Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Sam 11 Mar - 12:56
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Ce qu'elle foutait ?
ça avait commencé par cette question. Sans aucune formulation correcte, sans aucune politesse. Mais elle avait fait l'effort de ne pas répondre. Parce que c'était plus qu’évident ce qu'elle faisait non ? Elle montrait à qui Naoki appartenait ici.
D'accord, c'était un homme. Elle n'aurait pas dû en avoir besoin. D'accord aussi, quand Naoki l'avait appelé pour venir ici et lui avait dit ne pas être seul, elle avait pensé qu'elle jouerait un peu, rien qu'un peu. Pas trop. Probablement pas autant qu'elle l'avait fait là.
... Quoique. Après tout, lui prendre la main, puis l'embrasser, c'était des choses qu'elle était en droit de faire, non ? Naoki ne lui en tiendrait pas rigueur tant qu'elle ne disait pas ou ne laissait pas comprendre qu'il lui faisait des choses indécentes pour un simple bout de papier rempli.
Et puis quelque part, ridiculement, ça lui plaisait de montrer à des personnes de son entourage que Naoki était à elle plus qu'aux autres. Après tout, n'était-elle pas la seule à être venue ici ?
Probablement.
Mais plus probablement encore ce... peu importe son nom, l'avait agacé. Dès sa première réponse remplie d'humour, plus certainement en voyant la main de son amant lui dispenser de la tendresse qu'elle n'était même pas certaine d'avoir déjà eue, et encore plus à le voir toucher Naoki.
Ça l'avait toujours agacé. Ça l'agaçait déjà à l'époque venant de Megumi quand elle attendait encore son tour de son côté.

Mais au final, tout en serait revenu à ce baiser encouragé par le début d'une leçon de morale que le gueux n'était pas en droit de lui donner. Elle aurait apprécié que Naoki se montre un peu plus participatif, plus encore elle aurait aimé qu'il ne lui retire pas sa main plus tôt pour permettre à l’autre clochard d’en hériter. Mais ce n'était que des petits points qu'elle retenait pour l'addition qu'elle lui présenterait un autre jour à l'hôtel.
Bref, c'était à peu près là qu'elle avait commencé à se sentir réellement agacée. Le chien avait grogné, l'autre animal aussi quelque part... mais pour ce dernier, elle n'avait eu qu'un regard dédaigneux avant d'exiger de Naoki qu'il se débarrasse du chien. Il le savait pourtant qu'elle n'aimait pas ça. Elle avait toujours détesté les animaux, les chiens particulièrement. Et vu le comportement de cette bête, elle méritait clairement d'être piquée. Et elle ne parlait pas obligatoirement du chien ici :

« Naoki, s'il te plait, tu peux dire à ton colocataire si charmant que j'ai un doctorat et que, contrairement à d'autres ici, je sais lire et compter. »

C'était presque mignon la manière dont son employé l'avait fixé, comme s'il ne comprenait pas pourquoi elle disait un truc pareil tout à coup. En fait, il n'avait pas l'air de comprendre grand-chose à la situation. Pas étonnant, il semblait complètement shooté et d'un simple baiser, elle avait été capable de sentir que sa température était alarmante. Le primate n'avait pas été capable de lui donner quelque chose pour faire tomber la fièvre ? Quand on ne savait pas lire, difficile de déchiffrer les boites de médicaments remarque...
Bref, il était plus urgent de s'affairer sur le cas de l'animal de cette pièce au moins assez intelligent pour rapporter un bâton
Fixant la bête avec mépris, elle s'était franchement attendue à ce que Naoki obéisse. Parce qu'il avait besoin d'aide et qu'elle ne demandait pas grand-chose. Mais il avait regardé son chien et s'était visiblement laissé attendrir par la bête au point de ne pas lui obéir.
Ne pouvait-il pas au moins rentrer dans son jeu ? Montrer à l'autre crétin qu'elle avait de l'importance ? Parce qu'il commençait à se permettre des choses qu'on ne s'était jamais permises avec elle.

Elle s'était répétée de l'ignorer. Mais cette voix était si pénible ... « Et bien... regarde un peu de quoi tu as su t'entourer. C'est pour vivre avec des gens comme ça tu t'es mis à la colocation ? Naoki, il fallait me le dire, je t'aurais emmené au zoo si j'avais su. » méprisante, son regard était passé de bas en haut sur le clochard avant de se concentrer à nouveau sur sa propriété. S'il faisait sortir le chien maintenant, elle était prête à se montrer un peu plus clémente. Elle le savait que les cheveux, pour une raison obscure, il ne supportait pas qu'elle lui touche. Mais vu son comportement d'aujourd'hui, vu que ce geste était apparemment permis au primate, elle s'était attendue à une concession, pas à une humiliation en public.
Seulement voilà, elle n'avait pas eu le temps de réagir à cette main qui saisissait la sienne, elle n'avait même pas pu entendre ce qui était sorti de la bouche que Naoki venait d'ouvrir... mais elle avait l'impression que c'était un début de reproche. Et si l'autre n'était pas intervenu, elle aurait clairement pu entendre que la voix faible de celui qui lui appartenait venait de lui dire d'arrêter de parler de Mikio comme ça.

Mais difficile à saisir quand un homme qui avait été éduqué dans une porcherie vous repoussez de cette manière, sans la moindre délicatesse.

Sur le coup, elle en avait oublié que Naoki s’était détourné d’une affection qu’il devait subir. Tout ce qu’elle avait retenu c’était que ce moins que rien s’était permis de la dégager de ce lit où elle avait pourtant plus sa place que n’importe qui d’autre. Et ça avait été plus fort qu’elle « Mais je vais l’ausculter. » pas aujourd’hui, pas de la manière dont il l’entendait certes, mais elle comptait bien obtenir son paiement pour l’avance qu’elle était venue offrir aujourd’hui. Et elle ne ferait pas que doubler les tarifs, non, elle envisageait de les tripler.
A part cette remarque qu’elle avait jugé du plus bel effet et qui avait le mérite de ne pas trahir le prostitué qu’elle se payait, elle s’était montrée clémente jusque-là. Vraiment, elle aurait pu être bien plus méchante avec Naoki qui lui offrait tout un choix d’armes en la laissant entrer dans sa vie privée ce matin.
Mais elle s’était retenue. Elle avait été sympathique au-delà des accords. Et sa gentillesse avait des limites, elle s’arrêtait probablement face à un homme qui pensait avoir plus de droit qu’elle sur une personne qui ne lui devait rien… c’était à elle que Naoki devait tout. Et pourtant maintenant, il ne disait rien. Alors elle avait vu rouge.
Ses services ? Il y avait erreur là….


✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧✧


Il ne comprenait pas comment tout avait dégénéré à ce point. Il n’était même pas certain d’avoir pu saisir toute la scène. Un instant, il était là, ses doigts sur la peau de Mikio, celle où ils préféraient être. L’autre on lui volait ses gestes et il sentait ce désagréable marquage de territoire sur ses lèvres. Trop faible pour réellement protester, il lui semblait bien que sa bouche s’était ouverte pour le faire une nouvelle fois à un moment. Parce qu’elle avait mal parlé de Mikio et que son cœur ne le permettait pas.
Mikio, cette personne si parfaite, cette lumière dans sa vie si sombre… il n’était pas permis d’en dire du mal. Saeko ou une autre, sa bouche se serait ouverte dans tous les cas pour tenter de défendre cette personne si précieuse à ses yeux, à son cœur. Il n’en connaissait pas de plus belle, il n’en connaîtrait jamais de plus belle.
Et même s’il le savait que ce serait problématique pour lui plus tard, il n’avait pas pu s’en empêcher. Tant pis, il se ferait pardonner, ce n’était pas tant un problème que ça. Qu’importe le prix, qu’importe s’il le supportait ou non, il paierait. Parce qu’il n’avait pas d’autres choix.

Alors oui, il se souvenait bien qu’il avait besoin d’elle.
Il savait dans le fond qu’il aurait dû dire à Mikio de se calmer avant de trop vexer sa docteure. Mais tout ce qu’il avait pu faire c’était de le regarder un instant avec cette expression surprise et cette pensée stupide de se dire que les choses n’étaient pas supposées se passer comme ça. En tout cas pas dans la version idéale qu’il espérait. Et c’était probablement bien pire qu’il ne l’avait redouté.
Et puis, à un moment, la main qui reposait sur la sienne l’avait quitté, celle trop proche des cheveux qu’il protégeait stupidement s’était éloignée, et la sienne était passée sur son visage dans un soupir.
Ce n’était pas le moment de penser …
« j’ai mal à la tête »
« je suis fatigué »
Ou encore « ça tourne »
Ce n’était pas le moment de se plaindre… mais est-ce qu’il pouvait seulement le faire pour ne pas se sentir en état de réagir comme il aurait dû le faire.

Prendre la parole. Arranger les choses avec habilité. Ou même se lever, raccompagner Saeko à la porte et lui dire qu’ils se verraient plus tard. Puis revenir et calmer la situation. Il aurait souhaité en être capable….
Et s’il ne disait rien maintenant… s’il ne faisait rien… il craignait que Mikio comprenne… ce qu’il était.
Ce n’était pas grave non ? Puisqu’il l’était ? Ne l’avait-il pas pensé que ce n’était pas important ?
Si… pourtant, ça n’avait pas empêché à ses yeux de se relever vers Saeko à sa remarque. Non, elle n’avait rien voulu sous-entendre. Elle ne dirait rien…. Là-dessus, il pouvait lui faire confiance non ?
Pourtant, dans son regard, il avait senti une menace et sa bouche s’était ouverte mais ce n’était pas sa voix qui avait résonné dans sa chambre… et ce joli petit secret qu’il aurait aimé garder avait volé en éclat…

« Mes services ? » ses yeux s’étaient baissés sur les lèvres de Saeko et il y avait lu les mots avant de les entendre « Je crois qu’il y a un malentendu. Ce n’est pas moi qui les vends ici. » puis son regard s’était posé sur celui qu’elle payait pour permettre au sous-entendu de ne pas être pas tant caché que ça.
Il l’avait regardé quelques secondes avant de détourner ses yeux vers son chien. Ce n’était pas grave. Ce n’était rien. Il se l’était répété tandis qu’il s’était efforcé de faire comme si ça ne le touchait pas réellement. Sa main s’était perdue sur le crâne d’Umberto et il avait fait ce qu’il savait faire de mieux : prétendre.
Malheureusement pour lui, Mikio avait vexé sa docteure. Et évidemment, elle avait besoin d’une réparation après avoir tenté l’humiliation par vengeance. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir… après tout, elle n’avait pas menti et c’était probablement plus facile de s’en prendre à celui dont elle connaissait les faiblesses. Comment est-ce qu’elle aurait pu s’en prendre à quelqu’un d’aussi parfait que Mikio ? Il valait mieux qu’elle. Bien mieux que lui et il devait bien s’en rendre compte maintenant. Il n’était pas idiot… il avait dû le comprendre ce sous-entendu.
« Tu ne vas rien lui dire ? » lui dire quoi ? « Sois gentil avec le docteur Koteda sinon je devrais vendre mon corps ailleurs » ? Quelque chose comme ça ? « Je te préviens Naoki, si tu ne dis rien maintenant, je ne serais peut-être pas là quand tu auras besoin de moi. » il s’était mordu la lèvre mais il n’avait rien dit. Sa main avait persisté à distribuer des caresses sur son chien comme s’il n’avait rien entendu, comme si la réalité ne le blessait pas. Mais… « Et toi comme moi, on sait très bien que tu auras besoin. » … oui, il le savait qu’il en aurait besoin. En ce moment, il en avait déjà besoin. Alors son regard était passé de son chien à Saeko, de Saeko à Mikio. Il ne l’avait pas vraiment regardé dans les yeux mais sa bouche s’était ouverte « Michan… je… »... il ne comptait pas lui faire un reproche, son ton était plus désolé que fâché… et ça ne l’avait probablement pas aidé dans ses affaires. Mais il n’avait pas envie de lui faire de la peine et puis… c’était Michan… s’il lui avait déjà fait du mal, s’il en était conscient… son cœur n’avait pas cette force, il l’aimait trop pour la posséder. Plus certainement, il comptait lui demander de les laisser, s’excuser et lui dire que ça irait.
Mikio voulait qu’il voit un médecin après tout. A sa manière, il allait en voir une. Parce que… comment est-ce qu’il ferait si elle ne voulait plus le voir ? Il ne s’en sortirait pas sans elle… et s’il avait conscience que ça avait laissé trop de pouvoir dans sa vie à Saeko, il ne pouvait rien faire contre. Celui qu’il était n’avait pas les capacités de faire autrement…

Et puis Mikio… il était probablement déjà déçu de toute manière. Il avait déjà compris… alors à quoi bon ? Même s’il ne disait rien maintenant, il allait le laisser, s’en éloigner un minimum… non ? Il ne savait plus… les mots qu’il devait prononcer s’étaient fait confus un instant de trop dans sa tête et, dans cette hésitation, Saeko avait repris la parole « Michan ? C’est ça ton « Michan » ? C’est une blague. » il avait regardé à nouveau Saeko, il avait lu la colère dans ses yeux et il avait compris qu’il ne ferait pas que ramer. Pire encore, il avait trouvé dans ce regard quelque chose que l’enfant qu’il était connaissait trop bien… la volonté de l’humilier « Très bien. Tu veux quoi ? » il l’avait vu tirer son carnet d’ordonnances et sa bouche n’avait eu le temps de protester que d’un prénom « Sae… » ... qu’il n’avait pas terminé. Ce carnet qui s’était heurté à son visage avant de retomber ouvert sur le sol, c’était plus au cœur qu’il faisait mal en réalité.
Oui… peut être qu’il avait honte tout compte fait… son regard ne se serait pas baissé autrement, sous la couette, ses doigts ne se seraient pas cachés pour se torturer entre eux, sans s’épargner « Tu sais quoi ? Remplis-le tout seul, tu sais faire non ? … depuis le temps… »

