me balader un peu, » répondit-il simplement sur le même ton pensif.

Oui, Tôta aimait se perdre dehors. Keira savait ô combien il aimait la nature et les jolis paysages.... Qu'il n'avait jamais vu autrement qu'à travers un écran. Les photos de sa soeur était bien l'un de ses seuls moyens pour voyager...
« Mais on se balade bien là, non ? » Heureusement, l'hôpital possédait un joli parc. Un peu petit face à l'immensité du monde, ils en avaient conscience. Tout comme en quelques semaine, on avait vite fait le tour de l'endroit.

« T'as compris ce que je voulais dire. Je veux marcher un peu Keira. »

A ces mots, cette dernière arrêta de pousser le fauteuil roulant dans lequel était assis son frère. Derrière lui, ses lèvres se pincèrent à l'instar de sa poitrine. Tôta y était contraint... rester dans cette chaise. Depuis des mois, les muscles de ses jambes ne le portaient plus. Il n'en avait pas perdu l'usage, il pouvait encore marcher. Difficilement... et toujours dans le cadre d’exercices quotidien qu'il devait faire pour ne pas que ses muscles s'atrophient. On le laissait rarement se déplacer seul... et jamais pour qu'il fasse une balade de santé dans le parc.
Keira aurait voulu lui dire oui. De tout son coeur, elle ne demandait qu'à faire plaisir à son frère... Mais ses mains se serrèrent sur les poignets du fauteuil, au même titre que son coeur tandis qu'elle livrait sa réponse sur un ton qu'elle voulait bieveillant : « T'es pas obligé... Je t'emmène où tu veux, tu sais. » Où il voulait... Ou presque. Là encore, il y avait eu tant de fois où il aurait souhaité que Tôta soit à ses côtés. Elle avait vu tant de pays à 22 ans... et sans vraiment le vouloir. Quand son frère, qui rêvait de voyager, voir le monde, tout simplement avoir cette vie que sa soeur menait à sa place, n'avait jamais vu plus loin que le jardin de leur tante Chisami dans la campagne de Tokyo. Il préférait encore Akita, leur ville natale...

« J'ai dit que j'en avais envie. S'il te plait Nee-chan.... Quelques pas. »

Sa tête s'était tournée vers elle et Keira avait dû dissimuler cette expression peinée et embêté qu'abordait sa figure quelques secondes auparavant. Elle s'était fait violence pour secouer la tête. « Tôta, ce n'est pas raisonnable... Tu sais ce que les médecins ont dit, tu... »

« Mais regarde, mes jambes vont très bien ! » s'exclama-t-il en tendant ces deux dernières devant lui. Il les fit battre rapidement dans le vide en fixant sa soeur avec ce regard déterminé. Le mouvement était en effet assez vif pour qu'une personne extérieure pense que tout allait bien... Mais Keira avait froncé les sourcils. Combien de ses forces cela lui avait-il pris pour faire ce si simple mouvement ? Tôta avait une force de volonté impressionnante. Petit, les médecins ne lui avait pas donné au de là de 12 ans.... Aujourd'hui il avait 20 ans et si son apparence et son attitude rendait ce chiffre difficile à croire, Keira voyait surtout un garçon battant qui s'accrochait à cette vie injuste de toutes ses forces. Tous les deux contre le sort, ils savaient déjà qui gagneraient. C'était eux. Depuis toujours. Keira le lui avait promis... et elle était toujours là pour lui. A ses côtés. Et même si l'on pouvait croire qu'elle avait tout pour être heureuse en dehors de ce frère malade Keira ne vivait que pour lui... Uniquement pour lui. Et pour cette raison, elle avait cette tendance à se montrer extrêmement protectrice envers lui... De ce fait, elle s'apprêta de nouveau à protester mais si sa bouche s'était ouverte, aucun son n'en était sorti. Tôta s'était levé sans attendre la permission de sa soeur. Tel un miraculé, il l'avait regardé avec cette même détermination dans les yeux et lui avait face, debout. Un sourire orna ses lèvres tandis qu'ils constataient tous les deux qu'après une seconde, Tôta ne s'était toujours pas effondré. « Tu vois ? Les médecins sont rabats-joie, je marche très bien, » déclara-t-il en faisant quelques pas sur place.

« Tôta, je t'en prie, ne fais pas l'idiot, tu ne dois pas te for-... »
« Mais tout va bien Nee-chan ! »

Le sourire de Tôta s'était agrandi et il avait rit doucement en avançant dans la direction opposé à sa soeur. L'angoisse tordit le ventre de Keira et elle contourna le fauteuil pour prévenir d'une chute qu'elle ne lui souhaitait pas... seulement Tôta ne l'entendit pas de cette oreille et elle eut à peine le temps de croiser son regard mutin que le garçon s'enfuyait déjà en courant dans l'allée. « Tôta ! » Seul son rire lui répondit tandis qu'elle avait tendu la main trop tard... Elle aurait aimé voir son frère continuer à courir jusqu'au bout de l'allée et revenir avec ce même sourire. La narguer en lui disant qu'ils étaient tous trop peureux et quand on voulait on pouvait.... Mais Tôta s'était écroulé cinq mètres plus loin et le coeur de Keira s'était arrêté. L'horreur l'avait frappé mais elle s'était immédiatement élancée pour rejoindre son frère désormais dans les bras d'un homme qu’elle avait à peine regardé, focalisé sur le fugueur… « Tôta ! » appela-t-elle tout juste essoufflée, plus par la panique que la course.... « zut... » C'était tout ce qu'elle avait entendu et ça lui avait suffit. Tôta était bien conscient... et son poing frappait ses jambes capricieuses qui l'avaient abandonné dans sa si bonne lancée. Il avait entièrement perdu le sourire qu'il abordait quelques secondes plus tôt. « Tu t'es fais mal ? » Sa voix était plus inquiète qu'elle n'aurait voulu le laisser paraître.... « Ca va Keira, c'est juste mes jambes et puis... Il y a toujours un homme pour sauver les demoiselles en détresse ! ... wait... » Keira savait que son frère essayer de la rassurer en faisant l'idiot... et elle soupira avant de redresser le regard vers celui qui venait effectivement de rattraper son petit frère. « Excusez-moi... Merci... »

Et puis elle avait marqué une pause. Son regard avait enfin pris le temps de vraiment détailler le jeune homme et …. « Ah ! » Ses yeux s’étaient agrandis à l’instar de sa bouche. Ce visage lui était plus que familier. Si elle avait mis une bonne seconde pour vraiment se rendre compte c’était parce que la dernière fois qu’elle l’avait vu, elle n’était pas dans ce pays. « Hwang Jae Min ? » Sûrement que sa question était plus pour le forme… Parce qu’elle n’en doutait pas. Ce garçon, c’était bien celui qu’elle avait interviewé il y a quelques années à Busan. Lui et son équipe de danse à l’occasion d’un concours qu’elle avait dû couvrir. C’était lui, elle le savait, parce qu’en dépit de toutes les personnes qu’elle avait rencontré dans sa vie, elle n’en oubliait jamais une. Et elle ne risquait d’oublier Jae Min….
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     Mar 14 Mar - 22:33

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« Juste me foutre la paix 5 minutes, c'est trop te demander ? » Sa main qui s'était tendue vers l'épaule de son frère aîné ne l'avait pas atteinte. Ses doigts s'étaient repliés et elle avait retrouvé sa place le long de son corps tandis que son regard se détournait vers les bâtiments « Je ne les ai pas pris tu sais... » ces deux dossiers que le médecin lui avait présentés quelques minutes plus tôt, il les avait laissé sur ce bureau malgré le regard désapprobateur de celui qui les avait reçu. Il n'avait pas besoin de rester un peu plus dans la pièce pour l'entendre lui donner les arguments, ceux qu'il avait déjà avancé lui avait suffi. Ils avaient également suffi pour que Jung Min quitte la pièce en claquant la porte « Me prends pas pour un con. Si c'est pas aujourd'hui, ce sera demain. » ... avant de suivre son frère à l'extérieur, son regard s'était perdu sur ces dossiers. C'est vrai, quelques secondes, il avait hésité mais il ne les avait pas pris.

Il pouvait s'en occuper de Jung Min... non ?
Il le faisait déjà à Busan. Pourquoi ici ce serait différent ? Pourquoi est-ce qu'il aurait besoin de prendre une infirmière, une "nourrice" comme Jung Min l'avait si bien dit avec une ironie peu aimable.... Pourquoi est-ce qu'il devait considérer à terme de le placer ici ?
« Des solutions, ils en existent. On peut mettre en place quelque chose progressivement »
A nouveau, dans sa tête, il avait entendu cette introduction du médecin avant l'apparition des dossiers qui avaient tout fait dégénérer.
Comme l'homme l'avait si bien dit, la situation n'était pas si simple que ça. Et si Jae avait répondu qu'il travaillait de nuit, qu'il pouvait très bien s'occuper de son frère le reste du temps. Si Jung Min avait balancé qu'il dormait quand "Nanny" n'était pas là... le médecin avait creusé sa tombe en demandant quand est-ce que Jae Min se reposait dans ce cas....

Il n'était pas con. A Busan, c'était différent. Parce qu'il y avait toujours quelqu'un.
A Tokyo. Ce n'était pas la même chose. Il était seul. Quand il n'était pas là, Jung Min se retrouvait tout seul. En réalité, qu'il travaille de nuit, selon le médecin, n'était pas si pratique. Il existait des solutions de "garde" pour la journée, trouver une infirmière à domicile était également plus simple de jour, que de nuit. En fait de nuit, ils ne pouvaient manifestement pas se le permettre.
Le médecin avait proposé de se renseigner, il avait également proposé de voir pour une hospitalisation de nuit avant d'annoncer qu'à terme, il faudrait penser à une "formule plus permanente", qu'ils restent au Japon ou qu'ils rentrent à Busan.
Il y avait eu quelques mots de plus avant que Jung Min ne quitte le bureau... mais l'argumentation s'était arrêtée là.
A la base, ils n'étaient venus que pour une première visite dans cet hôpital que le frère aîné des Hwang fréquenterait le temps de son séjour au Japon. Mais quand Jae avait vu l'air sévère du médecin en apprenant qu'il était inutile d'attendre les parents et que le fils cadet s'occupait seul de son nouveau patient ici, Jae Min avait compris que l'entretien ne se déroulerait pas bien.

Et maintenant il se retrouvait là, dans le parc de cet hôpital, avec son frère qui lui tournait le dos « Je ne les ai pas pris... » ils étaient toujours là bas, sur ce bureau... « J'ai Alzheimer Jae, je suis pas autiste. » il n'avait pas répondu autrement que d'un soupir, et son frère ne lui avait pas donné autre chose à voir que ce dos avant d'ajouter « 5 minutes. Juste 5 minutes. » Ses yeux avaient envisagé la direction dont il venait un instant et s'il avait semblé hésiter, il avait fini par capituler d'un « Ok... j'suis pas loin si t'as... » mais au soupir excedé de son aîné, il n'avait pas terminé sa phrase. Après un nouveau regard bien inutile sur ce dos, il avait tourné les talons.

