Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Ven 6 Oct - 23:01

just a spoonful of sugar
Naomi

Trois mots et une sentence implacable. Cruelle. C’était une autre lame qui s’était enfoncée dans le coeur du Coréen. Un autre étau qui avait comprimé sa poitrine et arraché son souffle. Impossible… Non. Il secoua vivement la tête, refusant une réponse aussi injuste. Comment Naoki pouvait-il se montrer aussi catégorique ? Comment pouvait-il si peu croire aux promesses de son Coréen ? Il ne l’avait jamais laissé tombé, il ne lui avait jamais tourné le dos… aujourd’hui encore, il était assis sur le sol de cette salle de bain, agrippé de toutes ses forces à cet être qu’il aimait tant, refusant encore et toujours de le laisser. Ce n’était pas de la pitié ou des mots qu’il avait juste balancé par obligation… Le simple fait que Nao puisse le croire le révolta et son rejet marqua un peu plus ses traits. Bien sûr que c’était possible ! Il fallait seulement que Naoki lui en accorde la chance… 

« Naoki… » Mais sa protestation n’alla pas plus loin tandis que son cadet poursuivit sur une déclaration surprenante. Le protéger ? Lui ? Le chanteur marqua une pause comme si c’était purement insensé. Des deux, Mikio était le plus obsédé par ce besoin de protéger l’autre. Mais ça lui semblait d’autant plus absurde qu’il ne comprenait pas pourquoi Naoki était si convaincu. « Nao… de quoi tu devrais me protéger ? » Lui, il allait bien. Il ne craignait rien. Aucun démon ne le menaçait ni ne le poursuivait dans ses songes. Le seul danger réel à cet instant, c’était les microbes qu’il côtoyait d’un peu trop près… mais ce n’était rien de véritablement grave. Rien qui nécessitait une attention plus grande que celle qu’il accordait à son protégé… C’était lui qui avait besoin d’aide et c’était Mikio qui, un jour, s’était mis en tête de toujours le protéger.
Et pourtant, en croisant son regard, il ressentit une violente morsure dans sa poitrine. Naoki souffrait tellement… Sa main glissa sur sa joue tandis qu’il lui rendait son regard dévasté. Naoki… mais qu’est-ce qui te ronge à ce point ? « Nao, si… si tu as peur de me fatiguer, ce n’est rien ça… Je préfère t’aider et puis ça passera… » Ses paroles lui parurent alors incroyablement naïves. Tellement que sa voix se trouvait mal assurée, comme s’il n’était pas convaincu de ce qu’il avançait. Pourtant, il ne mentait pas : la fatigue ne lui faisait pas peur, ni les microbes, ni le reste… Mais c’était sûrement qu’il avait trouvé dans ses yeux que sa crainte n’était pas aussi légère. Que ce que Nao appelait « cassé » n’avait rien à voir avec un peu de fatigue…

Il voulut le rassurer, démentir, lui assurer qu’il se trompait… mais il y avait dans ce regard un peur si réelle qu’elle causa un profond trouble chez le plus vieux. Nao avait peur pour Mikio. Terriblement.
Renoncer, pourtant, il ne le voulait pas.
Puis à nouveau, trois mots le percutèrent. Avec autant de force mais, ceux-là… il voulait les entendre indéfiniment. Ils ne faisaient pas mal ceux-là… Son coeur loupa une mesure, peut-être deux… Il déglutit et ses yeux restèrent rivés sur celui qui disait l’aimer. S’il savait à quel point le Coréen l’aimait en retour… oserait-il encore le repousser ? Ou bien rejetterait-il purement et simplement cette affection trop lourde à assumer tant elle frôlait la folie ? Mais la question ne se poserait sûrement pas maintenant. Naoki avait d’autres choses à dire… d’autres explications à donner qui lui semblèrent pourtant tout aussi injuste. Ne pas s’approcher de lui ? Mais il l’était déjà… proche de lui… comme il ne l’avait jamais été de personne…Comment Naoki pouvait-il le mettre en garde maintenant ? Comment pouvait-il croire une seconde que cette déclaration suffirait à éloigner un coeur qui s’était déjà bien trop accrocher à lui… Cela faisait longtemps qu’il était sévèrement atteint et il se savait définitivement incurable.
Néanmoins, Mikio sentait son organe palpitait dans sa gorge nouée. Dans sa tête, parmi les protestations et la confusion, il se posa de nouveau la question : que devait-il vraiment craindre ? Nao n’avait pas l’air de dire ça à la légère. Cette peur, cette véritable terreur de faire mal à son Coréen était réelle… Qui étaient ces personnes qui s’étaient « cassée » ? Que leur étaient-elles arrivé ? Qu’étaient-elles pour Nao … ?
Tant de questions et aucun son qui ne franchissait ses lèvres. Son coeur pourtant protestait, sa raison elle cherchait à comprendre… mais même elle ne parvenait pas à se laisser convaincre… et lorsque Naoki ouvrit une dernière fois la bouche, elle céda tout simplement. Le cris du coeur était plus fort. La douleur et la révolte étaient trop vives… Que pouvait-elle bien faire quand ce gamin semblait tout mettre en oeuvre pour la faire dérailler ?

Parce qu’il avait dit ces mots qu’il ne pouvait pas accepter….Une mauvaise personne ? Non. Au fond, Mikio pouvait admettre qu’une part sombre habitait Naoki et le hantait… mais quelle qu’elle soit, elle ne dépendait pas de lui. S’il y avait bien une chose dont Mikio était certain c’est que Serizawa Naoki n’était pas une mauvaise personne. Il en était même tout le contraire. Un gamin apeuré et blessé, peut-être, oui, sûrement. Un faux Italien qui pouvait le troubler comme lui mentir, ou, il savait. Mais certainement pas une mauvaise personne. Tout ce qu’il faisait, peu importe qu’il s’agisse de bonnes choses ou non, il ne le faisait jamais avec de mauvaises intentions. Mauvais, Naoki ne l’était pas. Et le simple fait qu’il le pensait en se faisant autant de mal le prouvait… Il ne savait pas qui lui avait mis toutes ces choses dans la tête… Mais cette personne qui était responsable de tous les tourments de son protégé, probablement de tous ces maux qui le bouffait aujourd’hui au point qu’il s’en blâme si injustement, c’était bien elle et uniquement elle qui était mauvaise… et sûrement pas Naoki. Il ne voulait pas l’entendre. Il ne le voulait pas…

Peut-être qu’il ne s’en était pas rendu compte tout de suite qu’il avait bougé. Ses yeux étaient toujours clos quand il sembla reprendre conscience, sûrement à cause de ce rythme cardiaque qui s’affolait dans ses oreilles. L’une de ses mains tenait fermement le visage de son cadet, quoiqu’avec une infinie tendresse. L’autre s’était pressée dans la nuque et la caressait toujours quand ses paupières se relevèrent. Il y avait plus de distance entre eux… et durant une courte seconde où son regard se planta dans le sien, il lui sembla n’entendre encore rien d’autre que les battements de son coeur, sourds et vifs. Rien sauf cette voix, plus claire que jamais qui s’écriait : je l’aime… cette personne si belle… je l’aime… !
C’est alors seulement que la sensation sembla se rappeler à lui… Si belle, oui… et si douce. Aurait-il scellé de ses lèvres, celles d’une si mauvaise personne ? Non. Son coeur, ce fou, avait voulu réparer l’injustice commise par cette bouche en la faisant taire. En l’empêchant de raconter d’autres ignobles mensonges… Il ne l’avait pas supporté et son coeur n’avait pas su lui répondre autrement que par ce qu’il s’interdisait depuis des mois.

Parce que Naoki était une si belle personne que l’on avait abîmé… Elle ne marchait pas très bien… mais cela ne voulait pas dire qu’elle était vouée à être jeté. Non, c’était même inenvisageable. Mikio ne pouvait pas le concevoir et l’interdisait tout bonnement… et il avait en horreur qu’on le contredise. Parce que cette personne sur qui tant de poids semblaient peser, à l’en écraser… elle ne méritait pas tant de souffrances. Elle n’en méritait pas du tout. Encore moins de si elle se l’infligeait elle-même. Pas plus ! Qu’il s’arrête, le chanteur ne le supporterait pas davantage… Il fallait l’en empêcher. Il fallait le protéger. Il fallait l’aimer…
Et bordel qu’est-ce qu’il l’aimait Mikio…. Oui, s’il devait être le seul à le faire, alors il lui donnerait à lui seul tout l’amour qu’il méritait et qu’il se refusait. Il était même tellement volontaire qu’il en avait oublié cette règle et ses résolutions. Naoki ne lui avait pas laissé le choix. Ni lui, ni cette pompe à sang révolté qui battait furieusement sa tempe et… il en avait l’impression, jusqu’au bout de ses lèvres qu’il avait mêlé à celles de Nao avec à la fois bien trop d’impulsivité et de douceur. Non, il ne lui donnerait pas ce baiser furieux qu’il lui avait repris ce soir là… Il ne l’avait d’ailleurs pas approfondi. Sagement, chastement, il l’avait réduit au silence… Sûrement qu’une partie de lui se faisait violence pour ne pas céder à plus. Une partie de lui répétait qu’il était un abruti mais une autre plus fourbe lui soufflait qu’il en crevait d’envie depuis trop longtemps…
Tu vas tomber malade… tu lui as promis…
Et comme si cette pensée était la plus évidente, il détacha ses lèvres, lentement mais avant de céder à les entrouvrir pour mieux capturer celles de Naoki. Il eut peut-être une seconde de latence où il regarda simplement son cadet comme s’il n’était pas certain de ce qu’il avait fait. Une seconde seulement avant que ses joues ne s’empourprent et que le vacarme de sa poitrine ne devienne assourdissant. Sa bouche s’ouvrit pour se tordre en un rictus gêné avant de se refermer… mais au lieu de détourner la tête comme il mourrait d’envie de le faire, fuir, se cacher dans cette baignoire comme l’être ridiculement faible qu’il était, il se fit violence pour ne pas bouger. Son regard demeura fixé sur Nao et c’est à peine si son visage se recula. Ses mains restèrent à leur place et entamèrent même de caresser doucement, très doucement, sa peau. Il dût quand même déglutir, signe visible de son trouble, mais s’efforça tout de même à rester calme. Il le devait…
Peut-être que celui-là aussi, Nao l’oubliera…

« Ne dis plus jamais ça… » Son souffle faible le trahissait également. Aussi éleva-t-il la voix, juste assez pour se donner plus de contenance : « Tu n’es pas une mauvaise personne, Naoki… ça, je le sais. Il n’y a presque rien dont je sois plus sûr… » rien à part qu’il l’aimait comme un fou. « Je le vois ici… » Son pouce glissa sur ses pommettes pour souligner ses yeux. Son regard, il cachait tant de secret et pourtant, celui-là, Mikio l’avait percé à jour. « Et là… » Sa main quitta son visage pour se poser sur sa poitrine où il sentit son coeur affreusement affolé. Il n’y avait que pour ce garçon qu’il battait si éperdument. Parfois douloureusement, c’est vrai… mais à cet instant, ce n’était pas la souffrance qui le dominait. C’était cet amour… cet amour si fort qu’il avait l’impression qu’un soleil brûlait dans sa poitrine. Un soleil en éruption.