Évidemment qu’il savait faire… c’était comme ça que tout avait commencé entre eux après tout…


   
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     Sam 11 Mar - 20:00

just a spoonful of sugar
Naomi

Les piques plus ou moins subtiles adressées à son encontre, ça lui passait clairement au dessus. Elle pouvait bien se moquer de lui ou le mépriser, ça n'atteignait pas le chanteur. Parce qu'il l'avait su dès le premier regard quel genre de femme elle était. Elle puait le dédain et le mépris d'une telle force que Mikio n'avait pas compris comment elle aurait pu être celle dont Naoki avait besoin maintenant. Il ne le comprenait toujours pas. Elle était de ceux qui se pensaient supérieur aux autres, parce qu'ils avaient réussi ou parce qu'ils venaient d'un milieu où c'était ce genre de "valeur" qui prédominait. Un milieu que Mikio ne fréquenterait jamais, bien sûr parce qu'il ferait tâche, mais surtout parce qu'il ne supportait ce type de mentalité. Non, Mikio ne jouerait pas à leur jeu en se pensant supérieur à ces gens-là... Ils ne méritaient même pas qu'il s'y attarde. Il avait surtout plus de pitié pour ces personnes qui ne voyaient pas à quel point ils étaient pauvres dans leur suffisance. A quel point cette femme était ridicule d'être aussi inconsciente de sa propre laideur. Elle pouvait bien avoir un joli visage ou corps parfait, ça ne suffisait pas à cacher ce qu'elle était vraiment. Mikio ne la connaissait que depuis quelques minutes... mais il savait déjà qu'il ne verrait jamais rien d'autre qu'une horrible femme qu'il regrettait déjà d'avoir laissé entrer chez eux.
Dans son petit jeu, le Coréen n'avait pas envie de rentrer. Pourtant, il y avait des tas de choses qu'il aurait pu lui rétorquer mais il était trop en colère pour jouer. Il n'y avait rien qui pouvait l'amuser dans son comportement... pas quand elle se permettait des choses aussi inadmissibles sous un toit qui n'était pas le sien. Avec un gosse qui ne lui appartenait pas. Chacun de ses mots lui donnait envie de grogner un peu plus. Chacun de ses gestes déplacés lui donnait envie de la virer dehors avec plus ou moins de force. Plus que moins.
A quoi elle jouait... Mikio avait peur de le deviner. Elle se permettait d'exiger des choses ou de toucher Naoki d'une façon parfaitement détestable.... Qu'est-ce qu'elle croyait ? Que Naoki était à elle ? Non. Jamais. Et même si c'était le cas - cette simple idée rendait Mikio fou de rage - ce n'était pas l'endroit pour le montrer. De droit, elle n'en avait aucun ici. Et elle vivait dans l'erreur si elle pensait que c'était une façon d'aimer Naoki... "aimer" ... Non. Si Mikio n'aimait probablement pas Nao de la bonne façon non plus, il savait que le sienne était infiniment plus louable que celle de cette personne.... Parce que lui, il ne se montrait pas méprisant avec le garçon et les personnes qu'il aimait. Et lui, il aimait Naoki comme personne ne l'aimerait de toute façon.... Koteda pouvait croire ce qu'elle voulait. C'était un combat perdu d'avance.

Mais le combat d'un coq contre une dinde était malvenu et ce n'était pas sa priorité. Non, pas quand ses yeux l'avaient fusillé une nouvelle fois à sa déclaration. L'ausculter.... C'était ce qu'il attendait d'elle mais il n'avait pas aimer sa manière de le dire. Il n'avait pas aimé ce qu'il avait ressenti. Ses yeux s'étaient plissés, mauvais. L'ausculter, elle ne l'avait toujours pas. Et il n'était pas sûre qu'elle le ferait vraiment. Parce que depuis qu'elle avait mis les pieds dans la chambre, elle ne s'était pas comporté une seule fois en docteur. Pas une fois, elle ne lui avait demandé comment Nao allait ou ce qui n'allait pas... Dès les premiers pas dans cette appartement, elle n'avait rien apporté d'autre qu'une présence néfaste.
Cette phrase, cette attitude... tout le dérangeait. Et si la fureur ne s'était pas calmée, son ventre se broya sous un terriblement pressentiment... Mais même à ce regard mauvais, Mikio n'aurait pas pu s'attendre la suite....

Ses sourcils se froncèrent. Le Coréen s'était figé, dévisageant celle qui soulignait le malentendu. Qu'est-ce qu'elle entendait par là ? Qui ? Vendre quoi ? Il avait à peine réussi à déglutir avant que tragiquement, ses yeux ne suivent le regard appuyé du docteur.
Naoki... quoi ?
Quels services ? De quoi parlait-elle ? Comment ? Pourquoi ?
Ses yeux étaient restés sur Naoki quelques secondes quand il ne l'avait plus regardé depuis, trop occupé à menacer son médecin du regard. Mais cette fois, ses yeux l'avaient fixé comme s'il avait cherché à mieux comprendre. Nao ne le regardait pas. Ce qu'elle venait de dire, Naoki n'avait pas envie de l'affronter dans le regard de Mikio. Pourtant, dans la tête de ce dernier tout s'était embrouillé. Il ne savait pas ce qu'il devait comprendre. Peut-être que si. Au fond, il n'arrivait même pas à se l'imaginer... Sans doute qu'il ne le voulait pas. Ce qu'elle disait ne semblait pas trouver de sens dans son esprit et l'incompréhension avait encore brillé dans son regard jusqu'à ce que la voix de Koteda ne retentisse à nouveau dans la pièce, lui faisant regagner l'attention du Coréen qui avait tourné son regard toujours aussi noir vers elle. Sans doute s'était-il même assombri... Malgré le trouble et cet élément perturbateur qu'elle venait de poser entre eux, Mikio ne supportait pas plus le ton qu'elle employait avec lui.
Pour qui se prenait-elle encore une fois ? Comment pouvait-elle penser avoir le moindre ascendant sur Naoki ? Comment osait-elle le menacer ?! De nouveau, l'aîné des garçons gronda. « Foutez-lui la paix ! » Qu'elle se taise... Qu'elle arrête d'intimider Naoki.... C'était ça son medecin ?? Mikio comprenait pourquoi son cadet les craignait tant alors.... « Pour qui vous vous prenez, putain ? » Sa ton était toujours aussi menaçant mais on était loin du rugissement qu'il avait laissé échapper plus tôt. Mikio était quelqu'un de calme. Il ne s'énervait pratiquement jamais... Un jamais qui avait été largement bousculé depuis que Naoki était rentré dans sa vie. Et aujourd'hui, Mikio ne s'était jamais senti autant en colère contre quelqu'un.... Parce que cette femme n'était pas seulement détestable. Elle était clairement mauvaise. Et elle l'était surtout envers Naoki.... Cependant, si Mikio aurait préférait baisser d'un ton parce qu'il était parvenu à se contenir de lui-même, il savait au fond qu'il s'agissait de ce trouble qui le trahissait en nouant sa gorge. Parce que les mots de Koteda sous-entendaient trop de choses que le Coréen ne voulait pas comprendre. Il savait pourtant qu'il le devait.... Mais il n'y arrivait pas. Il ne pouvait pas accepter cette idée que cette femme avait une telle emprise sur lui. Que ce genre de "consultation", Naoki l'avait déjà fait avec elle régulièrement.... Pire encore, c'était certainement arrivé trop souvent au cours des dernières semaines... Naoki était trop mal en point... C'était à elle qu'il s'en était remis... Et s'il ne le voulait pas, une part du chanteur le savait. Il avait compris ce que son coeur refusait de comprendre.... Même s'il refusait d'éclairer le mot "services".... Koteda connaissait les faiblesses de Naoki et en abusait. Et cette simple évidence le rendit fou au point qu'il amorça un nouveau pas menaçant vers cette femme.... Mais à son surnom, le Coréen s'était figé.
Oubliant ce qu'il s'apprêtait à faire, sa tête s'était de nouveau tournée vers l'étudiant tandis que sa poitrine s'était bien trop compressée à ce ton désolé.... Nao n'avait pas à subir ça. Il était malade, il endurait déjà tellement de choses... alors pourquoi devait-il lui infliger ça ? Pourquoi avait-il laissé rentrer cette femme dans sa chambre ? « Nao, je t'en prie... » Contrastant plus que nettement avec toutes ses vociférations précédentes, la voix de Mikio à la limite de la supplication avait voulu le faire taire. Nao n'avait pas à dire quoique ce soit... Il n'avait à obéir à cette femme.... Il n'avait pas à faire tout ça.... Quoiqu'il puisse s'agir et que le chanteur ne voulait pas entendre..... et qui rendait tellement douloureux ce regard sur lui... Ca ne pouvait pas être ça....

Mais parce qu'il n'avait pas entendu de chose assez détestable en dix minutes, il eut fallut que son surnom se retrouve dans la bouche de cette...... femme. Il préférait encore que Kana l'appelle "Mimi" jusqu'à la fin de sa vie plutôt que d'entendre Koteda le désigner une troisième fois. Mais s'il l'avait assassiné des yeux, il était bien trop en colère pour pousser la réflexion plus loin. Une partie de lui s'était pourtant bien demander comment le "médecin" de Nao pouvait connaître ce surnom. Mikio doutait fortement que Nao parle de lui aussi affectueusement à ses conquêtes.... et encore moins avec elle. Il ne comprenait pas mais ce ne fut rapidement plus sa priorité dès l'instant où il la vit tirer son carnet d’ordonnance. Durant une fraction de seconde, son coeur eut un étrange sursaut comme s'il anticipait que ce n'était pas bon signe... Koteda semblait furieuse pour des raisons qui lui échappaient en parti mais plus que tout....

« Quoi ? »

Ce qu'il voulait ? Qu'est-ce que ça signifiait encore ? Elle n'avait toujours pas l'air d'avoir l'intention de l'ausculter pour de vrai. Est-ce qu'elle voulait mettre fin à leur entretien rapidement sur le coup de la colère ? Mikio doutait qu'elle lui fasse gentiment une ordonnance dans ce cas.... C'était étrange et sa question l'avait fait tiquer pour autre chose. Mais avant qu'il ne puisse protester, il sursauta tandis que le carnet lui vola devant les yeux et son regard se reporta avec horreur sur le visage de son protégé qui avait été frappé de plein fouet. « ....! » Est-ce qu'elle venait vraiment de.... ? Horrifié, choqué, comme s'il était celui qui venait de recevoir sur le carnet à la figure, Mikio n'eut qu'une seconde d'hésitation, ne sachant s'il devait d'abord s'assurer que Nao allait bien ou régler son compte à cette s*lope de Koteda. Cette dernière décida de son sort tout seul.... et à peine eut-elle prononcé ses derniers mots que le sang de Mikio ne fit qu'un tour. En une fraction de seconde, le chanteur avait réduit la distance qui les séparait et sa main s'était brusquement saisi du bras de la doc. Sans réfléchir, uniquement animé par la colère, Mikio avait craché ce « Kisamaa...! » étonnamment nippon en repoussant Koteda contre l’armoire en face. Le vacarme provoqué par le dos de la femme plaqué contre la porte avait fait sursauter Umberto à présent debout sur ses quatre pattes. Mais Mikio ne s'était préoccupé de rien d'autre que de la maintenir éloignée de ce lit où reposait Naoki. Ses yeux s'étaient vissés plus noirs que jamais dans ceux de cette femme qui était devenu en quelque minute celle qu'il détestait le plus au monde. La rage aurait pu l'empêcher de les entendre.... mais tout ce qu'elle avait dit, malheureusement, ne lui avait pas échappé.... et cette main crispée sur l'épaule de Koteda en témoignait, tout comme le brasier de fureur qui brûlait dans son regard. Comment....? Comment osait-elle ?? « Espèce de .. » La douleur lui avait noué la gorge. Il ne pouvait plus faire comme s'il n'avait pas compris... mais le pire... le pire c'était ses derniers mots. Ceux qui sous-entendait trop de choses.... Depuis combien de temps ?? Depuis combien de temps cet horrible manège durait ? Depuis combien de temps Naoki faisait ça ? Et pourquoi ??
Mais dans ce regard où il avait plongé le sien, il avait trouvé une réponse qui lui glaça le sang. Elle comme lui le savait, ça ne voulait dire qu'une chose...
Depuis le temps signifiait depuis trop longtemps....
Cette femme faisait du mal à Naoki... Peu importe qu'il y consentait.... Elle ne lui apportait rien de bon... Rien...

