Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Sam 3 Juin - 20:38

just a spoonful of sugar
Naomi

Oui, tant qu'il ne fermait pas les yeux.... C'était injuste. A quel point le maintenir réveiller était cruel ? En faisant ça, le Coréen allait contre tout ce que le corps de l'étudiant réclamait. Du repos. Il aurait aussi préféré qu'il se rendorme. Il aurait aimé que Naoki s'apaise entièrement et puisse retrouver sans crainte un sommeil plus reposant. Sans cauchemars pour le traquer... Mais s'il le pouvait si facilement, le garçon ne fuirait pas le sommeil depuis tant de mois, pas vrai ? Il était tellement épuisé. Mikio ne voulait même pas imaginer par combien de cauchemars il était passé. La réponse, il devait la connaitre mais l'accepter lui était encore trop dur... Parce que... On ne pouvait pas cauchemarder à chaque fois que l'on fermait les yeux, pas vrai ?
Le regard qu'il avait croisé de nombreuses fois aujourd'hui détenait la réponse la plus douloureuse qu'il n'ait pourtant jamais entendu. Naoki avait peur de dormir. Non, pour qu'il le supplie ainsi, il était terrorisé. Le chanteur ne pouvait pas le laisser continuer à s'épuiser de cette façon, du repos, il faudrait bien qu'il en prenne seulement... Maintenant, il ne pouvait pas. Même si ça tuait le Coréen de lui interdire de fermer les yeux, il savait au fond de lui qu'il ne devait pas laisser son protégé sombrer et risquer de le replonger dans son cauchemar...
Ce devait être un mal pour un bien... Il l'espérait.

C'était sûrement la fatigue qui faisait prononcer ce genre de mots à Naoki. Des mots qui même confus étaient injustement pensé par le garçon... et même si ce dernier n'était pas dans le meilleur état pour tenir un conversation sérieuse, Mikio fut incapable de laisser ces paroles sans réponses. Alors répliquer, il l'avait fait seulement... S'y était-il réellement bien pris ? L'embrasser et lui dire qu'il l'aimait... était-ce vraiment une réponse appropriée ? Pour le coeur du chanteur qui avaient dirigé chacun de ses actes et de ses mots, oui... il n'y avait pas meilleur réponse. Naoki, celui qui semblait tenir à porter toutes ses souffrances seuls, devait comprendre que son âiné ne le lui permettrait plus. Peu importe quel visage Naoki lui montrait, il l’aimait. Seul, il ne le serait jamais. Mikio, s'il avait tardé, était là désormais et il refuser de s'éloigner de lui... Cette souffrance, dans sa voix, ses mots, ses gestes, son coeur... Mikio voulait l'éradiquer.

Et dans ses yeux aussi. Il avait pourtant fait attention... à ne pas trop les fixer. Même si l'eau qui les bordait ne lui avait pas échappé... même si son trouble était difficilement ignorable. Il s'en doutait un peu c'est vrai, même s'il n'en saisissait pas vraiment toutes les clés. Même s'il avait espéré un peu, cette fois, ne pas l'entendre...
Ce n'était pas la première fois que Naoki lui demandait de ne pas le regarder. Et comme les autres fois, son coeur avait pris une claque. Cette supplication aussi était injuste... Comment était-il supposer détourner les yeux face au visage qu'il chérissait le plus au monde ? Bien sûr, aujourd'hui, il n'était pas dans son meilleur état. Bien sûr que la douleur, la peur et la fatigue que s'y lisait ne ravissait pas le coeur de l'aîné... Mais il n'avait pas envie de fermer les yeux.
Je ne veux pas que tu me méprises....
Jamais. Il n'en était pas capable. Il ne voyait même pas pourquoi il le ferait... pourtant, Naoki semblait fuir comme la peste la moindre confrontation un peu trop frontale avec le Coréen. Oui, dès que l'Italien s'effaçait... le contact visuel semblait être proscrit. C'était cette part sombre de Naoki qui lui était interdit... Que craignait-il que l'aîné y découvre ? Les secrets d'un enfant blessé... A travers ses yeux ?
Mikio avait beau les scruter souvent... Il n’avait pas plus de réponses à ses questions. Mais surtout.... il ne voyait rien qui pourrait lui donner envie de mépriser ce gosse. Mais tout au contraire, il avait ce désire profond de le sauver.

S'il n'avait pas relâché ce visage comme Nao le lui avait demandé, ce n'était pas parce qu'il avait conscience que de toute façon, le plus jeune n'aurait pas la force de s'en dégager lui-même. Non, évidemment. Pour être honnête, Mikio avait bien eu l’intention de le faire pour ne pas le brusquer mais, s'il voulait être sûr que Nao entende ce que son coeur avait à lui dire, il y avait surtout eu ses caresses contre sa hanches qui avaient continué... Et d'une drôle de façon, elles l'avaient encouragé à garder ses mains sur son visage et persévérer dans ses propre caresses qu'il souhaitait apaisantes... et il ne les avait pas arrêté, même lorsque sa bouche se tut enfin.

Ses sourcils eux s'étaient bien froncés en revanche à cette tête qui se secoua. Est-ce qu'un jour Naoki se contenterait uniquement de hocher la tête et d’approuver ? A moins que ça ne l'amusait de contredire tout le temps le Coréen.
Dans ce cas, la remarque devait aussi valoir pour lui... depuis quand ne s'étaient-ils pas juste entendu sur quelque chose ? Et pourquoi fallait-il que les réponses de Naoki lui paraissent toujours aussi absurdes....
Il n'avait pas le droit d'avoir des faiblesses. Il n'avait pas le droit de se reposer sur quelqu'un. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Ca n'avait pas de sens... tout le monde avait des défauts et des démons. Mikio en avait... des imperfections, des faiblesses... des choses qu'il n'était même pas certain de vouloir s'avouer à lui-même. Il pouvait s'en blâmer mais il n'avait jamais vu quelqu'un s'en torturait comme Naoki... Pourquoi ce gosse se mettait-il autant de pression ? Pourquoi se montrait-il toujours aussi dur avec lui-même ?
C'était comme s'il n'avait pas le droit à la moindre erreur... au moindre faux pas... C'était comme si trop souvent, Naoki oubliait qu'il était simplement un être humain.

« Mais enfin Nao… »

Mais il avait persisté. Mais si Mikio cherchait réellement à comprendre les raisons d’une telle sévérité, la suite ne l’avait plus éclairé. Le… miroir ? Qu’est-ce que ça signifiait ça aussi ? La bouche du chanteur s’était ouverte mais aucune question n’avait franchi ses lèvres, bloquées par une gorge tout d’un coup trop nouée. Sa poitrine s’était compressée plus fort encore en sentant Naoki sombrer… sauf que ce n’était pas un cauchemar qui sembla l’engloutir cette fois mais les ténèbres de son propres coeur. Interdit, Mikio l’avait considéré dans toute son impuissance et son incompréhension…. Nao semblait tellement souffrir et lui… lui il aurait aimé le soulager, le rassurer… C’était bien ce qu’il venait de lui promettre non ? Mais il ne savait pas non plus. Parce qu’il ne comprenait pas d’où venait le problème. Il ne comprenait pas cette histoire de miroir pas plus qu’il ne comprenait les exigences du garçon…
Nao avait si honte de lui que son reflet lui faisait du mal ?
Mais pourquoi … ?
Comment pourrait-on avoir honte d’une personne aussi formidable que Naoki ? Pourquoi il n’arrivait pas à voir comment Mikio le voyait ? Pourquoi ne relevait-il pas les yeux vers lui… ?
Son pouce avait accentué les caresses sur sa joue. Peut-être qu’inconsciemment, il essayait de remonter un regard qui s’entêtait à plonger toujours plus bas.
« Yeobu… »
Il se rendit compte que l’émotion l’avait bien plus gagné qu’il ne l’aurait cru à sa voix brisée. Sa poitrine lui faisait bien trop mal pour qu’il parvienne à articuler les mots justes qu’il n’avait pas. Et l’arrière gout de saline au fond de sa gorge lui fit prendre conscience que son regard aussi s’était embrumé… Non, il ne devait pas pleurer aussi. Il avait mal mais il ne devait pas craquer devant Naoki… C’était ses larmes qu’il voulait arrêter. Celles qui coulaient à présent entre ses doigts et que maladroitement il avait entrepris d’essuyer de son pouce à moins qu’il ne les avait mieux étalé sur sa joue. Bientôt rejoint par le cadet, il en avait alors profité pour frotter rapidement ses yeux et secouer la tête pour se reprendre. Il devait dire quelque chose… Il devait…
… avant que Naoki ne le devance encore et que la confusion ne passe de nouveau dans son regard. Pourtant cette fois, il fut plus rapidement sûr de lui…

Si Naoki lui en montrait trop…? Non. Ce n’était même clairement pas assez. Mais comment lui dire à ce garçon qui faisait de sa vie entière un mystère ? Comment dire à celui qui mentait et cachait ses moindre faiblesses que le Coréen désirait tout savoir de lui ? Qu’il voulait éclairer chaque ombre de son coeur ? Percer ses secrets et comprendre tout de ce garçon un peu étrange qui l’obsédait depuis des mois…. 
Et cette obsession n’allait sûrement pas s’arranger tandis qu’il formulait ces questions, provoquant l’arrêt du coeur de Mikio de trop longues secondes… « Nao… » Un souffle court, pénible… avant que ses battements de coeur ne reprennent plus vite, tantôt fort, tantôt juste douloureux. Pourquoi un tel souhait ? Pourquoi ça le touchait tant ? Pourquoi Nao lui faisait ça…. ?

« Je ne suis pas d’accord… » Son souffle distinct l’avait surpris lui-même mais il avait profité de ce précieux moment où sa voix avait eu la clémence de ne pas se faire trop tremblante pour poursuivre tandis que ses doigts avaient continué de balayer plus tendrement sa joue quand les autres se perdaient mieux dans ses cheveux… « T’as pas le droit d’être aussi injuste avec toi-même… » La main sur sa joue avait glissé sur sa pommette et malgré l’interdiction précédente il avait mieux fouillé ce regard qui le fuyait pourtant… « Est-ce que je ne viens pas de te le dire… ? A mes yeux tu es… tout ce que j’ai de plus précieux… » Parfait, il ne l’était peut-être pas sur le plan strictement littéral, mais ce n’était pas grave. Lui non plus. Personne à vrai dire. En revanche, à ses yeux… Il n’y avait personne que son coeur ne convoitait plus. Et sûrement que sa raison voulait fuir tant elle était égaré par sa faute… Là encore, tandis que ses lèvres avaient de nouveau réduit la distance entre leur visage et qu’elles s’étaient posées doucement sur le haut de sa joue. La main dans ses cheveux s’était appuyée plus fort contre son crâne puis il avait soufflé cette demande à la limite de la supplication : « Arrête de te torturer…. » Parce qu’il se faisait du mal et qu’il en faisait aussi à Mikio… Ses défauts, ses blessures… Ca faisait partie de lui, qu’il le veuille ou non. De cette personne qu’il aimait plus que n’importe qui… Et qu’il le veuille ou non, Mikio l’aimait aussi avec ces imperfections qui le composait même s’il aurait aimé qu’il n’en souffre pas… Il n’y pouvait rien… à part l’aider… peut-être… un jour ?

Mais lorsque leur regard se croisèrent de nouveau, le coeur de Mikio loupa un mesure. Ou deux. Peut-être que Naoki ne l’avait pas vraiment regardé dans les yeux mais il les avait au moins relevé… et injustement, Mikio s’était demandé combien de temps il les garderait à sa hauteur. Est-ce qu’il allait encore le fuir ? Est-ce que ça allait durer longtemps ? … Depuis combien de temps, Nao ne le regardait-il plus en face ? Ca lui faisait mal. Nao lui manquait… mais il ne voulait pas juste retrouver un faux Italien. Il voulait revoir ses yeux qui ne le fuyaient pas. Il voulait revoir son sourire et l’entendre rire. C’était peut-être un peu tôt mais il ne voulait pas penser qu’il était trop optimiste… parce que c’était cette idée qui serait vraiment triste. Mais s’il en demandait trop pour le moment, alors il souhaitait seulement retrouver ces moments un peu particuliers où, même sans mots, ils savaient se parler… Une proximité qui, sans l’avoir perdue, s’était faite plus compliquée ces derniers temps…

La nouvelle question de Nao lui fit marquer un temps d’arrêt. Il semblait y tenir… à ses secrets. Mais si la réponse logique était oui, il avait pourtant secoué doucement la tête. Est-ce qu’il… allait dans le sens de Naoki pour lui faire plaisir ? Pas vraiment. C’est vrai, il n’avait jamais vu Naoki comme ça et s’il n’était pas tant épuisé, peut-être que ça ne serait jamais arrivé. Mais c’était loin d’être trop… A vrai dire, il n’en verrait jamais assez quand il cherchait à accéder aux vérités que cacher son coeur… Alors, puisqu’il ressortait aujourd’hui avec plus de questions que de réponses - voire aucune - il ne pouvait pas dire qu’il en avait trop vu….

Il n’avait rien rajouté, laissant le temps à Naoki de se remettre un peu. Ses mains n’avaient pas cessé leur manège. Ses doigts parcouraient toujours sa joue et ses cheveux et à aucun moment il n’avait cherché à s’éloigner de lui. Il l’avait seulement regardé un instant et… Ses sourcils se froncèrent. Encore.
Quoi ? Fermer les yeux ? Naoki en avait encore des demandes de ce genre… ? Le coeur du chanteur s’était serré un peu trop fort. C’était surtout que… il l’avait déjà trop fait. Il comprenait bien à ce stade que ce n’était pas assez pour Nao mais c’était vraiment trop, bien trop pour celui qui se prétendait protecteur…. Alors, ravalant son indignation avec difficulté, ses lèvres roulèrent entre elles avant qu’il ne parvienne à lâcher ces quelques mots : « Nao… Comment est-ce que je pourrais… ? » Il ne pouvait pas. Il ne devait plus. Et Nao ne devait plus lui demander ce genre de choses… Ne pouvait-il pas juste le laisser l’aider… ?

C’était si difficile quand l’étudiant s’obstinait à vouloir se débrouiller seul. Mais il n’y arrivait pas. Il voulait s’améliorer ? Pourquoi ? Mentir et continuer ce cirque qui le mènerait à sa perte ? Ou est-ce qu’il voulait vraiment faire des efforts pour aller mieux ? Le coeur de Mikio se comprima à mesure que Nao se débattait pour s’exprimer… Il voulait qu’il aille mieux. Il voulait qu’il arrête ses bêtises… qu’il arrête de faire n’importe quoi, oui. Mikio n’avait pas pu s’empêcher de hocher la tête, sans même y faire attention… Parlaient-ils seulement de la même chose ? C’était clair pour lui… Nao faisait erreur en lui tournant le dos, en refusant de lui parler, en le fuyant, en cherchant à s’éloigner… à le quitter… C’était toutes celles-là ses fautes… mais en avait-il vraiment conscience ?
Ses yeux ne l’avait pas quitté. Son coeur était lourd, ses yeux encore humides et sa gorge nouée. Nao lui faisait mal… Il était là, perdu… Peut-être au fond cherchait-il juste désespérément du réconfort et des encouragements… Et Mikio désespérait tout autant de pouvoir lui offrir… Il voulait le serrer si fort dans ses bras et le rassurer… Lui dire que ce n’était pas grave, que ça irait.. Mais le plus terrible, c’était cette pulsion totalement déplacé qui tordait son ventre tandis que son regard, à défaut de pouvoir s’accrocher à ses yeux, s’était perdue sur cette bouche qui se débattait avec ses sentiments. Celle qui avait relâché tant de mots injustes… Mais était-ce bien plus juste de vouloir la sceller de ses lèvres… ? Oui. Peut-être… ? Pas raisonnable mais juste. Parce qu’il voulait seulement faire taire cette souffrance… Lui prouver qu’il avait tort… lui promettre qu’il ne détournerait jamais les yeux de lui…. ?
Est-ce qu’il pensait se montrer plus convaincant de cette façon? Plus que con que vainquant, c’était certain.

Mais alors que son souffle était suspendu à des lèvres qu’il n’était certainement pas en droit de toucher, ni même de convoiter, la toux eut le mérite de le rappeler à l’ordre. Il eut un léger mouvement de recul comme s’il avait craint de s’être trop rapprocher et de vraiment commettre l’irréparable.
Par reflexe, la main anciennement sur sa joue glissa sur son épaule pour la presser doucement comme si une nouvelle fois cette technique bien inutile pouvait soulager son cadet. Heureusement, la toux passa rapidement mais pas le choc. C’était à cause de ses derniers mots qui avait manquer un battement à son coeur et comme s’il avait vraiment reçu un coup, ses doigts avaient appliqué une légère pression sur l’épaule du plus jeune.
«  »
Pour lui ?
Pourquoi lui ?
Non. Ce n’était pas la bonne question. Même si elle affolait bien trop le coeur du Coréen et rendait ses résolutions un peu plus floues, ce n’était pas ça qui devait le choquer… mais bien : pourquoi Naoki ne le faisait-il pas pour lui ?
Parce qu’il n’avait aucune considération pour lui-même. Voilà pourquoi ça ne marchait pas. Et si Mikio le savait, en prendre un peu plus conscience lui écrasa la poitrine. C’était la principale erreur de Naoki. C’était pour ça aussi que tous ses efforts n’étaient pas les bons. Parce qu’il le faisait pour Mikio… La promesse qu’il lui avait faite faire… Nao avait essayé de la respecter tant bien que mal… mais il n’en avait visiblement pas compris le but.

Inspirant profondément, il déglutit et son front vint rencontrer celui de son protégé et il ferma les yeux une courte seconde. « Je sais Naoki… » Il avait compris maintenant. Alors, c’était à lui d’aider ce gosse à corriger son erreur. Sa main vint chercher la sienne et il la serra doucement sous son menton. « Tu ne vas plus essayer, maintenant… Tu vas le faire. » Son autre main appuya légèrement sur sa joue dans un geste tendre. « Avec moi. Je vais t’aider à aller mieux… Tous les deux, ensemble, on y arrivera… » Il ne le laisserait pas tomber. Il ne laisserait plus une telle chose arriver. « Tu me fais confiance ? »
 
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     Dim 4 Juin - 0:37
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Tais-toi
Cette voix essayait de lui faire entendre raison. A plusieurs reprises, elle avait tenté de lui faire fermer cette bouche qui n'en finissait plus de laisser échapper des mots qu'il n'était pas censé prononcer. Il n'était pas un enfant blessé, il n'était pas fatigué, il était un italien plus assuré. De faiblesses, il n'avait que ses défauts dont il se moquait bien. Tout ça, ce n'était pas lui.
Mais celui qui parlait maintenant n'était pas le Naoki qui se prétendait italien. Ce n'était pas celui qui parlait avec Kô de leurs origines faussement "caliente". Non, celui qui avait pris la parole à présent était un secret qu'il devait conserver à tout prix. Ce Naoki là, il n'avait pas le droit de l'être. Il ne l'avait jamais eu. Il ne pouvait montrer que ses blessures dans le noir, dans la solitude d'une chambre... ou face à son père qui s'amusait toujours à les faire ressortir.... Parce que ça lui plaisait de le voir comme ça mais aussi pour que son fils n'oublie pas pourquoi il devrait mentir sur celui qu'il était réellement. S'il n'était pas capable de fixer son propre reflet, s'il éprouvait trop de honte en faisant face à celui qu'il cachait dans le fond, comment pourrait-il un jour le faire sortir à la lumière ?
Non, le véritable Naoki, pour toujours, il appartenait à l'obscurité qui lui permettait de cacher toutes ses faiblesses. On le détesterait. On le trouverait pitoyable. On aurait même honte d'y poser les yeux.

Pour son père, il était bien mieux en objet lisse et malléable. En Serizawa qu'il pouvait contrôler pour pouvoir briller plus de son côté.
Pour lui... il l'aimait plutôt pas mal l'italien. Il avait quelques défauts, c'est vrai, mais il faisait avec.... C'est vrai que s'il le comparait à des gens comme Kô... comme Mikio... il pouvait s'estimer chanceux d'avoir de tels amis. Mais ils l'acceptaient bien ce colocataire qui ne construirait jamais une vie stable. Il était de bonne compagnie... on pouvait lui regretter sa "carrière" mais pas au point d'en avoir honte... non ?
C'est vrai que dernièrement, cette histoire avec Jin Ah lui avait fait voir un peu mieux quelques mauvais côtés du personnage qu'il jouait. Mais il ne l'avait pas renié pour autant. La preuve, maintenant, par dessus-tout, il aurait aimé avoir la force de tenir ce rôle un peu mieux.

