Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Lun 3 Avr - 22:11
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Du sang. Tout ce qu'il voyait c'était ce sang sur ses mains. Sur ce dessin. Il y en avait tellement. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Tout ce qu'il voulait, c'était faire un joli dessin à Michan. Un qu'il aimerait vraiment et pour lequel il aurait le droit à un sourire, à un air fier et à un ébouriffage de cheveux affectueux. Il s'était déjà vu lui offrir. Il s'était beaucoup appliqué pour ça parce qu'il voulait vraiment lui faire plaisir.
Alors pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'il n'était pas capable de faire quelque chose de bien ? Pourquoi est-ce qu'il cassait toujours tout ? Même les choses qui lui étaient le plus cher... même la personne qui comptait le plus dans son coeur.
Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas faire de mal à Mikio... alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il l'avait cassé quand la seule chose qu'il souhaitait faire c'était être responsable de ses sourires.
Oui, ça faisait vraiment mal d'être la cause des souffrances de la personne qu'on aimait le plus. Bien plus que les coups. Il ne les sentait même pas. Son père pouvait bien le frapper encore et encore, il ne voyait rien de plus que ce sang.
Il voulait Michan maintenant. Il voulait être dans ses bras. S'entendre dire que c'était juste un affreux cauchemar et que rien de tout ceci n'était vrai. Se laisser réconforter et oublier à nouveau qu'il ne méritait pas de l'être...

Mais ce sang était bien là, sur ses mains. Et la seule personne ici avec lui était celle qui avait toujours tout contrôlé dans sa vie.
Il n'y avait pas de Mikio.
Il n'y avait pas de jolie chanson. De beau dessin. De cerf-volant qui volerait très haut dans le ciel.
Ce rêve là n'existait pas.
L'avait-il oublié ?
Qu'il ne rêvait jamais....
Pendant les premières secondes où son rêve lui avait échappé, il avait probablement trouvé ça injuste... parce que peut-être que si on le laissait faire, il serait doué pour ça. Il avait tellement d'idées. Toutes avec lui. Mikio.

Il l'entendait bien la voix de son père. Les coups étaient bien là, quelque part. Il en porterait toujours les marques. Et clairement, pour ce sang sur ses mains, il en méritait le double.
Mais ça lui avait pris du temps pour réaliser que les seules mains qu'il était capable de voir désormais n'étaient plus si petites qu'avant. ça lui avait pris du temps pour réaliser que non, son père n'était plus là, il n'était plus dans sa chambre... ou plutôt, si... il y était.
C'était comme s'il n'était plus capable de discerner autre chose que le mal qu'il faisait. Il se sentait bien trembler. Ses poumons lui brûlaient et il avait bien conscience que les remplir d'air était une épreuve à chaque souffle quand il était capable de le prendre. Oui, il lui semblait bien que sa voix s'était faite entendre pour se plaindre de gémissements... à moins que ce ne soit un sanglot. Mais ce qu'il ressentait le mieux, c'était sa peine pour le mal causé à Mikio. Tout ce qu'il avait l'impression de voir, c'était ce sang.

ça avait peut-être duré quelques secondes, un peu plus, mais pendant un moment, il avait été éveillé sans l'être véritablement. Il n'entendait rien d'autres que les battements douloureux de son coeur qui s'affolait contre sa poitrine.
Et plutôt que de trouver ça étrange, il avait pensé que puisque la seule personne qu'il avait envie de voir maintenant il l'avait effacé, il ne verrait plus que son absence à présent. Ce vide qu'il ressentait. Ce trou dans sa poitrine. La culpabilité. Et cette peur... cette peur que tous les souvenirs s'effacent.
Que son sourire disparaisse à jamais de sa mémoire.
Que son imagination ne soit plus capable de retrouver son odeur.
Que son rire ne résonne plus jamais dans ses oreilles.
Sa voix. Il allait oublier sa voix aussi ?
Alors, d'abord incapable de constater qu'il n'était plus dans ce monde si sombre, il avait paniqué davantage, il avait pleuré davantage et il avait eu encore plus mal.

Pourtant, la voix de Mikio, elle n'était pas ici ? Avec lui ? Dans cette chambre ?
C'était comme si quelqu'un avait rallumé une lumière trop faible. Le doute était passé dans son regard et il n'avait plus été entièrement aveugle. Ce n'était plus tout noir. Il y avait une lueur, quelque chose qui était venue éclairer l'endroit où il se trouvait et ce n'était pas là où il était supposé être.
... ou peut-être que si ?
Incapable de sortir le moindre son hormis une plainte ou un sanglot, sa voix n'avait pas été capable de se faire entendre pour demander où il se trouvait maintenant.
Bêtement, l'une de ses mains tremblantes s'était tendue pour se saisir de... il ne savait pas trop quoi.... Quelque chose. Il devait bien rester quelque chose. Sa main avait effleuré un t-shirt, la seconde suivante elle s'y resserrait. Pourtant, dans le fond, il s'en doutait bien qu'il ne pouvait pas s'accrocher à la seule personne qu'il avait envie de voir maintenant. Parce que son Michan n'était plus là alors...

... qui d'autre le serrait si fort contre lui maintenant dans ce cas ?
Combien d'efforts est-ce que ça lui avait pris pour se concentrer, tenter de discerner mieux ce monde dans lequel il se trouvait désormais ? Beaucoup trop...
Parce qu'il avait sombré trop loin, retrouver un peu de lumière semblait maintenant impossible. Pourtant, avant même de retrouver cette odeur, sa voix avait été capable de produire un son trop faible, un appel qui ne trouverait pas de réponse... il n'était pas là alors pourquoi perdre le souffle qu'il n'avait pas à l'appeler ?
« Michan ?» est-ce que sa voix était seulement sortie de manière audible ? Il n'en savait rien. Mais ces bras avaient cherché à le ramener davantage vers la lumière et puis... il avait retrouvé cette odeur qu'il pensait déjà avoir oublié.
ça ne pouvait pas être Michan... ce n'était qu'une illusion.
Alors pourquoi sa seconde main avait imité sa jumelle pour se serrer sur ce t-shirt, contre une autre hanche, avec autant de désespoir ?
C'était lui. Il voulait que ce soit lui. Il donnerait tout maintenant pour ne pas rêver et pour le retrouver.

Et puis il y avait eu cette voix dans son oreille.
Il n'avait rien pu y faire. Malgré sa respiration qui lui échappait complètement, malgré ses poumons qui lui brûlaient de plus en plus, il avait inondé ce cou de larmes qu'il n'avait pas la force de retenir.
C'était vraiment Mikio maintenant ?
Est-ce qu'une illusion pouvait vous serrer aussi fort dans ses bras ? Est-ce qu'une voix pouvait être aussi fidèle et une odeur aussi douce que celle de ses souvenirs ?
Ou alors... est-ce qu'on faisait preuve d'un peu de clémence avec lui ? On exauçait pour la deuxième fois de sa vie l'un de ses voeux... on lui permettait de partir dans les bras de la personne qui comptait le plus pour lui... celle à qui il avait donné son coeur.
Il l'accepterait si c'était ça. Égoïstement. Parce qu'il ne le méritait probablement pas après tout le mal qu'il avait dû lui faire...

« Est-ce que... » ça ne servait à rien, il n'était pas capable de parler clairement maintenant. Il ne faisait que suffoquer et chaque mot qu'il tenterait de prononcer ne ferait que lui brûler un peu plus les poumons « Est-ce que... » mais s'il hallucinait... il devait... « ... ça fait... mal ? » ... c'était stupide... il aurait mieux fait de gaspiller ses forces à lui demander pardon, même s'il ne le méritait pas. Evidemment que ça faisait mal... il faisait toujours mal alors ça ne pouvait pas être différent cette fois sous prétexte qu'il l'aimait si fort.
Mais peut-être qu'il lui restait assez de souffle pour quelque chose de plus utile.
Pour lui demander de le retenir, fort, comme il le faisait maintenant...
« Me... laisse...plus... » c'était pourtant lui qui l'avait fait partir... « T'avais promis... alors... me laisse... plus... »
... si Mikio le serrait fort dans ses bras comme il le faisait maintenant, peut-être qu'ils ne se quitteraient plus.
Il ne se réveillerait plus jamais mais il dormirait pour toujours dans les bras de Mikio. ça lui plaisait. Oui, ça c'était un souhait qu'il avait le droit de faire non ? Qu'il l'ait mérité ou non, tout le monde s'en moquerait bien s'il partait emprisonné dans le seul endroit où il se serait senti capable de saisir au moins une partie de cette définition du bonheur. Quelle importance s'il n'existait plus de lui accorder le droit de rester pour toujours dans ses bras ?


   
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     Ven 7 Avr - 23:11

just a spoonful of sugar
Naomi

C'était tellement injuste. Pourquoi ça ne s'arrêtait pas ?
C'était depuis cette nuit-là...
C'était déjà arrivé avant. Un sursaut, un tressaillement, ou Naoki quittait tout simplement le lit au beau milieu de la nuit. Quelques minutes pas plus, il s'éclipsait dans la salle de bain. Mikio entendait l'eau couler et son cadet finissait par revenir peu après pour se recoucher près de lui. Il n'avait pas vraiment le temps de s'inquiéter pour Nao... Parce qu'ils n'étaient pas encore assez proches ? Il n'y avait juste pas de peur, de panique, de respiration affolée ou de gémissement douloureux. Dans ces moments-là, Mikio venait naturellement se resserrer contre lui et tout semblait rentrer dans l'ordre. Très vite. Le lendemain, ils n'en reparlaient pas. Parce que ce n'était pas si fréquent ou marquant que cela... tout le monde faisait des cauchemars n'est-ce pas ?
Mais il y avait eut ce soir-là. Il suffisait que Mikio fouille dans ses souvenirs et il se rappelait alors de cette nuit, la veille de leur départ pour l'Italie. Naoki était rentré tard, trop pour une veille de départ. Quelque chose n'allait pas et ils s'étaient disputés. Et puis, il y avait eu ce cauchemar. Cet appel dans le noir, cette détresse dans sa voix, ses tremblements et ce souffle qui le quittait... Et ça avait continué. Les démons de ses rêves s'étaient montré insatiables, harcelant Naoki un temps trop long que Mikio avait trouvé insoutenable. Pourquoi ? Sa réponse, il en était certain, il la trouverait dans cette chose que Nao lui avait caché cette nuit-là... Aujourd'hui encore, c'était la même chose qui poursuivait le garçon.
Même s'ils étaient devenus plus rares. Voire absents.... Mais ce qu'il avait pris, ou voulu prendre comme un problème qui avait semblé s'apaiser... ne s'était en fait jamais arrêté. Ca s'était même sûrement envenimé... A l’abri de son regard.
C'était si évident maintenant... Nao lui avait caché que ses cauchemars avaient continué... Et s'il semblait si terrorisé à l'idée de dormir, c'était parce qu'il les savait systématiques. Naoki ne dormait plus. Il avait peur.... Il s'épuisait....
Et comme le chanteur l'avait finalement toujours été, il s'en rendait compte, Mikio était totalement désarmé. Impuissant face à une menace qu'il ne pouvait pas atteindre de ses mains, contraint d'étouffer un songe obstinément accroché à son protégé et qu'il ne voyait pas....

Parce qu'à cet instant il avait beau essayer, le serrer, lui parler, le secouer... rien ne semblait marcher. Nao pleurait, Nao souffrait, Nao suffoquait.... Et s'il avait semblé croiser son regard pour s'assurer qu'il était bien réveillé, il n'en était plus aussi sûr quand ses yeux, lorsqu'ils n'étaient pas fermés ou noyés de larmes, ne reflétaient rien d'autre qu'un gouffre noir affreusement angoissant... Etait-ce là que Naoki s'était perdu ? Comment était-il supposé l'y chercher... ou même tendre la main si Nao ne la voyait pas ?
Et pourtant, entre deux énièmes suppliques de son aîné, lui priant d'écouter sa voix s'il ne pouvait pas le voir... il y eut cette petite main, tremblante, effrayée qui s'agrippa au t-shirt de Mikio. Cette main très mal assurée qui semblait chercher.... lui ? Nao le cherchait-il ? En tout cas, c'était de toutes ses maigres forces qu'il avait serré son vêtement, qu'il s'était accroché à lui... et parmi cette cascade de plainte et de sanglot, un son se détacha finalement. Un appel, faible, mais distinct, du moins assez pour frapper celui à qui il était adressé en plein coeur.
Pourquoi ? Pourquoi dans cette voix sonnait l'incertitude de ne pas rencontrer de réponse ? Pourquoi Naoki semblait peiner à croire que celui qui le serrait était bel et bien celui qu'il cherchait ?
Alors par réflexe, ses mains à lui s'étaient faites plus pressantes autour de ce corps qu'il serrait avec probablement autant de désespoir que Nao se tenait à lui...

« Oui... C'est moi, je suis là bébé... »

Il ne s'en était même pas rendu compte. C'était encore ce gosse qu'il serrait, il n'avait pas réfléchit, c'était les premiers mots qui avaient franchis ses lèvres. Toute sa concentration était mise dans cette étreinte déchirante, et les seules pensées qui le traversaient étaient des plaintes révoltées contre ce cauchemar qui semblait toujours le retenir.... De quoi rêvait Nao ? Qu'est-ce qui l'avait agrippé à ce point pour qu'il lutte autant à retrouver la réalité ? La fièvre, elle n'aidait probablement pas... pour autant, il était conscient qu'elle n'expliquait pas toute cette souffrance et une crise qu'il avait déjà pu voir auparavant même si elles n'avaient jamais été aussi violentes.... Mikio se sentait tellement désemparé. Que pouvait-il faire à part continuer ce manège qui semblait terriblement vain ?
Pourtant, loin d'abandonner, Mikio avait répété les mêmes mots en allant trouver une main sur sa hanche pour la serrer dans la sienne, puis plus fortement en y mêlant ses doigts. Elle était gelée. Tellement qu'un frisson glaçant avait remonté le long de son échine.