Il avait pensé rester quelques temps ici, au Japon. Mais est-ce que c'était vraiment une bonne idée. Depuis qu'ils étaient arrivés à Tokyo, il se demandait souvent s'ils n'auraient pas mieux fait de rester à Busan. Il était encore temps de changer d'avis. Mikio ne savait pas, il n'avait même pas eu l'occasion de le voir encore... les choses seraient peut-être mieux comme ça. Son meilleur ami ne saurait jamais rien de cette visite surprise, il ne saurait jamais rien de tous ces souvenirs gâchés injustement... il pourrait continuer sa vie comme il l'avait trouvé à Tokyo.
Lui rentrerait s'occuper de ses parents. Il était désolé pour sa mère qui pouvait se reposer davantage maintenant, mais il n'avait pas le droit de l'être quand il chargeait les parents de son meilleur ami.
Il se souvenait de la raison de sa venue ici.
... il pouvait l'emmerder avec Jung Min ce médecin... mais est-ce que ce dernier se trompait ?
Est-ce qu'il pouvait réellement s'en sortir seul ?
Oui. Je peux. ou ça va aller il n'y avait que ces mots là qu'il pouvait se répéter intérieurement. S'il baissait les bras, ce serait pire.
Il se débrouillait... pour l'instant, c'est vrai.

A plusieurs reprises, il s'était retourné. Même s'il savait que croiser le regard de son aîné aurait agacé ce dernier, il n'avait pas pu s'en empêcher. Pas trop loin. C'était là où il avait pensé l'attendre.
Mais ses yeux n'avaient pas eu le temps de chercher la bonne place, une voix avait attiré son attention. Si son regard s'était d'abord porté sur sa propriétaire, si un instant ses sourcils s'étaient froncés et sa tête légèrement reculée sous l'étonnement, ses yeux avaient dérivé jusqu'à cette personne qu'elle semblait appeler. Il avait vu ce jeune garçon courir, dans sa direction et il avait anticipé sa chute quelques secondes avant qu'elle ne se produise.
Un temps de réaction plus court, la surprise en moins de voir quelqu'un qu'il ne s'attendait pas à revoir, et il aurait pu faire les quelques pas qui le séparaient de lui plus tôt, avant qu'il ne tombe.
Sans prendre le temps de réfléchir, quand il était inutile de le faire, il les avait ceci dit fait rapidement. En quelques enjambées, il s'était retrouvé près du garçon qu'il avait relevé sans aucune forme d'introduction. Passant le bras de ce dernier autour de ses épaules pour lui servir d'appui, un simple « Rien de cassé ? » avait franchi ses lèvres avant que la demoiselle qui appelait le dénommé Tôta ne les rejoigne.

Arquant un sourcil à la remarque du garçon, son regard s'était posé sur lui quelques secondes malgré la proximité. Sa demoiselle hein ? C'était con. Mais l'espace d'un instant, un sourire s'était posé sur ses lèvres avant que sa tête ne se relève vers la dénommée Keira.... Patient, attendant que leurs regards se rencontrent, il avait attendu en conservant un sourire mais pour d'autres raisons. Il avait même pris la peine de répondre un simple « C'est rien. » elle n'avait pas besoin de s'excuser, encore moins de le remercier pour quelque chose d'aussi simple.
Il ne s'attendait pas à la croiser ici. En fait, pour être tout à fait honnête, il ne s'attendait pas à la recroiser tout court. ça faisait combien de temps maintenant ? C'était avant....
Pourtant, son sourire s'était élargi quand elle avait semblé mettre enfin un souvenir sur son visage, puis un nom. Il avait en tout cas pris une expression plus maligne pour répondre un énoncé « Sakuta Keira. ». C'était bien, maintenant que tout le monde savait qui était qui, ils pouvaient peut-être se bouger non ? « T'écorches encore mon nom. » ... pas vraiment, à moins qu'il ne soit assez crétin pour penser lui faire croire qu'elle s'était plantée de prénom. Et tandis qu'il secouait la tête d'un air faussement réprobateur, il s'était penché le temps de passer son bras en dessous des jambes de celui qu'il soutenait toujours pour le hisser dans ses bras. Une situation probablement un peu gênante qu'il avait tenté de faire passer avec humour « Si je joue le rôle du chevalier servant... » en enchaînant rapidement d'un « Avant que Keira ne s'amuse à renommer d'autres gens, c'est le vôtre ? » ce fauteuil roulant sur lequel ses yeux s'étaient posés, au pire, ils l'auraient volé. Il y en avait des tas dans les hôpitaux et il ne s'était pas questionné plus pour se diriger dans cette direction, le garçon dans les bras.

Ils auraient pu rester là à discuter, il était costaud, il pouvait bien porter Tôta des heures comme ça dans ses bras mais la gêne ne risquait pas d'être ressentie par lui. Alors, parce qu'il s'imaginait bien que la situation était inconfortable, il n'avait pas non plus fait durer le plaisir de la promenade en chevalier. Sans toutefois le brusquer et jouer les bourrins, il avait aidé le Tôta spécialiste en frayeurs de Keira à se réinstaller dans son fauteuil. Puis il s'était redressé vers la journaliste pour ajouter « Sans rire, je pensais que je t'avais plus marqué que ça. » comment est-ce qu'il s'appelait ?
Hwang Jae Min...
L'accent de Keira n'était pas si terrible que ça.
Non, c'est vrai. D'ailleurs, il le trouvait plutôt adorable.

electric bird.

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     Jeu 16 Mar - 23:00

A walk to remember
ft. Jaera ♥



Non, s’il y avait bien quelqu’un que Keira ne s’attendait pas à revoir de si tôt, ou du moins pas dans ses circonstances, c’était bien Hwang Jae Min. Qu’est-ce qu’il faisait au Japon ? Et surtout… dans un hôpital du Japon ?
Une vague angoisse s’éveilla en elle. Est-ce qu’il allait bien ? Bien qu’elle s’efforça de garder un visage neutre, l’inquiétude passa dans son regard tandis qu’elle scrutait le visage du jeune homme. Il n’avait pas l’air spécialement malade. Est-ce qu’il venait rendre visite à quelqu’un ? Elle était bien placée pour savoir que ce n’était pas forcément plus réjouissant… mais elle souhaita sincèrement que rien de grave ne soit arrivé à Jae Min.
Une telle préoccupation de la part de Keira pouvait sembler quelque peu inattendu. Ce n’était pas qu’ils étaient vraiment très proches tous les deux. Elle ne savait même pas si elle pouvait dire qu’ils étaient amis. Elle avait rencontré Jae Min pour faire un article sur lui et son groupe de danseurs en perspective d’un concours. Cependant, son reportage n’avait pas duré qu’une après-midi et même si c’était avant tout dans le cadre de son article, la jeune journaliste avait appris à connaitre ce jeune homme. Elle avait passé du temps avec lui… alors, oui, même si elle ne l’admettrait sûrement pas à haute voix, elle ne pouvait pas dire qu’elle ne serait pas affecté s’il lui arrivait quelque chose.

Un sourire étira ses lèvres quand il prononça son prénom en retour. Et oui, elle souriait à un garçon. Détail qui ne risqua pas d’échapper à son frère mais qui fit l’effort de garder ses pensées pour lui. A moins qu’il ne fut trop interloqué… Parce que ça se voyait qu’elle était contente. Contente que Jae Min se souvienne d’elle. Un peu. Pas trop. Doucement.
Elle ne lui en aurait pas tenu rigueur sinon… après tout, elle n’était qu’une journaliste. Et rester en contact avec ses sources autres que pour des raisons journalistiques n’étaient pas vraiment dans ses habitudes. Le Coréen n’était pas censé déroger à la règle…

Il n’y avait aucune doute possible, c’était bien Jae Min. Lui et ses répliques… comment les avait-elle qualifié déjà ? … « Jaemiesque » ! Il méritait bien un mot pour lui ce drôle d’énergumène. Fourbe énergumène… parce qu’elle eut quand une demi-seconde de doute sur son patronyme avant de secouer la tête et de lui adresser un regard entre l’amusement et le défi : « Oh non non, pour l’avoir écrit quelques dizaines de fois je sais très bien comment tu t’appelles Hwang Jae Min. » Et elle avait bien pris la peine d’articuler chaque syllabe pour lui prouver qu’il ne pouvait pas se moquer d’elle si facilement. Sa meilleure amie était Coréen quand même !!

« J’vous dérange pas ? »

Ces quelques mots suivants un raclement de gorge peu discret lui avait fait baisser les yeux vers son frère qui se trouvait toujours à terre, à moitié dans les bras du jeune homme. Il fallut peut-être une demi-seconde à Keira pour comprendre le sous-entendu qui brillait dans ses yeux et sa voix et le sourire de sa soeur s’était mué en une grimace à la fois gêné et désapprobatrice. Elle avait ouvert la bouche mais Tôta l’a devança : « J’vous jure, si je le pouvais, je m’éclipserais tout en discrétion pour pas gâcher ces émouvantes retrouvailles mais… » Il tapota ses jambes d’un air exagérément désolé. « Oh, oui… Pardon attend… » Raclant elle aussi sa gorge, elle ignora les lourdes insinuations de son frère pour passer ses bras autour de lui, comprenant que la situation n’était pas des plus confortable pour son cadet non plus. Mais là encore, elle fut prise de court. Par Jae Min cette fois. Avant elle, il récupéra Tôta et elle eut tout juste le temps de le voir décoller du sol avant qu’une plainte désespérément « totesque » ne se fasse entendre :

« Eh oh ! Doucement, j’suis pas un garçon facile, ok ? »

Si Keira esquissa le début d’un sourire en roulant les yeux au ciel, l'instant suivant elle ne put que capter le regard de son frère qui s'était baissé en dépit de sa blague. Il était probablement plus gêné qu'il ne voulait l'admettre par la situation. Il savait qu'il avait fait l'idiot et qu'il en était puni désormais... alors il n'aurait pas le culot de protester plus que ça. De plus, si sa soeur avait probablement la force de le soulever jusqu'à ce fauteuil, il n'avait pas envie de lui imposer ça... Alors en rire rester encore la meilleure façon de détourner l'attention.
Cependant, l’attention de la journaliste se reporta rapidement sur Jae Min et son pragmatisme si particulier. « Haha, » fit-elle dans un rire atrocement jaune, croisant les bras sur sa poitrine. Le demi-sourire au coin de ses lèvres était néanmoins difficile à dissimuler. Tournant la tête vers le fauteuil indiqué, elle acquiesça : « C’est bien le nôtre… Hwang. Jae. Min. » Une seconde entre chaque nom, c’était peut-être too much… C’est bon, Keira, il avait compris que tu savais prononcer son nom… Ou pas.