Pourtant, plus jeune, il s'était déjà senti affaibli. Il y avait bien eu des fois où il pensait ne pas être capable de faire les choses que son père attendait de lui... mais il y était parvenu. La comédie, il savait si bien la jouer.
Parce que son père le motivait ? Parce qu'il n'avait pas le choix ? C'était quoi la différence avec maintenant pour qu'il ne soit pas capable de se lever ? De se forcer mieux ?
La différence, c'était celui qui le retenait dans ses bras. Ce don qu'il avait de lui faire perdre le contrôle. Ses lèvres qui étaient capables de faire sortir des siennes des mots qu'il aurait dû taire.
Alors pourquoi il n'essayait pas de partir au lieu de laisser Mikio l'affaiblir dans ses résolutions ?
Parce qu'il était malade et qu'il n'en n'avait pas la force ?
Ou parce que son coeur s'affaiblissait pour celui qu'il aimait si fort ?
Encore un peu...
Cette supplication venait bien de ses battements. S'il se laissait guider par cette chose faible dans sa poitrine qui n'avait jamais vraiment marché avant Mikio... il finirait par ne jamais partir. Il attendrait la fin là, dans ses bras qu'il refusait de quitter.

Et au lieu de chasser cette main de son visage, il l'avait laissé faire, une fois de plus.
La main du coréen avait remplacé la sienne sur sa joue et il avait simplement été capable de s'ordonner d'arrêter de pleurer.
Pourtant, Mikio avait essuyé d'autres larmes.
Prendre cette main, lui cacher ses faiblesses. C'était la meilleure chose à faire. Mais il l'avait laissée, il avait même fermé les yeux un instant et une partie de lui avait eu le temps de penser que c'était peut-être mieux comme ça.
Il ne préférait pas ça à la violence avec laquelle il se traitait ?
... si... mais depuis quand ce qu'il préférait était supposé avoir de l'importance ? L'égoïsme, il n'avait pas le droit d'en faire preuve.

Les mots qui s'échappaient de sa bouche avaient trouvé une réponse étrange... incorrecte du moins. Mikio n'était pas d'accord, Mikio le trouvait injuste et le définissait comme quelqu'un de précieux.
C'était lui qui se trompait.
Précieux ? Lui ? Il n'avait pas de valeur. Ou elle n'était que matérielle. S'il écoutait bien son père, il reprendrait la société et deviendrait quelqu'un d'important. C'était du moins ce qu'il avait toujours entendu. Mais cette valeur qu'il pourrait obtenir en étant un "bon fils" elle diminuait trop souvent quand il se trouvait seul avec son père. Alors, il n'était plus qu'un Naoki pitoyable qui se trompait sans cesse. Il n'était qu'une honte à corriger pour devenir un peu plus acceptable.
Depuis quand un objet était précieux ? De la manière dont en parlait Mikio... ça ne se pouvait pas. Au mieux, il ne pouvait être que des chiffres... un prix... pour faire marcher une société.

« ... je ne le suis pas...  » précieux... injuste... il parlait probablement de ces deux adjectifs « ... pas avec moi en tout cas...  » ... non, il ne méritait pas grand chose. Mais ça, l'italien ne l'aurait pas avoué. Est-ce que l'italien se serait senti si faible pour ce nouveau baiser ? Est-ce que sa main à lui se serait serrer un peu plus à cette hanche comme pour retenir cette marque un peu plus longuement ?
Oui... parce que Mikio... il l'aimait entièrement... peu importe qui il était... c'était la seule chose certaine... son coeur n'arrêtait pas de le dire... qu'il soit l'italien ou un autre « ... je ne ... fais pas ça...  » ou peut-être que si. Mais il méritait d'avoir mal... et c'était comme ça que les choses marchaient le mieux pour lui. Au final, sa bouche était capable de l'épargner un peu dans ses réponses. Même si elle ne pouvait pas retenir cette question qui l'obsédait trop.
Quelque part, il avait bien dû le noter que sur le visage de Mikio, il y avait quelque chose qui n'allait pas. Si son coeur s'était serré un peu plus, c'était bien pour cette raison. Et si dans son regard qui se baissait la culpabilité était passée, c'était pour le même motif... celui qui lui avait également fait souffler un « ...pardon ...  » sans qu'il n'explique véritablement la raison de ces excuses soudaines.

Tais-toi
Il allait finir par le faire. Au lieu de se découvrir. Au lieu de faire du mal à son coréen.
Le mieux était sans doute de cesser de s'y accrocher. Et s'il s'était senti un peu soulagé par la réponse silencieuse de son aîné, ce n'était pas une raison pour continuer à tout planter maintenant. Il n'en n'avait pas trop vu... mais n'en voyait-il pas davantage maintenant ? Ce n'était pas maintenant que Mikio devait fermer les yeux ?
Lâcher son visage. Ne plus le regarder. Le mieux aurait été de l'abandonner dans cette chambre. Mikio n'aurait plus eu à voir ce visage si pathétique... et lui préférait sans doute avoir honte seul.... Se cacher et mentir... oui, c'était deux dons compatibles.
Se laisser aller. Profiter de la tendresse que son coréen distribuait en trop grande quantité.... ça n'allait en revanche pas avec.
Il rêvait de se cacher.
Mais dans cette cachette où il pourrait enterrer un peu plus ce Naoki qu'il détestait tant, les mains de Mikio ne seraient plus sur son visage, dans ses cheveux. Il n'y aurait plus son odeur... et ses yeux qui ne se relevaient pas n'auraient pas la chance de trouver ce visage si parfait quand ils en auraient le courage.

Un "d'accord" du chanteur aurait été plus simple pour tout le monde. L'entraîner dans ce jeu des apparences... oui, ça l'aurait probablement soulagé... savoir que Mikio ne prêterait pas attention à lui quand il ne tiendrait pas le seul rôle qu'il voulait tenir devant lui.
Mais il ne pouvait pas. Il le comprenait bien à cette question non ? Alors pourquoi, sa main libre était passée sur le visage de son aîné, sur ses paupières qu'il avait clôt d'une manière ridicule « ... comme ça ...  » ... parce qu'il était probablement le plus aveugle des deux.
Cette réponse enfantine n'avait duré que quelques secondes avant que sa main ne trouve refuge sur le haut de son aîné tandis que ses yeux se cachaient à nouveau vers le bas.
C'était idiot. Complètement idiot. Il n'avait pas à demander ça. Ce n'était pas à Mikio de fermer les yeux pour lui... c'était à lui de prétendre mieux, de faire semblant avec plus de force et de cacher ce qu'il avait passé sa vie à cacher. Ce jeu, il l'avait appris si jeune, ça aurait dû être simple.
Et pourtant, tout était toujours plus compliqué avec Mikio.

Cette toux l'avait obligé au silence. Au moins, être malade pouvait avoir un bon côté....
Il n'aurait pourtant pas dû se trouver là. Il aurait dû être à l'hôtel à présent, à faire semblant. Rentrer plus tard avec un sourire sur les lèvres, passer du temps avec Mikio sans que l'obscurité en lui ne vienne tout gâcher. Tout aurait dû bien se passer. Il avait fait tellement d'efforts pour ça. Pour tenir cette promesse qu'il avait faite à son aîné, il s'était donné du mal. Tellement que maintenant, il se répétait sur des efforts qu'il ne semblait pas vouloir nier.
ça n'avait pas été simple.
Et pourtant il s'était forcé.
Combien de fois est-ce qu'il s'était obligé au sommeil avec des somnifères simplement pour la tenir cette promesse ? Trop souvent... dormir, il n'avait jamais aimé ça.
Pour ces cauchemars.
Ou avant... parce qu'il guettait... même s'il essayait de forcer ses yeux à se fermer, ils dérivaient vers la porte de sa chambre avec angoisse au moindre bruit. Que son père ai déjà "discuté" avec lui dans la journée ou non n'y changeait rien... il redoutait toujours qu'au lieu d'un simple cauchemar qu'il pourrait faire, sa nuit soit troublée par la réalité.

Enfant, quand il fermait les yeux, il demandait toujours à être tranquille jusqu'au lendemain matin. Que son sommeil soit plus calme ou non... ça n'avait pas tellement d'importance. Il était prêt à accepter un cauchemar si en contre-partie, on lui donnait la solitude jusqu'au lever du jour.
A l'hôtel, il avait souhaité quelques fois ne connaître qu'un sommeil entièrement noir. De nombreuses fois, il ne s'était pas senti de fermer les yeux mais il s'était forcé. Il s'était même forcé à rester endormi avec des cachets... parce qu'il avait promis.
Il devait se reposer.
Il devait faire attention.
Oui... il avait promis. Et pour tous ses efforts douloureux, il refusait aujourd'hui d'entendre que ça n'avait servi à rien... que cette promesse, il ne l'avait pas vraiment tenue.
... Mikio... il ne l'avait pas déçu à ce point....

A ce front qui avait rencontré le sien, il avait lâché un soupir. Au lieu de s'éloigner enfin, il avait fermé les yeux un instant. Cette main qui avait trouvé la sienne, il l'avait serré faiblement en réponse. Mais la bouche qui s'était ouverte pour insister sur des efforts n'avait finalement pas été capable de se répéter.
Son regard s'était relevé vers leurs mains et son pouce avait glissé doucement sur la peau du chanteur.
Le faire
Il ne savait qu'essayer. Il ne faisait jamais que ça. Ses sourcils s'étaient froncés sous l'incompréhension d'une demande qui lui semblait impossible. Faire mieux semblant, il le voulait vraiment pourtant. Il l'avait même mieux fait dans le passé. Mais Mikio ne voulait pas lui apprendre à mieux mentir maintenant non ? Il ne proposait pas de l'aider à être meilleur dans l'art où il excellait en temps normal.
Sa tête qui s'était d'abord secouée avait fini par se hocher pour répondre à cette nouvelle question avant que les mots ne viennent accompagner ce geste :

« ... oui ... mais c'est pas le problème...  »  non... le problème c'était lui. Juste lui. Ce n'était pas en Mikio qu'il manquait de confiance. Non... mais ça aurait été normal qu'il le repousse à force de trop en voir... parce qu'il n'était clairement pas tombé sur le bon colocataire... « ... c'est moi qui...  » les mots étaient restés coincés dans sa gorge et son regard avait cherché à se baisser un peu plus sans qu'il n'éloigne pour autant son front du sien. Sa main s'était pressée un peu plus sur cette hanche et il avait soupiré pour avouer un souhait impossible « ... J'aimerai que ce soit un rêve...  » ... ce serait tellement plus simple... « ... un comme les vôtres...  » pas un où il arrivait du mal à Mikio... pas un des siens... « ... comme ça...  » ... il n'en n'aurait jamais des rêves comme tous les autres... pas même une fois... il le savait bien ... « ... comme ça... je pourrais juste...  » se mordant la lèvre, sa main avait cherché à s'accrocher un peu plus à cette hanche mais l'aveu était quand même venu « ... profiter de tes bras... et puis...  et puis aussi... me reposer... » il voulait vraiment le faire ramer ce Naoki qui parviendrait à reprendre le contrôle pour faire les choses comme il avait l'habitude de les faire... « ... au moins un peu... rien qu'un peu...  »

... quelques minutes... une heure entière... juste se laisser aller un instant.
Commencer par demander à ce qu'il le serre plus fort. Rester contre lui un moment. Ne pas fermer les yeux bien sûr... mais profiter de la tendresse qu'il voudrait bien lui donner.... Lui répondre aussi... mieux... il en avait envie non ? Cette main qui s'étaient desserrée de cette hanche pour permettre à ses doigts d'y glisser, elle en avait envie non ? Autant que ce pouce qui avait réitéré dans une caresse....
« ... Faire comme si ce n'était pas si grave... » oui... parce que rien ne serait réel. Alors qu'importe ce que verrait ou entendrait Mikio, il les aurait cette fois... les yeux fermés.



 
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     Dim 4 Juin - 22:03

just a spoonful of sugar
Naomi

D'un mouvement de tête, Mikio désapprouva d'une nouvelle façon les propos de son cadet. C'est vrai qu'il se doutait que Naoki n'accepterait pas le point de vue de son aîné aussi facilement... Cette piètre opinion qu'il avait de lui-même, elle était tenace. Trop bien ancrée. Mais il était prêt à lui répéter autant de fois qu'il le faudrait. Naoki comptait pour Mikio comme personne n'avait encore jamais compté pour lui. Si le Coréen n'était un homme ni un coeur farouche et qu'il tenait déjà énormément à certaines personnes en dépit de la distance qui aujourd'hui les séparait... ça n'avait rien à voir avec ce qu'il ressentait pour Naoki. Est-ce qu'il avait bien envie de décrire précisément ce sentiment ? Il n'en était pas sûr. Mais ce dont il était certain c'est que jamais sa poitrine ne s'était autant affolée avant lui. Elle n'avait jamais eu aussi mal non plus. Mais devait-il blâmer Nao et le rejeter pour autant ? Non. Cette douleur, elle prouvait justement toute la teneur de ses sentiments. Elle était là, logée dans son coeur quand Nao souffrait ou quand il s'éloignait. Ca faisait mal, parfois trop. Ca le rendait dingue et il faisait parfois, de plus en plus souvent, des gestes qu'il ne contrôlait pas. Ses pensées aussi, elle le trainait sur un terrain dangereux qui ne lui était pas permis d'explorer avec le garçon... C'est vrai. C'était compliqué. Pénible parfois. Voire insoutenable dans certaines situations... Mais pour rien, rien au monde il n'aurait voulu renier cette douleur qui attestait de cet amour démesuré qu'il éprouvait pour l'étudiant. Et celui-ci, c'était ce qu'il lui faisait tant de bien quand il le tenait dans ses bras. C'était ce qui lui donnait le vertige quand ses lèvres étaient parcouru par ses doigts. C'était ce qui le rendait accroc à la présence de gosse unique en son genre. C'était ce qui le rendait obsédé par le bien de son protégé. Et ce qui le poussait à marteler le coeur meurtris de Naoki, par des mots sincères, bien que parfois déraisonnables, et des baisers qu'il ne savait contrôler.
Il voulait le noyer de cet amour et chasser les autres idées qui s'étaient accrochés à sa tête. Celles qu'on avait mis là et qui le faisait souffrir. Naoki, ou un autre... qui qu'il soit, il était cruel avec son protégé et Mikio lui en voulait. Mais il ferait tout pour y parvenir... Il le soulagerait, le guérirait et un jour... un jour Nao ne douterait plus de cette personne formidable qu'il était.

Encore fallait-il que Mikio ne devienne pas lui aussi une source de souffrance. Il avait été tellement con plus tôt.. et maintenant... Merde. Il devait se reprendre, ce n'était pas un visage à montrer à Naoki maintenant. Son coeur s'était serré en l'entendant lui demander pardon. Non... Non, il ne devait pas. Il se maudit et secoua la tête. Ce n'était rien. Lui, il avait mal parce que... parce que ça le tuait de voir Nao dans cet état alors... c'était absurde de lui donner plus de raisons de se blâmer. Nao avait assez de soucis.
Ses dents avaient mordu l'intérieur de sa joue pour se punir de son incapacité à garder ses émotions pour lui.
Mais cette pensées n'était-elle pas injuste ? Cacher ses émotions quand il refusait à Naoki de fermer les yeux pour lui. Il voulait tout savoir de son coeur mais Nao lui, devait être à tout prix préservé de sa douleur ?
Mikio avait une logique vraiment atroce.

Mais lui, c'était différent. Il ne pouvait vraiment pas fermer les yeux sur la souffrance de son cadet. Il avait d'excellents arguments bien sûr mais.... sûrement aurait-il dû mieux formuler son refus.
Parce qu'à cette main passé sur son visage, il ne s'y était pas attendu. Peut-être aurait-il dû quand elle l'avait amené à clore ses paupière. Quelques mesures dans sa poitrine sautèrent…Et il resta comme un idiot quelques secondes, les yeux littéralement fermés avant de les rouvrir une fois libéré, sur un visage que le fuyait déjà. Ce gosse... Il en était un. Il n'y avait pas de doute. Son coeur l'avait battu si fort et il s'était retenu d'esquisser un sourire déconcerté, secouant plutôt sa tête avec lenteur pour désapprouver. Avec la même douceur par laquelle sa main avait plongé une nouvelle fois dans ses cheveux en caressant son front, sa voix avait soufflé : « Je ne peux pas Naoki... Je ne peux pas veiller sur toi, sinon ». C’était sûrement ce que le garçon voulait mais pas Mikio.

Parce que s'il le laissait faire, Naoki faisait n'importe quoi. Parce que s’il ne veillait pas sur lui, ça allait recommencer. S’il ne gardait pas un oeil sur lui, en fait, Mikio n’était même pas certain qu’il sache se soigner. D’accord, il avait tous ces médicaments dans cette trousse et il avait l’air, à son grand désespoir, de s’y connaitre assez pour savoir quoi prendre tout seul. Sans le moindre doute mieux que le Coréen. Peut-être même aussi bien qu’Haruto. Mais la question était de savoir… comment se soignerait-il et dans quel but ? C’était peut-être une question absurde les mots de Naoki avait donné une réponse tout aussi insensée. A aucun moment Nao n’avait pensé à lui. C’était comme ce soir-là, finalement. Rien n’avait changé… Si Mikio ne s’était pas fâché pour lui rappeler qu’il jouait avec sa vie, il y aurait peut-être eu un jour où l’Italien n’aurait plus poussé la porte de leur appartement….
Alors peut-être y prêtait-il attention aujourd’hui mais uniquement pour ménager le Coréen. Mais comment pouvait-il se soigner convenablement si la seule chose qui lui importait c’était ce que Mikio verrait au final ? Si pour lui tenir à peu près debout voulait dire qu’il allait bien quand il n’avait pas dormi depuis des jours. Si pour lui avaler un yaourt devant Mikio et lui dire qu’il avait déjà mangé avant de rentrer était suffisant quand son visage amaigri trahissaient ses mensonges à répétitions.
Ce n’était pas comme ça que ça marchait… Et Mikio voulait lui faire comprendre. Il lui montrerait, il s’occuperait de lui. Il allait prendre les choses en charge, mais il fallait que Naoki le comprenne… Pensait-il que se rapprocher de cette façon le rendrait plus persuasif ? Au moins, Nao ne s’était pas éloigné. Il avait même semblé plus réceptif à cette proximité et Mikio avait dû réprimer un frisson à cette discrète caresse sur sa peau. Ce n’était pas le moment pour laisser son coeur s’emballer mais il ne pouvait s’empêcher d’être rassuré chaque fois que son cadet faisait un pas vers lui… chaque fois qu’il lui prouvait un peu plus qu’il avait eu tort de le laisser et que Naoki cherchait définitivement la présence du Coréen.

Un premier refus de la tête, sans pour autant que Nao ne se décolle, déstabilisa l’aîné. Pourquoi non ? … Et puis maintenant oui ? Est-ce que Naoki savait ce qu’il voulait ?
Le malade éclaira Mikio de quelques mots et il comprit alors que si Naoki avait confiance en lui, ce n’était comme il disait pas là le principale problème. Mais c’était déjà une chose… Un bon début.
… Vers des explications plus confuses qui firent d’abord froncer les sourcils au Coréen. Qu’est-ce que Nao essayait de lui dire ? Ses doigts s’étaient remis à bouger dans ses cheveux pour l’encourager à poursuivre. « Quoi, Yeobu… ? Dis moi… » Son pouce aussi continuait ses caresses sur sa peau tandis que son front s’était tendrement pressé contre le sien. Si Nao voulait bien lui dire ce qui n’allait pas alors, ils pourraient mieux avancer à deux… Ainsi, sans le brusquer, Mikio avait attendu une réponse. Patiemment, sans cesser ses tendresses.