« Je suis là Naoki... je te tiens, tu vois ? Je te tiens.... tout va bien... »

Non. Tout n'allait pas bien, clairement. Mikio n'avait jamais senti Naoki aussi mal et lui-même ne s'était jamais senti aussi mal en le tenant dans ses bras. Son coeur était impitoyablement serré, recroquevillé dans un coin de sa cage thoracique et chaque battement était une souffrance, faisant directement écho à chaque sanglot plus déchirant les uns que les autres....  Et il lui sembla qu'ils s’intensifièrent, par ces plaintes plus saccadés et ces larmes qui pleuvaient désormais dans son cou. Et parce que cette question semblait déterminer sa vie depuis qu'il la partageait avec Naoki, elle martela son crâne et sa poitrine impitoyablement.
Pourquoi ?
Pourquoi Nao souffrait autant ? Pourquoi avait-il aussi mal ?
Si mal que Mikio avait l'impression de ressentir toute sa souffrance... Il en crevait tellement de le voir comme ça que sa main se crispa dans ses cheveux et sa tête rencontra la sienne, prostrée, avant qu'un murmure tremblant ne lui échappe, trahissant une culpabilité qu'il n'était pas censé ressentir : « Excuse moi Nao... Je suis désolé.... Yeobu... Calme toi, je t'en prie.... » C'était idiot. Ce n'était pas de sa faute si Nao avait fait un cauchemar.... Mais il l'avait forcé à dormir et les supplications de Naoki lui revenaient en tête.... et son coeur se broya un peu plus. Il savait au fond que toute la douleur qu'il ressentait ne devait être qu'un misérable quart de ce que ce gosse subissait en vérité... Mais ce n'était pas de l'avoir envoyé dans les griffes de ses songes qui lui faisait le plus de mal.... C'était d'être forcer de l'y renvoyer plus tard. Bien sûr, il ne voulait pas que Nao se retrouve dans le même état. Lui ne voulait plus entendre son propre coeur hurler de cette façon.... Mais il n'avait pas le choix. Ils étaient dans une impasse... une impasse si injuste qu'il manqua de flancher lui aussi tandis que des picotements au niveau de son nez vint s'ajouter à cette compression insoutenable dans sa poitrine.
Il se força néanmoins à rester calme, s'interdit sévèrement de craquer... et se répéta plusieurs fois ces mêmes-mots qu'il disait à Naoki. Il devait continuer à parler... Nao devait se concentrer sur sa voix.... Et lui, il ne pouvait pas faiblir une seconde. Pour lui. Il devait être fort.... Cette peine, aussi lourde soit-elle, il devait l'encaisser et l'endurer... « Ca va aller.... ça va... »

Ca le devait en tout cas... Parce que la souffrance était physique. Naoki s'étouffait. Mikio avait l'impression que chaque inspiration, quand il y parvenait, était une torture... Il allait s'épuiser. Non, il l'était déjà... c'était probablement pour ça qu'il ne parvenait pas à se tirer de son rêve. Cependant, dans sa lutte, le cadet réitéra sa tentative pour s'exprimer... Mais le combat parut si pénible que Mikio souhaita l'en épargner en le serrant plus fort et en lui soufflant : « Sssht.... Doucement Nao.... Te force pas... c'est rien... » Il n'avait pas à essayer pour souffrir.... Quoiqu'il ait à dire, il devait se calmer d'abord. Il ne devait pas se faire plus de ...
... mal ?
Malgré une bataille dès plus éprouvante, l'étudiant parvint à articuler une question qui fit écarquiller les yeux de son aîné. Ce dernier marqua une pause, décontenancé, incertain du sens de cette question... « Quoi .. ? Nao, je... » De quoi Nao parlait ? Ce n'était pas lui qui avait mal... Enfin si, clairement, il avait mal à en crever mais uniquement parce qu'il ne supportait pas de voir son protégé souffrir autant.... Cette question semblait si irréelle, tout droit sortie du songe de Nao si bien que...
Etait-il possible que.... ?
« Non.... » Aussitôt, il avait craché tout aussi péniblement cette réponse en serrant Naoki plus fort. « Non, Nao, je n'ai pas mal, je vais bien... » C'était faux bien sûr, un mensonge tellement gros que paradoxalement, Mikio voulait le croire pour que Nao l'entende.... Il allait bien... Il allait bien...
Mais toi....

Toi, tu souffres ... c'est injuste.... injuste....

Plus injuste encore que cette nouvelle supplication qui en plus de confirmer ce qu'il craignait, lui arracha si fort le coeur qu'il en eut le souffle coupé une trop longue seconde. Le laisser... lui... A quel point ce rêve avait-il été cruel ? C'était pour ça que Nao semblait s'accrocher si fort à lui....
Dans un autre contexte, probablement que Mikio aurait été heureux d'entendre ces mots.... Mais à cet instant, il avait bien trop de rancœur envers cette chose immatériel et intouchable qu'était les rêves... si horrible, abominable...
Quel genre d'image lui avait-on montré ? Quel mensonge lui avait fait autant de mal ?
Il lui avait promis. Il lui avait promis plus d'une fois... ne jamais le laisser ou l'abandonner. L'aimer toujours. Etre à ses côtés.... Comment un rêve osait-il le faire mentir ?? Comment ces démons osaient-ils se servir de lui pour faire mal à sa moitié ??! Ignoble, impardonnable...
Mikio ne brisait jamais une promesse.... et certainement pas celle-là.

« N-Nao.... ce n'est pas vrai, je ne t'ai pas laissé.... Je n'ai même pas bougé de là.... je te promets, je suis là... »

Il se fit violence pour bouger et déplacer doucement le garçon, avec la même précaution que s'il manipulait un bébé. Faisant attention à le garder contre lui, à l'abri dans ses bras, sa main vint chercher son visage pour l'inciter à relever la tête afin qu'il rencontre de nouveau ce regard brouillé par ce rideau opaque qui semblait le séparer de la réalité. « Regarde moi Nao... tu vois, je suis là... C'est moi, je ne t'ai pas laissé... Je te l'ai promis, je t'ai pas menti.... » Son pouce se pressa sur sa joue qu'il caressa, bravant les larmes qui chassa dans un geste geste bref et futile. Si constater plus certainement l'état de son cadet sur son visage marqué par la douleur et la peur lui avait serré plus fort le cœur, lui n'avait pas pensé qu'il exposait également le sien, tout aussi défait par la panique et l'angoisse. « Je t'ai bercé, tu t'es endormi dans mes bras.... tu te souviens ? » Lentement, sa main glissa sur sa joue pour flatter ensuite son cou puis sa nuque afin de l'attirer de nouveau contre lui, faisant de son mieux pour reprendre ses caresses et un ton qu'il voulait doux et rassurant. « On est toujours dans ta chambre... on a pas bougé toi et moi.... Umberto est là aussi... » Leur fils qui n'avait bien sûr pas perdu une miette de la scène pleurait doucement près de lui, piaffant des deux pattes avant, plus inquiet que jamais pour son papa bien aimé. « Tout va  bien.... t'as rien à craindre Nao, je suis là... Je ne te lâche toujours pas... promis.... » Sa main remonta un court instant pour lui permettre de déposer un baiser sur son front. Ses lèvres s'y apposèrent de longues secondes et peut-être qu'il s'y perdit lui-même avec le vain espoir de chasser ce cauchemar de sa tête... « C'est fini... c'était qu'un mauvais rêve.... »

Sa voix n'était plus qu'un murmure, presque recouvert par le nouveau pignement d'Umberto qui se fraya un passage près de ses deux papas où son museau frotta l'avant-bras de Naoki avant qu'il ne cherche à laper cette main accrochée à la hanche du plus vieux.... Ils n'étaient certainement pas trop de deux pour essayer de calmer les pleurs d'un enfant apeuré...   
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     Sam 8 Avr - 22:00
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Un beau dessin. C'était tout ce qu'il avait voulu faire à la base. Tetsuo voulait aller jouer dehors mais il avait répondu que d'abord il voulait dessiner quelque chose. Et sur cette feuille blanche, il avait commencé à mettre beaucoup de couleurs. Parce que son sujet central était Mikio, il avait pensé que ça ne pouvait être qu'un beau dessin. Et parce qu'il ne voyait jamais que lui, il n'avait choisi que des couleurs lumineuses. Il le trouvait tellement éblouissant son aîné. Il pouvait se trouver dans l'obscurité la plus complète, il serait tout de même capable de l'éclairer. Il n'y avait aucune noirceur qui n'était capable de lui résister.
Aucune... à part peut-être la sienne.
Parce que toutes ces jolies couleurs qu'il avait pensé choisir, toutes étaient devenues ce rouge sang qu'il avait retrouvées sur ses mains.
C'était lui. C'était de sa faute. Son père avait raison. Il ne comprenait jamais. Il s'obstinait à casser les choses alors qu'il avait conscience de ne rien savoir faire de bien de ses mains. Tout ce qu'elles savaient faire, c'était du mal aux autres.

Alors pourquoi est-ce qu'il s'était obstiné ?
Il n'en savait rien... en plus d'éclairer l'obscurité, Mikio avait d'autres talents qui faisaient qu'aujourd'hui encore il s'était obstiné de son côté. Le coréen était parvenu à le persuader que tout irait bien et il l'avait cru. Parce que tant qu'il se trouvait près de lui, les choses n'étaient plus aussi sombres. Il se sentait si bien dans ses bras.
Et maintenant, est-ce qu'il s'y trouvait vraiment ?
Cette voix qui lui parvenait et dans laquelle sa peine n'avait pas su déceler correctement un surnom qui l'aurait pourtant renvoyé à la réalité, est-ce que c'était bien celle de Mikio ?
Cette main qui serrait la sienne... est-ce que s'il s'y raccrochait, il ne serait jamais séparé de lui ?
Ce n'était qu'une illusion et pourtant... pourtant, sa main s'était serrée plus fort sur ce t-shirt à ce contact. Qu'importe si son coeur lui jouait des tours en ayant la clémence de lui amener la seule personne qu'il désirait pour dernière vision... il ne voulait pas s'en séparer.

Et l'illusion était si parfaite.
Cette odeur dans laquelle il tentait de se noyer malgré ses larmes et son souffle douloureux.
Cette voix qui essayait de l'atteindre avec des mots rassurants.
La chaleur que dégageait cette peau contre laquelle il cherchait à se coller.
C'était Mikio. Exactement comme il s'en souvenait. Tout ce qu'il avait à faire maintenant c'était arrêter de se battre pour retrouver sa respiration. Stopper ses efforts, se moquer des tremblements, fermer les yeux et abandonner le combat pour peut-être trouver une douceur qui ne s'arrêterait jamais.
Qu'il le mérite ou non, il avait envie de le prendre ce dernier cadeau. Oui, il le savait, il n'avait jamais été capable de résister à Mikio. Parce qu'il l'aimait tellement, il ne savait jamais faire autrement que de s'y accrocher au final. S'il avait été un peu plus fort, il aurait pu lui épargner ce mal qu'il venait encore de lui causer maintenant. Ce mal pour lequel il aurait dû s'excuser plutôt que de poser cette question stupide à la réponse évidente.

« ... » une réponse que ses oreilles avaient pourtant cru mal entendre. Mikio n'avait pas mal ? Vraiment pas mal ? Pourtant... il avait....
Entre réalités et hallucinations, il ne savait plus tellement. Et ce souffle qu'il peinait à prendre l'empêchait clairement de poser les bonnes questions.
Fronçant légèrement les sourcils, il avait tenté une nouvelle fois de remplir ses poumons malgré l'inutilité du combat. Sous la douleur qu'il ressentait dans ses poumons, sa main s'était serrée davantage à ce t-shirt et il s'était plaint bien inutilement avant de s'obstiner à user de l'air qu'il n'avait pas. Sa bouche s'était ouverte et elle avait fourni des efforts de longues secondes avant d'être capable de formuler des sons... deux simples mots pour lesquels il s'était tant battu « Tu promets ? » peut-être... peut-être que le rêve... c'était avant qu'il le faisait... peut-être qu'il pouvait se permettre de croire que c'était maintenant que Mikio était bien là...

Peut-être qu'il ne l'avait pas laissé...
Mikio ne l'avait pas laissé. C'était lui qui... tout ça, c'était de sa faute. Parce qu'il en avait trop besoin dans sa vie, il s'y était accroché désespérément. Parce qu'il n'avait pas trouvé la force de l'éloigner pour le protéger, il avait fini par faire ce qu'il faisait toujours. Pourtant, il ne voulait pas l’abîmer. C'était bien la dernière chose qu'il souhaitait. Lui, ce qu'il aurait aimé par dessus tout, c'est savoir le rendre heureux. Il aurait adoré être cette personne désignée à en prendre soin pour toujours. Savoir qu'il pouvait être responsable de ces sourires qu'il aimait tant chaque jour... c'était la vie dont il aurait rêvé depuis toujours s'il avait eu la certitude qu'une personne comme Mikio existait quelque part....
Ce rêve était trop ambitieux pour lui mais... il l'aimait tellement....
Dans un gémissement, il avait protesté en sentant son visage se décoller de ce cou. Sans force, il avait même tenté d'y rester quelques secondes de plus avant de ne pas avoir d'autres choix que d'être éloigné un peu de cette odeur que son souffle s'obstinait à chercher malgré les difficultés actuelles.

