Sayonara [♥] HAROON

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     Ven 3 Aoû - 0:38

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Un cauchemar, un mauvais rêve, Ji Hoon espérait encore se réveiller, reprendre ses esprits. Son esprit semblait s’être envolé, tourbillonnant dans tous les sens, comme sous l’emprise d’un mauvais sort, prisonnier d’un dénouement qu’il n’avait jamais souhaité, même jamais imaginé. Son ordinateur ouvert devant ses yeux, sa main tremblait en descendant à travers l’article. L’onglet d’à côté indiquait « Twitter », puis Google Traduction, quand il y avait un mot inconnu. Son téléphone posé à côté ne cessait de sonner, tantôt le nom de son manager, tantôt celui d’autres membres de l’agence, tantôt des numéros inconnus. Il ne comprenait pas, restait ébahi comme le dernier des idiots, perdu dans une conspiration qu’il n’avait même pas pu envisager. Un soupir quitta ses lèvres, il se mit à nerveusement ronger l’ongle de son pouce, ignorant Takochi et Kimyaki venus se coller à lui en le sentant mal. Il faisait une chaleur étouffante dehors, pourtant, il avait froid, c’était comme voir un monde s’effondrer, voir ce qu’il avait essayé de construire partir en fumée. Il lisait l’article, lisait les réactions, et il comprenait difficilement comment on pouvait en arriver là. Son cœur se serrait, il amena ses jambes contre son torse, fermant vivement son ordinateur.

Que pouvait-il faire maintenant ? Bloquer les appels sur son téléphone ? Un long soupir quitta ses lèvres, il s’installa en tailleur, s’appuyant contre le dossier du canapé pour que les petits chiens puissent grimper sur lui, il les attira contre lui, se courbant vers l’avant pour pouvoir enfouir son nez dans leur pellage tout doux, tentant de se calmer. Mais l’article lui revenait, il revoyait les photos. Eux sur la plage, qui s’embrassaient, puis retournaient vers la voiture. Puis lui qui disparaissait de la voiture après être grimpé sur Haruto. Quatre clichés. Il se maudissait d’avoir été si peu soucieux ! Ils auraient dû y penser, dû faire attention. Mais ce soir-là, seul Haruto comptait, l’amour qu’il éprouvait pour lui. Ce besoin de le retrouver, de lui prouver qu’il l’aimait et qu’il ne voulait pas le perdre. C’était ce qui comptait le plus, mais il se sentait stupide, d’avoir laissé la passion l’emporter. Il avait peur de décrocher le téléphone, peur d’affronter la réalité. De se dire que tout était peut-être fichu en l’air, son travail, ses efforts pour être accepté dans le monde du mannequinat, être reconnu comme modèle même en étant un immigré Coréen. Pourquoi n’avait-il pas réfléchi davantage ?

Fébrile, il avait finalement attrapé son téléphone à l’appel de son manager. Il écoutait, bêtement, ne sachant pas quoi répondre face à son appel paniqué, quasiment énervé. S’il cherchait à se faire de la mauvaise publicité, c’était réussi. Il n’était pas une idole, il n’avait pas de grandes contraintes, mais il avait fallu qu’il cherche à ruiner sa propre carrière de la pire des façons. Un scandale sexuel, et avec un homme. Un homme. Pas n’importe lequel. Il était son petit-ami. On ne l’avait jamais imaginé de ce bord-là. Oh, en toute franchise, on lui avouait que tout le monde pensait que les rumeurs avec Shoko était vraie et que c’était avec une certaine amertume qu’il réalisait que non. Qu’il n’était pas comme ça. Ji Hoon ne trouvait même pas quoi répondre, tant cela lui paraissait absurde. Son manager raccrocha en balbutiant des excuses et il ne pouvait se sentir soudainement plus abandonné. Il devrait comprendre. Il ne comprenait pas. Pinçant les lèvres, il garda les chiens près de lui, il déverrouilla rapidement son téléphone, cherchant le numéro de son petit-ami dans son répertoire, il l’appela après une brève hésitation. Son cœur battait à tout rompre alors qu’il priait Dieu pour qu’il décroche, ressentant pour la première fois depuis la découverte de ces quelques lignes un profond soulagement en entendant la voix aimée. « Baobei… Ça va ? Dis, il faut que tu rentres… C’est… C’est important, je t’attends à la maison. » Il attendit confirmation avant de raccrocher.

Et maintenant ? Que pouvait-il faire ? Attendre le retour de Haruto, qui allait peut-être avoir une idée formidable pour les sortir de là, quand bien même il n’y avait aucune issue, on reconnaissait bien trop facilement. Il avait peur de la réaction de son petit-ami. Lui aussi pouvait avoir des problèmes, on pouvait le regarder bizarrement à l’hôpital, les gens allaient parler et sans doute amplifier les choses. Il s’en voulait encore plus en y pensant. Kimyaki essayait de le rassurer, il regardait le petit chien, hochant la tête. Il savait bien qu’il n’aurait pas pu prévoir, mais prudence était mère de sûreté. Un petit bichon d’à peine deux ans ne pouvaient pas forcément le savoir, il pouvait bien l’admettre. Ji Hoon éteignit son téléphone après avoir fait un dernier tour sur Instagram où son quota de message avait explosé, il se décida à jeter l’appareil plus loin, fermant les yeux. Il n’allait pas pleurer, il n’allait pas crier. Du moins, il se contenait comme il pouvait, imaginant déjà le pire.

Secouant la tête, il se leva, allant vers la cuisine pour prendre un verre d’eau, il finit par s’ouvrir une bière, il serait bientôt midi de toute façon. Retournant au salon, il alluma la télévision. Heureusement, sa popularité n’était pas assez grande pour qu’on parle de lui là-dedans. C’était déjà ça de pris. Il zappa de chaîne en chaîne, s’arrêtant sur une chaîne de pêcheur, parfaitement ce dont il avait besoin. De la pêche, des types qui attendaient sur un bateau que des poissons viennent mordre à l’hameçon. Ji Hoon rêvait d’être en train de pêcher. Il se souvenait comme il détestait ça, quand son père le réveillait à cinq heures du matin pendant ses vacances ou les weekends pour le forcer à aller pêcher avec lui. Il se rappelait combien il râlait, chouinait dans la voiture parce qu’il ne voulait pas y aller, qu’il voulait dormir. Les silences interminables entre lui et son géniteur. Ça mord ? Non, et chez toi ? Non plus. J’espère qu’on attrapera un truc, sinon ta mère va me tuer ! Et finalement, ils finissaient par rire, bêtement, faisant sans doute peur aux poissons. Ils n’auraient pas pensé songer cela un jour, mais il aimerait être loin de tout ça, dans un lieu perdu, sans réseau, au milieu d’un lac, à pêcher.

La porte s’ouvrit, Ji Hoon leva les yeux, soulagé en voyant qu’il s’agissait de son petit-ami. Il se leva immédiatement, ne lui laissant même pas le temps de se débarrasser de ses affaires, il était déjà allé se blottir contre lui, enfouissant son visage dans son cou pour se rassurer. Il n’était pas seul, il était là désormais. Sa main glissa dans son dos, l’attirant plus près contre lui, il resta ainsi quelques secondes avant de lui attraper la main. « Merci d’être rentré… » Il l’amena jusqu’au canapé, s’installant à côté de lui, il ouvrit à nouveau l’ordinateur où les onglets n’avait pas bougé, lui laissant le temps de lire l’article, de voir les photos. Une soirée torride. Oui, elle l’avait été. Une nuit incroyable, magique, Ji Hoon n’était pas prêt de l’oublier et il en frissonnait encore. Ils avaient battu leurs propres records du nombre d’orgasmes en une seule nuit et il se disait que cet article venait entacher tout cela. « T’avais pas vu ? » Se permit-il de demander une fois certain qu’il eut terminé. « Je suis désolé de t’avoir fait rentrer pour ça mais… J’avais besoin que tu sois là. » Il n’était pas bien tout seul, il savait que la présence de Haruto allait le rassurer, l’apaiser. « J’arrête pas de recevoir des appels et des messages sur Instagram. » Il ne pensait pas qu’un simple coming out pouvait déchaîner les passions et surtout les passions haineuses. Il pinça les lèvres, secouant la tête. Il ne savait pas quoi dire, il se sentait stupide. « Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? On voit bien que c’est moi ! » Il désigna la photo sur la plage. « Je peux pas dire que c’est un sosie, c’est pas possible qu’un autre type soit aussi beau. » Scientifiquement. Il rit même si le cœur n’y était pas. Son bras s’enroula autour du sien, il posa doucement sa tête sur son épaule, humant son parfum pour se sentir mieux, mais aujourd’hui, cela ne suffirait sans doute pas.


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     Sam 4 Aoû - 1:55

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Deux fois, et ce n'était même pas encore l'heure du déjeuner. Haruto commençait à se sentir mal à l'aise. En somme, il lui en fallait peu. Certes. Mais le regard avait été trop appuyé pour qu'il ne le remarque pas. Une jeune infirmière, nouvellement employée. Elle était sûrement mignonne, s'il s'y intéressait. Mais là était bien le problème, elle ne l'intéressait pas, et le docteur Kamiya se retrouvait dans une situation délicate. S'il était peu doué en amour, c'était bien pour une raison. Il ne voulait froisser les sentiments d'une tierce personne. Néanmoins, ces derniers mois, il avait fait assez preuve de manquement à son éthique pour éprouver des remords. S'il se retrouvait seul à seule avec la jeune femme, Haruto lui expliquerait qu'il était très touché – ou peut-être devrait-il utiliser un autre mot – mais il avait déjà quelqu'un. Quelqu'un dont il était profondément amoureux et très heureux en ménage. Un couple parfait, avec petits chiens et appartement dans un quartier plutôt chic de la capitale nipponne. Il ne pouvait rêver mieux – il n'existait pas mieux. Bien sûr, il ne rentrerait pas dans les détails et se contenterait sûrement de lui dire qu'il était déjà en couple. Cela éviterait tout mal entendu.

Jetant un coup d’œil à sa montre, Haruto hésitait à appeler Ji Hoon. Pas encore. Il attendrait l'heure du déjeuner, une fois qu'il serait seul dans son bureau pour savourer son bentô. Il avait instauré ce petit rituel. Pour laisser un peu de liberté à son petit ami et ne pas avoir l'air de l'étouffer, le Japonais s'empêchait avec plus ou moins de succès de vérifier son téléphone portable toutes les demi-heures. Si possible, il l'appelait pendant sa pause, à midi. Alors, ses écouteurs dans les oreilles, il appréciait la voix si charmante de son homme autant que son repas. Si ce n'était plus ! Ils parlaient de leurs matinées respectives – Haruto dérogeant quelques fois à la règle sacrée pour parler d'un patient intéressant. Avec intérêt, il écoutait Ji Hoon lui raconter son début de journée, pendant qu'il savourait un bentô préparé avec amour par son petit ami ou par eux, ensemble. Parfois, Haruto écoutait plus qu'il ne parlait et cela lui convenait tout à fait, mais le plus souvent, ils partageaient équitablement le temps de parole, sans même avoir besoin de couper l'autre. Comme pour d'autres choses comme les tâches ménagères, la cuisine, ou le sexe, ils n'avaient pas besoin de se parler pour savoir quand laisser le contrôle à l'autre.

Les journées lui semblaient paradoxalement moins longues, depuis qu'il suivait ce rythme. Ne pas regarder son téléphone toutes les cinq minutes et attendre midi pour appeler son petit ami lui permettait de se concentrer tout en attendant impatiemment d'entre la voix de Ji Hoon. Lorsqu'il leur était impossible de s'appeler, il lui envoyait bien évidemment un message. Plusieurs. Il lui en envoyait un également en partant, puis pour lui annoncer qu'il était bien arriver et lui souhaiter une bonne matinée. Après l'appel de la pause déjeuner, il lui envoyait immédiatement un message (souvent un cœur et un mot d'amour). Ainsi, Haruto voulait garder une certaine routine qui n'avait rien de contraignant. Ce rythme l'empêchait de s'inquiéter pour rien, de se poser mille et une questions à propos de l'emploi du temps de son homme. C'était quelque chose de nécessaire dans le processus de confiance mutuelle. Bien sûr, il lui avait pardonné son écart, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il oubliait, qu'il n'avait plus peur de le perdre. Au contraire. Haruto ne voulait plus tout gâcher. Il était primordial qu'il fasse des efforts. Qu'ils en fassent tous les deux.