« Tu sais, Nao… Pour toi, j’affronterais tous les dangers… Pour toi, rien ne me fait peur… » Mikio était loin d’être l’homme le plus courageux de cette planète pourtant, pour son protégé, il braverait mille fantômes s’il le fallait. « Rien à part te perdre… » C’était ça, aujourd’hui, sa plus grande peur. Il n’y avait rien qui le terrifiait plus que l’idée qu’un jour, Naoki ne soit plus à ses côtés. Que ses bras se retrouvent vides et froids… « Parce que je t’aime… comme je n’ai jamais aimé personne… Pour toi, j’ai l’impression que je pourrais soulever des montagnes. » Et il ne sut pourquoi mais cette idée le fit sourire, timidement d’abord, puis plus franchement. Ses dents se laissèrent découvrir et son coeur palpita étrangement comme pris d’une étrange euphorie. C’était surement parce qu’il venait de réaliser son geste. « Et c’est certainement pas une mauvaise personne qui m’inventerait des muscles… » En partie du moins… Il était idiot, non ? Ce petit rire qu’il avait eut en effleurant les quelques mèches sombres qui retombaient sur son front…

 
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     Sam 7 Oct - 15:06
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Tous ces cauchemars qu’il faisait, ces souvenirs de son passé et des promesses de le retrouver… ça ne pouvait que lui semblait réel. Alors, ceux où Mikio se trouvait… il le pensait, certains se réaliseraient s’il restait trop longtemps aux côtés de son coréen. S’il tardait au point de le ramener dans cette vie qu’il avait quittée, Mikio serait blessé. Parce qu’il l’aimait, parce qu’il en était bien trop proche et que Mikio semblait s’être réellement attaché à lui, il deviendrait la personne que son père détesterait le plus. Et s’il avait le malheur d’adresser un vrai sourire à Mikio, un seul, la vie que ce dernier mériterait d’avoir ne serait plus possible pour lui. Il lui faisait du bien, il éloignait l’obscurité et puis… il était une autre personne avec lui, sans aucun doute trop honnête aux yeux de son père.
Il connaissait son père assez bien pour savoir qu’il ferait du coréen sa seconde priorité, juste après son fils. Parce que s’il devait dresser à nouveau sa progéniture pour qu’elle se souvienne, qu’elle comprenne enfin pourquoi il ne pouvait pas avoir le droit à tout ça. Il s’arrangerait également pour que cette personne si proche de son fils comprenne qu’on ne s’approchait pas de cette manière de son bien.

Il pourrait toujours jouer le détachement, faire comme si Mikio n’était pas si important, faire comme s’il n’était personne pour lui mais est-ce que ça mettrait à l’abri cet homme qu’il aimait de tout son coeur brisé ?
Il préférait une version des choses où Mikio ne croisait pas la route de son père, où il ne soupçonnait jamais son existence et où cette jolie lumière ne s’approchait jamais pleinement de l’obscurité de sa vie. Oui, il était supposé tout éclairer mais s’il avait le malheur de s’approcher des parties les plus sombres de sa vie, il s’éteindrait lui aussi. Et il le refusait.
Cette idée le terrifiait tellement qu’il s’était mis à faire tous ces cauchemars où Mikio souffrait par sa faute…. Il préférait encore faire ceux où il lisait le dégoût dans les yeux de son aîné, la déception. S’ils faisaient mal au coeur, ils étaient également plus rassurants. Voir Mikio s’éloigner c’était aussi… le savoir ailleurs quelque part et heureux.
Et s’il refusait que les choses en arrivent jusque là, s’il espérait naïvement que deux chemins trop différents ne se croisent jamais, il n’avait pourtant rien fait pour l’éviter. Il était toujours là… à attendre bêtement que ses cauchemars deviennent une réalité. Il aurait suffi de monter dans un avion, d’écouter ses oncles… mais il était revenu dans cet appartement, dans les bras de son coréen… et il avait laissé son coeur profiter encore un peu.
Il l’avait laissé battre pour un sourire, contre un geste tendre. Il l’avait laissé s’enivrer d’une odeur autant que ses doigts l’avaient fait avec la douceur d’une peau. S’il était convaincu que sa musique s’arrêterait un jour, il savait déjà à quelle place son coeur souhaitait avoir son dernier battement. Et s’il savait que ce n’était pas possible, il espérait que son imagination serait assez forte pour lui donner l’illusion de tout avoir une dernière fois.
Un sourire. Une étreinte. Quelques mots. Un dernier baiser.

Il n’avait jamais aimé quelqu’un comme il aimait Mikio. Son coeur n’avait jamais battu avant ça. Il en avait en tout cas l’impression. Pour lui, il n’avait jamais marché avant que Mikio ne commence à l’ensorceler.
Il l’avait fait si bien que cette chose qui ne vivait pas, elle se faisait sentir maintenant pour tant de petits gestes, certains mots ou juste la sensation d’être prisonnier de bras.
Pourquoi son coeur était si faible avec lui ?
Parce qu’il l’aimait… il l’aimait d’une manière déraisonnable. Il l’aimait de chaque battement. Il y avait un mot pour cette sensation, un mot qu’il n’aurait jamais dû avoir le droit d’employer.
Amoureux
Et c’était encore plus bizarre pour lui, avec ce coeur cassé dans sa poitrine, de se dire que c’était bien plus que ça….

Qu’est-ce qu’il y connaissait à l’amour après tout ?
Quand il avait regardé la définition du verbe “aimer” dans un dictionnaire… ne s’était-il pas dit que tout ça avait l’air trop confus pour lui ? Qu’il ne pourrait jamais vraiment le comprendre comment ça marchait ?
Ce n’était pas pour lui…. Parce qu’il n’était qu’une façade devant les autres, qu’intérieurement il était un quelque chose à qui on ne voudrait pas dire “je t’aime”, et que son coeur ne battait pas.
Mais Mikio….
Mikio… ce n’était pas ça qu’il avait lu dans ces dictionnaires. Alors, est-ce qu’il existait un mot pour décrire ce qu’il ressentait pour lui ? Est-ce qu’il fallait rajouter des adjectifs derrière comme… amoureux fou ? Ou est-ce qu’il devait réveiller l’imagination d’un enfant pour inventer un mot capable de mieux décrire ce qu’il ressentait pour l’homme qu’il le retenait contre lui.
ça devrait être quelque chose qui se rapprocherait de “Mikio”... parce que c’était un mot qui ne pouvait appartenir qu’à lui.

« Mais… de moi…. » relevant sa main un instant, il l’avait reposé sur son torse pour se désigner sans rien ajouter de plus.
ça ne pourrait être que de sa faute si Mikio souffrait un jour.
Parce qu’il l’aimait. Et pour cette fatigue qui le culpabilisait même quand son aîné essayait de lui faire comprendre que ce n’était pas si mal, il s’en voulait déjà bien trop.
Il se demandait si… est-ce que c’était parce qu’il l’aimait beaucoup trop ? Est-ce que… c’était un degré ? Plus il aimait une personne, plus elle souffrait ?
Tout était de sa faute. Et cette culpabilité qu’il ressentait n’était rien comparée à celle qu’il ressentirait s’il ne s’éloignait pas à temps.
Il n’aurait jamais dû… s’attacher comme ça à lui… sa faiblesse mettait en danger la personne qui comptait le plus pour lui, celle à qui son coeur appartiendrait toujours… et si sa dernière note ne se jouait pas avant, elle se jouerait le jour où Mikio souffrirait par sa faute. Le jour où il aurait mal simplement parce qu’un idiot avait voulu rester un peu plus près de lui, toujours un peu plus.

Il pourrait s’insulter, se traiter encore de mauvaise personne, ça n’y changerait rien….
Est-ce que les personnes qu’il avait fait souffrir par le passé ne lui avait pas suffit ?
Il ne se comprenait pas….
Il se l’était pourtant promis… de ne plus jamais faire ça. Après Reina, il se l’était juré de ne plus faire de mal aux gens. Même s’il n’avait pas représenté grand chose pour elle, ça ne changeait rien.
Il était bien plus simple d’être le seul à souffrir.
Il ne voulait pas… oui, même s’il faisait déjà souffrir Mikio aujourd’hui.
C’était à lui de le protéger. Il se l’était promis, il ne lui arriverait jamais rien.
Mais alors… pourquoi est-ce qu’il était toujours là ? Dans ses bras, sur le sol de cette salle de bain….
Il jouait trop avec le feu. Est-ce qu’il se pensait si malin et si chanceux ?

Et cette réflexion qui était à nouveau en train d’attaquer son coeur, ces fils sombres qui s’emparaient de ses pensées pour mieux le torturer, elle s’était comme figée….
Ralentie à ce rapprochement, glacée à cette proximité, réduite au silence à ces lèvres contre les siennes.

En fait, tout avait été réduit au silence dans sa tête. Sans ça, il aurait pu penser qu’il avait définitivement une mauvaise influence sur Mikio. Après tout, ce n’était pas lui qui employait cette technique scandaleuse pour clore une conversation ?
Si…. Mais là, il n’avait même pas pu se demander ce que Mikio était en train de faire. Ses yeux avaient effacé cette salle de bain en se fermant. Sa main s’était levée sans qu’il n’en prenne conscience pour se serrer doucement au poignet de cette main qui retenait son visage. Et son coeur s’était affolé dans sa poitrine pour autre chose qu’une crise.
Est-ce que Mikio était vraiment en train de l’embrasser maintenant ?
……….
ça ne pouvait qu’être vrai….
Oui… parce qu’il ne rêvait jamais…
Mikio qui l’embrassait… c’était un rêve qu’il n’avait pas….
Une définition bien étrange qu’il avait arrêté à cette question de savoir si les lèvres de son aîné goûtait bien les siennes à présent.

Elles étaient douces… celles de Mikio étaient douces… oui. IL n’aurait pas besoin de les départager avec d’autres, c’était une certitude qu’il avait depuis leur premier baiser, ce soir où il avait bien trop bu….
Sur son poignet, ses doigts s’étaient détendus. La main de son bras qui était retombée contre lui s’était avancée. Ses doigts avaient cherché un instant avant de se resserrer sur le t-shirt de son aîné.
N’était-il pas supposé refuser ce contact ?
… elles étaient trop douces les lèvres de Mikio. Ou trop fourbes, trop enivrantes. Lui, il n’avait pas la force. Et au lieu de se forcer à réveiller un peu ses pensées, sa main avait serré un peu plus un t-shirt, l’avait tiré comme pour souhaiter les rapprocher.
Dans un soupir, étrangement, son souffle avait semblé revenir alors qu’il en était privé.
Et dans sa tête, au lieu de pensées raisonnables, il y avait eu ce souhait que Mikio l’embrasse encore, juste encore un peu… s’il avait pu parler, les deux mots qu’il aurait prononcé maintenant auraient été un scandaleusement faible ”Arrête pas.”
Mais il ne pouvait pas parler… Mikio le faisait pourtant… avec ses lèvres si douces… n’était-il pas en train d’ordonner à ses pensées de se taire ? De permettre à son coeur de s’exprimer à la place ?
Je t’aime…

Est-ce que c’était ça ? Ce que ses lèvres avaient soufflé quand elles s’étaient pressées contre celles qui leur dérobaient un baiser ?
Un instant, à peine, bien trop court pour s’exprimer réellement. Parce que ce “tais-toi” emprunté aux lois italiennes s’était achevé lui laissant presque aussitôt un sentiment d’injustice.
Il avait trop bu la première fois.
Il était malade à présent.
Est-ce qu’il devait toujours rester avec cette idée qu’il n’avait pas pu capter ce goût unique réellement ?
C’était injuste… et si c’était réellement le dernier maintenant ?
Quand ses yeux s’étaient finalement réouvert, ils avaient croisé ceux de Mikio. Ailleurs, sans doute, il n’avait pas été capable de prononcer le moindre mot. Sa main toujours sur le poignet de son coréen quand l’autre avait gardé son t-shirt en son poing, il n’avait ni bougé, ni peut-être respiré.

Son regard s’était perdu sur le visage de son aîné pour rapidement trouver ses lèvres qui lui semblaient toujours si proches. Et il les avait regardé bouger comme hypnotisé. Il ne les avait quitté, qu’un instant, pour suivre la main de Mikio et le regarder désigner son coeur. Tout aussi envoûté, sa main avait alors relâché son t-shirt pour remonter lentement et le voler à nouveau, au niveau de son coeur. De longues secondes, il l’avait regardé, comme s’il cherchait à l’entendre d’un simple regard. Et puis, il avait retrouvé le visage de Mikio, ses lèvres jusqu’à ce sourire « …. ».
Sa tête s’était hochée… par automatisme peut-être. A quoi il répondait au juste ? Est-ce qu’il avait seulement écouté ce que Mikio lui racontait à présent ? Est-ce qu’il l’avait compris ?

Laissant Mikio maltraiter son visage avec affection, ses doigts avaient relâché son t-shirt pour venir se poser sur ces lèvres qui bougeaient encore. Il ne pouvait pas lui voler son sourire pour le garder toujours mais il pouvait au moins le caresser. Du bout des doigts, avec douceur, il s’y était employé « Tu vas être malade…. » un constat plutôt qu’une réponse.
Est-ce qu’il était toujours là ?

