Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Ven 20 Oct - 22:56

just a spoonful of sugar
Naomi

Ca irait. Quand Naoki serait sorti de cette baignoire, Mikio l’enroulerait dans une serviette et ils iraient ensemble se coucher sur le canapé. Dans ses bras, il espérait que son protégé y trouverait la chaleur qui lui manquait alors que même l’eau chaude semblait ne pas parvenir à le réchauffer comme lui indiquait sa voix faible et tremblante. Il ne le lâcherait pas et contre lui, Naoki pourrait écouter autant de temps qu’il le voudrait ce coeur troublé lui déclarerait secrètement son amour dans ses battements peu discrets. Et puis, si Nao le demandait encore, alors le chanteur parlerait ou fredonnerait. L’avantage, c’est qu’il avait toujours à dire sur sa grand-mère adorée, qu’il aimait aujourd’hui encore plus parce qu’elle se montrait bienveillante envers celui que son petit-fils chérissait tant. Et quand Nao en aurait marre d’entendre parler de Mamie Tartine, la Reine des Ourlets, Mikio trouverait autre chose. N’importe quoi. Il ferait n’importe quoi pour que le garçon retrouve son calme et se sente mieux…

« Alors, on fera ça. On choisira le film ensemble. » Sa voix était chaleureuse, rassurante et surtout porteur d’une douce promesse que la torture était terminée. Ils seraient ensemble, c’est tout. Puisqu’ils s’entendaient, Mikio hocha la tête mais Naoki ne pouvait pas le voir à travers le rideau. C’était tout juste si Mikio distinguait le haut de sa silhouette tassée sur elle-même mais aux contours rendus trop flou par la vapeur chaude pour que le chanteur ne la définisse parfaitement. En fait, il ne vit pas vraiment ce bras qui se tendit vainement pour attraper son shampoing. Mais il entendit son appel. Quelques secondes plus tard, le rideau n’obstruait plus sa vision.

Il était difficile de demander à son coeur de ne pas se serrer. Laisser Naoki choisir quel bouteille il voulait, la lui donner et refermer ce rideau. Fermer les yeux, les oreilles et oublier que son cadet allait lutter encore de longues minutes dans sa baignoire, à frotter sans force son crâne pour faire mousser ses cheveux. Oublier cette vision de lui, peinant à cacher ses tremblement et sa chaire de poule.
Oui. C’était aussi vain qu’essayer d’attraper un shampoing trop haut pour nous dans un état si déplorable. Quand ces doigts fébriles et mal assurés vinrent attrapé le flacon, ils ne purent le récupérer. Mikio ne pouvait pas lui céder et disparaitre à nouveau derrière ce rideau. Il en fut incapable. Probablement plus incapable encore que Nao et son shampoing.

Plus fort encore, sa poitrine se comprima. Il ne comprit pas l’excuse qui venait d’échapper au plus jeune. Ses sourcils s’arquèrent et la peine marqua plus certainement ses traits. « Nao… » Pourquoi s’excuser ? Il n’avait pas à le faire… sauf peut-être pour refuser l’offre du Coréen, ce qu’il comprendrait sans pour autant être certain de pouvoir s’y résoudre. C’était une situation délicate, gênante… même le plus vieux pouvait difficilement se sentir à l’aise. Il n’éprouvait évidemment pas de honte ou de dégout à l’idée de laver les cheveux de ce gosse. Il n’en éprouverait jamais, d’aucune façon, c’était une certitude. Mais le mal aise de Naoki parvenait jusqu’à lui. Il était si palpable qu’il aurait pu se confondre avec la fumée qui virevoltait dans sa direction. Mikio déglutit, incertain… devait-il prendre cela pour un refus ? Alors qu’il allait admettre cette réponse, Naoki finit par hocher la tête et relâcher la bouteille de shampoing, laissant son aîné hébété quelques secondes. « Ah… » Ca voulait dire que Nao acceptait ? Il ne sut pourquoi mais il hocha la tête à son tour et leva son regard du garçon, cherchant en l’air en direction de la barre qui retenait le rideau. Son geste fut un peu hésitant, sûrement dû au fait qu’il ne s’attendait probablement pas lui-même à poursuivre une chose qu’il venait pour de proposer, finit par tirer un peu plus le rideau pour se mettre à sa hauteur.

Il fut cependant de nouveau interpelé par cette même excuse qu’il ne comprit pas. « Quoi… ? Mais Nao… non… c’est rien voyons… » Il pinça les lèvres et ses yeux se reposèrent de nouveau sur ce corps recroquevillé et tremblant. Il serra son poing contre son ventre, comme s’il venait finalement de se refuser au bout d’une longue hésitation à toucher sa peau nue. C’était bête… son épaule et son dos, il avait tendance à les voir plus souvent sans vêtement… Il fit néanmoins preuve de plus de réserve. A la place, il déposa le shampoing à porté et vint s’accroupir à la hauteur de Naoki, s’appuyant sur le rebord de la baignoire. « Ca va aller, je vais faire vite…. » souffla-t-il en forçant ses yeux à regarder ailleurs. Mais même du coin de l’oeil, à cette distance, il discernait les petits point rugueux sur la peau de l’étudiant qui trahissait son froid. Poussé par son instinct protecteur, il focalisa son attention sur le pommeau de douche qu’il attrapa et pointa dans la direction opposé au corps de Nao. Son autre main ouvrit le robinet avant de se placer sous l’arrivée d’eau pour en jauger la température. Chaude. Et elle ne faisait aucun effet à Nao… C’était la fièvre, il l’entendait bien… Il repensa à l’eau glacée dans laquelle Mikio l’avait retrouvé plus tôt mais son coeur eut tout juste le temps de donner un coup remonté, la voix du plus jeune empêcha la colère de refaire son apparition. A son surnom, il tourna la tête vers lui. Cette vision était toujours si insoutenable… il n’avait qu’une envie, c’était le serrer dans ses bras pour étouffer les tremblements et l’envelopper de son amour pour chasser toutes les mauvaises pensées… Il parvint à se contenir… et un sourire finit par se dessiner sur ses lèvres. Il n’était certes pas très brillant mais en plus du réconfort qu’il cherchait à véhiculer, on pouvait y lire une véritable satisfaction. « Je t’en prie… et puis j’avais des choses à te raconter, » ajouta-t-il d’un ton qu’il voulut plus léger tandis que son sourire se fit plus rieur, faisant éternellement référence à sa grand-mère. « Tu peux me le demander quand tu veux bien sûr… » Si ça suffisait à réconforter, alors il se prêtait indéfiniment à cet exercice plutôt facile.

En disant cela, son regard s’était reporté sur l’eau qui coulait toujours et il chercha à tourner un peu plus le régulateur de température pour la rendre plus chaude sans qu’elle devienne bouillante. Etait-il réellement trop absorbé par ce test pour ne pas avoir remarqué cette main tremblante se rapprocher de la sienne ? Ses doigts entèrent dans son champ de vision puis effleurèrent sa peau.. et le coeur de Mikio loupa un battement. Il abandonna son activité pour fixer cette main audacieuse qui déclencha un étrange frisson… Quelques secondes, il l’observa… avant d’oser retrouver Naoki. Son coeur s’emballa et son regard se voila d’une émotion qu’il ne sut décrire avant que sa main ne cherche à retenir la sienne pour l’emprisonner tendrement et la caresser à son tour. « Ca va Yeobu… » murmura-t-il doucement en mêlant leurs doigts. De son autre main qui tenait toujours le pommeau, il ferma l’eau et le reposa pour libérer sa main. Cette dernière rejoignit la première sur celle de Nao et l’entoura un instant comme s’il cherchait à la réchauffer. « Ca va Bébé… » répéta-t-il sur le même ton dans une version à plus différente. Et puis doucement, il porta le dos de cette main qu’il venait de prendre en otage, vers ses lèvres et y déposa un bref baiser. Ce n’était probablement pas le moment pour ça. Il avait dû se faire la réflexion car la seconde suivante il la lui rendait, sans pour autant la rejeter.

Il lui adressa un autre sourire et ses doigts s’avancèrent pour plonger dans sa crinière dans un geste plus timide qu’à l’accoutumé. Il dirait sûrement que c’était pour jauger l’humidité de ses cheveux. Ils étaient encore suffisamment mouillés pensa-t-il alors. Abandonnant son geste, qui ressemblait bien plus à une caresse, il attrapa le fameux shampoing et s’en versa au creux de la main. « Dis moi si jamais ça va pas… » Si jamais il lui foutait du savon dans les yeux ou qu’il s’y prenait mal… Après tout, il n’avait jamais lavé les cheveux de quelqu’un songeait-il. Et pourtant il sentait un certain enthousiasme fourmiller dans son ventre à l’idée de le faire pour Nao.
Avec précaution, il appliqua le produit sur le haut de son crâne et entama de le masser délicatement. Il s’interrompit uniquement pour poser genoux à terre et trouver une meilleure position pour shampouiner entièrement sa crinière. Il lui tourna d’ailleurs légèrement la tête pour cela. Ses doigt plongèrent et se mélangèrent dans ses mèches sombres, se pressant régulièrement sur son crâne non sans une légère appréhension. Le geste était doux, au début hésitant mais gagnant de l’assurant au fil des secondes, puis d’appliqué, il se fit même sûrement trop tendre par moment sans que cela ne devienne réellement suspect ou mal approprié. Mais Mikio sembla tellement concentré dans sa tâche, les yeux vissés sur le haut de sa tête, qu’il se rendit compte au bout de quelques minutes qu’il était affreusement silencieux. Il se racla la gorge, penaud. «  Ça va ? Je te fais pas mal … ? » Il espérait bien que non. A priori, il ne devrait pas mais il avait conscience que la grippe donnait parfois des douleurs étranges. Ses mains descendirent légèrement pour frotter sa nuque à la lisière de ses cheveux, remontant méthodiquement jusqu’à derrière ses oreilles pour reprendre son massage appliqué.

« C’est drôle… j’ai l’impression d’avoir déjà vécu cette scène… »

Un souffle précédé d’un vague sourire qu’on ne comprenait pas. Sans doute que lui non plus. Drôle ? Naoki ne trouvait sûrement pas ça drôle. Quant à cette impression, il s’agissait peut-être d’un rêve. Mais alors, il était légitime de se poser la question : Mikio rêvait souvent qu’il lavait les cheveux à Naoki ? Dieu, qu’il se taise. Malheureusement, il ne se rendit pas vraiment compte de la bizarrerie de cette déclaration et poursuivit sa tâche jusqu’à percuter que la tête de Nao était probablement suffisamment mousseuse. Il pinça les lèvres devant le résultat : « Ça devrait aller… » Oui. Plus que ça en fait. Mais ne se démontant pas, il attrapa le pommeau et régla de nouveau l’eau de manière à ce qu’elle ne lui brûle pas le visage. Il passa le tuyau derrière le corps de Nao sans faire entrer en contact l’eau et sa peau tout de suite. Sa main effleura son visage dans un brève caresse glissant sous son menton qu’il l’incita à relever en douceur : « Penche la tête en arrière et ferme les yeux bébé, » intima-t-il sur un même ton doucereux. Pas sûr que le préciser soit bien utile… Nao n’avait pas 4 ans. Pourtant, l’aîné chercha à soutenir doucement sa tête en pressant légèrement sa main sous son menton, et laissa une caresse sur sa gorge avant d’entamer de le rincer. Il prit soin de ne rien envoyer sur ses yeux et s’aida sa main pour balayer le shampoing vers l’arrière. A plusieurs reprise ses doigts plongèrent dans ses cheveux pour un rinçage optimal et lorsqu’il fut sûr qu’il n’y avait plus une goute de savon dans sa crinière, il coupa l’eau. « Voilà, c’est fini. »

Ses yeux se perdirent un instant sur lui, entièrement. Son coeur loupa une mesure mais la réticence qu’il avait eu plus tôt disparut tandis que sa main passa tendrement dans la nuque de Naoki pour la serrer affectueusement. Il la pressa doucement dans sa direction, annonçant le baiser qu’il vint déposer ensuite sur le sommet de son crâne trempé. « Merci de m’avoir laissé faire. » Un sourire précéda la caresse qu’il appliqua dans ses cheveux, réellement reconnaissant que Nao lui ai fait confiance… C’était mieux pour lui. Pour eux. Puis il se redressa, non sans difficulté après avoir passé tant de temps agenouillé sur le sol dur de la salle de bain. Une fois debout, il ne perdit pas plus de temps et attrapa la serviette propre de laquelle il vint immédiatement recouvrir Naoki. L’enroulant autour de lui, il frictionna brièvement ses cheveux pour sécher le plus gros mais saisit rapidement les bras du plus jeune pour l’aider à se relever : « Allez, viens… »  
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     Sam 21 Oct - 16:37
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Laisse-le faire
Ce n’était plus si grave. ça ne pourrait pas être pire non ? Qu’est-ce que Mikio n’avait pas vu aujourd’hui ?
Là, recroquevillé dans le fond de cette baignoire, ne ressemblait-il pas trop à ce Naoki là ? Celui qu’on appelait jamais avec affection “Nao”, celui qui n’existait que comme une possession de son père, un objet à façonner douloureusement pour en faire quelque chose qui servirait comme il devait le faire… ou pour laisser parler toute la noirceur de notre coeur sur quelque chose qui se tairait toujours, qui garderait notre secret pour préserver le sien… celui qu’il devait cacher à tout prix.
Il avait entendu ce rideau se tirer davantage et il ne l’avait regardé que du coin de l’oeil, pensant qu’il ne cachait plus grand chose de toute manière. Oui, son coeur lui avait fait mal mais quelque part, il y avait cette voix qui lui disait que c’était sans importance maintenant. Quand celle qui lui soufflait de se ressaisir était bien trop faible.  Mikio le voyait… est-ce qu’il aurait le culot de mentir à nouveau ensuite ?
Sans doute que oui… parce qu’il n’avait pas le choix. Mais est-ce qu’il aurait la force de se mentir en oubliant que son coréen l’avait vu dans cet état ? Il pouvait s’excuser, une bonne centaine de fois de plus, il était trop pitoyable maintenant pour que ça serve à grand chose.

Pourtant… pourtant, il aurait tant aimé être quelqu’un d’autre. Depuis qu’il connaissait Mikio, ce souhait avait grandi à nouveau dans son coeur et il avait désespéré qu’il soit impossible à réaliser. Il aurait voulu être quelqu’un de bien pour lui… quelqu’un de plus fort, quelqu’un qui n’avait rien de caché au fond et avec un coeur qui ne s’était jamais brisé. Quelqu’un qui pourrait regarder ce coréen si parfait dans les yeux et oser lui dire qu’il était fou de lui… qu’il voulait passer le reste de sa vie avec lui. Promettre que pour ce reste de vie, il n’y aurait pas un jour qu’il ne passerait pas à l’aimer. Ajouter qu’il prendrait soin de lui, qu’il en était capable… et qu’il ferait de son mieux pour faire de lui quelqu’un d’heureux.
N’avoir que lui dans sa vie lui aurait suffi… ça aurait même été bien plus que suffisant….
Cette sensation d’être près de lui, dans ses bras, sans penser un seul instant qu’on n’avait pas le droit de se trouver là… il aurait aimé la connaître…. Parce que s’il n’avait jamais eu à se dire qu’il n’avait pas le droit de se trouver là… s’il n’y avait rien eu de plus qu’au pire… simplement lui… il aurait pu le penser ce toujours. Ne jamais avoir à penser qu’un jour il devrait partir et quitter tout ce que son coeur souhaitait.
Et si son coeur souhaitait aujourd’hui une minute de plus, toujours rien qu’une… il aurait aimé ne jamais avoir conscience d’un décompte qui finirait par arriver à son terme.
Rester avec Mikio pour toujours… oui, il ne pouvait rien y avoir de plus parfait. Même en tant que simple ami, il aurait pu en être heureux.
Oui, personne n’était sans doute assez bien pour une personne comme Mikio. Personne ne brillait autant que lui. Mais il aurait aimé pouvoir être près de lui sans avoir une seule honte à cacher. Il aurait aimé pouvoir… être capable… de lui offrir bien plus.
Qu’est-ce qu’il avait à offrir maintenant ?