Lorsque son dernier patient de la matinée sortit de son cabinet suivi, Haruto se leva en s'étirant. C'était une si belle journée ! Et s'il mangeait sur un banc du jardin intérieur de l'hôpital ? La réception était plutôt bonne, après tout ! Et le parc était assez grand pour qu'il trouve un coin tranquille où il pourrait avoir son intimité. Se décidant à sortir de son bureau, il se saisit de son bentô, avançant vers la sortie menant au jardin. Forcément, il passa devant l'accueil, et donc, l'infirmière. Cette dernière leva un nouveau regard timide vers lui. Son téléphone portable semblait scotchée à sa main. S'il n'avait pas rêvé, Haruto crut même qu'elle semblait hésiter à lui poser une question. Les joues de la jeune femme rosirent un peu en croisant son regard, et ses yeux naviguaient de son téléphone au visage du docteur Kamiya. Comme si elle comparait quelque chose. Mais Haruto n'avait pas le temps pour ce genre de jeu de séduction bizarre. Il voulait entendre la voix de son petit ami ! Poussant la porte du jardin japonais, il avança sur le petit sentier de promenade. Il ne croisa qu'une vieille dame soutenue par un homme qui semblait être son fils. Trouvant un banc sous un arbre, Haruto s'y assit. Il posa son bentô à côté de lui, avant de tirer sur le nœud de sa cravate. La chaleur qui régnait dans les rues de Tokyo était étouffante. Il regrettait presque de ne pas être une jeune fille fan d'un boysband pour s'éventer avec un uchiwa à l'effigie de son membre favori. Certes, il y avait de très jolis éventails en papier, mais il n'y pensait jamais, sauf lorsqu'il en avait terriblement besoin.

Sursautant lorsque son téléphone vibra dans sa main, il se dépêcha de dérouler ses écouteurs. Kamiya Haruto avait ce pouvoir étrange de ne jamais emmêler ses écouteurs entre eux. Les enfonçant rapidement dans ses oreilles, il décrocha, un sourire dans la voix. « Hey honey ! » Mais sa joie fut de courte durée. Au ton de la voix de son petit ami, Haruto comprit rapidement qu'il y avait un problème. « Oui, ça va... Et toi ? Tout va bien ? » Se levant aussitôt, il coinça son téléphone dans la poche arrière de son pantalon, avant d'attraper son bentô auquel il n'avait finalement même pas touché. « J'arrive, d'accord ? Ne bouge pas. » Il hésita à raccrocher, mais se dit qu'il valait mieux ne pas traîner. « Je t'aime. » Il ne savait pas trop pourquoi, mais il avait ressenti le besoin de lui dire. Rangeant ses écouteurs dans la poche de sa blouse, il fila dans son bureau. Abandonnant son bentô sur son bureau, il accrocha sa blouse au crochet fixé sur la porte, attrapa son cartable professionnel, et se précipita vers la sortie. Essayant de garder son calme, il s'empêchait de courir jusqu'à sa voiture. Il ignora le regard de la nouvelle infirmière. Il n'avait pas le temps pour ça ! Il prétexterait une urgence familiale. Une fois au volant, il s'accorda une minute pour se mettre les idées en place. En vain. Sa respiration était troublée par l'inquiétude, son cœur battait à un rythme irrégulier. La chaleur ne l'aidait pas à réfléchir correctement. L'objet de cet appel l'inquiétait. Que pouvait-il y avoir de si important – de si inquiétant – pour que Ji Hoon lui demande de rentrer et ne lui en parle pas directement au téléphone ?

Il ne sut pas vraiment comment il s'était retrouvé garé sur sa place réservée dans le parking de l'immeuble. Faisant claquer sa portière, il s'épongea distraitement le front avec un mouchoir. Verrouillant sa voiture, Haruto trottina vers l'entrée de l'immeuble. Se sentait-il épié ? S'engouffrant dans l'ascenseur, il poussa un profond soupir, heureux de se retrouver seul dans la cabine. Il tira sur sa cravate pour la défaire, la fourrant ensuite dans son cartable. Son pied tapait, impatient, contre le sol de la cabine. De ses joues gonflées s'échappaient un long soupir. Il craignait d'entendre ce que Ji Hoon avait à lui annoncer, s'imaginant déjà le pire. C'est en tremblant qu'il glissa la clé dans la serrure pour entrer dans leur appartement. Affichant un sourire qu'il espérait assuré, Haruto fut étonné de ne pas être accueilli par les deux petits chiens. « Tadai... ! » Mais il n'eut pas vraiment le temps de s'interroger à ce propos, que son homme se blottissait déjà contre lui. Laissant tomber son cartable de médecin, il le serra contre lui. « Je suis là, Hoonie. » Répondant à son étreinte, il le serra dans ses bras, sa main caressa doucement dans son dos, dans un geste qui se voulait rassurant. Le Japonais ne dit rien de plus, se laissant entraîner vers le canapé. Sans comprendre, il observait le profil inquiet de Ji Hoon. Que s'était-il passé ? Il n'osait demander. La réponse lui arrive bien brutalement, de toute façon.

Non, il n'avait pas vu. Pourtant, il reconnaissait cet encart rouge. Il l'avait déjà vu quelque part. Noise Press. Et maintenant qu'il y pensait, il l'avait reconnu sur le téléphone de l'infirmière. Son estomac se noua. Ses yeux détaillaient les photos, une à une. Jusqu'à la quatrième, sans équivoque. Déglutissant bruyamment, Haruto ne parvenait à regarder Ji Hoon dans les yeux. Il était comme assommé. Il avait l'impression de ne rien comprendre, que la situation lui échappait. Pourtant, c'était très clair. Ces maudits paparazzi avaient forcé le coming out du mannequin le plus prometteur de sa génération. De son petit ami. Secouant distraitement la tête en l'entendant s'excuser, Haruto sentit les larmes lui monter aux yeux. Sa main frotta le bas de son visage, avant de passer devant ses paupières closes. Prenant une profonde respiration, Haruto se redressa, avant de souffler un coup. « Je... Je suis désolé... » C'était entièrement de sa faute. C'était lui qui avait voulu cette deuxième partie de soirée. Et s'il ne regrettait pas cette nuit, aujourd'hui, il se maudissait pour cette proposition. S'ils étaient directement rentrés chez eux, Ji Hoon ne se retrouverait pas dans cette situation plus que délicate.

Ravalant encore sa salive, Haruto trouva finalement le courage de se tourner vers lui. Il sourit tendrement et tristement à sa remarque. Oui, avoir un jumeau ne le sauvait pas dans cette situation. Ils ne pouvaient accuser Liang. « Tu reçois quel genre de messages ? On peut aller porter plainte. » Sa main se saisit timidement de la sienne. « Tu as pu contacter ton manager ? Qu'est-ce qu'il a dit ? » Cet homme était censé le protéger, non ? « Il t'a donné des conseils ? » Mais que pouvait-il faire, exactement ? Haruto connaissait un peu le système japonais. Bien que son petit ami ne soit pas (encore) une célébrité connue et reconnue, cette affaire pouvait rapidement faire scandale. Un couple gay et métisse ! Un Coréen et un Japonais ! Ce dernier se demandait quelle serait la tactique de l'agence de mannequinat ayant signé un contrat avec Lee Ji Hoon. Lui demanderait-on de démissionner ? Lui dirait-on de démentir, quitte à s'enfoncer un peu plus ? Lui demanderait-on de s'excuser publiquement et officiellement devant caméras ? L'obligerait-on à sortir avec une fille et à s'afficher avec pour faire taire les rumeurs plus que fondées aujourd'hui sur son homosexualité ? Haruto s'inquiétait énormément, mais il ne voulait pas effrayer son homme. « Hé, je suis là quoiqu'il arrive, d'accord ? » Levant le bras, il le passa derrière ses épaules pour l'attirer à lui et le serrer doucement. « Et puis, franchement, on est un couple plutôt photogénique, tu trouves pas ? » Haruto s'autorisait à plaisanter pour détendre l'atmosphère. Histoire d'aider Ji Hoon à apaiser son esprit. Le calme avant la tempête ?


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     Dim 5 Aoû - 2:35

♡ Haroon ♡

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Son cœur était serré, il sentit une boule dans son ventre, comme si on le frappait. C’était violent, c’était soudain, il n’avait pas eu le temps de s’y préparer. Un coming out forcé, qu’il n’avait pas souhaité, qu’il n’aurait imaginé aussi précipité. Tout tournait dans sa tête, il regrettait, il avait peur, il imaginait le pire. Il était soulagé d’en avoir parlé à sa mère et qu’elle ne le découvre pas comme ça. Puis il se demandait ce qu’elle penserait en voyant ces photos. De la déception, sans doute. Elle allait le détester, se demander ce qu’elle avait raté chez lui pour qu’il se comporte comme ça. Il avait toujours voulu la rendre fier, ce n’était pas comme ça qu’il allait y arriver. Ses bras tremblaient, il avait du mal à retrouver son souffle en lisant les commentaires, peinant à croire que ces gens parlaient de lui, parlaient d’eux. Il ne comprenait pas, ce n’était que des photos, ils n’étaient que des personnes comme les autres. C’était stupide, il trouvait cette situation absurde mais au fond, il comprenait. C’était bien ça le pire ; il pouvait comprendre. Parce qu’avant, il partageait certains de ces opinions, il aurait pensé la même chose, bête, comme il était.

Il avait compris en tombant amoureux, en vivant cette histoire d’amour. Combien le sexe de la personne n’avait pas d’importance, que l’amour restait de l’amour quoiqu’il arrive. Haruto le rendait très heureux mais ça, tout le monde semblait s’en ficher. Il y avait quelques messages positifs, quelques neutres, trop de négatifs. C’était comme s’il s’agissait des seuls qu’il parvenait à lire. Ji Hoon se sentait prisonnier des réseaux sociaux, il fit un effort surhumain pour fermer l’ordinateur, appeler directement Haruto. Sa voix lui faisait du bien, mais son cœur battait encore douloureusement. Il ne parvenait pas à répondre quand il lui demanda comment il allait, rassuré de l’entendre dire qu’il rentrait. Il murmura qu’il l’aimait aussi avant de raccrocher, câlinant les chiens en attendant le retour de son petit-ami. Il s’en voulait de lui demander de rentrer alors qu’il avait déjà des soucis au travail. Il était égoïste mais il avait vraiment besoin de lui, vraiment besoin qu’il soit là. C’était plus fort que lui, il n’arriverait pas à gérer cette situation tout seul, il avait besoin que Haruto l’aide, ou au moins, juste qu’il soit là pour le rassurer, le serrer contre lui, comme il le faisait si bien.

Les cent pas dans l’appartement ne le calmaient pas. Ji Hoon se demandait une fois encore pourquoi ça ne pouvait pas simplement fonctionner. Que faisaient-ils de mal ? Ils s’aimaient, ce n’était pas si grave. Le bonheur que lui apportait Haruto était unique, il ne savait pas s’il le méritait, mais il ne voulait pas l’abandonner, c’était important pour lui. Pourtant, il lui semblait qu’il aurait plus à sacrifier que ce qu’il avait pu envisagé, juste par amour. Pour avoir le « droit » d’aimer cette personne. Cet homme qui l’avait chaviré. Il regrettait que personne ne comprenne, que personne ne cherche à comprendre cet amour qui les unissait, à voir le bonheur que Haruto lui apportait. C’était cruel, horrible, il fallait le reconnaître. Son Japonais était une des meilleures parties de lui-même, celui qui l’avait rendu meilleur. A ses côtés, Ji Hoon avait gagné en maturité, en empathie, il s’était adouci, avait appris à apprécier le monde, à aimer la vie pour des choses simples. C’était tout naturel à ses yeux. Il était celui qu’il lui fallait, celui avec qui il avait envie d’être. L’aimer l’avait rendu dépendant à lui et le choix ne se posait même pas, entre lui et sa carrière. Sans Haruto, il mourrait de chagrin.