« Sortez d'ici. »

Il asséna cet ordre d'un ton froid et ferme. S'il n'avait pas crié, ces trois mots ne laissait aucun place au doute quant à la colère noire qui les animait. « Ne remettez plus jamais les pieds ici. Mais surtout.... Ne touchez plus jamais Naoki. » Il ne le tolérerait plus. L'avis de Naoki ? Nao ne devait plus fréquenter une femme comme ça.... Il couchait avec qui il voulait... mais pas une personne aussi mauvaise qui se servait de ses faiblesses pour obtenir ce qu'elle voulait. « Et vous vous prétendez médecin ?! Vous me dégouttez. » Elle abusait de lui. Mikio ne savait pas si Nao osait croire qu'elle lui venait en aide... mais elle ne l'aidait pas. Peu importe à quel jeu ils jouaient... Naoki était épuisé, fiévreux, à bout de force.... ce n'était pas elle qui allait l'aider. Elle, elle ne faisait que le couler un peu plus quand il savait que Nao ne s'accordait déjà aucune importance... et ça le rendait malade. « Je vous interdits de l'approcher à nouveau, c'est clair ? » Appuyant cette défense de ses iris sombres plongées dans les siens... Mikio finit par relâcher sa prise et faire un demi pas en arrière. Il ne le lâcha pas des yeux au cas où l'envie de se montrer plus maligne lui prit... Elle devait partir. Il y veillerait si elle ouvrait ne serait-ce qu'encore une fois la bouche avant de prendre la porte....    
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     Dim 12 Mar - 0:06
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
C'était plus simple avant. Quand il était seul.
Il l'avait pensé.
Avant, il ne pouvait décevoir que lui. Et quand on ne pouvait humainement pas se détester plus qu'il ne se détestait, ce n'était pas si grave.
Avant son retour à Tokyo, avant Mikio, il n'y avait qu'à lui qu'il faisait du mal et ça aussi ça n'avait pas tellement d'importance. ça n'en n'avait jamais eu. Parce qu'il était formé à la douleur, une souffrance de plus ou de moins ne changeait pas grand chose au final. Et puis, ça lui correspondait bien tout ça... cette histoire avec Saeko. Il se l'était du moins toujours dit. Il avait conscience de ne pas valoir grand chose. Pire encore, il avait pensé qu'il "solutionnait" son problème de la manière qui lui correspondait le plus tout compte fait.
Avant, s'il avait honte, c'était plus facile de l'ignorer et de se dire que ce sentiment n'existait pas ou qu'il se confondait avec celle qu'il était supposé ressentir au quotidien pour être celui qu'il était.
La première fois avait été douloureuse.
La seconde aussi.
Mais au bout de la dixième, quelque chose comme ça, on finissait par se dire que ce n'était qu'une nouvelle routine qui cadrait bien avec notre vie. Quand on était une personne comme lui en tout cas....

Mais aujourd'hui, depuis quelques temps, il y avait cette personne dans sa vie.
Celui qu'il ne voulait pas décevoir. Celui pour lequel il avait pensé à plusieurs reprises... "qu'est-ce que Mikio dirait ?" ... ce qu'il dirait, il le savait très bien. Pas grand chose de bien. Ils ne venaient pas du même monde. ça aussi il y avait pensé. Il suffisait de regarder Mikio quelques secondes pour le voir.
Il était lumière.
Lui n'était qu'obscurité.
Son sourire était la chose la plus belle qu'il connaissait.
... quand le sien n'était que mensonges....
Il savait qu'il ne pourrait jamais lui ressembler, faire réellement partie de son univers... et pourtant le côtoyer tous les jours avait rendu les choses plus douloureuses.
Ce qu'il parvenait à trouver normal avant lui tordait plus certainement le coeur. Quand avant il se disait que ce n'était que le moyen de tenir debout encore un peu... il avait l'impression ces derniers temps que ça le fatiguait de plus en plus.
Parce que ça faisait mal... rentrer ici après avoir été... prostitué était sans aucun doute le terme.... ça faisait mal, de retrouver Mikio et de faire comme si. De plus en plus, il s'était senti coupable....

Jin Ah avait éveillé davantage cette culpabilité, les différences... et la sensation de ne pas mériter les gestes d'affection qu'il ne se refusait pourtant pas. Il n'en n'était pas capable ?
... ça ne l'excusait pas. Il en avait conscience, Mikio aurait dû savoir ce qu'il touchait... parce qu'en le laissant faire, il salissait en quelque sorte cette lumière qu'il trouvait si belle.
ça ne poserait plus de problèmes après aujourd'hui....
Muré dans son silence, il n'avait plus rien dit depuis ce dernier surnom, depuis que Mikio lui avait adressé la parole pour la dernière fois.
Est-ce qu'il le ferait encore après ça ?
Son coeur s'était serré un peu plus à cette pensée, ses doigts s'étaient torturés davantage et il n'avait rien dit... quand il aurait dû dire à Mikio de ne pas se fatiguer avec ça. Il n'avait pas à le défendre... il ne le méritait pas.

La colère de Mikio lui avait fait relever les yeux pour voir sa docteure se faire plaquer contre le placard sans douceur. Si sa bouche s'était ouverte, s'il avait bien prononcé un mot ou deux, ils avaient été noyés par le reste. Par les protestations de Saeko et ce « Vous êtes malade ! ». Sous le choc de cette scène, ses doigts avaient arrêté leur jeu quelques secondes pour se saisir de la couverture qu'ils avaient repoussé.
Oui, il avait pensé à se lever pour arrêter ça, il s'était même redressé légèrement dans son lit et sa tête qui s'était mise à lui tourner plus certainement lui avait soufflé qu'il n'y arriverait pas. Et s'il était persuadé de devoir faire quelque chose, il était beaucoup trop lent pour être réellement utile.
L'être pathétique qu'il était savait qu'il devait venir en aide à Saeko s'il voulait que leur petit accord tienne encore.
Pourtant, ce n'était pas pour elle qu'il voulait se lever. En fait, sur le moment, ces médicaments dont il avait tant besoin... il n'y avait même pas pensé. Il n'avait vu que Mikio... il n'y avait toujours que Mikio... quand il était là, ça ne pouvait être que lui. Alors ce nouveau « Michan… » ce n'était pas pour lui demander de se calmer, de la laisser et de ne pas parler sur ce ton à cette personne qui l'aidait... à sa manière... pas gratuitement, c'est vrai.

« Lachez-moi. » pourquoi les choses avaient dégénéré comme ça ? « Maintenant. » sa main s'était tendue vers le chevet pour s'y appuyer et son regard s'était perdu plusieurs secondes sur le carnet. Un peu plus, dans sa poitrine, son coeur s'était fait douloureux « Vous n'avez rien à voir dans notre arrangement. » peut-être parce qu'il s'inquiétait de voir Mikio perdre le contrôle, ses yeux s'étaient relevés. Il ne savait pas si Saeko s'était dégagée ou si Mikio l'avait relâché avant ses menaces... mais ça devait s'arrêter maintenant... il n'aurait jamais dû l'appeler, il avait commis une erreur, il ne pensait pas que... « Arrêtez… » trop faible, sa voix était bien loin de valoir celle de son médecin « Ferme-là Naoki. Regarde-toi, t'es même pas en état de tenir debout, qu'est-ce que... » ce n'était pas qu'il n'avait pas été capable de l'entendre, sa phrase, elle ne l'avait pas terminé. Un simple coup d'oeil à Mikio et elle s'éloignait vers la porte en tâchant de rester digne « T'auras qu'à venir me payer plus tard. » même si son ton n'était plus aussi assuré, elle tentait de garder la tête haute, elle cherchait le dernier mot pour repartir d'ici en ayant l'impression d'avoir remporté cette partie dont le but était vraisemblablement de l'humilier.

Elle n'avait pas perdu. Le seul perdant de l'histoire, c'était lui. Et au milieu de ses pensées où il essayait de faire taire le sentiment de honte, il n'avait même pas été capable de penser qu'elle se contredisait en soulignant que leur marché tenait toujours.
Ses pieds posés au sol après des efforts qui ne serviraient au final à rien, il ne s'était pas levé. Saeko avait ouvert la bouche pour en rajouter « Mais sois conscient que ça va te coûter cher, plus que les excuses pitoyables que tu trouveras. ». Il n'avait pas répondu, il n'avait pas bougé et ses yeux s'étaient baissés à nouveau vers le sol. Si elle cherchait à l'humilier un peu plus ou à faire comprendre à Mikio qu'il pouvait dire ce qu'il voulait, son colocataire était trop pitoyable pour ne pas revenir vers elle, il n'y avait pas réfléchi. Il s'agissait probablement des deux.
Oui. Il en avait besoin. Il ne savait pas comment il pourrait faire sans aujourd'hui. Il y avait bien eu des périodes où il l'avait moins vu mais il n'était pas à présent dans l'une d'entre elles.
Même si c'était plus douloureux. Même s'il aurait voulu ne pas être cette personne là pour Mikio... c'était pour lui qu'il voulait tant prétendre que tout allait bien maintenant. Paradoxalement, il se rendait plus pathétique à ses yeux en cherchant à l'être moins... mais est-ce qu'il y avait une autre solution pour lui ?
Dans sa vie, tout revenait toujours à la souffrance. ça avait toujours été comme ça... même avant le premier coup.

   
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     Dim 12 Mar - 3:05

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Naomi

Elle pouvait bien brailler, ce n'était pas en provoquant un peu plus le Coréen qu'elle se déferait de son emprise. Une nouvelle fois, Mikio avait grondé et sa main s'était faite plus ferme sur l'épaule de la femme. « Je me fous de votre arrangement ! Je le laisserais pas traiter avec une femme comme vous plus longtemps ! » C'était hors de question. Quoiqu'ils aient arrangé tous les deux, il ne pouvait pas fermer les yeux là dessus. Naoki était peut-être majeur et Mikio n'était pas son père.... mais il était surtout son protégé. La personne la plus précieuse à ses yeux. Et il ne pouvait pas prétendre vouloir son bien s'il le laissait aux griffes de cette.... personne. Mikio voulait que Nao aille mieux, qu'il remonte la pente qu'il avait dégringolé ces derniers temps.... Et cette Koteda n'était pas la personne qu'il lui fallait pour l'aider à le tirer vers le haut. Elle était mauvaise. Elle ne voulait pas son bien... elle, elle voulait une chose qu'elle n'était pas en droit d'exiger. Une chose qui rendait dingue Mikio rien qu'en effleurant l'idée... Elle n'avait pas le droit. Il ne la laisserait plus l'avoir.... Plus jamais. Tout comme il ne permettrait plus qu'elle lui fasse du mal, ne serait-ce qu'avec des mots.... Se plaçant entre elle et lui pour lui barrer la route, ses yeux lancèrent la foudre sur elle pour qu'elle ferme sa sale bouche. « Parlez lui encore comme ça et j'vous promets que vous allez le regretter votre doctorat. » En fait, qu'elle ose encore s'adresser à lui et il lui faisait bouffer son carnet d'ordonnance.

Heureusement, elle avait eu l'intelligence de ne pas terminer et de se diriger vers la porte comme Mikio le lui avait largement "suggéré". Malheureusement, l'intelligence fut de courte duré... Cette Koteda... Elle tenait à la vie ? Dès que sa voix retentit à nouveau dans la pièce, les poils de Mikio se hérissèrent, horripilé et furieux de ce qu'elle venait de lancer une nouvelle fois. Son objectif, le chanteur ne l'avait que trop  bien compris.... et ça le débectait. Cette femme était répugnante. Mais le dégoût était moindre dans ce nouveau regard remplit de rage qu'il venait de lui lancer. « Ca ne sera pas nécessaire, » répondit-il sèchement et aussitôt. A la place de Nao, oui. Mais il devait le faire pour son cadet.... Il ne voulait plus jamais qu'il ait à faire ça. Encore moins avec elle qui ne savait rien faire d'autre que le rabaisser plus bas que terre.... Jamais. Il se le promettait.
Seulement, Koteda ne semblait pas en avoir eu assez. Cette garce... elle n'en avait pas marre ? Elle était insupportable. Aucune voix ne l'avait jamais autant horripilé... « Mais merde, vous attendez quoi pour dégager ?! » cracha-t-il exaspéré. La patience semblait avoir disparu de ses traits de caractère et ne supportant plus de la voir ici, il poussa un soupire furieux et se décida à la chasser lui-même. Il attrapa son sac et son ordonnance avant de lui jeter dessus puis il la rejoignit rapidement pour empoigner son bras une nouvelle fois. « Foutez le camp j'vous dis. » Il l'avait tiré hors de la chambre sans lui laisser le temps de protester et ne l'avait pas écouté si elle l'avait fait. Rapidement, ils avaient traversé le salon et une fois à la porte, Mikio la jeta littéralement dehors. « Et ne vous approchez plus de lui, j'plaisante pas. Ou vous aurez affaire à moi. » Et sans s'infliger cette torture plus longtemps, le Coréen claqua la porte.

Cependant, il ne tourna pas tout de suite les talons. Il resta un moment devant la porte.... Est-ce qu'il surveillait qu'elle ne revienne pas malgré la porte fermée ? A vrai dire, Mikio avait surtout besoin de se calmer. Il sentait que trop le sang battre encore ses tempes.... Il ne s'était jamais énervé comme ça auparavant.... C'était bien la première fois qu'il sentait l'entièreté de son corps aussi fébrile. Passant une main sur son visage, son regard s'arrêta sur sa paume... Il tremblait. Le rythme de son coeur déjà frénétique s'accéléra. La nervosité, la colère.... la peur.... Tant de sentiments qui se mélangeait en lui. Il détestait céder à ses pulsions de rage. Ce n'était pas lui.... Il se revit cogner cette femme contre l'armoire... Et l'image le choqua, si fort qu'il fut pris d'un haut le coeur. Il n'avais jamais fait ça à personne... et encore moins à une femme.... Et cette vision, il l'avait imposé à Naoki....
.... Naoki.... Tout ce qui ne faisait pas déjà mal sembla se tordre pour se joindre à toute cette douleur qu'il ressentait.... Pourquoi ? Pourquoi Naoki....? Son regard se tourna en direction de la chambre. Il était tout seul... il devait y retourner. Auprès de lui....
Même après tout ça ? .... Surtout après tout ça.... Sinon, qui le ferait ?
Et comme une réponse à sa question, Kô apparut dans le salon, visiblement secoué par le vacarme que l'immeuble entier avait probablement entendu. La gorge de Mikio se noua tandis que son colocataire lui demanda ce qu'il s'était passé. Il avait entendu des cris... et il avait cru entendre la voix de Mikio... mais ça, c'était impossible.... pas vrai ? Mikio ne criait jamais.
Et il ne mentait jamais non plus. Mais il ne pouvait rien dire à Kô pour ce qu'il venait de se passer. Pour la doc... Il ne pouvait pas... Parce qu'il avait déjà lui-même du mal  à le digérer et... Kô n'avait pas à savoir... C'était mieux. De toute façon, il ne voyait pas trop comment lui dire une chose pareille alors... : « C'est rien, excuse moi.... Il y avait, mh... un nuisance dans la chambre. Le problème est réglé... Désolé de t'avoir réveillé. » Il devrait probablement le faire pour l'immeuble entier. C'était un coup à ce que Sharky leur tombe dessus.... mais il s'en moquait à cet instant. Si Kô avait eu l'air dubitatif, Mikio avait quand même ajouté dans la foulé. « Nao est malade. » Ca ne semblait pas vraiment avoir de rapport mais au moins ça axait la conversation sur autre chose et le sauvait d'une discussion délicate.
Kô devait partir travailler, mais il donna son accord pour s'occuper de leur cadet si besoin il y avait. Remerciant son ami d'une tape affectueuse sur l'épaule, Mikio était finalement reparti vers la chambre.... la boule au ventre.