Pas grand chose… sinon rien…. Dans le fond de cette baignoire, celui qui se cachait vainement, il n’avait jamais rien eu à donner…. Et pourtant, on avait persisté à lui prendre encore et encore ce vent…. Parce que son père avait le don de retirer à un rien….
Alors, s’excuser une fois encore d’être dans cet état, ce n’était pas grand chose… pas bien utile non plus… mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Qu’est-ce qu’il aurait pu faire de plus quand, clairement, il n’avait pas la force de se relever et de fournir plus d’efforts ?
« … si... » … rien, il ne pouvait rien faire sinon souffler que ce n’était pas rien…. Pour lui qui prétendait que ça l’était toujours, c’était sans aucun doute un comble.
Mais ce que sa voix avait pris la peine d’ajouter ensuite, son coeur avait bien conscience que c’était beaucoup. Qu’un simple “merci” n’était pas suffisant quand, sans le savoir, Mikio avait probablement chassé l’obscurité qui tentait de s’infiltrer dans cette salle de bain, le chercher jusqu’à le trouver derrière ce rideau et s’emparer de lui jusqu’à faire de lui une chose sans forces qui ne ferait plus que souhaiter que ça s’arrête enfin… sans doute que tout s’arrête.

Pleurer, il sentait qu’il luttait réellement pour ne pas le faire maintenant.
Mais si c’était parce qu’il avait honte ou parce qu’il y avait en lui cette sorte de reconnaissance, il n’en savait trop rien. Oui, il souffrait… mais il y avait aussi cette certitude que le coréen qui se tenait près de lui maintenant n’était pas quelqu’un de normal. Il était magique… bien plus que ça même. Comment est-ce qu’il faisait pour faire tout ça… simplement en parlant ? Comment aurait été sa vie s’il avait fait sa rencontre plus tôt ? Est-ce que, finalement, lui aussi aurait pu être quelqu’un d’un peu mieux ? Est-ce qu’il se serait moins cassé ? Est-ce qu’il aurait fait plus d’efforts pour se tenir debout ou est-ce qu’au contraire, il se serait simplement réfugié dans ces bras-là en suivant le son d’une voix qui chassait les cauchemars ?
Il le savait, il ne devait pas penser à tout ça. Parce qu’il n’aurait jamais souhaité que le coréen sache ce qui avait amené cette chose chétive et tremblante dans le fond de cette baignoire.
Mais… si Mikio avait été cette main vers laquelle la sienne s’était tendue, à la place de celle inexistante d’un Tetsuo que son imagination avait créé, comment seraient les choses aujourd’hui ?
Il n’en n’avait pas conscience, son coréen, de tous les miracles qu’il accomplissait. Peut-être qu’il trouvait ça bizarre d’être remercié pour le simple récit d’une journée… et il le regrettait un peu… de ne pas pouvoir le remercier comme il le méritait…
Mikio l’ignorait… à quel point le Naoki qu’il venait de protéger de l’obscurité lui devait aujourd’hui.

Les larmes aux yeux, il avait hoché la tête à cette proposition et il avait soufflé un nouveau « Merci... » avant que sa main n’ose se tendre vers une autre de laquelle elle n’avait pu s’échapper tout de suite. Un léger sursaut mais aucune tentative de fuite pour ses doigts qui s’étaient laissés emprisonner. Ses yeux étaient restés sur leurs mains. Ils n’avaient pas bougé quand une autre les avait trouvées. Sans qu’il n’y prête attention, ses doigts s’étaient resserrés doucement contre un “bébé” et puis son regard avait suivi sa main se faire kidnapper jusqu’à des lèvres. Il ne savait pas trop pourquoi sa bouche s’était ouverte. Ce qu’elle aurait bien pu souffler comme mots maintenant mais quand sa main lui avait été retournée, et avant qu’elle n’aille sécuriser une cachette bien faible, il y avait bien eu quelques secondes pendant lesquelles son regard l’avait fouillé, comme à la recherche des traces d’un baiser.
Pourquoi Mikio l’embrassait alors qu’il était comme ça ?
… Pourquoi Mikio était toujours Mikio oui… en tout cas avec lui….
Des doigts dans ses cheveux étaient venus renforcer cette question… mais ils n’avaient amené aucune réponse. L’incompréhension était passée un instant sur ses traits et, quelque part, il y avait eu cette voix pour lui souffler qu’il n’était pas capable de comprendre quelqu’un d’aussi beau que ce Park Mikio….

Est-ce qu’il n’aurait pas dû le mépriser au moins un peu ? L’éviter ? Ou en être écoeuré ? Relevant un regard hésitant vers lui un instant, il ne s’était levé que jusqu’au bas de son visage et à ses lèvres qui venaient de bouger.
Il avait hoché la tête, ses mains s’étaient resserrées sur lui et au final, il ne lui avait pas demandé pourquoi.
Les premières secondes où les mains de Mikio avaient rencontré son crâne, il avait eu cet instinct de se recroqueviller pour se cacher davantage quand il ne l’était pas du tout… ou parce que Mikio n’aurait jamais dû toucher quelqu’un comme lui.
Pourtant, docile, il avait laissé Mikio lui tourner légèrement la tête et il n’avait pas émis une seule protestation. Le regard figé vers le bas, il avait laissé le coréen faire ce qu’il lui avait donné le droit de faire. Il avait bien senti que ses yeux demeuraient embrumés mais il avait tenté de se persuader que c’était uniquement pour cette fièvre dont il niait l’existence.
Silencieux, Mikio s’était appliqué un moment à lui shampouiner les cheveux… dans son coeur, il y avait eu ce battement étrange malgré le reste… cette pensée qu’il s’y prenait bien… cette autre que c’était sans doute trop tendre pour une personne comme lui… et alors son regard était resté fixé un moment sur le torse du coréen.

Absent, lorsque la voix de Mikio s’était finalement faite entendre, il avait secoué la tête. Il avait montré qu’il avait pourtant bien compris quand il avait ajouté quelques secondes plus tard « … Non, ça va…. » comment est-ce qu’il aurait pu lui faire mal… lui qui mettait bien trop d’amour dans ses gestes alors que c’était quelqu’un comme lui qui touchait. Il se sentait coupable… de ne pas être quelqu’un d’autre… de ne pas être quelqu’un de mieux… pour les mains si douces de son Mikio.
Les mains contre sa nuque avait fait fermer ses yeux un instant et dans son coeur, il y avait eu à nouveau d’autres battements étranges… quelque chose qui se rapprochait de ce ”Laisse-le faire” … se laisser aller… un peu…
Il n’était pas bien… il n’était pas quelqu’un de bien pour lui… il n’était même pas capable de lui mentir correctement maintenant, de se cacher… au moins un peu….
Mais si sa tête s’était secouée, c’était pour murmurer ensuite une vérité « … pas moi… jamais…. »
… il s’en souviendrait non ? Si on l’avait déjà touché de cette manière ?
… et pourtant, un italien tel que lui… il aurait sans doute dû avoir une autre réponse, même si son aîné sous-entendait quelque chose d’autre.
Mais non … il l’avouait, même tout haut « … c’est la première fois... » son coeur n’avait jamais osé en rêver… et dans sa vie… personne ne le touchait comme Mikio le faisait. D’accord, on ne lui avait jamais lavé les cheveux mais…
« … c’est toujours toi qui... » sa phrase, il ne l’avait pas terminé, sans doute qu’il n’y en avait pas besoin après tout.

Les mains les plus tendres sur lui, les mains qui lui donnaient le plus d’amour, les mains qui faisaient battre son coeur… ce n’était que celles de son coréen. Il n’y avait jamais eu que Mikio pour déclencher ces battements étranges qui le perturbaient souvent…. Il n’était pas habitué, c’est vrai… mais est-ce que le changement était désagréable ?
Ce serait mentir que de dire maintenant que dans son coeur, cette volonté de se laisser calmer malgré son état, elle ne battait pas plus fort… ou plus lentement…. Oui, doucement son rythme s’était laissé apaiser. Et lorsqu’il avait ouvert les yeux aux nouveaux mots de son coréen, il n’était plus vraiment certain de la situation dans laquelle il se trouvait.

ça ne pouvait pas être un rêve… il ne le faisait jamais, rêver.
Non… ce genre de moments, c’était les “rêves pour de faux”... ce que Mikio était le seul à lui donner. Il le regrettait… de ne pas être dans un meilleur moment pour vivre celui-là.
Hochant la tête à la suite, il avait obéi à cette caresse et sa tête avait accompagné cet ordre doux tandis que ses yeux s’étaient à nouveau fermés.
Inconsciemment, comme s’il anticipait une attaque plus froide sur son corps qui ne parvenait pas à se réchauffer, l’une de ses mains avait afflaibli son refuge pour venir se serrer au haut de son aîné quelques secondes avant que l’eau ne rentre en contact avec ses cheveux.
Si fort, elle s’était serrée à ce vêtement tandis que l’eau, accompagnée de l’affection de Mikio, chassait le shampoing sur sa tête. C’était peut-être un peu moins froid… il ne s’en était fait la réflexion qu’une seconde parce que la faiblesse préférait un désir et un besoin qu’il ne pourrait obtenir qu’une fois cette douche terminée. Oui, son coeur, il n’avait qu’une seule hâte maintenant, se retrouver dans les bras de son coréen et écouter un peu ces battements qui le calmeraient et contre lesquels il finirait par retrouver un peu de chaleur. Alors, un instant, sa main s’était aplatie à l’endroit qu’elle serrait, cherchant à sentir un rythme, un son parfait… et le courage de supporter son pathétisme jusqu’à pouvoir se cacher dans le seul endroit où il aurait aimé rester pour toujours.
Cette place où le coeur de Mikio battrait toujours pour rendre moins sombre sa vie….

Et puis, l’eau s’était coupée. La voix de Mikio s’était faite entendre à nouveau, et sa tête s’était laissée aller à cette pression jusqu’à sentir ces lèvres le féliciter. Rouvrant les yeux à cette caresse, ils avaient trouvé un sourire et sa main s’était à nouveau serrée sur un t-shirt comme si elle refusait de le lâcher ce coréen.
Elle avait pourtant bien été obligée de le faire lorsque le chanteur s’était redressé. Mais il aurait eu bien tort de protester quand tout ça ne visait qu’à le tirer dans cette baignoire dans laquelle il s’était lui même-plongé plus tôt. Il n’avait pas bougé d’un centimètre, pas même à cette serviette sur lui, jusqu’à ce que les mains de Mikio l’encouragent à le faire.
Avec difficulté, il avait tenté de le faire, se raccrochant au rebord de la baignoire pour s’aider au début. Sans son aîné, il ne serait probablement pas parvenu à grand chose, sinon se rendre plus minable encore. Alors, il avait compté sur cette force que lui n’avait plus pour se remettre debout. Si sa tête lui tournait toujours affreusement, c’était sur le bras de Mikio que les vertiges avaient tenté de se taire tandis qu’il enjambait le rebord de la baignoire. Le sol l’appelait bien trop, les tremblements lui faisaient redouter une chute… et s’il l’avait évitée, ce n’était sans doute que grâce au chanteur.
Pressant doucement son bras, il ne l’avait pas lâché quand il avait terminé assis sur le rebord, les pieds sur le sol, le corps tremblant, une détresse dans le regard que la fatigue ne savait taire.
Un instant, il avait cherché des yeux des habits à mettre mais son regard s’était finalement relevé vers le visage de Mikio. Ses lèvres s’étaient ouvertes « ... » mais n’avaient pas su se débattre avec des mots. Entre un pardon, un merci ou une demande….
Alors, maladroitement, ses doigts avaient glissé sur un bras avant de le relâcher. Tremblante, sa main s’était avancée jusqu’à ce que, du bout des doigts, ils n’effleurent un t-shirt sous lequel un coeur battait. Oui… comme pour lui rappeler un contrat… ou lui dire ce qu’il voulait quand ce serait terminé ici.