Mikio, il avait souri, il avait ri.
Dessinant avec tendresse ces lèvres qui avaient quitté les siennes, son regard n’avait pas été capable de s’en détacher.
Longuement, il avait poursuivi ce manège sans se forcer à retrouver la conversation. Ou la réalité.
C’était sans doute encore un de ces rêves pour de faux que Mikio lui offrait. Ceux qu’il faisait quand il ne dormait pas.
Plissant les yeux une seconde sous une question, ils avaient retrouvé ceux de son aîné pour la poser « Michan ? » effleurant toujours ses lèvres, ses doigts avaient peut-être cherché à récuperer cet instant trop bref qu’on refusait manifestement de lui donner pleinement « Est-ce que c’était vraiment le dernier cette fois ? »

Est-ce qu’il était condamné à ne pas savoir tout à fait ?
… en avait-il besoin ? Il le savait déjà non ? Que c’était ces lèvres là que les siennes préféraient.

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     Sam 7 Oct - 22:40

just a spoonful of sugar
Naomi

Naoki était la plus belle chose qui lui était arrivée dans sa vie. Sûrement la plus déconcertante et inattendue aussi. Mais définitivement la plus belle, la plus précieuse. Sa rencontre avec ce faux italien dix mois plus tôt, il ne pourrait jamais la regretter, quoiqu’il arrive. Aujourd’hui, et demain encore, il en venait à penser qu’elle n’était pas fortuite.
Naoki l’avait appelé, pas vrai ? Il avait eut besoin de lui, n’est-ce pas ?
Et lui, lui il avait désespérément eu besoin d’un Naoki dans sa vie. Il l’avait ignoré tout ce temps mais une fois trouvé, il n’y avait rien eu de plus évident. Naoki illuminait sa vie et lui redonnait toutes ces saveurs auxquelles il avait failli ne plus croire. Et même de nouvelles. C’est vrai qu’à l’époque, il n’aurait jamais cru que cet extra-terrestre prendrait autant de place dans sa vie. Tout juste dans son lit, pour plaisanter. Et pourtant, il l’avait laissé faire et s’y était attaché. Même, accroché sans scrupule. Sans y prendre garde, il avait laisser ce sentiment envahir peu son coeur, l’envelopper pour s’y ancrer définitivement. Bien sûr, il y avait bien eu ces moments où le Coréen s’était senti confus, meurtri. Perdu dans cet océan flou, égaré dans ce brouillard où chaque pas était une véritable incertitude. Aujourd’hui encore, le chemin n’était pas plus éclairé. Parfois, il avait même tendance à s’obscurcir. Mais au bout, il y avait cette lumière… cette chaleur… cette mélodie qui le guidait et lui intimait de continuer à avancer, de ne pas s’arrêter… de ne pas l’abandonner. Ce gosse qu’il avait trouvé au détour du sentier. Ce gosse qu’il essayait doucement d’apprivoiser… Il n’était pas aussi naïf qu’on aurait pu le croire. Il avait bien compris qu’il n’obtiendrait pas de résultat miraculeux en un claquement de doigts. C’était long, souvent dur et même éprouvant. Mais il y avait cette volonté qui brûlait au creux de sa poitrine. Cette étincelle qui avait vu sa flamme grandir pour s’embraser incontrolablement. Et elle était si grande aujourd’hui que l’on aurait su l’éteindre… C’était celle-là qui le poussait à ne pas abandonner, à le protéger…. Mais c’était celle-là aussi qui semblait consumer sa raison tandis que cette flammèche d’affection qui l’animait s’était transformé en un amour incendiaire qui frôlait la folie.
Car c’était bien comme ça qu’il l’aimait. Comme un fou. Comme un dingue. Et s’il se détestait pour certaines raisons, maudissaient certains de ses actes et s’effrayait parfois de cet amour… Il aurait hurlé de tout son soul si on l’avait privé de la raison de cette folie. Il avait bien cru perdre son coeur ce soir où il s’était retrouvé seul. Dans le ciel, il avait guetté de ses yeux noyés de larmes acérées, l’avion qui emportait au loin son organe arraché. Si ses vêtements et sa peau étaient restés immaculés, il avait pourtant senti qu’il saignait. Et rien n’aurait pu arrêter l’hémorragie que le retour de sa pompe à sang, entre les mains de celui qui l’avait volé.

C’était peut-être affligeant, désolant, voire misérable… Mais le chanteur ne pouvait décemment plus faire sans cette personne qu’il tenait dans ses bras, et qu’il voulait tenir toujours. Parce qu’elle était définitivement bien trop merveilleuse pour que la lui enlever ne soit pas la plus cruelle des punitions. Naoki voulait qu’on le protège de lui-même mais il oubliait toutes ces choses qu’il avait apporté à son Coréen et qu’il le condamnait à perdre s’il s’éloignait de lui. Mikio ne voulait pas de ça. Il ne voulait pas qu’on le protège de cette personne si belle. Il ne voulait pas qu’on l’éloigne de lui… et il ne voulait pas que cet être si doux qui n’appelait qu’à l’amour se pense si injustement mauvaise. Et parce que Park Mikio était un homme qui détestait l’injustice, il n’avait pu qu’exposer ses arguments de cette façon.
Mais il aurait été de bien mauvaise foi de ne pas ajouter que c’était le brasier dans son coeur qui lui avait imposé cette méthode d’argumentation.

Il n’était qu’un idiot. En fait, il était même un con pour récidiver un crime pour lequel il s’était déjà condamné. Ces lèvres, il n’aurait jamais dû y regouter. Encore moins quand elles appartenaient à un malade… Mais à quoi pensait-il bon sang ?
A Naoki. A lui. A ce garçon qu’il aimait trop mais qui ne s’aimait pas.
A sa connerie, il y penserait plus tard. Oui, il aurait tout le temps de se blâmer quand ils auraient quitté le sol de cette salle de bain. Quand il aurait trouvé la force de se séparer de ces lèvres… mais pour l’instant, il en avait faiblement savouré la douceur. Il y avait tout même en lui un semblant de conscience qui lui demandait d’être raisonnable, aussi insensé cela puisse-t-il paraitre. Ce bout de conscience se faisait l’avocat même de ce geste. Il était justifié, il n’était pas irréfléchi. Il était fou mais pas gratuit. Il n’en abuserait pas, il le jurait. Mais cette résolution s’était faite plus dure à tenir quand il avait senti cette main se raccrocher à lui. Même noyé dans ce tourbillon de sentiments trop violent, il l’avait senti. Bien que la poigne était faible, il ne cherchait pas à le repousser. Etait-ce seulement lui qui s’était imaginé qu’elle en réclamait même plus ? Son coeur s’affolait-il seul ? Etait-il dérangé et atteint au point d’inventer des désirs chez Naoki ? Non, il n’était pas encore malade à ce point. Il n’y avait aucune résistance chez lui et on pouvait pointer du doigt le fait qu’il était de toute façon tellement à bout de force que se débattre était peine perdue, surtout si son aîné le tenait de cette façon… Mais il le sentait. Il ne l’inventait pas. Son coeur avait bien loupé au moins trois mesures parce que ces lèvres s’étaient mieux pressées contre les siennes. C’était là… Cette demande. Ce besoin. Cet appel…
S’il avait serré un peu plus son visage entre ses mains, s’il avait entrouvert les lèvres… il était certain qu’il aurait eu, même faiblement, une réponse. Et c’était cette certitude insensé qui avait rendu ses battements plus effrénés et saccadé quand son souffle avait paru lui manquer…

Mais céder, il ne l’avait pas fait. Ironiquement, sa raison fut plus forte. Ironiquement, car celle qui le poussa à rompre ce baiser semblait complètement absurde à côté de toutes celles qu’on aurait dû décrier. Embrasser Naoki était une raison suffisante d’arrêter. Il ne le devait pas. Encore moins s’il était dans cet état… Mais non, Mikio avait étrangement pensé au sien mais surtout à cette promesse et ce fut la seule chose qui parvint à lui faire reculer le visage, non sans un pincement sévère au coeur. Et évidemment…. ses lèvres lui manquaient déjà. Il s’efforça néanmoins de faire taire cette pensée des plus incorrectes.
Qu’il parvienne à s’exprimer ensuite relevait même presque du miracle. Formuler des idées cohérentes, des promesses et des déclarations sans dérailler, le Coréen forçait presque l’admiration. Surtout quand Naoki le regardait de cette façon - ça, on pouvait dire qu’il avait l’air surpris ! mais pas seulement à vrai dire… - et que malgré cette expression égarée placardée sur son visage, cette main prouvait qu’il l’entendait en s’accrochant à son coeur qu’il venait de désigner. Encore plus quand elle abandonnait son t-shirt pour venir effleurer l’arme de son crime. Sur ses lèvres, le contact lui avait paru électrique mais sans douleur. C’était comme une chatouille mais qui ne taquinait pas seulement sa bouche mais aussi son coeur qui avait battu plus fort. Plus fort dans ses oreilles jusqu’à couvrir sa voix… mais il avait poursuivi. Il était allé jusqu’au bout. Oui, il était presque admirable.

« Presque » parce qu’à présent, il riait au lieu de se blâmer. Doucement, légèrement. Son coeur palpitait, crépitait d’une joie étrange qui n’avait pas sa place à ce moment-là. S’il sembla réaliser que ses lèvres venaient de se reposer sur celles de Naoki, pas une fois sa conscience en souleva l’interdiction. La culpabilité resta silencieuse pour le moment. Elle était probablement couverte par les battements sourds qui résonnaient dans sa poitrine, sa gorge et sa tête. Ceux qui se rendaient à chaque coups un peu plus compte d’à quel point Mikio aimait Naoki. Si fort… dugum…si fort… dugum

La voix de son cadet néanmoins, sembla le ramener un peu sur Terre. Elle éveilla même un début de culpabilité tandis qu’il pinçait les lèvres à cette remarque très juste. « Oui, je sais, pardon… » Il avait parlé lentement mais son ton coupable ne l’était pas tant. Il était toujours là, pas vrai ? Ce sourire au coin de ses lèvres qu’il tentait de dissimuler. Cette excuse… elle n’était tragiquement pas prononcée pour ce baiser. Ses doigts s’infiltrèrent en douceur entre son crâne et la serviette pour plonger dans les cheveux de Naoki. Ils étaient encore un peu humide. « Je reprendrais des médicaments tout à l’heure. » Plus chaude, sa voix s’était voulu rassurante. Il le ferait, assurément. Parce qu’il ne voulait pas tomber malade. Même s’il dirait qu’il n’avait pas pu faire autrement, même si d’autres diraient qu’il l’aurait mérité… il ne voulait pas tomber malade et rompre cette promesse qu’il lui avait fait. Une promesse bien absurde et sûrement déjà intenable quand on s’obstinait à rester si proche d’un grippé. Mais ils ne les auraient pas ces microbes. Non. Il avait promis.

Est-ce qu’il souriait encore pour essayer de rassurer son protégé ? A moins que ce ne soient ces tendresses sur ces lèvres… Des caresses, mais toujours pas de reproche. Seulement pour sa santé.
L’atmosphère était des plus singulière. Une personne extérieure s’y serait attendu. A des questions, des protestations… Mais les deux protagonistes étaient excessivement calme. Au fond de lui, le chanteur aussi appréhendait une réaction négative de la part du plus jeune mais son geste n’avait pas pour but d’attendre un retour. Quelqu’il soit, il l’aurait accueilli avec cette même idée qu’il n’avait pas pu le laisser continuer… et qu’il n’aurait jamais embrassé une si mauvaise personne, n’est-ce pas ? Oui, c’était sûrement le postulat d’origine mais la vérité c’était que son esprit, emporté par les battements grisants de son coeur s’était laissé quelque peu dériver. Que le silence ne lui apparaissait pas pesant mais apaisant. Qu’il aurait certainement pu continuer à le regarder si tendrement durant des heures encore, à lui déclarer sans fin son amour qui brillait dans ses petites iris sombres. Qu’il aurait tout autant apprécié les caresses de son protégé, bien qu’il aurait été ainsi plus difficile de se raisonner pour ne pas céder à un autre écart, un autre argument qu’on ne demandait pas. L’atmosphère était étrange, certes… Mais la crise de Naoki semblait s’être calmé si elle n’était pas terminé. Et Mikio ne criait plus.