Elle lui emboita aussitôt le pas, laissant malgré elle le Coréen porter son frère jusqu'au siège roulant. Elle aurait préféré s’en charger elle-même. Sûrement que Tôta aussi finalement… il n’aimait pas être assisté et pourtant c’était devenu la majeur partie de sa vie. Keira, c’était une chose, même s’il aurait vraiment préféré qu’elle prenne plus de temps pour elle plutôt qu’à lui rendre chaque jour visite dans cet endroit trop aseptisé… Mais il n’aimait pas plus se rendre misérable devant un inconnu.
Mais en dépit de la réticence de la jeune femme, elle devait bien reconnaitre que c’était gentil de la part de Jae et prit sur elle pour ne pas se montrer désagréable. Ce serait totalement injuste… Elle devait le remercier. Elle allait le faire mais il fallait croire que Jae Min faisait un concours de vitesse. Néanmoins, sa remarque eut le mérite de désamorcer son malaise et un nouveau sourire malgré elle étira le coin de ses lèvres.
Il ne se fatiguait jamais ? Au moins il était en forme.

« Sois déjà heureux que je me souvienne de toi, » rétorqua-t-elle, impitoyable. « Tu n’es pas la seule personne que j’ai interviewé. »

Injuste était le meilleur mot pour qualifié cette réponse. Heureusement, elle n’avait pas été trop sèche. Ce n’était pas son but. Piquante, un peu. Est-ce qu’elle savait au moins taquiner les autres ? Bien sûr. La preuve. Elle ne se laissait pas faire !
Mais était-elle vraiment obligé de mentir à ce point ?
Il n’y avait pas plus loin de la vérité que ce qu’elle venait de dire. Jae Min l’avait marqué. C’était peu de le dire. Et par bien des façons… Au fil des jours qu’elle avait passé avec lui, elle avait découvert différentes facette du personnage qui ne laissaient pas indifférent. En premier lieu, sa personnalité particulière et son sarcasme implacable. Unique. Keira n’avait jamais vu une langue aussi aiguisée que la sienne ! Qu’elle serve pour un humour… bien à lui… ou a remettre en place ses troupes. Ainsi Jae Min était aussi doté d’un leadership exceptionnel et en dépit de sa sévérité, il ne lui avait pas échappé que tous le suivaient dans une totale confiance.
Et en dehors de tout ça… Oui, elle devait reconnaitre que le Coréen avait l’air d’être quelqu’un de bien. Et il avait rendu son séjour à Busan… intéressant. Elle irait peut-être même jusqu’à penser qu’elle s’était amusée en sa compagnie.

La raillerie laissa peu à peu place à un air plus reconnaissant sur son visage tandis que sa main se serra sur la poignée de la chaise roulante. Elle mit quelques secondes avant de relevé les yeux vers le Coréen et souffler finalement un mérité : « Merci. »
Et au remerciement de sa soeur, Tôta, qui semblait jusqu’alors accorder plus d'attention à trouver la position la plus confortable dans cette chaise qui ne permettait d'être qu’assis, eut l’air de se souvenir qu’il avait lui aussi un mot à dire. Surmontant son embarras, il finit par lui aussi se forcer à lever les yeux vers le Coréen pour un « Oui, merci… » plus timoré. Mais parce qu’il était conscient de les avoir habitué à mieux, il s’efforça de retrouver une expression plus mutine et ajouta sur le même ton : « Vous faites un bon chevalier…. Hwang Jae Min, c’est ça ? » Oui, t’as raison Tôta, moque toi de ta soeur. Elle avait à peine relevé cette articulation exagéré similaire à la sienne un peu plus tôt.

« Et si vous me présentiez ? Enfin, t’en fais pas Nee-chan, j’crois que j’ai saisi qu’il s’appelait Hwang Jae Min. … C’est bien Hwang Jae Min, pas vrai ? » demanda-t-il à l’intéressé.
« Tôta… » C’est qu’elle commençait à se sentir un peu gênée… Qu’est-ce qu’il avait son frère à la fin ? Ce dernier leva d’ailleurs les mains en signe d’excuses :
« Pardon pardon… Du coup, vous êtes ? Une star de K-pop ? »
C’est qu’il en avait la gueule avait pensé Tôta. Et puis, sa soeur bossait beaucoup dans ce milieu… sa bêtise n’en était pas tellement une. D’autant qu’après avoir lâché un très léger rire, Keira lui donna presque confirmation : « Pas loin. »

A vrai dire, la jeune femme aurait voulu répondre « oui ». Tout comme elle aurait préféré revoir Jae Min à la télé plutôt qu’ici dans cet établissement. Parce que Jae Min, ce qu’il avait surtout de particulier… C’était la danse. Il n’était pas seulement un chorégraphe d’exception… Il était passionné. Vraiment. Au fond, c’était sûrement ce qui avait le plus marqué Keira. C’était cette flamme qui brûlait dans le ventre du Coréen et qui l’avait fasciné et poussé à accorder plus de signe à ce jeune danseur pour un portrait qu’elle n’avait sûrement jamais mis autant de plaisir à écrire… Parce qu’elle, cette flamme, elle ne l’avait jamais eu. Ni pour le journalisme, ni pour la photo… ni pour rien d’autre. Elle s’en fichait, elle n’en avait pas besoin. Elle avait un devoir, une voie à suivre. Avec ou sans flamme, l’histoire était la même. Ce n’était pas important seulement… Quand Jae Min dansait, ça semblait soudain si beau…
Alors, s’il y avait bien quelqu’un qui méritait une place au sommet, c’était ce garçon là. Ce qui était arrivé à cette finale n’était qu’un bête accident de parcours. Il se relèverait et trouverait le moyen de flamboyer plus fort.
Où en était-il aujourd’hui ?
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     Sam 18 Mar - 19:52
 
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C’était vraiment étrange de recroiser Keira ici. Oui, elle était japonaise et il était plus curieux de le trouver lui dans cet hôpital de Tokyo. Mais combien avaient-ils de chances pour se croiser ici ? Très peu.
Plus étrange encore quand la personne qu’on recroisait, il l’avait connu avant toute cette histoire... et au début de tout.... Quand Keira était arrivée pour faire son article sur eux, lui et le reste du groupe, dans sa vie, tout allait encore bien. Il s’apprêtait à passer ce concours… ou plutôt, des mots de Hwang Jae Min le Grand, il s’apprêtait à le gagner. Il se voyait déjà partir aux Etats-Unis. Quelques fois, il s’était perdu sur internet à rêvasser sur le coin, comme si regarder des photos, des endroits, pouvait déjà l’y transporter. Mais il avait le droit non ? C’était certain, ils le gagneraient ce concours, ils le feraient ce voyage. Ce prix, ils étaient pour eux. Et malgré cette confiance, ils travaillaient pour ça. Il n’avait pas arrêté de pousser les autres en bon tortionnaire. Le dimanche n’était jamais un jour férié et il arrivait qu’il tienne les membres en otages jusqu’à une heure tardive. Ils pouvaient se plaindre, quand ils auraient gagné, ils verraient que tous ces efforts n’avaient pas été faits pour rien.
Mais ils n’avaient pas gagné. Il s’était donné tellement de mal pour voir au final son rêve balayé. Et pleurer dessus aurait été la chose la plus égoïste à faire. Il n’avait pas non plus le temps pour ça… mais c’était avant tout une question de droit. Pour Jung Min, il n’avait pas le droit de montrer sa déception. Il préférait la garder pour lui plutôt que de faire culpabiliser ce grand-frère qui lui, à l’époque où Keira faisait cet article, faisait semblant d’ignorer qu’il avait perdu bien plus que le prix d’un concours.

Aujourd’hui, recroiser Keira aurait dû vouloir dire lui parler de ces fameuses Etats-Unis. Lui demander peut-être si elle avait regardé ce mv…. Ceci dit, il lui aurait probablement envoyé le lien s’ils avaient gagné. Elle les avait suivis alors… c’était normal non ?
« Sans rire, il n’est pas si difficile pourtant. » ils avaient pas mal discuté tous les deux, alors c’était le genre de choses qu’il aurait probablement pensé à faire naturellement. Un mail, un fichier joint et quelques mots comme « j’espère que tu l’as gardé mon autographe », une connerie dans ce genre-là. L’avantage, c’était qu’en plus de savoir réellement son nom, Keira savait aussi qu’ils avaient perdu. Ils n’en parleraient pas….
Et de Jung Min ?
Ce n’était pas sur lui mais sur le dénommé Tôta que son regard s’était porté. Avec un sourire, il avait secoué la tête avant de s’improviser chevalier malgré la gêne qu’il causerait sans doute. Inconnue ou non, il l’aurait fait. Mais pour Keira, la question se posait encore moins. Ils ne se connaissaient peut-être pas tant que ça mais assez pour qu’il soit convaincu de son côté d’apprécier la demoiselle. Ils avaient passé de bons moments ensemble, assez pour qu’il s’en souvienne. Oui, même de cette longue conversation ce soir-là, cette interview privée où il avait tenté de s’improviser journaliste de son côté. L’article qu’il aurait pu écrire sur Keira, l’adjectif pour le résumer n’aurait pu être qu’élogieux.

Arquant un sourcil à la remarque de Tôta, l’étonnement avait rapidement laissé sa place à l’amusement. Il ne pouvait probablement pas juger en quelques mots et une plaisanterie. Pourtant, il en avait déjà pensé du bien. Non, il ne savait pas ce qu’il avait mais… il savait l’aborder d’une bonne manière. Avec un sourire. Qu’est-ce qu’il avait ? S’il se l’était demandé, il ne ferait pas preuve d’indiscrétion en posant directement la question. Ça ne le regardait pas, oui, il n’était pas exactement l’ami de Keira… mais ça ne l’avait pas empêché d’espérer naïvement… pour elle.
Retenant un regard rempli d’interrogations, sa tête s’était secouée dans un air consterné à la confirmation de la jeune femme « Toujours pas hein ? » elle le prononçait si mal que ça ?
Non.
Il était chiant.
Oui. Mais c’était vrai, que son nom sonnait plutôt pas mal dans la bouche de Keira. Il arrêtait là la plaisanterie, promis. Bon, d’accord, après une petite dernière. La réponse qu’il avait reçue en retour, ne valait-elle pas la connerie ? Si, probablement, vu son sourire amusé. Et puis, ce n’était pas mieux ça que de commenter ce trajet inconfortable pour celui qui avait désormais retrouvé place dans son fauteuil ?
« Et combien de noms écorchés dans cette bouche ? » quoi ? Elle avait commencé non ? Comment ça il n’était pas le seul qu’elle avait interviewé ? Il ne la pensait pas si volage.