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     Ven 27 Oct - 19:05

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Naomi

Il avait bien senti la fébrilité de Naoki. Bien sûr, cette situation ne devait aucunement le mettre à l’aise.. Mais au delà de la gêne, le Coréen sentit même une certaine crainte. Mordant l’intérieur de sa joue, Mikio chercha à se montrer plus doux, peut-être plus qu’appliqué. Nao n’avait pas fuit et l’aîné continua en tâchant de faire de son mieux pour ne pas gêner son protégé plus que nécessaire. Il se doutait qu’espérer que ce shampoing soit agréable était probablement un odieux fantasme, mais il pouvait au moins tout faire pour qu’il ne soit pas tout le contraire, voire détestable. Tentant d’étouffer son appréhension, Mikio se dévoua entièrement à la tâche et ses doigts massèrent le crâne du garçon avec toute l’habilité dont ils pouvaient preuve.  Il avait même cette étrange concentration en le faisant… celle-ci qu’il aurait pu mettre dans l’une de ses compositions. D’accord, il ne faisait pas de l’art et ne cherchait pas à en faire… mais probablement qu’il considérait que le travail devait être tout aussi minutieux, voire encore plus… Parce qu’il s’agissait de Naoki. Oui… Pour Naoki, il devait faire encore plus que de son mieux…
Lorsque son cadet le rassura, le Coréen retint un soupire soulagé avant de replonger ses doigts dans sa crinière mousseuse. S’il pria pour continuer dans cette voie, il sembla se perdre lui-même et finit par délivrer cet étrange ressenti.
Le regard vissé sur ces cheveux qu’il frottait tendrement, l’impression de déjà vu l’avait enveloppé sûrement et la scène parut durer plus que quelques secondes. Il ne fut jamais bien sûr de quand elle se termina à vrai dire… C’était seulement un tableau qui lui semblait familier. Mais s’il s’était perdu dans une rêverie, le murmure de Naoki le surprit un peu comme s’il se rendait tout juste compte qu’il avait exprimé sa pensée tout haut. Son geste ne se troubla pas mais il eut un instant de réflexion. Non, ce n’était pas Nao… C’était la première fois qu’il lui lavait les cheveux. Mais ce n’était pas une autre personne non plus. Parce que c’était la première fois qu’il faisait ça tout court… Oui c’était une certitude pourtant…
« Mh ? » Ses doigts marquèrent une pause sur sa tête. La première fois ? C’était la première fois pour Naoki aussi…. Oui, ce n’était si étonnant. Après tout, quand se fait-on laver les cheveux à part quand on est gosse ? Oui, s’il est réfléchissait ça ne lui était jamais arrivé non plus et ce n’était pas surprenant. Oui… À part sa mère ou peut-être même son père quand il était gamin, oui, bien sûr… Ca devait être pareil pour Nao, à peu de chose prés… non ? Il était le premier. Indéniablement, il l’entendait et se le répétait comme un idiot… Il ne devait pas s’en sentir si heureux et honoré. Mais dans le dos de Naoki, son Coréen avait sourit doucement tandis que ses doigts avaient repris leurs mouvements, dans des petits massages encore une fois bien trop tendres.  « Je suis le premier alors… » Oui, c’est ce qu’il venait de dire. Mais ce n’était pas ce que sa voix disait dans sa tête. Non, intérieurement c’était plus : Tant mieux… je suis le premier… je veux être le seul… « Mais toi aussi, tu sais ? Je ne l’ai jamais fait à personne non plus… » Et il n’y a bien qu’à toi que j’ai envie de le faire… « Alors j’espère que je ne m’y prends pas trop mal. » Il eut un léger rire, s’apparentant à soupire bref.
Il ne mentait pas, il n’avait vraiment jamais lavé la tête à personne d’autre. Pourtant ce sentiment de déjà vécu était bien réel… Il fut néanmoins presque certain que cette sensation ne serait jamais arrivé avec une autre personne que Naoki. C’était un rêve. Juste un rêve…. Il ne savait plus quand est-ce qu’il avait rêvé de ça et il ne savait plus vraiment tout à fait de quoi il avait rêvé. La seule chose dont il était certain c’est qu’il s’agissait de Nao… Ca ne pouvait être que lui à vrai dire. Il sembla que la tête qu’il frottait dans ses songes était plus petite… Mais il se souvint l’aimer tout aussi fort…
Etrange, oui… Ca l’était sûrement. Mais ça, il n’y pensa plus après.
Parce qu’il voulait peut-être que cette première fois Nao ne la déteste pas, l’aîné s’était consacré un peu plus à cette toilette particulière et il lui sembla que sous ses doigts, le plus jeune s’était peu à peu détendu. Un peu… Ou peut-être était-ce seulement son épuisement qui le rendait moins tendu. Mikio osa néanmoins espérer qu’il y était pour quelque chose. Mais de nouveau perdu dans toutes ses pensées, le chanteur percuta quelque peu tardivement qu’à ce rythme, Nao allait finir englouti par la mousse. Il fallait maintenant le rincer. Docile, son protégé se laissa manipuler… à l’exception qu’il faillit faire sursauter le plus vieux en se raccrochant soudainement à son haut : « Ah ! » Surpris, Mikio eut une seconde d’hésitation durant laquelle il scruta le visage du garçon où ses yeux étaient pourtant restés clos. Aucune supplication d’arrêter ne lui était parvenu mais le chanteur s’était tout de même senti obligé de le rassurer : « Je fais attention, t’inquiètes pas… » Il avait senti son coeur pulser plus fort, probablement parce qu’il était celui qui avait le plus peur de mal faire les choses. « Dis moi si c’est trop chaud… normalement, ça devrait aller. » Il avait bien fait gaffe en réglant la température juste avant, mais encore une fois la maladie altérait les sensations et il imaginait que Nao pouvait ressentir de la douleur plus facilement… Mais parce qu’il n’avait pas bougé ni n’avait cherché à esquiver le jet d’eau, Mikio dirigea finalement ce dernier sur lui pour entamer de le rincer avec douceur et précaution. Il n’ignora pas cette main qui s’était resserré sur son t-shirt et déglutit, soucieux de l’état de son cadet. Est-ce que ça allait ? Est-ce que c’était trop chaud ou trop froid ? Mais alors que ses doigts bougeaient avec plus de douceur pour tenter de l’apaiser tout en cherchant à chasser toute trace de shampoing, ceux de Nao se détendirent et il les sentit se plaquer contre sa poitrine. « » Une nouvelle fois, il eut un bref instant de doute mais comprit très rapidement ce que Nao cherchait pour ne pas avoir à s’interrompre. Toucher son Coréen, chercher les battements de son coeur… si c’était tout ce qu’il lui fallait pour l’aider à supporter cette épreuve, Mikio n’avait aucune raison de l’en priver.
L’eau coupée, il s’attarda un instant sur la récompense de Nao pour l’avoir laissé faire. Un baiser et des caresses méritées, tout comme ce sourire qu’il n’avait pu s’empêcher de lui adresser. Sentant la prise se raffermir sur son haut, il ne s’était pas détaché tout de suite. Il sentit son coeur louper une mesure tandis que son regard c’était de nouveau perdu sur lui… Cet être qui lui paraissait si petit quand il faisait pourtant plusieurs centimètres de plus que lui. Mais dans cette baignoire, c’est indéniablement un gosse… un enfant malade qui se raccrochait désespérément à lui… cette main qui refusait de le lâcher, elle ne lui disait que trop bien qu’il avait besoin de lui. Il était là…. Il serait toujours là… D’une caresse tendre, rassurante, il effleura sa joue. Quelques secondes, son geste traina, chatouillant par moment les pointes mouillées qui lui tombaient sur le visage. Il ne voulait pas trop le regarder… parce qu’il savait que Nao n’aimait pas ça mais aussi qu’il n’était pas capable de dissimuler entièrement la peine que cette image lui inspirait. Mais dans son regard, il y avait aussi cet infini amour qu’il éprouvait pour lui et avec lequel il le couvait à cet instant… Il voulait lui dire qu’il l’aimait, que tout irait bien, qu’il pouvait rester dans ses bras autant qu’il le souhaitait…
Mais l’heure n’était pas aux grands discours. Naoki avait froid. Aussi, sa courte pause prit fin alors qu’il vint lui même se saisir de la main qui le retenait pour l’en détacher avec douceur. Serrant une dernière fois ses doigts sur lesquelles il apposa un baiser, il souffla contre eux : « Je suis là, bébé… t’en fais pas. » Ce n’était que pour une seconde et pourtant il n’aurait su se résoudre à abandonner ce môme sans explication.
Heureusement, il ne se déroula probablement que deux secondes entre le moment où Mikio s’était relevé et celui où il enroulait Naoki dans la grande serviette. Il laissa le temps qu’il fallait au malade pour se redresser non sans grandement l’aider. Il le retint une fois, ponctuant son effort d’un « Doucement », l’encourageant à se mouvoir à son rythme sans se brusquer. Il l’accompagna jusqu’à ce que Nao soit assis sur le rebord mais même une fois cela fait… il hésita à complètement le lâcher. Craignait-il que Nao perde l’équilibre et bascule de nouveau dans la baignoire ? Il ne savait pas. Peut-être. De toute façon, Naoki ne l’avait pas lâché lui. Il croisa son regard confus comme s’il cherchait quelque chose, ses vêtements probablement. C’est ce qu’il pensa, cette impression étant renforcée par les tremblements qu’il percevait encore. C’était peut-être ce qu’il allait lui demander se dit-il, sans pour autant y parvenir. Alors, d’instinct, il se pencha sur lui pour entamer de frictionner son corps. Il frottait ses épaules puis son dos quand il sentit les doigts de Nao courir sur le sien. Il eut des fourmillements dans le ventre et cette sensation l’interpella assez pour qu’il marque une pause et le regarde… Ses yeux suivirent son manège et trouva de nouveau ses doigts attirés vers la tâche d’humidité qu’ils avaient laissé plus tôt sur son haut. Nao avait encore envie d’écouter son coeur ? Ou peut-être lui défendait-il de s’éloigner de nouveau … ? Mikio le considéra une seconde avant de s’accroupir devant lui. Une de ses mains remonta sur le visage de Nao qu’il caressa affectueusement : « C’est bientôt fini Yeobu, ok ? Après on ira se reposer tous les deux sur le canapé… » Il lui sourit doucement, du mieux qu’il put pour le rassurer, puis laissa sa main glisser sur sa serviette, cherchant à sécher son ventre sur le chemin. Se faisant, il ajouta plus doucement : « … il faut juste te sécher un peu et puis t’enfile un truc confortable et puis c’est bon. » Ses mains étaient désormais sur ses jambes, partant de ses cuisses, frictionnant ses mollets jusqu’à ses pieds. Avait-il déjà fait tout cela à quelqu’un… ? Non. Jamais… La scène n’était pas sans rappeler celle qui s’était déroulé plus tôt mais celle-ci, en plus d’être entièrement dénuée de toute colère dans l’atmosphère, avait quelque chose de plus intime et chaleureuse. Si désormais, tout ce qui animait Mikio était ce devoir, ce besoin de s’occuper de son protégé, il sentait néanmoins dans sa poitrine des palpitations particulières et une chaleur lui picoter les joues. C’était lui… seulement pour lui qu’il pouvait mettre genoux à terre en s’en affoler le coeur.
Reposant son pied en douceur sur le sol, il redressa finalement le regard vers son cadet. Bien sûr, il mourrait d’envie de le kidnapper maintenant. Il était probablement aussi impatient que le garçon… Mais le ramener nu dans le salon, non, ce n’était pas envisageable. Il pinça les lèvres et un air embêté passa sur ses traits. Ses yeux passèrent de Nao aux vêtements qu’il lui avait apporté… est-ce qu’il pouvait le laisser… ?
La réflexion dura peut-être une dizaine de seconde avant qu’il ne se décide enfin à se relever. Il attrapa les vêtements de l’étudiant et les posa sur lui : « Tiens, prends-les, je t’emmène dans la chambre pour t’habiller. » Ils y seraient mieux, surtout Nao. C’était peut-être bête mais l’idée que Nao puisse perdre l’équilibre lui trottait dans la tête et il préférait encore qu’il chute sur son matelas si ça devait arriver. Ainsi, il passa un bras sous ses jambes et l’autre dans son dos pour le ramener contre lui et le soulever dans un nouvel effort. Raffermissant sa prise pour s’assurer qu’elle était bonne, il adressa un sourire à Nao, quoique timoré : « Désolé, aujourd’hui t’es vraiment mon bébé. » Pas sûr que ça détende réellement le bébé de 21 ans en question mais il avait fait de son mieux pour faire passer cela légèrement.
Nao dans ses bras, il s’engagea hors de la salle de bain pour gagner la chambre, Umberto sur leur talons. Il entendait derrière les petits pas du chien qui trottait derrière eux, bien décidé à ne pas lâcher d’une semelle son papa italien.
Avec la plus grande délicatesse dont il pouvait faire preuve, il déposa Nao sur le lit, tâchant de le faire tenir assis. Ses mains encadrèrent son visage avant de se rejoindre sous son menton, maintenant la serviette en capuchon. S’il chercha à lui sourire, son regard se fit plus concerné et une lueur préoccupée brillait au fond de ses iris : « Tu crois que tu peux t’habiller ? » La question n’avait pas pour vocation de lui mettre la pression. Aucunement. Et si ça n’avait tenu qu’à lui, bien sûr qu’il l’aurait fait lui-même. Il ne pouvait pas nier non plus qu’enfiler son boxer l’aurait un peu gêné, mais s’il avait fallut le faire, il l’aurait fait. Seulement, Nao avait aussi probablement ses limites… Aussi préféra-t-il demander avant d’ajouter : « Je te laisse cinq minutes si tu veux, puis je reviens te chercher, d’accord ? » L’idée de laisser Naoki seul ne lui plaisait pas… mais il pouvait lui accorder un minimum d’intimité. Oui, même après lui avoir lavé la tête. Ainsi, il lui embrassa le front et souffla : « J’suis à côté, t’inquiètes pas. » Une derrière caresse beaucoup trop affectueuse pour un colocataire et il passait la porte de la chambre sans pour autant la fermer. Cinq minutes… ce n’était que cinq minutes qu’il passerait loin de lui… 
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     Ven 27 Oct - 20:06
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Ce n’était pas si terrible. Pour tout le monde, ça semblait même être un rien. Et pourtant, se rendre jusqu’à cette salle de bain, faire ce qu’il avait à y faire jusqu’à ce que Mikio ne l’interrompe. Puis prendre cette douche et sortir de cette baignoire…. Oui, c’était ridicule que ça lui apparaisse comme une épreuve difficile. Il n’avait vraiment pas de quoi se féliciter. En fait, il avait toutes les raisons du monde de se sentir coupable maintenant. Parce qu’il s’était laissé aller entièrement, qu’il s’était un peu trop reposé sur son aîné sans prendre le soin de se cacher… dans le fond, il n’avait fait aucun efforts. Et pourtant, c’était bien pour ce manque d’efforts que Mikio l’avait félicité plus tôt. Ils ne vivaient définitivement pas dans le même monde…. Il n’en n’avait jamais douté. ça n’avait pas de quoi l’étonner. Ce qui le ferait très certainement en revanche, plus tard, quand il reprendrait un peu plus conscience, ce serait de constater à quel point il s’était laissé aller…. ça l’étonnait sans doute déjà.
Et pourtant, maintenant, c’était sur le bras de Mikio que sa main se retenait… Elle ne le poussait pas non, au contraire, elle s’y serrait. Peut-être qu’il n’y prêtait vraiment pas attention à cette petite voix qui lui demandait ce qu’il était en train de faire au juste. Celle qui voulait savoir comment est-ce qu’il ferait plus tard quand il essaierait de ne plus être aussi pitoyable… quand il tenterait de sauver les masques pour mieux se cacher.
C’est vrai, il ne se facilitait rien pour plus tard. Et il n’était pas certain que se défendre en soulignant qu’il se sentait trop faible ne marchait pas. Il se forçait toujours avant.
Alors quoi ?
Il comptait dire que Mikio avait brouillé trop de choses dans sa tête ?

… ce n’était pas un mensonge, c’était la vérité. Mikio mélangeait toujours tout la haut et il lui faisait faire des faux pas…. Oui, il ne pouvait pas l’accuser, c’était lui qui était condamnable pour ne pas être assez fort face à ce coréen. Ce fourbe coréen….
Mais s’il n’entendait pas assez bien la voix de la raison à présent, ses doigts s’étaient tendus pour entendre autre chose. Le coeur qu’un autre voulait entendre, ou au moins sentir maintenant. Il ne pouvait pas comme ça mais…
Après.
Mikio avait dit qu’il pourrait après.
Il avait le droit non ? Se coller un peu contre Mikio et écouter son coeur. ça lui faisait du bien. C’était un rythme qui le soulageait. Comme des bras autour de lui. Que les siens évidemment…. ça ne marchait que lorsque c’était Mikio. Il n’y avait qu’un seul magicien ici et c’était son coréen. Il n’en doutait pas, personne avant celui au coeur que ses doigts tentaient d’effleurer maintenant… personne n’avait été capable de tout ça.
C’était avec Mikio et Mikio seulement la jolie bulle où il se sentait le mieux… la jolie bulle qui avait éloigné le son des coups et dans laquelle il voulait se terrer un peu maintenant.
Même si c’était mal… défendu….

Relevant les yeux vers lui en sentant cette caresse sur son visage, il avait hoché faiblement la tête « … » mais n’avait pas encore formulé le moindre mot. A la place, tandis qu’une main tentait déjà de le sécher, la sienne s’était relevée jusqu’au visage du coréen pour le dessiner de doigts encore tremblants. ça ne les avait pas empêché de faire preuve de tendresse et s’il semblait un peu ailleurs, il avait néanmoins répondu « Oui, d’accord... » se sécher, s’habiller, ce n’était plus grand chose « après… » le film ? Se sécher ?
Non...le coeur de Mikio.
Effleurant un instant son front, ses doigts avaient gagné une tempe, puis une joue, puis des lèvres pour quelques secondes tandis qu’il ne notait pas sa répétition « … après...  » … ou que ça pouvait porter à confusion. Est-ce qu’il voulait que Mikio s’imagine qu’ils allaient s’embrasser encore après ?
Il n’y avait même pas pensé tandis que son pouce avait fait pression sur une lèvre inférieure avant de la laisser en paix. Elle, comme son coréen qui s’était affairé à le sécher comme s’il n’était qu’un gamin.
Enfin… il se l’imaginait.

… parce que lui, il avait dû rapidement apprendre à se débrouiller. Ce n’était pas plus mal, il préférait. S’habiller seul, se laver seul, se sécher seul… il était rapidement devenu le pro des noeuds de cravate.
Faire seul… c’était ne contrarier personne… c’était aussi protéger son coeur. Il se serrait toujours, il se souvenait bien de cette fois là avec sa mère où elle s’était imaginée qu’il n’était pas capable de se changer seul.
... Parce qu’il n’y avait pas d’amour dans ses gestes…...
Est-ce qu’il aurait aimé ça autrement ? Être un enfant….
Est-ce qu’il aurait souhaité ne jamais grandir lui qui n’avait jamais été petit ?
Quel genre d’homme serait-il aujourd’hui si c’était quelqu’un comme Mikio qui s’était chargé de l’aider dans cette enfance que lui ne connaissait pas ?
Il avait beau être pathétique maintenant… il s’était posé la question et son regard s’était perdu un peu plus sur le crâne de son coréen.
Peut-être qu’il aurait aimé ça… la vie….

Et puis, leurs regards s’étaient croisés à nouveau et ses joues s’étaient colorées davantage que celles de son coréen. Détournant les yeux, gêné par des pensées étranges qui n’avaient pas leur place dans sa tête,  l’une de ses mains était venue se serrer sur la serviette, ses doigts se mettant aussitôt à la triturer. Il le rendait bizarre Mikio….
C’était idiot de penser à ce qu’il n’avait pas eu… ce qu’il ne pourrait plus avoir de toute manière. Il n’était pas né pour vivre une vie qu’il avait seulement pu essayer d’imaginer lorsqu’il était enfant…. Alors que même ça, il n’avait pas dû le faire correctement. Après tout, Mikio n’était-il bien au dessus de ce souhait qui avait résonné un moment dans son coeur… de cet appel qui avait attendu des années avant d’être entendu par les bonnes oreilles… ?
Si… bien au dessus.
Mais qu’est-ce que Mikio ne surpassait pas de toute manière ?