Oui cette scène aurait pu continuer des heures sûrement si la voix du plus jeune ne s’était pas fait entendre une nouvelle fois. Mikio lui adressa un sourire affectueux : « Mh ? » Ses doigts eux ne s’étaient pas troublé et avaient poursuivi leur caresses dans les cheveux du garçon, peut-être avec un peu plus de tendresse. Doucement, ils s’étaient emmêlé dans ses mèches comme s’ils cherchaient à en chasser les dernières gouttes. Ce ne fut qu’à sa seconde question qu’ils cessèrent leur manège. En fait, Mikio cessa tout simplement de respirer.

…. Quoi ?
« …. »
Il mit peut-être une seconde où il dut se répéter la question de son cadet pour être certain. Le sourire qui ornait ses lèvres disparut et une expression profondément confuse se greffa sur ses traits. Son coeur ne palpitait désormais plus de la même façon. Le rythme était toujours rapide mais il ne traduisait plus son étrange euphorie. La panique. C’était elle qui l’envahissait tout à coup. Une vive panique qui lui fit perdre tous ses moyens. Son calme s’envola et le Coréen sembla désormais totalement désorienté. La tendresse dans son regard fut troqué par une profonde confusion et il scruta le visage de Naoki quelques longues secondes comme s’il n’était toujours pas sûr de ce qu’il venait de dire.
Le dernier… le dernier…
Et puis ses yeux se détournèrent et son poing vint se coller contre sa bouche. Oh merde. Oh le con. L’abruti. Le crétin. Et d’autres malédictions qu’il proféra à son encontre.

Evidemment, le souvenir de cette soirée lui revint immédiatement en tête. Il ne l’avait de toute façon jamais oublié… Mais il pensait jusqu’ici être le seul. Parce qu’ils n’en avaient jamais reparlé, parce qu’il avait cru que l’alcool effacerait tout simplement cet « incident » de la mémoire de son cadet. Parce qu’il était sobre et qu’il s’était montré plus con encore….
Le lendemain, Nao avait agi tout à fait normalement ou du moins, comme on réagissait après une gueule de bois - encore que Nao restait infiniment parfait même à ce genre de réveil. Mikio avait porté seul le blâme et le portait encore aujourd’hui pour n’avoir rien dit. Pour avoir jugé préférable que cette fois, cette « seule » fois, ne soit connue que de lui.

Profite en.... c'est le premier et le dernier....
Cette fois, c’est vraiment le dernier ok ?


Oui. Le dernier. Le(s) seul(s). Ce(s) baiser(s) qui n’existait pas. Naoki, dans ses bras, fiévreux, savaient pourtant pertinemment qu’il ne s’agissait pas là de leur premier. Que le premier, ils ne se le donneraient jamais pour un jeu stupide qui aurait été trop loin… Mikio venait d’embrasser Naoki… encore une fois.

« …. Tu…. Tu… »
Les joues du Coréen étaient désormais brûlantes. Il se sentit affreusement ridicule. Son attitude n’avait plus rien à voir avec celle qu’il abordait une minute plus tôt. Calme, paisible, gaie. Il n’était désormais qu’embarras et confusion… pour une connerie dont il était le seul responsable. « Nao… tu… tu te souviens… ? » parvint-il enfin à articuler d’une voix ridiculement étranglée comme s’il osait à peine demander ce qu’il savait déjà. C’était une évidence. Le fait que Park Mikio avait abusé d’un Naoki ivre quelques mois plus tôt n’était un secret que pour lui-même.

Comme un enfant honteux qu’on grondait, il garda le visage prostré. Sa main finit par céder à cacher une partie de son visage et il jura dans sa paume : « …merde… » Intérieurement, il se maudit. Mais quel genre de type était-il… ?
Il osa un coup d’oeil vers Nao… avant de procéder à une nouvelle fuite vers le meuble en face où était rangé des affaires de toilettes. Naoki attendait-il vraiment une réponse ? Il se racla la gorge. Il sembla lutter une longue minute durant laquelle sa figure s’empourpra davantage.

« …. Je…. Désolé…. Je crois bien que… c’est définitivement quelque chose… que je ne peux pas te promettre… »

La raison le poussait à dire « non » mais son coeur se montra pour une fois le plus réaliste. Il y pensait trop souvent à ses lèvres pour formuler une telle promesse.

 
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     Dim 8 Oct - 1:16
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EXORDIUM.
Il se définissait comme un italien. Ce n’était malheureusement pas ce qui était marqué sur ses papiers mais sur bien des aspects, on pouvait lui accorder qu’il ne mentait pas complètement. Il adorait la cuisine de ce pays, il était un grand consommateur de laitages en tout genre et un séducteur avec un emploi du temps pour gérer ses relations. Des lèvres, il en avait connu. Des femmes, il en avait embrassé. Et en théorie, il était supposé ne jamais expérimenter ça avec un homme. Et pourtant, il l’avait fait, plusieurs fois pour la dernière fois avec celui qui venait d’oublier cette règle, encore.
Chaque fois. Chaque baiser volé à cette promesse stupide qu’il n’y en aurait qu’un… du premier… jusqu’au dernier… chacun d’entre eux avait été plus parfait que tous les baisers qu’il avait connus. Les lèvres de Mikio, c’était de loin celles qu’il préférait.
Elles faisaient battre son coeur si vite. Parfois, simplement en les regardant, il sentait ce rythme s’accélérer, s’affoler. Elles avaient un pouvoir sur lui qu’aucunes autres n’avaient. Elles le rendaient vivant, oui, sans doute. Et puis, dans sa tête… c’était de la magie. Mais qu’est-ce qui n’était pas irréel à propos de ce coréen qui le retenait toujours dans ses bras ?
Rien.
Parce que pour lui qui se torturait toujours. Pour lui qui n’avait jamais la tête vide et qui se sentait toujours plongé dans l’obscurité.
…. Mikio le perturbait si facilement. Il oubliait tout quand il l’embrassait. Sa tête se vidait… et maintenant, il en avait même oublié le sujet de cette conversation. Pendant quelques secondes, le temps qu’avait duré ce baiser, il avait même tout oublié.
Il n’y avait plus eu que Mikio. Celui qu’il aimait. Plus que les battements de son coeur qui souhaitaient sans fin de pouvoir rester dans ses bras et qu’il puisse être encore privé longtemps d’air.

Les lèvres de Mikio…
… c’était de la douceur. Une tendresse qui faisait taire un peu toute la souffrance.
… c’était la vie… des battements gagnés pour un coeur si faible.
L’amour tout simplement. Oui, si Mikio continuait à l’embrasser, il finirait peut-être par savoir le définir ce verbe “aimer”. Ce ne serait pas la définition qu’on trouvait dans un dictionnaire parce qu’il demeurait convaincu… tout était plus fort avec son corée.
Enivrant. Perturbant. Envoûtant. Il pouvait en trouver beaucoup des adjectifs.
Est-ce qu’il comptait les trouver du bout des doigts ?
C’était plus fort que lui, il fallait qu’il les caresse… ces lèvres si douces. Si belles. Est-ce qu’on l’avait déjà complimenté à ce propos ? Il n’en doutait pas…. Mikio était ce genre de petit ami parfait qui méritait toujours un compliment de plus.
Bien sûr, il ne l’oubliait pas, il ne pouvait pas être à lui. Souhaiter une chose pareille pour lui, ce ne serait pas véritablement l’aimer. Mais au moins… il pourrait se souvenir de ces “derniers” baisers.
Même s’il trouvait ça injuste de ne pas en faire l’expérience quand il était en pleine possession de ses moyens… parce qu’il pensait que ça devait être encore plus fort…. Et probablement dangereux vu l’effet que ça lui faisait déjà maintenant. Dans le fond, oui, il valait peut être mieux ne pas essayer.
Mais… il aurait bien aimé en garder un vrai souvenir.
Est-ce qu’il se cherchait une excuse pour en désirer un de plus, toujours un de plus.
C’était déjà mal maintenant…. C’était déjà mal la première fois. Et pourtant… c’était si…
… bon ?
Ce mot ne suffisait pas. Même magique, ce n’était pas rendre justice à ces lèvres-là.

Ce n’était pas non plus le faire que de ne pas avoir protesté quand il était malade. Alors, même s’il était ailleurs, il avait eu au moins assez de conscience pour souffler ces quelques mots, héritant en échange d’une promesse qui lui avait fait hocher la tête « Promis ? » puis demander confirmation.
Il s’en voudrait, beaucoup, si Mikio venait à tomber malade. Il voulait qu’il soit en bonne santé. Si lui niait être malade, il ne voulait pas pour autant voir son aîné dans le même état. Un paradoxe que Mikio avait la clémence de ne pas relever tout haut « C’est important que tu fasses attention à toi…. » un vrai paradoxe comme on en voyait peu.
Qu’on ne le blâme pas trop, Mikio était réellement la personne qui comptait le plus pour lui. Mais il était également si précieux à ses yeux… et pour son coeur. C’était une vraie lumière… une lumière à protéger. Il le ferait… oui. Est-ce qu’il s’en souvenait au moins un peu de leur conversation précédente ?
Son regard était trop perdu à présent sur les lèvres de son aîné pour pouvoir le dire. Triturant un peu son t-shirt au niveau de son coeur, sa main s’y était posée un instant quand il avait pensé sentir un battement plus fort. Oui, c’était le cas. Il battait fort le coeur de Michan. C’était un joli battement vers lequel il avait baissé les yeux, soufflant sans même sans rendre compte des « dugum… dugum... » à plusieurs reprises.
Un bien joli coeur que celui de son coréen. Qu’est-ce qui ne l’était pas chez lui ?
Il avait cessé de se le demander il y a bien longtemps. Mikio était tout simplement parfait pour lui. Et si on disait souvent que personne ne l’était, c’était parce qu’on avait pas rencontré Park Mikio.
Est-ce qu’il mentait d’objectivité ?
Très bien… alors Mikio serait sa perfection, la définition que son coeur avait de ce mot.

S’il s’était calmé, s’il ne tremblait curieusement plus autant bien qu’il ai encore froid, il avait toujours cette curieuse envie de pleurer que ses yeux savaient contenir.
Pourquoi ?
… parce que c’était le dernier ?
C’était juste que… c’était si court. Et s’il ne pleurait pas, c’était parce qu’il savait bien qu’il n’avait pas le droit de faire de caprices.
Oui… il aurait aimé que Mikio l’embrasse encore un peu.
Oui… il aurait aimé pouvoir être pour toujours avec lui.
Mais pour ça, il aurait fallu être un autre Naoki. Un Naoki qui le méritait et un Naoki avec un père différent.
Ce Naoki là, peut-être qu’il le lui aurait dit
”Je t’aime Michan… mais sans doute bien plus que tu ne le penses….”
Et si son Michan n’avait pas compris, il aurait ajouté…
”Je suis amoureux de toi” ou… ”je suis complètement fou de toi”.
L’un des deux, ou les deux plus simplement.

Savourant l’affection de son coréen, en distribuant en retour, il n’avait rien dit de tout ça. Son regard l’avait retrouvé, avait retrouvé ses lèvres, et ses doigts avaient persisté à tracer avec tendresse ces dernières.
Pourtant, ça n’avait pris que quelques secondes pour formuler sous la forme d’une question une injustice gardée.
C’est que…. Il voulait savoir, c’est tout. C’était mieux de savoir…. Si cette fois ils décidaient que ce serait réellement le dernier ou s’il y en aurait un ou deux de plus. Peut-être trois. Ou quatre. Mais s’ils allaient jusqu’à quatre, c’était mieux d’arrondir à cinq… non ?

Pourquoi est-ce qu’il se disait tout ça ?
Parce qu’il l’aimait sans doute… et même s’il savait que tout ça n’était pas pour lui, que les baisers de Mikio étaient trop beaux pour lui appartenir, son coeur ne pouvait pas s’empêcher d’en souhaiter au moins un peu plus.
Oui… une belle excuse que cette injustice de ne pas avoir pu fidèlement y goûter à ces lèvres enivrantes.
Il était idiot. Mais au lieu de le penser… il s’était trahi comme si Mikio savait déjà.