Si la discussion avait Kô avait eu le mérite de le calmer un peu, revoir Nao le rendait nerveux. Après tout ce qu'il venait de se passer, ça n'allait pas être évident... pour aucun des deux. Mais il avait quand même passé la porte... et son regard s'était posé sur celui qui ne risquerait pas de croiser le sien sans aucun doute.... Déglutissant avec difficulté, il s'était rapproché du lit. Sans un mot, il avait remonté le draps sur lui sans manquer de douceur... oui, celle qui s'était faite totalement absente tout à l'heure avec le médecin. Il craignait la réaction de Naoki.... Il craignait beaucoup de choses.... son coeur s'était serré plus fort mais il avait fait en sorte de ne pas céder à la panique.... et sa main s'était tendue vers le gant qui n'était plus sur son front après toute cette agitation. « Je vais le rafraîchir... » Sa voix était un souffle... C'était comme si après les cris, il refusait qu'elle ne s'entende trop. Peut-être aussi parce que sa gorge était un peu nouée.
Doucement, il tapota de nouveau la place d'Umberto sur Naoki avant de caresser doucement sa tête pour le remercier d'avoir été un bon garçon... « Merci de veiller sur lui bambino... » Est-ce qu'Umberto se sentait aussi mal que lui pour avoir grogné pour la première fois de sa vie ? Leur compagnon était probablement celui qui le comprenait le plus à cet instant. Parce qu'au fond, s'ils s'en voulaient, ils savaient que leur grognement avait était justifié....

Sans un mot de plus, Mikio s'était levé pour quitter de nouveau la chambre avec le gant. En dépit de la nervosité, il n'avait pas traîne. Il ne voulait pas que Nao pense que son aîné le fuyait... alors une minute plus tard, Mikio était de retour avec un gant frais. Sans attendre, le chanteur avait regagné sa place mais avant d'appliquer le frais sur le front du malade, sa main s'était employée à venir le toucher. Doucement, avec une précaution infini comme s'il n'était pas sûr d'avoir le droit... mais il le prit. Et même sa main humide l'avait senti : Nao était encore bouillant. Le regard de Mikio s'embruma d'inquiétude tandis qu'il soufflait : « Ca n'a pas l'air de vouloir baisser.... » Son ventre se noua. Que faire ? Il ne pouvait pas juste continuer à effleurer son front du bout des doigts.... « Je ne sais pas si je peux te donner un autre comprimé... » Est-ce qu'il posait la question à Naoki ou bien réfléchissait-il à haute voix ? Probablement un peu des deux... Mais sans médecin compétant, Mikio était dans l'incertitude.... Sauf qu'il ne se voyait pas décrocher le téléphone tout de suite... Après ça....
C'est tout ? Ils n'allaient plus reparler ? Il ne voulait pas savoir si Nao avait d'autre doc en réserve ? C'était enrageant.... Mais Mikio n'était pas en colère contre lui. Pas contre Nao.... C'était plus de l'incompréhension à son égard... Comment pouvait-on en être arrivé là ? A quel point Nao était-il désespéré ? Mais la haine, il la réservait à cette femme qui avait profiter de la faiblesse de Naoki....
Il devait le faire. Même si c'était dur.... Passant le gant sur le visage du garçon avec une extrême douceur, Mikio avait fini par souffler, la gorge encore un peu nouée : « Excuse moi.. pour tout à l'heure... d'avoir crié... » Ca aussi, c'était important. Il s'en voulait vraiment... Nao n'aurait jamais dû assister à ça... Il aurait aimé gardé plus son sang-froid... Qu'est-ce qu'il pensait maintenant Nao ? Il était toujours son Michan.... Ca ne changeait pas.... Mikio l'espérait.... Avec difficulté, le chanteur déglutit sans cesser d'éponger lentement le visage de son protégé.... Il devait lui dire maintenant.

« Nao... Tu ne dois plus la revoir.... Je t'en prie... Tu dois me le promettre... »

Il ne devait plus faire ça... Plus jamais. Cette femme était la pire chose qui puisse être arrivé dans la vie de Naoki... ou l'une d'elle en tout cas. Parce qu'elle ne l'aidait en rien... Elle ne faisait que cacher les problèmes, voire les alimentait... Et surtout, l'emprise qu'elle avait sur Nao était clairement néfaste.... Elle ne devait plus jamais l'approcher... Jamais... Il ne le supporterait pas... Et son coeur était déjà bien trop douloureux quand il pensait à tout ce qu'elle avait dû lui faire subir... En fait, il ne voulait pas le savoir, pas l'imaginer... Parce que ça l’écœurait, ça le rendait fou.... Et il allait encore perdre le contrôle...    
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     Dim 12 Mar - 16:00
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EXORDIUM.
Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas se lever pour réparer le bordel qu'il avait foutu ?
Plus fermement, sa main s'était resserrée sur le chevet. Plus certainement, sa tête lui avait tournée... c'était à peine s'il avait pris appui sur ses jambes, il ne s'était même pas relevé de ce lit... il n'en n'avait plus la force.
Pourquoi ?
Il y arrivait si bien avant. Est-ce qu'il fallait vraiment qu'on le frappe pour qu'il parvienne à faire quelque chose ? Est-ce qu'il avait besoin d'être rendu plus misérable pour l'être moins ? Est-ce qu'il fallait donner raison à son père maintenant en prouvant qu'il avait besoin de violence pour être plus fort ?
Passant sa main libre sur son front, il avait soupiré et il ne s'était même pas rendu compte qu'une plainte avait quitté ses lèvres. Il voulait parler à la base. Il voulait dire quelque chose pour désamorcer une situation qui ne pouvait probablement plus l'être de toute manière. C'était trop tard, il aurait dû y penser avant de l'appeler. Et ça ne l'excusait pas vraiment de se dire que les choses n'étaient pas supposées se dérouler de cette manière.

Il ne blâmait pas Mikio pour avoir fait planter ce plan que lui n'aurait pas dû proposer à la base. Il ne pouvait même pas blâmer Saeko quand il était évident qu'il était celui qui avait commis une erreur. Pourtant, il se l'était tellement répété que la seule solution pour lui était de se lever et d'aller à l'hôtel. Mais il avait cédé comme un imbécile en cherchant un chemin qui le dérangerait moins.
Il pouvait être content de lui. Il avait tout gagné. Il n'avait pas vu de vrai médecin... et il avait tellement arrangé Mikio dans l'histoire.
Peiné, son regard s'était posé sur lui quelques secondes tandis qu'il prenait sa défense... encore....
Mikio ne méritait pas tout ça... il méritait bien mieux....
Il le connaissait comme une personne calme, si calme qu'il en était même apaisant... quand il s'énervait, c'était toujours de sa faute... il ne l'avait jamais vu s'énerver pour un autre motif qui ne portait pas le prénom "Naoki" dessus.
« Pardon… » c'était tout ce qu'il avait soufflé. Probablement que Saeko aurait trouvé à se moquer davantage de lui si Mikio n'avait pas décidé de l'aider à trouver la porte de leur appartement.
Bêtement, il avait fixé celle de sa chambre de longues secondes. Les derniers mots de Mikio lui étaient parvenus avant que le son de cette porte qui se referme avec force ne le fasse sursauter. Et il était resté tout aussi figé.
Clairement, il était doué pour foutre la merde... mais quand il s'agissait de réparer, il n'était bon à rien. Il ne savait que casser... il n'avait jamais fait que ça... est-ce qu'un jour dans sa vie il avait construit une jolie chose ?

Tetsuo... Tetsuo était une belle chose... imaginaire certes, mais il restait une belle invention.
... et il l'avait cassé.
Reina aurait pu être une belle histoire... mais qu'il savait destiné à se briser... et aujourd'hui, qu'il ait le droit d'avoir de la rancoeur ou non à son égard, il savait qu'elle ne devait pas prononcer son nom avec beaucoup de sympathie.
Thésée...
Daisuke...
Xialei...
... Mikio...
A combien de personnes est-ce qu'il avait fait du mal ? La liste était déjà longue... et la seule chose qu'il pouvait faire était de ne pas en oublier un seul nom. Toute la culpabilité qu'il pouvait ressentir était loin d'être suffisante, le prix n'était pas assez fort... mais se torturer, c'était la chose la plus honnête dont il était capable.
ça, et profiter de ce que les gens voudraient bien lui donner avant qu'il ne leur fasse du mal...

Pourquoi est-ce qu'il était encore là aujourd'hui ? Pourquoi est-ce qu'il n'était pas monté dans cet avion ?
Parce qu'il aimait Mikio ?
Plus qu'il n'avait jamais aimé personne d'autre... son coeur n'avait jamais battu de cette manière. Ses yeux ne s'étaient jamais perdus autant sur un sourire. Ses oreilles n'avaient jamais autant apprécié se coller contre le rythme d'un coeur si parfait. Ses doigts n'avaient jamais trouvé une peau plus douce... et la sienne n'avait jamais autant apprécié de l'affection.
... mais il s'en voudrait tellement s'il faisait tout planter pour Mikio. Il ne se le pardonnerait jamais.
Détournant les yeux vers son chien en l'entendant pigner à nouveau, sa main n'avait pas desserré le chevet pour autant mais l'autre s'était tendue vers le crâne d'Umberto dans un faible italien « Je suis désolé Bambino… » et à nouveau, il avait regardé cette porte par laquelle personne ne passait.

C'était mieux. S'il ne revenait pas. C'était plus juste. Plus logique.
« … » ça ne lui avait même pas pris une seconde pour baisser les yeux vers le sol lorsque Mikio était rentré dans sa chambre. Il s'était mordu la lèvre, s'était borné à fixer le parquet mais il avait fait preuve de cette obéissance étrange tout à coup. Sans que Mikio ne lui dise quoique ce soit, ses pieds avaient quitté le plancher pour se retrouver à nouveau sur le matelas, il s'était allongé sans qu'on lui demande de le faire et ses mains avaient même gardé le drap contre lui lorsque Mikio l'avait replacé.
... ce n'était pas vraiment une marque de sagesse pour ce dernier. C'était plus pratique pour reprendre ce jeu de torture sans trahir sa nervosité, le mal qu'il ressentait... non, il devait nier la honte. Il n'y en avait pas. Il était comme ça, c'est tout. Juste différent de Mikio et Kô mais ça ne devait pas l'atteindre.
Pourtant... oui, il avait trop honte pour lever les yeux vers son aîné à présent. Il avait trop peur pour risquer de croiser son regard. Trop peur de ce qu'il pourrait y lire et, égoïstement, son coeur cherchait à se protéger d'une douleur qu'il méritait pourtant de ressentir.
« … » la voix de Mikio n'avait pas fait entendre la sienne. Elle n'avait pas non plus fait relever les yeux à l'italien qui s'était borné à les garder vers le bas, même quand son chien avait repris sa place de gardien de prison.

Même seul dans la chambre, il n'avait pas bougé. Seuls ses doigts se torturaient à l'abri des regards.
Il aurait voulu être quelqu'un d'autre. Qu'importe qui, il n'aurait pas été difficile d'être mieux que lui. La seule chose qu'il demandait c'était de pouvoir être une personne proche de Mikio. Vraiment proche, ça aurait été encore mieux... quelqu'un qui pourrait passer chacune de ses journées à ses côtés.... Et quelqu'un d'assez bon pour se prétendre responsable d'une bonne partie des sourires du coréen.
Il aurait voulu pouvoir le rendre heureux.
Ne jamais penser qu'il lui avait fait du mal.
Ne jamais le regarder pour se dire qu'il risquait de l'abîmer à simplement l'aimer un peu trop.
... ça ... ça aurait été une vie pour laquelle il aurait eu envie de se battre. Pour cette vie, il aurait été capable de souhaiter respirer toujours un jour de plus. Pour cette vie, il aurait redouté ce "repos" qu'il ne faisait qu'attendre depuis trop d'années aujourd'hui.

Avec plus de fermeté, ses doigts s'étaient pincés en entendant Mikio revenir dans la chambre. Ceux sur son front l'avaient fait légèrement sursauter mais il n'avait rien dit. Il l'avait simplement pensé ce ne fais pas ça... il n'était pas obligé... il n'osait même pas imaginer ce que ça devait être pour Mikio de le toucher à présent.... Ecoeurant faisait probablement partie des adjectifs, alors pourquoi est-ce qu'il s'obstinait ?
Sous cette question, ses sourcils s'étaient froncés mais il n'avait pas osé relever le regard vers Mikio pour trouver une réponse. Il n'avait plus besoin de faire ça maintenant qu'il savait. Même de base, il n'était pas supposé être si gentil avec lui alors... pourquoi ? « … » c'était peut-être ce qu'il aurait demandé si la voix de Mikio ne l'avait pas coupé dans cette question qui revenait trop souvent dans ses pensées.
Evidemment qu'il pouvait... mais est-ce que lui pouvait lui dire ?
Passer pour le connaisseur, ou l'addict des médicaments maintenant n'arrangerait probablement pas son image.
Pouvait-elle être pire d'un autre côté ?
Alors, faiblement, il s'était contenté de hocher la tête.