Hochant la tête, il avait fini par la tourner à nouveau vers son aîné, resserrant les vêtements tendus contre lui. Mais l’une de ses mains les avait finalement relâché pour faire le tour des épaules de son aîné et s’y retenir tandis qu’il le prenait une nouvelle fois dans ses bras.
« … » son bébé… « … tu sais... » … oui, c’était bien un possessif et un surnom qui l’avaient poussé maintenant à ne pas fixer le sol mais à regarder Mikio un instant « … tu seras vraiment un bon père plus tard... » c’était probablement une remarque un peu stupide, pourtant… il le pensait.
Mikio s’occupait bien des autres.  Il était tellement gentil. Si doux. C’était évident qu’il saurait s’y prendre plus tard.
« … Mais toi... » quittant enfin cette salle de bain, il avait démarré ce qui ne minimisait rien, au contraire. Un résumé flatteur qu’il pensait un peu trop fort « … tu sais tout faire de toute manière... » oui, dans quoi Mikio n’était-il pas le plus parfait ?
La cuisine par exemple, non ?
… Non, il la plantait à la perfection.
C’est sûr que vu sous cet angle, le coréen ne pouvait avoir aucuns défauts si selon un italien il les avait de manière parfaite….

Une fois sur son lit, son regard avait rencontré une nouvelle fois celui de son coréen et malgré les excuses toujours présentes dans son regard, il n’en n’avait prononcé aucune, se contentant de hocher la tête.
Il pouvait le faire ça non ?
Il avait bien tenté de le faire assez pitoyablement la veille pour prendre une fuite qu’il n’avait pas été capable de mener à son terme.
« … d’accord... »
Cinq minutes.
Un baiser reçue sur son front pour appuyer cette promesse et Naoki hochait une nouvelle fois la tête.
Cinq minutes et il serait à côté. Tout ce qu’il avait à faire c’était de s’habiller et de ne pas se planter. Il n’allait tout de même pas foirer ça aussi maintenant ?
Cinq minutes. Juste à côté. C’était dans le fond tout ce qu’il avait fini par se répéter en suivant son coréen des yeux.
Il ne se passerait rien. Tout irait bien. Mikio était à côté et la porte n’était même pas fermée.

Et si son coeur avait supplié un pathétique ”Reviens”, il savait dans le fond qu’il était préférable de le laisser sortir.
Il aurait moins honte sans le regard de Mikio pour constater à quel point il ne ressemblait plus à rien son italien maintenant.
Alors, son regard avait fini par quitter la porte pour se poser sur les vêtements que ses mains venaient de reposer sur le lit. Il s’était mordu la lèvre pour faire taire son coeur serré et il avait tenté de penser à la promesse d’un autre, bien plus beau que le sien… S’habiller… et puis, il pourrait le retrouver… lui et son propriétaire, ce fourbe coréen qui d’un baiser lui avait fait perdre les défenses qu’il tentait de maintenir en place.
Attrapant son boxer, il avait retenu un soupir avant de s’y mettre. Il aurait moins froid après… oui, même si ce serait surtout encore après, quand il pourrait retrouver les bras de Mikio, que la chaleur reviendrait davantage.

Normalement, à cette heure-ci, il aurait dû se trouver à l’hôtel. Caché dans l’ombre. Dévoré par de nombreux cauchemars mais sans personne pour voir à quel point il était pathétique.
Il aurait dû se faire violence, retrouver des forces, avoir de quoi porter un masque sans fissures avant de rentrer ici.
Mais il était là, chose fragile et tremblante sur ce lit, à tenter de s’habiller pour retrouver une cachette où, pourtant, la personne qui comptait le plus pouvait le voir.
Oui… Mikio était dangereux pour les apparences… mais c’était également un danger si doux, si lumineux… irrésistible était sans doute un bon mot pour résumer.
Se penchant pour faire passer le boxer puis le remonter, ses mains avaient tremblé davantage lorsqu’il était arrivé au point où il devait se tenir sur ses jambes, au moins un instant, le temps de l’enfiler entièrement. Anticipant le vertige, la prédiction n’avait pas fait défaut. Les forces qu’il avait mises pour se mettre debout, un temps si court… oui, c’était mieux que Mikio ne soit pas là pour voir ça…
Et s’il avait pu enfiler son boxer, ses fesses avaient retrouvé trop rapidement le matelas, une main sur son front comme s’il pouvait retenir ce vertige et le chasser, elle était passée ensuite sur ses yeux pour les frotter.

Il s’était répété de ne pas se décourager quand sa main tremblante s’était avancée jusqu’au short que Mikio lui avait sorti.
Il s’était aussi probablement dit que plus vite il y arriverait, plus vite la lumière reviendrait. S’il se dépêchait… lui n’aurait pas le temps de revenir.
Ne pas y penser. Se concentrer.
La tête qui tournait toujours bien trop, il avait soupiré, le regard perdu sur un Umberto qui s’était allongé sur le lit comme pour le surveiller.
« … ça va... » c’était tout ce qu’il avait soufflé à son fils avant de baisser les yeux vers le vêtement entre ses mains.
Il pouvait le faire.
Mais il n’avait pas le temps d’attendre que son monde s’arrête de tourner. Parce que ce serait pire… ce serait pire si une hallucination le prenait.

Alors il s’était penché une nouvelle fois et ses pieds étaient passés dans le short. Convaincu de pouvoir faire plus vite que 5 minutes et dire à Mikio que c’était bon, il avait ramené l’habit jusqu’à devoir se lever à nouveau.
Malgré sa tête qui tournait, ses pieds s’étaient appuyés sur le sol et il s’était levé pour sentir son corps partir vers l’avant. De justesse, il s’était repris, un pas en arrière et c’était au final sur le lit qu’il retombait maladroitement, faiblement…
Les mains tremblantes, il avait arrangé l’élastique du vêtement en se mordant la lèvre pour retenir l’émotion. La honte ne pouvait pas couler sur ses joues. Il devait s’habiller et aller bien.
Un jour… tu seras seul à nouveau…
… tu ne les auras plus… ces petits moments… ces rêves pour de faux…
… ce ne sera plus que le noir pour toi…
… comme avant…


Oui… il le savait…. Un jour, il n’aurait plus que son monde… celui de Mikio, les visites qu’il pourrait y faire, ce serait dans son imagination… comme il le faisait à l’hôtel quand il s’efforçait de se penser dans des bras qui le réchauffaient.
Parfois, il se le demandait… pourquoi est-ce qu’on lui avait donné la vie si elle ne ressemblait même pas à une… si elle ne pouvait même pas lui donner l’impression d’être vivant.

S’il ne voyait plus sa main maintenant, si sa vision était bien trop floue, elle avait néanmoins tremblé jusqu’à son sweat sur lequel elle s’était serrée de toutes ses forces. Tremblante, elle l’avait fait glisser sur le lit, vers lui, malgré le bruit.
Ce n’était pas lui. Il n’allait rien entendre. Rien voir. Ce n’était rien.
Mikio. C’était sans doute Mikio.
Et s’il se l’était répété, il ne s’en était pas moins figé à ce bruit de pas qui se rapprochaient.
Le regard fixé sur son sweat, le rythme de son coeur s’était fait à nouveau douloureux sans qu’il ne soit capable de se raisonner.
Pas encore. Pas déjà. Quand il dormait… que quand il dormait, c’était déjà bien suffisant comme temps à l’obscurité pour l’envelopper. Parce que le sommeil… au moins, il pouvait le fuir.

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     Mer 1 Nov - 20:09

just a spoonful of sugar
Naomi

Il n’y avait pas de personne que Mikio désirait plus protéger que Naoki. Cette obsession, elle ne concernait que lui, aussi bienveillant pouvait-il être avec les autres. C’était parce que Naoki était spécial à ses yeux. Et à son coeur. Oui, il suffisait d’entendre comment celui-ci s’était mis à battre plus fort en sentant un bras entourer ses épaules. Naoki s’accrochait à lui et ses battements ne semblaient plus rien dire. Au fond, il savait qu’il y avait des pensées que le chanteur n’aurait pas dû avoir. Elles n’étaient pas mauvaises mais loin d’être correctes. Evidemment, plus que tout, il aurait préféré que Nao n’ait pas à s’agripper à lui de cette façon parce qu’il n’avait plus la force de se déplacer. Bien sûr, à choisir, il aurait aimé ne pas avoir à lui laver la tête parce qu’il était bien trop fiévreux. Et ses bras qui se resserraient autour de ce corps tremblant et tristement léger, il aurait voulu que ce ne soit pas pour le réchauffer. Et pourtant, il y avait enfoui dans son coeur une joie vilaine que sentir le besoin du garçon. Besoin de lui… Cette étincelle maligne qui savourait  la confiance que Nao avait accepté de lui accorder enfin. Naoki avait besoin de lui… Non, ce n’était définitivement pas correct, ni sain de s’en réjouir de cette façon. Il s’en maudit pour ressentir une telle chose… c’était futile, inapproprié, mal… Mais ses mains avaient quand même raffermi leur prise autour de lui et un sourire s’était dessiné sur ses lèvres pour l’adresser tendrement à celui qu’il venait d’appeler « son bébé ».
Ca aussi, c’était sûrement très étrange et pourtant, il n’arrivait pas à le voir autrement. Il y avait ce môme qui se tapissait en lui, qu’il soupçonnait depuis des mois et qu’il avait semble-t-il définitivement rencontré la veille. Sa mission alors n’avait été ni plus ni moins que de s’occuper de lui, d’en prendre soin et de le guérir. Il avait sûrement bien trop d’affection pour ce gosse qu’il s’évertuait à rassurer. Il avait besoin de lui… alors Mikio était là. Et si c’était d’affection dont il avait besoin, le Coréen lui en donnerait tant qu’il le voudrait…
Sa lèvre inférieure sembla le démanger et il pinça les lèvres. Dans sa poitrine, les cognements s’affolèrent au souvenir de la marque laissée par ses doigts un peu plus tôt et cette étrange formulation qui ne l’avait pas laissé indifférent… mais qui surtout le rappelait à l’ordre. Nao n’était pas que « son bébé ». On embrassait pas son gamin comme ça, définitivement non. Naoki était plus. Indéniablement plus… Dans ses bras, il tenait surtout son précieux trésor, plus précieux encore que le plus scintillant des diamants… Il y avait ce petit coeur qu’il convoitait et ce désir maladif de ne plus jamais laisser quelque chose l’abîmer. Il devait prendre soin de lui et pas seulement parce qu’il était un gamin malade… Mais parce que Mikio l’aimait plus que tout en ce monde. Il l’aimait d’une façon si démesuré qu’au fond, ses sombres pensées s’animaient malgré lui, et qu’il se découvrait chaque fois un peu plus cette effrayante possessivité.

Mais ça, Naoki n’était pas obligé de le savoir. Non, dans le regard du chanteur que le plus jeune semblait contempler à présent, il ne pouvait pas y lire tous les travers de son aîné… n’est-ce pas ? Peut-être que ce dernier l’eut craint un instant et c’est pour ça que son coeur sursauta quand le garçon retrouva la parole. Mais aucun reproche ne transparut dans sa voix et ses mots surprirent plutôt le Coréen.
Lui ? Un bon père… ?
Au vu de ses agissements et de ses pensées, beaucoup condamnerait sûrement cette déclaration. Le rouge monta légèrement à ses joues et il considéra Naoki un instant. « Ah bon… » Parce qu’il sembla y réfléchir sérieusement un court instant, il prit conscience que l’idée ne lui avait encore jamais traversé l’esprit. Pour quelqu’un qui semblait autant préoccupé par un gosse, c’était plutôt étonnant. Mais Naoki était rentré dans sa vie sans s’annoncer pour la chambouler entièrement… il y a un an, Mikio n’aurait clairement jamais songé qu’il s’occuperait de son colocataire Italien de cette façon. Etre père, il s’était dit sans se le dire que ça finirait par arriver logiquement quand il serait marié avec la femme qu’il aurait choisi pour partager sa vie… Or, aujourd’hui, il était bien évident que ce genre de plan n’était plus vraiment au gout du jour. S’il n’avait pas fait une croix sur le fait d’avoir un môme un jour parce qu’il n’y avait encore une fois pas vraiment réfléchi, il s’imaginait définitivement moins bien aux côté d’une femme dans le futur… Probablement parce que ce futur, il ne voyait qu’avec celui qu’il tenait actuellement dans ses bras.
Un sourire un peu timide et troublé orna sa bouche, flatté par tant de compliments qu’il ne pensait pas mériter. « Tu es gentil… » avait-il soufflé en lui adressant un regard tendre. Au fond, ces mots, de la part de Nao, ça ne pouvait que lui faire plaisir.

Une fois dans la chambre, Mikio en reparti finalement aussi vite, non sans une légère appréhension. Naoki avait dit se sentir capable de s’habiller seul mais à quel point était-il optimiste ? D’un autre côté, il pouvait bien lui accorder cinq minutes pour faire le maximum… Le Coréen n’avait pas voulu lui mettre la pression mais il n’avait pas non plus voulu repousser davantage ses limites. Il lui suivait partout depuis hier, surveillait ses moindre faits et gestes - et il savait qu’il allait le faire encore plus après l’épisode de la baignoire désormais. Il imaginait bien que cela devait être pesant pour l’Italien aussi ce maigre répit était bien le seul qu’il pouvait lui accorder pour le moment.
Il laissa la porte ouverte pour ne pas stresser le garçon aussi bien que pour entendre le moindre appel ou chute. Le seuil de la pièce passée, le chanteur hésita une seconde ou deux. Il ne jeta pas un oeil dans la chambre par l’interstice laissé mais … Pouvait-il bien laisser Nao ? Il était avec Umberto. Cinq minutes. Juste, cinq minutes… et c’était en se répétant cela que l’aîné finit par s’éloigner vers le salon où il avait laissé tous ses sacs, en vrac sur le canapé.
Passant une main dans ses cheveux, il se dirigea vers ce dernier et attrapa les sachets où étaient les contenants alimentaires généreusement donné par Mamie. Il prit le temps de les ranger dans le frigo puis sortit le lait qu’il versa dans un mug, puis le cacao et le miel. La préparation terminée, il la plaça au micro-ondes et l’activa. Comme ça, il n’aurait plus qu’à la récupérer une fois de retour dans le salon.

Cela fait, il consulta l’heure. Il n’était pas très sûr de la minutes prés à laquelle il avait quitté la chambre mais songea que le temps devait être écoulé. Il ne voulait pas laisser Naoki seul trop longtemps… aussi revint-il rapidement vers la chambre.
Poussant légèrement la porte, il s’était annoncé pour ne pas surprendre son cadet : « Ca va, Nao ? Tu t’en sors ? » La seconde suivante, il poussait entièrement la porte pour rentrer dans la pièce et se diriger vers Naoki. Son ventre se tordit. Déjà, du seuil, Naoki lui avait semblé « un peu » mal… mais une fois à sa hauteur où il s’était accroupi pour le regarder, l’évidence l’avait cruellement frappée. Ca ne l’avait pas tant étonné de voir que le plus jeune n’avait pas terminé de s’habiller - non pas qu’il n’avait pas cru en lui mais il se doutait que la tâche serait difficile, sans compter que Mikio n’était même pas sûr d’avoir tenu 5 minutes - et sa main s’était doucement posée sur sa clavicule en la pressant légèrement, affectueusement mais non sans inquiétude. « Hey… J’suis là Yeobu… je vais t’aider, d’accord ? » Ses petits yeux avaient scruté son visage épuisé, tandis que par réflexe, sa main était remontée jusqu’à son front brûlant. Il avait senti sa poitrine se comprimer un peu plus. Naoki était indéniablement mal en point et le constater une fois de plus le paniqua intérieurement bien qu’il fit au mieux pour ne pas le montrer. Il garda sa bouche sèche close alors que dans sa tête, cette idée qu’il l’avait déjà traversé toqua de nouveau. Vu l’état de Naoki, le garder ici lui paraissait irresponsable… L’hôpital.. il y songeait encore, parfois comme maintenant, un peu plus. Mais alors qu’il fouillait le regard du garçon, il chassa une nouvelle fois cette option. Naoki n’était pas seulement malade et sans force… Mikio décelait à nouveau de la crainte… Cinq minutes loin de lui, c’était déjà trop. L’hôpital, ce n’était pas envisageable.