Lorsque les caresses de son aîné s’étaient arrêtées, il avait mis plusieurs secondes à s’en rendre compte. Son regard était alors passé de ces lèvres, à ce visage, et il avait semblé intrigué. En fait, il avait poussé le culot jusqu’à formuler ce « Quoi ? »
Pourquoi est-ce que Mikio te regarde comme ça c’est ça ?
… les dangers de la fièvre ou d’être un alien, allez savoir.
Et puis, Mikio avait détourné les yeux avant de lui cacher les lèvres qu’il caressait derrière son poing. Un instant contrarié, l’italien avait froncé les sourcils dans un bien faible « Michan... » qui traduisait néanmoins qu’il le privait de son occupation.
Naoki, réfléchis, redescends… ne pense-tu pas qu’il y a meilleur moyen de lui révéler que tu n’as rien oublié de cette soirée où tu n’avais pas bu que du coca ?
Lui dire dès le lendemain, ça aurait peut-être été une meilleure idée non ?
… oui… ou non… il ne saurait probablement pas répondre à cette question. En fait, peut-être qu’il aurait mieux valu ne pas lui dire du tout.

Mikio était “un peu” rouge maintenant… non ? Il ne se faisait pas des idées….
Il était mignon Mikio quand il rougissait. Particulièrement beau, même s’il l’était tout le temps. C’est vrai. Mais il ne trouvait personne d’aussi beau que lui.
Laissant ses doigts glisser doucement vers ses joues comme pour en juger de la température, il avait d’abord hoché la tête à la question de son aîné.
ça méritait une réponse plus complète non ?
Alors il avait souri avant de joindre la parole « Oui… je n’ai pas oublié…. » et à côté de Mikio, il semblait encore si calme. Ailleurs, c’était plus le mot sans doute « Je ne veux jamais rien oublier avec toi... » laissant ses doigts glisser un peu mieux sur sa joue, ils étaient remontés ensuite sur sa tempe avec douceur avant de s’emmêler dans ses cheveux malgré les réactions de son aîné. Il lui cachait son visage de l’affection mais au moins il lui restait ses cheveux, oui. Il n’était manifestement pas contrariant mais qu’est-ce qu’il faisait au juste maintenant ? Il en avait bien conscience que sa réaction n’était pas normale ? Il le voyait bien que Mikio était gêné non ?
Oui… il était rouge… il l’avait vu ça.

Alors c’était pour ça que sa main avait quitté ses cheveux et qu’il avait cessé enfin de le caresser ? Parce qu’il avait capté les battements que sa main toujours accrochée à un t-shirt pouvait percevoir ?
La sienne s’était posée sur son propre coeur, puis sur sa tempe, du bout des doigts, il avait désigné ces deux endroits avant d’ajouter « Ici…. Je ne veux rien oublier…. Chacun de tes sourires. Le regard que tu avais… la manière dont tu me touchais…. » oui il ne voulait rien oublier. Il voulait se souvenir de chaque détail.
De ce baiser qu’ils avaient eu aujourd’hui, il voulait s’en souvenir aussi.
Même si c’était le dernier ?

ça l’était ?
Si ça l’était… ce serait comme ça. Il n’était pas supposé y en avoir d’autre de toute manière….

« …. » Mais Mikio ne pouvait pas promettre.

« Ce n’est pas grave. » oui, ce n’était pas si important de ne pas pouvoir promettre. Mikio n’avait à s’en vouloir. C’est vrai.
Et lui, est-ce qu’il devrait s’en vouloir pour cet aveu lâché « T’embrasses bien…. » bien seulement ? « Vraiment bien…. » plus que vraiment bien ?
Oui… bien plus que vraiment bien.





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     Dim 8 Oct - 17:20

just a spoonful of sugar
Naomi

« Promis. » Le sourire qui se tapissait jusqu’alors dans le coin de ses lèvres s’étira plus sûrement pour former une esquisse rassurante. Le geste se joignit à la parole tandis que ses doigts se mêlèrent avec plus de douceur dans sa crinière encore un peu humide. C’était une vraie promesse. Une promesse certes idiote car il n’était pas un super héros et qu’il n’était pas en capacité d’élever une barrière d’anti-corps entre lui et les microbes. Son geste, déjà fortement condamnable, pouvait même être considéré comme un suicide rendant absolument nulle cette promesse humainement intenable. Pourtant, Mikio ne tomberait pas malade. Non, il en était certain parce qu’il l’avait décidé. Il l’avait promis. Il ne tomberait pas malade, il ne voulait pas, il ne le devait pas. Au fond, le Coréen était bel et bien un crétin et son trop plein d’espoir trahissait assurément une bien triste crédulité. Il ne tomberait pas malade, c’était hors de question. Il s’interdisait même de tousser… Parce qu’il savait qu’au delà de sa santé, cela peinerait énormément Naoki. Lui qui se sentait déjà coupable de tout, l’aîné refusait de lui rajouter ce poids sur la conscience bien qu’il ne fut pas d’une extrême gravité. Il refusait d’autant plus de rompre cette promesse et culpabiliser Nao car il s’agissait là de sa faute et uniquement la sienne. Il était le seul à manquer de prudence pour des motifs qu’il trouvait louables. D’autres étaient quand même bien moins défendables….

Si l’on pouvait aisément s’attarder sur la connerie coréenne, Naoki eut la délicatesse d’attirer les regards outrés vers lui. Mikio arqua un sourcil en considérant son cadet, légèrement incrédule. « Quel culot, » finit-il par souffler, faussement insurgé. Faussement parce qu’il n’y avait pas une once de reproche dans son ton alors qu’il aurait pour une fois eut toutes les raisons d’en avoir. A vrai dire, cette remarque l’aurait sûrement énervé plus tôt. Ces deux mots, il les aurait probablement grogner en ajoutant : « Tu te fous de ma gueule Naoki ? »  ou « C’est une putain de blague ? ». Oui, sans aucun doute même. Mais à cet instant et au plus grand soulagement du chanteur, ce Mikio qui vociférait bien trop à son goût avait pris congé. Cependant, pour rajouter dans le contraste hallucinant, on pouvait noter que le sourire du Coréen n’avait pas bougé. Il s’était radouci mais était toujours là, tandis qu’il contemplait encore celui qu’il tenait dans ses bras. En fait, il avait même eut ce petit rire, bref et sec comme un soupire. Oui, Naoki avait quand même un sacré culot… Et lui, il était bon pour un diagnostic sur sa bipolarité.

Il n’avait rien rajouté et ses caresses s’étaient poursuivies doucement. Il s’était laissé aller à l’atmosphère paisible qui régnait désormais. Toute la tension était retombée, elle avait même l’air d’avoir entièrement disparue comme si Naoki n’avait jamais fait de bêtise quelques minutes plus tôt, comme si Mikio avait oublié qu’il avait bien cru le voir noyer. Il n’y avait désormais plus rien qui troublait la paix déconcertante de cette salle de bain. L’eau avait fini de s’écouler et les seuls sons qu’on entendait étaient leur respiration respective. Et les battements de coeur qui résonnaient toujours si fort dans la tempe du Coréen, bien qu’il s’y était habitué au point de les oublier un peu. Du moins, jusqu’à ce Naoki dépose sa main contre sa pompe à sang. Elle pulsait déjà fort mais ce contact sembla amplifier les cognements. Mikio suivit ce manège du regard, silencieux. Il ne s’en troubla pas tout de suite parce que c’était une chose que Naoki avait pris l’habitude de faire… mesurer les battements de son coeur. Il avait même cru comprendre qu’il les avait appris par coeur au point de reconnaitre quand le chanteur se sentait bien ou mal. Ceux qu’il sentait actuellement sous ses doigts contrastaient avec le calme apparent du Coréen mais leur régularité ne les rendait pas alarmant. Ils étaient peut-être le seul élément qui trahissait encore le crime de Mikio… mais ils étaient en fait surtout bavards. Ce qu’ils racontaient, souvent, Mikio avait bêtement craint que Nao sache le déchiffrer. Cette crainte affola de nouveau son organe quand les lèvres de l’étudiant répétèrent ce son intime. Son regard se fit alors tendrement accusateur tandis qu’il sentit un léger afflux sanguin charger le haut de ses pommettes. Naoki le savait, n’est-ce pas ? Que c’était de sa faute… Oui, pour ces battements là, il pouvait lui laisser le blâme.
Et pour bien qu’il se rende compte de son crime, les doigts du chanteur quittèrent momentanément son visage pour effleurer cette main examinatrice contre sa poitrine avant de la coincer entre sa paume et son torse. Doucement, il l’avait pressé jusqu’à sentir lui-même les battements de son coeur à travers sa main.
Est-ce que Nao pouvait l’entendre ? Ce cri qui lui était adressé…
Je t’aime… Je t’aime… Je t’aime…
Sans doute ne pouvait-il définitivement pas les lire. Oui, c’était impossible… sinon, Nao n’aurait plus voulu être dans ses bras pas vrai ? Aimer quelqu’un à ce point… Aimer quelqu’un à en devenir fou… Oui, c’était terrifiant. Nao n’en aurait peut-être pas voulu…

Mais alors, pourquoi était-il si calme dans ses bras maintenant ? Pourquoi le regardait-il si tendrement ? Pourquoi ses caresses étaient-elles tout aussi douces ? Pourquoi Naoki n’était-il pas en colère ou rebuté par cet homme qui venait de l’embrasser…. s’il savait que ce n’était pas la première fois et qu’il lui avait caché… ?
Du moins, avait-il cru. Mais non. Naoki se souvenait bien de ce soir où ils avaient déraillé mais où l’aîné n’était que le seul responsable quand il aurait se contenter de ce premier baiser volé qui l’avait surpris et… est-ce qu’il l’avait mis en colère ? Il se souvenait s’être assis, déboussolé et surtout, soudainement épuisé. Ce n’était qu’après qu’il s’était énervé… Quand Naoki avait osé effacer ce baiser. Et c’était là qu’il s’était condamné à être le plus fautif des deux en récupérant ces lèvres qu’on avait voulu lui faire oublier si injustement. Ce baiser qu’il lui avait donné… Son coeur s’en serrait encore quand il y pensait. Il n’avait jamais embrassé quelqu’un comme ça… avec autant d’ardeur et surtout.. de colère… mais ses lèvres s’étaient mêlé furieusement à celles de Naoki. Il lui avait répondu et il ignorait pourquoi mais il avait continué, et creusé un peu plus sa propre tombe. Et puis, il y en avait eu un autre… plusieurs autres en fait, mais qui en formaient un « dernier ». Un dernier comme pour faire la paix. Un dernier comme signer définitivement leur connerie et se condamner à être hanté pour le reste de leur existence par ce gout unique, ce goût grisant, ce goût enivrant… ce goût de trop peu. C’était le dernier, c’était ce qu’ils avaient dit. Et parce que l’alcool faisait tourner la tête de Naoki, Mikio s’était mis à porter seul cet accord. Il ne s’était rien passé parce qu’il ne devait rien se passer, et il ne se passerait plus rien. C’était le mieux.
Oui.
C’était le mieux…
Comment avait-il pu le croire ? Comment avait-il pu accepter de s’enfermer dans un silence aussi inacceptable ? Ils avaient fait une connerie, c’est vrai. Une belle connerie, peut-être. Trop belle, trop fourbe, trop… Mais le garder pour lui ? Vraiment ?
Maintenant que Naoki lui révélait la vérité, la panique l’envahissait au moins autant que les remords. L’envie de se cacher, de se maudire, de se hurler qu’il n’était qu’un crétin, un con, un abruti, un demeuré… et tous les noms d’oiseaux qui lui passerait encore par la tête. Maintenant que Naoki lui soutenait le plus naturellement du monde que cette soirée ne manquait pas à sa mémoire, il lui sembla que toutes les bonnes décisions lui apparaissaient bien trop tardivement. Pourquoi avait-il cru ça mieux de se taire ? Il aurait dû parler. Le lendemain, à un moment, tant pis si c’était bizarre, il aurait au moins dû s’excuser… et si Nao ne s’en souvenait vraiment plus… Il… Il aurait avisé… il ne savait plus…
Pourquoi Nao n’avait rien dit non plus ?
Et lui ?
…. Il se sentit idiot, honteux derrière son poing.
Ils n’avaient pas honte d’avoir embrassé un homme cependant.
Il avait honte de lui… pour avoir cru que ne pas en parler et nier l’existence de cette connerie suffirait à ne pas le hanter. Comme s’il aurait pu oublier une telle sensation… un tel sentiment….
Jamais….
Est-ce que c’était pareil pour Nao ?