Ce dont il avait réellement besoin, c'était de quelque chose pour le tenir éveillé. La fièvre, il aurait tout le temps de la faire baisser... à l'hôtel.... Plus que tout à l'heure, avant l'arrivée de Saeko, il avait envie d'être seul. Dans la chambre où il se rendait trop souvent. Dans ce monde qui lui ressemblait, sans lumière. Dans sa souffrance pour pouvoir s'épargner celle qu'il ressentait à présent et redoutait de ressentir davantage s'il relevait les yeux vers Mikio.
Quand il avait trop mal. Il devait se cacher. S'isoler. C'était comme ça qu'on l'avait éduqué.
Mikio voudrait bien le laisser maintenant... non ? S'il redemandait....
Il n'avait pas eu l'occasion de formuler sa demande avant que le chanteur ne le devance. Sous ses excuses, sa tête s'était secouée aussitôt « Non... c'est ma faute... c'est à moi de m'excuser... » pour l'avoir ramené ici alors qu'elle n'avait rien à y faire. Il pouvait bien avoir eu l'impression que Mikio ne lui laissait pas vraiment le choix, il aurait dû insister pour l'avoir et appeler Saeko une fois à l'hôtel « … pardon... » d'être comme ça... ... oui, au final, c'était probablement plus pour ça qu'il s'excusait que pour avoir passer le mauvais coup de téléphone.

Mais ce qu'il aurait pu dire ensuite... il en avait oublié tous les mots sous cette demande qui avait resserré son coeur. Peut-être que ses doigts s'étaient fait un peu plus mal pour détourner la douleur sur un endroit qui faisait moins souffrir...
Ce n'était pas possible...
Il ne pouvait pas lui promettre ça... parce que c'était une promesse qu'il ne tiendrait pas. Un temps, il le pourrait peut-être, en faisant des efforts... mais il finirait par la rappeler. Saeko avait raison. Elle ne se trompait pas. Elle était en droit de se sentir confiante là-dessus. Parce qu'il ne changerait jamais, il aurait toujours besoin... et il en avait pris l'habitude. C'était la solution de facilité... pourtant, elle n'était plus aussi simple qu'avant.... et elle ne l'avait jamais été réellement. ça avait d'abord été le seul moyen... un moyen qu'on ne remettait plus en question quand le mal était déjà fait. Un peu plus... un peu moins...
Même si... il aurait pu y avoir Mikio... c'était la vraie solution de facilité aujourd'hui... se reposer sur lui sans protester... c'était du moins la plus agréable et la moins douloureuse sur le moment... en Italie, pendant une nuit, il s'était reposé sur quelqu'un pour la première fois de sa vie... en toute confiance... les bras de Mikio, c'était vraiment le meilleur endroit où se trouver...

« … je suis désolé... je ne peux pas te promettre ça... » c'était impossible pour lui. Et ce qu'il pouvait faire de mieux, c'était s'excuser... « … j'aurai aimé être quelqu'un d'autre... » s'excuser d'être quelqu'un qui ne méritait pas l'affection que le coréen était en train de lui donner... « … tu peux y aller tu sais... t'es pas obligé de faire ça pour moi... » il se débrouillerait, pour aujourd'hui, il en avait assez fait comme ça... « … je suis désolé... » il aurait aimé moins s'excuser, avoir l'air de s'en moquer mieux que ça... mais c'était plus fort que lui, la culpabilité était trop forte. La honte qu'il prétendait ignorer... il n'était pas capable de le faire réellement.
C'était probablement normal... quand une personne comme Mikio touchait quelqu'un comme lui...


   
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     Dim 12 Mar - 19:30

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Naomi

Si, bien sûr que ses excuses étaient nécessaires. Mikio s'en voulait... Il n'aurait pas dû se montrer sous ce jour devant Naoki. Il détestait se mettre en colère... Ca ne lui arrivait jamais... Et il se faisait peur quand il était comme ça. Alors, s'effrayer lui-même... face à Naoki... Son coeur lui avait rappelé à quel point il avait désapprouvé son comportement. Mikio voulait être cette figure rassurante pour Nao et tout ce qu'il avait fait c'était hurler sur cette femme. Horrible. Atroce. Au fond, elle le méritait bien.... Mais est-ce qu'il aurait vraiment dû en arriver là ? Il avait pété les plombs. Elle l'avait rendu fou en s'en prenant à son protégé... Il ne regrettait pas de l'avoir chassé. Il devait l'éloigner de Naoki... mais il tenait quand même à s'excuser.... Parce que Nao n'avait pas à assister à ça.
Il ne savait pas trop s'il s'attendait à la réponse de Naoki. En fait, il n'était même pas sûr d’avoir droit à nouveau d'entendre sa voix.... Sa faute... Non, il ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas que Nao se blâme... Il avait déjà assez pris dans la figure.... Même s'il était celui qui l'avait contacté. Même si leur "arrangement" marchait visiblement depuis un moment et que ça le rendait fou de rage.... Il n'arrivait pas à être en colère contre Naoki. Il ne sentait pas trahit parce qu'il n'avait pas à l'être, mais pas non plus dégoûté ou méprisant... Il avait seulement du chagrin et de la douleur pour lui. Il ne les avait vu que quelques minutes ensemble mais ça lui avait suffit pour comprendre que Naoki ne faisait pas ça de bon coeur... et Mikio s'en voulait à présent deux fois plus d'avoir laissé faire une chose pareille durant tout ce temps. Nao avait besoin d'aide, de soutien, de quelque chose.... et il détestait l'idée que tout ce qu'il avait trouvé pour s'en sortir c'était cette solution qui n'en était pas une. Comment ? Pourquoi ? Pourquoi Nao n'avait pas un plus de respect pour lui-même ? Pourquoi continuait-il à croire qu'il n'était pas important ? Que lui, ce n'était pas grave... ? Pourquoi ne voyait-il pas que Mikio se soucier de lui, qu'il avait plus d'importance que n'importe qui à ses yeux...  Pourquoi ne pas s'en remettre à lui plutôt qu'à cette femme ? D'accord. Il n'était pas médecin et ils ne couchaient pas ensemble.... Mais Mikio lui accordait un million de fois plus de considération que cette Koteda. Il aurait pu être là pour lui.... Le soutenir mieux que ça. L'aider parce qu'il ne s'en sortait pas tout seul.... Nao ne serait probablement pas autant à bout de forces dans ce lit s'il s'était reposé sur lui... Il n'aurait pas eu à .... avec cette femme....
Mikio ne voulait pas qu'il s'excuse.... Et en guise de protestation, la main qui passait doucement le gant sur sa figure s'était faite plus douce. « Ssht... C'est bon... C'est fini maintenant... » Elle était partie. Mikio reprenait les choses en main... Et Naoki devait commencer par arrêter de se blâmer. Il se faisait suffisamment de mal tout seul... et Mikio ne le supportait déjà pas.

Mais pour que ce soit réellement fini, Nao devait lui promettre ne plus jamais faire ça. Nao devait l'aider... Mikio veillerait sur lui mais il ne pouvait pas toujours le forcer à faire les choses. C'était usant pour son coeur à la longue et ça lui donnait l'impression de faire l'inverse... le brimer, le gronder.... Quand il ne demandait qu'à l'aimer.
Est-ce qu'il y avait cru à une coopération directe ? Un peu.... Parce que maintenant que Mikio savait, il s'était dit que Nao n'arriverait plus à faire ça comme si de rien était... Mais il s'était encore trompé et sa poitrine s'était comprimée. « Nao... » Une ridicule protestation suppliante à ce premier refus... Sa lèvre avait tremblé malgré lui. Pourquoi ? Il devait arrêter... Il devait... « S'il te plait... Tu peux plus faire ça... » Il se faisait plus de mal que de bien. Si encore sa solution n'était pas cette Koteda... Non, bien sûr Mikio n'approuverait pas mais il lui semblait que Naoki pouvait difficilement choisir pire femme qu'elle... En même temps, quel autre médecin accepterait une telle chose ? Il n'y avait peut-être qu'une personne aussi vicieuse qu'elle pour acceptait une relation aussi malsaine. Fermer les yeux contre un plaisir qu'elle n'avait pas le droit de revendiquer.... Y penser à nouveau avait mis le chanteur terriblement mal à l'aise et sa main libre s'était serrée trop fort, réprimant un haut le coeur de dégoût mêlé à la rage qu'il éprouvait envers cette horrible personne....
Mais ça n'était pas Naoki. Ca ne serait jamais lui.... Ce n'était pas à lui de souhaiter d'être un autre... ce n'était pas à lui de se blâmer pour être misérable... Ces mots là, Nao les avait déjà prononcé. Ce soir-là, quand il était ivre, il avait arraché par quelques mots des larmes à Mikio qu'il n'aurait jamais cru verser... Et si ses yeux aujourd'hui avaient eu la décence de ne pas s'embrumer, la douleur restait la même et il avait secoué la tête. « Arrête... » Nao n'avait pas à souhaiter une telle chose quand il était déjà si précieux aux yeux de Mikio... Son coeur entier lui appartenait déjà... Nao souffrait mais ne se rendait pas compte de tout ce qu'il était pour lui... et ça faisait tellement mal à Mikio d'être incapable de lui faire ouvrir les yeux. Ne serait-ce que ne pas être capable de croiser ce regard qui le fuyait....

Son coeur s'était broyé un peu plus à la suite. Nao pensait qu'il ne voulait plus s'occuper de lui.... Peut-être qu'il aurait dû. Peut-être qu'un autre l'aurait fait... même s'il pensait réellement que cet autre était un connard... Parce que lui, il ne pouvait pas. Il ne l'avait même pas envisagé. Même après toute cette colère qu'il avait ressenti... abandonner Naoki était impensable... Il avait besoin de lui....
« Aller où ? » Le Coréen secoua la tête d'un air clairement désapprobateur avant que ses mains ne viennent trouver celle de Nao par dessus la couverture. Il les avait serré et son regard s'était intensifié sur lui même si les yeux de Nao s'obstinaient à ne pas le voir. « Dis pas de bêtises.... Je reste. Et t'as pas le choix.... » Il ne bougerait pas de cette chambre sauf si le motif concernait les soins de Naoki... mais pas une seconde sa volonté de s'occuper de lui n'avait été ébranlée... Il ne disait pas que cette histoire ne pas l'avait heurté... Si, bien sûr... mais ça ne changeait rien de ce qu'il ressentait pour Naoki.... Parce qu'ils ne voyaient visiblement pas la même choses tous les deux.... Non... sinon, sa main n'aurait pas abandonné le gant sur son front pour permettre à ses doigts frais de courir doucement sur la joue brûlante du garçon dans une caresse infiniment trop douce pour une personne en colère... Il ne s'y était attardé que quelques secondes avant que ses doigts ne se saisissent lentement du menton de l'étudiant, sans chercher à le relever. Là, son pouce était passé sur la bouche de Naoki comme s'il avait voulu l'essuyer... « T'as pas besoin de cette femme... » avait-il alors souffler sur un ton qu'il voulait persuasif sans être brusque. « C'est moi qui vais m'occuper de toi maintenant... Alors oublie ça... C'est sur moi que tu dois te reposer... » S'il avait laissé sa bouche tranquille, son pouce effleurait distraitement le coin de ses lèvres tandis que son autre main avait resserré sa prise sur la couette. « S'il te plait, Naoki... t'as pas à faire ça... » Et dans ses yeux, il y avait ce cris qu'il contenait plus qu'il ne voulait le faire croire... Tu m'as moi.... C'est tout ce qui compte.... Mais c'était incroyablement égoïste... Et il n'avait pas le droit de le penser... Tout comme ce qui motiva sans doute la phrase qu'il avait fini par souffler au bout de quelques seconde de pause... « Je ne veux plus que tu fasses ça... » Non, Mikio pouvait difficilement cacher ses propres raisons derrière cette demande qui résonnait comme bien trop personnelle... Parce qu'il ne supportait l'idée que cette femme pose encore ses mains, sa bouche ou ses yeux sur Naoki... Il n'arrivait pas à taire cette douleur affreuse dans sa poitrine... Il n'arrivait à faire comme si ça ne le rendait tout simplement pas fou qu'elle puisse abuser de celui que Mikio aimait....   
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     Dim 12 Mar - 22:49
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EXORDIUM.
Pourquoi est-ce qu'il était comme ça avec lui ?
Cette question, il se la posait déjà avant... mais maintenant, il le comprenait encore moins. Pourquoi Mikio était si gentil ? Cette main qui tentait de le rafraichir, elle distribuait tellement de tendresse par la même occasion, il ne la comprenait pas. Il ne la méritait pas... même son coeur qui s'était serré si fort le savait bien. Une personne comme Mikio ne devrait pas toucher quelqu'un comme lui. Ce n'était pas normal. Ce n'était pas juste. Ce n'était pas correct non plus. Pourquoi Mikio ne voyait pas tout ça ? Même s'il ne savait pas tout, il savait désormais quelque chose qui aurait dû lui donner l'envie de s'éloigner. Et pourtant, il était là, à passer ce gant de toilettes sur son front, à être doux avec lui autant qu'il l'était avant l'arrivée de Saeko et...
... non... plus... il avait la sensation que c'était plus. Et à cette idée, ses sourcils s'étaient légèrement froncés.
Quelle genre de personne était Mikio ?