C'était toujours bien trop flou...
... mais ce visage qu'il avait été forcé de regarder, il avait été capable d'en discerner quelques traits et son souffle s'en était stoppé complètement pour de longues secondes.
Les mots que ses oreilles avaient été capables de déchiffrer, le contact sur sa joue... est-ce qu'une illusion pouvait être aussi fidèle. Ses sourcils s'étaient froncés à la mention d'Umberto... et il n'avait plus été certain de bien comprendre les choses.
ça aurait dû être Thésée.
Mais avec Mikio, c'était Umberto qu'ils avaient.
Sous ces illogismes, son esprit embrumé par la fièvre, par ce cauchemar et par la fatigue avait tenté de comprendre ce qui était réel ou ce qui ne l'était pas.
L'odeur qu'il avait retrouvée alors était bien celle de Mikio. Le contact sur son front... il s'était troublé davantage et sa main tremblante avait tiré sur ce t-shirt comme pour demander à être serré un peu plus fort.

« ... » qu'un mauvais rêve...
Respire...
Naoki... tu n'es plus cet enfant... tu te souviens ?

... c'était... juste un mauvais rêve... Mikio était bien là... réellement là ?
Alors qui je suis ?
Cette question... dans le fond, elle n'était pas si stupide que ça... parce que cet enfant abîmé, c'était bien celui qu'il cacherait toujours. Même si maintenant... maintenant...
... non, ça n'allait pas... si c'était bien la réalité, il devait se reprendre, quitter ce lit, aller dans la salle de bain et se ressaisir sous de l'eau glacée.
Mais sa main qui avait poussé contre une hanche dans le but de se décoller, l'instant suivant, son coeur l'avait forcé à se serrer à nouveau sur ce t-shirt...
Il l'avait souhaité que ce ne soit qu'un mauvais rêve, il l'avait souhaité si fort de pouvoir retrouver Mikio. Si ce n'était pas un dernier cadeau de son coeur, il n'avait pas le droit d'en profiter quand même ?

...Qu'importe si c'était réel ou non... ce cauchemar... c'était l'avenir....
A la sensation de cette langue sur sa main, c'était bien ce qu'il avait pensé en baissant les yeux vers cette dernière. Tremblante, elle avait relâché enfin ce haut pour s'approcher de son champ de vision, bientôt rejointe par sa jumelle.
Il ne comprenait pas... qu'est-ce qui ne tournait pas rond avec lui ?
Ce n'était qu'un mauvais rêve
Ses pensées avaient bien tenté d'aider le coréen à le faire revenir dans ce monde mais pas la fièvre... pas la fatigue... pas les restes de cauchemar sur ses mains.
Si ce n'était qu'un rêve... pourquoi est-ce qu'il était toujours là ce sang ?
C'était bien cette question silencieuse qu'il avait posée à son aîné en laissant sa tête s'éloigner légèrement de son cou pour relever les yeux vers lui en même temps que ses mains tremblantes.

Ce n'est pas réel
Il voulait... il voulait juste lui faire un joli dessin... mais...
C'est de ta faute. Tout est de ta faute. Tu casses toujours tout. Tu ne sais rien faire de bien.
Se serrant entre elles, ses mains n'avaient pas su lui épargner cette vision. Nerveux, ses doigts avaient frotté cette peau pour effacer des traces qui ne semblaient pas vouloir partir.
« ... Je... » et à nouveau, sa voix avait tenté de s'obstiner pour laisser parler cette crainte « ... Je ... voulais... je voulais... simplement... te faire... un joli dessin... » oui... avec de belles couleurs... quelque chose de bien pour lui faire un peu plaisir mais... ce qu'il avait dessiné, c'était ce à quoi il le condamnait non ? « ... Mais ... » ramenant ses mains serrées contre lui, un sanglot lui avait échappé avant qu'il ne se batte à nouveau pour ajouter « ... Elles ne savent pas ... elles ne... savent pas faire... quelque chose de bien... » Tu n'apprendras donc jamais ? dans un gémissement, il avait supplié la voix de son père de quitter ses pensées « ... que du mal ... toujours que du mal... »

Une nouvelle fois, sa bouche s'était ouverte pour laisser passer des mots qu'il n'aurait jamais dû prononcer. Le Naoki que connaissait Mikio n'était pas si faible. Mais le Naoki de maintenant, il n'avait même pas été capable de formuler un autre son. Un gémissement de plus, une recherche inutile d'air pour remplir ses poumons qui s'obstinaient à ne plus rien accepter et il reposait sa tête, sans force, contre l'épaule de son aîné.
Pendant encore combien de temps aurait-il la chance de constater que tout ceci n'avait été qu'un rêve ?
Quand viendrait le jour où il supplierait pour se réveiller d'un cauchemar horrible sans jamais être capable d'ouvrir les yeux ?

   
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     Dim 9 Avr - 19:20

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Naomi

Chacune de ses respirations, si on pouvait les nommer ainsi, semblait être une véritable torture. Les tremblements auxquels son corps était soumis avaient l'air d'être partagé entre la peur dont il était toujours prisonnier et une réelle souffrance physique au moindre effort de sa part, qu'une plainte déchirante exprimait par moment. Dans ses bras, l'aîné le sentait se contracter, lutter, chercher désespérément un souffle qu'il n'avait plus et ce depuis maintenant trop longtemps... Son être entier était criant de douleur.... Et dans cet océan des plus obscure où il avait sombré, dans cette bataille pour ne pas s'y noyer... Naoki usait de ses forces pour s'inquiéter du chanteur ??
Quelle genre de souffrance pouvait être pire que celle que subissait Nao ? Quelle horreur avait-il vu dans ses rêves pour se retrouver dans cet état ? ... et dans quel état avait-il trouvé le plus vieux pour se sentir si paniquer à présent ? Pour s'épuiser à demander d'être rassurer... pour former des mots si péniblement que Mikio fut de nouveau tenter de le faire taire en resserrant cette étreinte... mais l'étouffer alors qu'il suffoquait déjà, même dans sa détresse, le Coréen parvenait encore à se raisonner et admettre que ce n'était la meilleure des idées... Alors cette demande, il l'avait laissé s'échapper et seules ses mains s'étaient resserrées dans la crinière sombre de son protégé. Tout aussi péniblement, il avait forcé son ton à être rassurant...
« Je vais bien... » Une pause. Ce souffle là, ce n'était pas celui que Nao voulait entendre... « Je te le promets... » Est-ce que c'était un mensonge ? Non. Parce qu'il avait mal mais certainement pas dans le sens où Nao l'entendait... Il allait bien. Il était vivant, en bonne santé... Il allait bien, Nao pouvait se rassurer....
Seul son coeur allait mal, ratatiné dans sa poitrine, cruellement comprimé par les pleures de son cadet et sa détresse....
Alors ce qui comptait le plus c'était de le rassurer, calmer cette crise qu'ils ne pourraient endurer encore longtemps.... Non, Mikio n'en pouvait plus de le sentir souffrir... Alors pour leur bien à tous les deux, oui Mikio devait aller bien.

Et Nao avait besoin de le voir. Si son cou offrait un parfait refuge un peu plus tôt, la cachette semblait cette fois le conforter dans un monde irréel et trop noir où le Coréen l'avait abandonné.... Non, il était toujours là. Nao devait le croire....
S'il savait que le déloger n'allait pas lui plaire, Mikio avait surmonté l’étau cruel autour de son coeur qui s'était resserré à cette plainte. Il n'avait à vrai dire même pas senti la résistance, trop faible, et lui bien trop déterminé à lui ouvrir les yeux pour que ce cauchemar prenne fin...
C'était affreux. Être de nouveau confronté à ce regard voilé... Nao le cherchait mais ne semblait pas le voir... Et malgré les mots, les supplications de son aîné, le plus jeune demeurait perdu, peinant visiblement toujours à croire en la présence de celui qu'il réclamait, incapable de revenir à cette réalité où les bras de Mikio le protégeait....
C'était faux. Il ne le protégeait pas. Il était impuissant... Où diable l'avait-il envoyé ? Dans quel monde ? Ses rêves étaient vraiment si cruels ? Nao les craignait déjà avant mais la fièvre devait en renforcer les démons....
C'était terrible parce qu'en le resserrant dans ses bras, Mikio s'était senti tellement coupable.... Il savait pourtant qu'il n'avait pas à l'être parce qu'il fallait que Nao dorme. Pour sa santé, son bien.... Mais si le « fourbe Coréen » qu'il était avait la capacité de le faire sombrer, il ignorait parfaitement où. Son bien ... non, ça ne semblait pas être le cas. Pas comme ça... Mikio voulait de toutes ses forces le protéger mais une fois plongé dans l'inconscient, il n'y avait cruellement rien que le chanteur pouvait faire. Il s'en voulait d'avoir cru qu'il suffirait seulement de le réveiller... Parce que non seulement il n'y arrivait pas mais il n'avait jamais vu Nao souffrir comme ça... Il n'avait pas anticipé qu'un cauchemar puisse le ravager autant... Comment l'aurait-il pu ? Il ne savait pas.... il ne savait plus quoi faire.... Il était pourtant bien conscient qu'une trop grande partie du garçon lui échappait mais.... Mikio avait cru avoir traversé son lot d'épreuve avec cette Koteda déjà, seulement le pire était visiblement devant lui...
Pourquoi ? Pourquoi n'était-il pas capable de mieux protéger ce gosse ? Pourquoi n'arrivait-il pas à le rassurer et l'apaiser quand pourtant il le voulait de tout son coeur ?
Le serrer contre lui, lui parler, le caresser... c'était tout ce qu'il pouvait faire. Voilà toute son impuissance...

A la douleur se mêlait la confusion ; au désespoir, l'incompréhension. Alors quand cette main chercha à le pousser, le coeur de Mikio fit un bond, incertain. Il avait cligné des yeux, hésité une demi-seconde avant que sa main à lui ne s'agrippe mieux dans le dos de son cadet. Quand Nao avait semblé chercher à se serrer plus fort toutes les fois précédentes, pourquoi vouloir s'éloigner maintenant ? Avait-il eu peur de Mikio, toujours incapable de distinguer le rêve de la réalité et de croire en sa présence ? Ou bien avait-il eut un sursaut de raison et cette obstination à vouloir quitter cette chambre lui était revenu ?
« Hé... Nao, doucement... ne bouge pas... Reste là... reste dans mes bras... »
A quoi bon quand on voyait l'aide qu'il lui apportait... Mais non. Il était hors de question que Nao s'éloigne. Parce qu'il n'en était pas capable, en témoignait cette résistance qui s'était finalement vite évanouie... Nao n'avait pas la force de se lever et dans cet état, Mikio ne prendrait jamais le risque de le laisser déambuler quand il ignorait entièrement ce que le garçon voyait.... Au moins, là contre lui, Mikio pouvait le protéger de lui-même.... Du moins, essayait-il de s'en convaincre...

« Ca va, Naoki.... ça va aller... respire.... doucement.... c'est fini... t'as rien à craindre... »

Mikio avait continué de souffler ces mots près de son oreille dans l'espoir que l'un d'eux finissent par l'atteindre. Il ignorait toujours à quel point Nao était coincé dans ce monde de ténèbres et tenir sa main n'avait visiblement pas été suffisant pour l'en tirer.
Cependant, il lui sembla que dans son hésitation, Nao s'agita de nouveau mais différemment. Il remarqua qu'Umberto s'était rapproché et qu'il était probablement la source de cette nouvelle réaction. Incertain des intentions de Nao, il lui avait néanmoins laissé un peu plus de liberté de mouvements, pensant que la présence de leur fils pouvait l'aider à retrouver la réalité. Mais Naoki ne sembla pas reporter son attention sur le chien mais sur ses mains qui désormais ne se cramponnaient plus à lui. Faisant attention à ne pas le brusquer, Mikio avait baissé le regards sur elles, intrigué... et bien sûr, un pincement supplémentaire avait attaqué son cœur. Pourquoi tremblaient-elles toujours autant ses mains ? Non... c'était autre chose maintenant... Autre chose que, s'il n'avait su l'interpréter, pris de court et nageant dans la confusion, il l'avait trouvé dans ce regard en détresse qui s'était relevé vers lui. Son cœur avait fait un bond, surpris... Nao était toujours perdu certainement, pourtant il semblait avoir retrouvé son ainé et chercher des réponses que le Coréen était incapable de lui donner... Ses mains qu'il contemplait malgré lui avaient l'air d'être une source d'horreur que Mikio ne saisissait pas. Pourquoi ? Doucement, sa main à lui avait pressé son avant-bras, incapable de pas réagir sous l'inquiétude... Son ventre était trop noué et il se tordit davantage en constatant qu'à présent Nao s'entêtait à essuyer quelque chose que l'aîné ne voyait pas sur ses mains. « Nao... » tenta-t-il pour attirer l'attention d'un gosse occupé dans cette tâche dont Mikio dont le sens lui échappait...  
Mais il ne tarda pas à comprendre que Nao nageait en fait en plein délire....