Au moins… un peu de détente au travers d’une conversation légère et stupide, ça ne pouvait pas lui faire de mal, ça ne pouvait pas leur faire de mal non plus. Et l’embarras des remerciements, il l’avait terminé d’un simple « C’est rien ! » il passait dans le coin, n’importe qui à sa place se serait prétendu chevalier. Un inconnu à sa place aurait été récompensé juste à constater que la personne qu’il avait aidée possédait pour compagnie une jolie journaliste « Tiens ! » Tendant sa main en direction de Tôta pour désigner le bon point, il avait ajouté « On ne se connaît pas et il le prononce mieux que toi ! » Jae… « Juste. Et tu es Tôta. » deux esprits d’écoute réunis, c’était beau « Enchanté. » au moins, il pouvait s’exprimer dans une conversation un peu plus normale. C’est qu’il avait reçu une éducation.
« Je bosse comme cuisinier à Tokyo. » … rien à voir avec la Kpop et c’était pourtant la première réponse qui était sortie pour compléter les mots de Keira et Tôta. C’était étrange, ça n’allait pas avec et c’était probablement pour ça que les suivants étaient venus « Mais je donne aussi des cours de danse. » … à Busan… ici, ce serait s’il se trouvait un complément plus en rapport avec cette définition qu’on venait de lui donner « Keira et moi on s’est rencontrés à Busan. » oui, à une époque où il aurait encore pu répondre « surveille ton téléviseur, ça ne devrait pas tarder »… il en serait où maintenant sans tout ça ? « J’ai été son sujet d’interview préféré. » c’était probablement mieux de plaisanter et de faire comme si ses réponses étaient normales sans trop en dire. Après tout, il n’y avait pas de quoi être triste non ? « Elle avait pris contact avec mon groupe et moi, elle m’a presque supplié. » bon pas trop con peut-être … tout homme avait ses limites « Un groupe de danseurs. » et la précision apportée avait été plus sérieuse « ça fait un moment maintenant. »
Oui, normalement, il aurait dû lui parler des Etats-Unis. Cette conversation qu’ils auraient dû avoir s’ils s’étaient retrouvés un jour, elle aurait dû être plus enthousiaste. Et même si maintenant il gardait le sourire, il n’avait pu ordonner à son cœur de ne pas se serrer.
Pas loin… il en était si loin en réalité… ses priorités avaient changé et aujourd’hui… ses rêves étaient mis de côté. Il pouvait se mentir et penser « un jour, peut-être », dans le fond, il savait pourquoi il mettait des « peut-être » à certaines phrases…. Ce n’était plus pour lui tout ça.

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     Sam 18 Mar - 23:26

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Si Tôta tentait toujours de dissimuler son malaise derrière une bêtise, il n'en avait pourtant pas moins souri à la remarque de son sauveur. Ce qui n'avait pas échappé à sa soeur dont les yeux s'étaient animés d'une étincelle brillante. On reprochait souvent à Keira d'être trop méfiante et de ne laisser aucune chance aux autres - et en particulier aux hommes - de se lier avec elle. Des raisons, il y en avait des tas... mais la principale était toujours son frère. Mais elle ne pouvait pas rester indifférente face aux sourires qu'adressait cet homme à son protégé. Il avait l'air gentil... Assez pour plaire à Tôta en tout cas. Elle n'avait vu que trop peu de gens l'être avec lui.... Enfants, il n'y avait que de l'incompréhension quand ce n'était pas des moqueries. Et plus le temps avait passé, plus elle avait fait en sorte qu'on ne puisse plus blesser son frère. Et elle se rendit compte que pour se faire, elle avait surtout laisser moins de monde  l'approcher. Aujourd'hui, elle comptait sur les doigts d'une main les personnes qui lui rendaient visite en dehors de la famille. Enfin, leur tante principalement.... Ce sourire que Tôta adressait actuellement à ce jeune homme, il ne l'avait probablement pas adressé à un autre que Naoki jusqu'à présent. Keira était trop méfiante.... est-ce que son frère en souffrait de cette enfermement qu'elle lui imposait ? Il ne s'en était jamais plaint. Mais c'était bien possible....
Si le visage du Coréen ne l'avait pas troublé, si elle s'était montrée plus attentive à leur échange, la complicité qu'ils avaient semblé créer entre eux quelques secondes aurait peut-être amené Keira à mieux repenser ses méthodes de préservation... Mais son cerveau avait bugué sur cette impression familière que lui inspirait ce visage. Trop... parce que Tôta n'avait pas résisté à la cramer quand elle ne l'était déjà que trop par celui qu'elle dévisageait depuis trop de secondes déjà.... Sans rire, elle avait failli lui brûler le visage. Sauf qu'à présent, c'était probablement le sien qui prenait feu. Elle allait crever de gêne.... Surtout si son frère en rajoutait :

« Mais pas moi ! » s'était-il alors insurgé en secouant la tête. Du plat de sa main il s'était frappé la cuisse avant de lancer un regard vers sa sœur pour appuyer son embarras déjà existant.... Regard que Keira avait intercepté les sourcils froncés. Des yeux, elle le gronda sévèrement en l'accablant de reproches.... Comment osait-il ?? Tôta était impossible lorsqu'il s'y mettait. Mais se cacher dans un trou de souris n'était pas une option. Elle ne pouvait pas mourir de honte devant cet homme. Dignité et honneur, oui oui.... Mais ça n'empêchait pas que ses joues allaient bientôt être aussi roses que les pointes de ses cheveux.

Tant bien que mal, elle avait essayé de se rattraper. Jouant la carte de la vérité, elle s'était secouée pour lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune intention bizarre envers lui. C'était juste... cette foutue impression qui lui collait à l'esprit. Et pourtant, ses sourcils s'étaient davantage froncé à cette première réponse négative. C'était la première fois qu'il venait à l'hopital... Elle aurait pu le croiser ailleurs, c'est vrai. Elle était journaliste, elle rencontrait beaucoup de monde, en croisait encore plus... Mais parce qu'elle était journaliste, chaque rencontre, chaque visage comptait. Alors pourquoi celui-ci semblait se démarquer plus qu'un autre ?
Sa réponse.... non, ce n'était pas exactement celle que lui avait fourni le garçon qu'elle attendait. Keira arqua d'abord un sourcil. Il eut un silence d'une seconde, le choc peut-être, mais qui se fut aussi pour Tôta.... qui le brisa l'instant suivant d'un « Ah oui ! C'est vrai quand vous faites comme ça... » Son petit frère cligna des yeux dans une drôle de grimace en plaçant son visage de profil. « ... c'est tout Bruce Willis ! C'est dingue ! » Keira marqua une pause et son regard passa de Tôta, au pseudo Bruce.... Une seconde, peut-être deux.... Et un rire lui échappa malgré elle. Elle cacha sa bouche en vain avec le dos de sa main mais c'était sorti bien trop naturellement pour qu'elle ne parvienne à totalement effacer son sourire. Ce garçon était bête. Et elle savait que Tôta adorait ça. A cet instant, oui, elle le voyait trop bien que son frère ne le validait que trop. Et malgré l'absurdité de la situation, ça lui faisait un peu trop plaisir... Ca faisait du bien à Tôta un peu de bêtise qui n'était pas celle de sa soeur. Et elle ? Elle avait rit aussi. Et probablement pas qu'à cause de Tôta.... Si bien qu'elle avait gardé un regard plus rieur sur la doublure bridée de l'acteur américain. « Et vous faite un beau Will Smith. » Est-ce qu'elle avait dit beau ? C'était une expression... juste une expression. Herm... « Les aliens n'ont qu'à bien se tenir. » Qu'il s'agisse d'un agent du MIB ou d'un ex-soldat des forces spéciales reconverti en chauffeur de taxi... Il avait toute l'allure pour assurer la protection de la planète. En tout cas, il avait sauver son frère... c'était déjà une belle mission d'accomplie.

En revanche ce qui était moins accompli, c'était définir où elle avait déjà vu ce Coréen. Lui ne la connaissait pas. Non, bien sûr. Ce n'était pas étonnant... surtout si ce prénom qui lui était revenu en tête avait un sens. Jae Min... Elle avait connu un Jae Min, mais lui n'avait pas connu de Keira. C'était...
Tôta...
Le coeur de la jeune photographe avait bondi et ses yeux s'étaient écarquillés. Quoi ? Ca n'avait pas l'air d'avoir de sens, pourtant Keira scruta plus intensément le visage du jeune homme à cette révélation. Ca n'avait l'air de rien. Une anecdote sans importance pourtant... « Oui ? Pas moi en tout cas. Je m'en souviendrais ! » Non, bien sûr. Ca ne pouvait pas être Tôta. Parce qu'il n'avait pas fait tant de rencontre que ça en 20 ans... mais surtout parce que ce Tôta dont parlait le Coréen n'était pas celui sur le fauteuil.... mais celui, ou plutôt celle, qui derrière ce fauteuil venait de toussoter d'un air affreusement gêné en fuyant tout contact visuel que ce soit avec son frère ou l'autre garçon. Quoi ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Que si ce n'était pas une énorme coïncidence, Keira venait de retrouver d'où elle connaissait ce jeune homme. Busan. La plage... Une journée où elle s'était faite embarqué par d'autre gamin parce qu'elle s'était selon eux "perdue sur leur plage". Solitaire, peu bavarde et sous sa casquette... ils avaient fait la même erreur que tous faisaient à l'époque en assumant qu'elle était un garçon... Alors à celui qui s'était présenté comme Jae Min, elle avait donné ce prénom qui n'était pas le sien. Elle était Tôta. Tôta s'était laissé prendre au jeu le temps d'une ou deux journées... Tôta avait joué avec eux sur cette plage. Tôta avait rit avec Jae Min... Et pourtant Tôta n'en savait rien. Seule Keira savait. Ce souvenir, même si elle avait voulu le donner à son frère de toutes ses forces, il n'appartenait qu'à elle... et ces garçons.
Son coeur s'était légèrement emballé, submergée par ces souvenirs qu'elle avait toujours cru bons et qui n'étaient que trop troublants désormais. Parce qu'elle n'aurait probablement jamais pensé recroiser ce garçon un jour. Encore moins aujourd'hui. Et ici, dans un hopital au Japon... C'était tellement insensé... qu'il était normal qu'elle doute. Etait-ce réellement possible ? C'était fou. Elle se faisait peut-être des films... Il ne la reconnaissait pas. Mais ça, c'était normal... aujourd'hui, personne ne la reconnaissait. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus dire si facilement qu'elle s’appelait "Tôta" parce qu'elle avait troqué ses cheveux courts contre de long cheveux blond. Que le maquillage avait remplacé la casquette qui dissimulait une partie de son visage.... S'il s'agissait bien de Jae Min qu'elle avait en face d'elle, il pourrait toujours chercher... il ne trouverait physiquement plus aucune trace du petit garçon qui avait chahuté avec eux dans le sable.