Même s’il n’avait pas perdu Haruto, les sentiments qu’il ressentait n’étaient en rien agréables. Il voyait déjà la chute de sa carrière, il voyait l’échec. Ça avait été court mais il y avait cru. Il y avait sincèrement cru. Il se voyait réussir, il se voyait faire le tour du monde, être le mannequin asiatique le plus connu et reconnu. En entendant son petit-ami entrer, Ji Hoon ne lui laissa pas une seconde, se précipitant pour le serrer contre lui. Il avait besoin de sentir ses bras autour de son corps, de sentir qu’il n’était pas seul, qu’il était là. Qu’il ne le laisserait pas. Qu’il y avait encore quelqu’un sur terre qui l’aimait, qui tenait à lui. Qui ne le rejetait pas. Et ça lui faisait du bien, cette étreinte, ce moment. Il tentait d’oublier ce qu’il avait lu, tentait d’oublier le monde tout entier, humant son odeur, quittant la terre quelques secondes. Bientôt, la réalité le frapperait à nouveau, mais il s’autorisait cela, un peu de bonheur, un peu de Haruto. L’homme de sa vie, l’amour de sa vie. Sa personne préférée, comme il aimait l’appeler.

Sur le canapé, il ouvrit son ordinateur pour qu’il puisse lire l’article et prendre connaissance de ce qui avait été dit. Nerveusement, il attendit qu’il termine, craignant sa réaction. Après tout, c’était bien Ji Hoon qui s’était montré le plus imprudent ! Il avait organisé cette soirée, il était celui qui s’était montré trop entreprenant. Qu’il s’excuse le surprit et il secoua immédiatement la tête. Non, il n’avait pas à être désolé ! Pourquoi devrait-il l’être, il n’y était pour rien. Ji Hoon le fixa, incapable de trouver quoi dire. Cet article était stupide, une idiotie sans nom. Jamais il n’aurait imaginé qu’on puisse le suivre, le prendre en photo. Sans doute espéraient-ils le croiser avec Shoko, comme lors de cette soirée. L’idole attirait forcément plus qu’un mannequin qui gagnait en popularité. C’était tellement injuste. Il comprenait la réaction de Haruto, sachant bien que porter plainte n’était pas forcément une bonne idée. Il secoua la tête, riant nerveusement. « Non, c’est pas utile. Tu penses que la justice en aurait quelque chose à faire d’un mannequin Coréen, gay en plus de ça ? » Non, peu de chance. Il risquait surtout de se faire renvoyer en Corée du Sud et là-bas, l’homosexualité était probablement encore moins bien vu.

« Il l’a pas dit comme ça, mais mon manager m’a fait comprendre que je devais me débrouiller. » Un soupir quitta ses lèvres, il passa nerveusement ses mains sur son visage. Oui, il était prometteur, mais le professionnel pouvait en trouver d’autres, des modèles prometteurs. Qui serait hétérosexuel ou, au moins, qui sauraient cacher les quelconques « déviances » qu’ils pouvaient avoir. « Peut-être qu’il doit se calmer, j’irai le voir demain. » Il aurait eu le temps de réfléchir à une stratégie, Ji Hoon tentait de s’en convaincre. Pour le moment, c’était tout frais, c’était soudain, c’était compliqué. Il imaginait déjà le pire, qu’on lui interdise l’entrée, que cela se termine comme ça, avec rien de plus. Que son agent rompe tout contrat que le Coréen pouvait avoir avec l’agence. Ces pensées lui faisaient tourner la tête mais c’était des éventualités qu’il ne pouvait négliger. La voix aimée le sortie de ses sombres pensées, il sourit à Haruto en l’entendant dire qu’il était là. Ji Hoon hocha doucement la tête. « Oui. Je sais… » Et c’était ce qui l’aidait à tenir, à ne pas totalement s’effondrer. Il se laissa aller contre lui, posant sa tête sur son épaule. A sa remarque, il pouffa un peu, hochant la tête. « Oui, c’est vrai… on est très beaux. » Si seulement tout le monde pouvait voir ça. Ils étaient beaux individuellement mais encore plus lorsqu’ils étaient ensemble. Les sourires qu’ils avaient, ils ne pouvait les avoir que lorsqu’ils étaient ensemble. Heureux et amoureux.

« Je sais pas ce que je vais faire, Haru… J’ai l’impression que c’est terminé. Personne voudra m’embaucher après ça. » Il se décolla de lui pour se laisser tomber contre le dossier du canapé. Une image de gay, ce n’était pas vendeur, sauf s’il faisait la publicité de manga boys love. Et Ji Hoon ne voulait pas être cantonné à cette image. Il n’était pas homosexuel, il n’était pas qu’un homme qui sortait avec un homme mais il semblerait bien que c’était comme ça qu’on le voyait désormais, selon ces commentaires. « Je pensais vraiment que quelque chose de bien allait arriver cette fois. » Et non, ça venait se briser. Il avait voulu s’en sortir, mais ça avait été une perte de temps. « Et je peux même plus retourner dépouiller des petites vieilles, j’ai plus aucune crédibilité. » Il leva son pouce en l’air, comme pour remercier ce connard de Dieu qui s’amusait à briser tout ce qu’il entreprenait. « Qu’est-ce que je vais faire de ma vie, maintenant ? C’est fichu. J’ai tout gâché. » Un rire amer gratta sa gorge, il se retenait de pleurer, fixant le plafond, comme si la réponse y serait écrite. « J’pourrais faire père au foyer mais on peut même pas avoir de gosses. » Il leva ses mains face à cette hérésie. « Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ? » La question était sérieuse, même s’il savait que Haruto n’aurait pas la réponse. Ils n’avaient tué personne, alors pourquoi s’obstiner ? Ji Hoon était juste amoureux de cet homme, et les sentiments étaient réciproques. Pourquoi personne ne pouvait comprendre ?


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     Lun 6 Aoû - 0:34

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Ses journées se ressemblaient, mais Haruto savourait le calme ambiant. Ce n'était pas une routine ennuyeuse, au contraire. Après ces derniers mois, il avait terriblement besoin de retrouver ses repères avec Ji Hoon. Ils avaient traversé des turbulences incroyables, et il se disait fièrement que beaucoup de couples ne s'en seraient pas sortis indemne, contrairement à eux. C'était leur amour qui rendait leur histoire possible. C'était leur amour qui maintenait leur couple. C'était leur amour qui était plus puissant que tout. Bien sûr, le Japonais ne voulait plus faire la même erreur que par le passé. Il s'interdisait de tout prendre comme acquis. La vie lui avait prouvé combien elle pouvait être mesquine. Combien le karma attendait patiemment son tour pour relancer le bâton. C'était pour cela qu'il s'efforçait aujourd'hui de tout faire comme il fallait. Ne pas s'enthousiasmer pour des projets dans un futur trop éloigné – tolérance de six mois, grand maximum. Ne pas rester coller à Ji Hoon toute la journée, et le laisser avoir sa vie privée – quand bien même cette résolution était plutôt difficile à suivre, il s'y tenait. Ne pas se dire que tout allait bien et que plus rien ne pourrait leur arriver – leur couple avait besoin d'attention constante. Bien évidemment, leur couple restait exceptionnel, et Haruto ne pouvait s'empêcher de se dire que personne ne devait connaître ça.

Ji Hoon était l'amour de sa vie, et aujourd'hui, Haruto ne pouvait plus le nier, le démentir. Lorsqu'on lui posait la question, il avait quelqu'un dans sa vie. Et le sourire qu'il affichait alors prouvait tout à fait combien il aimait cette personne. Hors de question de le laisser tomber. Il avait fait cette erreur et le regrettait aujourd'hui encore très amèrement. Maintenant, il lui fallait continuer à entretenir la flamme pourtant bien vive de leur amour. De leur passion. Haruto ne se reposait pas sur ses lauriers, et chaque jour, il se donnait pour montrer son amour à Ji Hoon. Ce n'était pas une contrainte, loin de là. Il aimait lui apporter de petites attentions. Du baiser sur le front avant de s'en aller au travail, au petit déjeuner au lit le week-end. Chaque jour, chaque semaine, il s'efforçait de redevenir le petit ami idéal, après ces erreurs stupides qu'il avait commis. Il essayait également de se montrer de bons conseils pour les choix de carrière de son homme, même si ce dernier n'en avait pas vraiment besoin. Il croyait en ce dernier, il le soutenait de tout son cœur. Même si on lui demandait de poser pour une marque de nouilles instantanées, Haruto savait que Ji Hoon était promis à une grande carrière. Il savait que, bientôt, les plus grands créateurs ne jureraient que pour, et par lui.

C'était peut-être cette trop grande confiance en son homme qui avait tout déclenché ? Il aurait dû se méfier, victime du karma qu'il était ! Néanmoins, lorsqu'il répondit à l'appel de Ji Hoon, ce midi-là, Haruto n'aurait pu deviner ce qu'il se passerait ensuite. La voix de son petit ami le rendit soudainement nerveux. Des tas de scénarios se jouaient dans sa tête, mais il se doutait qu'il ne pourrait deviner en restant planté là. Que s'était-il passé ? Avait-il eu un accident ? Quelqu'un de sa famille ? Des Kamiya ? Même s'il croyait en la Science, Haruto chercha du bois à toucher pour conjurer ces pensées noires. Dans sa poitrine, son cœur pulsait douloureusement. Non, ce n'était pas possible. Pas encore ! Ils n'avaient rien fait ! Pourquoi le sort devait-il s'acharner contre eux ? Le Japonais essaya de se raisonner tout le long du trajet. Il s'imaginait sûrement le pire. Peut-être que ce n'était pas aussi grave que ce qu'il avait crû entendre dans la voix de son petit ami ? Après tout, Ji Hoon avait tendance à exagérer. Ce n'était peut-être rien de grave pour le commun des mortels. Un vol annulé pour son prochain voyage, sa voiture rayée, Kimyaki qui avait renversé un pot de kimchi... Oh, il espérait tellement que ce ne soit rien de grave ! Mais une vilaine voix lui soufflait qu'il pouvait s'inquiéter. Qu'il n'avait pas rêvé, que Ji Hoon était réellement paniqué, que quelque chose de grave était arrivé.

Plus qu bouleversé, Haruto rentra donc chez eux. L'accueil de Ji Hoon ne le rassura pas vraiment. Certes, lorsqu'ils se retrouvaient après une longue journée de travail, ils restaient collés le reste de la soirée, mais Ji Hoon lui laissait généralement le temps d'annoncer son retour, pour lui souhaiter un bon retour juste après. Il laissait aussi le temps à Kimyaki et Takochi de lui sauter sur les jambes pour qu'ils lui montrent combien il leur avait également manqué. Pas aujourd'hui. Mais peut-être les petits chiens étaient juste perturbés parce que leur papa japonais rentrait à midi, et non pas en fin de journée ? Ji Hoon avait peut-être simplement envie d'un câlin avant de lui annoncer avoir fait une bêtise ? Si seulement la vie était aussi simple. Ses bras passés autour de son petit ami, Haruto l'embrassa doucement sur les joues, sur les lèvres. Il voulait lui montrer qu'il était bien là. Sans rien ajouter de plus, il se laissa entraîner vers le canapé. Il n'osait demander ce qui avait bien pu se passer pour le mettre dans un tel état. De toute façon, il savait qu'il obtiendrait rapidement sa réponse.

Et celle-ci ne lui plut pas vraiment, lui nouant l'estomac. Ces quatre photos suffisaient, il n'avait même pas besoin de lire les gros titres, les commentaires. Haruto savait. Ce n'était qu'une question de logique, et il sentit son cœur se briser pour Ji Hoon. Il fixait l'écran, sans trop savoir quoi dire, la bouche soudainement bien sèche. Son petit ami lui en voulait-il ? Pas à ce qu'il semblait. Il lui avait demandé de venir, mais pas pour lui crier dessus et l'accabler. Pourtant, le Japonais éprouva le besoin de s'excuser. C'était évidemment de sa faute. Il n'avait pas réfléchi. Son homme était populaire, aujourd'hui. Il avait même des fans ! Ils avaient manqué de prudence. Et même si Ji Hoon secouait la tête pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas à s'excuser, Haruto savait qu'il le devait. Les questions lui échappaient dans un ordre discutable, mais il ne pouvait réfléchir correctement. Il essaya bien de mettre de l'ordre dans sa tête, de réfléchir de façon calme et posée, pragmatique, pratique. Mais que pouvaient-ils bien faire ? Démentir ? Attaquer en justice ? La réponse de son petit ami lui fit baisser la tête. Soudain, Haruto détestait son pays, comme s'il réalisait à peine aujourd'hui combien le racisme et l'intolérance y régnait. Ji Hoon avait raison.