Tandis qu’il semblait se noyer dans sa panique, il sembla presque oublier que Nao lui avait posé une question. Il n’entendit d’ailleurs pas la suivante, cependant son surnom parvint à survoler l’océan de confusion qui l’habitait pour attirer son attention et lui rappeler un semblant d’ordre. Mais il prit cet interpellation pour une marque d’impatience ou d’inquiétude. Il était si perdu à vrai dire qu’il ne su déceler la contrariété dans la voix de son protégé, ignorant parfaitement que celui-ci en avait après ses lèvres dont il l’avait privé. Il n’avait pas fait exprès et s’excuserait probablement auprès de Nao s’il en avait eu conscience… c’était un réflexe de défense dont il n’avait pas consciemment connaissance bien que ses amis proches savaient parfaitement déchiffrer ce geste qui trahissait son trouble. Mais il ne fallait pas être mentaliste pour dénicher le trouble chez le Coréen ! Celui-ci était placardé sur toute sa figure, du rouge sur ses joues, à ce regard fuyant et hagard, jusqu’à cette bouche légèrement tordue par l’embarras. C’était presque s’il ne s’était pas mis à se ronger l’ongle du pouce si cela avait fait parti de ses habitudes.

Ce fut à peine s’il s’entendit poser sa question évidente, détournant tantôt les yeux, tantôt jetant des coups d’oeil à celui qui causait son trouble. Ah, il était bien loin le Mikio si calme et si serein… déjà cinq minutes au moins. Une main bien douce cependant parvint à retenir le visage du Coréen qui reposa son regard sur lui, non sans un battement sourd dans sa poitrine. Non. Définitivement… Nao, lui, n’avait pas l’air de vouloir le fuir. Et c’était assez incompréhensible pour qu’il marque une pause, pour qu’il cesse de vouloir se terrer au moins quelques secondes. Il l’avait revoulu ensuite dès que Nao avait hoché la tête pour lui confirmer, que oui, il se souvenait parfaitement que ce crétin de Coréen l’avait abusé. Mais il ne l’avait pas fait. Son regard s’était bloqué.
…. Sur les lèvres de Naoki… c’était un sourire qui s’était dessiné ?
Son coeur résonna plus fort et sa respiration lui parut plus courte. Naoki lui souriait. Il n’avait pas oublié, ne voulait rien oublier, et il lui souriait. Il sentit sa peau frémir et les petits cheveux se dresser sur sa nuque quand les doigts de Nao s’y plongèrent avec une affection si particulière… Elle finit par le troubler bien plus que sa révélation. Ses mains et sa tête ne s’agitèrent plus aussi nerveusement. En fait, on aurait pu croire que qu’il était raide mort tant il ne bougeait plus. La main qui lui cachait le visage était retombé près de la hanche de Naoki et il l’avait regardé faire, dans ce silence presque religieux, comme s’il s’était à son tour fait ensorcelé.
Oui, c’était un peu ça. Les rôles s’étaient inversés. A présent, c’était Nao qui cherchait à calmer l’affolement de son aîné. La scène était surréaliste et pourtant… Mikio n’avait plus cherché à fuir. Sa bouche était légèrement ouverte, marquant toujours stupéfaction, mais elle ne jurait plus ni n’était tordue par la honte. Son regard ne se détacha du sien uniquement pour suivre cette main qui désignait ce coeur qu’il convoitait. Le sien s’emballa. Ses lèvres se pincèrent et il déglutit.
Pourquoi les mots de Nao lui donnaient-ils l’impression d’avoir chéri leurs bêtises ?

Il y eut un cognement plus violent contre sa cage thoracique et il sentit que ses joues rougirent un peu plus tandis que l’idée folle que Nao aurait pu aimer ce baiser le traversa. Y avait-il une pointe de regret dans cette fameuse question ? Est-ce que ce baiser était vraiment le dernier ?
….
Il eut beau y réfléchir de longues secondes, même dans sa confusion, il y avait cette certitude plus fort qui surplombait les autres. Il n’avait pas pu lui mentir. Il n’avait pas pu lui assurer que cette connerie était la dernière… Pas quand il songeait bien trop à leur baisers, pas quand il regardait si souvent sa bouche, pas quand ses doigts si perdaient autant que ses envies… Encore moins quand remontait le souvenir de ses lèvres pressant les siennes et de ces réclamations silencieuses de ne pas les quitter… La raison lui disait que promettre était pour le mieux. Sa conscience lui assurait qu’il était trop con pour être raisonnable. Et il ne faisait jamais des promesses qu’il ne pouvait pas tenir.

Peut-être songea-t-il à s’excuser après cet aveu. Naoki le pardonna avant. « … » Surpris, il avait reposé un regard incertain sur lui. Pas grave ? Cette déclaration ne l’était pas. La suite en revanche….
……..
………………..
…………………………
ezrfgmoeig.

Naoki avait vraiment dit ça ? Il avait bien entendu ?
Il embrassait bien. Non. Vraiment bien.
Le pire, c’est qu’il ne douta pas une seconde qu’il ne s’agissait pas d’une flatterie. Naoki le pensait vraiment… et il sentit sa pompe à sang imploser dans sa poitrine. «  » Les joues empourprées, sa bouche s’ouvrit mais il ne sut pas vraiment quoi dire alors il rabaissa le visage en silence. Il embrassait bien. Non, c’était même bien plus que ça… C’était Naoki qui trouvait qu’il embrassait bien. Vraiment bien. Le rictus gêné revint se faire une place sur sa bouche… mais ne s’attarda pas longtemps. De passage, il avait étiré ses lèvres et esquisse singulière se forma. Naoki avait dit qu’il embrassait bien… « Oui.. ? …. pas autant que toi. » Et son regard osa enfin se tourner vers celui de son cadet. Gêné, oui, mais une lueur semblait pétiller dans ses iris. Sans s’en rendre compte, le bout de ses doigts effleurèrent brièvement sa lèvre inférieure tandis qu’il se remémorait ce contact si… doux, enivrant, addictif…
….
Parfait…

Peut-être que Nao trouvait qu’il embrassait bien et il était assez crétin pour s’en sentir heureux, mais il était encore plus idiot pour penser qu’il se devait d’être juste et honnête. Naoki embrassait diablement bien. Même ivre, il se souvenait de leurs échanges qu’il avait secrètement souhaité sans fin. Aucune femme ne l’avait embrassé comme Naoki. Aucune femme n’arriverait jamais à lui faire ressentir ce sentiment grisant qui l’avait emporté ce soir là dans les bras de l’Italien, et celui auquel il avait tenté de résister sur le sol de cette salle de bain. Il l’avait déjà compris depuis un moment, depuis Jin Ah réellement, qu’il n’y avait pas d’autres lèvres qu’il souhaitait plus embrassé que les siennes. Elles le hantaient. Elles le tentaient. Si fort qu’il n’avait pas pu émettre cette promesse que ce baiser serait le dernier. Alors… indéniablement, Naoki pouvait bien se vanter d’embrasser comme un dieu. Il aurait pu penser à toutes ces femmes que Nao avait embrassé et les plaindre sincèrement car elles devaient être tout aussi dévoré par le souvenir des baisers du rital… Mais il ne le fit pas maintenant, plus tard sûrement. Il ne lit fit pas car sinon, il ne se serait pas mis à rire.

Il l’avait fait en fait presque tout de suite après son aveu. Un rire léger, un peu gêné. Oui, c’était sûrement l’embarras qui l’avait poussé à rire mais son sourire était de nouveau vissé sur ses lèvres et ses bras cherchèrent à resserrer Naoki contre lui. La main derrière sa nuque s’appuya contre cette dernière pour redresser juste assez la tête de Nao afin que Mikio puisse de nouveau se pencher sur lui. Sa bouche visa cependant son front où il déposa un baiser chaste, non sans constater qu’il était chaud. Ses lèvres cédèrent la place à ses doigts qui le caressa doucement en le considérant d’un air tendre : « Mais j’vais être sage. Parce que je ne dois pas tomber malade. » C’est ça, fais semblant d’être raisonnable. Cela voulait dire que le jour où Nao n’aurait plus de fièvre, il se permettrait de ne pas être sage ? Il n’avait pas dit qu’il lui sauterait dessus à la moindre occasion. Au fond, il savait que c’était une bêtise et qu’ils ne devaient pas jouer à ce jeu dangereux… mais c’était l’accord le plus honnête qu’il pouvait passer. Et le plus idiot, donc. Et parce qu’il ne l’ignorait pas, il se dit qu’il valait mieux s’arrêter là avant d’entamer des négociations absurdes et scandaleuses.

Il ne fut pas dur de changer de sujet. Si la crise était visiblement passée, il avait bien remarqué que Naoki tremblait toujours de froid. Et ça le préoccupait réellement. Immédiatement, sa main se remit à frotter son bras avec soin. « Tu as froid ? Tu veux prendre une douche ? » Nao était en partie sec quoique son seul vêtement restant devait être encore trempé et glacé. « Chaude, » précisa-t-il néanmoins sans pour autant chercher à remettre sur le tapis les méthodes du garçon. « Je peux t’aider si tu veux… » Cette proposition était plus délicate, aussi il ajouta pour laisser le choix Naoki : « … ou rester pas loin … au cas où… » Il se doutait bien que Nao n’avait aucune envie que Mikio lui donne une douche mais il avait froid et aucune force. Il voulait bien le laisser se débrouiller mais il craignait bien trop qu’il tombe pour l’abandonner entièrement à son sort.
 
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     Dim 8 Oct - 22:05
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Plus que cette accusation d’être culotté, il avait préféré écouter ces battements… ou plutôt les ressentir. Oui, il était probablement culotté mais quelle importance de l’admettre quand Mikio l’autorisait à être proche de son coeur de cette manière ? Relevant un instant les yeux vers son coréen, il les avait rapidement abaissé vers leurs mains et la sienne s’était un peu plus pressée pour mieux sentir ces “dugum” qui avait fait légèrement trembler sa main. Si fort. Oui. Mais aussi si beau. C’était vraiment joli. Il regrettait de ne pas avoir son oreille contre son torse pour les écouter. Ce n’était pas grave, c’était déjà bien assez envoûtant comme ça.
Tâchant de mémoriser ce rythme, il s’y était perdu longuement. ça lui manquait tout ça…. Si on retirait la veille, il avait l’impression que ça faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas savouré une chose aussi belle. Parce que ça faisait bien longtemps qu’il se privait de Mikio en réalité… oui. Par sagesse, pour le préserver… mais aussi parce qu’il n’avait aucune limite de cruauté envers lui-même.
Pourtant… parmi les nombreux pouvoirs magiques des lèvres de Mikio, il y avait eu un effet qui l’avait empêché de nier sa stupidité quand il avait fini par souffler « Tu me manques…. » sans vraiment le regarder, sans véritablement en prendre conscience. Il l’avait tout simplement dit tandis que ses doigts cherchaient à réduire les carences qu’il s’était lui-même infligé.
Il n’avait besoin que de Mikio. Mais dernièrement, il s’en était bien trop privé. Evidemment, donnez-lui un peu plus de conscience et il trouverait une bonne centaine de raisons à une attitude aussi absurde. Laissez-le perdu comme maintenant et il délivrait d’autres déclarations de ce genre. S’il ne se remettait pas, il finirait probablement par lui demander s’il pouvait se caler un peu contre son coeur plus tard… ça lui faisait du bien… entendre le rythme de son coréen… il n’y avait rien de plus apaisant et c’était un son si addictif qui lui donnait envie maintenant de simplement se blottir contre lui, contre cette chaleur dont il avait toujours manquée « Est-ce que je pourrai l’écouter un peu… tout à l’heure ? » ou peut-être qu’il lui fallait un peu moins de temps maintenant pour laisser son coeur demander ce qu’il souhaitait réellement… bien plus qu’un bain froid ou se reprendre c’était… « ça… ça me fait du bien…. »
Autant de sincérité d’un coup, est-ce qu’il allait bien ?
Mikio l’avait embrassé…
Et si on se rappelait les effets d’un baiser sur son front à la Saint-Valentin, il n’y avait rien d’étonnant maintenant à le voir aussi faible.