Et puis, lorsque le plus jeune réussit à retrouver ses mots, le coeur de Mikio s’arrêta. Au début, il crut que Nao délirait de nouveau et faisait voeux de facilité avant de comprendre que c’était bien plus que ça… et dans sa poitrine, il avait senti quelque chose se briser.
Naoki…
Des rêves comme les leurs ? Qu’est-ce que ça signifiait ?
Si la bouche de Mikio s’était ouverte, il avait laissé Naoki poursuivre en serrant doucement sa main. Il voyait bien que le garçon tentait de s’exprimer… peut-être que sur sa hanche, il cherchait justement le courage et la force d’y arriver. Déjà le coeur de Mikio s’était affolé…. mais la suite, cet aveux déchirant, ce souhait qu’il était enfin parvenu à formuler avait résonné si fort contre la poitrine du Coréen qu’il en avait eu un instant le souffle coupé… La sincérité de Naoki était atrocement bouleversante. Depuis combien de temps les cauchemars le bouffaient pour qu’il ne comptent même plus ses propres rêves..?
Sa voix s’était coincé dans sa gorge mais il s’était fait violence pour articuler non sans peine : « Nao, tu… tu ne rêves jamais…? »

Du repos. C’était tout ce qu’il voulait. Mais s’il faisait sans cesse des cauchemars… Mikio s’en doutait mais… Il prenait conscience d’à quel point ses « rêves » s’acharnaient sur lui. Ce n’était pas juste par manque de volonté ou parce qu’il n’en avait rien à faire de lui… Naoki voulait dormir… mais il n’y arrivait pas. Pourquoi ? C’était tellement injuste… !
Il y avait pourtant bien eut des nuits où Naoki dormait contre lui, il en était certain. Au début, quand il n’était pas encore bien habitué à sa présence, il l’avait vu dormir. Plusieurs fois, le réveil avait été difficile pour tous les deux. Des cauchemars, bien sûr, il en avait déjà vu… mais rien d’aussi violent et systématique. Et puis, son visage ne le trahissait pas… Alors pourquoi maintenant ? Que s’était-il passé la veille de leur départ en Italie ? Parce que c’était là… C’était à partir de ce soir là que tout avait semblé déraillé… Ils s’étaient disputé parce qu’il était rentré tard. Encore aujourd’hui, Mikio ne savait pas où le jeune homme s’était rendu… et puis il y avait ce premier cauchemar, cette première crise…
… Et depuis.. ? Ca n’avait donc jamais cessé ?

Son coeur résonnait si fort qu’il avait tambouriné violemment sa tempe. Prenant le peu de souffle que sa gorge nouait lui permettait, il n’avait pas réfléchis plus longtemps pour l’entourer de ses bras et le ramener plus sûrement contre lui où son étreinte s’était resserré. Un peu trop peut-être…. Son nez plongé dans ses cheveux, il avait dû étouffé cette horrible douleur dans son ventre et sa poitrine qui avait mouillé son regard. « Naoki… » Ca le tuait… Pourquoi ça devait tomber sur lui ? Pourquoi cette personne si merveilleuse devait tant souffrir ? Elle ne méritait pas ça… personne ne le méritait mais certainement pas Naoki. « Je suis désolé Naoki… » Oui, bien sûr il savait que ce n’était pas de sa faute à lui mais… il s’excusait pour cette chienne de vie qui faisait souffrir l’être qui l’aimait le plus au monde. Au fond de son ventre grondait une colère vaine mais qui ne faisait que plus menacer ses yeux de mieux se noyer. « Si seulement je savais ce qui te fais tant de mal…. peut-être que…. peut-être que je pourrais te soulager un peu… » Comment ? Il s’imaginait vraiment que savoir quelle forme avait le monstre l’aiderait à le vaincre ? On parlait d’un rêve, d’une chose immatérielle… et ce n’était peut-être pas toujours le même. Il n’était pas sorcier… Il ne pourrait pas aider Nao d’un coup de baguette magique… Mais ses mots, à l’instar de ses bras qui s’étaient resserré autour de lui, lui avaient échappé : « Qu’est-ce qu’il s’est passé Nao… ? » Sa voix était étouffée. Si c’était le noeud dans sa gorge où le crâne de Naoki contre lesquelles ses lèvres étaient qui en était la cause… il n’avait pas cherché à le savoir. Son nez s’était même un peu plus enfoui dans sa crinière et une de ses mains l’avait rejoint pour la caresser doucement….

Il devait se reprendre. Il le savait pourtant, non ? Que c’était de Naoki qu’il devait s’occuper… Alors, déglutissant péniblement, il serra puis desserra ses doigts dans ses cheveux et prit une plus profonde inspiration. Il ne relâcha pour autant pas son étreinte….
Il se concentra pour que sa voix ne soit pas trop mal assurée.

« Naoki… Je vais veiller sur toi, d’accord ? Je te le promets, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour t’aider… Je… J’aimerais, vraiment, de tout mon coeur, pouvoir chasser tous tes cauchemars… Mais tu dois savoir que je ne te laisserais pas tomber… ça aussi, je te le promets… » Il inspira une nouvelle fois, s’enivrant de l’odeur de Naoki pour se donner de la contenance. « Tu peux te laisser aller dans mes bras… tu peux y rester… Si ça te rassure, si ça te fait du bien alors… restes-y… Ce n’est pas grave, je veux rester près de toi… » Sa main pressa un peu sa tête avant d’attraper quelques mèches affectueusement. Son visage se tourna juste assez pour lui permettre d’embrasser le côté de son crâne et souffler contre plus doucement : « Tu le sais, pas vrai ? Que je ne te mépriserais pas… jamais… » Il ne voyait toujours aucune raison de le faire. Naoki était malade et il avait des craintes qui le dévoraient… c’était triste. Pas méprisable. Sur le même ton, quoique plus doux, il poursuivit : « Moi, tout ce dont je suis capable avec toi… c’est t’aimer… » C’est drôle, pourquoi son coeur avait bondit ? Il l’aimait, il le savait… alors pourquoi, son coeur battait-il toujours chaque fois plus fort ? « C’est pour ça que tout ce qui m’importe aujourd’hui c’est que tu ailles bien. Vraiment bien… Plus de comédie… Tu vas prendre soin de toi maintenant… Je vais prendre soin de toi… » Ses caresses aussi s’étaient adoucies mais il avait marqué une légère pause avant de reprendre calmement : « Mais si tu veux, si c’est trop dur pour toi pour l’instant… tu n’as prétendre que c’est un rêve. Là, maintenant… tu peux rêver que je te serre dans mes bras… tu peux rêver que tu y restes… et que tout va bien… » Tout allait bien. Les doigts de Mikio glissèrent de ses cheveux jusqu’à sa tempes qu’il caressa doucement avant de descendre effleurer sa joue puis son menton… il avait eu envie de lui saisir pour l’emmener à le regarder. Mais il ne l’avait pas fait… Naoki voulait du repos. Ca devait commencer par le chanteur… il ne devait pas trop solliciter son coeur. Nao le regarderait quand il aurait moins peur. Il devait se monter patient. « Mais tu sais Yeobu… Je peux t’assurer que le Mikio de la réalité tient à toi autant que celui de ce rêve…. peut-être même plus… » Plus et de façon totalement déraisonnable. Nao n’avait pas forcément besoin de le savoir… et lui, il devait apprendre à contrôler son coeur. Il était décidément bien trop dissident.
 
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     Lun 5 Juin - 2:38
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EXORDIUM.
Si même comme ça, Mikio ne pouvait pas fermer les yeux, alors comment est-ce qu'ils allaient faire ?
Commencer par reprendre un peu le contrôle et se taire, c'était ce qu'il aurait dû faire depuis le début. En réalité, il n'aurait jamais dû avoir à s'ordonner de se taire. Il n'aurait jamais dû parler. Garder le silence, être le Naoki que Mikio était supposé connaître, le seul qu'il avait le droit d'être... et le rester toujours. Lui, il n'avait pas le droit de faire de faux pas. C'était beaucoup trop grave s'il déraillait. S'il se mettait à le faire trop et qu'un jour Mikio commençait à voir trop de choses enterrées en lui... ce n'était pas bien.
En public, il devait toujours filer droit. C'était en tout cas ce qu'on lui avait appris à faire. S'il ne se sentait pas la force de prétendre, alors il restait dans la chambre plutôt que d'être une source d'embarras devant les autres. C'était le pire. C'était ce qui énervait le plus son père alors il s'était donné du mal pour apprendre rapidement à suivre les pas de son géniteur quand d'autres regards étaient là pour voir.
Il se souvenait encore de la fureur de son père ce jour là, la première fois qu'il avait été battu. Parce qu'il avait suivi bêtement son cousin, parce que cette urne s'était renversée sur lui et qu'il avait embarrassé son père devant sa belle-mère, sa grand-mère, il avait appris que ce qui lui faisait mal au coeur jusque là n'était rien en comparaison de ce qui l'attendait.

Même sans ça, il le savait, il ne se faisait pas trop d'illusions, son père aurait eu d'autres raisons... après cette première claque dont il se souvenait tout aussi bien, cette première marque physique sur son corps... il aurait dû mener une vie parfaite, sans la moindre erreur. Mais... même s'il lui avait ressemblé un peu plus, même s'il avait été la copie parfaite de son père, quelqu'un qui ne faisait jamais d'erreurs... ça n'aurait probablement pas été suffisant.
Parce qu'il avait essayé, il avait écouté... oui, c'était son truc d'essayer sans jamais y parvenir. Mais le mal qu'il s'était donné n'avait jamais servi à rien. Et pourtant, même s'il n'y parvenait pas, même si sa vie ne s'améliorait pas, il avait continué à s'obstiner.
... Il était quelqu'un d'obstiné... c'était peut-être pour ça qu'aujourd'hui il respirait encore malgré tout.... Toutes ces fois où il avait pensé qu'il n'en pouvait plus, toutes ces fois où il s'était dit que s'endormir pour toujours serait au final la plus belle chose de sa vie... qu'il se sentirait enfin mieux et que toutes les souffrances s'effaceraient d'une simple lâcheté...
...Il n'avait jamais cédé. Il avait essayé. Toujours une fois de plus. Jusqu'à la dernière... elle finirait par venir oui... il n'était probablement pas assez obstiné pour tenir quand avoir atteint la vingtaine était pour lui un miracle qu'il ne s'expliquait pas.

Mais ce jour là, ce jour où il céderait enfin, il souhaitait que le rêve lui soit permis. Même si ce n'était que quelques secondes.... S'il pouvait simplement partir avec l'illusion de s'endormir pour toujours dans les bras de Mikio, ce serait déjà le plus beau des cadeaux.
Si sa dernière pensée pouvait être qu'il allait passer l'éternité à l'endroit où son coeur voulait être... à celui où il se sentait le mieux... celui dont il voulait ne jamais partir... il remercierait ce qui lui permettait de terminer la vie qui l'avait détesté de la plus belle des manières.
Son front toujours contre celui de son coréen, il s'était finalement laissé aller aux encouragements et ce souhait qui ressemblait à un autre avait  franchi ses lèvres. Et puis, la question de Mikio était venue et si son regard avait cherché un instant à s'enterrer plus bas, son front avait été incapable de se décoller. Ses yeux fermés, ses lèvres torturées un instant par des dents, sa tête s'était finalement secouée dans un aveu que sa raison aurait dû retenir.

Il ne pouvait pas dire ça. Il n'avait pas le droit. Evidemment que l'italien rêvait. Il devait faire des rêves stupides... ou rêver de ses conquêtes. Mais l'italien ne cauchemardait pas non plus... ça il le savait... il était difficile de le nier devant Mikio maintenant et pourtant, c'était ce qu'il aurait dû faire. Un sourire forcé et quelques mots... un "bien sûr que si !" ferait l'affaire. On ne lui demandait pas de faire un roman tant qu'il n'admettait rien et laissait plus de mouvements à un Naoki avec plus de forces qui parviendrait mieux à se reprendre. Il compliquait les choses pour lui et pourtant c'était bien sa voix qui avait admis « ... Non... jamais... » un aveu qui avait serré douloureusement son coeur tandis que sa main se retenait un peu mieux à celle de son aîné et à sa hanche « Je ne sais pas... je n'ai jamais su... » c'était impossible pour lui... il le savait... et enfant, il avait compensé un peu avec son imagination. S'il ne pouvait pas rêver... il pouvait faire semblant... oui, même là-dessus, il avait prétendu... « ... ça ne s'apprend pas ça... » il n'y avait aucun bouquin qui apprenait comment rêver... il le savait parce que... « ... J'ai cherché... » ... ce qu'il avait pu être ridicule... il l'était tout autant à l'avouer aujourd'hui... il n'était plus cet enfant qui tournait les pages d'un bouquin subtilisé dans une bibliothèque en soirée... « ... Moi, le mieux... c'est quand tout est noir... » est-ce qu'il allait se perdre encore longtemps dans des mots qu'il ne devait pas avoir ?

Il était déjà trop tard pour se rattraper maintenant. Mais la bouche qui s'était ouverte pour lâcher de nouvelles vérités, elle s'était refermée à cette étreinte. Sa main avait libéré celle qui voulait le serrer davantage contre lui et il avait gardé le silence. Mikio l'avait serré si fort à présent... et comme pour trahir que c'était l'étreinte qu'il recherchait, sa main désormais libre était venue se serrer contre le dos du coréen.
C'était mieux comme ça... ça faisait du bien... il l'avait pensé. Et au lieu de se rattraper, au lieu de se disputer pour ce genre d'idées, sa main avait pressé davantage. Désespéré... oui, il le semblait pour cette étreinte. Il le voulait depuis le début... que Mikio le serre contre lui... il ne voulait que ça.... Il pouvait se mentir, il pouvait lui mentir, dire qu'il voulait être seul et qu'il n'avait besoin de personne... est-ce qu'il le pourrait encore après avoir cherché, malgré sa faiblesse, à rester étouffé de ses bras là ? Après avoir lâché ce soupir tremblant ? Après que sa main se soit resserrée un instant sur le haut du coréen pour se presser ensuite à nouveau ?
C'était Mikio... rien que lui... que son coeur voulait.
Cette partie de lui qui savait que c'était mal, cette partie de lui qui n'aurait pas dû perdre le contrôle, elle s'était sans doute trop affaiblie désormais. Mentir... en étant crédible... sa faiblesse était en train de lui refuser ce don pour la suite.

S'il n'avait pas entendu la voix de Mikio, il aurait probablement demandé à être étouffé "rien qu'un peu plus". Mais son aîné s'était excusé. Ses yeux s'étaient rouvert et l'incompréhension y était passée sans qu'il ne s'exprime pour autant.
De quoi Mikio s'excusait maintenant ? Il ne comprenait pas. Et il n'avait pas eu le temps de le faire. Parce qu'à la suite, évidemment, sa tête s'était secouée, à plusieurs reprises. Et malgré cette main qui réclamait toujours, il avait ressenti cette crainte. Non. Mikio ne devait jamais savoir. Jamais.
Il ne devait même pas soupçonner une partie. Rien. Il devait rester dans le flou. Il devait penser que Naoki était un italien stupide et sans problèmes.
... mais il était où l'italien maintenant ?
... trop loin d'ici...
« ... Non... » c'était le mot qu'il avait d'abord soufflé si faiblement. Et puis, Mikio avait été jusqu'à demander et sa main avait serré à nouveau ce haut, au niveau de sa hanche cette fois. Une nouvelle fois, sa tête s'était secouée. Il ne devait pas demander... il ne devait pas savoir... et son rôle à lui maintenant était de se taire. Il le pouvait ça n'est-ce pas ? Même si ça n'allait pas maintenant ? Même si Mikio affaiblissait toujours ses défenses ? Il n'avait pas oublié qu'il n'avait pas le choix ?

Sa bouche s'était finalement ouverte pour prononcer plus d'un mot... « Je suis né comme ça... » ce n'était pas totalement ça... en réalité, il était né pour être comme ça... pour être un objet. C'était différent, mais pas tant que ça.
Evidemment, même ce Naoki qui reconnaissait par ses gestes qu'il voulait rester dans les bras de son tant aimé Michan... il ne pouvait pas parler. Son père avait fait du bon travail...
Il avait su faire naître cette honte de lui... cette haine... oui, il pouvait être fier de son travail, son fils ne l'accepterait jamais ce reflet qu'il croisait dans le miroir, il le détesterait toujours.... Il resterait convaincu de devoir cacher, prétendre, mentir... parce que, dans ce qu'il voyait quand il se regardait réellement... il n'y avait rien de bon... rien de beau... beaucoup de vide... dans un être misérable qui ne savait même pas réellement respirer.

Est-ce que ce n'était pas une réponse trop étrange ?
Ses lèvres n'avaient rien ajouté et il s'était tû, laissant simplement Mikio dire des mots plus étranges encore. Pourtant, il les avait tous écouté, ses oreilles ne s'étaient pas fermées pour s'épargner une prochaine stupidité. Ses mains étaient restées où elles se trouvaient. Et sa tête avait persisté à se reposer contre lui.
Il y avait une quantité de choses qu'il aurait dû faire... à commencer par nier l'existence de ces cauchemars dont Mikio parlait. Oui, même si c'était ridicule de le faire, il devait s'obstiner de son côté.
Et puis, il aurait peut-être pu reparler de se lever. Il se reposerait ailleurs, un peu, parce que ça n'allait pas si mal que ça. Au passage, il aurait pu pousser la plaisanterie jusqu'à prétendre à nouveau qu'il n'était pas malade. Le thermomètre de son ami était définitivement cassé.
Mais il était resté là, à l'écouter. Même si certains mots étaient étranges. D'autres impossibles. Beaucoup insensés. Il y en avait aussi des pour lesquels son coeur battait...
Tu vois... il veut bien... alors reste là... dans ses bras... ce n'est pas si grave...
... c'était probablement ce que voulait dire ces battements.

Mais, est-ce qu'il le pouvait vraiment ? Se perdre dans les bras de son coréen et oublier un peu le reste ? Faire semblant au moins...
Mikio ne le regarderait plus de la même manière s'il en voyait trop.
Même s'il disait l'aimer... même s'il voulait prendre soin de lui ?
"Ne le laisse pas t'embrouiller la tête."
Oui, c'était ce qu'il aurait dû se dire.
Il ne comprenait pas tout. Il y avait des choses qu'il ne pouvait pas comprendre.
Et des lèvres pour embrouiller un peu plus ses pensées....
Des caresses pour le tenter davantage... pour lui donner envie de se taire en espérant qu'il y en ait toujours une de plus.
Et des bras que son coeur refusait de quitter maintenant qu'ils avaient commis la provocation de l'emprisonner malgré tout.
Et puis, il y avait cette proposition...

Mikio ne savait pas mentir. Il ne savait pas faire semblant. Ce n'était qu'une proposition pour lui... l'accepter, il ne le devait pas.
Il se souvenait bien pourquoi non ? Il ne pouvait pas oublier... jamais.... « Je veux bien... » un instant hésitants, ses doigts avaient glissé sur la hanche de son aîné avant de se serrer à nouveau sur son haut « ... qu'on fasse un peu semblant... » est-ce que c'était vraiment de cette manière que le deal se formulait ? Ils n'avaient parlé que de rêve à la base...
oui... c'est vrai... mais c'était un peu le même principe... « Et si on peut faire un peu comme ça... » ... si c'était vraiment possible... s'il avait le droit d'être idiot quelques temps... lui... il ... « J'aimerais... » ... ce qu'il voulait maintenant... ce dont son coeur avait envie... ce dont il avait besoin ... « ... J'aimerais... » est-ce qu'il pouvait vraiment réclamer comme ça ? Est-ce qu'il y avait vraiment le droit ?
... juste un moment... au moins quelques minutes ... « ... je... » il ne pouvait pas n'est-ce pas ?
...
pas vraiment...
s'il te plait...
... mais si ce n'était qu'un rêve... si... « J'aimerais... que tu m'embrasses... encore... » est-ce qu'il savait de quoi il parlait maintenant ? Parce que Mikio l'avait embrassé de plusieurs manières différentes... est-ce qu'il se rendait seulement compte de la confusion ?  Peu importe, il avait fini par le lâcher ce souhait et il avait même ajouté « ... au moins un peu... comme ça... » ... comme ça il était encore plus idiot oui ... « ... ça me manque... » qui était celui des deux qui n'embrassait plus l'autre ? ... oui, c'était vrai ... « ... et puis aussi... » cette commande, elle était bien différente de celle d'un restaurant italien ... « ... je voudrais que tu me serres un peu mieux contre toi... » ... un peu plus fort, oui, ce serait vraiment bien « ... j'en ai... » besoin ? Envie ? « ... tu comprends ... ? » c'était manifestement au coréen de deviner la réponse.... C'était probablement les deux. Ces mains ne pouvaient pas mentir si bien qu'avant maintenant. Elles étaient incapables de le lâcher ou de témoigner un désir de distance qu'il n'avait jamais véritablement éprouvé « ... tu sais... moi... je veux dire... toi... pour moi... t'es ma manière de rêver... »

... oui... rêver... il le faisait depuis qu'il connaissait Mikio... il suffisait de rester éveillé et d'être proche de lui....
Dans le fond, il avait de la chance... lui qui ne savait pas rêver, il faisait le plus beau des rêves près de ce Michan qui faisait battre son coeur.