« Mais à quoi il sert, dans ce cas-là ? » Sa langue claqua contre son palais. Certes, s'énerver ici, en compagnie de Ji Hoon, ne servirait à rien. Mais ce manager lui paraissait être un bel incapable. Comment pouvait-il dire à son protégé de se débrouiller tout seul ? Peut-être ne l'avait-il pas dit clairement, mais Haruto voulait bien croire son homme. Cette lâcheté l'insupportait. Poussant un soupir, il offrit un sourire navré à Ji Hoon, sa main se posant sur son genou, pressant un peu ses doigts pour lui montrer qu'il était là, que ce n'était pas contre lui qu'il était en colère. Il avait beau tenter de détendre l'atmosphère, il savait que ce serait un échec. Sa main se leva pour caresser sa joue, avant d'attraper son menton pour l'attirer doucement vers lui pour l'embrasser tendrement. Le lâchant ensuite, il laissa ses lèvres embrasser sa tempe. Oh oui, ils étaient si beaux. Haruto espérait que dans quelques temps, ils pourraient regarder ces clichés en riant et en ne soulignant que ce détail. Il espérait que tout se finirait bien, que ce n'était pas si grave que cela pouvait en avoir l'air. Que son manager paniquait pour rien, et qu'au contraire, on soutiendrait Ji Hoon. On lui montrerait encore plus d'amour. On lui offrirait de nouveaux contrats, bien meilleurs. Si seulement... Mais Haruto ne croyait même pas en lui-même, sur le coup. Il savait que ces photos volées n'annonçaient rien de bon, et plutôt le début des difficultés, pour son petit ami. Mais quoiqu'il arriverait, il serait là.

Pour le moment, Haruto devait montrer à Ji Hoon qu'il pouvait compter sur lui dans ce scandale. Parce que c'en était clairement un. Certes, pas de la même dimension que des photos prises après coït par une femme d'une star de la kpop. Mais presque. Parce que c'était Ji Hoon, ça avait son importance, pour Haruto, et que c'était suffisant pour l'inquiéter. Néanmoins, il ne voulait pas trop le montrer à son petit ami. « Ji Hoon... Ne dis pas des choses pareilles. Ce n'est pas terminé, d'accord ? » Il détestait la faiblesse dans sa voix, se maudissant de ne pas parvenir à se montrer aussi assuré qu'il l'aurait aimé. « Il faut juste... Trouver quelque chose. » Mais quel idiot. N'avait-il rien de plus intelligent à dire ? Timidement, sa main se posa sur le dos de son petit ami, le caressant doucement dans un geste qu'il voulait réconfortant. Il se rapprocha un peu de lui, secouant la tête. Quelque chose de bien allait leur arriver. On ne pouvait les faire à ce point souffrir pour rien. Haruto ne croyait en aucun dieu, mais il trouvait ce karma un peu cruel. Très cruel. Trop. Ce fut plus fort que lui, mais il frappa le bras de son petit ami du plat de la main. C'était ça, le karma ! Dépouiller des vieilles. Les sourcils froncés, Haruto regarda durement Ji Hoon. « Mais oui, merveilleux. C'est vrai que c'était une carrière pleine d'avenir, ça aussi. » Il le frappa encore, sans trop grande force, juste pour la forme.

Poussant un profond soupir, il écouta ses plaintes, ses remords. Haruto ne pouvait le blâmer de se montrer si démoraliser. Il comprenait le poids de cette révélation, et pas seulement pour sa carrière, mais aussi pour le reste. Sa famille, ses proches. « Ji Hoon... Hoonie. Honey, regarde-moi. » Doucement, il prit ses mains dans les siennes. « On va trouver quelque chose, d'accord ? » Mais quoi, c'était encore à trouver. Déglutissant doucement, Haruto réfléchit un instant, son regard perdu dans le vague, avant de le planter dans celui de Ji Hoon. « Après tout, ce n'est qu'un petit scandale. Et dans le fond, tu ne fais rien de mal. Tu pourrais même en ressortir du positif. » Une sorte de buzz ? Le nouveau mannequin fétiche, défenseur de la cause gay. « C'est un coming-out forcé mais... Un coming-out quand même ? Tu pourrais... te montrer concerné par la cause homosexuelle, tout en cassant les clichés ? » Dit comme ça, cela semblait simplement une belle utopie. « Ce ne sera pas exactement la carrière dont tu rêvais, mais... [/colot]» Le Japonais n'était pas assez stupide pour penser que cela serait facile. « Ce qu'on doit faire, c'est parler à ton manager. Il n'a pas le droit de te laisser tomber comme ça. Je vais étudier ton contrat, ok ? » Sa main caressa tendrement la joue de son homme. « Tu n'as rien gâché. On va surmonter ça ensemble. Comme le reste. » Et ils ont sortiraient plus forts qu'avant. Comme toujours. Ensemble, et plus amoureux que jamais.


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     Mar 7 Aoû - 0:20

♡ Haroon ♡

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Gay. Et si ce mot était désormais celui qu’on allait utiliser pour le décrire ? Et s’il était cantonné à ça pour le restant de sa vie ? Gay. Qu’on le présentait comme un ami gay, un mannequin gay. Qu’il avait cette étiquette qui le suivait. Il détestait cette idée, détestait cette impression d’être fiché, marqué au fer rouge. Il ne le supporterait sans doute pas, parce qu’il était bien plus que ça, qu’une préférence, une attirance. Que l’amour qu’il portait à Haruto, aussi fort qu’il pouvait être. Son cœur se serrait à cette idée. L’idée d’être cantonné qu’à ça, qu’on ne le décrive plus que par ça. Qu’on l’oublie à cause de ça, qu’on le trouve inintéressant, moins beau, moins viril, moins il ne savait trop quoi. Il connaissait bien l’opinion qu’on pouvait avoir des gays, pour l’avoir partagé pendant longtemps. Il n’était pourtant pas homosexuel, n’avait pas la moindre attirance pour les hommes en dehors de Haruto. Mais l’expliquer serait futile, il savait que personne ne comprendrait. Personne ne pouvait comprendre l’amour qui l’unissait à Kamiya Haruto, comment ils étaient tombés amoureux l’un de l’autre, alors qu’ils se croyaient parfaitement hétérosexuel. Cette amour était inexpliquable et il avait peur d’être blessé s’il essayé. Qu’on tente de les discréditer.

Que son petit-ami rentre le rassurait, le consolait un peu. Haruto savait s’y prendre et il appréciait ses petites attentions, ses câlins, ses baisers. Son erreur, il la regrettait encore, mais il avait l’impression que cela avait néanmoins contrebalancé quelque chose, qu’ils s’étaient rendus compte de combien il était important de prendre soin de leur relation, d’être là l’un pour l’autre. Il aimait les petites choses que faisaient Haruto pour lui. Les messages qu’il lui envoyait pendant la journée, lui parler quand ils avaient du temps pendant le déjeuner. L’entendre parler de sa matinée, l’entendre rire, l’aidait à se recharger pour le reste de la journée, lui redonner le courage qui lui manquait parfois, quand il devait accepter un contrat qui ne l’enchantait pas tellement. C’était important pour eux, important de passer du temps ensemble, de se permettre des sorties au restaurant, des sorties au cinéma ou n’importe où, tant qu’ils étaient ensemble, comme un vrai couple, comme deux personnes qui s’aimaient, qui voulaient passer du temps. Ji Hoon ne se l’avouait qu’à moitié, mais ce qu’il préférait, c’était resté entre ces murs, profiter d’une journée paresseuse. Prendre le petit-déjeuner au lit, y rester une bonne partie de la journée, à s’embrasser, à faire l’amour, à parler, refaire le monde. C’était ses moments favoris.

Face à cette situation, il ne savait tout simplement pas ce qu’il pouvait faire. Son manager semblait l’abandonner, ils étaient seuls, seuls à devoir trouver une solution. Ji Hoon regrettait cette envie bizarre de devenir modèle, un rêve idiot qui n’aurait jamais dû se réaliser. Il aurait du rester dans la magie, rester dans la danse. Des emplois qui, en général, ne menait pas sous les projecteurs et dont tout le monde se fichait quand il s’agissait de la vie privée. Le Coréen se sentait stupide. D’y avoir cru, de s’être fait des films. C’était terminé, il en était certain, il ne pouvait plus retourner en arrière, mais il tenait le coup, comme il pouvait. Il savait que la présence de son homme l’aidait beaucoup, le calmait. L’aidait à relativiser. Il n’avait pas tout perdu, tant qu’il avait Haruto. Haruto qui prenait cette histoire à cœur. Il lui sourit tristement à sa question, en le voyant si scandalisé. « C’est une bonne question… On verra demain, d’accord ? » Oui, demain. On pouvait toujours espérer en un meilleur lendemain, c’était ce qu’il se disait, un peu bêtement. Priant pour que tout aille mieux, pour que la situation s’arrange, pour que tout cela ne soit en réalité qu’un mauvais rêve.

Tout cela le faisait dramatiser, lui donnait l’impression qu’il n’avait aucune issue. Qu’il devait tout simplement accepter son sort, voir sa carrière se briser, laisser les gens l’insulter sur internet, écouter les moralisateurs expliquer que ce n’était pas normal, que c’était dégueulasse et il ne savait quoi encore. Il ne voyait rien de laid, ils étaient beaux, très photogénique, comme le disait Haruto. Très beaux. Le plus beau couple qui puisse exister. Il répondit à son baiser, souriait quand il le relâcha, il ferma les yeux au contact de ses lèvres contre sa tempe, le remerciant silencieusement pour ce qu’il faisait pour lui, pour être présent, depuis toutes ces années, sans faille. De ne pas hésiter une seule seconde à le rejoindre quand il avait besoin de lui… Ji Hoon réalisait sa chance, savait bien que cela ne se passait pas toujours ainsi dans un couple. Qu’une autre personne lui aurait dit que cela pouvait attendre, qu’il ne pouvait pas tout laisser tomber comme ça. Haruto n’était pas comme ça. Haruto était tendre, passionné, impliqué, il prenait à cœur ce qui tenait au sien. Il partageait ses joies, ses peines… Le Coréen savait combien il était parfait.

Son unique défaut était qu’il jouait mal la comédie. Ji Hoon sentait bien qu’il ne croyait pas en ce qu’il disait. Lui aussi devait penser que c’était terminé, qu’il n’y avait pas d’issu. Il pouvait bien le lui dire, il ne le prendrait pas mal. Enfin, si, un peu. Il devait continuer à y croire pour lui, c’était son rôle. Mais il pouvait bien comprendre que c’était difficile. « Trouver quoi ? » Il n’avait pas la moindre idée, ça lui semblait si absurde comme situation. Pourquoi avoir à se justifier pour ces photos ? Pour avoir embrassé son petit-ami sur une plage, et un peu plus dans une voiture ? Dans quel but ? Il n’avait pas à s’expliquer, ils étaient adultes, ils étaient consentant. Ils étaient heureux. C’était peut-être ça le problème : leur bonheur. Ils respiraient l’amour et le bonheur, forcément, ça ne plaisait pas à tout le monde. On les détestait, on les jalousait pour ça. Pour exposer cet amour, ces sourires, cette bulle d’euphorie qui les suivait toujours. Ji Hoon trouvait ça totalement stupide, pourtant, il savait que c’était plausible.