« Vous venez de Busan, non ? »

Elle s'était faite violence pour reprendre contenance et lui poser cette question qu'elle avait voulu la plus naturelle possible. Mais elle avait probablement senti le regard choqué de son frère sur elle... Pourquoi sa soeur, si farouche en temps normal, semblait-elle chercher à connaître un inconnu ? Mais s'il n'était pas si inconnu que ça, elle voulait en avoir le coeur net. Et plus que ça encore, sa poitrine s'était compressée en réalisant qu'il était dans un hôpital. Si à première vue, il n'avait pas l'air malade.... elle souhaitait qu'il ne soit là que pour une visite unique.
Elle avait quand même rajouté non sans rouler les yeux sur le côté, et en s'éclaircissant la gorge, le poing contre sa bouche : « L'accent... » Il était si prononcé que ça ? Non. C'était même plutôt léger... Mais c'était un prétexte, une excuse pour poser plus de question... pour comprendre....

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     Sam 25 Mar - 11:09
 
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Son frère aussi pouvait se montrer plus sympathique....
Comme pour le défendre d'avance de pensées qu'il ne voulait jamais avoir au sujet de son aîné, il se l'était dit. Jung Min se montrait plus aimable avec d'autres personnes. Il n'avait jamais été désagréable avec Alex par exemple et ça tout le monde le comprendrait. Il était difficile de ne pas être gentil avec leur cousin, si l'anglais avait un temps attiré les moqueries quand on prenait la peine de le connaître, on se rendait compte que cet homme était tout simplement un ange. Il attirait l'amour et on ne pouvait pas faire autrement que de le trouver attachant. Si de son côté il n'était probablement pas bien placé pour faire la critique objective d'un cousin avec lequel il était toujours fourré quand il se trouvait à Busan, il ne l'était pas plus pour la faire  de son grand frère.
Mais pourtant, il se le disait maintenant, même si Jung Min avait tendance à .... C'est vrai, ses phrases se coupaient toujours, parce qu'il ne parviendrait jamais à en penser du mal malgré tout. Même devant un malade à l'attitude plus sympathique. Ce n'était pas de sa faute à Jung Min, la maladie y était pour beaucoup et on leur avait bien parlé de sautes d'humeur la première fois qu'ils s'étaient rendus ensemble chez le médecin. Et pourtant, parfois, il avait peur que son image parvienne à se ternir quand tout ce qu'il voulait c'était pouvoir penser au grand frère qu'il avait toujours connu....
Alors oui, son frère aussi pouvait encore faire bonne impression.

Depuis qu'ils avaient pris la décision de venir ici, il souhaitait si fort que son aîné reste le même Jung Min face à leur ancien voisin. Même si lui était venu pour assombrir les souvenirs d'une enfance trop parfaite, au maximum, il espérait que son meilleur ami puisse garder les images du passé telles qu'il avait dû les aimer.
Le Jung Min qu'il verrait serait celui avec lequel il avait parlé la dernière fois qu'ils s'étaient vus.
Ce que son frère prendrait sûrement pour de la honte n'en n'était pourtant pas.
C'était juste ce voeu idiot que pour l'un d'entre eux, le passé reste ce passé dont ils pouvaient se vanter...

Sans en rajouter, sa tête s'était secouée avec cette expression qui voulait clairement dire qu'il n'avait pas besoin de rejeter tout ça sur sa soeur. C'était bon, il avait le droit de flasher sur lui, ça arrivait à tout le monde.
Et à Keira aussi ?
Non, il avait bien compris qu'il s'agissait d'autre chose. Et elle n'avait d'ailleurs pas tardé à l'expliquer. Persuadé qu'il se serait souvenu d'une Keira, pensant même que la demoiselle devait marquer et qu'il était difficile d'oublier l'avoir déjà rencontré, il n'avait pas fouillé très longtemps sa mémoire. Il avait même pris le temps de sortir cette connerie dans laquelle Tôta était rentré pour faire apparaître un autre sourire sur les lèvres du coréen « J'ai fait sa doublure dans le 5ème élément. » Il avait 3 ans... non ? « Bon, ils m'ont filmé que du côté droit du coup. » crétin !
Peut-être, mais le crétin en question et son nouvel acolyte de conneries étaient parvenus à faire rentrer Keira dans le rire. C'était peut-être bon... profiter de ces 5 minutes pour raconter des conneries avec des étrangers plutôt que de les passer à se torturer intérieurement. Son sourire, il était plus facile à garder maintenant… « Je sais. » qu'il était un beau Will Smith ? Il ne voulait pas mesurer ses chevilles juste pour voir ? « J'ai un teint incroyable, même en hiver. » même avec l'avantage de vivre à la mer, on avait du mal à croire qu'il puisse égaler l'agent J. Mais puisqu'il semblait tenir à la connerie après tout....

Au moins, il avait fait une pause pour véritablement cherché. Et la seule chose qui pouvait remonter à sa mémoire, ou plutôt la seule personne, c'était le dénommé Tôta. Ils n'étaient que des gamins à l'époque, alors même s'ils n'avaient pas parlé japonais, ils se seraient débrouillés. Les gosses n'avaient pas besoin de se comprendre pour jouer. Et puis, les tentatives de le faire passaient moins pour des moqueries. Le problème ne s'était pas posé et il se souvenait encore de la tête de sa mère quand il lui avait dit qu'ils avaient joué avec un japonais ce jour là. Elle y tenait vraiment à ce que ses enfants la parlent cette langue et que le meilleur ami de son fils cadet ait du sang japonais avait été un fait qu'elle avait souvent mentionné. Parce qu'elle était folle du Japon et qu'elle n'en n'aimait pas que la langue. Alors quand le lendemain ils avaient rejoué avec le petit Tôta, il avait eu pour mission de lui demander dans quelle ville il vivait, quel était son endroit préféré du Japon, son plat préféré, son film préféré... un questionnaire qu'il avait accueilli d'un "Mais maman, je ne suis pas flic !" pour trouver en réponse un "on dit policier Jaeminie." ... il ne savait plus trop ensuite mais il se souvenait bien avoir accusé son père de dire flic. La différence d'éducation lui avait toujours profité pour raconter des conneries.
Mais il n'était pas là pour se perdre dans ses souvenirs. En fait, il devait même s'efforcer de le faire moins souvent. Aussi agréable que ça pouvait l'être parfois, il savait très bien qu'il finissait par en ressortir avec le coeur plus lourd, plus douloureux...

« Je sais, comment m'oublier ? » d'accord, c'était la dernière fois qu'il le taquinait, il avait bien le droit d'embêter sa grande soeur sans subir ensuite les conséquences « C'était il y a longtemps de toute manière... dix ans je crois. J'étais un peu un gosse moi aussi. » Il devait avoir 13 ans, à peu près. Mikio... 16... quand il y pensait, il avait été un cool grand frère pour quand même venir jouer avec eux. Il avait probablement passé l'âge de certains jeux.
A la suite, la surprise était passée un instant sur le visage qu'il avait tourné à nouveau en direction de Keira. Le hasard faisait qu'elle avait déjà dû venir à Busan, plus d'une fois pour reconnaître l'accent si vite... ou alors, elle connaissait des gens qui venaient de chez lui. Et pour le coup, comme tout étranger qui trouve un bout de chez lui dans un autre pays, il avait senti cette pointe de curiosité s'éveiller « Oui, vous avez l'oreille fine. » et parce qu'il aimait son pays et encore plus sa ville, il ne s'était pas retenu d'ajouter « Vous êtes déjà allée là-bas ? »

Alors ils se connaissaient peut-être réellement... ses sourcils s'étaient légèrement froncés et il avait fouillé un peu plus dans sa mémoire en la regardant. Malgré la conviction qu'il s'en serait souvenu, il cherchait désormais plus loin que l'impression de déjà-vu qu'il pensait qu'elle avait pu avoir au début.
Elle avait pu changer... ça pouvait remonter à loin... mais Keira... elle l'avait toujours porté ce prénom qui lui serait, au pire, revenu en mémoire à simplement l'entendre.
Et s'il ne l'avait jamais connu ce prénom ?

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     Dim 9 Juil - 17:23

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« Aucun. Je suis très professionnelle. » Elle ne se vantait pas, même si elle abordait cet air malicieux, mêlé à un soupçon de défi. C'était la vérité. Elle faisait toujours en sorte d'avoir la meilleure prononciation possible et de ne jamais écorcher les noms à l'écrit. Pas même un thaïlandais ou un allemand. La crédibilité était primordiale dans ce métier, c'était ce que ses parents lui avaient toujours enseigné. Et lorsqu'on était leur fille et héritière - par défaut - les erreurs étaient encore moins permises.
Ce qu'elle préférait écrire néanmoins, c'était les patronyme français. Jean de la Fontaine, Victor Hugo, Jean Dujardin... autant de noms qu'elle adorait prononcer. C'était si beau le français. Mais elle devait reconnaitre qu'elle s'amusait bien à prononcer ce prénom coréen. Hwang Jae Min. Ce n'était peut-être pas français... mais c'était assez joli pour qu'elle ne se prive pas. Chose qui n'échappa pas à son frère tandis qu'il s'était empressé de se moquer de l'étrange jeu de sa soeur, de retour sur son siège. Si Tôta apprécia la simplicité de ses politesses qui ne s'éternisèrent pas, il apprécia d'autant plus le potentiel de bêtise de cet homme qui lui offrait une parfaite diversion.

Et malgré l'indéniable injustice dont Jae Min fit preuve en soulignant la justesse de prononciation de son frère, elle ne put s'empêcher de sourire, non sans mimer un soupire désespéré. Tôta n'avait aucune notion de coréen. C'était tout juste s'il parvenait à baragouiner deux paroles dans les chansons qu'il aimait bien des Girl's Génération. Mais ça ne l'empêcha absolument pas de se féliciter en bombant son torse frêle : « J'apprends vite ! » Il faut dire qu'au bout de la quatrième fois, il lui aurait été difficile de se tromper. Mais lorsque Jae Min lui retourna son prénom, Tôta aborda un visage surpris puis presque trop honoré : « Pas mal ! Il est bon ! » Lança-t-il ensuite à sa soeur en pointant son vis-à-vis du pouce. Eh voilà, deux idiots s'étaient trouvés. Mais avouons-le, c'était loin de déplaire à la journaliste. « De même. Mais sûrement pas aussi ravi que ma soeur. » Et ce nouveau sous-entendu la fit redescendre de son petit nuage tandis qu'elle posa un regard effaré sur son frère. Où voulait-il en venir à la fin ? Il ne s'imaginait quand même que... ? « Tu vas arrêter oui ? Et puis Jae Min va prendre la grosse tête si tu continues. » Tôta rit et Keira, moins, mais elle releva des yeux mutins vers celui-ci qu'elle venait de piquer gentiment. C'était sûrement pour cette histoire de prononciation.
D'un autre côté, si Tôta s'était tût, il n'en était rien de ses pensées. Et sa bêtise n'en était pas une quand il trouvait que sa soeur avait l'air vraiment contente de retrouver ce Coréen. Et il n'y avait pas de preuve plus évidente que le fait qu'il n'avait jamais vu Keira sourire à un autre garçon que Naoki. Pire encore, il ne l'avait jamais vu joueuse à ce point avec quelqu'un d'autre que lui. Il en était presque à se demander qui était cette fille et qu'avait-elle fait de sa soeur....