« C’est bien déjà ce que t’as fais…. » Le Coréen attrapa le sweat en adressant un vague sourire à Nao. Il l’avait voulu encourageant mais l’inquiétude l’empêchait d’être totalement convaincant. « C’est bien, » répéta-t-il, encourageant, tandis qu’il écartait les pans du vêtement pour pouvoir lui enfiler. A nouveau, il essaya de faire preuve de délicatesse en passant sa tête dans le sweat, puis ses bras, pour finalement terminer de recouvrir les dernières parcelles de peau de l’étudiant. « Voilà, » fit-il avec le même petit sourire, pressant affectueusement sa cuisse pour marquer un point final à cet épisode. Ses doigts coururent  doucement le long de sa jambe avant qu’il n’ajoute sur le même ton doucereux : « Tu prends ta serviette ? Je vais te sécher les cheveux au salon. » Sa main plongea dans sa crinière mouillée et il se redressa pour apposer un nouveau baiser sur son crâne. Il attendit que Nao ait récupéré la serviette puis se permit de le soulever de nouveau pour le porter. C’était reparti pour un tour de Mimi Express. Avait-il déjà autant porté une personne ? Non, certainement pas. Si la situation n’était pas dramatique, un autre Coréen aurait sûrement rit en le raillant sur le fait qu’il aurait des courbatures demain. Probable, peu importe. N’avait-il pas dit que pour Naoki, il soulèverait des montagnes ?

Gagnant le salon, sans oublier un Umberto toujours fidèle sur leur talon, Mikio vint le déposer sur le canapé. Il réprima un soupire et lui intima d’attendre une petite seconde où il s’éclipsa dans la cuisine pour y récupérer la tasse encore fumante dans le micro-onde. Il pressa sa main autour du mug et s’assura qu’il n’était pas brûlant.. Ca allait, mais il souffla dessus tout en récupérant une boite de marshmallow piquée à Mamie. Il en mis quelques uns dans la boisson chaude et ajouta l’élément indispensable à la boisson : une paille. Puis, avant que les marshmallow ne fondent, le chanteur retourna auprès de Naoki.
S’asseyant face à lui sur le canapé, il lui tendit la tasse dans un léger sourire : « Tiens bébé, ça te réchauffera. Bois la pendant que je m’occupe de toi. » Son pouce effleura tendrement sa pommette puis il récupéra la serviette et recouvrit la tête de son cadet en se rapprochant, ses jambes encadrant rapidement celles de Naoki. Plaçant ses mains de chaque côté de son crâne, il entama ce qui était devenu l’une de ses activités favorites. Avec délicatesse, il frictionna sa tête, massa par moment ses tempes ou l’arrière de son crâne. Il y mit encore plus de précaution que d’habitude et presque autant de concentration que pour lui laver les cheveux : « Ca va ? » ne put-il s’empêcher de s’enquérir tandis que ses gestes semblaient se transformer parfois en caresses. Il se mit même à fredonner doucement un nouvel air au bout d’un moment…

C’est vrai, il aimait bien faire ça. S’occuper de lui, s’assurer qu’il n’attraperait pas froid et profiter de ce parfait prétexte pour lui papouiller la tête. Définitivement, Mikio et Naoki avaient de drôle d’habitudes, des rituels singuliers et des codes que personnes ne pouvaient comprendre à part eux, pas même le troisième colocataire de cet appartement… Mais c’était toutes ces choses que Mikio chérissait avec ce garçon et qu’il cherchait à préserver en le protégeant… en le gardant prés de lui… Pace qu’il l’aimait. Il l’aimait comme il n’avait jamais aimé personne… comme il était certain que personne n’avait jamais aimé non plus… Son Naoki. Son précieux trésor….  
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     Dim 5 Nov - 12:25
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Nerveuse, sa main s’était resserrée plus fortement au sweat pour cacher des tremblements qui ne semblaient pas vouloir se taire. Il était condamné à être pathétique depuis hier. Il s’était répété que ce n’était que la fatigue, ou peut-être la fièvre, et que ce qu’il venait d’entendre n’était pas réel… ou alors c’était Mikio.
Mais, dans sa poitrine, son coeur s’était obstiné à se faire plus douloureux et, comme par prévention, il avait tenté de s’appliquer à remplir une fois ses poumons pour les vider entièrement l’instant d’après. Sa respiration n’allait pas refaire n’importe quoi. Parce qu’il ne verrait rien. Il n’y aurait rien maintenant pour le plonger dans un état tout aussi pitoyable que celui dans lequel il était avant le retour de Mikio.
Il aurait préféré voir autre chose. Il aurait préféré que l’épuisement ne le ramène pas là bas. Il y avait une quantité de choses effrayantes dans ce monde, sur les écrans de cinéma, dans l’imagination des gens en général. Ne pouvait-il pas voir un fantôme ou quelque chose de plus classique comme les autres ?
Il savait bien que non. Parce que dans sa vie, il n’avait peur que de deux choses.
Son père.
Et lui-même.
Alors, ça ne pouvait être que son père pour le torturer. Voir un fantôme maintenant ne lui ferait probablement rien. Moins que les autres en tout cas. Evidemment, il fallait que ça aille chercher dans sa tête, dans son coeur, il fallait que ça fouille soigneusement pour en tirer du passé.

Il le regrettait, de ne pas avoir une peur irréelle comme d’autres. Parce qu’à présent, il aurait pu mieux se convaincre que ça n’existait pas.
Mais non. Sa vie était là pour lui rappeler que ses cauchemars étaient réels. Que si d’autres avaient besoin d’aller au cinéma pour se faire peur… lui, il n’avait qu’à fermer les yeux. Il n’avait pas à laisser faire. Il n’avait pas le choix, son passé revenait toujours pour le hanter comme une promesse de retour prochain. Juste histoire qu’il n’oublie pas.
Il n’oubliait pas.
Mais à présent, il ne dormait pas… est-ce qu’on ne pouvait pas au moins le laisser se reposer quand il s’évitait de le faire.

C’est de ta faute.
Il était malade, fatigué, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui…. Il le savait. Malgré les efforts, les seuls reproches qu’il était en droit de formuler ne pouvaient être que dirigés contre lui.
Tout n’avait été qu’un cercle pour le condamner, un cercle dont il n’avait pas su se sortir.
Fatigué, il essayait de se reposer à l’hôtel sans vraiment y arriver. Rentré ici, quand il aurait pu mieux le faire, il se forçait à tenir éveillé pour ne pas avoir à justifier ses cauchemars auprès de son coréen. Il préférait le bercer lui plutôt que de l’inquiéter. Et quand il essayait de se reposer davantage le lendemain, les cauchemars se multipliaient. Alors, il appelait Saeko, il se shootait, et il se sentait toujours fatigué.
Se contraindre au sommeil, prendre des somnifères n’y avait rien changé. Pourtant, c’était toujours comme ça que ça marchait.
Avant, ça marchait sans doute mieux. Les motivations étaient plus terrifiantes et dans le fond, il ne fonctionnait qu’à la violence. Il était habitué, c’était probablement pour ça….
Oui, même si une seule nuit autorisée dans les bras de Mikio à dormir sans fuir le sommeil, à même essayer de le retrouver après un cauchemar que son coréen aurait calmé… une seule nuit de ce genre l’aurait plus reposé que ces siestes qu’il s’accordait sur une semaine.

Mais voilà, il était parvenu à tout planter malgré ses efforts. Alors si maintenant il était là, bêtement, à attendre, la main serrée sur ce sweat qu’il n’avait pas encore mis, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui.
Un léger sursaut avait accompagné une voix familière et il n’avait pu faire autrement que de se sentir idiot. Il n’avait pas non plus pu faire autrement que de ne pas oser tout de suite relevé les yeux vers son aîné. Comme si ce n’était qu’une tromperie… comme si c’était un leurre pour le toucher plus fortement quand il céderait à regarder sous la motivation de la seule voix qu’il voulait entendre.
Oui, c’était stupide… mais dans ses cauchemars, ça marchait parfois comme ça. Tout allait bien d’abord, il y avait Mikio… et puis on lui retirait l’illusion d’un rêve pour lui donner une souffrance plus habituelle, comme pour lui rappeler qu’il n’avait pas le droit de rêver.

Mais la forme qui s’était accroupie devant lui, c’était bien celle de son coréen dont il avait fini par retrouver le regard. Partagé entre les restes de sa crainte et la honte, le sien n’avait pas su faire autrement que de s’excuser en silence. Oui, dans le fond il le savait bien, il n’inspirait rien de très glorieux maintenant.
Infligeant à sa lèvre inférieure une morsure aux nouveaux mots du chanteur, ses yeux s’étaient portés vers le sol mais sa tête s’était néanmoins hochée sans qu’il ne cherche à discuter.
A quoi bon ? Il pouvait avoir froid, il n’avait pas été foutu de passer ce sweat en cinq minutes. Et malgré les doigts sur son front, il n’avait pas été capable de formuler un mot ou deux. Il aurait dû pourtant. Au moins pour faire la conversation, surtout pour essayer de se montrer rassurant. A la place, sa main libre était venue frotter ses yeux et il avait pensé qu’il devait vraiment faire peine à voir…. Mikio le félicitait pour un boxer et un short… il ne pouvait pas lui en vouloir, sur quoi aurait-il pu le complimenter alors qu’il n’était clairement pas capable de grand chose. Pourtant, il avait bien soufflé un stupide « … merci… » qui lui avait bêtement serré le coeur. Il l’avait senti si peu crédible que sa voix n’avait pas tardé pour le reformuler en « Désolé... ». C’était une meilleure réponse, la seule qu’il était en droit de prononcer dans le fond vu l’image qu’il lui offrait à présent. Laissant le sweat lui échapper, il n’avait même pas cherché à retenir le vêtement.

Il était où le Naoki qui se motivait en pensant qu’il était un si bon menteur ? En se persuadant que Mikio ne voyait rien et qu’il avait l’air d’aller bien, qu’il irait même bien s’il s’obstinait à se faire un peu violence.
Loin. Bien trop loin. Sans doute.
Mais le plus grand comble avait été la suite « Tu n’es pas obligé ». Pas de l’habiller… non… de lui sourire. Il l’avait bien vu cette tentative sur les lèvres de son coréen, il le voyait bien son propre échec sur les traits de son Michan. Des traits qui lui avaient été caché pour un temps ridiculement court, celui que Mikio avait mis à lui enfiler son haut « … je vois bien que t’as pas envie de sourire…. » c’était tout ce qu’il avait dit avant de tendre la main vers sa serviette.
Il aurait pu ajouter “tu n’es pas un menteur toi” ou même s’excuser à nouveau. Mais il ne se l’était pas ramené davantage. Il le savait bien que, malgré ses efforts, il s’imposait à son aîné comme un pas grand chose. La fatigue, sur les traits qu’il affectionnait tant, il était déjà capable de la voir.

De quoi pouvait-il se plaindre lui qui héritait néanmoins d’affection sur son front ?
De rien. Il ne l’avait pas fait en tout cas, pas plus qu’il n’avait discuté, quand Mikio l’avait porté à nouveau pour emprunter cette fois la direction du salon. Son bras avait simplement fait le tour de ses épaules pour se raccrocher tandis que l’autre retenait la serviette contre lui.
Rapidement, il s’était retrouvé sur le canapé et son regard s’était tourné un instant pour voir Umberto y sauter et s’installer près de lui. Puis, il l’avait relevé vers Mikio et il s’était contenté de hocher la tête à la mention de sa courte absence. Absence pendant laquelle ses doigts avaient trituré la serviette sur ses jambes quand ceux de son autre main étaient rentrés se planquer dans une manche pour s’appliquer au même jeu sur la couture d’un ourlet.
Tous avaient stoppé au retour de Mikio dans la pièce et ceux dans la serviette s’étaient tendus vers un mug « Merci. » avant que son regard ne se baisse vers ce dernier et qu’il ne remarque les morceaux de chamallow à la surface « … ». Quelques secondes plus tard, ses yeux fouillaient les traits de son coréen qui s’installait sur lui. Son dos retrouvant le dossier du canapé pour lui faire plus de place, son regard ne l’avait pas quitté, peut-être qu’il avait un peu l’air d’un idiot maintenant. Peut-être qu’il en avait même l’air beaucoup.

C’était juste que… Mikio était vraiment gentil avec lui.
“Ce n’est que de la guimauve”, voilà ce que beaucoup aurait trouvé à répondre face à son attitude.
Mais…
Lui… c’était vraiment la première fois qu’on s’occupait de lui comme ça. C’était étrange. Beaucoup déstabilisant… oui, ça le rendait plus qu’un peu confus… mais tandis que Mikio s’affairait déjà à sécher ses cheveux et qu’il avait enfin porté le mug à ses lèvres faute de trouver ses mots, il ne pouvait pas ignorer totalement cette chaleur étrange….
Ce n’était pas que la boisson non ?
« … » alors pourquoi son regard s’était baissé à nouveau vers elle après ces premières gorgées ?
Parce qu’il n’était qu’un idiot qui ne comprenait rien à rien. Parce qu’il y avait de la guimauve qui flottait et que Mikio semblait vraiment obstiné à le faire… prendre soin de lui.
Il le savait bien. Il ne devait pas s’habituer, encore moins y prendre goût. Pourtant, sa main libre s’était rapidement relevée pour passer sur ses yeux comme s’il craignait que ces derniers, trop brillants, ne laissent couler de stupides larmes qu’il n’aurait même pas su expliquer.

Il n’aurait même pas pu dire un truc stupide comme la chaleur d’un contenant pour réchauffer une main. Ou se justifier en soulignant que sa gorge le brûlait et que c’était difficile pour lui de boire… après tout, la chaleur du liquide calmait bien la douleur sur le moment.
Mais à la question de son aîné, il avait bien dû trouver quelque chose à dire. Il n’en n’avait d’abord rien fait. L’une de ses mains avait quitté la tasse pour se poser sur la cuisse du chanteur et s’y presser un instant avant que de quelques caresses, il ne tente de répondre à la question. Sa tête s’était bien hochée pour se faire plus clair. Et puis, tandis que ses doigts remontaient, il avait finalement ajouté « … c’est bon…. » boire encore quelques gorgées pour se montrer plus précis et puis retrouver à nouveau le silence.

Mikio qui fredonnait, ce séchage de cheveux qui se rapprochait plus de la tendresse, la chaleur d’une boisson remplie d’amour, et lui qui ne s’était pas rendu compte de grand chose. Sans y prêter attention, ses doigts étaient remontés jusqu’à se retrouver à jouer dans la poche arrière d’un pantalon, grattant parfois la couture, se contentant de glisser à d’autres moments sans se faire la réflexion qu’un ami ne caressait probablement pas cette partie d’un autre ami. Mais est-ce que c’était plus acceptable ensuite ? Sa main qui était remontée sous un t-shirt pour glisser avec douceur sur la peau d’un dos tandis qu’il prenait de nouvelles gorgées de ce chocolat chaud ?
C’était un dos, oui. Mais cette peau, ses doigts l’avaient bien trop effleuré, doucement, avec tendresse et si le froid le faisait encore trembler, se retenir à sa peau un instant, dans une caresse plus prononcée, n’était pas acceptable pour autant.
Et puis, il avait regardé Mikio, il s’était perdu sur ses traits, ses yeux, et sa main avait fait son chemin jusqu’à une hanche, tantôt un ventre. Si ce n’était parfois que du bout des doigts, c’était à d’autres moments leurs dos ou celui de sa main qui se reposait un instant contre une peau sans jamais arrêter totalement ces caresses.
Pourtant, à un moment, il s’était bien stoppé pour venir se saisir d’une hanche, comme pour attirer son coréen, l’inviter à se rapprocher alors qu’ils étaient déjà bien trop proches, c’est vrai.
Oui, alors il valait mieux laisser ses doigts remonter plus haut jusqu’à chercher de gestes tendres contre un torse les battements qu’on lui avait promis.