Il ne pouvait pas être réel. C'était comme s'il était une nouvelle invention de son imagination. Une création pour le soutenir, l'apaiser, qu'importe la personne qu'il était...
... Mikio était bien ce voeu qu'il avait fait... mais être tendre à ce point là avec lui après ce qu'il venait d'apprendre et agir comme si c'était parfaitement normal de se trouver dans cette chambre si proche de lui...
Pourquoi ? Comment est-ce qu'il était supposé parvenir à comprendre quelque chose d'aussi illogique ?
On pouvait l'accuser de ne pas avoir eu les très bons exemples en matière de relations mais... depuis 21 ans, il le voyait... ce reflet dans un miroir sur lequel son regard préférait ne pas trop s'attarder quand il avait été forcé trop souvent de le faire....
Il la connaissait par coeur cette image de lui qu'il détestait et qu'il sous des montagnes d'apparence. Dans ses moindres défauts, toutes ses faiblesses et tout ce qui faisait de lui quelqu'un qui ne mériterait jamais rien de plus que ce que la vie lui avait donné.

Même s'il avait déconné, même s'il était sorti du chemin et qu'il s'était mis à chercher des choses qu'il n'aurait jamais dû goûter. Des expériences, des brides de vie, des tentatives de trouver une part de ce que son imagination cherchait à rêver plus jeune. Profiter un peu avant d'abandonner, ça avait été le but.
Et puis il y avait eu Mikio...
Mikio... c'était vraiment un joli prénom. Mais il n'avait pas que ça de beau. Il en aimait tout de lui. Le reflet que Mikio croisait dans le miroir, lui... il valait qu'on s'y perde. Son appareil photo ne pouvait qu'être d'accord avec ça. Même s'il ne parvenait jamais à lui rendre entièrement justice, il y avait parfois des expressions, un regard qu'il affectionnait particulièrement qu'il pouvait saisir en partie.
Depuis le temps, combien est-ce qu'il en avait de clichés ?
Trop pour ne pas passer pour un stalker probablement. Mais c'était plus fort que lui. Des souvenirs, qu'importe combien de temps il durait après Mikio, il n'en n'aurait jamais assez. De la vie du coréen, il aurait aimé pouvoir capturer chaque seconde.
Davantage encore, il aurait aimé avoir le droit d'en faire partie.

Mais pour avoir ce droit, il fallait commencer par faire des promesses qu'il ne ferait jamais. Être une autre personne, quelqu'un de plus fort, quelqu'un de moins misérable, quelqu'un qui se sentirait capable de regarder Mikio dans les yeux et de changer d'avis sous son insistance. Cette même insistance qui lui avait serré le coeur de son côté et l'avait fait se sentir plus coupable encore.
Il ne pouvait pas comprendre et lui n'était pas en droit d'exiger qu'il le fasse. Il ne savait pas trop les suppositions que son aîné pouvait faire... mais sans motif, et avec son argent... est-ce qu'il pouvait se dire qu'il faisait ça pour le plaisir ?
Est-ce que c'était important de toute manière ? Il l'avait fait... c'était tout... et il serait obligé de le refaire... aussi fort qu'il aurait aimé pouvoir faire cette promesse que Mikio lui demandait à présent d'entendre, il ne s'en sentait pas capable. Il le savait... il n'y arriverait pas.
Cette promesse, s'il la faisait aujourd'hui, il ne la tiendrait pas longtemps. Comment est-ce qu'il ferait sans Saeko ? La seule solution était de se reposer sur une personne qu'il s'était promis de ne plus faire souffrir... une personne qui ne pourrait pas toujours faire partie de sa vie...
Est-ce que Mikio avait l'air de quelqu'un qu'il avait épargné maintenant ?
... ça aurait été pire... non ? ... ça aurait été pire... évidemment... la réponse ne pouvait pas être différente...

« Pourquoi ? C'est rien... » cette réponse qui s'appliquait pour tellement de choses.... Son coeur le lui criait pourtant maintenant... que ce n'était pas rien... que si, ça faisait mal et qu'au lieu de s'aider, il ne faisait que rester plus certainement vers le bas, dans la souffrance où il avait le sentiment d'avoir sa place. Dans cette obscurité qu'il avait l'impression d'être parce qu'elle l'avait toujours entourée « C'est comme le faire avec une autre... » il n'avait pas envie de parler de ça... il avait trop honte, trop mal... mais il n'avait pas le choix, il devait prétendre. Le rôle de l'italien crétin devait s'adapter... ajouter cette partie comme si ce n'était qu'un fait sans importance... mais le seul à le connaître ce fait à présent, c'était également celui qui voyait plus que l'italien, celui à qui il avait donné à voir trop de faiblesses « … ça change rien, c'est juste que j'ai... » quelque chose en échange ? Pourquoi est-ce qu'il n'était pas capable de le formuler correctement ? Pourquoi est-ce que maintenant il ne pouvait pas relever les yeux vers Mikio et prétendre correctement que ça ne le touchait pas. Il savait mentir. Il pouvait le faire. Ce n'était que quelques efforts supplémentaires à fournir... « … j'ai... » les mots restaient bloqués dans sa gorge, comme si cette douleur au coeur l'empêchait de les formuler. Il y avait cette barrière, cette défense qui l'empêchait parce que ça ferait trop mal de le dire à Mikio... oui, même s'il savait déjà l'essentiel.

A la suite, à ce "arrête", sa tête s'était secouée et il avait eu le mérite de ne pas insister malgré la conviction que ça aurait été beaucoup mieux. Pour lui. Pour Mikio. S'il avait le pouvoir de se créer une nouvelle vie, il aurait arrêté celle-là maintenant pour obtenir cette chance trop belle d'être cette personne qui aurait le droit de vivre pour toujours aux côtés de celui qu'il aimait. Lui parler des heures, regarder son sourire, rester contre lui à écouter sa respiration ou le rythme de son coeur. La liste était si longue mais chaque ligne en était magique pour lui. Partir au bout du monde, se perdre en chemin et revenir avec de nouveaux projets... mais toujours des projets à deux. Lui redire "je t'aime"... en fait, c'était la première chose qu'il ferait. Et la deuxième ...
S'il avait osé relever les yeux maintenant, il savait sur quelle partie du visage son regard se serait perdu... avant que ce ne soit ses lèvres qui s'y perdent...
Pourquoi ?
Comme cet au revoir d'un soir... mais cette fois, ce ne serait pas un adieu. Ce serait juste une autre manière de lui dire qu'il l'aimait... une manière pour lui de souffler ce "toujours" qu'il ne pourrait jamais s'accorder dans cette vie là... le début d'un futur qu'il aurait enfin le droit de conjuguer avec Mikio.

Et maintenant, son aîné le savait bien où il devait aller... non ? Il devait le savoir. Sa bouche s'était ouverte pour lui souffler l'évidence mais à la place de mots un sursaut lui avait répondu quand ses mains avaient été privé du jeu qui les occupait depuis trop de temps. Coupable pour autre chose, ce sentiment d'être pris en flagrant délit lui avait fait se mordre la lèvre avant qu'il ne la libère pour souffler enfin .... « … loin de moi .... » ce n'était pas des bêtises... c'était juste logique, normal... Mikio n'avait pas à rester près de quelqu'un comme lui. Au fond, son aîné devait bien le savoir non ?
Alors pourquoi est-ce qu'il s'obstinait à être aussi tendre avec lui ? Pourquoi est-ce que ces doigts déposaient sur sa joue le même amour que la veille... ? Ce n'était pas correct, il était supposé l'arrêter... il le savait bien...
Et puis il y avait eu cette caresse sur sa lèvre et une courte seconde son regard s'était posé sur le menton de Mikio sans être capable de monter plus haut. Il s'était retenu de ne pas porter une main à son coeur et pour supporter cette souffrance, sa main avait serré à la place plus fermement celle de Mikio. Les mots de son aîné, cette supplication... ça faisait si mal de ne pas pouvoir simplement lui dire Je te promets...
C'était si douloureux de ne pas pouvoir répondre à ce qu'il lui demandait, à ce qu'il semblait souhaiter si fort à présent.

Il n'avait pas le droit de l'oublier qu'il ne pouvait pas se reposer sur Mikio. Pour tellement de raisons malgré ce coeur qui lui demandait pourquoi.
Oui, c'était plus agréable... oui, dans ces bras là, pour la première fois de sa vie, il s'était senti en sécurité et il avait ressenti le besoin de ne jamais les quitter... un souhait qui ne se réaliserait pas. Le jour où il ne pourrait plus goûter à cette tendresse que Mikio s'obstinait à lui donner viendrait trop vite.... Et après tout ce que le chanteur aurait fait pour lui, il l'abandonnerait sans aucune explication en espérant qu'il ne le fasse pas avec pour cadeau les jeux de son père....
Ce serait avant. Il se l'était promis. Mais plus il s'attardait, plus il prenait le risque de briser la promesse qui lui tenait aujourd'hui le plus à coeur.
Sa vision s'était faite plus floue mais ce n'était pas à cause de la fièvre. Il ne s'était même pas rendu compte tout de suite que des larmes coulaient à présent sur ses joues. Et quand il l'avait fait, il s'était maudit pour cette faiblesse, tout comme il se maudirait plus tard pour ces mots qui avaient franchi ses lèvres sans qu'il ne puisse les contrôler.

« … Je peux pas... j'ai toujours fait comme ça... » ... oui... toujours... depuis trop longtemps maintenant, il fonctionnait comme ça ... « … comment je vais faire sinon ? Je peux pas... » pour ce sanglot douloureux qui avait franchi ses lèvres, il s'était maudit à nouveau « … pardon... pardon Michan... je sais... je suis trop faible... je suis désolé... d'être cette personne là....» et puis, ce qu'il se refusait d'avouer, ce qu'il se niait à lui-même parfois pour se donner la force de continuer, ça lui avait échappé dans un souffle qu'il avait regretté aussitôt... « … j'ai honte... si honte de moi... » ... tellement regretté... comment est-ce qu'il était supposé prétendre que ça ne le touchait pas maintenant ? Qu'il était juste un italien stupide qui jouait les dépravés par ennui ?
... Le mensonge avec Mikio... il connaissait trop de limites.... Et son coeur avait atteint les siennes désormais. De sa main libre, il avait remonté le drap pour cacher son visage à la vue de Mikio... il en avait assez vu et lui avait à présent trop mal pour ne pas se cacher. Il avait toujours été si doué avec ça.
Dans son imagination particulièrement parce que c'était le seul endroit où son père ne pouvait pas l'atteindre si lui trouvait la force de s'y enfermer.


   
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     Mar 14 Mar - 0:46

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Naomi

C'était comme le faire avec une autre.... Mikio le savait mais au fond, que Nao le dise de cette façon... qu'il le rende réel avec des mots... Ca lui avait fait mal. Beaucoup trop mal. Et pour plus de raisons qu'il n'aurait dû en avoir....
Mais c'était uniquement pour celle qui valait d'être dénoncé qu'il avait secoué la tête. Ce n'était pas pareil. Ce n'était juste une autre sur laquelle Mikio aurait pu fermer les yeux parce qu'il n'avait pas son mot à dire. Elle... Elle n'avait rien d'une gentille conquête.... Elle, c'était autre chose qu'une nuit avec Naoki qu'elle désirait... C'était un plus qu'elle n'avait pas le droit de prendre... ou plutôt d'extorquer à Naoki. De lui arracher.... Le poing de Mikio se serra nerveusement. Rester calme.... C'était difficile quand ces simples pensées le mettait hors de lui. Il n'avait que trop vu comment elle agissait avec lui... Peu importe quel était leur arrangement, il n'était pas sain. Au delà de la morale, cette femme n'avait rien de bon à lui apporter.... Alors sa tête s'était secoué lentement. Il ne pouvait pas approuver. Il ne pouvait pas croire Naoki. Il savait qu'il mentait... Parce qu'il était impossible qu'il puisse apprécier cette femme. Elle était si mauvaise... et Nao trop gentil. Elle ne méritait pas de poser ses mains sur lui... Elle ne méritait pas que Nao lui accorde autant d'importance quoiqu'il dise qu'elle lui apportait...
Il avait dû faire taire la douleur qui lançait son coeur tanids que Naoki essayait de se défendre. Il n'était pas certain d'avoir envie que Nao finisse sa phrase... Et il ne l'avait pas laissé se débattre plus longtemps : « Ce n'est pas pareil. Tu le sais, je le sais... » C'était inutile de faire semblant. Mikio le voyait... Cette Koteda n'avait même eu l'intelligence d'avoir l'air douce. Mikio n'avait même eu besoin de prétexte pour dissimuler une jalousie qu'il n'était pas censé ressentir... Sa colère, Koteda l'avait justifiée seule.

Mais ça n'était pas un motif suffisant pour que le Coréen se mette à détester Naoki. Savoir sa doc avec Nao était détestable. Savoir ce qu'elle faisait et les méthodes qu'elle utilisait pour arriver à ses fins, aussi. Mais ce garçon que sa main n'avait pas cessé de caresser, que ses yeux n'avaient pas lâcher... Celui pour qui il n'avait pas de désire plus grand que le protéger... Celui-là, il n'arrivait pas à le blâmer. A le trouver méprisable... Il avait de la peine. Beaucoup de peine... mais aucun ressentiment envers lui. Ca semblait impossible... Même si ce qu'il avait fait n'était pas acceptable, même si Mikio en crèverait de savoir qu'il continuait.... Il ne pouvait pas juste tout arrêter et sortir de cette pièce. Il ne pouvait pas lâcher cette main et claquer la porte de sa chambre comme il l'avait fait avec celle de l'entrée. Il ne pouvait pas simplement arrêter de l'aimer.... Il n'y avait que ce sentiment plus grand qui lui broyait le ventre mais qui loin de le rebuter, le pousser à ne surtout pas s'éloigner.... Alors non... non, cette réponse ne lui allait pas. Peut-être que Nao ne comprenait mais pour son aîné, c'était évident et la question ne se posait même pas.... Il avait seulement envie de lui répéter d'arrêter de lui demander des choses impossibles.... Mais il y aurait visiblement toujours des choses sur lesquelles, tous les deux ne pourraient s'accorder. Il le déplorait... Parce qu'il aurait souhaité que Nao ait un peu plus confiance en lui... en son coeur.... Peut-être qu'alors, il n'aurait pas eu à s'en remettre à une femme qui voulait tout sauf son bien.... « Je peux pas... » avait-il alors tout simplement soufflé... et sa main s'était resserré sur la sienne tandis que son pouce en caressait le dos. Est-ce qu'un jour il le comprendrait..?  Que Mikio était parfaitement incapable de renoncer à lui.... Ce n'était ni par obligation ou par devoir qu'il s'obstinait... Mais  bien parce que si Nao avait besoin de lui, la réciproque était tout aussi vraie....