Et pour le comprendre, encore fallait-il qu'il sache réellement à qui il s'adressait. Keira laissa d'ailleurs le loisir à Jae Min de se présenter lui-même parce que ça lui faisait plaisir de voir Tôta discuter avec une autre personne qu'elle et aussi parce que... Elle attendait sûrement une certaine réponse. Oui, au fond, elle l'avait espéré... plus fort qu'elle ne l'aurait cru. Aussi, elle ne put que se sentir confuse à cette première déclaration.
Cuisinier ? Les Sakuta venaient probablement de relever le même sourcil en même temps. Tôta, lui, voyait très mal la rapport entre le k-pop et la cuisine et dévisagea Jae Min un peu embêté. La k-pop c'était aussi un plat coréen ?
Surprise, Keira fronça finalement les sourcils. Elle ne s'y attendait pas. Enfin, elle savait que Jae Min cuisinait. Elle se souvenait bien qu'il aidait souvent son père au restaurant familial et avait eu la chance de pouvoir y manger une fois. Mais pourquoi ici ? A vrai dire, si sa présence sur le sol nippon l'étonnait, elle aurait été bien moins surprise, voire ravie, d'entendre parler d'une agence comme la Eita Ent. Parce que Jae aimait bien trop danser non ? C'était là dedans qu'il devait se diriger pas vrai ? Alors certes, il aurait sûrement eu plus de légitimité à Séoul mais si sa venue demeurait un mystère, cela avait probablement à voir avec sa présence dans cet hôpital. Les questions s'amassèrent dans sa tête. Qu'est-ce qu'il faisait là et qui l'avait poussé à venir ici plutôt que d'exercer un métier qui lui plaisait dans son pays ?

Elle fut néanmoins soulagé à l'ajout des cours danse sur le CV du jeune homme. Tôta aussi, et comprenant mieux, sa bouche s'ouvrit pour former un "o" admiratif avant de hocher la tête. Hwang Jae Min dansait. C'était donc ça que sa soeur avait couvert avec lui. Il laissa son aîné parler de ce qui le liait à sa soeur tout en gardant des pensées admiratives pour lui. Pour lui qui luttait à simplement marcher... danser était un rêve bien inateignable. Vivre était déjà compliqué, il s'en contenterait. Ca et vivre des passions imaginaires par procuration. C'était un peu l'histoire de sa vie de toute façon.

Si Tôta, en dépit de ces quelques tristes pensées, avait gardé un sourire, tantôt admiratif, tantôt amusé par les bêtises de Jae Min, Keira avait elle arqué un sourcil dans un premier temps. Puis l'autre. Et enfin ses yeux avaient roulé vers le ciel. Elle ? Supplier ? Quelle immense blague ! « Et heureusement que c'est moi la journaliste. Moi au moins, je ne raconte que la vérité... pas des fantasmes que je croie réalité. » Mais son sujet d'interview préféré... est-ce que Jae Min enjolivait beaucoup les choses ? Peut-être un peu mais au fond, il disait vrai. Elle n'avait jamais autant pris de plaisir à faire un reportage. Pourtant, même à son jeune âge, elle en avait déjà un paquet à son actif. Et tout ce qu'elle avait écrit sur lui... Ca, c'était bien la vérité. Sa personnalité si attachante... comme son talent pour la danse qu'elle consentit à lui céder en s'adressant à son frère : « Mais, je dois reconnaitre qu'ils étaient vraiment doués. » "ils" oui, mais surtout "il". « Et je ne regrette pas une seconde ce reportage. » Elle avait bien des regrets mais pas datant de cette époque. Elle n'irait cependant pas jusqu'à confesser que c'était le "sujet" qu'elle avait aimé le plus travailler.

Mais oui, ça faisait un moment maintenant. Quelques années.... Qu'est-ce qu'ils étaient devenus après ce concours ? Cette défaite injuste quand ils avaient bossés si durs... Et Jae Min ? « J'aimerais beaucoup savoir où vous en êtes. Est-ce que Hwang Jae Min voudra bien m'accorder une nouvelle interview un peu plus tard ? »

« Kof kof... ! »
Tôta s'était soudain mis à tousser faisant sursauter Keira qui se précipita au devant du fauteuil pour voir ce qui n'allait pas, prête à le ramener immédiatement à des médecins si jamais. Mais son frère agita mollement ses mains devant lui pour signifier à Keira que ça allait, et reprenant son souffle avec peine, une larme à l'oeil, il articula péniblement : « C'est rien... c'est... j'ai avalé de travers. » Et il tapa plus durement sur son thorax pour faire passer l'air. « Tôta tu es sûr ? Je te ramène si tu te sens mal, on devrait…- » - « Keira, ça va... je t'assure, j'ai vraiment avalé de travers, c'est rien. » Et relevant piteusement son regard vers elle, il lui sourit avant de rire doucement.
La vérité... c'est qu'il disait bien la vérité. Tôta, surpris par la demande sa soeur, avait respirer un peu trop fort, avalant sa salive par le mauvais tuyau. C'est que... Est-ce que Keira venait de proposer un rendez-vous à un homme devant lui ?? Sincèrement, ça avait été trop violent pour lui. De sa vie, sa courte vie misérable, il n'aurait jamais cru assister à une telle diablerie. Non, venant de Keira, ce n'était pas un miracle. Le miracle aurait été qu'elle accepte un rendez-vous, pas qu'elle en propose un avec autant d'aisance pour une fille qui disait haïr les hommes !
Comble de l'ironie, sa soeur chérie qui l'aimait tant, avaIt failli le tuer.

Mais lorsqu'il parvint à plus ou moins convaincre une Keira entêté au bout de trop longues minutes, il reporta son attention sur celui qui n'était pas censé assister à ce genre de scène ridicule. « En tout cas, j'aimerais beaucoup voir ce que tu sais faire, Jae Min-san. Si ma soeur le dit, c'est que tu dois vraiment être bon et je n'en doute pas une seconde. »
Elle eut beau le dévisager encore un instant, l'état de Tôta ne sembla pas critique. Il avait peut-être juste avalé de travers comme il le disait... Pour une méprise. Non, Keira ne filait pas rencard au danseur... La vérité c'est qu'elle voulait vraiment en savoir plus sur son parcours aujourd'hui et si elle souhaitait ne pas le faire devant Tôta, c'était aussi parce qu'elle s'inquiétait de sa présence dans un hôpital. A priori, si Jae Min travaillait c'est qu'il n'était pas malade, n'est-ce pas ?
Se laissant finalement rassurer par son frère, elle tapota sa jambe et se releva dans un soupire avant de regarder Jae Min, tentant d'ignorer le fait qu'il venait de la voir dans une situation délicate. Elle préféra tenter un sourire, certes timoré, mais bien réel : « Très bon. » Doucement sur les compliments ma belle, c'est ton frère qui en souffre après. Mais elle n'en fit pas plus et sembla réfléchir, tapotant du bout de l'index son menton : « Mh... je dois encore avoir des vidéos en fait. Il faudrait que je regarde dans mes dossiers. » Elle n'avait pas gardé que ça de Jae Min à vrai dire... même en dehors de l'expérience enrichissante. Il y avait bien cette photo aussi.... Mais c’était les vidéos de danse qui intéressait son frère. Rien d’autre.
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     Mer 2 Aoû - 18:06
 
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Promis, il serait sage. Oui, juste après cette tête penchée une seconde sur le côté dans une moue clairement sceptique qui répondait à ce « aucun ». Elle le disait vraiment parfaitement son nom. Il n’allait tout de même pas lui demander de le répéter une fois de plus juste pour prouver qu’elle avait bien écorché des noms au cours de sa carrière quand il mentirait ?
Pour être tout à fait honnête, il y avait pensé. Mais il s’était contenté de cette moue qui avait précédé un sourire, sans en dire plus.
C’était quoi déjà l’expression ? Ah oui : qui aime bien, châtie bien.
C’est vrai, il appréciait la demoiselle pour laquelle il s’attardait à présent plus que de besoin. Quand il aurait pu tout à fait se contenter de rendre ce service que n’importe qui aurait rendu à sa place, il semblait s’être installé dans une conversation qui avait l’air de retenir son attention de son côté. Un regard ou deux, pas plus. Il ne passait pas ces minutes à surveiller son grand frère qui lui avait demandé de l’air que Keira parvenait, sans s’en rendre compte, à aider pour son obtention. Ils avaient passé de bons moments ensemble. C’est vrai, ils n’avaient pas gardé contact, l’histoire n’avait pas aidé mais ça n’empêchait rien. Il n’avait pas mis bien longtemps à accrocher avec la jeune journaliste. Il était comme ça, il marchait à l’instinct et ce dernier lui avait soufflé que Keira serait une demoiselle qu’il apprécierait. Evidemment, ça n’avait pas plu à sa petite amie de l’époque qui s’était mis à regarder avec suspicion une jeune femme qu’elle jugeait trop belle pour parler avec son copain. Mais il s’était défendu de la draguer ou d’une relation trop soutenue pour que ce soit correct. Il ne s’était rien passé et il n’avait pas cherché à ce qu’il se passe quelque chose. Ce n’était vraiment pas son genre quand il était déjà dans une relation, il était trop strict sur ses principes pour ça.
Mais c’était également vrai, il ne s’était pas défendu autrement. Quoi ? Il n’allait quand même pas lui dire qu’elle n’était ni jolie, ni sympathique quand ça aurait été mentir. Qui ne trouverait pas que Keira était une belle femme après tout ? Bien au-delà de ce simple adjectif d’ailleurs.

Et qui ne trouverait pas que son petit frère était quelqu’un de plaisant pour faire la conversation ?