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     Dim 5 Nov - 21:27

just a spoonful of sugar
Naomi

« C’est rien Nao, t’en fais pas… » Naoki était malade. Mal en point. Et il arrivait encore à se blâmer… Le Coréen s’en désolait. Ignorant son coeur écrasé, tout ce qu’il avait pu faire c’était finir de l’habiller en essayant de rester encourageant.
Essayer… oui. Les mots de son cadet lui firent marquer une courte pause tandis qu’il retrouvait son visage fatigué qui émergeait du sweat. Le vague sourire que ses lèvres avaient formé s’estompa comme s’il était soudain coupable. Nao n’avait probablement pas tort… Mikio n’avait pas ce qu’on pouvait vraiment dire « envie » de sourire. Comment le pouvait-on face à des traits si tirés et une peau si pâle ? Et tristement, s’il n’en avait pas déjà conscience, il constatait une fois de plus que tout se voyait sur son visage. Le chanteur ne savait pas mentir et de sourire, il n’en forçait jamais. Ou presque. Avec Naoki, ils avaient tendance à venir seuls. Souvent, il lui suffisait de poser simplement le regard sur lui pour que ses lèvres s’étirent, de la même façon que ses yeux se mettaient à briller d’une affection sans borne. Il ne contrôlait pas ça. Il n’y pensait pas non plus et finalement ne s’en apercevait que lorsque Naoki les lui faisait remarquer. Ces sourires qu’il aimait tant…
C’était peut-être ce qu’il avait essayé de lui donner ici. Des sourires qu’il aimait, pour le réconforter… Evidemment, au fond, il se doutait qu’il n’esquissait rien de bien joyeux. Sur son visage, il sentait tout juste les muscles travaillaient pour obtenir un résultat si léger, si triste. Est-ce qu’il avait fait de la peine à Naoki avec ses grimaces ? C’était pourtant tout l’inverse qu’il voulait. Le rassurer, soulager son coeur… Aussi paradoxale que cela pouvait paraitre, forcer quelques sourires maintenant lui avait paru naturel… parce que c’était la chose à faire non ? Que voulait Naoki sinon ? Qu’il le regarde froidement ? Qu’il le gronde ? Qu’il se montre dur quand Naoki l’était déjà bien trop avec lui-même ? Non. Ca lui paraissait encore plus absurde que sourire maintenant. Il lui adressa néanmoins un regard désolé. Désolé que ça se soit vu. Désolé de lui faire de la peine au lieu de le réconforter. Désolé que Nao soit si mal et qu’il ne soit pas capable de le guérir miraculeusement d’un baiser… L’idiot. Voilà qu’il allait commencer à prendre tous les blâmes lui aussi. Coupable, il l’était pourtant de bien des façons… Mais au lieu de continuer sur cette voie, sa main avait caressé doucement son front juste après y avoir apposé son baiser. Et plus étonnamment encore, ses yeux s’étaient plongés dans les siens quand le coin de ses lèvres tentèrent une nouvelle fois de s’étirer. « J’en aurais toujours envie pour toi… » Il se l’était promis la veille. Il voulait toujours le faire pour lui. Il le voulait si ça faisait du bien à son protégé et il en était venu la conclusion que ce n’était pas une promesse difficile à tenir quand la tache était si facile à réaliser à ses côtés… Après tout, ne continuait-il pas de le faire ? Même tristement, il souriait pour lui.

Mais ce qu’il avait probablement envie de faire par dessus tout, c’était de le prendre dans ses bras. De le serrer fort quand pourtant il savait qu’un câlin n’avait pas de pouvoir magique, qu’il n’irait pas vraiment mieux après. Mais ça lui ferait peut-être du bien. Ca leur ferait sûrement du bien.
Et il avait bien fini par le faire pour l’emmener au salon. Délicatement et sans jamais se défaire de cette attitude suprotectrice qu’il avait avec lui. Ni cet amour… Ca, ça ne pourrait définitivement jamais s’effacer.

C’était aussi sûrement parce qu’il l’aimait un peu trop qu’il n’avait pas pu s’empêcher de jouer les papas poules. Est-ce qu’il en faisait trop avec les marshmallow dans le chocolat chaud ? Cette question n’avait aucune importance pour le Coréen. Tout ce qui comptait pour lui, c’était le bien être de son protégé. Aussi, il n’avait pu que lui adresser un nouveau sourire face à ce regard hébété que Nao lui lançait. Non, ce n’était pas si extraordinaire que ça… C’était normal, pensait-il. Prendre soin de lui, lui faire plaisir… du moins, c’est ce qu’il essayait. D’accord, il imaginait bien qu’un peu de guimauve n’effacerait pas tous les cauchemars ni tous les maux… Mais peut-être que ça réchaufferait son coeur en même temps que son corps ? Mikio n’était pas si naïf que ça. Il l’espérait du moins…
Alors il entama de lui sécher les cheveux doucement, avec tendresse et application. Ses doigts massaient, frictionnaient, caressaient… Son regard passait tantôt du haut de son crâne dissimulé sous la serviette, tantôt à la tasse fumante que Nao n’avait pas rechigné à boire. Il espérait vraiment que ça lui faisait du bien et finit par s’en enquérir. Il n’avait pas stoppé sa tache alors que la main de l’étudiant se posait sur lui et l’avait seulement regardé faire. Son hochement de tête ne lui échappa pas et il se sentit un peu soulagé. Davantage quand Naoki s’exprima en parole puis en geste. « Tant mieux… » Un nouveau sourire prit place sur ses lèvres, léger mais doux et surtout… plus honnête que les précédents. C’était probablement parce qu’il était soulagé mais aussi quelque peu satisfait de pouvoir s’occuper de Naoki, en lui séchant les cheveux ou en veillant sur lui. Lui-même, oui… C’était rassurant. Bien moins angoissant que de le laisser se débrouiller seul dans sa chambre. Aussi, le chanteur sembla lui aussi se détendre petit à petit en poursuivant sa mission, se laissant même aller jusqu’à fredonner un air.

Il ne s’était pas préoccupé tout de suite de ses doigts qui courraient sur sa jambe. Il les avait laissé faire, trouvant même la caresse plaisante, tout en restant focaliser sur les cheveux de Naoki qui devaient maintenant être presque secs. Et puis ils étaient remontés… remontés…. jusqu’à ce que ce Mikio les sentent sur une zone plus qu’inhabituelle. « … ?! » Son coeur sursauta tandis que les doigts de Naoki s’infiltraient dans la poche arrière de son pantalon. Est-ce que…. Est-ce que Naoki était en train de lui toucher les fesses ??? Ses gestes se troublèrent et il sentit le feu lui monter aux joues. Son visage se tourna vers cette main bien audacieuse avant de retrouver celui du garçon. «  » Clairement, la confusion était marqué en lettres grasse sur les traits de son visage. Mais passé la surprise et l’affolement, il prit conscience que le geste paraissait distrait… D’accord, il avait sacrément dérivé depuis sa cuisse mais Nao n’avait vraiment pas l’air de l’avoir fait exprès. Ce n’était pas le rital qui lui faisait une blague, mais sous sa capuche de fortune, son cadet qui semblait s’être perdu. Mikio tenta de ravaler son trouble et ferma la bouche pour ne pas le réprimer, sans se rendre compte qu’il avait déjà arrêté de fredonner. Ses caresses ressemblaient à celles dont il avait besoin pour s’occuper, celles qu’il faisait sur son bras ou contre son coeur… Il ne devait même pas avoir conscience de ce qu’il touchait, tentait de se convaincre le Coréen. Alors il n’avait pas voulu l’en priver, songeant que si Nao ne le prenait pas à la rigolade, il culpabiliserait peut-être… Et il préférait que le plus jeune triture sa poche arrière plutôt que ses doigts.

La question fut néanmoins réglée lorsque ses doigts dérivèrent vers un autre endroit. Son dos. Sous son t-shirt. Le contact sur sa peau le fit frissonner bien que Naoki n’avait pas les doigts froids. Sûrement à cause du chocolat chaud… Mais Nao n’avait pas fait que l’effleurer, ravivant une certaine confusion dans la poitrine coréenne. C’était un peu comme un chat qui massait son humain de ses coussinets, d’un geste appuyé et régulier. Naoki ne ronronnait peut-être pas mais il s’en rapprochait… Ou peut-être que cette image rassurait juste Mikio. Il réprima un soupire.
Ignorant les battement furieux de son coeur, amplifiés par le regard qui le scrutait désormais, il fit glisser une de ses mains sur le visage du garçon qu’il caressa doucement et souffla : « Est-ce que tu as toujours froid ? » Il sentait encore les doigts de Nao trembler dans son dos mais osait espérer que la boisson chaude l’avait un peu réchauffé. Pour le reste, il pouvait toujours aider lui-même… Peut-être qu’il le faisait déjà. Peut-être que Nao le prenait pour une sorte de poêle et l’image lui arracha une brève esquisse amusée. C’était un peu ironique parce qu’il était celui qui était le plus frileux. La bouillotte, c’était Naoki et il l’était plus que jamais aujourd’hui avec sa fièvre titanesque. Ce tragique constat le fit moins rire mais la tristesse n’eut pas le temps de passer sur ses traits. Le trouble lui vola la place. Cette main… elle semblait fermement décidé à marquer chaque parcelle de sa peau…
Est-ce que ça lui faisait du bien ? Est-ce qu’il en avait besoin ?
La chaleur sur ses joues s’embrasa en sentant que Nao venait d’agripper sa hanche pour l’attirer : « Ah..! Naoki..  » Perturbé, ses mains lâchèrent la serviette et celle-ci glissa dans le dos du plus jeune, découvrant sa crinière sombre quelque peu ébouriffée. Il le considéra une seconde. Naoki voulait que Mikio se rapproche ? Ils étaient déjà proches, mais Nao voulait plus. Parce qu’il avait froid ? … Parce qu’il avait besoin de sentir Mikio prés de lui ? …

« D’accord, j’ai compris… » souffla-t-il dans un murmure qui lui sembla lointain.

Ses deux mains, désormais libre, glissèrent à leur tour le long des jambes de Naoki, doucement, pour se saisir finalement de ses cuisses, plus fermement. De là, il attira un peu plus le garçon vers lui, rapprochant son bassin du sien, laissant passer les jambes de son cadet par dessus les siennes. S’il le voulait, Naoki pouvait aisément emprisonner Mikio en refermant ses jambes autour de lui. Est-ce qu’une telle position était acceptable entre deux colocataires ? Sûrement pas. Mais il y avait longtemps que le Coréen avait cessé de se poser ce genre de question. Il préférait s’intéresser à la tignasse de son protégé dans laquelle l’une de ses mains était remontée pour s’y plonger. « C’est bon… Ils sont secs… » C’était important. Très important… Alors pourquoi avait-il dit ça si distraitement ? Comme s’il pensait à autre chose tandis que ses doigts fouillaient un peu plus tendrement ses cheveux, et que son regard avait retrouvé le sien. Son souffle lui semblait court, ou peut-être osait-il à peine respirer. Son coeur cognait bruyamment contre sa tempe et le vacarme semblait s’amplifier selon l’endroit où ses yeux visaient. Sa bouche enregistrait définitivement le meilleur score…
«  »
Et cette main qui explorait son torse, irrémédiablement un danger. A moins que ce ne soit ses pensées qui étaient les plus dangereuses. Nao ne pouvait pas les entendre mais encore une fois, il songeait qu’il y avait ses battements furieux et traitres. Ce rythme qu’il avait appris par coeur… Ca n’aurait pas été étonnant qu’il comprenne ce qui traversait l’esprit de Coréen. Ce dernier avait essayé de les chasser mais…

Après…
L’echo résonnait dans sa tête et surplombait le fracas de sa pompe à sang.
… le dernier…
Sa vision semblait bloquée sur cette bouche et la sensation fantôme de ces doigts sur la sienne le fit déglutir.
Tu embrasses bien…
Il ne devait pas penser à ça. Surtout pas quand la sensation de ses doigts avait laissé la place à celle de ses lèvres… Son ventre se tordit tandis que son esprit cruel lui faisait revivre l’instant où elles s’étaient séparés de celles de Naoki… l’instant précédent où ces dernières s’étaient mieux pressés contre les siennes… l’instant suivant où il avait eut l’impression qu’elles cherchaient à le retenir…
Je les ai tous aimé…
… être sage…
Il devait être sage. Oui… A quoi pensait-il bon sang ? Naoki était malade. Tout ce qu’il cherchait, c’était un peu de chaleur et lui… Lui il n’avait que ce genre de pensée déplacées ! Crétin ! Il se mordit férocement la lèvre inférieure et ferma les yeux. L’idéal restait encore de s’éloigner mais il se le refusa. Il avait rapproché Nao à sa demande, ce n’était pas pour faire le contraire ensuite… Il reconnut néanmoins qu’il s’agissait là d’une terrible idée. Mais il était le seul à blâmer… Il pouvait bien accuser Naoki de lui faire perdre la tête et d’être un vil tentateur… Il était celui qui avait tort pour céder et se troubler autant. Depuis quand être raisonnable lui était devenu si difficile ?

Il inspira profondément et s’autorisa à rouvrir les yeux, évitant soigneusement sa bouche. Il se permit même de laisser sa main caresser doucement le dos du garçon à travers son haut. Il avait bien envie de le prendre contre lui mais il y avait cette tasse entre eux et… la raison. Oui, pour l’instant, mieux valait éviter de se donner plus de raison de faire n’importe quoi. Bien sûr, il ne refuserait pas à Nao une étreinte mais il avait tout intérêt à se reprendre avant. Est-ce qu’il essayait de le faire en se concentrant sur les caresses dispensés dans son dos et ses cheveux ? Un peu sûrement… Mais c’est autre chose qui lui vint finalement à l’esprit.

« J’ai quelque chose pour toi. »

Sa gorge se noua et il eut de la difficulté pour avaler, quand sa bouche se tordit légèrement dans un rictus nerveux. Oui, c’était une bonne diversion mais une partie de lui n’était pas sûr d’être prêt à jouer ce joker qui n’était pas censé en être un à la base. C’était plus… une bêtise. Ou un cadeau. Idiot…. mais… « Herm.. » Son regard se posa sur le seul sachet étant resté sur le canapé, à l’autre bout, juste derrière Umberto. Maintenant qu’il venait de le dire, il ne pouvait pas se défiler. Il gratta nerveusement son nez puis sa nuque avant de se lancer, non sans avoir inspirer une nouvelle fois comme s’il comptait se déclarer. « Attention, » dit-il en retenant Naoki dans son dos tandis qu’il se penchait sur lui pour pouvoir attraper le petit sac en plastic. Naoki était presque couché sur le canapé quand il tendit le bras pour attraper sa cible et remonter avec son protégé non sans effort, sous le regard intrigué de leur fils. Il justifierait d’ailleurs le rouge sur ses joues par l’effort…
Hésitant, il donna finalement le sachet à Naoki sans en sortir son contenant. Cette bêtise qui lui avait valu un détour mais qui sur le moment s’était imposée comme une drôle d’évidence… Mimi l’ourson… C’était bien ce qu’il avait pensé en attrapant cette peluche de Winnie l’Ourson dans le store. Ce qu’il pensait encore bêtement quand il l’avait acheté…
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     Ven 1 Déc - 15:25
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EXORDIUM.
Si dans cette chambre il n’avait pas cherché à le contrarier davantage, s’il n’avait pas fait plus de commentaire au sujet de ce qu’il pouvait lire dans ce sourire, il se retrouvait maintenant incapable de faire le moindre commentaire. Du moins, au début. Le regard baissé vers cette guimauve flottante, puis perdu sur les traits de son aîné, il lui avait fallu un moment pour valider cette boisson chaude. En fait, il lui avait fallu une question de son aîné pour qu’enfin sa voix se fasse entendre.
Ce n’était pas un mensonge pour lui faire plaisir. Pas vraiment. Ce chocolat chaud avait vraiment un goût particulier et ce n’était très certainement pas dans le mauvais sens. Oui, Mikio avait le don pour se louper en cuisine. Ou bien, il avait le don pour empoisonner les gens, la formulation restait à votre choix. Et si l’italien trouverait le moyen de faire tourner le crime en compliment, ce qu’il voyait maintenant n’avait aucun rapport selon lui. En fait, Mikio avait tout simplement le don pour faire de jolies choses. Il avait le talent d’user d’amour dans ce qu’il faisait. Est-ce que c’était réellement un envoûteur ? Cette boisson était-elle une sorte de drogue pour tenter de le faire faiblir davantage encore pour lui ?