 
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     Lun 5 Juin - 20:43

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Naomi

Tout le monde rêvait. C’était un fait. Tous les êtres humains, même les animaux rêvaient. Mikio rêvait. C’était parfois des rêves un peu étranges. Parfois, il rêvait de Busan et de Jae. Parfois même, il remontait sur scène et comme pour les fois où il rêvait de sa ville natale, il ressentait une sorte d’exaltation grisante… mais éphémère. La plupart du temps, sa joie était rapidement remplacée par une profonde nostalgie, une triste mélancolie… Dans ces moments-là, il regardait désespérément le vide à côté de lui. La foule devant ses yeux n’existait pas. Ce qu’il avait eu, il l’avait perdu. Ni sa famille, ni Jae Min n’était là. Attraper ce micro et chanter ne semblait plus avoir de sens. Il manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu’un.
Et quand ce vide était comblé par cette présence tant désirée, c’était là qu’il faisait ses plus beaux rêves. Quand Naoki était près de lui. Qu’il lui souriait. Qu’il prenait simplement sa main. Parfois…Oui, c’était déjà arrivé… leurs lèvres dérivaient un peu trop et se rencontraient. Et son coeur s’emballait si fort qu’il finissait par le réveiller, effaçant ce songe interdit qu’il devait enfouir au fond de lui. Mais puisque ce n’était qu’un rêve… ce n’était pas si grave ?
Lui, il rêvait comme tout le monde. Tou le monde, sauf Naoki.
Le coeur de Mikio s’était écrasé un peu plus dans sa poitrine. L’entendre de sa bouche était douloureux. Ce « jamais » trop catégorique. Cette sincérité, déchirante.
Tout le monde rêvait… alors pourquoi pas lui ? Comment était-ce possible ? Qui avait décidé d’un chose aussi affreuse ?
Ce n’était pas tout à fait vrai, mais le chanteur avait conscience que Nao aurait probablement aimé que ce soit aussi simple que « je ne rêve pas ». Nao ne rêvait pas. Il se faisait poursuivre par ses rêves. Ses cauchemars. C’était tout ce qu’il connaissait… vraiment ? Toute sa vie ? Il avait enduré ça ?
Il avait cherché. Aussi étrange soit-il, Mikio ne douta pas de cet aveux et sa poitrine se compressa un peu plus. Nao avait vraiment cherché comment rêver… Où ça ? Dans un livre ? Sa main se serra plus fort autour de celle de Naoki tandis qu’il ne voyait que trop bien ce gamin fouiller des bouquins certainement pas destiné à son âge pour tenter vainement d’apprendre à rêver.
Depuis tout petit ? Vraiment ? Jamais. Mais ce « jamais » ne pouvait pas être aussi cruel pas vrai ? Une immense tristesse l’envahit. Une tristesse qu’il n’avait jamais cru ressentir jusqu’ici mais qui résonnait familièrement avec celle qui voilait son coeur à chaque fois qu’il pensait à ce gosse seul. Celui qui faisait des cerf-volant dans les étoiles. Celui qui avait souhaité un ami, quelqu’un. Celui qui maintenant implorer l’obscurité pour se reposer…
Pourquoi ? Pourquoi Naoki devait-il porter tout ça en lui ? C’était épouvantable… inadmissible… injuste…

Et lui, il était totalement impuissant. Qu’est-ce qu’il était censé faire contre ça ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui dire contre une chose qui le dépassait entièrement ?
Révolté, son coeur endolori lui avait ordonné de faire la seule chose dont il était capable à cet instant : le serrer aussi fort qu’il pouvait dans ses bras. Comme si l’étouffer allait réellement aider à chasser des démons si profondément ancré. Comme si, serrer plus fort, lui permettait de rejeter une vérité qu’il voulait faire disparaître.
Mais à cette main qui s'était pressée plus fort dans son dos, un battement à la fois plus doux et plus fort se fit ressentir et Mikio ne resserra que mieux son étreinte.
Bébé.... Naoki le serrait si désespérément de toutes ses faibles forces... Il avait besoin de lui. Même s'il mentait. Même si l'aîné ne savait pas réellement quoi faire... il y avait ses mains plus honnêtes qui le guidaient. C'était mieux comme ça... Mikio comprenait mieux ce langage là... Il avait l'impression de moins se tromper quand ses doigts s’accrochaient si fort à lui. Alors, Mikio pouvait faire plus sûrement tout ce qu'il savait de mieux... Le serrer dans ses bras. Le serrer plus fort encore.
Si fort que sa seule oxygène était devenu ce parfum dont il s'était enivré jusqu'à ce que son coeur, qui battait trop vite pour son bien, n'en réclame assez pour lui rappeler qu'il avait besoin d'air pour rester en vie. Un peu, juste un peu. Alors, c'était autant qu'il avait desserré son étreinte, si peu, pour offrir de l'air à ses poumons et ceux de Naoki... et lui permettre d'essayer de comprendre.

Une supplication qui n'avait été encore accueilli que par la désapprobation d'une tête qui se secouait trop souvent. Une nouvelle fois, Nao lui interdisait de chercher plus loin. Devait-il s'arrêter là ?
Bien des fois, le chanteur se faisait la réflexion qu'il ne posait pas assez de questions. Bêtement. Il en avait pourtant tellement dans la tête. Chaque jour de nouvelles. Parfois, quand il était seul, assis à une table, allongé sur le canapé, en équilibre sur sa fenêtre, et qu'il ressassait toutes ces interrogations qu'il taisait, il avait l'impression de devenir fou. Il avait arrêté de poser des questions à Naoki. Est-ce qu'il avait eu tort ? Sans doute. Au début, ce n'était jamais le bon moment. Et puis, il avait commencé à avoir peur. Tu essaies de nous éloigner quand tu fais ça... Non, ce n'était pas ce qu'il voulait. Il voulait comprendre. Mais maintenant... ?
Maintenant, Naoki était malade. Pourtant, ses mots étaient sortis sans trop réfléchir. Son coeur avait demandé pour lui, désespéré de trouver un moyen d'aider son protégé. Il devait savoir. Comprendre ce qui n'allait pas. Mais encore une fois, il se heurta à un mur. Un mur encore bien solide en dépit de la faiblesse de Nao. Le chanteur n'avait pas eu la mesquine idée d'en profiter tandis que la langue du plus jeune semblait plus facilement se délier pour donner des informations malheureusement bien floues. L'unique réponse qu'il obtint était à l'image de toutes les autres : aussi confuse et énigmatique.
Né comme ça. Ca voulait tout et rien dire. Est-ce qu'il était né blessé ? Ca n'avait pas de sens. Devait-il comprendre ou plutôt se conforter dans l'idée que Nao luttait avec ses démons depuis gamin ? S'il avait été si seul depuis tout ce temps... devait-il cherché du côté de ses parents ? Cela avait sûrement un rapport avec le ressentiment que Nao éprouvait pour eux... Il les détestait. Quand Mikio y pensait, Nao ne détestait personne. Qu'avaient-ils pu bien lui faire ? Ils l'avaient laissé, lui, un gamin aussi formidable ? Des possibilités il y en avait beaucoup trop pour qu'une simple phrase ne le mène à la bonne déduction. Et puis, ils étaient morts. C'était bien tout ce que Mikio savait d'eux. Et c'était ce qui l'amenait à penser qu'il faisait fausse route à chercher de leur côté... S'il n'était plus de ce monde, il ne voyait pas comment ils pourraient être le déclencheur de ces crises qui dataient de quelques mois... A moins que Naoki n'ait croisé un fantôme.
Alors quoi ? Il devait se contenter de cette phrase qui ne le menait nul part ? « Je n'y crois pas... » avait-il soufflé. Ca ne pouvait pas être que ça. Le problème, ce n'était pas Naoki... Enfin, pas comme ça. Il n'était pas malade ou ce genre de chose. Il y avait autre chose. Il s'était passé quelque chose... mais quoi ?
Il s'apprêtait à insister... mais il finit par renoncer. Il devait savoir mais... Le forcer à parler dans cet état, ce n'était pas bien.

Ce dont Nao avait besoin maintenant, c'était d'être rassuré. Mikio s'y était employé avec des mots qu'il voulait réconfortants et surtout assez forts pour bousculer toutes ces autres idées qui n'avaient rien à faire dans la tête et le coeur du garçon... Mais il souhaitait remplir sa tête de jolies paroles, ces dernières n'étaient pas seulement jolies. Elles étaient sincères, toutes. Et cette fois, à son grand soulagement, Naoki ne secoua pas une fois la tête. Tout au contraire, l'étudiant semblait se reposer sur lui comme il lui demandait... à l'écoute de ses promesses bienveillantes.
Est-ce qu'il voulait bien le croire ? Est-ce qu'il voulait bien le comprendre ?
Est-ce qu'il acceptait de le laisser faire ?
Tous ces vœux, Mikio les avaient dessiné dans son dos, de sa main qui ne parcourait pas ses cheveux. Il s'était efforcé de garder une respiration posée pour que Nao s'y cale bien qu'il ne cherchait pas à l'endormir mais seulement l'apaiser.
Il pouvait aider Naoki. Il le ferait... et pour ça, il lui proposa de l'emmener là où Nao ne pouvait pas aller...

Mais pour être tout à fait honnête, l’aîné ne s'était pas attendu à ce que Naoki accepte si facilement. Il ne savait pas vraiment quelle réaction il était censé avoir en dépit du fait qu'il était celui qui venait de lui proposer. S'il avait réprimé un frisson à ces caresses rassurantes sur sa hanche, l’appellation de son cadet l'avait peut-être un peu refroidi. Faire semblant... Il aimait un peu moins ça. Pourtant, dans les faits, c'était la même chose. En quelque sorte... Quelle ironie pour quelqu'un qui ne voulait plus de mensonge...
Mais d'une rapide réflexion il jugea que ce n'était pas un réel problème. En fait, il tenait peut-être sa chance pour que Nao se laisse un peu mieux aller... Ca ne tenait qu'à lui de diriger le jeu.....
... Ou à Naoki. En fait, Mikio se demanda sérieusement si en effet, Nao et lui partageaient le même vocabulaire. Pourquoi « Faire semblant » dans la bouche de Naoki sembla vouloir dire « être plus honnête » ? Est-ce que c'était la fièvre ou bien, depuis le début, ils ne parlaient vraiment pas la même langue ? C'est que, ça expliquerait vraiment beaucoup de choses....
Cependant, le chanteur était désormais suspendu aux lèvres de Naoki, sentant son estomac se tordre sous l'attente insoutenable que lui imposait le plus jeune... Quoi ? Que voulait-il ?? « Oui, Yeobu ? » Il s'était fait tellement violence pour ne pas avoir l'air trop pressant mais plutôt encourageant. Il avait voulu l'être aussi en faisant un peu mieux courir ses doigts sur le visage de son protégé avant qu'ils ne reviennent glisser dans ses cheveux sombres.
Est-ce qu'il l'entendait... son coeur battre le suspens comme si lui s'attendait à la suite....
Ce qui ne l'empêcha pas de dérailler et s'arrêter quand cela fut dit.

Qu'il l'embrasse.
Serizawa Naoki voulait que Park Mikio l'embrasse.
....
Qu'il l'embrasse encore.
... encore ?
Qu'il l'embrasse.
Encore.
Naoki.
......

« Hé ? »

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Son coeur donna le premier d'une longue série de battement fou furieux.
Quoooooi ??
Ses gestes s'étaient figés malgré lui et son visage, il l'avait sentit chauffé en même temps qu'un ascenseur vertigineux avait semblé prendre possession de ventre. A moins que ce ne soit son coeur qui, à force de battre si vite et si fort, avait percé sa cage thoracique pour rebondir dans tout son abdomen.
Qu'est-ce que Nao venait de demander ?
Qu'il l'embrasse.
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Non. Non. Il ne devait pas s'affoler. Ce n'était qu'une fausse peur, un affolement futile parce que... Nao ne pouvait pas lui demander ça. Enfin si, mais pas comme il crut un instant le comprendre. Nao voulait que Mikio pose ses lèvres sur lui, une demande qui déjà en soit le troublait. Et cet encore.. Il renvoyait aux fois précédentes où Mikio l'avait fait. C'était il n'y avait pas si longtemps. Rien d'alarmant. Pas de quoi rougir ou se troubler autant. Parce que... Nao ne pouvait pas demander autre chose.
Il ne s'en souvient pas.... Calme toi idiot.
Oui, qu'il se calme. Il déglutit. Qu'il se reprenne. Il l'avait fait en roulant ses lèvres l'une contre l'autre pour les humidifier et lui permettre de répondre en priant pour que sa voix ne soit pas ridiculement chevrotante.

« Aah.... O-oui... »

L'échec. Il était puni pour avoir commis ce crime ce soir-là, voilà tout. Il inspira profondément en tentant d'ignorer les battements trop bruyant de son coeur. Même Nao devait les entendre et avec sa fièvre, ils allaient lui faire mal à la tête... Mais il tenta de se redonner un peu de contenance en reprenant ses caresses, histoire de ne pas effrayer celui qui troublait son coeur et lui faire croire que sa demande était trop déplacée. Pensait-il... Vainement. Parce que sa poitrine avait de nouveau résonné trop fort à cette déclaration. Ca manquait à Nao... de quoi ? Les baisers ? Déjà ... ? Nao délirait. Il n'avait pas la notion du temps et lui... lui il n'avait pas le droit de penser moi aussi...
Des idées, il s'était interdit de s'en faire et il s'était concentré sur la demande suivante. Une autre. Moins troublante mais tout de même surprenante... Naoki réclamait si rarement... Ce qui se passait ne faisait aucun sens au point qu'il pensa, entre un début de sourire plus doux et les palpitations de son coeur, qu'il voulait bien faire plus souvent semblant si c'était toujours comme ça....
Sans l'arrêt cardiaque cependant.

« Tout ce que tu veux, Nao... »
Ce n'était certainement pas la bonne phrase à prononcer quand un peu plus tôt le cadet réclamait qu'on le laisse tranquille pour sortir. Mais Mikio voulait croire que ça irait et que ces souhaits là, il pouvait les exaucer sans problèmes parce que... « Oui, je comprends. » Sa main se resserra comme demandé dans le dos du garçon et il le ramena un peu mieux contre lui en laissant allez sa tête dans son cou pour qu'il s'y blottisse mieux. « Moi aussi, j'en ai besoin... » avoua-t-il dans un souffle en perdant une nouvelle fois son nez dans ses cheveux. Il songea néanmoins que la position allait finir par devenir inconfortable pour Nao et s'apprêta à le lui signaler quand le dernier souffle de son protégé finit d'achever son coeur....

Nao... Comment pouvait-il lui dire une chose pareil ? Si belle et triste à la fois ?
Lui ? Sa manière de rêver... ? N'était-ce pas un rôle trop beau pour lui ?
Mais ne se mentait-il pas à lui-même s'il disait ne pas le vouloir... ? Ses yeux ne se serait sûrement pas mouillés autant que son coeur s'était serré d'une façon bien particulière. « Nao... tu.... » Sa voix demeura coincé dans sa gorge mais il ne resta pas sur cet échec et tourna légèrement la tête pour déposer un baiser sur sa tempe.

« Merci... »

C'était un souffle. Un murmure. On pouvait légitimement se demander de quoi Mikio le remerciait. Il y avait sans doute plusieurs raisons... Ses mots, cette confiance... Que Nao lui parle. Ca lui faisait du bien...
C'est vrai, il n'y avait pas tout et pas que des vérités... mais il faisait quand même l'effort de se livrer un peu à lui. Mikio avait l'impression que pour une fois, Naoki acceptait de se reposer un peu sur lui.. Pour de vrai.
« Ca me touche... Autant que tu voudras de moi, je le resterais alors... »
C'est vrai qu'il aurait souhaité que Nao puisse rêver comme tout le monde... mais si cette place devait être prise, il souhaitait qu'elle ne le soit que par lui.

« Viens, on va se mettre mieux, tu veux ? »
Question rhétorique, Mikio avait déjà délogé Naoki pour laisser son dos regagner les coussins le temps pour le Coréen de se déplacer. D'une main, il s'assura tout de même que Nao ne bascule pas par manque de force avant de grimper sur le lit. Il poussa la tablette pour ne pas l'abîmer et caler un oreiller derrière lui pour s'y appuyer avant de récupérer le plus jeune. Avec précaution, il l'amena contre lui. Ou plutôt, sur lui. Est-ce qu'il avait pris Naoki pour un enfant de 5 ans à l’asseoir de cette façon sur lui ? Il pensait seulement que ça serait plus confortable de cette manière... Nao pouvait entièrement se laisser aller tout en étant serré dans ses bras sans que ça ne devienne gênant.
Le chanteur tendit le bras pour donner le verre d'eau encore plein à Naoki et l'inciter à boire. Il n'oubliait pas qu'il avait de la fièvre....

Une fois tous les deux calés, Mikio soupira et déposa un baiser de victoire sur le front du plus jeune. Il lui sourit doucement avant de repasser ses bras dans son dos et l'étreindre comme il l'avait demandé plus tôt. Ses mains serrèrent son dos nu et pressant sa peau sous ses doigts tandis que sa bouche embrassa une nouvelle fois son crâne. C'était bien ça que Nao voulait ? Un nouveau baiser sur sa joue pour s'en assurer et il dériva vers son oreille sur laquelle il déposa un nouveau baiser quoiqu'encore plus chaste que les précédent et dans le seul but d'amorcer sa phrase :

« Moi aussi, ça me manque... » De l'embrasser ? Ou d'être embrassé.... les deux. Pas les plus raisonnables. Mais il était vrai que Nao semblait fuir sa peau alors qu'il réclamait pourtant les lèvres de son aîné aujourd'hui. C'était tellement confus... « Tu me manques... » C'était sûrement plus juste. « Pas l'Italien... Juste... toi... nous.... » Nous ? Avait-il conscience qu'il n'y avait pas de « nous » quand ils n'étaient que des colocataires ? Ils étaient plus que ça.... mais ce mot était-il bien légitime... ? Ils n'étaient pas en couple. Avant, un peu. Ils en jouaient... Maintenant.. ? Il ne savait plus trop. Il devait bien être honnête : il ne savait plus ce qu'il devait considérer comme juste ou non... Mais ce qui était clair c'était que Naoki lui manquait. Atrocement. Là, à cet instant.... ils ne se trouvaient désespérément pas assez proches.
 
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     Lun 5 Juin - 23:42
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EXORDIUM.
Peut-être qu'il n'aurait pas dû demander.... « ... » c'était ce qu'il avait d'abord pensé à la réaction de Mikio. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de réclamer comme ça ? Ce n'était pas bien, évidemment... ce n'était pas correct. Nerveux, il s'était mordu la lèvre à la recherche d'excuses et de mots qui pourraient retirer cette demande étrange. "Non... oublie..." ce n'était probablement pas assez suffisant.
Alors quoi ? Il comptait dire qu'un individu avait pris possession de sa bouche pour lui faire réclamer ce qu'il ne méritait pas réellement ?
Cogiter, il n'en n'avait pas eu trop le temps. Si cette première réponse, cette acceptation ne lui avait pas permis de se rassurer, les caresses qui venaient de reprendre lui avaient fait penser que ça n'était rien. Une réponse plus précise avait terminé de le dissuader de trouver une excuse ridicule.
Il pouvait laisser sa demande comme ça... non ?
C'est que... il en avait réellement envie alors... oui, ça l'aurait rendu triste si Mikio avait refusé ou s'il s'était forcé pour lui faire plaisir. Pourtant, son coréen aurait été dans son droit. En fait, une réponse plus logique aurait été de lui dire "Tu te fous de ma gueule Naoki ?"... après tout, il ne l'avait pas chassé de cette chambre plus tôt ? En quelque sorte.... Et puis, il n'avait pas été exactement le plus sympathique des colocataires dernièrement. Avec ce que Mikio avait appris de lui aujourd'hui... en réalité, il n'aurait même pas dû se trouver dans ce lit avec lui.

Sa bouche qui s'était ouverte un instant avait bien failli dire "tu n'es pas obligé..." mais il n'en n'avait rien fait.
Parce qu'il en avait trop besoin pour ne pas céder à l'égoïsme ?
Ou parce qu'il se pardonnait sous prétexte que ce besoin semblait être partagé ?
... S'il te plait... ... oui s'il te plait... oublier un peu qu'il n'avait pas le droit et simplement se laisser aller maintenant que la bêtise avait franchi ses lèvres.
C'est que... il en avait tellement besoin. De la tendresse, il en voulait.... Il ne voulait pas aller voir sa conquête du jour, une autre ou une nouvelle. Non, celle qu'il voulait, c'était celle de Mikio... sa préférée. C'était de ses bras à lui qu'il avait besoin. C'était ses lèvres qu'il lui faisait envie maintenant. Evidemment... ça ne pouvait être que lui.
Parce que Mikio câlinait mieux ?
... en fait, il n'y avait que Mikio pour le câliner comme ça mais oui... c'était vrai, ses mains lui faisaient bien plus d'effets que d'autres. Ses lèvres... elles étaient beaucoup plus douces sur sa peau, beaucoup plus envoûtantes... et le goût... le goût en était indéfinissable. Il n'avait probablement plus le droit d'y penser... et pourtant, il le faisait un peu trop souvent.