Pas lui en tout cas vu son sourire amusé pour chaque mot de son cadet. C’était quoi ? Ils nous faisaient un genre de coup de foudre ? Ti amo était déjà pris par des gens plus gay, il leur faudrait se trouver une autre « theme song ». Et ce serait même une obligation à les voir former un duo pour balancer des conneries aussi rapidement « Je sais mais elle a eu un genre de coup de foudre pour moi. » ne souris pas comme ça Hwang Jae Min parce que ta tête sera véritablement grosse quand Keira t’en auras collé une. Et puis clairement, le coup de cœur était actuellement masculin.
Pas entièrement vrai. Parce que Keira lui avait plu rapidement aussi. A croire que c’était un truc dans leur famille, ils étaient fait pour être appréciés de lui et … « Mais j’ai été ravi de la rencontrer aussi, alors j’imagine que ça nous amène presque à un même niveau. » … est-ce qu’il voulait vraiment donner des armes au petit frère pour emmerder sa grande sœur ? Non…. En fait, sur ce coup-là, ce n’était qu’un aveu sincère. Et il aurait même pu ajouter que ça lui faisait plaisir de la recroiser par hasard… oui, même dans ces circonstances….
C’est vrai, il aurait préféré la recroiser dans un cinéma, un restaurant, une rue ou peu importe, à Busan ou ici. Mais il aurait également aimé que Jung Min ne soit pas malade. Il aurait souhaité pour Keira qu’elle n’ait rien à faire non plus dans un hôpital… mais si on pouvait choisir, tout serait parfait pour tout le monde.
Keira ne méritait pas de se trouver ici.
Jung Min non plus.
Comme bon nombre de gens dans les couloirs de cet établissement.
Et lui, il avait dépassé depuis longtemps l’âge de croire au Père Noël.

S’il existait, son discours maintenant aurait été bien différent. La cuisine serait peut-être restée un point commun mais la danse, la musique… ça aurait pris beaucoup plus de place dans sa vie. Ses mots, ils auraient probablement eu plus de fierté. Mais la vérité maintenant, c’était qu’il n’avait aucune raison de se vanter.
Non, alors il valait mieux raconter des conneries pour mieux faire passer le tout « C'est ce que tu aimerais te faire croire. » oui, évidemment, elle était dans le déni. Il pouvait sourire, ça commençait à faire beaucoup de conneries pour un seul homme. C'est vrai, au moins le ton était resté léger mais si on y réfléchissait de manière plus honnête, elle n'aurait plus exactement de quoi le harceler aujourd'hui... sauf si elle faisait un article intitulé "la fin d'un rêve" ou quelque chose dans ce genre-là.... Il lui restait les cours de danse, il en trouverait peut-être le temps où il resterait ici ou il reprendrait les siens quand il serait de retour à Busan... mais il avait eu bien plus d'ambition dans sa manière de rêver. Oui, le grand Hwang Jae Min avait toujours visé beaucoup plus haut. Aujourd'hui, il ne visait plus tellement... Il se contentait d'espérer que les choses ne se passent pas trop mal.
Que Jung Min prenne bien ses cachets. Que sa maladie n'avance pas trop vite. Que tout se passerait bien entre son grand-frère et Mikio... il ne pouvait pas souhaiter ne pas lui faire de peine ou ne pas briser son petit monde, il faudrait être con pour ne pas être conscient de venir foutre la merde dans la vie de son grand frère de coeur.
Et puis il espérait pour Busan. Que son père ne boive pas trop aujourd'hui, que le père de Mikio ne soit pas obligé d'aller le chercher au bar. Il pensait à sa mère et il souhaitait qu'aujourd'hui ne soit pas un de ces jours qu'elle passait à pleurer sans rien faire.
C'était sa vie aujourd'hui. Oui, Keira avait raison, ils étaient vraiment doués, à l'époque.... Normalement, ils auraient dû le remporter ce concours et des souvenirs des Etats-Unis, il aurait dû pouvoir lui en raconter plein à présent. Normalement, il aurait dû lui adresser plus qu'un simple sourire pour cette remarque qui était tout de même parvenu à le toucher malgré les différences entre un passé et un présent.
« ... » et normalement, cette demande... elle n'aurait pas dû serrer son coeur.

Une interview. Lui ? Pour eux....
Il n'avait pas eu le temps de réfléchir à une réponse. Il n'avait pas pu se décider entre esquiver et répondre franchement. La conversation s'était détournée sans qu'il ne fasse de choix et son regard s'était porté sur Tôta. Puis sur Keira. Mais s'il s'était tourné dans la direction d'où il venait ensuite, ce n'était pas exactement pour trouver Jung Min dans son champ de vision. Dans le fond, c'était plus par pudeur pour eux. Ce n'était pas le genre de moment où on avait envie de se sentir dans un zoo et c'était pourtant l’impression que nous donnait parfois le regard des autres.
S'il savait que Jung Min détestait ça, il lui arrivait également trop souvent de détester cette façon que les autres avaient de le regarder. C'était un automatisme. Un automatisme qui ne s'appliquait pas qu'à lui et sa famille. Et quand son regard était revenu vers le devant, il n'avait pas détaillé la scène qu'il était forcé d'entendre. Oui, même s'il se demandait ce qu'avait Tôta. Même si cet espoir que ce ne soit rien de trop grave s'était répété dans ses pensées. Et même s'il avait ressenti de la peine pour Keira, il avait gardé le silence jusqu'à ce que la voix de Tôta ne s'adresse directement à lui « T'as pas besoin d'y mettre autant de manières. » sans rien ajouter d'autre, ni préciser le nom qu'il pouvait employer, il lui avait adressé un sourire. Sourire qu'il avait détourné vers Keira lorsqu'elle s'était relevée, lui laissant l'occasion de répondre à sa place « C'est gentil. » et au final, bien que Tôta ne l'ai jamais vu danser, ces mots s'étaient bien adressés aux deux.

La scène s'était passée comme si elle n'avait même pas eu lieu et il avait gardé une curiosité qui les mettrait dans l'inconfort pour lui.
S'il n'avait pas répondu à la question précédente de Keira, il ne l'avait même pas fait exprès. Il n'était pas revenu dessus maintenant que le sujet avait avancé ceci dit et plutôt que de taquiner la journaliste sur une remarque où il avait matière, ses yeux s'étaient posés sur Tôta pour ajouter « J'ai une chaine YouTube si tu veux. » est-ce qu'il faisait de la promo ?
Pas vraiment... les videos... tout ça... il avait enchaîné. Il n'allait pas se vanter maintenant, pas tout de suite. Surtout quand il était certain que Keira devait garder la plupart de ses articles....
Oui... mais il l'avait pensé, c'était quand même sympa qu'elle n'ait pas tout supprimé. Que ce soit du passé ou non, il n'était pas passé dans un tri pour faire de la place sur un disque.
Elle non plus. Il ne l'avait pas oublié. Qu'ils ne se connaissent pas tant que ça n'y changeait rien, Keirai faisait partie des bons souvenirs même s'ils faisaient partie d'une époque qui était capable de serrer son coeur avec trop de facilité....
S'il ne pouvait avoir qu'un pouvoir, un seul, il n'hésiterait pas en choisissant celui de pouvoir retourner dans le passé pour y corriger ce qui devait l'être à ses yeux. Et Il laisserait sans hésitation cette rencontre avec Sakuta Keira. Sauf que cette fois, elle pourrait rajouter dans son article qu'ils avaient gagné.

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     Ven 18 Aoû - 17:22

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C’est vrai, rien ne lui faisait plus plaisir que de voir son frère discuter joyeusement avec une autre personne qu’elle. Elle l’avait vu si rarement plaisanter avec des gens quand pourtant il était un garçon si espiègle. C’était sûrement parce que son cercle de fréquentation se limitait malheureusement en dehors de sa soeur, aux médecins qu’il voyait tous les jours - et avec lesquels, s’il restait toujours poli, il n’avait pas forcément envie de s’amuser -, sa tante Chisaki qui venait lui rendre visite une fois par semaine, Naoki, le meilleur de sa soeur, qui l’accompagnait quelques fois et qu’il adorait, et plus rarement, Minah, qu’il trouvait très jolie et gentille, mais avec laquelle il montrait plus de réserve. En fait, s’il n’avait rien contre Minah, il n’aimait pas vraiment quand elle accompagnait sa soeur. Sûrement parce que c’était une jeune femme qui avait tout pour plaire et que lui, il n’était même pas ce qu’on pouvait qualifier de jeune homme tant son allure était chétive et juvénile, malade et condamné à ne rien voir d’autre que les murs de cet hôpital. Il avait cependant déjà racontait plusieurs fois à sa soeur qu’il avait des amis qu’il s’était fait sur internet et qu’elle ne devait pas s’inquiéter de le laisser seul parce qu’il ne l’était pas vraiment. Evidemment, Keira demeurait toujours réticente à cette idée et malgré les nombreuse demandes de son frère, elle ne parvenait pas à ne pas passer à l’hôpital dès la fin de son boulot. Et elle ne regrettait certainement pas de l’avoir fait aujourd’hui pour être tombée sur Jae Min, bien qu’elle aurait préférait le croiser ailleurs que dans cet établissement. Au moins, son frère avait l’air de s’amuser… même si c’était au détriment de la journaliste, vers laquelle il adressa un sourire similaire à celui de son nouveau copain de bêtise, à la suite de sa remarque.
La jeune femme arqua un sourcil.

« Qui a eu un coup de foudre ? »

Pas elle, non. C’était dans les rêves de Jae Min ça ! Elle ne savait même pas ce que c’était un coup de foudre. Pourtant, c’est vrai, elle l’aimait bien. Plus que la sauvageonne qu’elle était ne voulait l’admettre. Aussi, la suite eut pour effet de chauffer ses joues bien qu’elle se mordit l’intérieur de la lèvre pour dissimuler son trouble. Non, c’est faux. Elle ne rougissait pas. Keira ne rougissait jamais ! C’était juste… peut-être qu’elle ne s’attendait pas à une déclaration si sincère. Mais elle était bête, parce qu’elle savait, bien sûr, que le plaisir de la rencontre avait été partagé ! Oui, sinon le courant ne serait pas si bien passé entre eux et le portrait qu’elle en avait tiré finalement n’aurait pas été aussi bon. Tout avait découlé de la qualité des interviews qu’elle avait mené tout au long de son séjour. Alors, oui, elle s’était amusé, oui, elle avait passé de bons moments avec le danseur et le ton avait été parfois plus détendu voire totalement hors cadre de son travail, mais… les rougeurs sur pommettes n’étaient absolument pas justifiées, n’est-ce pas ? Parce qu’elle n’était qu’une journaliste et c’était bien de la professionnelle que Jae Min parlait. Non… ? Le contraire aurait été absurde. Keira n’avait un intérêt qu’en tant que journaliste, le reste était assez creux ou peu agréable, elle en était consciente. Aussi, elle se fit violence pour se reprendre avant que son frère ne remarque son trouble et qu’elle n’en paie le prix fort.