Il n’avait vraiment pas besoin de ça… son coeur était déjà bien faible pour ce fourbe coréen. Si faible que dans ses battements, il ne savait faire résonner qu’un seul prénom, le sien.
Et maintenant… maintenant… évidemment, il n’était pas question de s’habituer à tout ça. Il n’était pas non plus question de faiblir aux effets étranges de cette boisson. Pourtant, n’était-il pas parti un peu dans un autre monde au fur et à mesure des gorgées ?
Il s’était perdu quelque part, ça ne faisait aucun doute.
Ce serait une excuse pas trop mal pour cette main sur cette fesse, pour ce jeu innocent avec la couture d’une poche. Il lui faudrait aussi probablement une excuse pour s’aventurer sous un t-shirt et explorer la peau d’un dos.

Mais il pourrait aussi accuser ce fourbe coréen.
Après tout, c’était lui qui avait une peau aussi plaisante à parcourir quand on y pensait. Sans doute qu’il ne l’avait pas fait de son côté, penser. Et voilà une raison de plus pour blâmer son aîné qui le faisait déconnecter au point de laisser ses doigts parcourir sa peau sous l’influence d’une addiction. Il n’était pas capable de faire autrement.
Il en avait probablement autant envie, que besoin. C’était une forme de faiblesse supplémentaire avec laquelle il pouvait se condamner. Cette faiblesse là, elle était définitivement agréable. Bien plus douce encore que cette boisson qu’il n’oubliait miraculeusement pas de boire de temps à autre.
Mais qu’est-ce qui était plus agréable que Mikio ?
Evidemment, pour lui, il n’y avait rien.

« Froid…. » oui, c’était l’un des mots appartenant à cette phrase terminée par un point d’interrogation. Un signe pour lui qu’il devait apporter une réponse. Dans son cas, c’était toujours la même « Non. » … sauf que sa tête s’était hochée en contradiction et que le mensonge apporté n’avait plus été aussi clair. Ce n’était pas tellement important. Pour lui, ça n’avait pas semblé l’être en tout cas. Il n’avait pas pris la peine de se rattraper, préférant tenter de les rapprocher dans un nouvel élan de faiblesse, ne se souciant peu, en réalité pas du tout, de la serviette qui venait d’échapper à son aîné. Tout ce qu’il avait répondu à ce qui devait être une protestation du chanteur avait tenu dans un regard. Un regard levé vers son coréen qui voulait probablement dire que ses intentions étaient claires. Une pointe de questionnement et d’interrogation, c’était tout ce que Mikio avait eu en retour. Visiblement, ça avait suffi pour se faire comprendre. Inutile de dire que l’italien n’avait pas protesté une seule fois pour ce changement de configuration. “Sagement”, sa main s’était contentée de se retenir à la hanche du chanteur comme pour s’assurer qu’il ne finirait pas plus loin, mais bien plus près. Ou alors, c’était une sorte d’encouragement pour le motiver à faire au mieux.

Pour lui, ça n’avait aucune espèce d’importance de toute manière. Tant qu’ils terminaient plus proches, il serait satisfait de la nouvelle configuration
Et puisqu’il n’avait pas cherché à la modifier, on pouvait en déduire sans avoir à lui demander que le coréen était parvenu à exaucer son souhait. Cette main n’avait d’ailleurs relâché son aîné que pour se lever en direction de ses cheveux qu’il avait touché un instant. Oh, il avait confiance en les compétences de sécheur de son magicien, qu’on ne remette pas en doute ce point. D’ailleurs, n’avait-il pas fait une “vérification” sommaire ? Une mèche ou deux, tout au plus, avant de reprendre ses caresses sans se soucier davantage de la véracité des propos de son Michan. Oui, cette étrange manège n’avait été probablement là que pour prouver qu’il avait bien compris le discours de celui qui parlait plus que lui désormais.
« …. » la preuve, c’est en silence qu’il avait trouvé un instant le regard de son aîné. Un faible sourire sur ses lèvres, un hochement de tête, et ses doigts fouillaient davantage pour sentir de si beaux battements auxquels il était bien trop attaché.

Si le temps où ses yeux s’étaient perdus dans d’autres, des bien plus beaux que les siens selon lui, s’était étiré bien trop, il n’en n’avait pas eu conscience. En fait, de temps pour lui, il n’y en avait tout simplement plus eu. Perdu dans un faux rêve qu’il chercherait à retenir le plus longtemps possible, ses doigts avaient eu la satisfaction de sentir des battements plus forts. Une seconde, peut-être deux, ses yeux s’étaient fermés pour les savourer avant de se rouvrir à l’endroit où il sentait ce si joli rythme. Et puis, à nouveau, il avait trouvé le visage de son aîné tandis que ses doigts cherchaient à ne rien louper.
Il était impossible qu’un coeur batte plus joliment que celui de Park Mikio. De ça, il en était convaincu. Et s’il n’avait rien bu depuis leur rapprochement, il était à présent trop perdu dans ces battements envoûtants pour le réaliser. Non, il avait fallu que le regard de Mikio ne lui soit rendu, de nouvelles caresses, puis finalement des mots pour que sa concentration soit forcée de se réveiller, au moins un peu « …. » rien qu’un peu, on ne lui demandait pas plus.

Dans sa tête, il devait boire ce chocolat chaud qu’il avait oublié à cause de battements si parfaits… puis, gagner le droit de les écouter un peu… c’est que, Mikio avait promis… il lui semblait bien que c’était un peu une promesse.
Alors forcément, à cette annonce, son regard s’était posé une nouvelle fois à l’endroit d’un coeur que ses doigts refusaient de lâcher. Il le savait, ce n’était pas ça dont Mikio parlait… mais bien malgré lui, son attitude ne pouvait s’empêcher de rappeler qu’on lui avait promis d’écouter le plus beau rythme de ce Monde.
Concentration. Oui. C’était intrigué qu’il avait semblé être au manège de son aîné. Sans protester, il s’était laissé entraîner pour faire travailler encore un peu plus ses abdos jusqu’à revenir à leur position initiale avant d’hériter d’un sac en plastique au contenu mystérieux. Sac qu’il avait regardé avant d’étudier plus longuement les traits de son aîné. Tu sais Naoki, normalement les enfants, ils secouent le sac et essaient par tous les moyens d’en deviner le contenu en étudiant le contenant… ils ne cherchent pas leur réponse sur le visage de la personne qui vient de leur faire un cadeau « Michan…. » et inutile de penser à le cuisiner. En plus, tu verras, ça ne mord pas.

Alors, sans noter ouvertement les joues colorées de son aîné ou d’autres signes d’embarras, le mystérieux sac en plastique avait fini par retrouver son attention. A contre coeur, il avait été forcé d’abandonner la recherche de battements envoûtants, au même titre que sa tasse qu’il avait posé sur le sol avant de se libérer les mains pour pouvoir mieux sortir à l’air libre ce cadeau soudain.
Un italien, à sa place, il aurait trouvé une connerie gênante à dire. Juste histoire de voir si un coréen pouvait devenir plus rouge encore…. Un truc comme “si c’est du lubrifiant, tu sais, j’en ai déjà”... ouais, quelque chose comme ça.
Mais maintenant, il n’avait sans doute même pas pensé à dire une bêtise de ce genre. L’une de ses mains était entrée dans le sac que l’autre retenait. Il avait senti de la douceur, alors il l’avait effleuré du bout des doigts avant de se décider à se saisir du cadeau pour lui faire retrouver l’air libre.

« …. » abandonnant le sac en plastique, son autre main était venue rejoindre l’autre sur cet ourson sur lequel ses doigts s’étaient pressés doucement. De longues secondes, son regard était resté perdu sur la peluche avant qu’il ne retrouve les traits de son coréen pour se répéter « Michan…. ». Non, il ne rêvait pas, Mikio lui avait bien ramené une peluche.
Ce n’était pas un cadeau pour lequel il avait passé l’âge parce qu’il en avait eu tellement dans son enfance au point qu’ils n’avaient pas été si marquant. En fait, il n’avait même pas besoin de fouiller dans sa mémoire pour savoir qu’il n’en n’avait eu qu’un de marquant… et il n’était même pas à lui, c’était celui de Thésée à la base. Il n’était pas le genre d’enfants à qui on avait laissé le droit de collectionner les jouets. Ceux qu’ils avaient eu bébé, ils avaient été soigneusement sélectionné pour les apparences avant de rejoindre ceux qu’il n’avait jamais eu entre ses mains et qui avaient terminé directement à la poubelle.
L’enfance, sur bien des points, il ne savait pas ce que c’était. Ce qu’il savait, il l’avait observé, entendu, étudié comme quelque chose d’insaisissable. Cette peluche qu’il tenait à présent, offerte des années plus tôt, elle aurait connu le même sort que les autres aussitôt la personne qui venait de faire ce cadeau sortie des murs Serizawa.

Est-ce que ça lui avait manqué ? Est-ce qu’il avait rêvé d’avoir des jouets ? Ses “besoins”, ou plutôt ses priorités, quand il était enfant… oui, tout avait été différent pour lui. Ces petites choses normales de la vie, il n’y connaissait rien. C’était un domaine dans lequel il n’était qu’un inculte. Un domaine où il pouvait facilement se sentir perdu.
Et maintenant, à 21 ans, son regard ne semblait-il pas perdu alors qu’il retrouvait cet ourson sur lequel ses doigts s’étaient pliés puis détendus ?
Si… pourtant, dans son coeur, il y avait cette certitude. On venait de lui offrir la deuxième peluche qu’il n’oublierait jamais.
« Merci…. » et il y avait sans aucun doute bien plus à en dire qu’un simple mot pour remercier. Pourtant, quand ses yeux avaient retrouvé le visage de son aîné, la confusion ne lui avait pas permis d’en dire plus « …. ». C’était un cadeau de Mikio, il ne pouvait que l’aimer. Il aurait pu se montrer agaçant comme un soir de Saint-Valentin et lui dire qu’il n’aurait pas dû.
Ou il aurait pu le remercier encore. Se perdre un peu, se battre avec des mots et ne plus savoir exactement ce qu’il était parvenu à dire. Mais à la place, ses doigts avaient fait connaissance avec la peluche, passant doucement sur sa tête, l’étudiant un peu mieux avant que sa voix ne sorte un peu de son silence « Il est mignon…. » c’est vrai, il était vraiment très mignon cet ourson. Mais alors que son regard passait à nouveau de la peluche à son coréen, il était forcé de faire un commentaire qui lui apparaissait comme évident « … Michan l’est plus... » oui “Michan”... ou “Mimi l’ourson”... c’était pour ça non ? Qu’il lui avait acheté cet ours en peluche ? S’il n’y connaissait rien à tout ça, il pouvait bien le comprendre tout de même non ?

Qu’est-ce qu’il semblait comprendre maintenant que son regard s’était perdu sur la peluche que ses doigts torturaient ?
Pas grand chose. Pourtant, il le savait déjà qu’il y tiendrait autant qu’une gourmette qui ne quittait jamais son poignet. C’était un autre objet dont il ne voudrait jamais se séparer quand il serait forcé de faire souffrir son coeur en abandonnant la seule personne à qui il appartenait.
Mais est-ce qu’il en était capable ? Deviner à quel point il s’y accrocherait avec désespoir dans quelques semaines ?
Quelques semaines… s’il avait su maintenant, son ourson toujours dans les mains, il aurait quémandé… s’ils ne leur restaient plus que ça, il le demanderait comme un idiot… pouvoir passer chaque seconde dans ces bras-là. Tenter pendant chacune d’entre elles de retenir ce faux rêve que son imagination n’aurait pas la force de faire sans une odeur, sans les battements d’un coeur, sans l’affection véritable d’un coréen sans lequel son coeur ne voulait plus battre.

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     Ven 8 Déc - 17:38

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Naomi

Nao n’avait pas froid. … Mais un peu quand même. C’était ce qu’il avait compris malgré la contradiction  du plus jeune. Il l’avait considéré un instant, confus, mais il n’avait pas hésité longtemps. Les doigts sur sa peau tremblaient encore et si le Coréen se montrait attentif, il pourrait sûrement discerner les frissons qui secouaient par moment le corps de son protégé. Les caresses qu’il distribuait sur sa peau, c’était peut-être aussi une manière de rechercher la chaleur. C’était sûrement ça, et que ça, si on oubliait l’extrême tendresse des gestes… si on parvenait à ignorer ce besoin pressant qui transpiraient du bout de ces doigts. Ce manque… ce désire de le toucher toujours un peu plus… Le Coréen déglutit et balaya cette impression qui le troublait bien plus qu’elle ne devrait. Si Nao avait encore froid, si la boisson chaude n’était pas totalement efficace, alors Mikio le réchaufferait lui-même.
C’est ce qu’il chercha à faire en tenant la serviette d’une main sur sa tête tandis que l’autre venait frictionner affectueusement le bras de son cadet. L’aîné crevait d’envie de le prendre dans ses bras et l’emprisonner dans une étreinte chaleureuse. Là, tout contre lui, il le protègerait du froid et de tout le reste… C’était ce qu’il voulait si fort et ce désire amplifiait tandis que ses petits yeux scrutaient ce visage à l’air ailleurs… Est-ce que c’était vraiment juste la fatigue et la fièvre ? Il s’apprêtait à glisser dans son dos pour le réchauffer un peu plus mais ce fut à cet instant que Nao manifesta son besoin de davantage de proximité par cette pression sur sa hanche qui le fit lâcher la serviette. En dépit de la surprise, Mikio comprit. La proximité… C’était tout ce que Nao voulait. Être proche de son Coréen pour mieux trouver sa peau, sa chaleur et son coeur… Bien sûr qu’il céda.

Nouvellement installés, Mikio déclara distraitement qu’il avait accompli sa mission de sécheur officiel. Parce qu’indéniablement, il n’était pas indifférent à ce rapprochement entre eux. S’il ne l’avait fait pour aucune mauvaise raison, les souvenirs encore trop frais d’un baiser volé le tourmentait quand les lèvres qu’il avait bien trop convoité se retrouvaient de nouveau si proches. Il était un idiot et sûrement le pire de tous… mais au moins, dans sa contemplation interdite dont il allait chercher à se défaire juste après, cette faible esquisse ne lui échappa pas. Son coeur bondit joyeusement entre deux cognements affolés et son regard passa de ces lèvres à celui du plus jeune. Mikio venait d’avoir droit à un sourire… petit, mais un sourire quand même. Cela pouvait être parce que Nao était satisfait du travail coréen ou de cette nouvelle configuration… peu importe à vrai dire : Mikio lui avait sourit en retour. Un sourire qui ne voulait pas dire « de rien ». Celui-ci, il lui criait : « je t’aime ».

Et il l’aimait d’une façon si déraisonnable qu’il n’avait pu que faiblir encore un peu plus et s’enivrer de l’atmosphère qui les entourait. Cette nouvelle bulle qui s’était formée autour d’eux mais qui, cette fois que plus jamais, loin de les envelopper d’une douceur sécurisante, les menaçait plutôt dans un cercle dangereux où la raison semblait échapper toujours un peu plus au chanteur. Tout comme la notion du temps. Il ne saurait dire combien de temps s’était écoulé entre le moment où il s’était perdu, battu et celui où son esprit avait paru retrouvé un semblant de raison… Se concentrant sur les caresses qu’il dispensait, il en avait même oublié cette tasse qui n’était plus montée à la bouche du garçon depuis.
En revanche, il se souvint de cette bêtise qu’il avait ramenée ici pour Naoki. Oui… C’était si idiot que s’il ne lui donnait pas maintenant, il ne lui donnerait peut-être jamais. Ou peut-être que si. Qu’il lui donne, peu importe ! Ca lui laisserait le temps de se remettre un peu les idées en place. De toute façon, la perspective d’offrir ce cadeau idiot le rendit si nerveux qu’il en oublia ses troubles précédents. Au moins, ce problème était pour l’instant réglé.

L’incertitude de Nao ne lui échappa cependant pas, et son regard s’abaissa vers cette main obstinément posée contre son coeur. Peut-être que Nao craignait qu’il s’éloigne mais il ne comptait pas bouger ou très peu. Son coeur, Mikio lui laissait. Peut-être devrait-il l’abandonner quelque instant pour déballer sa « surprise » et le retrouver aussitôt qu’il s’en serait désintéressé tant c’était bête. Ca n’a pas d’importance… songea-t-il, peut-être que ça le fera au moins sourire. Et s’il trouvait ça trop idiot, Mikio en rirait et il se contenterait de prendre Naoki contre lui pour lui donner ce qu’il souhaitait vraiment. Il lui avait promis son coeur, oui, il n’avait pas oublié. Ca, ce n’était qu’un bonus. Oui… juste un bête bonus.