Oui, c'était étrange pour un hétéro de préférer l'affection d'un autre homme.
... mais c'était Mikio.
Quand ces mains là le touchaient, quand ces doigts glissaient sur sa peau, il se passait quelque chose d'inhabituel. Ils laissaient des traces différentes de celles qu'il avait déjà connues..... Et sur le moment, elles atténuaient celles qu'il porterait toujours. Il aurait souhaité qu'elles ne disparaissent jamais, les marques de son coréen.
Quand ses lèvres se déposaient sur sa peau... c'était probablement ça, qu'on appelait la magie. Il ne parviendrait probablement jamais à le définir avec les mots justes ce que ça lui faisait. Pour en être capable, il faudrait donner à son coeur le don de parole. Parce qu'il s'exprimait tellement dans sa poitrine quand ça se produisait.
Il n'aurait jamais cru connaître quelque chose comme ça. En fait, il ne pensait sans doute pas que ce soit possible avant Mikio. Encore moins que lui, il aurait le droit de goûter à ça. C'était injuste... oui, dans le fond il en avait conscience qu'il n'était pas fait pour ça et qu'il aurait dû le refuser. Mais aussi pitoyable l'excuse pouvait être, il en était simplement incapable.
Il l'aimait. Il l'aimait tellement. Son coeur n'arrêtait pas de le crier.
Alors pourquoi ne lui disait-il plus ?

Une chanson n'était pas suffisante. Lui avouer qu'il était son rêve... qu'il lui avait donné, d'une certaine manière, ce qu'il n'avait pas le droit de connaître, ce qu'il n'était pas capable de faire... ça ne l'était pas non plus.
Mais le plus doux des mercis s'était déposé sur sa tempe, et il avait fermé les yeux un instant. Son coeur avait battu une nouvelle mesure et sa main s'était pressée doucement à la hanche qu'elle ne voulait pas quitter. ça faisait vraiment du bien. Bien plus qu'un médicament. Alors, il avait répondu à ce merci de la plus curieuse des manières « ... encore... » qu'est-ce qui n'allait pas avec lui ? Il réclamait et en plus de ça il se montrait impatient ? ça allait venir...
Oui... il était désolé... le mot était venu tout seul parce que ces lèvres n'étaient pas restées assez longtemps sur sa peau... il ferait un peu plus attention, il promettait de ne pas se montrer trop gourmand. Il n'avait convenu "qu'un peu"... c'était déjà bien trop.

Les mots de son coréen auraient ceci dit permis d'arrêter là ces réclamations. C'était touchant ?
... s'il n'avait pas compris, son coeur n'avait pu se retenir de battre un peu plus. Idiot, il n'était qu'un idiot capable d'être content parce que Mikio lui accordait le droit de le garder en rêve autant qu'il le voulait.
Oui, ça pouvait sembler ridicule. Mais pour lui... sa main avait serré ce haut... sa tête s'était hochée... et son coeur s'était emballé comme si c'était le droit le plus beau qu'on lui ai jamais accordé.
Il aurait continué à le voir toujours comme son rêve de toute manière... non ?
... oui mais... enfin... d'accord, il était peut-être un peu étrange...
« ... tu le seras... mon rêve... pour toujours... » ... jusqu'à la fin, c'était à Mikio qu'il penserait quand il ferait semblant de rêver. Et avant ça, tant qu'ils étaient ensemble, il verrait chacun des moments partagés avec lui comme le plus beau des songes. Est-ce que Mikio en avait seulement conscience ? ... de tout ce qu'il lui donnait ?
... probablement que non... il ne pouvait pas savoir... et c'était un peu injuste qu'une personne comme lui ne sache pas tout ce qu'on lui devait. Il ne pourrait jamais lui dire... les mercis que Mikio méritaient, il ne les aurait jamais. Existaient-ils seulement ? Ces remerciements à la hauteur de quelqu'un comme lui.... « ... merci... »  non... évidemment que non.

« D'accord. » même si la question suivante n'attendait pas de réponse particulière, il l'avait donnée en hochant doucement la tête. Et au moment où Mikio le repoussait, ses mains le relâchaient sans opposer aucune résistance. ça allait, c'était pour mieux le trouver, Mikio avait dit oui alors il n'avait pas à avoir peur de cette distance là.
Même s'il était supposé la garder ?
Il n'y avait probablement même pas penser. Son regard avait suivi les actions de son aîné dans l'attente de le retrouver, il avait été un gosse si docile quand Mikio l'avait ramené près de lui et il avait suivi la configuration proposée sans protester une seule fois. Oui, c'était bien comme ça. Clairement ça devait lui aller vu ce léger hochement de tête, comme si Mikio attendait une validation quelconque....
Il allait se vautrer mieux mais le verre tendu l'avoir forcé à se redresser un minimum. Et en plus il buvait sans discuter....
Oui, il avait soif. Il devait en tout cas vu les longues gorgées qu'il avait prises avant de rendre un verre vide à son aîné. Ce soupir poussé le disait également mais il n'avait pas réclamé plus d'eau. Il avait attendu que Mikio repose le récipient, il avait guetté un quelconque signe d'invitation avant de se vautrer bien trop volontiers sur lui.
Oui, ce dont il avait besoin en premier ce n'était pas l'eau mais bien les câlins... évidemment que ceux de son Michan.

Sa main avait retrouvé la hanche de son coréen, ses doigts l'avaient caressé doucement à travers le tissu et un soupir lui avait échappé en sentant les mains de Mikio dans son dos « Un peu plus.... » de câlins...
Est-ce qu'il venait de le refaire à nouveau ? C'était bien son souffle qui avait réclamé en tout cas.... Au moins, il y avait eu une pointe d'hésitation dans sa voix... c'était déjà un début sur les "je dois/je ne dois pas - je peux/je ne peux pas." Mais on doutait que cette hésitation lui fasse refuser ce nouveau baiser que Mikio lui avait donné.
... rien qu'un peu plus. Ce n'était pas si grave que ça. Ils faisaient semblant non ?
... mais réclamer...
Tu n'as pas le droit toi...
Comme pour faire taire cette voix, il avait recalé sa tête un peu mieux de manière à boucher l'une de ses oreilles contre son coréen. Il le savait, ce n'était pas la peine de lui rappeler, pas maintenant. C'était un rêve pour de faux... et dans les vrais rêves... dans les plus beaux... lui aussi, il avait le droit non ?

Ces deux baisers qui avaient suivi, il pouvait les avoir... dans son rêve, il y en aurait même eu plus. Et puis, certains se seraient dirigés vers un endroit moins acceptable... un endroit auquel il ne fallait pas penser. Alors dans le fond, il se montrait raisonnable... d'une certaine manière.
Et Mikio dans tout ça ?
« ... » son coeur s'était serré à la voix de Mikio. Et si l'incompréhension était passée sur ses traits à la mention de "l'italien", c'était la culpabilité qui avait demeuré.
Est-ce que... ça manquait vraiment beaucoup à Mikio malgré ce début de proximité retrouvée ? Ou ce semblant.... « ... Michan... » une pression de sa main contre la hanche contre laquelle elle reposait, un regard hésitant relevé un instant vers son aîné et il posait cette question presque incompréhensible... « ... tu veux... ? ... Toi aussi... ? » un baiser... ou deux... des câlins aussi... plus... enfin... comme avant... « ... mais aujourd'hui je suis... » malade ? Est-ce qu'il allait enfin finir par l'admettre ? ça ne changeait rien... Mikio risquait autant les microbes avec cette proximité... « ... alors pour toi... ce ne serait pas bien si... enfin... peut-être... que tu ne devrais même pas... m'en faire... même si j'ai envie... c'est pas bien si après toi aussi tu... toi aussi tu tombes... » est-ce que le mot "malade" était imprononçable pour lui ?

Hésitant, il s'était mordu la lèvre mais brusquement la question n'avait plus été la même. A nouveau, ses yeux avaient accompli le miracle de se relever vers son visage même si la proximité ne lui en faisait voir qu'une partie « ... je suis désolé... » il était bien temps de les prononcer ces excuses, elles tardaient et il en avait probablement d'autres à formuler « ... est-ce que... » nerveux, ses doigts avaient joué avec le t-shirt du chanteur et sa lèvre avait été mordue une fois encore avant une nouvelle hésitation « ... est-ce que... » ... la réponse devait être oui de toute manière alors à quoi bon demander ? ... « ... tu es triste... à cause de moi ? » qui d'autre que lui pouvait lui faire de la peine ? « ... pardon.... »
Oui. Il le savait. Si Mikio lui faisait beaucoup de bien. Lui, c'était tout l'inverse....


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     Sam 10 Juin - 23:14

just a spoonful of sugar
Naomi

Comment était-il censé résister ? A peine ses lèvres avaient-elles quitté sa peau qu'elles s'étaient senti en manque et Naoki le poussait à céder sans vergogne à ses envies. Son coeur avait bondit plus fort et une esquisse s'était formée sur le coin de ses lèvres. Il ne pouvait pas ne pas se sentir attendri face à cette réclamation. Faible réclamation... Et c'était la raison pour laquelle son sourire n'avait été que très léger, pâle... Ce n'était pas Nao de réclamer comme ça. Encore moins ces derniers mois...  Et si sur l'instant, ce besoin qui s'exprimait enfin l'avait réjouit, il n'avait pu s'empêcher de se demander la seconde suivante pourquoi Naoki faiblissait maintenant... Etait-ce la fièvre ? Celle qui lui faisait dire toutes ces choses qui n'avaient pas toujours l'air d'avoir un sens... Ou bien Nao était encore plus mal que ce que Mikio pensait et plus que jamais, avait besoin de lui... ? A cette pensée, ses doigts s'étaient resserrés dans ses cheveux et sans chercher à le faire languir plus longtemps, sa bouche avait apposé un nouveau baiser sur son crâne, avec autant de tendresse que le premier.
Il regrettait. Il le regrettait vraiment d'avoir cru qu'il devait laisser Naoki un peu seul... Il avait eu tort. Ca ne se reproduirait plus. Dorénavant, il serait là pour veiller sur lui et lui donner toute l'affection dont l'étudiant avait besoin.  

Etre à ses côtés, lui permettre de rêver... Oui, c'était ce qu'il voulait. Ce rôle que Nao lui avait donner Mikio ne pouvait que vouloir le garder. Alors, en sentant l'approbation du garçon par ses gestes.... le coeur du Coréen s'était mis à battre plus fort tandis qu'une vague de soulagement envahissait sa poitrine. Pour une fois, Nao n'avait pas secoué la tête. Il voulait de lui.... et cette situation avait semblé faire du bien autant à l'un qu'à l'autre...
Mais certainement pas autant que les quelques mots qui avaient suivi. Cette fois, il nota quelques mesures manquante à son rythme cardiaque. Et elle sautait à chaque fois que dans son esprit résonnait ces mots que son coeur avait choisi de battre en boucle.
Son rêve. Mikio était... le rêve de Naoki.
Non, ça ne pouvait pas être aussi fort... et pourtant... Pourtant il avait voulu l'entendre encore. « Pour toujours… » Comme une formule magique, ses lèvres avaient soufflé tout bas ces mêmes paroles qu’il aurait aimé entendre plus souvent, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. C'était sûrement à cause des battements qui résonnaient si fort à présent...
Est-ce que... Il avait vraiment le droit ?

« C’est dingue. Même malade, tu sais comment faire dérailler mon coeur…. »

Il en aurait presque rit s'il n'avait été trop occupé à tenter de calmer ce rythme détraqué qui l'empêchait de penser correctement. Inspirant difficilement, il tenta d'étouffer ce trop plein d'émotion en serrant plus fort Naoki contre lui tandis qu'une nouvelle fois ses lèvres embrassèrent sa tempe comme un nouveau remerciement... Remerciement qui cette fois vint de la part du malade. Non. Non, il n'avait pas besoin de le remercier... C'était même sûrement injuste quand la plupart de ses actes étaient uniquement dirigé par un coeur égoïste qui n'avait de battement que pour Naoki. Un coeur jaloux qui ne voulait céder aucune place quand elle le concernait... Le Coréen était gravement atteint et si son protégé savait à quel point, il trouverait sûrement des tas de raisons de ne pas le remercier... Mais surtout, si Nao devait garder ces remerciements pour lui, c'était parce que quoique le chanteur pouvait lui donner... Naoki lui avait déjà donné bien plus... Ainsi, ce fut au tour de sa tête de décrire un lent signe négatif avant que ses bras ne l'étreigne un peu mieux... un peu trop...
« Toi aussi... Tu m'as donné un joli rêve Naoki... j'espère que tu le sais… »
Tristement, il était persuadé que non. Comment le pourrait-il quand il se pensait si misérable ? Quand il était incapable de voir quel être formidable il était, ne serait-ce qu'un peu ? Il ne savait rien... Mikio devait tout lui montrer, tout lui apprendre... A commencer par ouvrir les yeux...

Et si le but était toujours de les lui garder ouverts pour éviter qu'il ne replonge dans un cauchemar, l'aîné songea qu'il n'était pas nécéssaire de le maintenir dans une position inconfortable. A moins que ce ne fut qu'un prétexte pour être un peu plus proche de lui... Mais si on l'en accusait, il dirait pour sa défense que c'était Naoki qui l'avait souhaité. Qu'il le serre fort dans ses bras... que lui puisse s'y laisser aller... C'était mieux s'ils bougeaient un peu. Et puis, Nao était d'accord.
Il fut même un peu trop sage ce qui interpella Mikio qui laissa trainer ses yeux sur lui un court instant. Naoki était en train de l'attendre pas vrai ? Sans aucune protestation. Seulement un silence de consentement et une validation tout aussi silencieuse tandis que Mikio le ramenait contre lui, dans une position des plus enfantine. Et le plus vieux ne l'avait pas trouvé moins adorable tandis qu'il récupérait son verre d'eau pour le boire sagement à coup de grande gorgée. Sans vraiment faire attention, ses doigts avaient parcouru tendrement son front pendant qu'il buvait comme pour le récompenser de se montrer si sage... Sans rire, Mikio... On t'assure qu'il a 21 ans. Ses lèvres se pincèrent tandis qu'il lui reprit un verre vide. Il avait bien fait de lui donner... « Ca te suffit ? Tu en veux un autre ? » avait-il doucement soufflé prêt à lui remplir un autre verre en songeant qu'au vu de sa fièvre, il avait même le droit d'en boire trois comme ça.  

Et puis il l'avait laissé se blottir mieux contre lui. C'était peut-être parce que leur torse s'étaient rencontré plus franchement que son coeur avait bondi, comme secoué. Ou plus certainement cette proximité retrouvée qui lui avait fait lâcher un soupire de satisfaction, emprisonnant de nouveau Naoki dans ses bras. Non. Aucune protestation. Aucune négociation. Nao n'avait plus cherché à mettre de la distance entre eux. Au contraire, il avait même demandé à l'anéantir un peu plus... Le coeur du Coréen s'était fait mieux entendre mais le trouble n'avait pas arrêté ce petit rire qui avait filé d'entre ses lèvres. Un rire doux, attendri... et une réponse qui trahissait toute son incapacité à lui refuser ce genre de demande. « D'accord, d’accord… » Non, il ne pouvait pas ne pas céder quand ses mains criaient elles-même leur besoin de le toucher. Ses caresses se firent plus tendres en glissant vers le bas de son dos où il attrapa ses hanches pour le ramener mieux contre lui. Ses mains ne remontèrent pas tout de suite et s'attardèrent même sur le bout de sa chemise qu'il tritura quelques secondes comme s'il hésitait.... avant de braver le tissu et s'infiltrer en dessous pour mieux retrouver sa peau brûlante. Ses doigts s'étaient pressés sur elle davantage mais Mikio lui-même ne devait pas savoir si c'était pour les rapprocher encore ou le toucher un peu plus…
C'était presque comme si le reste de cette journée n’avait pas existé. Ni les jours, ni les semaines précédentes... Mikio avait eu envie de les oublier et répondre seulement aux demandes de Naoki. Au moins un peu… Fermer les yeux. Faire semblant…
A quel point cela était-il égoïste et hypocrite ? Il ne se savait pas si opportuniste… Naoki était malade, il ne devait pas profiter.
Est-ce qu’il profitait ? Un peu. Mais cette étreinte lui faisait tant de bien. Ces baisers aussi. Ces mots… ce semblant de confiance retrouvée…

Oui, Mikio était probablement un con bien trop faible à ce gosse. Il lui faisait la morale mais il n’était pas mieux.
Ce n’était pas de sa faute. Enfin, peut-être que si… mais c’était plus fort que lui. Tout comme il n’avait su filtrer les mots qui lui avaient échappés, il ne pouvait aller contre ce besoin viscérale d’être proche de Naoki.
Il lui manquait. C’était un fait. Il lui manquait depuis des semaines… Ces derniers temps, il avait pourtant essayer de ne plus tenir compte de cette barrière qui s’était posée là, entre eux. Il avait essayait de passer au travers… mais il ne pouvait pas totalement l’ignorer.
Depuis quand elle était-elle là ? La réponse, il la connaissait en vérité. Jin Ah. Et il savait aussi pourquoi. Parce que deux amis pour de vrais ne pouvaient pas être aussi proches. Parce que deux amis pour de vrais ne dormaient pas blotti l’un contre l’autre. Ils ne se caressaient pas ni ne s’embrassaient. Ils ne se disaient pas « je t’aime » avec autant de sincérité dans le voix et le regard, et leur coeur n’était pas censé dérailler à chaque geste ou chaque parole déraisonnable de l’autre. Naoki l’avait bien compris lui et quand l’ex-petite amie du Coréen avait fait son retour, il s’était sûrement dit qu’il ne devait pas interférer entre les deux…
Mais lui, il n’avait pas aimé ça. Il n’avait pas aimé que Nao se mêle de sa vie amoureuse. Il n’aimait pas ça et il avait encore plus détesté venant de son « ami ». Il savait qu’il l’avait fait avec de bonnes intentions mais… Mikio était très pudique.
… Ce n’était vraiment que ça ?
Ce n’était pas le fait de voir s’éloigner son « ami » qu’il n’avait pas supporté ?
Naoki avait seulement voulu l’empêcher d’agir comme le pire des crétins. Spolier : ça n’avait pas fonctionné. Pire, il ne s’était même pas posé la question quand il avait revu Jin Ah le premier soir. Il avait laissé les choses se dérouler et retrouvé Naoki le soir-même. Ils avaient un peu dérapé mais le plus jeune avait tenté de se montrer plus correct avec son aîné en le poussant un peu plus vers la jeune femme… et lui ? Lui, il avait été con jusqu’au bout. Il avait peut-être un peu essayé…. Faire semblant de ne pas être si proche de Nao. Qu’il pouvait bien avoir une relation sérieuse tout en continuant de vivre sous le même toit. Il avait vraiment envisagé la possibilité de revivre son premier amour avec la seule femme qui ne s’était jamais comporté comme une garce avec lui…
Tu parles, il lui avait si bien rendu.
Il n’avait pas pu. Ses pensées n’étaient pas occupés par Jin Ah mais par Naoki. Toujours. Même dans des moments inappropriés… Et quand le jeune homme s’était un peu plus éloigné, le chanteur n’en avait que mieux oublié son amante, totalement obnubilé par ce vide qu’il ressentait.
Un vide qui n’avait fait que se creuser malgré ses tentatives de renouer avec ce qu’ils étaient à l’origine… et qu’étaient-ils ?
Pas des amis pour de vrai.
Au fond, tout n’avait-il pas commencé à dérailler même avant Jin Ah ?  
Ce n’était pas la première qu’il avait eu une distance entre eux. Mikio n’était pas toujours innocent, il le savait… Mais il avait décidé de ne plus rentrer dans ce jeu qui semblait les faire souffrir tous les deux. Il avait besoin de lui. Besoin de le retrouver entièrement… Même si Nao gardait certaines distances, il ne devait pas abandonner. Il ne voulait plus hésiter et croire que Nao avait besoin d’espace, c’était faux. Parce qu’à chaque fois qu’il réussissait à voler quelques tendresses au garçon… il le voyait bien : Nao ne voulait pas le repousser. Souvent, il avait droit à quelques demande silencieuse qui réclamaient plus de caresses et il s’exécutait, plus confus que jamais. Aujourd’hui il savait… Naoki avait besoin de lui. Et maintenant plus que jamais.