Il l'avait laissé s'exprimer, caressant doucement son bras pour l'encourager autant que le prier d'y aller doucement.... mais à la fin de cette première phrase difficilement articulée, Mikio fronça les sourcils, frappé d'incertitude.
Un... un dessin ?
Pas de doute, c'était toujours ce gosse qu'il tenait dans ses bras... mais... Quoi ? Cette crise, cette souffrance, ce cauchemar... pour un dessin ?
Non, non bien sûr, ça ne pouvait pas être que ça, il l'entendait mais... il ne comprenait pas. Comment tout cela avait-il pu dégénérer aussi violemment ? Qu'est-ce qui avait entaché ce « joli dessin » ? Scrutant Naoki, sa poitrine s'était de nouveau comprimée face à cette nouvelle bataille que livrait son protégé. Par réflexe, une main passa soucieusement sur son front, rebroussant ses cheveux au passage tandis qu'il tentait de le convaincre de cesser de lutter... « Ce n'est rien Nao, t'as pas à te forcer.... » Mais l'enfant était déterminé à venir bout de son explication qui lui causait pourtant  bien des peines.... autant qui se répercutaient sur Mikio, totalement désemparé face à de telles paroles.
Il ne comprenait pas.... De quel crime Nao s'accusait-il ? Quel mal avaient-elles bien pu faire ses mains ?
Ca n'avait aucun sens... C'était à croire qu'ils ne parlaient pas du même Naoki. Ce gosse, il n'y avait rien dont il était capable à part d'amour. S'il faisait parfois l'idiot, son plus grand crime était probablement celui d'être un bourreau des cœurs... et encore, même ça, Mikio savait qu'il était loin d'être un salopard comme bien d'autres. Du mal, Nao n'était pas capable d'en faire... Pas volontairement, c'était impossible...
Mikio ne niait pas avoir déjà eut le cœur meurtri à cause de lui.... Mais toujours parce qu'il manquait de le perdre. Parce qu'il avait besoin de lui... Parce qu'il voulait son bien...
Du mal, Nao ne savait pas lui en faire autrement que parce que Mikio l'aimait d'une façon totalement déraisonnable. Alors non... il ne comprenait pas. Pourtant, c'était une chose qui hantait l'étudiant. Certainement. Il avait déjà fait du mal et plus d'une fois à l'entendre.... Mais Mikio n'avait jamais rien entendu de plus aberrant, illogique, impossible... La preuve que Nao n'était qu'un amour, c'était qu'il en souffrance indéniablement...
Mikio ne pouvait pas ignorer tout ce qu'il ne savait pas sur lui. Des hypothèses, il en avait des milliers, des possibilités, des milliards.... Rien n'était tout blanc ou tout noir bien sûr, ce que disait Nao avait probablement une explication parfaitement plausible seulement... Son instinct lui hurlait que Nao n'était coupable d'aucun crime. Son cœur le faisait sûrement plus fort.... Alors il ne pouvait pas lui laisser dire ça.... il ne pouvait pas.... Et qu'importe que ces paroles viennent d'une vérité qu'il n'était pas censé entendre, de la fièvre ou d'un reste trop tenace de cauchemar... il ne pouvait pas....

Ainsi, après avoir serrer un peu plus fort son protégé dans ses bras en lui soufflant de respirer doucement, le Coréen vint chercher les mains de Naoki pour les serrer avec douceur dans la sienne tandis que l'autre caressait toujours son dos. « Non, Nao, tu te trompes... » Il n'avait pas le droit de se blâmer autant. Il n'avait pas le droit de se torturer lui-même.... C'était tellement injuste.... Prenant une profonde inspiration, Mikio amena une de ses main jusqu'à son visage, caressant son dos de son pouce, puis la posa doucement sur sa propre joue. Cette dernière s'y pressa légèrement dans un soupire... « Ici... elles font du bien.... » Effleurant sa main du bout de ses doigts quelques secondes, Mikio s'en saisit à nouveau avec la même tendresse pour la faire glisser doucement sur sa peau, de sa joue à sa mâchoire. Là, il marqua une pause avant de faire rouler ses lèvres au creux de cette paume que Nao pensait souillée... Elle ne l'était pas. Pas plus que ses mains n'étaient mauvaises... Nao ne le voyait-il pas ? Il n'y avait rien que Mikio préférait sur sa peau... Elles étaient si douce... Et lorsque ses doigts venaient se perdre sur ses lèvres.... Si le geste était cruel parce qu'il faisait dérailler la raison de l'aîné, il ne pouvait nier à quel point il l'aimait.... et il avait chercher à retrouver cette sensation de lui-même, les yeux clos, tandis que sa bouche déposer de multiple baiser au creux de cette main froide, remontant doucement le long de ses doigts qu'il embrassa avec autant de douceur... un par un, phalange par phalange... Et puis, sans les éloigner, ses lèvres avaient soufflé contre sa peau qu'il avait encore envie de marquer : « Elles savent faire tant de belles choses tes mains.... » A regret, il lui fit poursuivre sa route, mais se consola lorsque sa main se retrouva dans son cou. Un léger frisson le parcouru... était-ce seulement parce que sa main était froide ou était-ce là un des effets que Nao provoquait chez lui ? « Par exemple », poursuivit-il sur un même ton doucereux, en gardant la main de Naoki sur sa peau. « … Sous elles, un instrument produit son plus beau son.... » Les yeux toujours clos, il se serait presque félicité pour avoir retrouvé un certain calme quand pourtant l'angoisse ne l'avait pas quitté. Il faisait de son mieux pour encourager à Nao à faire de même en caressant son dos lentement, et en adoptant un rythme respiratoire régulier afin d'aider son protégé à s'y caler... La panique de Mikio s'était faite plus sage pour lui donner une chance de jouer correctement son rôle.... enfin. « Guitare, piano, violon.... » Lentement, il avait laissé les doigts de Nao effleurer sa peau avant de le guider avec précaution sur son buste, descendant plus sûrement jusqu'à sa poitrine où il y avait collé sa main, malgré les battements à l’intérieur qui s'étaient accélérés. « … ici aussi... » D'accord, son cœur n'était probablement pas dans son meilleur état actuellement mais il était vrai que Nao avait ce don de le faire jouer de cette façon si particulière... il n'y avait que lui qui savait le faire. Que sous ses doigts, ses mots, son regard, ses lèvres, .... « Tu vois ? Le mien aussi, il bat fort... » C'est qu'il était vivant lui aussi. Probablement qu'il battait même trop fort ce cœur... Mais il avait quand même réussi à baisser le regard vers lui pour lui adresser un sourire, maigre mais sincère, se souvenant de ce rythme que Nao avait reproduit plus tôt... Dugum dugum... Peut-être qu'il se faisait des idées, mais dans sa poitrine, il eut l'impression de sentir de nouveau ce rythme... « Dugum dugum... » souffla-t-il timidement mais plus sûrement qu'il ne l'aurait cru.
Sa main libre glissa dans son dos pour remonter dans ses cheveux qu'il caressa tendrement avant qu'elle ne se pose sur sa joue pour permettre à Mikio de déposer de nouveau ses lèvres sur le front de Naoki. Brièvement néanmoins pour lui permettre de continuer son discours : « Il ne bat aussi fort que pour toi tu sais.... Souvent pour réclamer tes caresses.... celles que tu fais si bien... celles que j'aime tant …. » Toutes ces choses là.... comment Nao pouvait-il encore dire qu'il ne faisait que du mal ?

Incapable de s'éloigner de son visage, Mikio avait incité son cadet à mieux le relever pour que le chanteur puisse y déposer de nouveau ses lèvres, mais cette fois sur sa tempe. Plus longuement... mais elles se décollèrent pour ajouter dans un murmure proche de son oreille : « Je suis sûr que c'était un très beau dessin Naoki... » Comme tout ce qu'il faisait, il n'en doutait pas... Il avait certainement su y mettre toutes les couleurs qu'il avait mis dans la vie du chanteur...
Mais afin de marquer sa certitude, l’aîné vint l'embrasser à l’arcade, puis sa pommette en se fichant des larmes, comme si ses baisers allaient les chasser... Peut-être qu'il s'était dit ça... Parce qu'il avait continué de déposer encore ses lèvres sur son visage. Il marqua sa joue, puis son nez. Son autre joue puis l'arrête de sa mâchoire. Son menton pour remonter sur son autre tempe.... Et sans se rendre compte que son cœur s'était accéléré, sûrement pour accompagner cette prière pleine de ce stupide espoir : « Reviens moi Nao... s'il te plait.... » Peut-être qu'il ne savait plus ce qu'il faisait pour essayer de le réveiller de cette façon... mais il le faisait quand même... et il y mettait toute sa douceur et surtout, tout cet amour qu'il avait pour lui. Tous ses sentiments qui criaient à l'injustice quand Nao s'accusait d'un crime impossible... Cette personne qu'il aimait tant.. il était impensable qu'elle ait pu faire un jour du mal à quelqu'un. L'idée était aussi inacceptable que celle de le laisser souffrir et se torturer plus longtemps...    
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     Dim 9 Avr - 22:01
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EXORDIUM.
Mikio allait bien... mais alors pourquoi est-ce qu'il avait tout ce sang sur les mains ?
Il ne comprenait pas et quelque part il y avait cette voix qui martelait contre sa tempe de se lever, de trouver de la force... assez pour s'enfermer dans la salle de bain. Cette voix qui essayait de lui faire comprendre que sa place n'était pas ici. Pas dans ces bras là à se laisser dorloter par des gestes qu'il ne méritait même pas. Et il y en avait une autre, plus mauvaise, qui répétait avec acharnement des mots qu'il devait prendre pour justes... toi tu es sale... si tu restes là, avec lui, tu vas le salir, l'abîmer. C'est tout ce que tu sais faire, tu n'as pas encore compris ?
A l'abri des regards, dans un monde sombre, c'était là qu'il devait être maintenant. Il n'y avait que lui qui pouvait se voir comme ça... et ça l'enfant aussi le savait. Parce qu'il n'y avait que devant son père qu'il avait le droit de se montrer aussi pitoyable. Il n'y avait que son père qui savait les crimes que les mains de son fils portaient.

Il était une mauvaise personne. Si sombre... il n'y avait aucune lumière alors pourquoi il restait dans les bras de la seule qui avait osé un jour éclairer sa vie ?
Parce qu'il n'avait pas la force ? Parce que d'une simple pression Mikio avait su réduire ses efforts à néant ?
Ce n'était pas une excuse suffisante. Il aurait dû batailler. Ses mains souillées, c'était loin de Mikio qu'il aurait dû le voir et pas maintenant dans ses bras.
Oui, il s'en voudrait plus tard. S'il se rappelait avoir relevé ses mains tremblantes, les avoir montrées à Mikio avant d'essayer d'effacer les traces sans obtenir le résultat souhaité, il se blâmerait pour s'être montré aussi faible.
Mais maintenant... il ne savait plus très bien.
Où il était.
Qui il était.
Et si ce crime là était réel ou non.

Mikio était bien là...
Mais pour lui, Mikio ressemblerait toujours à un rêve irréel. Oui, même s'il ne rêvait jamais... parce qu'il était tout simplement trop beau, trop lumineux pour faire partie de son univers.
Non. Il n'avait pas à se forcer. Il n'aurait pas dû le faire. Il aurait mieux fait d'écouter Mikio plutôt que de parler de ce dessin. Mais il s'était obstiné... lui qui ne se livrait jamais.... Est-ce qu'il cherchait à se justifier ?
Il lui avait fait du mal mais à la base, tout ce qu'il voulait, c'était lui faire un cadeau ?
ça n'excusait rien... mais l'enfant y tenait tellement à ce dessin. Ce n'était pas grand chose. Ce merci était si faible en comparaison de tout ce que le coréen lui donnait. Mais il avait voulu le faire... il s'était tellement appliqué... les couleurs, oui, elles étaient vraiment jolies.
... le rêve... était joli... c'est vrai... pendant un temps, ce cauchemar avait été autre chose... mais tout se gâchait toujours parce qu'il ne savait pas rêver... ou que ça lui était interdit....

Mikio aussi aurait dû lui être interdit... et pourtant, il était là, à le serrer contre lui.
Un sursaut lui avait échappé quand ses mains, d'une étreinte, avaient été arrêtées dans leur occupation. Et si sa seconde réaction avait été de tenter de lui retirer, paniqué, c'était bien pour ce sang. Non, il ne voulait pas souiller Mikio comme lui l'était. « ... fais... fais pas ça.... » mais l'une de ses mains avait rencontré le visage de Mikio et ses yeux s'étaient ouvert comme horrifiés... comme si d'un simple contact, il pouvait l'abîmer....
Pourtant sa main qui avait été amenée à glisser de sa joue jusqu'à sa mâchoire, jusqu'à ces lèvres... elle n'avait laissé aucune traînée rouge. Ses sourcils s'étaient froncés et il s'était laissé simplement guider tandis que ses traits s'animaient d'incompréhension. Ou alors c'était les baisers... oui, c'était peut-être pour ceux qu'il avait senti dans sa main que sa faible résistance avait été anéantie. Malgré ses larmes, malgré ses difficultés à respirer, son regard s'était étrangement vidé comme hypnotisé par la scène qu'ils avaient alors refusé de quitter.

Si docile, sa main avait accepté jusqu'à la moindre marque tandis que son regard ne quittait plus ces lèvres... intérieurement, il y avait des questions qui n'étaient plus les bonnes.
Est-ce qu'il y en aurait un autre ?
... il n'était même pas supposé en avoir un premier. Il le savait non ? Ce n'était pas acceptable pour quelqu'un comme Mikio d'embrasser ces mains là....
Et d'un coup, sa tristesse n'avait plus été la même. Elle s'était mélangée avec la précédente et de nouvelles raisons à ses larmes de couler lui avaient été données. Pourtant, il avait laissé cette main redescendre vers ce cou. Un instant, ses doigts y avaient glissé dans une caresse hésitante, toujours tremblante.
Ce n'était pas vrai que ses mains savaient faire de jolies choses... il les détestait... elles gâchaient toujours tout. Mais Mikio semblait bien les aimer lui... est-ce que c'était normal ?
Evidemment que non...
... mais il les aimait bien... et comme un enfant, tout ce qu'il avait trouvé de mieux à faire c'était de répéter ces mots là dans sa tête.