Parce qu’il l’aimait oui. Il en était amoureux de son coréen. Et c’était le seul à savoir ce secret que son coeur essayait de conserver précieusement. Pourtant, il le savait, chaque jour de sa vie, et qu’importe combien de temps elle durerait encore, il aimerait Park Mikio.
De l’instant où ses yeux s’ouvraient, jusqu’au soir où il se faisait violence pour trouver le sommeil.
Est-ce qu’il avait su ce jour-là, lorsque Mikio était rentré pour la première fois dans cet appartement, qu’il en tomberait amoureux ?
Evidemment que non.
Mais, la première fois qu’il l’avait entendu chanter, il avait su qu’il compterait pour lui. Il avait entendu ce coréen chanter cette mélodie que son coeur avait souhaité… et il était venu dormir avec lui sous le couvert de la connerie.
Le temps avait passé, il s’y était attaché de plus en plus. Personne ne compterait jamais autant que Mikio… et il avait pris peur à de nombreuses reprises.
C’était dangereux. Il ne devait plus s’attacher à personne, d’aucune manière.
Alors, comment en était-il arrivé là ? Amoureux à ce point de lui…. ?
Son coeur dirait qu’il n’avait pas eu le choix.
Il était cassé, abîmé, mais il ne pouvait y avoir qu’un nom d’écrit sur lui. Le nom de celui qui chantait cette mélodie qu’il avait attendu enfant, prétendu ne plus attendre plus grand, et trouvé il y a presque un an.
Mais comme si ça ne suffisait pas, il s’était joué de lui. Il lui avait dit ”Non Naoki, tu ne seras pas seulement amoureux de cet homme. Tu seras fou de lui au point d’en perdre la raison.” comme un jeu de contrôle sur lui qui pensait être toujours capable de le garder en public.
Mikio… il avait ce don de le lui faire perdre.
Ce talent pour le rendre faible, honnête parfois… et ce danger de le découvrir au risque d’exposer bien trop celui qui devait toujours resté caché au fond de lui.
Il était dangereux, il fallait s’en éloigner… pour protéger son secret mais aussi, et surtout, pour le protéger lui… celui qu’il aimait.
Pourtant, qu’importe comment il s’y prenait, il finissait toujours plus proche de lui.

Il n’avait pas le pouvoir de s’éloigner de Mikio.
Et pourtant, un jour, il faudrait bien le trouver.
Manifestement pas maintenant dans cette salle de bain où il avait préféré avouer se souvenir d’”un” dernier baiser plutôt que de lui rappeler qu’il lui avait demandé à être seul quelques minutes plus tôt.
Un choix de réaction bien étrange qui l’avait privé des lèvres que ses doigts auraient souhaité garder. Mais peut-être que s’il était resté hypnotisé à ce point, il n’aurait pas été capable de faire preuve ensuite d’autant honnêteté. Il serait resté ailleurs, il aurait hoché la tête tout au plus et son regard n’aurait pas pu quitter ses lèvres qui venaient se poser sur les siennes, souhaitant qu’elles les retrouvent à nouveau malgré le côté “dernier” qui avait plané depuis le début sur leurs baisers.
Oui, c’était sa règle à lui.
Elle semblait un peu idiote même si… quelque part, dans sa tête, il savait qu’il y avait de bonnes raisons à ça.

Et puis, il y avait eu ce sourire auquel il n’avait même pas pensé. Ce sourire qu’il n’avait pas forcé. Ses doigts s’étaient emmêlés un peu mieux dans ses cheveux et il ne s’était pas dit une seule seconde ”J’y arrive… à sourire”. Non, tout ce qu’il avait vu c’était qu’une main ne lui barrait plus la route, enfin. Alors il avait souri à nouveau, ses doigts s’étaient serrés dans ses cheveux un instant, avaient glissé contre une tempe, apaisé ensuite un front du trouble qui semblait torturer cette si jolie tête, avant de redescendre sur une joue puis, enfin, jusqu’à ses lèvres.
Elles étaient si douces….
Et pourtant, il avait continué son discours, il s’était fait violence pour les abandonner à nouveau et répondre aux questions de Mikio…. Des questions qu’ils auraient probablement dû se poser beaucoup plus tôt…. Mais qu’est-ce qu’ils faisaient normalement tous les deux ?
Pas s’embrasser. Non. Parce que les baisers de Mikio étaient trop parfaits pour pouvoir être qualifiés de “normaux”. Ils avaient un goût… un goût… c’était frustrant de ne pas pouvoir le qualifier. Est-ce qu’en l’embrassant parfaitement sobre, il serait capable de savoir ?
… est-ce qu’il se préparait le terrain pour sa prochaine excuse maintenant.

Lui aussi ?
Retrouvant le regard de son coréen tandis qu’une caresse sur ses lèvres lui faisait faiblement fermer les yeux un instant, sa tête s’était doucement secouée pour nier.
D’accord. Il était italien. Mais Mikio… mais Mikio… on ne l’avait jamais aussi bien embrassé. Ils étaient magiques ces baisers. Et addictifs, il en avait bien peur, c’était comme une drogue qui lui manquait déjà « Je ne sais pas… lequel j’ai préféré... » c’était trop compliqué de choisir, mais est-ce qu’il voulait vraiment parler de ça ? Ce n’était sans doute pas une bonne idée … « Alors, je préfère tricher et dire que je les ai tous aimé... » à quel point cette déclaration était hétéro ?
200 % au moins !
Mais au moins n’avait-il pas dit qu’il les avait tous préféré comparés à ceux qu’il avait pu connaître dans sa vie d’italien.
Est-ce qu’il pourrait goûter à nouveau ces lèvres un jour ?
… c’était mal de l’espérer hein ?
Oui, évidemment que c’était mal….
Mais juste une fois, ou deux… pas maintenant, c’est tout.
Fermant les yeux, pressant son front contre ces lèvres, il avait soupiré à ce baiser plus sage, en savourant chaque seconde tandis que ses doigts glissaient désormais avec douceur contre une nuque.
Et puis, il avait hoché la tête à la sagesse de son aîné, comme s’ils étaient en pleine conversation de savoir quand ils auraient le prochain, il avait accompagné sa réponse de quelques mots « Oui… t’as promis. » … même si ses lèvres le brûlaient de recommencer.
Toujours juste une fois… ou deux… ou dix oui.
Ce n’était pas bien.
Mais bizarrement maintenant, cette pensée, pourtant des plus sages, ne parvenait pas à prendre place dans sa tête.

Une toute aussi sage : cette douche chaude que son aîné venait de proposer. S’il s’était mordu la lèvre, probablement embêté par son état et la difficulté de chaque action, sa tête avait fini par se hocher parce qu’il était incapable de résister. Cette douche, il en avait vraiment envie. Et pour lui qui se lavait sans doute trop de fois dans une journée, il était pénible de ne pas pouvoir se déplacer comme il le souhaitait pour ça.
Mais est-ce qu’il venait d’admettre par la même occasion qu’il avait froid ?

Avec une tête hochée alors qu’il tremblait encore, il aurait été difficile de le nier mais on ne pouvait s’empêcher de souligner la magie d’un baiser sur les esprits les plus bornés de l’Italie.
« Est-ce que je peux me laver aussi les cheveux ? » avoir l’air d’un enfant maintenant, ce n’était pas un peu dangereux ? C’était quoi cette question étrange ? « Si je les sèche cette fois… ça va non ? » il ne les séchait jamais, comment voulait-il qu’on le croit maintenant ? Et pourquoi le mentionner quand il prétendait ne jamais noter la contrariété de Mikio à ce sujet ? « ... » c’est que… « Je ne veux pas... » oui… il ne voulait pas contrarier à nouveau Mikio… « … te fâcher... » … “même si je ne suis pas malade et que tout va bien” ? Il manquait une suite qu’il n’avait curieusement pas ajoutée.
Que Mikio l’aide en revanche, c’était un autre problème qui lui avait fait baisser la tête un instant, un peu honteux. Oui, il se sentait pathétique…. Et si un italien aurait été le premier à proposer une douche prise ensemble pour taquiner un coréen, il s’était mordu de nouveau la lèvre maintenant « Si je reste assis… peut-être que... »
… il n’aurait pas l’air moins pathétique… c’est vrai… mais est-ce qu’il se sentait de tenir debout maintenant ?
Toussant, la suite de sa phrase n’avait pas eu le temps de venir. Il avait détourné la tête pour ne pas contaminer son aîné, une main devant sa bouche, des précautions probablement inutiles après ce baiser mais on passerait sur la logique.
Et si son autre main s’était emparée de celle de Mimi pour lier ses doigts aux siens, ce n’était qu’un réflexe pour apaiser la douleur dans sa gorge.
Oui, il était moins pénible après un baiser. Au moins, il se raccrochait à son coréen sans même y prêter attention.
Sa toux calmée, ses yeux avaient envisagé le sol, réfléchissant déjà au meilleur moyen de se relever de cette position bien trop basse.
Mais dans sa vie, sa vie pourtant si sombre, il avait rencontré un jour un ange gardien trop borné pour le laisser être stupide.

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     Sam 14 Oct - 21:01

just a spoonful of sugar
Naomi

Tu me manques. Oui, à lui aussi. Affreusement… Est-ce que Naoki le savait ? A quelle point cette proximité, cette complicité, cette simplicité si complexe lui manquait… Naoki lui manquait. Le voir s’éloigner lui était insupportable et il avait réagi stupidement bien des fois… et même s’il essayait d’aller contre cette tendance ces derniers temps, il y avait toujours cette distance, ce masque, ces mensonges…
Depuis hier, ils s’effritaient doucement. Depuis hier, Mikio sentait qu’il retrouvait doucement la main de Naoki, celle que le garçon s’interdisait à lui tendre alors qu’il n’avait besoin que ça. Il la lui saisissait doucement, la caressait, la retenait. C’est vrai, tristement, Mikio tirait profit de cette faiblesse qui assaillait Naoki… La maladie était un paradoxe terrible qu’il déplorait et remerciait à la fois. Il avait risqué de le perdre, il en était horriblement conscient. Ce n’était que quelques petites choses qui faisaient qu’aujourd’hui, Naoki était encore dans ses bras et que sa lâcheté aurait pu leur couter bien plus. Non, il n’avait pas de quoi se féliciter bien sûr… mais si le corps de Nao n’avait pas flanché… ce gosse aurait probablement continué à lui échapper. Ils avaient de la chance dans leur malheur. « Je suis là… » souffla-t-il dans un presque murmure. Oui, cette fois, cette main qu’il avait rattrapé, Mikio se promettait de ne plus jamais la lâcher.
Aussi, ses doigts s’étaient doucement serrés sur elle, l’emprisonnant un peu mieux contre cette source de battements rassurants. Il les sentait pulser à travers leurs mains mais aussi contre sa tempe. C’était drôle… cette façon qu’ils avaient de se manifester plus fort quand Nao les remarquait. Comme s’il souhaitait que Nao les entende un peu plus, les aime un peu plus, les complimente un peu plus… C’était un idiot, son coeur n’avait de conscience propre. C’était encore plus idiot quand, quelques mois plus tôt, cette manie chez Naoki le troublait profondément. Elle le troublait toujours un peu au fond… mais jamais au point de refuser une telle requête. Un cognement plus sourd avait d’abord répondu à la place de sa bouche. Un hochement de tête s’était suivi et les doigts de sa main libres avaient doucement chatouillés nuque. Mais sa voix ne s’était pas exprimé tout de suite, prise de court par celle de Naoki… qui affola son coeur d’une joie démesurée. Il vit jusqu’à son regard se troubler et il déglutit comme pour ravaler ce cri de soulagement intense, mêlé à la satisfaction. « Bien sûr… Autant que tu veux… » Parce que ça faisait du bien à Naoki. Parce que Mikio en était bien trop heureux de pouvoir l’aider… Oui, Naoki pouvait même lui voler ce coeur qui n’était déjà qu’à lui. S’il n’avait besoin que de ça, Mikio se transformait en oreiller sans la moindre hésitation.