Si son attention avait été attiré par cette pression sur sa hanche, croiser le regard de Naoki - sûrement ne l’avait-il pas voulu - lui avait fait louper un nouveau battement. Mais plus que ça, son coeur s’était serré en remarquant la lueur affectée dans ses yeux. Est-ce qu’il lui avait de la peine ? A l’intérieur, ses dents avaient croqué une lèvre. Il aurait peut-être dû se taire… ?
Mais les mots de Nao n’avait pas vraiment confirmée son erreur. A sa question, l’incompréhension était passé dans son regard et il avait légèrement froncé les sourcils. Est-ce qu’il voulait ? Quoi donc ?
La suite ne l’éclaira pas vraiment. Cela devait avoir un rapport avec le mot-qu-on-ne-doit-pas-prononcer mais le Coréen demeurait dans le flou. C’était ce qu’il venait de dire qui préoccupait Naoki ? Ce dernier sembla se débattre lui-même avec ses propres explications et tandis que Mikio tenta d’en déchiffrer leur signification, sa pompe à sang se mit soudainement à débloquer… « Oh. » Lui en faire…. Il pensait avoir compris et le sang vint charrier ses joues. Ce dont Nao parlait c’était… des câlins… ? … Des bisous ? Sûrement les deux… C’était ce qu’il avait voulu lui proposer avant de comprendre que la maladie rendait l’opération délicate. Mais l’aveux qui suivit ne permit pas au coeur coréen de se calmer… Nao en avait envie. Il l’avait sûrement admis sans s’en rendre compte et même si Mikio l’avait déjà compris, il aimait toujours l’entendre.
Tordu. Complètement tordu qu’il était.

Sa tête se secoua. Il s’était repris, ou du moins s’était fait violence pour ne pas se perdre dans toute la signification de cette demande, et il avait forcé un sourire plus rassurant. Une de ses mains quitta son dos pour caresser affectueusement sa joue chaude. C’est vrai qu’il était un peu tard pour s’en rendre compte maintenant qu’ils étaient si proches et que ses lèvres s’étaient déjà posés à plusieurs reprises sur lui. Nao avaient toussé près de lui plusieurs fois et cette chambre devait déjà être bien infectée… Alors, si Mikio devait attraper quelque chose, c’était sûrement déjà fait. Ce n’était pas grave… Il avait choisi de rester avec lui et il ne voulait pas non plus le priver de ces baisers qu’il réclamait…

« Ne t’en fais pas, d’accord ? Je vais faire attention, ça ira pour moi. »

Et comment ? Il pensait être doté d’un système immunitaire hors du commun ? Il avait beau vouloir le prétendre devant Naoki, il n’était pas invincible. Il le savait. Tout comme il savait que s’il devait attraper la grippe, il avait déjà les médicaments à porter de main. Au pire, il retournerait en chercher… Et il prendrait déjà de quoi en amont pour prévenir la maladie. Il ne voulait pas inquiéter Nao et surtout, il voulait pouvoir continuer à s’occuper de lui. Il voulait bien faire un peu plus attention - quoiqu’il n’était pas sûr de pouvoir tenir vraiment ses distances… - mais isoler Naoki, c’était hors de question.

A cette première excuse, Mikio fronça les sourcils et fouilla le regard coupable de son cadet. Il prit conscience de la proximité de leur visage un peu bêtement et somma son coeur de se taire car l’affolement dont il fit preuve n’était pas approprié. Ils étaient proches oui…. Mais pas assez. Ils ne le seraient jamais assez….
Ses pensées néanmoins réussirent à se recentrer sur cette nouvelle amorce de question dont la suite tarda à venir. Le chanteur ne chercha pas à le brusquer et s’appliqua à caresser doucement son dos et son visage pour l’encourager… « Dis moi Yeobu… »
Mais ce ne fut que pour prendre un nouveau coup dans la poitrine. Triste ? Est-ce qu’il était triste ?
….. Ca se voyait tant que ça ?
Il déglutit. Si ses yeux avaient soutenu quelques secondes les siens, ils finirent par se dérober un même laps de temps plus bas. Oui, il était triste. Nao souffrait. Nao lui manquait. Son coeur était entièrement détraquée et sa folie… il ne pouvait l’attribuer qu’à son protégé… Mais est-ce qu’il devait l’en blâmer ?
S’il souffrait, c’était parce qu’il l’aimait. Si fort. Trop fort. Ce n’était pas totalement de la faute de Naoki…. c’était celle de ce coeur déraisonnable.

C’était peut-être devenu un réflexe ou la meilleure réponse qu’il avait trouvé jusqu’à maintenant quand Nao lui posait des questions difficiles… Mais, guidé par sa main, il avait ramené le visage de Nao près du sien et ses lèvres s’étaient déposées sur son arcade quand son pouce en avait souligné la pommette. Sans le lâcher, il s’était à peine éloigné pour pouvoir formuler une réponse :

« Seulement parce que tu me manques…. et que je te vois souffrir et je me sens tellement… » Impuissant… Mais il ne pouvait pas le lui avouer. Il ne voulait pas… ne devait-il pas l’aider ? S’il lui confessait ne pas savoir quoi faire, Nao ne pourrait plus se sentir rassurer en sa présence… « Je n’aime pas te voir comme ça… Je voudrais que tu ailles mieux… » Ca irait… Il allait l’y aider, il lui avait promis… « Je voudrais te revoir sourire aussi… et ne plus jamais te laisser t’éloigner de moi… » Ca n’avait rien à voir avec la santé, Mikio débloquait totalement. Mais il n’avait pas retiré ses mots et son sourire, bien que plus maladroit, était resté doux. Du bout des doigts, il avait caressé sa joue avant d’y déposer un nouveau baiser, pressant sa main dans son dos pour appuyer cette marque de tendresse. « Mais tout ça, c’est parce que je tiens à toi… terriblement, à toi… » Il ne devait probablement pas le lui avouer à quel point, il était atteint. Il ne devait pas effrayer Naoki. Mais parfois… il avait seulement envie d’oublier ce qui était raisonnable ou non, et de lui crier son amour. Oui, il partirait probablement en courant.
 
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     Lun 12 Juin - 14:44
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
« Moi... ? » Sa réponse n'avait été qu'un mot soufflé. Un seul qui avait laissé lire l'incompréhension. Lui ? Donner un joli rêve à Mikio ?
...Comment est-ce que quelqu'un qui ne pouvait pas rêver pouvait être un rêve pour quelqu'un d'autre ? Ou le donner ... ?
Fronçant les sourcils, tentant de comprendre ce qu'il ne pouvait pas comprendre, il n'avait pas su retenir à sa tête de se secouer. Ce n'était pas bien, il n'était pas supposé faire ça. Dire "merci" ou sourire, même s'il n'y croyait pas, ça aurait été une meilleur réaction. Il ne pouvait pas se montrer aussi honnête après avoir accumulé autant de faux pas aujourd'hui. Il ne se reprenait pas... il se laissait sombrer dans le manque de contrôle à présent... et ce serait un Naoki, meilleur menteur, qui devrait essayer de réparer les dégâts plus tard.
Mais maintenant, il n'avait pas eu la force de réagir autrement à l'incompréhension.
Il ne savait pas rêver.
Il était loin d'être un songe si parfait comme Mikio savait l'être pour lui....
Alors, ce genre de compliments, il avait le sentiment que ce n'était pas pour lui. ça ne lui était pas réellement destiné alors il ne pouvait pas l'accepter....
Mikio devait confondre avec quelqu'un d'autre alors ?

... peut-être le Naoki qu'il voyait lui....
Ce Naoki là, il devait probablement savoir rêver dans ce cas. Ce qu'il imaginait éveillé la journée, il pouvait le voir la nuit en fermant les yeux. Il se plongeait dans un joli monde et il faisait ce que lui n'avait jamais fait ... il maudissait son réveil ou toute personne le tirant de son sommeil. Evidemment, il devait avoir une jolie vie la journée. En fait, il n'avait probablement connu que cette vie là. Au moins, il n'y avait jamais rien eu pour venir l'empêcher de rêver comme les autres.
Et parce qu'il aimait tellement ça, rêver, il voulait le partager avec les personnes qui comptaient pour lui....
Le Naoki de Mikio, ça devait vraiment être quelqu'un de bien....
Est-ce qu'il l'était encore un peu maintenant... si faible contre lui ?
Ou est-ce qu'il avait abîmé ce rêve que son coréen faisait grâce à ce qu'il pensait voir ?
Il espérait que non. Si quelqu'un méritait de rêver, endormi comme éveillé, c'était bien Mikio. Il souhaitait que sa vie soit faite de songes tous plus beaux les uns que les autres. Jamais un cauchemar. Jamais rien pour venir assombrir sa vie.

S'il pouvait accomplir ce miracle de rêver un jour... ce serait dans ses premiers rêves : une vie bien au-delà de la perfection pour son aîné.
Égoïstement, bien sûr, il souhaitait aussi faire celui de pouvoir rester pour toujours avec lui... et proche. Dans ses bras, c'était le mieux. Si un jour, même pour une minute, il pouvait s'endormir et rester dans les bras de Mikio dans sa tête sans que tout ne s'assombrisse, ce serait un bien joli cadeau que ce miracle.
Et puis, il voulait rêver aussi d'une autre vie, toujours avec Mikio. Qu'est-ce qu'ils feraient ? ça n'avait pas d'importance, tant qu'ils restaient ensemble. En fait, ils pouvaient même garder la vie d'aujourd'hui à condition qu'il n'y ait plus ce sablier dedans. Tant qu'il y aurait toujours un lendemain, c'était un songe qui lui plairait.
Peut-être... qu'ils pourraient aussi voyager un peu tous les deux. S'il avait pu, il aurait aimé voir tellement de choses avec Mikio. De nombreux pays. Où est-ce qu'ils iraient en premier ? Hum... Busan, peut être... ça manquait à Mikio non ? Et puis, il avait envie de les connaître ces endroits où son coréen avait grandi, ces souvenirs qui avaient fait de lui ce si joli rêve, cette lumière si brillante. Rencontrer les gens qui comptaient pour lui....
Ensuite, ils pourraient visiter d'autres endroits... rattraper l'Italie, il ne planterait pas tout cette fois.... Et puis l'Australie... elle avait l'air de vraiment faire envie à son Michan non ? Ils feraient un détour par la Nouvelle-Zélande, avant d'aller se perdre quelque part en Europe.
Est-ce qu'ils auraient assez d'une vie ?
....
....
Une vie... où lui... souhaitait qu'il y en ait une deuxième ensuite et que vivre ne s'arrête jamais....
... oui, ce rêve tiendrait vraiment du miracle...

Ce n'était pas bon pour lui de penser à tout ce qu'il n'aurait jamais.... S'arrêter, il se l'était dit un instant et puis la suite l'avait sauvé en quelque sorte de pensées qui n'étaient pas pour lui.
Après s'être montré patient, il s'était retrouvé plus proche de son aîné. Docile jusqu'à prendre ce verre d'eau et le boire sans rechigner à la tâche, il n'avait pas protesté pour de tendres encouragements. Comment le faire quand l'affection de Mikio était toujours si douce ? Si agréable ?
A la demande du chanteur, son regard s'était porté sur le verre avec hésitation. Quoi ? S'il avait encore soif, il n'avait qu'à le dire et boire....
Oui mais s'il buvait maintenant, ... ce n'était pas de ça dont il avait le plus besoin à présent ... alors ... ça pouvait attendre ... « Oui... mais après... je veux d'abord... tu sais... » d'accord, parfois Mikio donnait l'impression de lire dans sa tête mais il n'était pas télépathe... alors ce qu'il voulait dire maintenant, il ne pouvait pas non plus tout deviner. Terminer quelques phrases, ce serait d'une grande aide pour le coréen qui ne lisait pas dans les pensées « J'ai juste besoin d'être contre toi maintenant... » oui... avec de la tendresse... une bonne dose de préférence...

De toute manière, pour l'eau, ce serait bien plus tard. Maintenant qu'il était contre lui, il ne comptait probablement pas se redresser pour boire. Et puis, il avait le droit non, ses demandes étranges... Mikio n'avait pas l'air de vouloir les refuser ? Et lui, devant les réactions du coréen, il ne protestait pas d'obtenir ce qu'il demandait. Alors, il s'était laissé aller davantage contre lui et sa main avait remercié pour lui de nouvelles caresses contre la hanche de son aîné. Oui, c'était vraiment mieux maintenant. Et ce soupir, en sentant les doigts de Mikio sur sa peau, il n'avait pas su le retenir.
Peut-être qu'il passait pour quelqu'un de stupide à présent.... Avoir rejeté tellement de l'affection qu'il semblait pourtant désespéré de recevoir... de la tendresse qui semblait le soulager... dans son coeur en tout cas. Il ne faisait aucun sens, c'est vrai. Blâmer Mikio pour ça était injuste et pourtant, c'était bien lui qui le rendait aussi faible... ou qui faisait parler son coeur pour le rendre plus honnête.
Frottant doucement sa joue contre le coréen un instant, il avait cherché à se calmer un peu mieux contre lui. ça ne soignait pas les microbes, oui... physiquement, il ne parviendrait pas davantage à se lever... mais son coeur battait moins douloureusement maintenant et pour ça, de nouveaux mots avaient trahi un Naoki qui avait lutté pendant trop longtemps « ... ça fait du bien... » oui, beaucoup de bien mais... et Mikio dans tout ça ?

Une main sur sa hanche, quelques caresses, est-ce que c'était bien suffisant quand Mikio lui donnait tellement ?
Est-ce que Mikio avait beaucoup de peine à cause de lui ?
... est-ce que maintenant... il devait céder un peu plus et lui donner l'affection qu'il s'était retenu trop souvent de lui donner ? ... parce que son coréen méritait mieux... c'est vrai... mais....
Se mordant la lèvre sans trop savoir, les microbes qu'il niait porter répondaient probablement à ses questions. Ce n'était pas bien de céder maintenant. En fait, même Mikio ne devrait pas se montrer si gentil avec lui. S'il tombait malade, il aurait tout gagné.
Alors... il était probablement temps de s'éloigner et de se recoucher seul dans son coin de lit. Parce qu'il mentait trop fortement sur la maladie qui l'affaiblissait aujourd'hui, il l'avait peut-être déjà partagée avec son aîné. C'était vraiment idiot de profiter dans cet état de ce que son coeur réclamait.

Pourtant, la main de Mikio était bien venue déposer un peu de tendresse sur sa joue et lui, malgré l'hésitation, il n'avait pas bougé, écoutant avec attention une réponse qui ne devait probablement pas le persuader de se montrer généreux en microbes  « ... » non, ce n'était pas bien... même s'il faisait attention... il ne pouvait pas donner ... un si gros rhume à Mikio... parce que... il faisait vraiment mal ce rhume... alors, de culpabilité, il s'était mordu à nouveau la lèvre avant de répondre  « ... Mais... tu devrais peut-être... me laisser là... ou me déposer ailleurs... » oh oui, grande idée Naoki, demande lui de te déposer à l'hôtel comme ça tous les problèmes seront réglés ! Certain que cette idée plaira à Mikio !  « Je ne veux vraiment pas que tu tombes... » sérieusement, ce mot n'est pas si difficile à dire.... Et puis, c'était encore plus ridicule de poser ainsi son autre main sur le front de son coréen avec cette inquiétude sur ses traits... comme s'il pouvait déjà avoir attrapé sa fièvre !
C'est que, il devait être contagieux hier soir déjà...
Dans une caresse, ses doigs avaient glissé doucement sur le front du chanteur. Il n'avait pas l'air chaud... mais qu'est-ce qu'il en savait lui qui était trop bouillant pour sentir la température de quelqu'un d'autre ? « Est-ce que... tu as pris quelque chose en prévention au moins ? » et juste comme ça, pendant un moment, il avait inversé les situations. Comme si Mikio était le malade et lui l'infirmier.
C'était visiblement plus simple pour lui de s'inquiéter pour son coréen qui semblait en bonne santé que de soigner un italien qui était réellement malade malgré le gaspillage de ses faibles forces pour le nier.

Mais plus que de lui refiler ses microbes, l'idée de lui avoir fait de la peine tordait son coeur dans sa poitrine. Ses yeux n'avait pas quitté son visage malgré cette proximité et les mots avaient fini par céder aux encouragements de son aîné. Ils étaient venus comme ils venaient dans ses pensées et il avait attendu bêtement une réponse. Malheureusement, il n'avait pas tardé à la voir sur le visage du coréen.
« ... » devant ce regard qui s'était détourné, il avait baissé le sien, coupable, sans être capable d'ajouter quelque chose. Evidemment que Mikio était triste à cause de lui, pourquoi est-ce qu'il prenait la peine de poser des questions aux réponses évidentes ?
Sa main avait glissé du visage de coréen à son épaule où elle s'était pressée faiblement et il n'avait fait que fixer ce contact en se répétant « ... pardon... » ce n'était jamais suffisant ses excuses, oui... c'est vrai. Alors sa bouche s'était ouverte à nouveau tandis que ses pensées se débattaient avec les mots qu'il pourrait dire pour s'excuser d'une meilleure façon... mais il avait été coupé dans cet élan inutile par des lèvres sur son arcade « ... » hésitant, ses yeux avaient néanmoins retrouvé le visage du coréen et ses lèvres qui ne souhaitaient pas l'épargner malgré tout. Pourquoi ? Pourquoi Mikio était si gentil avec lui alors qu'il lui avait encore fait de la peine.

Peiné, son regard n'avait pas dérivé tandis que ces lèvres bougeaient à présent pour s'exprimer. Ce n'était pas bien si Mikio tombait malade mais il se taisait aux baisers ? D'un simple geste d'affection, son coréen savait faire taire sa raison. Et la peine ?
Lui... il n'avait pas vraiment le droit d'être triste... coupable, oui. Et pourtant... il ne savait pas... c'était un curieux "c'est de ta faute" qu'il entendait à présent... même si c'était bien de la sienne, non ? Evidemment. Parce que si Mikio s'inquiétait c'était parce que son imbécile d'italien n'avait pas su se comporter en tant que tel ce matin.... Ou il lui avait causé de la peine parce qu'il avait fait en sorte de s'éloigner... pour ne pas l'inquiéter... entre autres.
Oui, c'était probablement un peu trop compliqué pour un cerveau en manque d'expériences sociales. Il y avait pas mal de choses non assimilées dans sa petite tête. Il faisait mal en faisant bien... mais en faisant bien, il faisait tout de même mal. Où était la bonne attitude ?
Il devait aller mieux, c'était tout. Comme ça Mikio ne s'inquiéterait plus et il pourrait peut-être... oublier un peu mieux les distances...
Il en avait envie même si ce n'était pas bien... mais si ce rêve inventé durait un peu plus longtemps...
Oui, son coréen savait bien comment faire pour tout embrouiller dans sa tête. Il suffisait d'un peu plus de tendresse sur sa joue puis d'un baiser pour mélanger encore plus certainement le tout....