Jusqu'à ce coeur, jusqu'à ce rythme, son regard avait suivi cette main avec la crainte de faire une bêtise... avec la crainte d'abîmer celui qu'il aimait.... et pourtant, ses doigts avaient senti ce rythme sans laisser une seule trace rouge en chemin. Sous l'incompréhension, ses sourcils s'étaient froncés une deuxième fois tandis que sa main n'avait pas résisté à se presser à l'endroit où elle se trouvait.
Le regard perdu sur cette scène de douceur en contradiction complète avec l'endroit d'où il venait, sa voix n'avait pas tenté de braver cette respiration douloureuse une seule fois. Pourtant, oui, il avait tout entendu.
Ailleurs, sa main s'était pourtant resserrée sur ce t-shirt un temps dans une tentative de se rapprocher, de se coller un peu plus à Mikio comme appelé par ce rythme qu'il aimait tant. Mais il avait fallu ce "dugum", il avait fallu qu'il ne relève alors les yeux vers lui comme choqué d'entendre ce son qu'il avait lui même formulé plus tôt... il avait fallu ça pour qu'il ne se colle entièrement, le corps tremblant mais demandeur de plus de douceur.

Et tandis qu'il songeait à poser son oreille contre ce si joli coeur, son visage avait été forcé de se relever à nouveau. Pourtant, il n'avait pas protesté. Et il aurait eu bien tort de le faire quand en cadeau pour son obéissance, ces lèvres si douces s'étaient faites sentir à nouveau sur sa peau. Une nouvelle fois, sa main avait emprisonné le t-shirt de son aîné, plus fort, sans pour autant quitter ces battements qu'il avait peur de ne plus jamais sentir.
Oui... Mikio était bien là... c'était bien son coeur qui battait... ses lèvres contre sa tempe... sa voix dans son oreille... ce n'était pas une hallucination. C'était Michan... son Michan... et pas un cadeau de ses pensées pour l'aider à partir d'une manière plus douce.
Son dessin n'avait peut-être rien de beau... mais celui que Mikio lui avait permis de tracer à l'instant... lui il était joli... même s'il n'en n'était pas responsable... Mikio était sans contestation possible la plus belle personne de cette Terre. Si belle qu'il avait bien du mal à la croire réelle... s'il avait déjà rêvé autrement qu'éveillé avec lui au moins une fois dans sa vie... il n'y aurait jamais cru que Park Mikio existait bien quelque part.

Pas une seule protestation, il l'avait simplement laissé faire en espérant dans le fond que ses lèvres se déposeraient toujours une fois de plus sur lui.
Parce que ça faisait du bien... tellement de bien... qu'il en oubliait presque que ce n'était pas de cette manière dont il était supposé procéder... normalement en tout cas, il ne faisait pas comme ça. Se faire du mal, il n'y avait que ça d'efficace.
Et pourtant, sous la demande son aîné, il s'était contenté de hocher la tête avant que son regard embrumé n'hésite... entre son coeur et son épaule...
Le premier pour entendre ces battements qu'il aimait tant.
La seconde pour ne pas être trop loin des lèvres de Mikio...
Si faible....
Comme appelé par cette magie que les baisers de Mikio avait, sa tête s'était reposée sur son épaule pendant que sa main s'était pressée sur un torse... non, il n'avait pas su entièrement choisir... il pouvait au moins les sentir... Mikio n'avait rien....

Il s'en était assuré quelques secondes plus tard en osant enfin avec crainte baisser les yeux vers cette main.
Il n'y avait rien, aucune trace de sang... c'était dans sa tête tout ça... il était en train de devenir fou....
Mais cette incompréhension ne valait clairement pas l'affection de Mikio dont il n'avait pas eu la force de s'éloigner maintenant.
Oui, il aurait pu se battre pour se lever, chanceler vers cette salle de bain et se plonger dans l'eau glaciale pour de longues minutes... mais il était resté là, contre lui, à suffoquer.
Se calmer. Il devait se calmer. Se forcer à respirer malgré la douleur, il l'avait déjà fait mais pour la première fois, il avait essayé d'une manière différente.
Pour la première fois, il s'était battu pour demander de l'aide... il s'en voudrait plus tard de s'être montré si faible... dans le fond, il devait bien le savoir qu'il n'avait pas le droit de faire comme ça...
Mais timidement, avec difficulté, les mots s'étaient échappé de ses lèvres :

« ... ça... ça fait du bien... est-ce que... est-ce que tu peux continuer ? ... tes baisers... » ce n'était pas correct, il n'avait pas à demander, être à bout n'était pas une excuse suffisante ... « ... en me gardant... dans tes bras... s'il te plait... »

Passant rapidement sur sa joue comme pour effacer les larmes qui étaient celles de protestation pour un droit qu'il prenait malgré la honte et la conscience de ne pas mériter tout ça, sa main avait bien vite retrouvé le rythme des battements d'un coeur qu'elle ne voulait pas quitter.

   
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     Lun 10 Avr - 15:03

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Naomi

Ce qu’il faisait, probablement que Mikio n’en avait pas la moindre idée lui-même. Parce que réellement, il ne savait plus quoi faire. Il n’avait jamais vu Nao dans cet état, il n’avait jamais pensé qu’un simple rêve pouvait se transformer en une telle souffrance…. et c’était lui qui l’avait envoyé là-bas. Oui, il savait, il ne devait pas se blâmer et s’interdire le refaire parce que Naoki devait dormir… Parce qu’au final, si ce n’était les cauchemars, ce serait la fièvre qui le terrasserait… Il fallait qu’il se repose. C’était le seul moyen pour permettre à son corps de lutter contre la fièvre… surtout si pour le moment, le Coréen n’avait rien pour la combattre. Et cette dernière remportait clairement cette première bataille… Il semblait de toute façon qu’endormi ou réveillé, Naoki subissait ses effets, dévoré par des hallucinations qui le terrorisaient… Mikio ignorait ce que Nao voyait, mais chaque fois que ce gosse se battait pour lui livrer faiblement et malgré lui des éléments, tout en lui se tordait…. Comment son rêve l’avait montré à Naoki, quelles traces il avait laissé sur ses mains…. Ce n’était pas de simples mirages que le Coréen pouvait balayer en ouvrant les yeux de son protégé… Parce que même ouverts, ces derniers voyaient des choses que les autres ne pouvaient pas voir et donc pas combattre… Mikio était entièrement impuissant face à des peurs profondes et féroces qui s’acharnaient à le poursuivre, à l’agripper même quand son aîné le ramené dans le monde réel.
La cruauté de ces songes étaient tels que Mikio ne s’était probablement jamais senti aussi désemparé face à Nao, lui qui n’avait qu’une chose en tête, qui en avait fait sa raison de vivre…. et qu’il était en train d’échouer lamentablement. Protéger Naoki… pourquoi n’en était-il pas capable ?

Alors, si sa raison ne fonctionnait plus… Il avait laissé la paroles à son instinct et à son coeur. Impuissant, il leur avait cédé le commandement pour contrer des mots qui n’avaient pas de sens et nettoyer des mains qui n’étaient pas salies…
En dépit des premières protestations, le chanteur avait poursuivi son manège. Ces mains, cette peau… il les avait marqué jusqu’au bout, déterminé à lui faire entendre la seule vérité dont le coeur abîmé de Nao avait besoin… Il devait le savoir, il ne devait plus en douter… Ces mains là, Mikio les aimait bien trop pour permettre à Naoki de les blâmer. Il ne savait pas qui avait bien pu lui mettre ces idées atroces en tête, comment et pourquoi… Mais il savait que c’était faux. Il n’y avait rien de plus faux… comme beaucoup de choses qui se trouvaient dans la tête de ce gosse…. Ses mains étaient aussi mauvaises que lui n’avait pas d’importance, autant qu’il était une mauvaise personne… C’était les pires conneries qu’il avait entendu… et les plus inacceptables. Mikio avait beau ignorer énormément de choses sur Nao, il en connaissait le plus important… Même s’il n’avait touché qu’une partie de son coeur, celle-ci était suffisante pour convaincre le chanteur que l’étudiant était la plus belle personne qu’il ait rencontré. Douce, précieuse, fragile… il n’y avait que ce voile gênant devant ses yeux qui lui imposait une vision altérée de lui-même… Ce voile nuisible qui l’empêchait de voir qu’il n’était que gentillesse, attention et générosité… que toutes s-ces autres choses si particulières faisant parti de lui, son sourire, sa bêtise, ses talents multiples et surtout celui de la musique, le rendait plus précieux que jamais aux yeux du chanteur… qu’il faisait de lui cet être un peu à part dont un simple regard pouvait affoler, dont quelques mots pouvaient rendre heureux…
Nao était tellement de choses, mais jamais, ô grand jamais, il n’était une mauvaise personne… Et il s’agissait là de la plus grande certitude de Mikio. Aussi sûr qu’il savait qu’il l’aimait comme il n’avait jamais aimé personne….

Et c’était avec cette certitude là qu’il avait continué. Nao avait rapidement cessé de protester. S’il entendait encore sa respiration pénible, aucun mot n’avait franchi sa bouche. Les yeux du Coréen s’étaient posés furtivement sur lui pour s’assurer de son état… Le visage toujours noyé par les larmes et marqué par ses douloureuses respirations, son regard avait néanmoins changé lui sembla-t-il… Et à cette faible caresse au creux de son cou, Mikio se persuada qu’il était sur le bon chemin. Naoki avait l’air réceptif… Ses mains n’avaient pas refusé une fois de le toucher et semblaient même s’efforcer d’y participer ce qui provoqua des pulsations plus vives dans la poitrine du plus vieux. Oui, peut-être que Mikio s’était laissé emporter, que l’embrasser ou le pousser à le caresser n’avait pas de sens et encore moins de propriété médicinale mais au moins, Nao avait l’air de s’être concentré sur ces contacts… encourageant Mikio a poursuivre.

Il avait bien fait. Un léger sourire avait accompagné ce regard surpris à la mention enfantine de son rythme cardiaque, et s’était poursuivit tandis que Nao se laissa aller entièrement contre lui. Un soupire franchit ses lèvres et obéissant, il resserra Nao contre lui. La main dans ses cheveux se resserra affectueusement sur ses mèches sombres, incitant Mikio a y plonger quelques seconde le nez pour s’enivrer de son odeur et se laisser aller lui aussi à cette étreinte dont ils avaient tous les deux besoin…. Son autre main, tenant celle de Nao, pressa davantage cette dernière contre son torse… Il le sentait maintenant ? Que Mikio était bien vivant et que ce coeur qui battait était aussi la preuve de tout cet amour que Nao lui donnait…

S’il espérait que Nao s’en était assuré, le chanteur cherchait désormais à le faire revenir complètement avec lui en couvrant son visage de baisers… Il y avait plus classique comme réveil, on vous l’accordait, mais il était évidemment hors de question pour Mikio de se montrer brusque avec le plus jeune. De plus, il n’avait pas réfléchi… il avait juste laisser faire ses lèvres… Il avait seulement laisser son amour à lui s’exprimer et supplier Nao de lui revenir…
Et il marqua une longue seconde pause au hochement de tête de Nao. Il l’avait entendu… Tout ? S’il ne savait pas très bien pourquoi Naoki hochait la tête, il était évident que ce dernier s’était montré plus que réceptif à ces caresses et ces baisers. Si la crise ne semblait pas totalement enrayée, Nao avait l’air moins effrayé et plus apte à entendre les mots de Mikio. Il entendait toujours cette pénible respiration qui lui faisait autant de mal mais il lui sembla que Nao était revenu dans le monde réel… un peu plus en tout cas. Il sentait ses mains sur lui qui se cramponnaient, désireuses de plus de contact pour l’une et plus de battements pour l’autre, tandis que Mikio accueillait sa tête sur son épaule dans une douce caresse pour ses cheveux. Il l’avait regardé un instant avant de resserrer plus fort son étreinte et déposer un nouveau baiser sur son crâne… Nao était épuisé. Il souffrait toujours… mais désormais, Mikio se sentait moins impuissant, comme s’il reprenait peu à peu le contrôle tandis que Naoki se reposait entièrement contre lui. Il ne luttait plus et s’en remettait au bras de Mikio… Sa détermination gronda dans son ventre et il prit une grande inspiration. Nao avait besoin de lui. Maintenant qu’il semblait un peu plus rassuré, Mikio devait l’aider à récupérer son souffle pour lequel il se battait toujours…

Et tandis que sa respiration se bloquait encore, l’étudiant sembla batailler pourtant pour trouver la force nécessaire de parler. Ses efforts serrèrent le coeur du Coréen qui pressa un peu plus son dos et ses cheveux, probablement dans une tentative de le dissuader de se forcer… Nao devait respirer, il n’avait pas à user ses forces pour parler. Mais Mikio était tout juste parvenu à souffler un « sssht » très doux à son oreille, sa main caressant toujours son crâne, que la voix de Naoki parvint à braver la défense de son aîné et la douleur de ses poumons. Et… tant mieux. Mikio aurait réellement regretté de l’avoir fait taire parce qu’une fois la phrase prononcé, Mikio senti son coeur s’emballer. Naoki… réclamait ? Il voulait qu’il l’embrasse et qu’il le serre… Ca lui avait fait du bien…. « Yeobu… » Est-ce qu’il pouvait vraiment le calmer de cette façon ?
Il n’avait pas réfléchit plus longtemps. Instantanément, Mikio avait saisi le corps de Nao pour mieux le resserrer contre lui. Si c’était ce que Nao voulait, si c’était ce dont il avait besoin, lui refuser était un crime… Alors il l’enlaça plus vite qu’il ne crut, dans une étreinte qui signait son accord. Ils étaient désormais si proches que Mikio vint enfouir son visage dans le cou de Nao où il soupira sa réponse : « Tout ce que tu veux Yeobu… » Et pour terminer sa phrase, ses lèvres s’apposèrent sur sa peau toujours brûlante. Mais loin de craindre d’être brûlé, c’est une myriade de baisers que le Coréen sema dans son cou tandis que sa main s’était de nouveau resserré dans ses cheveux, plus fort cette fois, probablement dictée par l’excitation que provoquait cette demande. Nao voulait de lui… Nao avait besoin de lui… Mikio pouvait l’aider…. C’était toutes ces idées qui animaient la tête de l’aîné et qui l’encourageaient à continuer de perdre ses lèvres sur lui. S’il pouvait toujours le soigner de cette façon, Mikio aurait peut-être franchi les dernières barrières fragiles qu’il s’imposait. Faiblir, il ne le devait pas… Et étonnement, le Coréen savait qu’il saurait se montrer raisonnable un peu plus à chaque fois que sa bouche rencontrait la chaleur de sa peau, où par endroit y perlait la sueur dû à la fièvre. Il ne voulait pas profiter de la situation… Embrasser la peau de Nao, son corps… Mikio rêvait de le faire quand le garçon en aurait pleinement conscience… et surtout quand il ne souffrirait pas autant. Ces baisers là, il ne devait pas les savourer mais les employer uniquement à lui faire du bien.. c’était tout ce qui importait.