Et plus encore, il avait toujours ce besoin de le protéger. C'était maladif, déraisonnable, il en était conscient, mais c'était plus fort que lui. C'était un sentiment qui n'avait pas cessé de grandir chez lui. Il n'avait jamais lutté contre. Ce n'était peut-être très courant de ressentir ça pour son colocataire mais il n'y avait jamais vu le mal.... C'était juste plus fort que lui. De plus en plus... Il voulait préserver cette personne dont le bonheur semblait si précieux et surtout trop fragile.... Mais il n'avait jamais eu autant l'impression d'échouer ces derniers temps. Il ne le voyait que trop à ses sourires qu'il chérissait tant et qui n'avait eu de cesse de se faire plus rare... jusqu'à entièrement disparaître. Ses yeux ne riaient plus. Sa bouche ne distribuait plus que des mensonges qui ne rassuraient pas le Coréen comme ils le devaient. Mikio ne voulait plus entendre que ça allait... que ce n'était rien.... Il voulait faire en sorte que ces mots creux deviennent réels. Il s'était promis de reprendre les choses en main. Que Nao le veuille ou non, il allait l'aider.... mais son cadet devait aussi coopérer. A deux, ce serait plus facile... Le plus vieux ne voulait pas se battre contre celui qu'il était censé protéger... Alors il l'avait fixé désespérément avec encore cet espoir stupide mais tenace d'obtenir la réponse souhaitée... Mais tout ce qu'il avait eut, c'était cette main qui avait serré son coeur en serrant la sienne. Les yeux du chanteur s'étaient baissé sur cette étreinte... Que devait-il comprendre ? Nao s'accrochait-il à lui malgré son entêtement à se murer dans le silence ? Il voulait peut-être accepter au fond... mais qu'est-ce qu'il l'en empêchait ? Qu'est-ce qu'il avait raté ? Comment Mikio pouvait l’aider ?
Ses réponses, il les avait cherché sur un visage toujours baissé et dans des yeux qui refusaient toujours de croiser les siens.... Mais ses sourcils s'étaient froncés. Il ne le voyait pas correctement pourtant il lui avait semblé que.... Son coeur loupa un battement lorsque des premières gouttes s'écrasèrent sur le draps. Et puis sa poitrine se comprima comme jamais en comprenant que son protégé était tout simplement à bout...

« Naoki... » avait-il soufflé faiblement avant que le premier sanglot ne lui brise le coeur. Et puis des mots tout aussi douloureux avaient suivi... Ils étaient si dur à entendre et pourtant, ce qu'il ne pouvait pas lui reprocher, c'était leur manque d'honnêteté.... Pour la première fois depuis des semaines, la langue de l'étudiant sembla se délier. Son coeur était peut-être devenu trop lourd à porter à force....
Mais le chanteur l'avait laissé parler. Même si certaines vérité lui faisait mal, sa main n'avait fait que mieux se serrer sur la sienne... Comment était-il censé être en colère après lui ? Il ne l'entendait que trop bien dans cette voix tremblante... cette culpabilité et cette souffrance... C'était tellement injuste que quelqu'un comme Nao souffre à ce point. C'était même révoltant... Mais si blâmer Koteda était tentant, il se doutait qu'elle n'était qu'une partie de la souffrance de Nao. Une conséquence plus qu'une cause....
Les derniers mots de Nao achevèrent son coeur en le percutant violemment. Il avait honte.... Il ne le cachait plus. Ce qu'il avait essayé de prétendre jusqu'à présent s'était envolé en quelques sanglots.... Oui, si Nao n'était pas blessé, toutes ces larmes ne couleraient pas sur ses joues. Et tout chez son aîné s'était serré... sa gorge, son coeur, sa main... Il avait regardé ce garçon avec cette même peine dans les yeux... Non, c'était même plus. S'il détestait que Nao lui mente, ça ne lui faisait pas du bien de le voir souffrir... Il avait terriblement mal et chaque larme était une douleur de plus dans son coeur qui lui rappelait qu'il ne l'avait pas aidé quand il avait besoin de lui. Qu'il aurait pu peut-être lui éviter cette peine... cette honte.... Est-ce qu'il le pouvait maintenant ? L'aider.. ? Nao avait fait ça pour des raisons qui lui échappaient. S'en remettre à cette femme lui avait semblé être la meilleure et sûrement la seule solution... Pourquoi ? Pour une ordonnance... quelques médicaments... mais surtout pas de médecin ... Pourquoi s'infliger ça ? Comment Nao en était-il arriver là ?

Mais sa réflexion avait pris fin quand Nao avait décidé d'encore moins affronter le regard de Mikio en se réfugiant sous le draps. Une solution terriblement enfantine qui ne laissait aucun doute sur le sentiment de honte que l'étudiant ressentait... Ca n'effaçait pas ses sanglots de les cacher. Et ça n'avait en rien aider le coeur comprimé de Mikio... Ca lui faisait si mal. Mais il ne voulait pas que Nao se ferme à lui... Même s'il préférait se cacher, Mikio ne pouvait pas juste le laisser dans cette douleur là sans un mot....
Alors doucement, ravalant cette boule qui pesait dans sa gorge, il s'était décalé à côté de lui en se plaçant dans son sens. Doucement, sa main l'avait lâché pour pouvoir se poser sur son épaule avant qu'il ne souffle à voix basse, empreint de la même douceur que ses gestes : « Hé... Nao.... Fais moi une place... » En vérité, que Nao ait coopéré ou non, Mikio s'était débrouilé pour se frayer un passage dans les draps. Sa main avait glissé sous lui pour pouvoir le soulever et l'amener plus certainement contre lui. Là, ses bras l'avaient emprisonné et une de ses mains avait emmené sa tête dans son cou pour qu'il puisse s'y réfugier. Là, il avait le droit... C'était ici que Mikio voulait qu'il se laisse aller... C'était comme ça qu'il était convaincu qu'il pourrait l'aider.... Ses doigts plongèrent dans ses mèches qu'il caressa avec une certaine précaution mais surtout une infini tendresse... Quelques instants, il se contenta de le garder dans ses bras avant que de nouveau, sa voix ne franchisse ses lèvres : « Yeobu... ça va aller, d'accord ? Je vais t'aider.... Je suis là pour toi, je te laisse pas tomber.... » Ses bras s'étaient légèrement resserré autour de lui. Il avait forcé sa respiration à rester calme même si la douleur dans sa poitrine ne s'était pas apaisé... C'était Nao qui devait l'être. Avant tout de chose.... C'était lui qui était important... Lui qui était si précieux à ses yeux... « T'as plus besoin de te forcer maintenant... Tu peux lâcher prise... Parce que je suis là... je serais toujours là... et je lâcherais pas... » Nao n'avait plus besoin de s'épuiser et se faire du mal. Il pouvait se reposer sur lui... C'était tout ce que Mikio demandait... Assurer ce rôle qu'il s'était lui-même attribué mais pour lequel il ne s'était jamais autant senti impliqué.
Parce qu'au fond... peut-être qu'il y croyait... à ce vœu qu'avait fait cet enfant un jour...    
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     Dim 19 Mar - 12:41
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EXORDIUM.
A chaque fois. Toujours. Systématiquement, il fallait qu'il plante tout. Pourquoi est-ce qu'il était comme ça ? Comment il avait fait pour tout gâcher à ce point ? Pourquoi de tous les chemins possibles, il prenait toujours les mauvais ? Ceux qui faisaient mal à Mikio. Ceux qui empiraient la situation.
... et ceux qui laissaient trop voir cette partie de lui qu'il avait cachée si bien pendant des années....
Il pouvait y mettre les efforts qu'il voulait, le résultat était toujours le même. Il s'était pourtant si bien débrouillé avant. Enfin... comme son père le voulait et au mieux. Mais aujourd'hui... aujourd'hui, tout ce qu'il pouvait faire, c'était se répéter qu'il aurait dû se montrer plus ferme et aller à l'hôtel. Voir Saeko là-bas. Rester là-bas. Et rentrer quand il irait mieux...
... comme si de rien était ?
... oui mais... ce n'était pas comme si il pouvait simplement rester là dans cet état.... Cet hôtel c'était la seule solution pour lui. Saeko avait été la seule solution avant de devenir celle dont il avait déjà expérimenté suffisamment la souffrance pour ne plus résister contre quelque chose qui lui allait bien... c'était tout lui... un truc aussi sale... et ça correspondait aussi plutôt bien à l'italien qui habitait ici depuis un an. Coucher contre quelque chose ou non, de toute manière, où était la différence ?

« Ce n'est pas pareil. Tu le sais, je le sais... »
Oui... dans le fond, il le savait.... Mais c'était plus simple de faire comme si.
Faire comme si on voulait devenir comme papa.
Comme si on pouvait tenir debout sans souffrir à chaque pas.
Comme si on n'était pas malade.
Comme si on était quelqu'un de bien... ou pas trop mal... en tout cas normal.
Comme si, au fond de nous, on ne cachait pas quelqu'un qui n'était pas fait pour vivre. Quelqu'un qui n'avait pas besoin de faire comme si... il aurait été plus logique pour lui d'arrêter les efforts et d'abandonner des années en arrière.
Mais il était là ce secret. A tenir cette main dans la sienne.
Parce que c'était lui n'est-ce pas ? Lui dont Mikio parvenait toujours à ramener une partie un peu en surface ?
Oui, il avait toujours été bon à cache-cache, pour mentir, ou tenir des masques... mais il n'était pas assez bon face à une personne comme Mikio.

Et Mikio, lui, il était si doué pour s'obstiner à rester à ses côtés. Alors qu'il avait toutes les raisons maintenant pour le laisser là, dans l'obscurité qu'il recherchait de toute manière.
Quelqu'un comme Mikio ne pouvait pas être autant attaché à lui. Encore moins quand il en voyait autant. Peut-être qu'il hallucinait.... Peut-être que maintenant Mikio ne se trouvait plus dans cette chambre avec lui.
Mais si c'était une hallucination, il le savait, ce ne serait pas Mikio qu'il verrait maintenant. Ou alors l'apparition serait brève, elle ne servirait qu'à lui faire du mal avant que le cauchemar ne se mette en place. Parce que quand il rêvait, il le faisait avec Mikio, chaque jour où il avait le droit de serrer cette main dans la sienne. Il lui avait appris tellement de jolies choses Mikio... et aujourd'hui, lui, il le remerciait comme ça.
De la culpabilité, dans le fond, il n'en ressentirait jamais assez pour payer tout ce mal qu'il causait. La honte aidait dans la justice.

Craquer comme il venait de le faire, il n'en n'avait pas le droit.
Est-ce qu'il pouvait tout mettre sur le compte de la fatigue ? Cette fatigue qu'il n'était même pas supposé afficher si clairement....
Est-ce que demain, il pourrait prétendre qu'il n'avait pas admis avoir honte devant Mikio ? Qu'il ne se l'était pas plus admis à lui-même pour pouvoir simplement recommencer ce jeu qui ne l'amusait pas, il ne l'avait jamais amusé. Et parfois, il regrettait d'être allé la voir ce premier soir. Il regrettait de l'avoir prise cette première ordonnance.
Il était déjà si bas dans le fond, il ne pouvait pas descendre davantage...
Combien de fois est-ce qu'il l'avait pensé cette phrase pour se motiver à continuer ?
Trop de fois... il la repensait beaucoup ces derniers temps mais ce n'était plus ce qu'il se disait le plus.
Qu'est-ce que penserait Mikio ?
Est-ce qu'il serait beaucoup déçu ?
Des questions avec le coréen et de nombreuses pensées autour de lui. Quand il se retrouvait dans cette chambre d'hôtel, il voyait toutes ces différences entre eux. Quand il en refermait la porte pour rentrer ici et retrouver injustement les bras qui lui avaient tant manqué, c'était comme allumer la lumière.
Ça faisait un peu mal parfois parce qu'il se sentait trop sombre et trop sali pour y avoir le droit. Mais son coeur ... attends... laisse-moi battre un peu... ... il lui soufflait toujours des mots de faiblesse.

Pour au final le lâcher maintenant.
La cachette était pitoyable mais c'était la première qui lui était venue. Il se serait trouvé à l'hôtel, encore une fois, ça aurait été plus simple. Il aurait pu affronter ça tout seul, se remettre à prétendre sans que le regard de quelqu'un ne souligne qu'il avait tout vu... sans que la présence de cette personne dont on était si proche nous empêche de mentir.
Il n'était pas supposé dire ça. Il le savait. Cette main qui retenait la sienne, il n'était pas supposé la serrer en retour non plus.
Est-ce que c'était Mikio ou le fait d'aimer une personne si fort qui le rendait si faible ? Incapable de se détacher quand il devrait être loin depuis longtemps ? Ou honnête... toujours plus honnête...
Parce que dans le fond, s'il savait où il aurait dû se trouver maintenant, une place choisie au hasard dans le monde.
Il savait aussi où il avait envie d'être.
Ici. Avec Mikio. Proche de lui.