Elle avait repris un peu de contenance pour la suite, bien que Jae Min demeura taquin. Si une grimace tordit sa bouche pour démentir les propos du danseur, elle ne put que constater avec un certain ravissement qu’il n’avait pas vraiment changé. Ou peut-être un peu, tout comme certaines choses dans sa vie, et c’était pour cela que la journaliste avait souhaité une nouvelle interview. S’il s’agissait bien d’un prétexte pour parler plus amplement avec le Coréen, ce n’était en aucun cas un rendez-vous galant comme avait pu le croire Tôta qui avait manqué de s’étouffer. La crise passée, les Sakuta tentèrent tous les deux de se reprendre face à celui qui venait d’assister une scène tristement fréquente bien que l’alerte fut fausse. Mais la frayeur fut elle assez réelle pour que Keira oublie que Jae Min n’avait pas répondu à son invitation… du moins sur le moment.
De plus, Tôta chercha évidemment à détourner l’attention en la recentrant sur le danseur avant que l’occasion ne soit trop belle pour ne pas sortir une bêtise. Un air d’intense réflexion s’installa sur son visage et il considéra un instant son aîné avant de demander : « Ah… comment vous dites en coréen déjà… ? » Visiblement, celui-ci cherchait à s’adresser à lui de la bonne façon. « Jae Min… Jae Min… Ah ! Jae Min Oppa ! » ….. ou pas.
Une réflexion idiote mais qui eut au moins le mérite de dérider sa soeur qui ne put réprimer entièrement un léger rire dans son dos avant qu’elle n’adresse un sourire au Coréen. « C’est sincère, » souffla-t-elle sobrement à son intention. Peut-être qu’elle ne voulait pas que Jae Min prenne la grosse tête, mais finalement… n’avait-il pas le droit de se vanter un peu ? Et même si elle n’avait pas envie de lui en donner l’occasion, le jeune homme méritait largement de savoir ce qu’on pensait de lui. Il dansait bien. Vraiment bien. Et même si Tôta allait sûrement en profiter pour la charrier encore, elle ne retira rien et renchérit même avec avec ces vidéos qu’elle avait dû garder.

Etonnamment, Tôta ne dit rien. Probablement parce qu’il se fit la même réflexion que Jae Min et que sa soeur devait conserver des archives pour tous ses articles. Mais surtout… parce que sa curiosité avait été piquée et il allait manifesté son désire de les voir quand le danseur s’adressa de nouveau à lui, éveillant un peu plus son intérêt. Une chaine youtube ? A vrai dire, l’information surprit également Keira qui ne manqua pas de le noter. « Eh ? Vraiment ? Alors c’est vrai, je parle vraiment à une star ! » s’enthousiasma Tôta, les yeux soudain brillants. « Je veux voir ça ! » Son regard passa de Jae Min à sa soeur comme s’il réclamait une vidéo tout de suite. Keira sourit. « On y jettera un oeil, » confirma-t-elle posément en hochant la tête, un léger sourire flottant sur le coin de ses lèvres. Et parce qu’elle ne pouvait pas vraiment dissimuler totalement le véritable intérêt qu’elle y porta, elle tira de sa poche arrière un tout petit calepin muni d’un tout aussi petit stylo qu’elle ouvrit sur une page libre avant de le tendre à Jae Min : « Tu veux bien nous donner le nom ? Au moins, on y manquera pas. » C’était impossible qu’elle oublie à vrai dire. Pas quand ils étaient deux à autant vouloir en connaitre le contenu. Et pour être tout à fait honnête, la jeune femme n’y ferait pas seulement qu’y jeter un coup d’oeil. Au fond, elle allait regarder une video, puis une seconde, une troisième… et enchainer toutes celles présentes sur sa chaine en les décortiquant avec un peu trop de passion parce qu’elle se ferait sans le moindre doute hypnotiser par chaque mouvements de danse de Jae Min… mais aussi sans le moindre doute par sa voix qu’elle ne s’attendait pas encore à entendre.
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     Ven 25 Aoû - 22:38
 
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Sans faire de commentaire sur ce prétendu coup de foudre, un sourire amusé et une tête qui s'était secouée avait répondu à la question de la demoiselle. Oui, comme si elle niait l'évidence. Pourtant, cette attitude taquine avait précédé un aveu plus sincère qu'il n'avait pas cherché à minimiser. Après tout, c'était vrai non ? Il avait apprécié faire la connaissance de la journaliste et ça s'était vu assez pour déclencher la jalousie de sa petite amie de l'époque. Assez pour croiser un regard noir, ou de foudre selon les choix de lexique, de la danseuse quand on parlait trop de la journaliste ou quand on les voyait discuter ensemble. Il entendait encore son frère lui dire qu'elle était trop chiante et qu'il n'avait qu'à la larguer, il y en avait des filles à Busan, il y en avait même à Tokyo à priori et comme un petit malin, après un regard lourd de sous-entendus, Jung Min avait dit un truc comme "Tu sais, c'est marrant, parce que je t'ai toujours vu avec une journaliste".
Oui, de cette époque, il s'en souvenait encore parfaitement. Il pouvait repenser à pas mal de phrases stupides comme ça. Des moments de joie, des moments plus tendus également parce qu'il poussait toujours les autres à travailler mais ça restait globalement l'une des époques de sa vie qu'il avait apprécié. Dans le fond, la seule véritable ombre au tableau pour ces instants là, c'est qu'il y manquait son autre grand frère. Ou plutôt, c'était à lui qu'il manquait déjà à l'époque. Mais si on y rajoutait Mikio, malgré les scènes de jalousie de sa petite amie, on obtenait probablement l'une des périodes de sa vie qu'il avait préféré.

Aujourd'hui, il n'était plus ce Jae Min là. Ce Jae Min avec des rêves plein la tête qui croyait probablement un peu trop qu'il les réaliserait tous. Parce que pour lui, il suffisait de travailler pour obtenir ce qu'on désirait à ce point. Ce Jae Min d'il y a quelques années, il ne baissait pas les bras. Ce concours, il voulait le gagner et ensemble, ils y arriveraient. Et puis, il partirait aux Etats-Unis, il reviendrait avec des souvenirs plein la tête et de nouveaux projets encore plus ambitieux. Et un beau jour, il appellerait ce hyung qui lui manquait tant pour lui dire un truc comme : "Hyung, je m'en sors vraiment pas mal maintenant. Ce serait cool si tu rentrais pour voir ça parce que c'est pas pareil si j'peux pas me vanter avec toi" ... ou plutôt... ces mots sous-entendus que Mikio comprendrait probablement sans qu'il ne les lui dise "c'est pas pareil... si t'es pas fier de moi."
Ouais... juste un Mikio et tout aurait été parfait. A lui, il aurait aimé lui faire lire l'article d'une jolie journaliste qui parlait de leur victoire. Peut-être que, lui aussi, il l'aurait taquiné avec cet imbécile de Jung Min pour lui dire qu'il le voyait bien avec une journaliste. Juste pour le faire chier ou parce que sa petite amie de l'époque était particulièrement pénible quand elle avait une crise de jalousie quand il semblait si bien s'entendre avec la japonaise.
Mais à présent, il était un Jae Min avec des souhaits différents... ou plutôt des besoins, des nécessités, il ne savait pas exactement quel mot pouvait définir le mieux ses objectifs. Ce dont il était certain, c'est qu'il n'y avait plus grand chose de lui à dire dans une interview... et que travailler ne payait pas toujours.
Et que tout ce qu'il avait à annoncer maintenant à Mikio...
...
... pour ça, il n'avait plus si hâte de le retrouver....

Mais la Corée était venue à lui sous une autre forme et de la voix d'un japonais. Après un rappel à l'ordre pour cause de trop de formalités, le dénommé Tôta avait provoqué sur ses lèvres un sourire. En fait, il s'était même retenu de rire. Comme quoi, même ici, on pouvait faire des rencontres qui vous offraient une pause et chassaient un temps les pensées à vous serrer trop fortement le coeur « Ouais, c'est ça . » ... sans rire ? Il n'allait pas lui dire ?
... Il était toujours ce Jae Min là en revanche.... S'il ne pouvait pas profiter de deux, trois oppa, employés incorrectement, le monde était vraiment rendu trop triste « On a qu'à rester là-dessus. » sinon "hyung", c'était bien "hyung" non ? « J'essaierai de ne pas suivre l'exemple de Keira en écorchant ton nom de mon côté. » ah non, pardon, autant pour nous, il n'en n'avait pas réellement terminé avec cette histoire de prénom mal prononcé.
Ceci dit, le sourire sur ses lèvres s'était transformé en un différent à la remarque de l'accusée. Sans doute un peu plus touché... sa tête s'était en tout cas hoché et son « Merci. » avait été prononcé avec une légère différence à l'intérieur.
Il n'était peut-être plus tellement dans tout ça... mais oui, ça le touchait. La danse restait une partie de sa vie même si elle n'avait plus le droit de prendre autant de place ou de porter les rêves d'un avenir qu'il se souhait brillant....
C'était sans doute étrange que l'avis de Keira le touche quand ils ne s'étaient pas côtoyés longtemps, et pourtant, c'était le cas, venant d'elle, ça lui faisait davantage plaisir... un peu... oui un peu....

Et puis, la conversation s'était tournée vers cette chaine qu'il s'obstinait à tenir pour poser un nouveau sourire sur ses lèvres à la réflexion de Tôta. S'il continuait à le draguer comme ça, il allait devenir son japonais préféré. Si sa remarque l'avait attendri, il avait préféré plaisanter en balayant l'air de sa main « Ah arrête, après tu vas me mettre la pression et je vais avoir peur de te décevoir ! » non parce que sinon on pouvait les laisser tous les deux en tête à tête avec un air des Platters hein ! Sérieusement, il se jouait vraiment quelque chose entre ces deux-là.
... ou on pouvait le laisser aussi seul avec Keira pour ce sourire qu'elle avait fait glisser sur ses lèvres d'une simple remarque.
Un sourire qui était resté sur ses lèvres tandis qu'elle réclamait le nom de sa chaine.
Pour un peu, on aurait pu appeler ça un sourire charmeur « Attends, donne-moi ça. » et une voix douce. Sa main qui s'était tendue pour se saisir du carnet, l'autre qui en avait fait de même avec le stylo, elles avaient mis la même douceur à voler la demoiselle quand, malencontreusement, ses doigts avaient glissé sur la peau de la japonaise. D'ailleurs, c'était un autre point pour la douceur, cette peau qu'elle possédait.
Mais plutôt que de s'égarer trop sur cette réflexion, il avait inscrit la requête sur le papier avant de tendre ses biens à la journaliste dans un sourire et un simple « Voilà. » et c'était tout ?
Quelques secondes, le temps de regarder Tôta, puis Keira, et il avait ajouté « J'espère ne pas décevoir les Sakuta. » les ?
Oui les.
Et s'il n'avait pas été jusqu'à demander un avis, il espérait sincèrement leur plaire... au moins un peu.



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