« Ca va aller Yeobu… prends ton temps d’accord ? » Ses lèvres étaient doucement remonté à l’angle de sa mâchoire qu’elles suivirent en y laissant une trainé de baiser très doux, plus ou moins en s’attardant près de son oreille pour y souffler dans un murmure ses encouragements. « Respire doucement et laisse toi aller…. Tu vas y arriver… » A la lisière de son oreille, il avait déposé un autre baiser puis ses lèvres avaient poursuivi leur chemin jusqu’à sa tempe. Il s’y était attardé plus longuement en renforçant son étreinte, prenant garde à ne pas l’étouffer quand le but était le laisser respirer… Sa seconde main était descendu le long de son dos en suivant sa colonne vertébrale, traçant affectueusement le chemin jusqu’en son creux qu’il avait caressé du bout des ongles, se muant de temps en temps en caresses plus pressantes. Tout comme il l’aurait fait avec un enfant - du moins le pensait-il au vu de sa maigre expérience avec de vrais gosses - Mikio avait mis dans chaque geste une précaution et une douceur infinie… A cet instant, ce mot qui lui avait échappé plus tôt, Mikio ne l’avait jamais autant pensé… Un bébé, c’était ce qu’il était. Fragile, précieux… Et il avait besoin de lui. Dans cette optique, le Coréen ne s’était pas rendu compte qu’il bougeait de façon régulière comme s’il cherchait à le bercer de nouveau. De la même manière qu’il avait gardé sa respiration lente et constante. Sauf qu’il ne souhaitait pas l’endormir mais bien le calmer.
Quelques fois, une main descendait pour presser sa cuisse et mieux le ramener contre lui avant de remonter dans ses dos ou dans ses cheveux. Lorsqu’il sentait que le souffle de Nao se faisait plus difficile, ses baisers se concentraient vers son oreille pour lui souffler de nouveaux encouragements : « Doucement Nao… respire doucement…. ne te force pas… comme ça… » et il inspirait lui-même doucement pour l’aider.

Si ses lèvres s’étaient reperdues une seconde fois dans son cou qui lui était facile d’accès, si sa bouche l’avait marqué plus longuement en décidant d’en faire autant partager son épaule avec la même tendresse, il revenait toujours vers sa tête dans l’idée de ne faire aucun jaloux. Ainsi ses lèvres parcouraient aussi la joue qu’il pouvait atteindre pour ne pas risquer de trop le déloger même s’il lui arrivait de lui faire relever la tête pour atteindre son front…
De longue minutes le manège avaient duré sans que Mikio n’éprouve le moindre de signe de lassitude. Il guettait la moindre amélioration, la moindre réaction… et de tout son coeur priait pour que Nao s’apaise. Il eut l’idée au bout d’un moment de fredonner de nouveau. Doucement, d’un nouvel air doux que le chanteur improvisa, mais juste assez fort pour couvrir la respiration pénible de Naoki… pour qu’il puisse se concentrer sur sa voix et ne s’entende plus lutter. Mais Mikio, docile, ne cessa pas ses baisers pour autant, ces derniers venant ponctuer ses notes régulièrement sur sa peau….
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     Lun 10 Avr - 17:37
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EXORDIUM.
Regarde-toi bien Naoki… face à ce miroir, il avait été forcé de se regarder tellement de fois. Il n’en n’avait jamais envie… il le détestait ce reflet mais il savait qu’il n’avait pas vraiment le choix. Et même si le courage lui manquait, son père le lui imposait en maintenant sa tête pour que ses yeux soient condamnés de fixer ce qu’il était. Les marques, cet enfant abîmé, cet adolescent qui n’avait pas tant grandi que ça puis ce jeune homme qui ne se voyait pas plus fort qu’il ne l’était avant quand il n’était qu’un gamin…. Ce miroir, il l’avait toujours détesté parce que lui savait… il ne pouvait pas faire si bien semblant devant son propre reflet. Même en forçant un sourire ou un air assuré, il savait voir au-delà de ce regard et les mensonges ne prenaient jamais avec lui. Il était et resterait toujours le même… Tu vois comme tu es ? Est-ce que tu veux que les gens te voient comme ça ? Tu ferais honte à n’importe qui…
Il devait se cacher, toujours se cacher. Mentir. Chaque jour. Sourire sans en avoir envie. Avoir l’air de quelqu’un d’autre… ressembler à tout sauf à lui sans se perdre dans les jeux. C’était usant. Et il persistait à tenir si bien parce qu’il n’avait pas le choix. Mais il y avait des fois, en vérité souvent… où il rêvait d’être dans cette noirceur où il pouvait se laisser aller plutôt que face aux regards des autres.

S’il était obligé de se cacher pour se reprendre, il était par moment forcer de prendre sur lui malgré cette petite voix qui hurlait en lui qu’il n’en pouvait plus.
On ne devait pas le voir. Parce qu’il n’était rien. Parce qu’il n’y avait pas de lui acceptable, il était né avec l’obligation de faire semblant et de cacher toutes ses faiblesses.
Alors maintenant qu’il était au plus mal, il n’avait rien à faire ici, dans les bras de Mikio. Parce qu’il savait qu’il aurait du mal à tenir les masques aujourd’hui, il aurait dû trouver plus de forces, puiser quelque part, dans sa volonté de garder les mauvais côtés pour l’obscurité, pour se rendre dans sa chambre d’hôtel et affronter tout ça seul.
Il avait échoué.
Mais ce n’était pas une raison maintenant pour abandonner. Prendre conscience qu’il était de retour à la réalité, se dégager de cette étreinte et se montrer pathétique loin de regard. La seule chose qu’il risquait d’abîmer à l’hôtel c’était une estime de soi qu’il n’avait pas de toute manière.
C’était trop loin ?
Alors au moins dans leur salle de bain. Se montrer plus ferme et dire à Mikio qu’il avait juste besoin d’être un peu seul, que ce n’était rien et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.
Il y en avait des solutions plus acceptables à sa faiblesse.
Mais il avait suffi d’une main pressée dans son dos plus tôt pour que ses efforts s’arrêtent.

Il avait suffi de baisers, de caresses pour qu’à présent il réclame. Pire encore, quand il avait entendu dans sa tête que c’était mal, qu’il n’avait pas le droit de faire ça… son cœur avait répondu qu’il en avait envie.
Et d’une main pressée sur un t-shirt, il avait supplié Mikio d’accepter.
Pourtant, il le savait maintenant que ce n’était pas un rêve, que ce n’était pas permis… il n’avait pas cette excuse là pour plus tard.
Oui… il le savait… il avait bien honte de lui… mais il voulait rester contre Mikio…
… il avait si mal… et la douleur semblait plus acceptable serré par ces bras-là, rassuré par ces lèvres…
Et s’il n’était pas en mesure de parler aussi librement, contraint par ce souffle à de nombreux silences, il l’avait pensé néanmoins si fort ce « merci » en sentant Mikio le prendre mieux contre lui.

Docile, il n’avait pas cherché à se dégager une seule fois. Il avait laissé Mikio l’embrasser à chaque endroit où il voudrait bien l’embrasser. Il n’avait même pas cherché à parler une nouvelle fois. Il était simplement resté dans ses bras à s’ordonner de respirer.
Oui, ça pouvait sembler simple comme ça. Et si les baisers de Mikio qui avaient démarré dans son cou aidaient à rester dans le monde réel, il avait l’impression que sa respiration ne voudrait jamais lui obéir. Alors il s’était forcé, déçu de lui et des efforts qui ne servaient à rien. Ça faisait mal, si mal au point qu’une plainte avait franchi ses lèvres sans qu’il ne soit capable de se retenir.
Il allait vraiment y arriver comme son aîné semblait le penser ?
Il l’avait déjà fait…
… ce n’était pas la même méthode… peut-être que maintenant, c’était trop doux pour lui… il n’était pas exactement fait pour qu’on s’occupe de lui aussi bien….
Pourtant, sous les encouragements de Mikio, plutôt que de renoncer à cette méthode qu’il ne méritait pas, il avait doucement hoché la tête sans se décoller d’un centimètre.

Doucement ce n’était pas pour lui.
Il devait obtenir des résultats rapidement. Ça avait toujours été comme ça. Il n’avait pas le temps pour la douceur, il était déjà assez pathétique pour se permettre en plus de se laisser aller.
Mais son père n’était pas là maintenant… il n’était pas supposé descendre pour jouer le parfait Serizawa au père encore plus parfait.
Il n’y avait que lui… et Mikio…
… il ne voulait pas rester un peu présentable pour Mikio ?
Si… il faisait vraiment n’importe quoi aujourd’hui… Saeko… maintenant cette crise…
Et pourtant, comme pour rejeter la raison sa main tremblante avait glissé des battements de son cœur pour venir les retrouver en passant sous un t-shirt.
Il les sentait mieux comme ça…
Son Michan… il l’aimait vraiment fort… parmi toutes ses pensées, il y avait ces je l’aime… je l’aime si fort… et ses doigts avaient glissé malgré les tremblements pour marquer ces mots.

A une cuisse pressée à nouveau, sa jambe s’était coincée entre celles de Mikio et il avait bien tenté d’en être encore plus proche. Si tremblant. Si misérable. Si pathétique.
… mais il était en sécurité là…
… juste une fois…
… rien qu’une fois…
… il savait qu’il n’avait pas le droit lui… mais il voulait rester un peu comme ça… profiter de ces marques qui le ramenaient dans un monde où il savait rêver parce que Mikio existait.
Les poumons douloureux, il avait tenté une nouvelle fois de les remplir de ce souffle brûlant.
Doucement Nao… respire doucement…. Ne pas se forcer. Comme un enfant sage, il s’était répété les consignes de son aîné pour apprendre à faire une chose qu’il était supposé savoir faire depuis la naissance.
Alors il avait essayé de faire comme lui. De respirer au même rythme. Et puis à un moment, entre ce début d’air fredonné, les baisers, les caresses, il avait lâché prise… il ne saurait même pas dire comment. Peut-être qu’il ne saurait même plus le refaire.
Il avait écouté les jolies notes… les baisers si doux… les caresses remplies d’amour qu’il n’était pas supposé goûter.

La voix de Mikio était toujours là. Les battements de son cœur, ses doigts essayaient de n’en louper aucun contre cette peau nue… ce n’était rien qu’un cauchemar.
Ce visage qui se laissait faire selon les endroits où son aîné l’embrassait, il n’avait pas envie d’être épargné d’une seule marque. Oui, malgré la honte. Efface les… s’il te plait Michan efface les. C’était bien ce que son regard avait semblé demander en croisant le sien… il ne voulait le voir que lui… sentir les marques d’amour plutôt que la souffrance, rien qu’un moment, rien qu’un peu… juste une pause pour goûter à cette magie.
Un souffle difficile, voire impossible… puis trop rapide… bruyant… qui était finalement devenu uniquement compliqué. S’il se bloquait encore parfois, s’il sentait ses poumons protester par moment, il n’avait plus cette impression horrible de se noyer à l’air libre.
Les sanglots s’étaient arrêtés et puis les larmes avaient accepté de se faire moins nombreuses. Pourtant, cette demande impossible, il l’avait bien faite avec le regard toujours embrumé.
Ce n’était pas bien. Ce n’était pas correct.
Oui, ces vérités étaient toujours dans sa tête mais en reposant le visage qu’il avait relevé sur cette épaule, c’était le désespoir plutôt que la honte qui l’avait emporté dans un souffle :

« Je voudrais tout oublier sauf toi… » il allait bien… ce n’était pas la version officielle qu’il devait s’imposer à jamais ? « … je voudrais qu’il n’y ait que toi… » c’était des vœux impossibles, interdits… des mots qu’il n’était pas en droit de formuler  « … vivre loin de tout… juste avec toi… rien que toi… oublier tout… même moi… et me souvenir que de toi… »

Rapidement, sa main avait essayé de cacher de nouvelles larmes avant qu’il n’opte pour une fugue stupide en enfouissant son visage dans le cou du coréen dans un bien trop tardif et inutile  « Pardon… » … c’était avant de souhaiter qu’il fallait s’excuser… c’était avant d’avoir à s’excuser qu’il fallait agir. Oui, il était vraiment pitoyable mais s’il avait écouté la raison, il aurait pu se cacher dans le noir qu’il n’était pas supposé quitter dans sa vie.
Et pourtant, il était là, à se raccrocher à cette lumière qui était la seule à pouvoir le réchauffer.