Quand Haruto le frappa, il comprit qu’il ne devait peut-être pas regretter ses choix de vie à voix haute. Il sentit l’ironie dans sa voix, chouinant quand il le frappa encore. « Eh ! C’est bon, c’est bon ! » Il n’allait pas le faire ! Comme dit, il n’était plus crédible de toute façon. Rapidement, sa panique l’emportait, il dramatisait, ou sans doute voyait-il trop bien la réalité. Il fermait les yeux, respirait profondément. Ses yeux se posèrent sur son petit-ami qui attrapait ses mains. Il le fixa en silence, pinçant les lèvres. Ils allaient trouver quelque chose. Il n’y croyait pas vraiment. « Du positif ? C’est possible ? » Son rire se fit un peu dépiter, n’y croyant pas du tout. Non, ce n’était pas possible que du positif en ressorte. Ji Hoon se disait qu’ils pourraient recoller les pots cassés, sans que cela ne retrouve son aspect d’antan. Ça ne serait plus aussi beau. Malgré lui, une grimace se forma sur son visage. Concerna par la cause homosexuelle ? Mais comment ? Il se sentait concerné par sa cause à lui, sans pour autant se mettre dans le même panier que les gays. « Je pense pas que ce soit possible ça… » En cassant les clichés. « On me verra juste comme une tarlouze. » Il savait que le mot était dur, mais il l’avait lu dans ces commentaires. Peu importe ce qu’il essayait de faire, il savait que ça reviendrait.

Non, ce n’était pas la carrière dont il rêvait, mais il savait que Haruto faisait de son mieux pour trouver une solution. Il savait aussi que son idée était loin d’être bête. Il ne se sentait juste pas prêt à porter cette casquette. Mollement, il hocha la tête, tentant de sourire à Haruto quand il caressa sa joue. « Oui. On surmontera ça ensemble. » Lentement, il s’approcha de lui, passant ses bras autour de son corps pour se coller à lui, posant sa tête sur son épaule. « T’es vraiment le meilleur, tu le sais, ça ? » Il sourit légèrement. « J’ai tellement de chance de t’avoir, Baobei… » Ses lèvres se posèrent doucement sur les siennes avant qu’il ne se redresse, soupirant doucement. Que pouvait-il faire maintenant ? « Ton idée est pas mauvaise mais… Mais je me sens pas de devenir une sorte d’icone gay. Je suis pas gay Haruto, ce serait mentir. » Ses yeux se posèrent sur son visage, si parfait, qu’il scruta longuement. « Tu es le seul homme que j’aime, le seul qui m’attire comme ça. Je peux pas… Enfin je peux pas vraiment comprendre les gays. » D’une certaine façon, il pouvait. Il voulait les mêmes choses, les mêmes droits qu’un couple ordinaire, mais cela lui passait au-dessus de la tête. « Je voulais pas faire de coming out… Pas tout de suite… Mais bon, maintenant, c’est fait ? » Il haussa les épaules. « J’espère que t’auras pas de soucis à l’hôpital… » Qu’on le mette de côté, qu’on se moque de lui, ou pire encore. « Tu me le dis si on t’embête ? J’irai les frapper, un par un. » Et il était sérieux. Il s’était suffisament battu dans sa vie pour mettre par terre un gang de nerd. Posant sa main sur sa joue, il l’embrassa avant de se lever, fouillant dans ses documents. « Je te laisse le contrat ? Comme ça demain, je vais le voir. » Il pouvait le lire, voir ce qu’il pouvait faire. « Merci encore d’être rentré Jagi, quand t’es là, tout va tout de suite mieux. » Il le pensait, un peu plus tous les jours. L’amour de sa vie, cette idée se confirmait, toujours plus.


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     Mer 8 Aoû - 1:11

♡ Haroon ♡

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Combien de fois Ji Hoon et lui avaient-ils discuté de leurs rêves ? Certains fous, d'autres inavoués. Avec le temps, Haruto s'était ouvert à celui devenu son meilleur ami. Il évoquait ses envies, ses désirs. Peut-être même avait-il appris à rêver, à espérer, grâce à lui. Pendant longtemps, ses aspirations se cantonnaient à être psychiatre. Mais s'il y avait plus ? Devenir un éminent professeur Un chercheur récompensé ? Un prix Nobel, même ? Après tout, il avait bien le droit de rêver, lui aussi, non ? Il n'avait pas de rêve fou, comme voler dans l'espace ou devenir une célébrité connue dans le monde entier. S'il osait, Haruto dirait qu'il rêvait d'une gloire modeste – joli pléonasme. Mais il était sincère lorsqu'il disait et répétait combien il aimait son travail. Combien il rêvait d'aider ces personnes touchées par des troubles mentaux. Loin d'être simplement intrigué, il voulait comprendre, aider, guérir. Il savait combien le cerveau humain était compliqué.

C'était d'ailleurs pour ça qu'il ne pouvait prévoir une chose pareille. On les avait surpris. On avait violé leur intimité. Ces photos leur portaient clairement outrage, à tous les deux, de bien des façons. S'il y avait des rêves qui comptaient plus que les siens, c'était bien ceux de Ji Hoon. Haruto avait conscience combien son petit ami avait attendu sa carrière de mannequin. Et il était clairement fait pour ça. Il n'avait pas seulement le physique, mais il avait également le charisme. Il avait cette aura que peu de monde avait. Il ne suffisait pas d'être beau, pour réussir. Ji Hoon était né pour briller. Le monde ne pouvait porter pareil splendeur et l'ignorer. Haruto savait que son homme était fait pour ça. Il le sentait. Et même s'il craignait de le perdre à cause de ça, même s'il avait eu la preuve que les tentations étaient là, il continuait de croire en lui, de le soutenir. Il savait combien Ji Hoon serait malheureux, si on lui enlevait ça. Et sa réaction le prouvait très bien. Le Japonais n'aimait pas le voir si démoralisé, et avait envie de retrouver ce photographe qui avait crû malin de dégainer son appareil lors de ce rendez-vous si spécial.

Ce rendez-vous imaginé par Ji Hoon pour mieux se retrouver. Haruto s'en voulait. S'il n'avait pas été idiot, à se montrer un peu distant avec son petit ami, ce dernier n'aurait pas eu besoin d'imaginer tout ça, pour commencer. Et après, quelle idée il avait eu de vouloir cette deuxième partie de soirée ! N'aurait-il pas pu simplement se contenter de ce restaurant si chic et si cher ? Il avait appris par la suite qu'une terrasse se trouvait sur le toit. Ils auraient très bien pu finir là-bas. Bien sûr que non. Ça ne leur ressemblait pas vraiment. Pas lorsqu'ils se retrouvaient ensemble. Se promener main dans la main, sur la plage, en pleine nuit. Se courir après, s'éclabousser d'écume, ça c'était eux. Et rire, s'embrasser. S'aimer. Oui, ce photographe les avait surpris dans un moment de pure intimité. Dans un moment de bonheur. Et Haruto se sentit soudain souillé, en le réalisant. C'était une honte. Mais pour le moment, il écoutait son homme parler de ce manager qui ne semblait pas prédisposé à l'aider. Ça aussi, c'était clairement lamentable, et le Japonais ne se gêna pas pour le souligner. Demain. Oui, ils s'en chargeraient le lendemain. Quitte à se faire porter pâle, Haruto pouvait bien le faire une demi-journée de plus. Une journée entière, même. Après tout, la solution ne leur tomberait sûrement pas du ciel. Ils devaient réfléchir à la façon dont ils s'en sortiraient. Ensemble. Parce qu'il comptait bien le soutenir jusqu'au bout.

Même si ses paroles étaient un peu bancales, un peu hésitantes. Haruto croyait sincèrement au fait que son homme s'en sortirait. Et peut-être qu'au fond, il lui en voulait un peu de baisser les bras comme ça. Certes, il pouvait comprendre le fait qu'il se sente abattu. Mais ce n'était pas la fin. Impossible. Il réussirait à surmonter ça ! Aussi, quand son homme osa mentionner ses anciens penchants, le Japonais ne put s'empêcher de manifester son mécontentement. Bien sûr, ce n'était pas le moment de le blâmer pour ça. Il pouvait bien lui accorder le droit de se plaindre. Juste un peu. Il ne devait pas le laisser se morfondre, c'était son rôle de petit ami. Oui, il voulait croire que du positif pouvait en ressortir. Quelque chose, n'importe quoi. La cause homosexuelle, peut-être ? Certes, il voyait mal Ji Hoon faire un speech inspiré en pleine marche des fiertés de São Paulo, mais pourquoi pas devenir une sorte de modèle ? Néanmoins, la réponse du Coréen ne le surprit pas vraiment. Baissant les yeux, Haruto souffla doucement par le nez. Une tarlouze. Le mot était dur, insultant. Pourtant, il ne se sentait pas vraiment visé. Et ce devait être là ce que Ji Hoon ressentait également. Mais qui comprendrait ? Ils n'aimaient pas les hommes. Ils s'aimaient. C'était une différence qui avait son importance. Cependant, Ji Hoon avait totalement raison. Personne ne chercherait à comprendre.

Il fallait donc leur faire comprendre. Répliquer. Haruto se portait volontaire pour essayer de comprendre le contrat de Ji Hoon, même s'il n'était pas assuré à ce niveau. Il avait passé tellement de temps sur sa thèse, la patience était l'une de ses vertues. Les petits caractères en bas de page ? Les clauses bizarres et contradictoires ? Il les trouverait ! De son mieux, le Japonais cherchait à faire passer son énergie à son petit ami. Lui aussi devait y croire. Son cœur rata un battement lorsqu'il le prit dans ses bras pour se blottir tout contre lui. Ses bras passèrent par-dessus lui, le serrant davantage. Il lui sourit tendrement, alors que sa main se perdait dans ses cheveux. « Non... Tu ferais pareil pour moi. C'est ça, être un couple amoureux. » D'être là pour lui, de le soutenir. Il répondit à son baiser, tendrement. Sans bouger, il l'observa, l'écoutant attentivement. Lorsqu'il lui avoua ne pas être gay, Haruto prit une mine faussement choquée. Mais bien vite, son doux sourire reprit le dessus sur ses traits. Surtout suite à la déclaration qui suivit. « Honey... » Il était toujours ému quand Ji Hoon lui déclarait son amour de la sorte. Ses yeux se perdirent dans les siens, amoureux. « Je comprends parfaitement, tu sais. » Il serra sa main dans la sienne. « Je ne pourrais pas non plus expliquer... Je ne me sentirais pas légitime, pour défendre la cause gay, je crois ? » Ou peut-être que si ? Mais ce n'était pas le moment de penser à une autre carrière. Du moins, il l'espérait. « Ne t'inquiète pas pour moi, d'accord ? » Son autre main vint caresser son visage. « Gay et violent, en plus ? Bah bravo l'image. » Son rire se fit rapidement embarrassé suite à cette plaisanterie moyennement drôle. Il s'excusa, l'embrassant tendrement.

Hochant la tête, Haruto le laissa se séparer de lui. « Tu n'as pas besoin de me remercier, Hoonie. Je t'en aurais même voulu si tu ne m'avais pas prévenu ! » Se mordillant la lèvre, il réfléchit à ce qu'ils pourraient bien faire, si jamais ce contrat se révélait sans failles. « Notre famille a un avocat. Je peux l'appeler, par simple précaution, si tu veux. » Ses mains allaient et venaient sur ses cuisses. « Après tout... C'est de l'atteinte à la vie privée. » Mais l'inquiétude sur son visage se lisait clairement. Ils avaient eu une relation sexuelle dans un lieu publique. C'était bien sur eux que cela risquait de retomber. Attrapant le contrat, il le feuilleta, pour commencer. « Tu l'as lu ? » Il leva les yeux vers lui, pour la forme. Se redressant sur ses longues jambes, le Japonais alla récupérer ses lunettes dans son cartable professionnel. Le contrat semblait bien strict, sur plusieurs points. Ce ne serait pas simple de trouver quelque chose là-dedans. « Il y a une clause... Sur les relations. » Sa bouche se tordit. Les formulations étaient étriquées, tordues. Du vrai vocabulaire de bureaucrate. Même lui avait un peu de mal à suivre. Relevant les yeux vers Ji Hoon, Haruto hésita. Il ne voulait pas reparler de ça, mais... « Lorsque l'article avec Shoko est sorti, tu as eu des problèmes ? » Il devait simplement mettre de côté sa rancoeur. Le plus important, aujourd'hui, c'était Ji Hoon. Pour lui, Haruto était prêt à déplacer des montagnes.