« ... c'est de ma faute... » et aujourd'hui, il ne pouvait que dire trop honnêtement ce qu'il pensait... « ... parce que... » gêné, ses yeux avaient pris la fuite un instant vers cette épaule sur laquelle ses doigts avaient glissé doucement « ... parce que... » il avait fallu quelques secondes de plus pour que son regard trouve la force de retrouver le visage de son coréen et que ses lèvres ne révèlent enfin les raisons qu'il avait trouvées à sa culpabilité « ... les efforts... ça n'a pas marché... » inutile de le répéter, il était convaincu d'en avoir fait. Peut-être pas assez... même s'il avait l'impression de faire de son mieux, ce n'était jamais suffisant avec lui. Il aurait pu forcer un peu plus... « ... pardon... » il s'était mordu la lèvre et son regard avait dévié une nouvelle fois vers cette épaule où ses doigts semblaient désormais s'occuper pour chasser la nervosité quand ils ne faisaient pourtant que la traduire.... S'il s'était secoué un peu plus ce matin, s'il était parvenu jusqu'à l'hôtel...
Mais... Mikio ne venait pas de parler de distance maintenant ?
... oui, c'est vrai mais... c'était parce qu'il le voyait comme ça qu'il souffrait non ? Confus, ses sourcils s'étaient froncés et il avait cherché un instant comment formuler des mots qui ne semblaient pas vouloir sortir.
C'était compliqué pour lui de parler... de le faire honnêtement... à coeur ouvert.... Avec Mikio, il ne le contrôlait pas tellement mais son manque d'entraînement faisait maintenant qu'il n'avait simplement plus su comment faire alors... « ... »

... Alors il s'était mordu à nouveau la lèvre et d'évidentes excuses répétitives avaient fini par faire une nouvelle apparition « ... je suis vraiment désolé... » d'être malade, d'être un idiot, de lui faire de la peine... de l'inquiéter aussi... « ... je vais vite aller mieux... » alors il était malade tout compte fait ?
... « ... tu verras... ce soir déjà... ce sera terminé... » est-ce que ce n'était pas faire une nouvelle promesse qu'il ne serait pas capable de tenir ? « ... oui... tu verras... alors ne t'en fais pas... » ... peut-être qu'il se voilait la face tout simplement. Pourtant, même pour lui, il devait être difficile de se mentir maintenant. Il le sentait bien que ça n'allait pas du tout. Il avait mal partout, sa gorge le brûlait, ça battait trop fort contre ses tempes et il avait l'impression que sa tête se serrait de douleur par moment. Il n'avait plus les idées tout à fait clair et il se sentait trop faible pour que la moindre action ne devienne pas une épreuve que les vertiges feraient échouer d'une manière certaine. La fièvre le faisait divaguer et le faisait osciller entre les frissons et la sensation de brûler. Alors, ce soir... il y avait peu de chances pour qu'il soit miraculeusement guéri d'ici là... « ... » dans le doute, il pouvait toujours s'excuser une nouvelle fois... ce ne serait pas bien utile mais au moins ça comblait les silences ... « ... parce que... » triturant le t-shirt du coréen au niveau de son épaule, ses doigts s'étaient obstinés à chercher bêtement un semblant de calme « ... moi aussi... » oui... lui aussi... peut-être même davantage encore... est-ce que Mikio le savait ?
S'il ne terminait pas ses phrases, il n'y avait que peu de chances... surtout quand il y avait trop de temps, trop de temps pour eux et leur relation un peu spéciale en tout cas, qu'il ne lui avait pas dit des mots de ce genre là ... « ... je tiens à toi... beaucoup... vraiment beaucoup... » ... oui, vraiment beaucoup et de le redire, son coeur s'était étrangement serré dans sa poitrine. C'était étrange, incompréhensible presque, d'avoir l'impression que l'émotion menaçait à nouveau trop certainement ses yeux. Pourtant, il avait tenu bon en les relevant vers le visage de son coréen « ... tu le sais... n'est-ce pas ? »

Si Mikio avait un doute, il ne pouvait être que de la faute de son "ami pour de vrai"... alors, il ne pouvait pas exactement attendre de son coréen qu'il ne l'ai pas oublié. En réalité, il n'était pas supposé ne même pas l'espérer ? Ne devait-il pas souhaiter pour Mikio qu'il pense que partir ailleurs, faire sa vie pour trouver son bonheur ne ferait pas du tout de peine à l'idiot qui lui avait servi de colocataire ?
... oui mais... « ... tu n'as pas trop oublié... ? » ce qu'il était supposé oublier un peu ... « ... que...  » triturant un peu plus ce t-shirt, ses yeux avaient trouvé la fuite l'espace de quelques secondes vers celui-ci avant de revenir sur les traits qu'il aimait tant ... « ... que... je t'aime... » son regard n'était pas si embrumé que ça ... pas vrai ? C'était idiot, il n'allait pas se mettre à pleurer pour ça maintenant... il ne le devait pas... « ... et que tu l'es toujours... la personne qui compte le plus pour moi... » ... il le resterait, pour toujours, cette personne à qui son coeur voulait appartenir. Ce coeur qui sentait un poids le quitter à présent pour avoir laissé échapper des mots qu'on lui avait forcé de taire pendant trop longtemps.


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     Mar 13 Juin - 1:17

just a spoonful of sugar
Naomi

« Oui, toi. » Qui d'autre ? Pour autant, de la part de Naoki, cette question n'était pas si surprenante. Au fond, le Coréen s'en doutait bien qu'il ne devait pas s'attendre à une autre réaction de la part du plus jeune. Lui et sa si petite opinion de lui-même... Pourtant, c'était bien qui avait donné un nouveau rêve à Mikio quand le sien s'était émietté quelques années plus tôt. Et si les restes le faisait tenir en compagnie de l'unique passion qui l'animait, elle en perdait sa saveur à chaque jour plus monotone que l'autre. Il vivait de sa musique, mais qui l'écoutait ? Des personnes venus prendre un verre, un café, qui ne tendait l'oreille qu'à moitié. Oh bien sûr, et heureusement pour lui, il avait régulièrement des retours positifs sur ses morceaux et les soirées durant lesquelles il chantait était généralement appréciée quand les lumières étaient braquée sur lui et que le publique était forcé de l'écouter. Mais c'était tout ce qu'il était. Une diversion d'une heure. Une à deux heures par semaine pour les plus fidèles et après, il redevenait le mendiant de Coréen qu'il était et gagnait difficilement sa vie avec des morceaux qui ne se renouvelaient plus aux fils des années.
Ecris.
Lance toi.
Pourquoi tu n'auditionnes pas ?
Tu travailles encore dans les bars ?
Qu'est-ce que tu attends ?

Il les connaissait ces paroles. Il les avait déjà entendu par des collègues, des amis, des patrons plus ou moins honnêtes qui pourraient tirer profits d'une certaine notoriété... Sa grand mère. Sa mère... qui devait surtout en avoir marre d'avoir un échec pour fils. Il y avait pensé. A vrai dire, il n'avait pensé qu'à ça au début en arrivant au Japon. Je vais rebondir. Ca ira, quand j'aurais pris assez de recul, j'vais trouver quelque chose. Il avait erré. Glander. Trouver un travail. Et depuis, il n'avait plus bougé.
Ce n'était pas parce qu'il n'avait pas chance ou qu'il n'était pas assez talentueux. La musique, c'était tout ce qu'il avait, tout ce qu'il savait faire. Alors justement...
Et si ça ne marchait pas ?
Et si je me plantais encore ?
Et si je devais tout arrêter ?

C'était ce genre de question qui l'avait freiné tant d'années. Ce genre de peur stupides qui l'avait bloqué au Japon tout ce temps. Cette lâcheté qu'il s'était découvert depuis que tout s'était écroulé autour de lui qui l'empêchait de remettre un pied dans un pays où seule la réussite importait. Où le regard de sa mère était encore trop dur à affronter même après toutes ces années... Celui de son père aussi, qui, s'il n'avait jamais dit un mot sur l'échec de son fils, avait certainement dû être déçu aussi. Et celui de son meilleur ami.... à qui il ne passait même plus un coup de fil parce qu'il avait peur de lui dire encore qu'il ne rentrait pas... parce qu'il n'était qu'un abruti et un échec en tant que musicien, fils et ami....

Et puis, un jour, sa vie s'était vue chamboulée par une rencontre qu'il n'avait pas attendue. Un alien qui se prétendait Italien. Une lueur nouvelle porteuse d'un espoir insoupçonné. Il disait beaucoup de bêtises mais il avait une guitare. Jouer avec lui était devenu plus qu'un plaisir avec le temps. Comme liés par les cordes de leur instrument et puis l'harmonie de leur voix dans lesquelles Mikio avait découverts de nouveaux accords et l'envie de faire durer cette toute nouvelle mélodie...
Pincer ses cordes n'étaient plus douloureux. Une étincelle pétillante s'étaient logée dans le creux de son ventre et le poussait à réécrire, composer, s'améliorer... Parce qu'il avait toujours hâte de montrer quelque chose de nouveau à son cadet. A chaque nouveau morceau, il guettait les yeux du garçon...
Est-ce que je vais la voir cette fois ?
Cette lueur dans son regard... celle qui lui donnait l'impression que sa musique n'était faite que pour lui....

Alors, Nao n'avait pas le droit de secouer la tête. Nao n'avait pas le droit de nier ce que son coeur lui répétait depuis des mois. Il avait senti ses joues chauffer sous la contrariété. « Je ne mens pas ! Tu ne sais même pas tout ce que tu m'as apporté… »
Il n'y avait pas seulement l'inspiration et le fait d’avoir retrouvé goût à la musique. Il y avait plus fort encore... Une chose à laquelle il s'était encore moins attendu de la part de son nouveau colocataire. L'amour. Beaucoup d'amour. A travers des mots, des gestes, des attentions... c'était une affection qu'il n'avait encore jamais reçue. Ca pouvait paraître aberrant et révoltant de sa part... Des relations, il en avait eu. Il pourrait même parler de sa mère durant des heures, il ne nierait jamais néanmoins qu'il n'avait pas eu une enfance malheureuse. N'avait-il pas été une star adulé sur scène pendant deux ans également ? De l'amour, il en avait eu et sous bien des formes...
Mais jamais comme Naoki le lui donnait. Jamais comme ce sentiment à la fois grisant et dévastateur dans sa poitrine... C'était différent. Si différent. Avec lui, il n'avait pas l'impression d'être un échec. Il avait l'impression d'être quelqu'un. Pas juste une idole qui n'avait que l'air d'être important... Mais vraiment quelqu'un de bien. Qui avait un vrai rôle à jouer dans la vie d'une personne aussi précieuse que Naoki. Celui de l'aimer, le protéger et le chérir....

Alors, bien évidemment, prendre soin de lui faisait également parti de ses devoirs. Devoirs imposés uniquement par son propre coeur, mais il n'entrerait pas dans ce débat-là. En revanche, on pourrait l'accuser d'avoir un bien drôle façon de s'occuper de ce jeune homme de 21 ans... Que voyait vraiment ses yeux pour l'infantiliser de la sorte à chaque fois qu'il le prenait dans ses bras ? A croire qu'il était vraiment aveugle. Même ses questions semblaient à destination d'un enfant.
Pour sa défense, Nao ne l'aidait pas beaucoup. « Hum ? » Le Coréen fronça légèrement les sourcils en tentant de comprendre ce qu'il manquait à son cadet. De quoi avait-il besoin ? Un autre cachet ? Son gant ? A moins qu'il n'avait faim ?
« Oh. » Son coeur s'était assommé contre sa cage thoracique et ses joues s'étaient légèrement empourprées. C'est qu'il ne s'attendait pas à cette réponse... encore moins aussi franche. Nao avait passé plus de la moitié de la journée à lui demander de le laisser tranquille et maintenant... Mais Mikio ne lui en voulait pas une seconde. Il n'aurait pas hoché la tête en le ramenant mieux contre lui sinon. Qu'on le traite de faible... il ne s'en défendrait sûrement pas. Si c'était ce que Nao voulait, alors il n'avait pas le coeur à lui refuser. D'accord, mais... Quelqu'un pouvait dire à cet homme que boire un autre verre d'eau ne prendrait sûrement pas plus de cinq minutes ?
Peu importe, il l'avait mieux serré contre lui dans un « D'accord... après… » Des deux, il était certainement le plus désespérant.

Il l'était tout autant à accéder à chacune de ses requêtes. Le serrer dans ses bras, l'embrasser... Pas une fois il ne les avait reconsidéré, ni n'avait hésité. Oui, c'était un peu étrange après tant de refus et sûrement déraisonnable quand son protégé avait la grippe mais le lui refuser ne lui avait traversé l'esprit une fois. Et c'était sans le moindre doute parce qu'il en avait autant besoin que Naoki...
« Oui… » Quoi oui ? C'était quoi ce soupir d'aise ? Il y avait des millions d'autres réponses plus appropriés comme tant mieux ou je suis content... Et s'il était effectivement content que ses tendresses plaisent au garçon, on ne lui demandait pas d'en partager le bien être. Mais c'était un fait et ce soupire trop honnête lui avait échappé... Ca lui faisait un bien fou cette proximité, ce calme... D'autant qu'il avait droit lui aussi à des caresses sur sa hanche. Il y avait sûrement pire comme travaille de nurse....

Cependant et très paradoxalement, ce fut Nao qui releva un détail qui n'en était pas un. Il était malade et pourtant plus lucide que l'aîné. Enfin, ce devait être la première fois depuis le début de la journée... Mais il n'avait pas tort : être aussi proche quand Nao était contagieux, ce n'était pas très judicieux. Seulement... Mikio refusait de laisser Naoki seul. Ce n'était même pas envisageable... Alors, il tenta de le rassurer. Pourtant, cette fois, dans le rôle de la déraison, accompagnant même sa parole d'un geste négatif de la tête, c'était bien le Coréen : « Je préfère rester avec toi, Naoki. Je ne veux plus te laisser, je te l'ai dit. » Il lui avait même promis et Nao lui-même l'avait demandé... Alors le faire basculer sur le côté pour l'abandonner dans un coin du lit avant de quitter la pièce... Non. Ca n'était même pas envisageable.
Une seconde fois, sa tête avait traduit sa volonté de ne pas bouger, tandis que Nao lui semblait vraiment boycotter le mot "malade". Une esquisse qu'il voulu rassurante se posa sur le coin de ses lèvres et il appliqua une très douce caresse sur la joue du plus jeune. « Ca ira », assura-t-il sans pour autant avoir les moyens de l'affirmer. Mais ça irait, ça devait aller. Il devait s'occuper de Nao alors il ne pouvait pas tomber malade, c'est tout.
Et pendant que sa raison jugeait fortement l'argumentation pitoyable de son coeur, ce dernier sursauta à cette main sur son front. Nao prenait sa température ... ? Déstabilisé, il le regarda un peu confus. A rougir comme ça, Nao allait croire qu'il était vraiment fiévreux.... « Ah... Nao... je vais bien, je t’assure… » Il s'inquiétait pour lui... Il était adorable. Alors, tandis que ces doigts mal assurés mais pas moins tendres, dispensaient de douces caresses sur son front à bonne température, Mikio attrapa doucement son autre main pour distribuer des caresses similaires. Un nouveau sourire étira sa bouche et doucement il souffla : «Ca va… » S'il se promit alors naïvement de ne pas tomber malade pour ne pas l'inquiéter, Naoki posa une question plus dérangeante et surtout plus censée.
«  » Il ne pouvait décemment pas mentir, même pour le rassurer. De toute façon, ses yeux s'étaient déjà détournés, trahissant déjà sa réponse. S'il fit finalement non de la tête, timidement, ses doigts serrèrent doucement les siens comme pour lui assurer : « Je prendrais quelque chose... dès que possible, promis. » Mais pas maintenant. Il voulait être raisonnable et faire les choses bien ... mais il était trop faible pour déloger Naoki à cet instant... Mais il prendrait vraiment un médicament dès qu'il se lèverait ! Juré !

Il ne voulait pas faire plus de peine à Naoki. Pas comme maintenant... Il avait bien vu qu'il était incapable de rassurer son cadet sur ce point. Sa réponse, il ne pouvait pas la lui cacher... Il était trop mauvais menteur. Et puis, quel con serait-il à lui mentir quand il prenait la tête à Nao pour que lui arrête ?
C'était juste... qu'il ne pouvait pas cacher son chagrin face à leur éloignement, à la souffrance de son protégé et son incapacité à faire quelque chose... Alors oui, il était triste mais il n'avait en aucun cas souhaité que l'étudiant s'en blâme. Son pardon lui avait enserré le coeur. Ce n'était pas juste... Nao n'avait pas besoin de ça.
Il voulait le rassurer, le prendre dans ses bras, trouver les mots justes... Mais les seules réponses qu'il avait trouvé étaient ce baiser impromptu et quelques paroles qui n'avaient pas toujours l'air d'avoir un sens... Mais au moins, elles étaient toutes des vérités.  
Naoki avait d'abord semblé confus. S'il y avait sûrement des raisons, il semblait toujours l'être quand Mikio lui avouait un peu trop son affection... Oui, donc il avait bien des raisons de l'être. Il nota également une certaine nervosité... allez savoir si les caresses sur sa joue avaient continué pour le calmer.
Mikio avait souhaité le rassurer rapidement à cette première réponse... Non, il ne devait pas se blâmer ce n'était pas le but... « Ce n'est pas grave Naoki… » Ca l'était un peu. Pour sa santé... le coeur du Coréen... Mais maintenant que Mikio avait repris les choses en main, ça irait mieux non ? Il avait voulu lui dire mais la suite avait broyé plus certainement sa poitrine...
Ces efforts... Ceux qui tenaient tant à coeur à son protégé mais qui n'avaient pas été les bons... Le chanteur maltraita un instant sa lèvre, incapable de trouver les bons mots pour le consoler. Son pouce appuya affectueusement sur sa joue comme pour le réconforter, sûrement en vain au vu de l'excuse qui s'échappa à nouveau... « Hey, Yeobu… » Il déglutit et ses caresses s'accentuèrent avec la ferme volonté d'effacer cette peine qui pesait sur le coeur du plus jeune... « Ca va aller maintenant... je te l'ai dis, non ? Je vais t'aider... Tu n'auras plus à faire ça tout seul… » Oui, de tout son coeur, il souhaitait pouvoir montrer désormais le bon chemin à Nao... Il n'aurait plus à endurer des souffrances sans support, Mikio serait là...

Il voulait chasser la douleur et les doutes qui avaient l'air de ronger son protégé à cet instant. Mais lorsque ce dernier parut finir de se débattre avec, de nouvelles excuses fusèrent et une déclaration aussi fiable que celle de ne pas tomber malade en étant aussi proche d'un grippé lui fit froncer les sourcils.
Vite ?
Non. Non, ce n'était pas ce qu'il lui demandait. Bien sûr, il voulait de tout son coeur que Nao retrouve vite la santé. Qu'il guérisse, se repose et retrouve de l'appétit... Mais il était conscient que ça ne se ferait pas en un jour.... Alors, en quelques heures ? Non. Il doutait fortement que ce soit possible... « Mais Nao… » Il avait la grippe. Ce soir, malheureusement, ça n'irait pas mieux. Il en avait sûrement pour quelques jours de fièvre et de maladie... Et pour le reste, ça prendrait aussi un peu de temps... Il n'attendait pas de Nao qu'il se mette une quelconque pression, se force ou pire... fasse semblant. Nerveusement, il avait déglutit et son autre main avait doucement pressé son bras comme pour le temporiser... « Yeobu, tu ne vas pas pouvoir guérir si vite… » Est-ce qu’il en avait au moins seulement conscience ?

Mais le chanteur le laissa tout de même s’exprimer. Patiemment, sa main avait continué d’effleurer sa joue et son regard s’était un instant perdu sur ce jeu qui s’était installé sur son épaule. Quelque chose tracassait Nao et il essayait de lui dire… Parce que Mikio savait que se livrer n’était pas un exercice facile pour son protégé, il ne l’avait pas brusqué et l’avait encouragé silencieusement en caresse apaisantes.
Mais elles s’étaient interrompue un instant. Court instant durant lequel son coeur avait sursauté à l’entente de ces mots… Ils avaient résonné étrangement contre lui. Nao tenait à lui…. beaucoup… vraiment…. Il le savait non ? Il n’en doutait pas, pas vrai ? Alors pourquoi son nez le piquait soudainement ? C’était… C’était juste que…
La gorge bêtement trop nouée, il avait été incapable de formuler une autre réponse qu’un hochement de tête, levant un instant les yeux vers le plafond pour s’assurer qu’ils ne trahissent pas son trouble. C’était sûrement déjà fait. Mais il s’était ordonné de se reprendre parce que, ce n’était pas le moment de flanché. Ca lui faisait plaisir. Ca le rassurait…. Mais c’était à lui de rassurer Naoki maintenant. Oui, il devait lui dire plus clairement qu’il le savait et qu’il n’avait pas à s’en faire. Que s’il ne voulait pas l’inquiéter, il devait faire attention à lui désormais et prendre le temps qu’il faudrait pour guérir… Oui, il s’était dit que c’était un bon discours à tenir…
Mais est-ce qu’il s’était laissé distraire par ces doigts sur son épaule ou bien avait-il juste trop tardé…. quoiqu’il en soit cette seconde question similaire à la première avait de nouveau fait bondir son coeur. Un peu plus fort cette fois, comme s’il s’attendait désespérément à une suite. Et lorsqu’il fit finalement son chemin sur les lèvres de Naoki, le regard du chanteur qui s’était reposé sur lui, se brouilla à l’instar de son vis-à-vis.
C’était les battements affolés de son coeur qu’il entendait dans sa gorge ? Ou un stupide sanglot qu’il avait retenu de toutes ses forces ?
Il n’avait pas faibli. Ou un peu, d’une certaine façon… Sa tête s’était secouée brièvement et seul un « non.. » à peine soufflé s’était échappé de ses lèvres, tandis que sa main s’était resserrée sur sa joue quand l’autre avait mieux pressé son dos. D’une pression, il amena le visage du garçon vers le sien, comblant la distance en une fraction de seconde… si proche que leur souffle se frôlèrent. Mikio ne prit pas le temps de risquer de s’y enivrer et préféra commettre un autre crime irréfléchi… mais moins grave. Là, tandis que sa main n’avait pas lâché le visage de Naoki, il déposa sur le coin de ses lèvres un baiser bref mais pas moins chargé d’une émotion qu’il n’avait su contenir. Il ne laissa cependant pas le temps à Naoki de réagir et l’attira immédiatement contre lui en passant sa main dans ses cheveux pour amener le visage de son cadet dans son cou. Il le serra fort… trop peut-être. L’émotion, ou un moyen d’étouffer la sienne… et cette larme qui avait coulé sur sa joue malgré l’interdiction qu’il s’était donné.
C’était seulement… ces mots… trois mots qu’il avaient désespéré d’entendre depuis des semaines…. trois mots qui avaient rendu ses doigts fébriles et son souffle court. Ses yeux humides et sa gorge serrée… trois mots qui le bouleversaient et pourtant…

« Non… non je n’ai pas oublié…. mais ça me fait du bien de l’entendre… »

Tellement du bien. Mieux que toutes les autres demandes… c’était des mots qu’il souhaitait entendre toute sa vie de la bouche de Naoki… Toute sa vie… par Naoki… Oui, il était sérieusement atteint. Mais tandis que son visage se pressait contre son crâne, son nez respirait son odeur enivrante, il tenta de calmer les battements furieux de sa pompe à sang, en vain. Elle continuait de les répéter en boucle…
Je t’aime… Je t’aime….
Il eut même l’impression que son coeur en avait adopté le rythme.
Depuis combien de temps ? Trop longtemps…. C’était donc ça… ? Cette distance atroce qui les avait séparé… ? Trois mots… trois mots si cruels quand ils n’étaient pas dits… et pourtant, il ne voulait plus que les entendre par cette bouche là. Tout comme la suite qui avait toujours autant d’importance tant elle était réciproque…
Quel crétin il était… Comment il pourrait oublier ce genre de mots quand il était aussi obsédé par Naoki ?
« Moi aussi…. N’en doute jamais…. »
Il lui avait manqué… terriblement manqué… et tandis que ses doigts se resserrés dans ses cheveux en tremblant un peu, il savoura cet instant où il eut l’impression de retrouver celui qu’il aimait tant… sans barrière… sans distance…
Et pourtant, ils n’étaient jamais assez proche.