 
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     Jeu 13 Avr - 15:13

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Naomi

Il aurait voulu que ce soit plus simple. Mikio n’était pas assez naïf pour croire qu’un baiser ou deux auraient les propriétés magiques de rendre son souffle au garçon, mais l’entendre lutter à ce point… C’était tellement difficile. Mais si ça l’était pour lui, alors ça l’était doublement et même plus pour Naoki. Il avait mal… Tellement mal. Mikio le ressentait à chaque pénible inspiration que le plus jeune se forçait à prendre. Il n’avait jamais aussi bien entendu une respiration que celle-là… Il pouvait sentir qu’à chaque fois que Nao inhalait de l’air, ce dernier semblait seulement s’étouffer avec. Dans ses bras, il avait l’atroce impression que Nao se noyait… mais lui, tout ce qu’il pouvait faire, c’était continuer ces baisers qui n’avaient l’air d’avoir aucun sens, en bravant ses plaintes déchirantes, et le convaincre de se ménager… Parce qu’il semblait que la première bataille que livrer Naoki était bien contre lui-même. Cet air mauvais qu’il cherchait à agripper avec ses poumons, il se forçait à le chercher, se brusquait et son seul résultat était de s’épuiser en rendant chaque fois l’effort plus douloureux…
Doucement… Mikio s’entêtait à lui répéter et cherchait à lui montrer l’exemple sans pour autant faiblir dans son autre forme d’encouragement…
Ils devaient y arriver… tous les deux… Ils allaient y arriver.

Durant ces longues minutes où tous deux s’efforçaient à se concentrer sur l’autre, il eut un moment où Mikio faillit marquer une pause, troublé. Contre lui, la main de Naoki qui s’était jusque là désespérément cramponné à son coeur chercha à se frayer un autre chemin qui soutira un frisson au chanteur. Sa peau accueillit ses doigts froid et tremblants qui glissèrent jusqu’à leur même place, au plus proche de ses battements qui s’en étaient alors trouvé accéléré. C’était bête… Mikio avait dégluti et son regard avait légèrement coulé vers cette nouvelle forme qui se détachait sous son t-shirt… Oui, c’était bête de se troubler pour ce contact. Nao était très tactile, il avait l’habitude qu’il le touche, sans pour autant s’en lasser. Régulièrement, Mikio savourait ses mains sur son visage, sa nuque, ses bras, sa hanche… C’étaient des endroits où Nao parcouraient souvent sa peau. Son torse, il le touchait aussi… mais rarement directement. Ce n’était pas interdit, ni une des dernières maigres limites qu’ils s’imposaient… Il y avait seulement toujours un vêtement que Nao bravait rarement pour aller au delà de sa hanche… Alors, oui, ce contact lui avait fait louper un battement pour que son coeur ne se rattrape mieux la seconde suivante en s’affolant. Ses joues avaient légèrement rougi… mais comme il ferait passer ce frisson pour une conséquence de ces mains froides sur lui, il dirait que la chaleur de ses joues venait de ce visage qu’il embrassait encore… Parce que ce n’était pas le moment de buguer sur une chose aussi bête, tout comme il n’avait pas envie que Nao s’arrête… L’étudiant avait toujours été quelque peu obsédé par les battements de coeur de Mikio… Alors s’il avait besoin de les sentir mieux, de cette façon, Mikio ne l’en empêcherait pas… Si ça pouvait le calmer, le rassurer… Nao pouvait se perdre sur son torse autant qu’il le désirait.

Le Coréen avait fait de son mieux pour ne pas troubler ses gestes. Si ces conseils avaient laissé place à une mélodie qu’il improvisait désormais, ses caresses les lui répétait pour lui. Doucement. Ne pas se brusquer… Ca va aller Nao…. Il pouvait n’écouter que lui, se concentrer uniquement sur sa présence… C’était ce qu’il avait cherché à faire au fond en le serrant mieux contre lui tandis qu’il laissait sa voix remplir la tête de l’étudiant. Et pour ne lui laisser aucun répit, ses lèvres continuaient de s’apposer sur sa peau, inlassablement…. Combien de temps cela avait-il duré ? Il n’en savait rien. Longtemps ou tout juste quelques minutes… Il souhaitait seulement que ça s’arrête pour que Nao n’ait plus à souffrir….
Et puis, doucement… il lui sembla que les sanglots furent plus espacés, les tremblements moins violents, et son souffle moins douloureux. Doucement, Naoki eut l’air de se calmer. Pas complètement. Il sentait tout le poids de son cadet contre lui, trahissant son écrasante fatigue après cette lutte qui avait duré trop longtemps…. Nao était à bout de force, Mikio n’aurait su mieux le constater… Mais au moins, il semblait que cette crise touchait à sa fin.
Il ne se relâcha pas pour autant, pas plus qu’il desserra l’étreinte autour de l’étudiant. Ses caresses continuèrent et il apposa un baiser plus long au sommet de son crâne. « Ca va mieux ? »  murmura-t-il en entamant de caresser sa joue pour l’essuyer. Si les sanglots avaient pris fin, les larmes semblaient continuer de couler. Nao souffrait peut-être moins physiquement, mais il y avait une autre forme de douleur que Mikio était incapable d’atteindre… et il ne le comprit que trop en croisant son regard.
Son coeur s’écrasa dans sa poitrine. Pourquoi ? Pourquoi Naoki avait-il ce regard si implorant ? Quelle était cette supplication qu’il avait dans les yeux ? Pourquoi cette souffrance au fond de ses iris, Mikio ne pouvait-il pas l’effacer ? Il voulait l’éteindre cette douleur…. Celle dans son regard, dans sa tête, dans son coeur…. Tout devait disparaitre…. Mais sans doute que le chanteur se montrait trop gourmand. Une étape à la fois…. Il pouvait déjà s’estimer heureux que Nao parvienne de nouveau à respirer…. Et malgré ce poids trop lourd qui pesait sur le coeur de l’étudiant et que l’aîné voyait dans ses yeux , ce dernier vint apposer un autre baiser plus long  sur son front avant de le reprendre contre lui. Effacer sa peine à coup de baiser, si seulement….

« C’est bien Yeobu…. Tu vois ? Tu y arrives… c’est très bien…. »
Oui, il pouvait être fier de lui, il avait surmonté cette peine… mais malgré ces encouragements que Mikio pensait, un trop long soupir lui échappa. Parce qu’il ne pas ignorer cette question évident dont il était malheureusement sûr d’une partie de la réponse…. Combien de fois Naoki devait-il surmonter ça ? Tout seul…. Parce qu’il savait que ce n’était pas la première fois et s’il en faisait devant lui, c’était certainement pire lorsque le garçon se retrouvait seul…
Comment avait-il pu le laisser se débrouiller seul tout ce temps ? Pourquoi Nao ne le laissait-il pas l’aider ? L’imaginer suffoquer sans ses bras pour l’entourer… cette vision lui était insupportable….

Et puis lorsque de nouveau la voix de Naoki se fit entendre… Ce fut pour frapper son aîné en plein coeur. Cette demande, s’il ne s’y attendait pas, s’il ne la comprenait pas entièrement, elle trahissait bien trop de chose. La première : Naoki était à bout. Pas seulement physiquement…. et son ventre se tordit si fort que ses mains se crispèrent sur le corps du garçon. Ce souhait irréalisable était emplie d’un accablant et vertigineux désespoir que Mikio ne pouvait pas saisir dans son entièreté. Mais il comprenait certaines choses… Des choses cruelles qui le révoltaient et le faisaient hurler  intérieurement à l’injustice. Nao n’en pouvait plus… mais ce n’était malheureusement pas qu’une histoire de cauchemars… Ca, ce n’était qu’un des maigre spectre à peu près visible parmi toute cette immensité noire de Naoki que Mikio ignorait. Toutes ses choses lourdes, lancinantes, que le plus jeune trainait depuis…. Depuis, il ne savait pas combien de temps… Mais s’il ne pouvait pas le savoir, il le devinait. Longtemps. Trop longtemps…. et même sûrement depuis toujours. Parce qu’il y avait ce gosse… Celui qui se cachait en Nao, tapis, prostré, recroquevillé dans un coin sombre… Celui qui pleurait, celui qui ne pouvait pas faire ce si joli dessin qui aurait fait le bonheur d’un Coréen…. Celui-là que Mikio désespérait de pouvoir protéger mais qui était encore enfermé derrière de trop solides barrières obscures qu’il ne savait franchir…
Mais s’il ne pouvait l’atteindre, le constat était on ne peut plus clair… Naoki était un gamin. Un gamin qui portait mille souffrance dont il ignorait l’origine…. mais qui durait depuis trop longtemps. Les raisons, les causes, les sources… Ca lui échappait. Ce n’était que des hypothèses parmi toutes celles qu’il formulait chaque jour, mais celle-ci, il en était sûr… aussi sûr que son coeur n’avait pas arrêté de se serrer depuis que l’enfant avait repris la parole….

Mais malgré la douleur, sa main s’était faite douce à l’arrière de son crâne quand elle lui avait permis de mieux se réfugier dans son cou. Ses lèvres aussi, elles avaient marqué sa tempe et soufflé un « Sssht… » doucereux à cette excuse qu’il ne voulait pas entendre….

« Tu peux…. Si ça te fait du bien, alors concentre toi sur moi… Uniquement sur moi… Ne pense qu’à moi et oublie le reste… » C’était tout ce qu’il pouvait faire… lui donner l’occasion de reposer un peu son coeur et sa tête… ces deux parties de lui qui semblaient toujours se battre contre des choses qui n’avaient pas lieu d’exister. « Je voudrais pouvoir chasser toute cette souffrance de ta tête… » et il apposa un nouveau baiser sur sa tempe. « … et de ton coeur. J’aimerais de tout mon coeur te soulager Nao…. Mais tout ce que je peux te promettre maintenant, c’est que je serais toujours là pour toi. Tu pourras toujours compter sur moi…. Jamais je ne te laisserais, et si jamais on te dit le contraire, ça ne sera qu’un mensonge… Parce que je suis incapable de te laisser, Naoki… Tout comme moi je ne pourrais jamais t’oublier… Tu m’es trop précieux, Nao… » Aujourd’hui, de plus en plus, il trouvait se terme faible… si faible comparé à ses sentiments… « Ca, s’il te plait, ne l’oublie pas… que je t’aime. Je t’aime plus que tout au monde… Je t’aime comme je n’ai jamais aimé personne…. Tu ne l’oublies pas d’accord ? » Ses doigts s’étaient emmêlé dans ses cheveux à mesure que sa voix délivrait ces mots sous formes de confidences…. « Tu as le droit de te reposer sur moi, Naoki… Laisse toi aller, je ne te lâche pas, mh ? Je te promets… Je reste avec toi… »

Il déposa un ultime baiser sur la tempe de ce gosse qu’il aimait bien trop à en perdre la raison, et inspira doucement. Sans se soucier de ce coeur douloureux qui s’était accéléré, il pria sa gorge de se desserrer afin de laisser Nao se concentrer pleinement sur lui. Chanter… Nao aimait l’entendre… alors il entama classiquement Little Star pour couvrir le silence d’une ambiance douce sans cesser ses caresses dans les cheveux du garçon. Tendrement… Mais ne s’arrêtant pas à sa fin, il enchaina avec la même douceur et dans le même registre sur celle que Nao lui avait dédié juste avant son départ quelques semaines plus tôt…. A la place de la douleur, il préférait remplir son coeur d’étoile….  
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     Jeu 13 Avr - 22:10
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Sa tête n’avait fait que se hocher faiblement à la question de son aîné, ou peut-être qu’elle n’en n’avait pas eu la force et il n’avait que pensé le faire. Ses doigts en revanche, ils avaient bien glissé doucement contre les battements d’un cœur.
Les lèvres de Mikio…
…ses caresses…
… et ses battements…
C’était tout ce qu’il avait semblé chercher pour rester dans la réalité, pour en chasser le sang qui était encore sur ses mains plusieurs minutes en arrière.
De l’eau glaciale. Oui, c’était comme ça qu’il faisait d’habitude. Mais aujourd’hui, il avait bien trop vite accepté cette incapacité de « résoudre » ses problèmes de la manière habituelle. Il était resté contre la chaleur de Mikio et encore maintenant, il n’avait pas l’air de vouloir s’en éloigner.

Il pouvait y arriver.
Evidemment, tout le monde savait respirer.
Mais pour lui, c’était quelque chose de compliqué. Une épreuve quotidienne. Parce qu’il n’existait pas de la même manière que les autres, parce que sa place n’était définie qu’en tant qu’objet et pas en tant que créature avec le droit et le besoin d’air. Alors les félicitations de Mikio, elles avaient bien le droit de sonner dans sa tête comme quelque chose d’incroyable.
Il y était arrivé. Juste comme ça. Ou plutôt… grâce à la présence de Mikio. Sans lui… il y avait d’autres solutions, des solutions plus douloureuses qui semblaient mieux lui correspondre. Mais maintenant… épuisé, dans les bras de son coréen, les mains contre des battements que ses doigts semblaient chercher malgré sa faiblesse… c’était… étrange oui mais aussi… chaud et puis… il y avait cette impression que tant que Mikio le serrait assez fort contre lui, le cauchemar ne pourrait pas revenir. Il ne fermerait plus les yeux. Il resterait là, contre lui.