Incapable de prononcer le moindre mot, sa bouche s'était pourtant ouverte pour protester lorsqu'il avait senti le drap s'échapper de son poing. Il aurait voulu lui demander de le laisser là, de ne pas le regarder maintenant, de lui donner un peu de temps pour se reprendre. Mentir aussi... lui dire que ça allait... que ça irait... mettre ça sur le compte d'un peu de fatigue, il ne savait pas trop....
Mais il n'y avait eu que ce « … Michan... » capable de franchir ses lèvres avant qu'il ne cherche à lui cacher son visage...
... qu'un temps. La cachette que Mikio venait de lui fournir, il n'avait pas cherché tant que ça à en partir... pour donner du poids à la suite, il aurait pourtant dû. Même s'il n'en n'avait pas la force, il aurait dû essayer mieux parce que cette réponse coupée par des sanglots qu'il voulait taire « … Tu... tu devrais pas... me toucher... tu sais... maintenant... c'est pas bien... », elle aurait été mieux accompagnée. Ce n'était pas bien, ce n'était pas correct pour lui, pourquoi est-ce qu'il faisait ça ?

Parce qu'il était là pour lui....
Toujours ?
... il savait bien que non de son côté... et maintenant... maintenant... « … Je suis désolé... » ... ce n'était pas bien... ça l'était encore moins d'enfouir son visage dans son cou. Mais peut-être que parmi les nombreux désolés qu'il avait laissé franchir ses lèvres, il y en avait un pour cette peau qui rencontrait ses larmes.
La même chose, en boucle. Les mêmes excuses inutiles. Il n'avait même pas entendu Umberto pigner à nouveau. Il ne l'avait pas vu non plus regarder cette scène avec cet air entre l'incompréhension et l'inquiétude.
Et au milieu de ses nombreuses excuses, au milieu de larmes que sa raison lui demandait de ne plus verser, il y avait eu ce « pourquoi ? » mais il n'était pas pour ce coréen qui l'aimait toujours malgré tout « Pourquoi je ne peux pas être quelqu'un d'autre ? »
Parce que tu es né pour ça...
Oui... son père l'avait commandé pour ça...
Il ne pouvait pas être quelqu'un d'autre parce qu'il n'était pas une personne à la base.
Il n'était personne. Juste une commande. Pas aussi bonne que son père l'avait espéré mais il restait un objet avec des fonctions propres...

« … Je suis désolé... » mais pour s’excuser, il était bon. Bon même en sachant que c’était inutile. Il pourrait le faire en boucle jusqu’à la fin de sa vie, ce ne serait jamais suffisant.
Les mains qu’il avait ramenées contre son torse dès que Mikio l’avait attiré s’étaient serrées plus fermement entre elles. Mais, malgré ce geste de défense, malgré cette tentative de continuer à se cacher derrière quelques chose, c’était bien toujours le creux de l’épaule du chanteur que son souffle chatouillait. C’était bien son cou que ses larmes attaquaient. Et c’était les caresses de son tant aimé Michan qu’il ne repoussait pas.
Ce n’était pas correct. Et pourtant, c’était bien son corps qui venait de pousser contre un autre pour s’y coller mieux, son visage qui cherchait à rester dans cette cachette chaude, agréable… un endroit rempli de tendresse plutôt qu’un endroit froid et désert dans lequel il se sentirait dans son élément, chez lui.


   

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     Dim 19 Mar - 18:31

just a spoonful of sugar
Naomi

Alors qu'était-il supposé faire maintenant ? Tout arrêter ? Quitter cette chambre et laisser Naoki sous ce draps parce qu'il l'avait bien mérité ? C'était vraiment ce que voulait l'étudiant ? Probablement. Mais il se fourvoyait sur toute la ligne s'il pensait réellement que Mikio en était capable. S'il en avait seulement la volonté... Si Nao pensait que son aîné pouvait le faire, alors ce dernier ne s'y était pas assez bien pris ces derniers mois... De l'affection, il ne lui en avait pas assez donné. Ses je t'aime, ils ne devaient pas être assez sincères.... Parce que ça lui semblait impensable qu'aujourd'hui Naoki doute encore. Pas après toutes ses promesses.... Les plus anciennes comme les silencieuses. Toutes tenaient toujours. Il l'aimait. Il ne l'abandonnerait pas. Il serait toujours là pour lui... Il voulait le protéger et effacer cette peine qui lui pesait depuis trop de temps sur le coeur. Une peine, une souffrance que Mikio avait conscience ne de pas être capable appréhender entièrement. Il avait beau creuser, se questionner chaque jour... c'était toujours plus d'interrogations qui alourdissaient son coeur, même lorsqu'il semblait obtenir des réponses. Et c'était toujours la même question qui demeurait... Pourquoi ? Pourquoi Nao souffrait-il autant, pourquoi s'imposait-il de souffrir ? Qu'est-ce qu'un garçon comme lui avait fait pour mériter de se punir aussi cruellement ? Il y avait ces mots qui résonnaient dans la tête de Mikio.... Naoki avait toujours fait comme ça.... Et au fond, il savait que ça ne s'appliquait pas uniquement à sa doc.... Même si ce point là, en plus de lui serrer le coeur, ravivait sa colère contre cette immonde femme. Toujours... Celui-là, il ne l'aimait... D'où commençait-il ? Depuis combien de temps cette sorcière avaient-elle les griffes plantées dans la chair de son protégé ... ? A quel point Mikio était-il en retard... ?
Alors non. Il ne pouvait pas être d'accord avec Naoki.... Il n'y avait pas de meilleures raisons de le toucher à présent. De le serrer contre lui.... D'effacer de ses propres mains les souillures de cette femme... Naoki avait eu besoin de lui bien avant mais c'était maintenant que Mikio agissait seulement et qu'il devait le faire... Maintenant qu'il devait le rassurer et certainement pas le laisser se blâmer sous une couette. Il savait. Il était blessé, c'est vrai. Il n'avait jamais hurlé de cette façon sur quelqu'un... Il n'avait jamais ressenti autant de haine envers quelqu'un... Et oui, il lui en voulait comme il n'en avait jamais voulu à personne pour avoir profiter de ce garçon tout ce temps qu'il n'était pas sûr de vouloir définir avec précision.... Bien sûr, il était lucide, ou presque. Si cette femme avait parlé d'un accord, si Naoki l'avait appelé plus ou moins de son plein gré, il entendait bien que quelque part, même si ce n'était pas en bien, cela arrangeait l'étudiant. Qu'elle ne le forçait pas totalement malgré le chantage qu'il lui avait semblé si facile d’exercer sur lui... Mais malgré cette donnée dont Mikio avait parfaitement conscience, il n'arrivait pas à voir Naoki comme un être sale et abominable. Parce qu'il ne l'était pas. Il ne pouvait pas le détester ou lui en vouloir plus fort même de lui avoir menti, même de l'avoir mené en bateau tout ce temps.... Parce qu'il avait beau tourner et retourner ça dans sa tête, il ne voyait que cette même question évidente à laquelle il revenait encore et toujours :

Pourquoi ?
Qu'est-ce qu'il l'avait poussé à faire ça ?
A quel point Naoki était-il désespéré ?

Du ressentiment envers Nao, le chanteur ne pouvait pas en avoir. Pas quand les sanglots du garçon enserraient sa gorge et lui broyaient le ventre comme le coeur. De la colère, de l'amertume, il serait injuste d'en avoir quand le mur de souffrance derrière lequel il se cachait semblait se révéler plus épais chaque jour. Et il serait tout aussi injuste de l'abandonner pour ces mêmes raisons... Mikio ne le laisserait pas. Le faire, c'était se blesser plus qu'il ne l'était déjà... C'était tout simplement hors de question. Nao devait cesser... de demander des choses impossibles.
Ainsi, loin d'aller dans le sens de son cadet, Mikio avait resserré ses bras autour de lui et sa joue s'était pressée sur son crâné tandis qu'un « Sssht... » s'était soufflé près de son oreille. « Tais toi.... Laisse moi juste te serrer contre moi... » Il ne voulait plus entendre Nao dire une chose pareille. Ne plus le toucher... Ne plus l'aimer.... C'était idiot. Impensable. Et surtout impossible...

Mais sa fermeté - certes un peu trop douce - n'avait en rien empêché sa poitrine de se compresser un peu plus à chaque excuse du plus jeune. Il l'entendait... cette culpabilité... cette honte... Tout ça... Nao portait tout ça depuis trop longtemps.... Au fond, c'était l'aîné qui était sincèrement désolé. Il s'en voulait pour ne pas avoir compris plus tôt. Pour tenter désespérément de l'aider que maintenant.... Maintenant que ses larmes roulaient sur sa peau et qu'elles le tuaient autant que cette voix étranglée qu'il avait peut-être essayer de faire taire en refermant un peu plus son étreinte. Etouffer ses pleures, sa peine, ses blessures... il ne savait pas si c'était possible... mais c'était tout ce qu'il pouvait faire sur le moment. Le garder contre lui et répéter doucement ces « ssht » pour essayer de l'apaiser quand il était conscient que son coeur meurtris ne se laisserait probablement pas convaincre si facilement. Le sien s'était pincé à l'instar de ses doigts qui avaient mieux agrippés les mèches sombres de son protégé.... Nao devait aller mieux. Nao ne devait plus souffrir. Il voulait fermer les yeux très fort et les rouvrir sur son sourire.... mais tout ce qu'il entendait c'était ses excuses qu'il n'aurait jamais dû avoir à prononcer....

Un court instant, la chanson changea. Et si cette première version de la question ne lui serra pas moins le coeur, Mikio amorça un début de réponse « Parce que je... » te laisserais pas... qu'il ne finirait jamais en entendant l'intitulé exacte de la question. Sa gorge se noua et il comprit malheureusement que son ventre pouvait le faire souffrir davantage. Cette question-là... elle était toujours trop perturbante. Et elle l'anéantissait à chaque fois que Nao la prononçait... Parce qu'elle signifiait tellement de choses et qu'elle emmenait tant de questions auxquelles Mikio n'avait pas la réponse. « Naoki... » Il se maudissait, se détestait avec une injuste violence qui faisait si mal au Coréen. Si mal que la douleur l'avait fait se cramponner un peu plus fort à ce corps qu'il s’obstinait à tenir contre lui...

« Je sais... » C'était ce qu'il avait répondu à son énième excuse tandis que son coeur avait fait un drôle de bond en sentant le souffle de Nao chatouiller plus chaudement la peau de son cou. Une sensation différente avait attrapé son ventre tandis que le garçon semblait se laisser un peu plus aller contre lui. Il n'était toujours pas détendu... mais il ne refusait pas les bras de Mikio. C'était ce qu'il lui fallait.... Il ne lâcherait pas. Naoki avait beau dire, il avait besoin que son aîné le rassure... qu'il le serre fort contre lui... Qu'il chasse ses pensées fausses qui polluaient sa tête.... Alors, plus sûrement, sa main avait caressé ses cheveux, ses doigts plongeant sans relâche et avec plus tendresses dans sa crinière sombre. Si son autre main l'avait resserré contre lui, elle était venue également effleurer sa joue trempée quelques seconde avec cette même douceur...

« Nao, je.... Je sais pas pourquoi t'as fais ça et je suis désolé que tu ais eu à le faire.... Je suis désolé que la vie t'ait abîmé... mais tu mérites pas de te faire plus de mal.... tu mérites pas ça.... T'es une belle personne... Une si belle personne.... Je t'en prie.... Ne maudit pas aussi fort cette personne que j'aime tant.... »

Non. Nao n'était pas dépourvu de faiblesses et de tâches plus sombres... Mikio le savait. Depuis longtemps, il avait conscience de cet océan noir qui entourait son protégé... mais ça ne l'avait jamais empêché de le chérir chaque jour un peu plus. Parce qu'il était cette personne qui faisait dérailler son coeur en un regard, en quelques mots... en une simple caresse... Ce gosse qu'il s'était mis à vouloir protéger, il ne pouvait pas l'abandonner aujourd'hui sous prétexte qu'il s'était égaré... C'était à lui de l'aider à présent. S'il était sa lumière, alors il devait être capable de le guider sur le bon chemin....
Inspirant profondément, l'étreinte s'était de nouveau resserré autour du plus jeune avant que ses lèvres ne viennent chercher une tempe proche pour s'y poser. Doucement... avec l'espoir de soulager un peu cette tête pleine de mauvaises pensées....  « Je ne veux plus que tu te fasses du mal.... S'il te plait... » Parce qu'il semblait que son principal ennemi à Naoki, c'était bien lui-même.... Comment faire alors ? Lui, il pouvait l'aimer pour deux. Il pouvait l'aimer plus fort s'il le fallait.... et si non, il le ferait. Parce qu'il ne pouvait pas faire autrement que l'aimer... quand ce gosse là se détestait si injustement.... Pourquoi ne le voyait-il pas ? A quel point il était merveilleux... quand il ne s'enfonçait pas injustement plus bas que terre. « Repose toi sur moi.. » avait-il imploré dans une souffle une nouvelle fois tandis que sa main s'était de nouveau serré dans ses cheveux. « Ca ira... » Oui. Ca devait aller... Mikio ferait tout pour.
Et comme pour montrer l'exemple, celui qui avait assisté à la scène jusque là s'était rapproché de ses deux papas pour poser sa tête dans le dos de Naoki en pleurant. Réconforter celui qui lui avait toujours donné tant d'amour... Parce que Mikio n'était pas le seul à savoir que Nao était un garçon formidable.
   
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