« Naoki, je… » Non. Il s’était tût, pressant un peu mieux sa tête contre la sienne. Il l’avait gardé comme ça de longues secondes, peut-être même des minutes… avant qu’il ne se décide enfin à le laisser respirer et desserrer son étreinte. Sûrement parce qu’il était désormais certain qu’aucune larme ne trainait sur sa figure. Sa bouche n’avait pas su garder ses distance et elle avait encore embrassé sa tempe, quand sa main, elle, était venu retrouver sa joue avec tendresse. Il ne pouvait pas le remercier… mais ses gestes le faisaient pour lui.
Son sourire avait retrouvé un peu plus d’énergie bien qu’il demeura doux. Ca faisait tellement de bien… il avait envie de l’entendre à nouveau… mais il s’était retenu de réclamer, se contentant de caresser encore le visage de son protégé et préférant user de mots plus sages :

« Prends ton temps pour guérir, bébé… Tu n’as pas besoin de te mettre la pression, d’accord ? Je veillerais sur toi autant de temps qu’il le faudra…»
….
« Nao. »
Il s’était sûrement mordu la lèvre un peu trop fort car le gout du sang s’était répandu dans sa bouche. Il allait devoir arrêter avec ça…. vraiment… !
 
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     Ven 16 Juin - 22:26
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
... Il ne comprenait pas bien. Pour certains, le pire aurait été probablement qu'il ne le faisait même pas exprès. Ces mots, ils étaient bien au-dessus de son niveau de compréhension. Dans ce domaine-là, c'est vrai, le niveau n'était pas très haut mais... lui ? Vraiment lui ? Donner un rêve à Mikio ? Il ne comprenait pas et avec un cerveau abruti par la fatigue et par la fièvre, il ne serait pas étonnant qu'au milieu de ses pensées on retrouve l'idée que le coréen devait confondre avec quelqu'un d'autre, se tromper. Pourtant, de Naoki dans la pièce, il n'y avait que lui.
... lui... il faisait rêver Mikio.
....
Mais comment ?
Même s'il avait joué ce Naoki auquel il avait donné le droit de prendre une pause avant... avant de ne plus jamais respirer, qu'importe comment... ça ne pouvait tout de même pas être lui le responsable de rêves... encore moins pour quelqu'un comme Mikio.
Et ridiculement, ça l'avait troublé au point que sa bouche s'était ouverte sans être capable de formuler la moindre contestation « ... ». Il n'avait pas le droit de toute manière... parce que, comme venait si bien de le souligner son aîné, lui ne mentait pas quand c'était tout l'inverse de celui à qui l'on venait d'affirmer quelque chose d'incompréhensible, d'irréel. Alors, face à cet argument de poids, tout ce qu'il avait pu faire après plusieurs secondes c'était souffler pour répondre à son honnêteté un « Oui... je sais... » mais quand même... lui ? Faire rêver Mikio ? ...

Sans cette étreinte dans laquelle Mikio était en train de l'entraîner, il aurait peut-être poussé la "plaisanterie" jusqu'à baisser le regard vers ses mains comme si des réponses pouvaient se trouver au bout de ses doigts. C'était idiot... oui... mais quand on était persuadé que nos mains ne savaient pas faire de jolies choses, qu'elles ne s'y connaissaient pas plus que le sexe dans ce registre de donner et dans ceux qui lui avaient manqué enfant... ce n'était probablement pas si stupide que l’incompréhension nous trahisse pour baisser nos yeux vers ces choses qui désespéraient d'être vides hier... et désespéraient de retrouver les mains de Mikio aujourd'hui.
Mais plutôt que d'avoir l'air plus pathétique encore, il s'était fait plus sage, puis stupide à nouveau.
Ses bras.
Ses caresses.
Ses baisers.
Sentir son odeur autant que son souffle sur lui.
Oui... il était capable de se laisser mourir de soif simplement pour rester plus longtemps contre son coréen. Mais ce rêve qu'ils lui inventaient à présent... il ne pouvait pas durer toujours... il n'allait pas gâcher une seule seconde de ce que son cœur désespérait de trouver.

L'eau serait toujours sur le chevet après et puis, Mikio ne lui avait pas refusé. Deux points de suite pour tomber d'accord. L'affection plutôt que l'eau et un accord sur les effets de cette première. Même s'il avait été celui à le noter, sa tête s'était hochée doucement contre son aîné. Oui, ça faisait du bien de rêver contre Mikio... plutôt que d'essayer de s'imaginer être dans ses bras dans une chambre d'hôtel, son t-shirt près de lui et des yeux fermés qui ne pourraient pas retenir longtemps l'image d'une proximité qu'il se refusait pourtant dans ces cas-là.
Il essayait si fort de s'endormir en laissant son cœur contre son coréen. Mais quand il se réveillait dans le monde qui vivait au fond de lui... ce n'était toujours que des cauchemars. Son imagination perdait toujours le combat et pourtant, quand il se réveillait, qu'importe son état, elle s'employait à broder le même rêve.
Juste dans leur chambre, proches, c'était suffisant et c'était une image à laquelle il se raccrochait toujours quand son cœur avait trop mal d'avoir été retenu par un monde dans lequel il n'avait jamais battu.
Aujourd'hui, le rêve dépassait de loin le travail de son imagination, il en avait bien conscience.
Ces caresses, il les sentait vraiment sur sa peau. Qu'importe comment il se mettait, il n'avait pas besoin de se raccrocher avec désespoir à un t-shirt pour sentir cette odeur apaisante, elle l'entourait maintenant. Et puis, les battements de son cœur, il n'avait qu'à tendre l'oreille, la coller contre son torse ou chercher son pouls ailleurs pour les entendre sans avoir à tapoter du bout des doigts ce rythme qu'il avait appris par cœur.
Est-ce que je peux faire encore un peu semblant ?
Quelque part, dans les battements d'un cœur plus fatigué, il y aurait sans doute cette question au réveil qu'il tenterait de retarder.
Tant qu'il ne dormait pas... tant qu'il se raccrochait fort à ce moment... il pourrait durer encore... au moins un instant... c'était ce qu'il avait pensé avant de retrouver un peu le monde des responsabilités et de la raison.

« Mais... » c'était tout ce qu'il avait d'abord répondu à la déclaration de son coréen. Rester, avec lui… oui, il en avait envie. Il voulait que Mikio le garde comme ça, contre lui…. Mais s’il venait à partager ses microbes dont il niait l’existence avec lui….
Embêté, ses yeux étaient restés sur son aîné tandis que sa main essayait de déterminer s’il l’avait contaminé en un temps record. Si elle avait été capable de déceler une température anormale, il n’y aurait aucun doute à avoir. Non seulement il n’aurait pas encore été malade mais les rôles se seraient plus nettement inversés. Pourtant, même s’il n’avait pas de microbes de son côté, il se serait excusé de manière illogique de les avoir partagé comme par magie.
Alors se lever, se remettre dans son coin et demander à Mikio de sortir de sa chambre et de le laisser le temps qu’il ne soit réellement plus malade …. « Mais... » pour la deuxième fois, un début de protestation avait franchi sa bouche tandis que son Michan lui assurait se porter bien. Pourtant, il n’avait toujours pas refusé ses caresses et il n’avait pas remis une distance plus sécurisante entre eux. Au contraire, ses doigts s’étaient fait plus doux sur la peau de son aîné tandis qu’une promesse était formulée. Il prendrait quelque chose hein ? Parce qu’il avait promis, il ferait vraiment attention n’est-ce pas ? Ses yeux avaient fouillé dans les siens un instant pour trouver la réponse et puis, enfin, sa tête s’était hochée doucement « Tu dois aller bien toi…. » oui… lui, à choisir, il voulait bien être malade le double si Mikio n’avait rien en échange. Quand il était celui qui ramenait les microbes à la maison c’était normal.

Mais quand en plus il était celui qui par trop d'erreurs n'avait fait que faire de la peine à Mikio... oui, il en avait assez fait. Et pourtant, justement, il avait pensé fournir suffisamment d’efforts ces derniers temps. Il s'était donné tellement de mal pour au final se retrouver aujourd'hui dans cet état. On pouvait toujours faire mieux, toujours faire plus, il avait dû le comprendre depuis le temps non ? Lui qui n'avait jamais entendu de félicitations, pas plus que des encouragements... juste des "recommandations" à donner davantage de son énergie dans ce qu'on attendait de lui.
Alors, s'il prenait le temps d'y réfléchir un peu... oui... il aurait sans doute pu faire mieux. D'autres efforts, plus... il ne savait pas trop mais s'il était malade aujourd'hui, c'était bien de sa faute. S'il causait de la peine à Mikio, il ne pouvait être que le seul à blâmer. Triturant toujours ce t-shirt malgré les mots de réconfort et les caresses sur sa joue, il avait secoué la tête pour répondre silencieusement à l'excuse fournie par son aîné. Evidemment que si, c'était grave.... Embêter Mikio, lui causer du souci, lui faire de la peine... il ne voyait pas comment ça ne pouvait être qu'un rien.
Et pourtant, comme toujours, son coréen se montrait gentil avec lui.
Comment c'était possible que quelqu'un comme Mikio existe ? Bien souvent, il se le demandait. Quelques années en arrière, il n'y aurait pas probablement cru. La magie, ce n'était que dans la tête d'un enfant qui se l'imaginait pour rendre une partie de sa journée moins douloureuse en créant un endroit fabuleux pour se donner l'illusion de respirer un peu.
Mais Mikio....

Pendant quelques secondes, il n'avait rien dit et son regard s'était simplement posé sur lui une nouvelle fois. Dans ses yeux, il y était sans doute encore ce "pourquoi ?" auquel il ne semblait jamais trouver de réponse. Quand dans sa tête, il y avait cette voix pour lui souffler que ce n'était pas permis de l'accepter son aide. Il aurait l'air encore plus pathétique et il avait déjà dépassé de loin le niveau permis.
Pourtant, ses doigts avaient joué un peu plus avec le t-shirt de son coréen et il n'avait rien répondu. Non, lui, il avait préféré parler comme un Naoki qui semblait encore croire en certains miracles. Il ne se sentait peut-être pas bien maintenant mais ce soir ça irait nettement mieux. Ce que d'autres qualifieraient de folie ou d'inconscience, lui l'avait pratiqué pendant des années. Pourquoi cette fois-ci ce serait différent ? Ça ne le serait pas. Tout ce qui comptait, c'était de faire mieux, de se forcer un peu plus, toujours plus pour que ça finisse par passer. Alors la négation de Mikio lui avait fait hocher la tête avant que cette réponse étrange ne franchisse ses lèvres  « Si.... tu verras... » c'était une bien curieuse manière de rassurer son aîné quand ce n'était pourtant pas ce qu'il voulait réellement entendre. Pourquoi il voulait le convaincre d'une chose impossible ?
Ça ne l'était pas. Ça ne l'était vraiment pas. Il y arriverait et ce serait déjà ça en moins. Il pourrait avoir l'air moins pathétique et le Naoki de d'habitude parviendrait à soulager une partie de la peine du coréen... tout en se protégeant... c'est vrai.... Et si on tenait compte de son état maintenant, de son attitude, il serait préférable de guérir dans l'heure ... « Je peux.... » il l'avait déjà fait, oui... mais les conditions à l'époque n'étaient pas les mêmes. A continuer là-dedans, il se condamnait à se fatiguer... parce que de moments de repos, des pauses où il n'était plus obligé de tenir autant le masque, il n'en n'avait pas... même s'il se faisait suffisamment violence, Mikio ne le laisserait jamais fuguer à l'hôtel aujourd'hui ... « ... vraiment... tu verras... » alors il pouvait s'obstiner, il pouvait même y croire mais son calcul ne serait jamais correct.

Il était peut-être assez doué pour se mentir aussi mais s'il y avait une chose sur laquelle il était incapable de le faire c'était sur ce qu'il avait tu depuis trop de jours. C'était une sensation étrange dans son coeur... céder finalement et laisser sortir des mots qu'il retenait parfois avec trop de raison, trop de violence…. Serré d'une manière différente, angoissé à l'idée qu'on l'en prive mais comme prêt à lâcher une partie d'un poids qu'il ne pouvait plus supporter. Cette épaule qu'il avait tant trituré au travers d'un t-shirt, il ne l'avait pas épargné et ses doigts avaient tiré un peu sur le vêtement pour s'accrocher, se retenir, quand ses lèvres avaient enfin cédé. Il ne s'était même pas rendu compte que son souffle avait tremblé quand il avait inspiré. Un instant encore, son regard était resté sur le visage de son aîné mais il n'avait pas eu le temps d'en voir plus. Tandis que son cœur se déchargeait enfin d'un poids qu'il devait pourtant garder autant que les autres, alors qu'il sentait que ses yeux le menaçaient d'abandonner un peu plus de faiblesse, il s'était laissé attirer contre son coréen sans avoir le temps de réagir. Une seconde, c'était le temps qu'il avait eu pour être surpris.
Combien de temps son cœur s'était arrêté, en revanche, il n'en savait rien. Peut-être deux secondes, ou quatre... combien de battements exactement il avait loupé avant de se mettre à tambouriner si fort dans sa poitrine ? Ça aussi il l'ignorait. Mais il avait le sentiment de les sentir à présent dans le cou contre lequel il était retenu.
Pourtant, ce n'était pas vers ses battements que sa main s'était portée mais vers ses lèvres, ce coin qu'il avait effleuré du bout des doigts

« ... » Mikio avait parlé mais lui n'avait rien dit. Ses doigts avaient cherché les traces de ce baiser et son cœur avait répondu d'un battement plus fort comme s'il en réclamait un autre.
Et puis cette étreinte... son front s'était pressé un peu plus contre son cou, poussant doucement comme pour demander à être serré plus fort quand cette étreinte avait déjà tous les bons ingrédients pour se sentir étouffé dans des bras trop parfaits pour ne pas maltraiter son cœur ... mais d'une manière... c'était indéfinissable, ce que Mikio savait faire dans son cœur. Il avait commencé par le faire battre et maintenant... il essayait de lui faire repousser ses limites sans aucune forme d'entraînement. Et dans son esprit embrumé, dans ses pensées étranges, il s'était demandé à nouveau s'il était permis pour cette chose fragile dans sa poitrine de battre aussi fort.
... il avait pensé que ce n'était pas grave, et il s'était un peu mieux collé contre son aîné, appelant un peu plus des bras dans le silence. Ses doigts n'avaient quitté le coin de ses lèvres que de brèves secondes pour permettre à sa main de passer rapidement sur sa joue sans être certain que des larmes se soient échappées de ses yeux.
Et puis ses doigts avaient cherché à nouveau cette douceur... cet amour posé à cet endroit-là... son cœur avait persisté. Cette tentative de retenir une marque qu'il aurait voulu indélébile, il ne l'avait arrêté que pour laisser son nez chatouiller un peu ce cou et sa main le caresser doucement de l'autre côté. Il n'avait pas compté les secondes de cette étreinte mais il avait souhaité qu'elles se transforment en minutes, puis en heures.

En vérité, il serait resté là toute la vie à profiter de ces bras, ces caresses, de toutes ces choses si particulières et indéfinissables qu'il ressentait quand Mikio le serrait si fort contre lui. Oui, il aurait pu rester ici sans fin... mais il n'avait pas besoin de l'avouer quand les bras qui s'étaient desserrés lui avaient fait presser l'épaule du coréen d'une main, réclamant manifestement une prolongation. Il n'aurait probablement pas eu le culot de protester et pourtant sa tête s'était reculée juste assez pour pouvoir poser les yeux sur le visage de son aîné... et puis sur son sourire où ils s'étaient perdus. De son épaule, ses doigts avaient glissé jusqu'aux lèvres du chanteur. Mais ce manège n'avait duré que quelques secondes. En pleine caresse, ils s'étaient stoppés pour laisser le si beau sourire former des mots. Et puis « ... » il ne savait pas trop. Ses doigts étaient restés figés quelques secondes de plus au-dessus de ces lèvres et puis son regard s'était relevé plus haut sur ce visage « ... » et il n'avait toujours rien dit « ... » il avait bien entendu un surnom auquel il était plus habitué ensuite mais il n'avait probablement pas fait vraiment attention au contenu de la phrase précédente. A part ce mot... c'était tout ce qu'il avait entendu.
Et contre sa poitrine... à nouveau ces sons si étranges... peut-être que ça s'exprimait trop là-dedans pour qu'il en soit capable à voix haute.
Bébé...
Il ne l'avait pas rêvé hein ?
Non... c'était impossible que son imagination soit capable d'accélérer autant le rythme de son cœur, de le troubler pour le rendre à ce point irrégulier.

« ... » bêtement, et toujours sans sortir de son silence, il avait regardé Mikio encore de longues secondes avant de se décoller légèrement pour que la main qui se trouvait avant sur une hanche attrape une couverture et la ramène sur eux. Sans la retenir. Il l'avait abandonnée au profit de cette hanche, directement de cette hanche, bravant cette fois le vêtement pour venir caresser la peau de son coréen. Et des caresses, malgré sa faiblesse, il lui en avait fait tellement. Sa joue avait cherché à mieux se caler tandis que son corps entier appelait à rester contre lui, le plus proche possible. Et puis, sans pitié, il l'avait soufflé « Tu l'as redis... » et pour sa guérison éclair ? Cette partie de la phrase, son cerveau l'avait clairement zappé au profit d'un surnom...
« ... et ça fait toujours... » Sa main libre, entre leurs deux corps, était venue se poser contre son coeur. Oui, ça devait semblait tellement incroyable pour lui à en juger par l'intonation de sa voix « ... si fort... » un coeur battait... c'était normal... mais le sien normalement... et puis autant... de cette manière... « ... et puis... j'ai eu un sourire spécial aussi... » unique oui... et si tous ceux de Mikio l'étaient, celui-là avait vraiment quelque chose en plus. Il ressemblait plus au Mikio qu'il voulait toujours voir, c'est vrai. Mais... il y avait quelque chose dedans... c'était un peu... comme un cadeau, comme si ce sourire était pour lui... quelque chose qu'il pourrait garder.
A cette idée un peu folle, sa main s'était pressée un instant sur sa peau pour se coller davantage quand l'opération semblait pourtant impossible. Sa phrase s'était terminée sur la reprise de ses caresses « ... alors, c'est vraiment fort.... » oui, fort au point que sa main n'avait toujours pas bougé de ses battements étranges malgré la tentation de venir chercher à nouveau les traces d'un baiser. D'amour, il avait été trop marqué d'un coup. C'était perturbant, tout était embrouillé maintenant, et tout ce qu'il avait été capable de faire c'était de tourner la tête pour étudier un instant le cou du coréen. Un instant avant que ses lèvres ne s'y déposent brièvement dans une imprudence qu'il n'avait pas su contrôler. Et s'il s'était recalé sagement, ses yeux n'en n'étaient pas moins restés perdus sur la peau que ses lèvres auraient souhaité goûter davantage.

Malgré la tâche qui semblait impossible, sa main avait persisté à tenter de compter des battements, ce rythme qu'il ne parvenait pas à suivre n'avait pas empêché à son autre main de poursuivre à câliner cette hanche. Et au milieu de cette tendresse qu'il se laissait aller à donner, c'était peut-être sa voix qui avait trahi d'un souffle l'un des mots qu'il pensait un peu trop depuis plusieurs minutes « ...dugum...». Est-ce que ça aurait été pire s'il avait répété l'autre ? Si tout haut il avait soufflé "bébé" ?
... Il préférait l'entendre d'une autre voix... d'une seule voix... avec celle de Mikio, il était si beau ce mot....



 
Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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