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     Ven 10 Aoû - 0:11

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Il avait Haruto, alors tout allait bien. Tout irait bien. Ji Hoon se répétait cela dans sa tête, mais il avait peur. Peur de n’avoir que lui au final, qu’on le rejette, qu’on ne l’accepte plus. Et si tout se passait vraiment mal ? Parce que cela pouvait arriver. Il avait renouvelé son visa, mais sans travail, on allait le jeter dehors. On allait lui demander de retourner en Corée du Sud. Qu’est-ce qu’il allait pouvoir faire alors ? Quitter Haruto, avoir une relation à distance ? C’était signé son arrêt de mort ! Ce cas de figure était inimaginable. Au fond, il savait bien que sa principale raison de rester était cet homme, qu’il avait rencontré il y a quelques années déjà. Il le rendait heureux, lui avait fait aimer ce pays qui ne l’attirait que moyennement au début. Il lui avait fait aimé ces hauts building, ces boutiques atypiques, la nourriture savoureuse qu’on trouvait au détour d’une rue un peu éloignée. Il l’avait fait tomber amoureux du pays en même temps qu’il le faisait invariablement tombé amoureux de lui. C’était une histoire fantastique, qu’il rêvait de raconter, dans les moindres détails. Ces années de dénis, à ne le voir que comme un ami, à être jaloux de ses petites-amies en mettant cela sur le dos de sa possessivité. Ah, qu’elle avait bon dos…

Leur amour était incroyable, hors du commun et Ji Hoon voudrait tellement que le monde comprenne. Comprenne ce qu’il ressentait pour lui, ces sentiments si particuliers qui allaient au-delà de la sexualité, au-delà du genre de la personne. S’il aimait Haruto, c’était parce qu’il était lui, tout simplement. Pas parce qu’il était un homme, non. Parce qu’il était tout ce qu’il était, qu’il était cette personne attentionnée, drôle, intelligente, un peu maladroite. Tant de petits détails qu’il aimait chez lui. Il aimait le voir devenir ambitieux, il aimait quand il parlait de choses qui le passionnaient, voir ces petites étoiles dans ses beaux yeux, voir son sourire parfaitement dessiné. Il avait quelque chose d’irréel, surtout quand il souriait. Il semblait tout droit sorti d’un rêve, ce visage adorable, qui pouvait à la fois être mignon, malicieux, sexy… Ses oreilles, son regard doux et espiègle à la fois. Comme s’il sortait d’un rêve, avec sa voix grave et puissante, son parfum envoûtant… Parfois, il songeait qu’un homme comme lui était presque criminel. Bien sûr, il était amoureux, il l’idéalisait. Bien sûr, il savait aussi que Haruto était parfait sans l’idéaliser. Diablement beau, avec une personnalité incroyable et un charme fou. Comment avait-il pu ne serait-ce qu’essayer de lui résister ?

Néanmoins, cette passion trop dévorante l’avait poussé à apparaître dans ces articles. Qu’il était bête. Il voyait les clichés et il se détestait d’avoir été si naïf, de ne pas avoir réfléchi davantage. Bien sûr qu’on allait le suivre, après l’article avec Shoko. On le suivrait, on en voudrait plus, Ji Hoon s’était montré imprudent, maintenant, il en payait les conséquences. Son regard se perdait sur l’ordinateur, puis sur Haruto. Il s’en voulait, espérait de tout son cœur qu’il n’aurait pas de problème, qu’on n’allait pas l’embêter, parce qu’il ne le méritait pas. Ce n’était rien, c’était de l’amour, juste de l’amour. Deux cœurs qui battaient ensembles, deux personnes folles l’une de l’autre. C’était horrible de penser que cet article si malsain avait comme but de nuit, de lancer un scandale sur une simple relation amoureuse, la plus belle de toute puisqu’il s’agissait de la leur. Ce rendez-vous, cela devait être simplement un moyen de se retrouver, de faire comprendre à son homme qu’il avait conscience de la bêtise qu’il avait fait, mais qu’il l’aimait encore. Comme un fou. Et qu’il regrettait, qu’il ferait tout pour regagner sa confiance, son amour. C’était une soirée importante pour eux qu’on avait gâché. On les avait souillé avec ces photos, on ne notait pas le plus important. Le bonheur que faisait ressortir ces photos. Leurs sourires sur la plage, leurs regards pétillants, la façon qu’ils avaient de se tenir, de s’embrasser. La passion, le bonheur. L’amour.

Ji Hoon ne comprenait pas, mais il savait qu’il était trop tard. Il était reconnaissait envers Haruto, pour être là, ne pas le laisser tomber. Pour être rentré immédiatement, être près de lui pour trouver une solution. Le rassurer, aussi. Lui rappeler qu’il ne le laisserait pas. Certes, Ji Hoon aurait fait pareil pour lui, mais cela n’enlevait rien à ce geste, à cette présence. Au fait qu’il était l’une des personnes sur qui il pouvait compter en permanence depuis bien longtemps déjà. Même avant qu’ils ne soient ensemble. Son meilleur ami. A l’époque déjà, il serait venu pour lui, il l’aurait aidé, aurait réfléchi avec lui pour trouver une solution. Tout contre lui, il laissait ses lèvres l’embrasser, il laissait ses bras le serrer plus fort. Il se permit une tape sur sa cuisse quand il joua l’homme choqué en l’entendant dire qu’il n’était pas gay. Il devait donner son point de vue, son impression que personne d’autres que Haruto ne pourrait vraiment comprendre. Ils n’étaient pas vraiment gays. Il sourit en l’entendant dire qu’il ressentait la même chose, se collant un peu plus. « A la limite, icône bisexuelle ou un truc du genre mais ça fait pas aussi bien. » Non, ça sonnait moins bien que gay, il s’en doutait mais le mot le dérangeait pour ce qui y était associé. Il n’aimait pas les hommes. Il avait face à lui le seul homme qu’il aimait. Le seul qu’il serait en mesure d’aimer.

Ses lèvres se pincèrent, hochant la tête. Gay et violent, ce n’était pas du tout vendeur. « Hm. » Il allait s’inquiéter quand même. Se laissant retomber contre le canapé, il resta silencieux, réfléchissant à une solution qui ne semblait pas se présenter naturellement devant ses yeux, cachée avec un peu de chance derrière un épais brouillard. Son sourire resta sur ses lèvres, figé. « J’ai bien fait de t’appeler alors… » Un faible rire quitta ses lèvres. Si en plus Haruto lui en aurait voulu ! Ses yeux se posèrent sur lui alors qu’il parlait de son avocat de famille. Ils avaient vraiment trop d’argent. C’était effectivement de l’atteinte à la vie privée, mais en soi, il ne savait pas ce que ça allait leur apporter. Le mal était fait. « On peut essayer de voir avec lui. Enfin plutôt toi. » En bon Japonais, médecin, il avait plus de droit, ça avait plus de chance d’aboutir. Son contrat dans les mains de son homme, il se mordit la lèvre en le voyant mettre ses lunettes. Ah, qu’il était sexy. Il le laissa lire en silence, tout en le fixant intensément en attendant son verdict. Son souffle se coupa quand il parla d’une quelque chose sur les relations. « Qu’est-ce que ça dit ? » Il se pencha pour tenter de regarder. « Liang me l’avait lu rapidement mais je me souviens pas. » C’était il y a plus d’un an maintenant ! Sa question le surprit, il regarda Haruto, secouant doucement la tête. « Non, au contraire. » Ca semblait bien faire plaisir à son manager, son petit coup de pub. « On essayait plutôt de savoir si y avait vraiment un truc. » Ce qu’il avait démenti, plusieurs fois, sans qu’on ne le croit totalement. « J’pense que maintenant, ils doivent me croire. »

Sa main se saisit du contrat, il tenta de comprendre à son tour mais les caractères étaient trop compliqués, il finit par le rendre à Haruto. « Je pense pas que le contrat va nous sauver. C’est hypocrite. Genre acceptable que je sois avec une fille connue mais pas avec un homme ? » C’était n’importe quoi. Il détestait ça. Détestait ce jugement. Fronçant les sourcils, il se redressa soudainement. « Viens, on part ! On va dans un pays qui nous acceptera. Genre le Canada ! J’ai regardé et c’est très beau là-bas. On pourra s’aimer, on pourra faire plein de choses ! » On allait les laisser tranquille. Ses mains se posèrent sur ses joues, il le fixa un instant. « Ou à Taiwan, si tu veux rester en Asie, ils ont accepté le mariage gay, c’est que c’est assez ouvert, non ? » Il resta un instant à le regarder, soupirant doucement avant de se laisser retomber sur le canapé, en profonde réflexion. « Pas aux USA, ils sont bizarres et ils ont l’air tous malades et moches. » Les Américains étaient très laids. « Y a l’Europe aussi. L’Irlande ! » Pourquoi l’Irlande ? Il ne savait même pas où c’était. Sortant son téléphone, il fit une rapide recherche. « Pays-Bas… Paraît qu’en Islande, c’est là-bas que les gays sont les plus heureux. » Fuir n’était pas une solution mais il lui semblait qu’il s’agissait de la seule possibilité actuellement. Il n’y avait rien de plus qu’il puisse faire pour s’en sortir. Tout ce qu’il voulait, c’était oublier cette histoire, qu’on l’oublie. Être enfin heureux avec Haruto, mais il avait l’impression qu’on ne leur laisserait jamais ça.



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     Sam 11 Aoû - 2:41

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L'important était de ne pas baisser les bras. Aussi horrible la situation pouvait paraître, cela ne signifiait pas pour autant que c'était la fin, loin de là. Haruto voulait croire qu'il y avait une issue, que son petit ami n'était pas condamné à jouer l'homo de service dans sa carrière future. Impossible. Il valait beaucoup mieux que ça, et aujourd'hui, il trouvait plus dégradant que jamais tous ces clichés gays qui collaient à la peau de ces personnalités qui avaient effectivement fait leur coming-out. Le truc, dans cette histoire, c'était que Ji Hoon n'avait rien demander. Certes, il s'était montré scandaleux – à bien des égards – lors de cette soirée, comme le prouvait ces photos, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'il méritait d'être affiché de la sorte. Le Japonais détestait cette presse à scandales qui ne se gênait pas pour exposer la vie privée de personnes qui ne le cherchait pas forcément. Ji Hoon n'avait pas besoin d'un buzz ou il ne savait quoi d'autre. Petit à petit, il commençait à se faire sa réputation, et cela horrifiait Haruto de se dire que tout était terminé aujourd'hui à cause de ces photos et de cet article stupide !

Pourtant, toutes les solutions qui lui venaient à l'esprit étaient loin d'être satisfaisantes, il en avait pleinement conscience. Parler pour la cause homosexuelle ? Soit, mais après ? Cela le mènerait sûrement à sa perte. Au mieux, on parlerait de lui, le trouvant courageux, et tout ça. Puis, petit à petit, les médias passeraient à autre chose. Haruto ne souhaitait pas ça à son homme. Il ne lui souhaitait pas cette gloire éphémère. Il lui souhaitait une longue carrière qu'il aurait construit de lui-même. Ce qu'il s'était efforcé de faire, jusqu'ici. Comment rattraper cette erreur ? Haruto détestait cette pensée. Parce que cet article lui faisait regretter un merveilleux souvenir. Un moment important, comme tous ceux qu'il passait en compagnie du Coréen. Ce n'était pas juste. Il avait l'impression qu'on les condamnait alors qu'ils n'avaient même pas eu le temps de comprendre le crime. Parce que de crime, il n'y en avait pas. Ji Hoon ne méritait pas ça. Cette affaire ne faisait que commencer, mais les commentaires étaient déjà violents, pour la plupart. Devait-il confisquer l'ordinateur et le téléphone de son petit ami ? Haruto hésita un instant, mais préféra réfléchir dans l'ordre. Etablir des priorités. Mais c'était clairement plus facile à dire qu'à faire. Tout lui paraissait urgent et important.