Le sachet récupéré, il lui lui avait mis dans les bras en cachant tant bien que mal sa gêne. Nao sembla hésiter à son tour, sûrement parce qu’il ne s’attendait pas à recevoir quelque chose. Il songea alors à ces parents qui gâtaient leurs enfants quand ils étaient malades. Un livre, un film… une peluche… Mais Naoki avait toujours bien 21 ans. Mikio s’éclairci légèrement la gorge et chercha à l’encourager, plus timidement qu’il ne l’aurait voulu : «  Tu peux regarder, ce n’est pas grand-chose t’inquiètes pas, c’est juste… » une bêtise… « Enfin… tu verras… » Il voulut rire pour détendre cette étrange atmosphère qui s’était installée. A moins que ce n’était que lui… Mais tout ce qui sortit de sa gorge fut un bruit étouffé, presque semblable à une toux avortée. Rien qui ressemblait vraiment à un rire.
Il observa Naoki libérer ses mains pour s’intéresser au sac en plastique et tenta de faire taire sa stupide appréhension. Sans un commentaire de plus, il le laissa déballer sa surprise. Quand le célèbre ourson en peluche fit son apparition, l’idiot Coréen retint son souffle et son regard passa de l’objet à son protégé pour guetter sa réaction.
Peut-être que Nao allait être embarrassé. Confus et timide… il l’était toujours aux attentions de Mikio et ce dernier le trouvait désespérément craquant quand cela arrivait. Ca n’avait évidemment pas été son but en l’achetant sur le chemin du retour. Il ne saurait d’ailleurs pas très bien le définir… Sûrement lui faire plaisir, un peu… Oui, à Naoki.
Pas au gosse de la voisine qui avait 8 ans.

Surpris. C’était sûrement l’expression qu’abordait le visage de son protégé maintenant et lorsque leur regard se croisèrent de nouveau, Mikio se rendit compte qu’il n’avait plus rien dit depuis. Aussi sa bouche s’ouvrit pour donner des explications probablement futiles avec un léger retard : « Je l’ai trouvé sur la route en rentrant… Enfin, je l’ai pas vraiment trouvé sur la route, je veux dire.. je l’ai pas ramassé dans la rue hein ? » Si c’était pour être si pertinent, mieux valait la fermer. « C’est juste… comme t’avais l’air de bien aimer Winnie l’Ourson… » Il n’ignorait pas que Nao n’était pas très familier avec cet univers mais peut-être qu’il l’avait déjà vu ou une deux fois et que ça lui avait suffit pour faire la comparaison. « … Ok, t’as le droit de trouver ça un peu idiot… » Un nouvel afflux sanguin charia ses joues. Désormais, plus rien ne cachait l’embarras du chanteur qui n’osait même plus adresser qu’un coup d’oeil vers son protégé. C’était comme si une partie de lui le pointait d’un doigt accusateur en lui rappelant que non, Naoki n’était vraiment plus un bébé en dépit des apparences. Une peluche… mais quelle idée !

Pourtant, Naoki le remercia. Comme un enfant qui sortait de sa cachette parce qu’on venait de lui assurer qu’il n’y avait plus de danger, le regard du chanteur se posa plus sûrement sur Nao et l’ourson. Inconsciemment, il gratta sa joue et déglutit. Il l’aimait vraiment bien ?
Et puis… il croisa cette fameuse expression. Celle qui lui confirmait que ce cadeau, aussi bête soit-il, avait touché Naoki. Il en fut certain parce qu’il connaissait ces yeux-là et son coeur s’emballa dans une joie nouvelle. Retenant un sourire qui aurait probablement été trop anticipé, il se mordit l’intérieur de la lèvre et sa main retrouva le haut de son crâne dans une caresse affectueuse. Ses lèvres finirent par s’étirer sans pouvoir les empêcher à la remarque sur l’ourson…. et ses joues s’empourprèrent à celle sur lui. Son sourire se fit plus grand et tinté d’un embarras ravi. Un rire léger lui échappa : « J’aurais été jaloux si tu l’avais trouvé plus mignon que moi. » Il ébouriffa ses cheveux avec une tendresse plus franche avant que sa main ne dérive sur sa joue qu’elle caressa doucement. « Je suis content s’il te plait un peu, » souffla-t-il non sans soulagement transparaissant dans sa voix. Nao n’avait pas l’air de le trouver trop idiot son cadeau… Peut-être qu’il l’aimait vraiment bien.
Un doux sourire flottait toujours sur ses lèvres et ses mains joignirent finalement les siennes sur sa peluche. Sans y songer, ses pouces dessinèrent des petits cercles sur la peau du garçon.

« Il veillera sur toi lui aussi. Si jamais tu te sens seul… » Il hésita. Si tu as peur… Mais il le tut et ses pouces pressèrent sa peau avec douceur. « … ça sera un peu comme si j’étais avec toi. » Ca n’était peut-être pas comparable… Cette peluche ne pouvait le prendre dans ses bras, ni le réveiller d’un cauchemar… Mais peut-être que Mimi l’Ourson pourrait un peu réchauffer son coeur gelé. Mikio n’avait évidemment pas l’intention de l’abandonner. Ni aujourd’hui, ni demain… mais s’il serait probablement amené à bouger encore pendant la convalescence de son protégé en dépit des « congés » qu’il avait pris. Ne serait-ce que pour les médicaments et d’autres choses pour s’occuper au mieux de son protéger. Il y enverrait Kô le plus possible… mais s’il ne pouvait pas, il devrait laisser Naoki à Umberto… et Winnie. « Mais j’ose espérer que tu préfèreras toujours mes câlins. » Son ton s’était voulu plus léger parce qu’il n’avait pas voulu parler trop sérieusement… ce n’était qu’une peluche avec laquelle il osait espérer faire plaisir à son cadet… ou moins l’amuser… même avec cette crise de jalousie qu’il aurait bien été capable de lui faire tant sa possessivité était maladive. Mais peu importe tant qu’il ne le reniait pas pour ses idées bizarres. Il lui sourit puis laissa son dos s’appuyer contre les coussins de l’accordoir, virant le sachet, avant d’ouvrir les bras : « Tu veux toujours ? » Son sourire laisser deviner qu’il connaissait la réponse. Peut-être trahissait-il même sa propre envie… celle de voir l’être qu’il aimait le plus au monde hocher la tête pour venir s’engouffrer dans ses bras. Ils pourraient alors arrêter le temps… Cette bulle là, ils pourraient y rester indéfiniment parce qu’elle ne serait fait que d’amour. Et même si celui du chanteur était démesuré…. Il n’en restait pas moins le plus fort et le plus sincère que son coeur n’avait jamais nourri.
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     Dim 10 Déc - 2:11
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EXORDIUM.
Lui, il n’avait pas fait le rapprochement. Pourtant, elle était plutôt évidente, cette ressemblance avec l’attitude d’un Naoki qui n’ose pas offrir quelque chose. Il était sans doute trop perturbé, trop intrigué maintenant pour rassurer son aîné. Pour lui dire quelques mots simples comme : ”Ce sera forcément quelque chose Michan, ça vient de toi… ça peut que me plaire…”
Mais non, en parfait sadique inconscient, il était resté perdu sur ce cadeau dont il ne connaîtrait pas la nature avant de se risquer à regarder. Et s’il avait fini par le faire, l’expression sur son visage n’aiderait en rien à rassurer son coréen qui lui avait fait un cadeau un peu particulier, c’est vrai. Un cadeau “trouvé sur la route”.
Relevant un instant les yeux vers le chanteur à ses mots, ils avaient retrouvé ensuite la peluche offerte par hasard. Un instant, ses sourcils s’étaient froncés sous l’incompréhension, et il avait lâché ce murmure peut-être inaudible « Winnie.... » … cette peluche, c’était un Winnie.

Et il avait l’air de bien l’aimer… même s’il avait le droit de trouver ça un peu idiot…
… il n’avait jamais eu de Winnie l’ourson. Si sa mémoire, malgré la fatigue, avait un peu fouillé pour y repérer cet ourson, il savait dans le fond qu’il ne mettrait jamais le doigt dessus.

Oui, il n’avait jamais vraiment eu de peluche. Et puis… il ne s’y connaissait pas vraiment pour tout ça. S’il y avait quelques trucs qu’il avait été forcé de savoir, il touchait à présent à une zone de connaissances pratiquement vierge. Réfléchir ne servirait à rien et il le savait parfaitement. Au mieux, il avait peut-être déjà aperçu cet ourson au t-shirt rouge. Et maintenant, tout ce qu’il avait été capable d’accomplir dans la compréhension, c’était un rapprochement avec la sonorité d’un surnom un peu étrange donné à son Michan la vieille.
Mimi l’ourson…
Un pur hasard de ressemblance. Même si, oui, pour lui… son Mikio avait tout de l’ourson contre lequel on voulait se blottir. Ce n’était pas une peluche, mais ça aurait été sans aucun doute son préféré… tout comme il l’était aujourd’hui.
Sentant une main dans ses cheveux, la sienne s’était serrée doucement à sa peluche. A son nouveau bien qui rejoindrait sa liste d’objets sentimentaux. Ces choses dont on ne pouvait jamais se séparer parce qu’elles étaient rattachées à une personne, à un souvenir. Dans son cas, cette liste ne pourrait s’appeler que “Michan” vu son contenu.

Ses cheveux avaient été mieux désordonné et il l’avait regardé à nouveau, son coréen aux joues rosées comme s’il était celui à avoir de la fièvre. Comment quelque chose ou quelqu’un pouvait-il l’être plus que lui ? Oui… et puis lui, il le trouvait vraiment beau tout court. Il y avait tant de choses en un Mikio qu’un Naoki ne pouvait pas s’empêcher d’admirer. Et bien souvent, tout le temps, quand il le regardait dormir le soir, il ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’il était si beau. Il avait quelque chose, plusieurs, que ses yeux n’étaient pas capables de lâcher… de quoi se perdre sans être capable de faire autrement … « … Personne ne peut être plus mignon que toi... » une déclaration sans doute trop sérieuse pour le discours actuel. Mais c’était une révélation qu’il n’avait pas pu s’empêcher de faire. Comme s’il devait absolument préciser que rien ne battait son coréen « C’est un cadeau de toi... » oui… comment est-ce qu’il pourrait ne pas l’aimer ? « … alors c’est plus... » plus qu’un peu… oui….

Et puis, comme s’il voulait prouver ce qu’il avait dit plus tôt, ou comme si Mikio voulait s’assurer qu’il restait imbattable, son regard s’était perdu sur ses lèvres… et un soupir avait franchi ses lèvres avant que ses yeux ne retrouvent ce Winnie où ses mains avaient été rejointes par d’autres.
… il était un peu injuste… à préférer les vrais… quand lui, de son côté, ne savait faire que des faux… mais d’un autre côté, on ne pouvait rien comparer aux sourires de Mikio. Il le voulait si fort… ne jamais en oublier aucun.
Perdant un peu de son attention sur ces caresses données par son aîné, ses doigts avaient distribué de l’affection à cette peluche, comme une réponse indirecte à la tendresse qu’il recevait à présent.

Sa tête s’était hochée faiblement à la remarque mais elle n’avait pas pu s’empêcher de se secouer à la suivante… rien n’était comme Mikio… et son coeur s’était serrée à cette idée qu’un jour, il n’aurait plus que cette peluche qu’il devrait peut-être protéger…. S’il rentrait, ce serait un objet sur lequel veiller s’il ne voulait pas en être dépossédé. Oui, il n’aurait plus que ça… même si ce n’était pas comparable… il s’y attacherait bien trop parce que ça ferait partie des choses qu’il lui resterait d’un coréen qui ne cesserait jamais de lui manquer. Mais son coeur le savait assez pour l’avouer … « … Y’a rien… de comparable… à toi... » … vraiment rien… pourtant, il en connaissait des lits. Une façon bien pathétique de parler, mais c’était la vérité « … à cette sensation… d’être contre toi... » est-ce que Mikio l’ignorait ? La magie d’une étreinte partagée avec lui ? … il ne se rendait pas compte ? Des dugum particuliers dans son coeur qu’il parvenait toujours à déclencher… ?
Alors, évidemment qu’il les préférerait toujours… ces câlins… il n’y avait qu’eux, qui faisaient battre son coeur de cette manière…. qu’eux, pour le rendre si faible et le paumer dans un monde duquel il ne savait rien sinon que s’y perdre un peu plus était une fatalité que son coeur désirait… désespérement… au point de le réclamer… laisse-nous sombrer dans ces bras… oui… c’était peut-être parfois ce qu’il battait….

Relevant les yeux à l’éloignement de son aîné, sa tête s’était hochée, un peu trop sérieuse, à sa question. Serrant son Winnie contre lui d’une main, il n’avait pas attendu une seconde invitation pour se rapprocher et s’engouffrer dans ces bras ouverts pour lui. Assis sur son coréen, son front se pressant déjà contre sa nuque dans une réclamation de proximité, ce souhait avait été renforcé par une main qui s’était serrée contre un t-shirt. Ses pieds embêtant déjà les jambes de son Michan comme s’ils cherchaient à les piéger, ou à se piéger en dessous, ses lèvres n’avaient pas résisté longtemps à trouver la peau d’un cou, à plusieurs reprises. Doucement, une répétition de tendresse, une perdition de plus, des baisers qu’il ne contrôlait pas tout à fait, parfois de simples caresses avec ses lèvres avant qu’il ne souffle un merci de plus sous une autre forme « Je t’aime... » et curieusement, cette réponse qu’il n’avait pas formulé oralement plus tôt, était venue s’ajouter à ses trois mots « Toujours... » …. de ça, il en était certain. Il ne cesserait jamais de l’aimer… son Michan… c’était impossible… son coeur ne savait vivre que pour ça aujourd’hui…

Son front avait sagement retrouvé sa nuque, doucement, il avait cherché des caresses en s’y frottant un instant et puis, il s’était laissé perdre de longues secondes… de longues minutes en réalité. Les doigts d’une main triturant un t-shirt, l’autre serrant un peu mieux un ourson dont il avait bien demandé à un moment, sans vraiment y prêter attention « … Michan ? … c’est dans quoi… Winnie ? » une question ridicule à son âge mais que la vue de l’ourson avait laissé formuler avant que ses doigts ne s’y serrent à nouveau et qu’il ne s’aveugle plus certainement dans cette proximité.
S’il avait complètement oublié ce chocolat chaud à présent, il ne pourrait que se justifier par les tentatives fourbes d’un coréen de le déconcentrer. Oui, même si sa simple présence suffisait. Simplement rester contre lui, dans ses bras, se perdre un peu en oubliant de demander ce qu’il voulait regarder comme un film. Ne penser qu’un instant à mettre le plaid sur eux et finalement préférer se coller davantage plutôt que de bouger. C’était la seule chaleur dont son corps avait besoin. Mais il n’était pas ce que la raison devait chercher… non… et s’il le savait bien, qu’il se perdait toujours un peu trop certainement dans ses bras, ça ne l’empêchait pas de perdre conscience d’une manière étrange…
« Moi aussi… j’aurais aimé pouvoir l’offrir… je crois... »

Offrir quoi ?
Sa tête s’était secouée contre un cou et aucun autre mot n’avait franchi ses lèvres, comme si la conversation qui l’avait amenée ne connaîtrait jamais de suite. C’était le cas. Dans le fond, ce n’était qu’un regret lâché par son coeur, pas vraiment un souhait… il y avait renoncé le jour où il était supposé lui offrir et puis… il s’était dit que c’était probablement mieux comme ça.
Mikio avait eu son plaid. Sa chanson. Il avait déjà contourné ses accords intérieurs….
Cet album photos, c’était différent. Il était là… caché dans sa chambre… à attendre il ne savait plus trop quoi….
« Tu veux regarder quoi ? » quand lui, manifestement, n’en n’attendait plus rien. Peut-être qu’un jour il le laisserait simplement mais, ce jour là, il ne saurait plus là pour voir la réaction de son coréen. C’était ça, sans doute, qu’il attendait cet album… servir à être un cadeau d’adieu.

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Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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