Oui, même si de nouveaux mots qui n’auraient jamais dû franchir ses lèvres s’étaient faits entendre dans sa chambre. Endormi ou isolé, le problème de ses larmes qu’il avait cachées dans le cou du coréen ne se serait pas posé.
Mais il n’aurait pas entendu ces mots-là. Ces mots qu’il n’était pas supposé entendre, ces mots impossibles pour lesquels son cœur avait émis des battements différents, étranges, trop rapides pour certains, incompréhensibles pour d’autres. Ils ne savaient pas pour lesquels ses lèvres s’étaient posées contre un cou pour de longues secondes, mais elles l’avaient fait sans donner de traduction à ce geste. Ces doigts, eux, ils n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de glisser à nouveau sur une peau pour justifier ce geste d’un dialogue étrange  « Quand tu dis je t’aime… ton cœur il ne bat pas pareil… » il n’avait probablement pas conscience de ne répondre à rien… son esprit embrumé ne faisait que dire sur le moment ce qui lui venait. La suite semblait se tenir un peu mieux… même si ce vœu resterait à jamais impossible pour lui « Je ne veux que toi… que de la lumière… » que lui… pas de Naoki… pas de Makoto… pas de passé… juste Michan… oui rien que lui… il se sentait tellement fatigué maintenant, comment est-ce qu’il allait faire pour ne pas dormir et rester conscient près de sa lumière ? « Tu viendras allumer si tout s’éteint ? » passant rapidement sa main libre sur ses joues, sa tête avait ensuite retrouvé sa place peu avant le début d’une musique pour laquelle il aurait dû demander à Mikio d’arrêter.

Il n’avait pas pu… il l’aimait beaucoup la voix de Mikio… c’était de loin l’une des plus belles choses de ce Monde oui… et puis tant que Mikio chantait, tout allait bien.
Même si cette voix menaçait de le bercer quand elle était assortie de caresses ?
Il ne l’avait pas stoppé. Il ne l’avait pas fait non plus à la deuxième chanson… elle était différente chantée par Mikio, il l’aimait vraiment beaucoup oui….
Mais après cette crise, il se sentait tellement épuisé qu’il n’était pas certain de tenir bon jusqu’à la dernière note.
Pourtant, il l’avait entendue. Il n’en n’avait pas profité pour retrouver plus de conscience et se raccrocher mieux au présent. Non, il avait soufflé sa fin d’une demande « Chante encore… s’il te plait… »


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Faiblement, il avait repoussé sa couverture qu’il avait remontée seulement quelques minutes plus tôt. Il avait chaud maintenant. Tout à l’heure il avait froid mais maintenant il avait chaud. La main qu’il avait passée sur son front avait chassé des gouttes qui ne tarderaient pas à être remplacées par de nouvelles. Il ne se sentait vraiment pas bien. Ça tournait. Ça tournait beaucoup pourtant il était allongé, toujours dans ce lit dans lequel il avait connu un nouveau cauchemar que Mikio avait chassé tout aussi difficilement que le premier avant de… il était où Mikio déjà ? Il avait dit quelque chose avant de quitter la chambre mais il avait oublié. Il se souvenait bien lui avoir lancé ce regard pitoyable, suppliant… mais il était parti parce qu’il devait… il devait… préparer quelque chose à manger, oui, c’était ça.
Il n’avait pas faim. Non… il avait seulement peur que l’absence du coréen ne provoque des hallucinations. Parce que quand il était là, qu’il le retenait contre lui, qu’il lui parlait tout en le caressant, il arrivait à ne se concentrer que sur lui… sa lumière….

Repassant son bras autour d’Umberto allongé contre lui, ses doigts avaient faiblement gratouillé sa nuque alors qu’il tentait de s’éclaircir la gorge. Ça piquait… ou brûlait… un peu… assez pour qu’il ne se mette à tousser quelques minutes plus tard s’obligeant ainsi à relâcher son chien pour mettre sa main devant la bouche.
C’était plus dans un but de silence. Parce que comme un idiot, il espérait probablement plaider encore la « non maladie »…. Il n’était pas malade. Non. Evidemment que non. Pas besoin de médecin. Il pourrait bientôt se lever et on en parlerait plus.
Si sa toux se calmait. Elle se faisait toujours entendre quand sa main était venue rechercher de quoi se couvrir pour le monter jusqu’à son cou. Il était frigorifié maintenant… ça n’allait peut-être pas tant que ça. Mais ça passerait vite, il l’espérait.
Parce qu’il avait l’impression de mourir de soif et qu’il pensait probablement pouvoir faire disparaître sa toux en avalant un peu d’eau, sa main s’était tendue pour se saisir de la bouteille.

Ses doigts l’avaient effleuré une seconde mais n’avaient pas été capables de s’en saisir. Elle était retombée sur le sol et tout avait déraillé dans sa tête.
Elle était fermée non ?
Alors pourquoi est-ce que le sol de sa chambre commençait à s’inonder. L’eau montait. Il y avait bien plus d’un litre et ça continuait. Ce n’était pas possible. Et tandis que sa toux se faisait plus violente, sa main avait fait le chemin jusqu’à son bras au lieu de choisir ses lèvres.
Il s’était pincé. Et le plus étrange, c’était qu’il l’avait senti.
Fermant son poing pour le porter jusqu’à sa bouche, ses yeux n’avaient pas quitté l’eau qui continuait de monter.
Ce n’était pas normal. S’il ne dormait pas, il ne pouvait pas se noyer. Et son père ne pouvait pas venir maintenant….
Alors, il avait fait ce vœu étrange… celui du choix de la plus petite souffrance. Et très fort, tandis que sa voix ne pouvait plus se faire entendre autrement que par cette toux, il avait pensé en boucle :
S’il vous plait, faites que je me noie


   
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     Dim 16 Avr - 0:21

just a spoonful of sugar
Naomi

Tandis que sa main se tendait vers le placard, Mikio marqua une nouvelle pause. Une nouvelle quinte de toux lui parvint de la chambre. Mh… Tu parles d’un simple rhume. Le Coréen poussa un soupire et récupéra un plat avant de recentrer son attention sur le papier légèrement froissé posé sur le plan de travail. C’était les recettes que Mamie lui avait refilé quelques semaines plus tôt….
Lorsqu’il avait quitté Naoki tout à l’heure, c’était avec l’idée de lui mettre quelque chose dans le ventre. S’il se doutait que lui faire avaler un truc serait difficile quand ses joues creuses trahissaient son absence d’appétit depuis trop longtemps, il voulait faire un plat qui lui apporterait les forces qu’il n’avait plus. Parce que son cadet demeurait épuisé… principalement à cause de ce sommeil qui en plus de lui faire défaut, se montrait inlassablement cruel avec lui… S’il n’avait pas chercher à l’endormir une seconde fois après cette première crise qui les avait secoué tous les deux, il avait bien senti Nao partir dans ses bras, emporté par la fatigue d’une lutte qu’il menait en vérité depuis des mois…. Et qu’il lui semblait impossible de remporter. Là, dans ses bras et en dépit des caresses du Coréen, Naoki s’était fait harponner par un nouveau cauchemar et comme la première, l’aîné passa de longues minutes à le rassurer. Et c’était toujours le coeur atrocement serré, désespérant de pas être capable de faire trouver à son protégé un sommeil convenable, qu’il l’avait étreint plus fort et s’était demandé…. Ca ne s’arrête jamais ?
C’est incroyable. Atroce. Impensable…. Comment Nao faisait-il ?
Il ne faisait pas… C’était bien ça le problème. Des solutions, des vraies, acceptables, le garçon n’en avait trouvé aucune et il s’épuisait depuis des mois contre semblait-il, les même songes….
Quant à la violence de ses crises, peut-être que le chanteur avait tenté de se persuader qu’il s’agissait de la fièvre… juste de la fièvre…. En vain.

Alors, c’était en se faisant violence qu’il avait quitté la chambre. Même si Nao était calmé, il ne voulait pas le laisser seul. Ca l’angoissait autant que le plus jeune… Et il avait eut encore plus de mal quand ce gosse lui avait lancé ce regard implorant. Oui…. Il voyait bien que Nao avait peur…. il voyait bien qu’il réclamait la présence de son aîné, tout comme il savait que laisser Nao dans la chambre sans surveillance était une très mauvaise idée. Mais il n’avait pas vraiment le choix, il fallait qu’il bouge s’il devait s’occuper de Nao… Prendre soin de lui, ce n’était pas uniquement rester dans le lit et le serrer dans ses bras. C’était aussi faire des choses qui déplairait au malade…. à commencer par l’empoisonnement qu’il s’apprêtait à concocter. Mais cas particulier….
Néanmoins, s’il demanda à Umberto de prendre place tout près de Nao, ce fut plus dans le but de le rassurer que de lui attribuer un garde fou. Sur son front, il avait laissé un baiser et la promesse qu’il n’était pas loin, qu’il revenait bientôt….

S’affairant dans la cuisine, ses pensées dérivèrent un instant et sans qu’il ne s’en rende compte, vint effleurer des doigts cette zone de son cou qui avait été marquée plus tôt. Les lèvres de Nao…. il n’y avait plus aussi souvent droit qu’avant. Enfin… avant, ou après cette soirée là… il ne savait plus très bien ce qui était normal ou non. Seulement que ce contact, durant une trop courte seconde, lui avait comme un choc électrique. Un doux choc… et son coeur s’était emballé comme il le faisait maintenant qu’il y repensait… S’il était encore près de lui, il était certain que Nao le remarquerait encore.

Mais ses gestes distraits prirent fin au même moment que le court de ses pensées quand les quintes se firent plus fortes et répétitives. Alerté, Mikio abandonna son homicide involontaire et retrouva le chemin de la chambre. Là, il avait trouvé son protégé - dieu merci - toujours dans le lit mais assaillit par la toux et clairement souffrant… Trop inquiet pour ne pas presser le pas jusqu’à son lit, il prit la peine de ramasser la bouteille mal rebouchée d’où s’était échappé quelques goutes. Nao avait-il tenté de boire ? « Redresse toi Nao, » dit doucement le chanteur en l’incitant à s’assoir pour supporter la toux. Il ne savait pas très bien pourquoi, mais sa mère et sa grand-mère lui disait toujours de se redresser quand il toussait… Il lui tendit la bouteille qu’il avait finalement dévissé avant de s’intéresser à son front qu’il toucha. Il retira rapidement sa main comme s’il était brûlé : « Merde, t’es brûlant… » Il n’était pas surpris. Désespéré mais pas surpris… Nao transpirait et peinait de plus en plus… A cette poussée de fièvre s’ajoutait cette toux contre laquelle on ne lui avait pas indiqué de comprimé. Il ne pouvait d’ailleurs pas déjà lui en redonner un autre contre la fièvre… Il tenta quand même de fouiller la pharmacie mais dépassé, il ébouriffa ses cheveux dans un geste nerveux…
Que faire ?? Tout tournait trop vite dans sa tête et en s’efforçant de ne pas céder à la panique il se tourna un instant vers son protégé dans le mal….
Il n’avait pas le choix….


Il était déjà devant la porte d’entrée quand on toqua. Comme s’il l’avait pressenti, il avait déjà amorcé le geste pour actionner la poignée. Ce ne fut pas sur leur Mexicain national que la porte s’ouvrit mais sur un autre visage bien familier du Coréen.
Kamiya Haruto. Son ami et sauveur dans finalement bien des situations… et voilà qu’elles concernaient de plus en plus son Italien.

« Merci d’être venu aussi vite… »

Son soupire était soulagé mais trahissait également sa fatigue et son soucis. Face à l’état de Naoki, il avait finalement pris la décision d’appeler un médecin. S’il n’avait rien dit d’autre à Nao qu’il revenait tout de suite, il avait pris son téléphone et sélectionné ce contact qui ne portait par la mention « docteur » pourtant. Haruto était psychiatre… mais il semblait à Mikio qu’il avait fait ses armes à l’hôpital. Sans doute qu’après sa rencontre avec cette Koteda, appeler n’importe quel médecin l’avait refroidi… Il avait confiance en Haruto et dans son désespoir, il avait finalement choisi de s’en remettre à son ami. Ainsi, plus nerveux qui ne l’aurait voulu, il avait lancé son s.o.s : « Haruto ? Je… J’ai besoin de toi. Naoki est malade, il a beaucoup de fièvre et… je sais plus quoi faire… Je peux pas appeler de médecin ni l’emmener à l’hôpital, c’est… enfin… est-ce que tu pourrais venir l’examiner toi ? S’il te plait… »
Et le voilà. Sa présence le rassurait quelque peu…. mais pas entièrement. Et sa nervosité était on ne peut plus visible tandis qu’il invitait son ami à rentrer. Au fond, il savait que le fait qu’il s’agisse de Haruto avait peu de chance de convaincre plus Naoki… mais avait-il vraiment le choix ?

Il encouragea son ami à le suivre jusqu’à la chambre où il l’arrêta juste avant de passer la porte. Il se pinça les lèvres, hésitant, mais chuchota finalement à l’intention d’Haruto : « Mh… évite de lui dire que t’es psy… » Si Naoki n’aimait pas les médecins, il imaginait que ceux dont le métier était de rentrer dans votre tête n’était pas sa tasse de thé non plus… Pas pour celui qui avait tant de secrets pour le Coréen.
Il passa devant dans un but préventif et rejoignit le lit de Naoki en s’asseyant doucement sur le bord comme l’aurait fait un parent avec son gosse. Non, Haruto n’était probablement pas préparé à ces scènes, pas plus qu’à la suite…

« Nao ? J’ai ramené un ami… Il est venu nous aider. Tu vas voir il est gentil…. tu veux bien le laisser te voir un peu ? »

Ne pas le brusquer ou le braquer…. C’était délicat, compliqué…. Plus encore qu’il ne l’avait anticipé.  
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Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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