« Tu n'es pas obligé de prendre parti. Si tu n'es pas complètement sincère, les gens te verront, et ça ne fera que t'enfoncer encore. » Haruto sourit à son petit ami, pour lui faire comprendre que ce n'était pas un reproche. Il pensait avant tout à son image, cherchant à tout prix à le protéger. Oh oui, il lui en aurait voulu, s'il ne l'avait pas prévenu de cette affaire. Après tout, cela le concernait tout autant. N'importe que le connaissant pouvait très bien le reconnaître, sur ces clichés. Le regard insistant de la nouvelle infirmière lui revint à l'esprit. Devenait-il paranoïaque, ou avait-il une raison de s'en faire ? Non. Il ne voulait pas inquiéter Ji Hoon. Ce dernier avait déjà assez de problèmes, actuellement. L'important, c'était lui, et le Japonais ferait tout son possible pour l'aider dans cette épreuve. Il voulait lui montrer que son amour ne se limitait pas aux bons moments. Que malgré tout, il était toujours là. Rien ne comptait plus que lui, de toute manière. Haruto ne se voyait pas avancer sans Ji Hoon. Ils s'aimaient, formaient un couple uni. Ils avaient traversé des épreuves, oui. Ils avaient eu leurs moments de doute, de tristesse. De trahison, même. Et pourtant, ils s'aimaient, éperdument. Parce qu'une chose était sûre. Ce couple qui s'embrassait sur cette plage, sur ces photographies, c'était un couple amoureux. Réel. Authentique. Comme bien trop peu de choses, dans ce monde.

Mais comment expliquer ça ? Comment faire entendre raison ? C'était là toute la subtilité, toute la complexité de la situation. Haruto n'était pas certain que porter plainte contre ces pseudo journalistes leur serait favorable. Attaquer son manager ? Cette agence avec qui il avait signé son contrat ? Une fois encore, il doutait que cela serve à Ji Hoon. Cela risquait même de lui porter préjudice. Mais alors quoi ? Ils se retrouvaient bloqués ? C'était frustrant, rageant. Et une fois le contrat en main, Haruto chercha activement une brèche dans le système. Néanmoins, ces boîtes étaient justement rodées. Il y avait tellement de clauses... « C'est... plutôt flou ? Disons que tu n'es pas entièrement interdit d'avoir des relations mais... tu dois rester discret ? » Sa bouche se tordit, ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle. Levant les yeux vers son petit ami, le Japonais attendit sa réponse. Ne pas penser plus loin. Inutile de se mettre martel en tête, de toute manière. Sa rancoeur, sa jalousie, il devait les ranger au placard. Ce n'était pas le plus important, aujourd'hui. Ce qui lui importait, c'était le bonheur de Ji Hoon, et donc qu'il le retrouve. « Je vois. Puisque c'était une idole, ça avait plutôt eu l'air de les arranger. » Un goût amer lui revenait en bouche, à chaque fois qu'il y pensait. « Malheureusement, je ne suis qu'un pauvre psychiatre dont tout le monde se fout. » Poussant un soupir, Haruto se rendit compte qu'il devait garder sa rancune pour lui, surtout dans un moment pareil.

Oh oui, on devait le croire maintenant. Haruto le laissa lui prendre son contrat. Il observa Ji Hoon tout en réfléchissant à la marche à suivre. Sur quel plan sera-t-il le mieux de se lancer ? Ou plutôt, que devaient-ils faire pour encaisser le moins de dommages ? Un sourire triste aux lèvres, il l'écouta se plaindre – à juste titre – de la situation. « Bien sûr que c'est hypocrite. Doublement, même. Parce que tout le monde sait que c'est hypocrite, et tout le monde joue les hypocrites à cause de ça. » Bref, le serpent se mordant la queue. Sa main lui caressa tendrement les cheveux, alors qu'il lui adressa un sourire. Le Japonais écarquilla légèrement les yeux, sourcils redressés, alors que son petit ami se lançait dans des projets de fuite vers d'autres pays. Un simple sourire amoureux aux lèvres, Haruto l'écoutait faire des projets dans chaque pays qu'il citait. Il le fixa droit dans les yeux, appréciant la chaleur de ses paumes contre ses joues, même en plein été, en pleine canicule nipponne. Même si la situation ne le prêtait qu'à moitié, Haruto trouvait son homme terriblement sexy, lorsqu'il s'enflammait de la sorte. « Tant que je peux rester avec toi, j'irai où tu iras. » Ses lèvres l'embrassèrent tendrement. « Fais-voir, pour l'Islande ? » Il taquina un peu Ji Hoon, avant d'attraper sa main. « Je veux découvrir toute l'Europe avec toi ! » Ses doigts jouèrent timidement avec les siens. Il hésitait clairement à lui poser une question.

Relevant finalement les yeux vers lui, Haruto pinça les lèvres. « Mais tu ne devrais pas fuir, honey. » Sa main tint fermement la sienne. « Je ne sais pas ce que va te proposer l'agence, en toute honnêteté. Peut-être... » Il déglutit, ne sachant trop quoi dire. « Peut-être qu'ils cherchent déjà une solution pour que vous vous sortiez de ce bourbier.[/color] » Se tournant un peu, pliant une jambe sur le canapé, il posa la tête sur le dossier. « Si jamais ils te demandent de démentir... fais-le, d'accord ? » Bien entendu, ça lui brisait le cœur de lui donner un conseil pareil. « Je ne veux pas que notre relation mette fin à ta carrière si prometteuse. Je ne veux pas être la cause de ton échec. C'est trop injuste, mais... c'est ton rêve. » Et il y avait des sacrifices à faire. Le Coréen ne pouvait renoncer à son rêve si tôt ! Et puis, ce n'était qu'une question d'image publique, après tout. Ji Hoon pouvait encore corriger le tir, faire comme si ce n'était rien qu'un montage, expliquer qu'il n'y avait rien, que ce n'était qu'un coup monté... Haruto se doutait que ces propositions étaient probables d'être soumises à son petit ami. Peut-être même officialiseraient-ils sont couple formé avec Shoko ? Plus il y pensait, et plus Haruto se disait que c'était là, la réalité des choses. Comme si, une fois de plus, il se rendait compte qu'il pouvait perdre Ji Hoon.

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     Dim 12 Aoû - 2:44

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S’il devait s’exprimer en public, il ne serait sincère que s’il parlait ouvertement de sa relation avec Haruto. Il aurait tant de choses à dire. Il parlerait d’amour. D’amour sans étiquette, sans catégoriser. Ce n’était pas de sa sexualité dont il s’agissait, mais d’amour. Lee Ji Hoon était amoureux d’un homme, pas des hommes. Il n’y en avait qu’un. Qu’une seule personne avec qui il pouvait se montrer si vrai, à qui il ne pouvait pas mentir. Haruto avait révélé ce qu’il y avait de mieux en lui, il faisait de lui l’homme qui avait la force de se lever chaque matin, qui réalisait ses rêves, qui se donnait une chance. Ce Japonais qu’on montrait sur ces clichés était l’homme qui lui avait permis de s’ouvrir, qui l’encourageait, qui le soutenait. Qui l’aimait. Ce n’était que ça, une question d’amour, de passion. L’homme qu’on voyait sur ces clichés était celui qui lui avait appris à vivre, avait donné un nouveau souffle à sa vie. Avait éveillé en lui ce qu’il avait de plus beau à donner. Il avait balayé toutes ces rancœurs, lui avait montré que le monde était beau, qu’il avait gardé ses yeux fermés tout ce temps, enfermé dans ses propres problèmes, dans sa propre injustice.

Après toutes ses années, il réalisait combien son meilleur ami avait été primordial dans sa vie future. Tout ce qu’il avait accompli à ses côtés. L’avoir rencontré était une bénédiction. On ne pourrait lui enlever cela de la tête, malgré tout ce qui était arrivé, malgré les blessures et ce qu’ils avaient pu se faire subir. Avec le temps, s’était mis à s’ouvrir, à entendre le monde qui l’entoure. Haruto était un homme timide, assez réservé. Au début, il ne le comprenait pas. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il rougissait si facilement, pourquoi est-ce qu’il se sentait si mal à l’aise quand il y avait trop de monde. Sa façon d’être toujours aussi gentil, aussi poli. Sa personnalité était un mystère. Mais il avait fini par briser cette drôle de carapace qui l’entourait et rencontrer la personne la plus extraordinaire qui puisse exister. Il était heureux de le connaître, flatté d’avoir su l’intéresser, qu’il soit tombé amoureux de lui en retour. C’était fabuleux. Incroyable. Personne ne le voyait comme il le voyait lui, personne ne le connaissait comme il le connaissait. Cet homme timide pouvait se montrer entreprenant, passionné, il pouvait se mettre en colère, crier, éclater de rire, tenir de longs discours sur un sujet qui le fascinait… Ji Hoon se sentait reconnaissant d’avoir le droit de connaître tout ça. De le connaître comme ça.

Son contrat, il le connaissait, ou plus ou moins. Liang l’avait lu pour lui, lui avait exposé les grandes lignes et ré-expliqué les mentions qu’il n’était pas parvenu à comprendre. En toute honnêteté, il n’avait pas cherché à en savoir plus sur la clause stipulant les relations. A cette époque, Haruto l’avait quitté, il était seul et peu soucieux de sa vie sentimentale. Pour lui, c’était bien simple, il n’en aurait pas de toute façon donc ça n’avait aucune espèce d’importance. Maintenant, il regrettait de ne pas avoir été attentif. Ses yeux ne lâchaient pas Haruto, essayant de comprendre, de saisir ce qu’il y avait écrit. C’était flou, comme probablement le contrat tout entier. Malheureusement, pour la discrétion, ils repassaient, c’était trop tard. Un long soupir quitta sa gorge, hochant la tête. Quelque part, cela semblait logique, ça appartenait au bon sens. En tant que visage public, il était normal de veiller à sa réputation, Ji Hoon devrait le savoir. Quel bel idiot il faisait, c’en était presque risible tant c’était triste. Repenser à Shoko l’aidait à réaliser combien tout cela était stupide et les mots de Haruto lui brisaient un peu le cœur. « Moi, c’est ce pauvre psychiatre que j’aime, je m’en fiche du reste. » Ses lèvres se posèrent sur sa joue, il lui sourit doucement. Il était le seul qui comptait, il se fichait bien du coup de pub qu’il aurait pu avoir avec une idole. A ses yeux, c’était tout ce qui comptait.

Toute cette hypocrisie le dégoûtait un peu. Ji Hoon en avait assez entendu comme ça. Il ne voulait pas penser plus loin. Haruto n’était probablement pas au goût de son agent ou des personnes pouvant s’intéresser à lui. Mais il ne voulait pas se montrer au bras de la petite star à la mode sous prétexte que c’était plus vendeur. Il ne voulait pas se montrer hypocrite à son tour. Le Coréen rêvait d’évasion. Partir au bout du monde avec son Japonais, tout plaquer, tout quitter. Sa main dans la sienne, partir à l’aventure ! Un large sourire se dessina sur ses lèvres à sa déclaration. Il irait partout avec lui. Ji Hoon ne put contenir son cœur de s’emballer, répondant amoureusement à son baiser. Ils seraient heureux n’importe où de toute façon. « Regarde, l’Islande ! » Il tourna le téléphone vers lui pour qu’il voit les photos. « On découvrira le monde ensemble, Baobei. » Pas juste l’Europe. Oui, le monde tout entier, sans exception ! Ji Hoon était prêt à tout plaquer pour faire le tour du monde. Il était un peu déçu quand le Japonais se ravisa. Il ne devait pas fuir. Ce n’était pas fuir, c’était songer à une autre vie ! Ses yeux le fixaient intensément, sa main serra la sienne un peu plus fort.

Comment s’en sortir ? Pour Ji Hoon, cela semblait être mission impossible, il espérait néanmoins que son agent viendrait avec une idée lumineuse d’ici demain. La requête de Haruto le laissa bête, il le contempla en silence. Démentir ? Il le souhaitait sincèrement, que Ji Hoon dise que c’était faux, que ces photos n’étaient qu’un montage amateur ? Qu’il n’y avait rien entre eux ? Mentir, annoncé qu’ils n’étaient pas ensemble, que Kamiya Haruto n’était rien pour lui. Un ami ? Une vague connaissance ? Ses yeux se baissèrent en l’écoutant. Leur relation ne devrait pas causer la fin de sa carrière, c’était si absurde. En quoi sa vie sentimentale interférait dans son travail en tant que modèle ? ça n’avait aucun sens. Pourtant, il savait bien que c’était possible. Oui, c’était son rêve, Ji Hoon le savait. Il l’avait voulu pendant longtemps. Ses lèvres se pincèrent, il leva sa main vers le visage de Haruto, frôlant les branches de ses lunettes. « Je t’ai déjà dit combien tu es beau quand tu les portes ? » Le Coréen se demandait parfois comment il avait fait pour ne pas tomber pour lui à l’instant même où il les avait porté devant lui pour la première fois. Un petit rire quitta sa gorge. Comment cet homme pouvait être aussi charmant ? Comment parvenait-il à le charmer un peu plus chaque jour ?

Il s’agissait d’un mystère qu’il peinait à résoudre, qu’il aimait entretenir néanmoins. De simples lunettes qui lui donnait tout de suite un style plus mature, plus sexy. Sa langue passa sur sa lippe, lentement, il secoua la tête sans le lâcher du regard. « Non, si on me le demande, je vais pas démentir. » Pourquoi faire ? C’était parfaitement inutile, totalement stupide. « J’ai passé une bonne partie de ma vie à prétendre que j’étais une autre personne… » Plusieurs personnes différentes, même. « C’est plus ce que je veux maintenant. A quoi bon démentir ? » Son regard se fit sérieux dans le sien, il cherchait une réponse. Cela lui paraissait inutile, totalement inutile même. « On ne pourra plus sortir, plus se voir en dehors de l’appartement, plus partir en vacances, plus être nous-mêmes. C’est pas ce que je veux. » Ça allait finir par briser leur couple et entre ça et sa carrière, il avait fait son choix. Penchant son visage, il baissa les yeux un instant. Son regard s’arrêta sur Kimyaki et Takochi qui dormaient plus loin, fatigués par le stresse causé par l’article. « Tu seras jamais la cause de mon échec. C’est grâce à toi que j’en suis là, c’est grâce à toi que je trouverai comment m’en sortir. » Peu importe la manière. Sa main serra la sienne, il lui sourit. Il l’avait aidé à en arriver ici, Ji Hoon savait que Haruto serait là pour le soutenir quoiqu’il arrive, pour reprendre sa carrière, avancer malgré le scandale. Pour l’aider dans un nouveau projet, dans le pire des cas. C’était le plus important. « Tant pis si j’ai à y perdre, je refuse de mentir, de nier ce qu’il y a entre nous. Tu es ce que j’ai de plus important et de plus précieux, Haruto. Tu le sais, non ? » Il rit, embarrassé par sa propre naiserie. « Je veux pas risquer de te perdre toi. » Ce serait ce qu’il pourrait de pire.


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     Lun 13 Aoû - 0:45

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L'étude de ce contrat n'apprenait pas grand chose à Haruto. Pas grand chose qu'il ne savait déjà. La vie de célébrité était sensiblement la même pour toute personne y goûtant, au Japon. Peut-être même dans le monde, mais ça, il avouait ne pas le savoir. Néanmoins, pour avoir pu prendre connaissance des contrats de ses deux sœurs, et pour avoir connu son moment de gloire en ayant été fiancé à Yurina, le docteur Kamiya savait qu'il ne serait pas simple de sortir de l'objectif des paparazzis qui suivraient désormais son mannequin de petit ami. Ji Hoon pourrait-il supporter cette pression ? Que lui conseillerait son agent ? Pourrait-il y avoir rupture du contrat ? Les clauses étaient si floues, que même lui ne pouvait le deviner. Haruto voulait rassurer Ji Hoon, mais n'était même pas certain d'être entièrement convainquant. Ce n'était pas une cause perdue, évidemment, mais il ne pouvait prévoir ce que l'agence qui gérait les activités de son petit ami prévoyait en cas de scandale. C'était rare, en vérité. Généralement, cela touchait plutôt les idoles. Le Japonais s'en voulait, car il avait l'impression de faillir à son rôle de petit ami. Quel compagnon était-il, s'il ne parvenait même pas à entrevoir un début de solution ? Tout ce qu'il pouvait lui préposer était de démentir. Mais était-ce là le seul moyen ?

Haruto se revoyait, quelques temps en arrière. Dans ce lit d'hôpital, où on lui annonçait qu'une personne venait lui apporter une nouvelle rose tous les jours. Lorsqu'il avait appris que c'était Ji Hoon, il en avait été bouleversé. Alors que sa tête lui avait fait oublier, son cœur, lui, ne lui avait pas menti. Son meilleur ami, son amant. Ji Hoon le soutenait depuis leur rencontre, et Haruto espérait en avoir fait de même, jusqu'ici. Ce n'était pas compliqué, de manière un peu étrange, il avait toujours crû en lui. Il avait été son premier fan, lors de sa première du spectacle de magie. Il l'admirait avec les yeux de celui qui aimait passionnément – même si, ce point, il ne l'avait éclairci que bien plus tard. Haruto avait poussé le Coréen à réaliser ses rêves, tout en lui en soufflant d'autres encore. Parce qu'il savait que s'il y avait un homme qui pouvait y arriver, c'était bien le sien. Depuis leur première rencontre, le Japonais avait été subjugué. Il lui enviait son assurance, son charisme, son charme. Secrètement, il avait espéré devenir comme lui, tout en sachant très bien qu'il ne changerait sûrement pas. Il ne pouvait y en avoir qu'un comme Ji Hoon. Le seul, l'authentique. Cet homme méritait sa gloire, mais aujourd'hui, on la lui arrachait cruellement.

Comment Haruto pouvait lui rendre tout ce soutien que Ji Hoon lui avait toujours apporté ? Comment pouvait-il se montrer digne de son amour ? Il se sentait si inutile qu'il avait envie de crier. Rien ne le satisfaisait, dans les idées qui lui venaient. Pourquoi ne pouvait-il rien trouver de sérieux, qui arrangerait tout le monde, mais surtout son homme ? Ce dernier ne méritait pas de voir sa carrière se finir par un scandale si stupide. Stupide, parce que ce n'était rien de mal. Juste de l'amour. Mais il avait oublié que les fans n'acceptaient pas l'amour. Qu'ils ne toléraient pas le bonheur. Qu'ils se montraient égoïstes, et que dans ces moments-là, ils allaient de paire avec ceux détestant la personne pour la descendre un peu plus. Haruto ne parvenait à savoir ce qui pouvait causer le plus de soucis à son homme. Le fait qu'il soit en couple ? Le fait qu'il le soit avec un homme ? Bien sûr, ils pouvaient se montrer légèrement hypocrite et démentir ce que le dernier cliché montrait. Cependant, ce n'était sûrement pas la bonne stratégie à adopter. Peut-être valait-il mieux ne pas rebondir là-dessus ? Mais si on l'obligeait à en parler ? Si on jouait de ça pour toucher un point sensible ? Haruto ne savait quoi lui conseiller à ce sujet.

« Hoonie... » Il ferma les yeux, profitant de son baiser. « Ce pauvre psychiatre t'aime à la folie. » Haruto était plutôt soulagé qu'il refuse de faire une fausse déclaration concernant Shoko. De toute façon, en y réfléchissant de façon plus sérieuse, lui aussi voyait combien il était dangereux de jouer là-dessus. Ils devaient se montrer plus malins. Ne pas mentir, contourner la vérité au mieux, ne pas blesser quiconque pourrait se sentir concerné. Evidemment, ce qui passait en priorité, c'était Ji Hoon. C'était sa carrière. Et Haruto refusait de laisser tomber comme ça. Un sourire aux lèvres, il écoutait néanmoins son homme lui parler de ce voyage en Europe. Autour du monde. C'était terriblement tentant, mais il ne voulait pas que Ji Hoon fuit ses responsabilités. Ça non plus, ce n'était pas la meilleure stratégie à adopter. Bien entendu, l'idée d'un voyage ne le rebutait pas du tout. S'en aller, et peut-être ne jamais revenir au Japon ? Non, s'il y réfléchissait, le psychiatre savait tout à fait que ce n'était pas possible. Que ce n'était pas une solution à long terme. De plus, n'avait-il pas promis à Ji Hoon de mener à bien sa carrière ? Il ne pouvait laisser tomber. Le Coréen avait été un soutien sans failles pour la réussite de ses études. Depuis le début, il l'avait soutenu. C'était désormais l'heure de lui rendre la pareille. « Oui. On ira partout. On s'aimera partout. » C'était une promesse. Mais ça n'en était pas encore l'heure.

Démentir, ou non ? Haruto attendait le verdict de son petit ami, le corps fébrile. Au fond, il espérait qu'il refuse. Qu'il comprenne que ce n'était pas la solution. Sans le quitter du regard, il frissonna quand Ji Hoon leva la main pour le toucher. Il rougit même sous le compliment qui suivit. Les mots d'amour du Coréen trouvaient toujours leur voie dans le cœur du Japonais. Il faisait toujours mouche. Les battements en devenaient fous d'amour. Ce n'était pas quelque chose que Haruto pouvait contrôler. Ses sentiments pour Ji Hoon étaient puissants à ce point. Souriant presque timidement, il hocha la tête. « Qui sait, je n'en ai peut-être pas besoin, et je les mets juste pour te séduire ? » Bon, non, sa vision n'était pas des meilleures. Mais Haruto mentirait s'il disait ne pas avoir conscience de l'effet qu'il lui faisait lorsqu'il les avait sur le nez. « Tu craques toujours pour le docteur Kamiya, hm ? » Son sourire se fit large, et l'espace d'un instant, Haruto en oublia le trouble dans lequel ils se retrouvaient piégés. C'était dans ces moments-là qu'il se rendait compte combien il aimait Ji Hoon, combien il avait besoin de lui, combien il ne pourrait se passer de lui. Cette bulle qui les enveloppait d'amour, dans un monde plus beau, où n'existait que leur bonheur.

Mais le sérieux de Ji Hoon le ramena bien vite à l'ordre, sur terre. Le regard mal assuré, le Japonais fixait son petit ami droit dans les yeux. Pourquoi se sentait-il soudainement si ému ? Les paroles de son homme le réconfortaient. « Hoonie... » Il pinça les lèvres, incapable d'en dire plus. Quel idiot d'avoir envie de pleurer maintenant ! Ce n'était pas de tristesse, néanmoins. Mais d'amour, de gratitude. Ce que lui déclarait Ji Hoon le touchait au plus profond de son âme. Ne pas démentir. Ji Hoon avait totalement raison, cela ne ferait qu'aggraver les choses, au bout du compte, et ce n'était pas ce que Haruto souhaitait. Le regard brillant de larmes et d'amour, il se saisit de sa main, la serrant en retour dans la sienne. « Mon amour... » Sa voix s'étrangla un peu. Il avait si peur de causer la fin de la carrière de Ji Hoon ! Mais les mots de ce dernier le rassurèrent, et il s'avança pour le prendre dans ses bras. « Je suis désolé... » Serrant plus fort, il se détacha un peu de lui. « J'aimerais tellement... t'aider à trouver une solution, mais c'est toi qui finis par me consoler. » Il soupira, fatigué par sa propre bêtise. « Tu ne vas pas me perdre. Je suis prêt à tout pour te garder auprès de moi. » Sa main caressa tendrement la joue de son amant. « On peut... On peut avouer au monde qu'on s'aime. Après tout, on ne fait rien de mal, n'est-ce pas ? » Haruto embrassa tendrement la main de son homme, avant de retrouver ses lèvres. Doucement, avec amour. « Ensemble, on peut tout affronter, pas vrai ? » Reniflant de façon peu sexy, il offrit à Ji Hoon un regard déterminé. « Si on demandait à ton agent d'organiser une conférence de presse, ou quelque chose comme ça ? Je pense qu'un simple communiqué n'aura pas l'impact escompté... » Voilà qu'il s'emballait à nouveau. Fermant les yeux, Haruto prit une profonde inspiration, avant de souffler longuement par le nez. Alors qu'il rouvrait les yeux, il adressa un sourire navré à son petit ami. « Désolé, je... Je trouve des pour et des contre pour chaque idée... » Sa main joua un peu avec la sienne. Il se redressa ensuite, posant sa main libre sur la joue de son petit ami. « Honnêtement, qu'est-ce que tu veux faire ? » Parce que quoique Ji Hoon décide, Haruto serait là. Toujours. Dans les bons moments, comme les mauvais.

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