Cette promesse faite, il n’avait cependant pas été capable d’en formuler une autre qui aurait pourtant était bien plus raisonnable. Mais elle aurait aussi été un terrible mensonge. Oui, même sans toute cette confusion qui l’habitait, même apaisé par des caresses si douces qu’il souhaiterait sentir toujours. Ces doigts qui avaient retrouvés cette bouche criminelle soulignèrent l’évidence. Il ne pouvait pas promettre que cette faute serait la dernière quand ses lèvres lui brûlaient déjà tant pour un sourire et une caresse. Quand son coeur désespérait de s’abandonner à la déraison. Quand ses pensées devenaient trop souvent une obsession.
Encore moins quand savoir qu’il embrassait « vraiment bien » lui faisait plaisir à ce point. Et tristement, ce compliment ne lui aurait jamais autant fait plaisir s’il avait été prononcé par Jin Ah ou une autre. C’était Naoki… et à cet instant - non, il savait bien qu’il ne s’agissait pas que de cet instant… - il n’y avait que son avis qui comptait. Ca l’avait troublé et réjouit comme ça n’aurait jamais dû… mais au lieu de le reprendre pour lui intimer de ne pas avoir de tels propos - quel genre de type aurait-il été quand il était celui qui cédait le plus à fauter ? - il n’avait rien trouvé de mieux que lui retourner le compliment. Et avec bien trop de sincérité…

Le sourire sur ses lèvres, qui n’avait pas sa place à cet instant, ne s’effaça pas, en dépit d’un mouvement négatif de tête que le Coréen ne pouvait cautionner. De toute façon, Nao ne savait pas accepter les compliments… Mais devait-il vraiment insister sur celui-là ? Quand Naoki argumentait d’une façon tout aussi peu raisonnable ensuite ? Le coeur de Mikio rata un battement et à nouveau, il sentit ses joues picoter sous la chaleur. Est-ce qu’ils devaient vraiment débattre de ça ? Choisir un baiser préféré… le ventre du Coréen se tordit. Ce n’était pas qu’il trouvait l’idée révoltante mais… quand Naoki l’évoquait de cette façon, il rendait leur connerie plus… réelle. Il n’a pas oublié. Non, il n’avait rien oublié et semblait même s’en souvenir un peu trop bien. Souvenir qu’il avait l’air de tout autant chérir… Inconsciemment, Mikio mordilla sa lèvre sans le lâcher des yeux. Si Nao avait gardé sa main contre son torse, il aurait probablement senti les battements plus que furieux qui y régnaient.
Au bout de longues secondes, il finit par hocher simplement la tête. C’était sûrement la meilleure réponse qu’il pouvait lui apporter… sans risquer de se montrer trop honnête. Parce que oui, lui aussi, il les avait bien trop aimé… tous. Même le second qu’il ne saurait finalement jamais entièrement décrire, porté par une impulsivité qu’il détestait et qui les avait définitivement condamné. Oui… c’était peut-être pour ça qu’il ne pouvait pas le rayer… même s’il l’avait destiné à être hanté par cette trop douce et violente sensation, celui-là comme tous les autres n’en restaient pas moins les plus beaux baisers qu’il avait échangé jusqu’alors. Et personne n’avait le droit de les lui effacer…

Mais pour l’heure, Mikio n’avait plus le droit d’en voler. Il avait promis, oui. Pas de ne plus l’embrasser, mais de ne pas tomber malade. Tout cela n’avait probablement aucun sens et pourtant, Mikio avait décidé de respecter son illogisme et s’était autorisé un écart acceptable en embrassant le front chaud de son protégé. Lequel eut l’air de son avis… Un sourire marqua ainsi cet accord faussement raisonnable, tandis que ses doigts parcoururent encore un peu ce visage tant aimé, quoique bien trop marqué par la fatigue pour qu’il ne lui serre pas le coeur. Il savoura silencieusement les caresses que lui offraient son protégé avant que son regard ne le scrute plus minutieusement. Si ses yeux avaient de nouveau dérivés vers ses lèvres, ce ne fut pas par manque de volonté - quoiqu’il aurait probablement toujours envie de les embrasser… - mais parce qu’il en nota les tremblements réguliers. Elles n’étaient plus si bleues mais manquaient clairement de couleurs… Evidemment, sa maladie lui donnait le teint pâle mais le froid ne devait rien arranger… aussi finit-il par lui proposer une douche. Une vraie. Chaude et bienfaisante.

Mikio s’attendit à plus d’hésitation de la part du plus jeune. A vrai dire, il fut même surpris que Nao hoche si simplement la tête. Sans même réfléchir au fait que Nao avait bien admis qu’il avait froid, ses bras se resserrent autour de lui par réflexe. La suite lui fit néanmoins arquer davantage les sourcils. Il eut alors l’impression d’avoir affaire à son môme de dix ans qui lui demandait la permission pour tout. C’était peut-être de la mauvaise foi de s’en étonner quand Mikio surveillait le moindre de ses faits et gestes depuis la veille… Mais au moins, c’était une agréable surprise. La docilité de Nao, c’était une bataille en moins. Et un sourire étira doucement le coin de ses lèvres tandis que Nao tenait de convaincre inutilement son aîné en promettant d’être sage. La suite cependant attendrit son regard et il sentit un pincement dans sa poitrine. Entre la compassion et la culpabilité… Mikio avait encore crié après lui. Il n’aimait pas faire ça… Mais le trouver adorable à cet instant était sûrement encore plus condamnable n’est-ce pas ? Ses doigts s’engouffrèrent dans sa crinière avec bien trop d’affection et il acquiesça d’un nouveau sourire doux. Une pointe de malice y brilla, et également dans son regard : « Je te les sècherai, » déclara-t-il naturellement. Parce que c’était son boulot, sécher ses cheveux toujours humides que cet enfant dissident s’entêtait à garder. Qu’il soit malade ou non, il eut ce drôle de souhait d’avoir toujours à lui sécher. C’était sûrement étrange, voire un peu tordu. Mais les idées retords… Mikio commençait à en avoir l’habitude.

« Ne te force pas si tu n’y arrives pas. » Il n’avait pas pu s’empêcher de rajouter cela, plus sérieusement, bien que ses doigts distribuaient toujours de la tendresses sur son crâne, dérivant parfois sur ses tempes. Il avait bien conscience que se laver la tête userait de forces supplémentaires que le garçon n’avait pas forcément, pour ne pas dire, pas du tout. « Si jamais… je peux le faire pour toi… hein ? » En renouvelant sa proposition, sa voix s’était faite plus hésitante. Il savait parfaitement que cette aide était gênante, probablement honteuse pour Naoki. Sa réaction ne lui échappa pas et en observant son protégé, il comprit que celui-ci réfléchissait, pesant sûrement le pour et le contre. Envisageant le début de solution pour Naoki, il n’eut pas le temps de valider ou réprouver que la toux l’interrompit et comme toujours, le Coréen se retrouva impuissant face à cette attaque. Ses doigts cherchèrent vainement à calmer l’ennemie en caressant sa tête. Quelle bêtise. Mais il fut surpris d’en sentir d’autres attraper ceux de sa main libre et son regard dériva sur ce nouveau lien qui fit palpiter son coeur serré. «  » Naoki se raccrochait à lui. Il n’avait pu que le remarquer et s’en réjouir sombrement mais le garçon ne se montrait pas seulement plus docile avec lui… Il s’ouvrait à lui, lui laissait entendre qu’il avait besoin de lui, acceptait doucement ce Coréen collant à ses côtés… Alors ses droits se resserrent sur les siens pour tenter de le soutenir au mieux de cette façon silencieuse. « Bébé… » Merci

Une fois que la quinte ne secoua plus le corps de Nao, Mikio se rendit compte que ses muscles étaient bandés et les détendit. Comprenant que Nao n’ajouterait rien, il dû sentir que celui-ci cherchait à se dégager sans trop oser essayer car il eut un drôle de soupire annonciateur. Ses bras l’étreignirent une dernière fois et il embrassa sa tempe avant de souffler : « Allez, viens… » Viens, oui, mais surtout, laisse toi faire. Car Mikio managea seul pour les faire quitter le sol de la salle de bain. En bougeant, il sentit que ses fesses étaient engourdies mais ignora ce détail insignifiant et s’appuya sur le rebord de la baignoire pour s’aider à bouger sans lâcher Naoki. Une fois qu’il fut sûr d’avoir de bons appuis sur ses jambes, il passa un bras sous celles de Nao et le souleva en le tenant fermement contre lui. Il parvint à se redresser avec son cadet, malgré ses membres ankylosés. Il ne le garda cependant pas longtemps dans ses bras et vint le déposer le plus délicatement possible dans la baignoire de laquelle il l’avait pourtant tiré. « Je vais te chercher des affaires propres et je reviens. » Il lui adressa un sourire qui se voulait rassurant mais aussi encourageant. Il ne lui cacha ainsi pas non plus qu’il resterait probablement avec lui dans cette salle de bain mais il eut au moins la décence de le laisser se déshabiller seul et tira même le rideau pour lui laisser un minimum d’intimité, non sans avoir caresser une ultime fois sa tête.

Si son plan lui paraissait bon, il eut quand même une ou deux secondes d’hésitation avant de quitter la pièce. Il avait assit Nao dans la baignoire, il ne risquait pas de tomber… mais il angoissa à la simple idée de le laisser seule après ce qu’il venait de se passer. C’était bête, il devait rationaliser. Nao n’allait pas faire de malaise, il ne lui en laisserait pas le temps. Pareil pour les bêtises et il voulut se convaincre que Nao n’en ferait pas d’autres aujourd’hui… Oui, même s’il s’était dit la même chose en quittant la maison plus tôt. Il secoua la tête et se força à sortir non sans un bête : «  A tout de suite » qui devait en réalité s’adressait principalement à lui-même.
Il ne fut pas surpris en constatant qu’Umberto ne l’avait pas suivi. Le chien était resté au pied de la baignoire, au garde à vous et à l’affût du moindre problème. Ce fait-là rassura drastiquement le Coréen et il remercia mille fois leur fils en tirant les vêtements propres de l’armoire de Naoki. Sans Umberto… qui sait s’il l’aurait retrouvé à temps tout à l’heure. Ou la veille. C’était lui le vrai héros.

Il revint dans la salle de bain avec un boxer, un sweat à capuche et un short ample et léger qui pourrait très bien faire office de pyjama si Nao avait froid. Il doutait que l’Italien accepte de se couvrir autant mais il était tellement frigorifié… Mieux valait trop que pas assez. Il n’aurait qu’à se déshabiller si jamais.

« Je suis là, Nao, d’accord ? Tu hésites pas si t’as besoin d’aides, hein ? Je suis là… »

Les affaires déposés, le Coréen se plaça dans un coin de la pièce, prêt à intervenir à la moindre demande ou au moindre soucis.  
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     Dim 15 Oct - 15:15
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Fatigué, l’une de ses mains était venue frotter ses yeux tandis qu’il hochait la tête « d’accord... » il les sècherait, oui. Ce n’était pas une condition difficile à accepter malgré sa mauvaise habitude de toujours sortir de cette salle de bain avec les cheveux humides. Laissant ses yeux en paix, il avait ajouté en retrouvant le regard du coréen « … tu les sècheras... » au moins, il ne risquait pas de contrarier Mikio. Sauf s’il trouvait le moyen de faire une autre bêtise.
Il lui suffirait d’éviter l’eau froide.
Quoi d’autre ?
Les bêtises pour Mikio, c’était ses efforts à lui…. Il ne pouvait pas blâmer son aîné pour ça. Il ne savait pas pourquoi il avait besoin de faire de tels efforts. Il ne comprenait pas parce qu’il ignorait que son cadet avait subi un dressage efficace pendant des années. Et s’il demeurait convaincu que l’eau froide était un bon remède pour ses crises, il ferait au moins l’effort de ne pas en abuser maintenant. Après tout, ça allait mieux non ?
Ils s’étaient disputés.
Enfin… Mikio l’avait disputé.
Lui, il n’avait fait que rester sur ses positions de son côté. Mais il était parvenu à l’agacer davantage, peut-être qu’il lui avait fait de le peine aussi….
Et puis Mikio l’avait embrassé….
Et maintenant ça allait mieux. Entre eux. Et pour lui.

Il avait toujours froid. Mais c’était de sa faute alors il ne pouvait pas s’en plaindre.
Et s’il se sentait fébrile, c’était probablement à cause de ça. Il n’avait pas trop envie d’y penser à cette fièvre. Pas plus qu’il ne voulait penser à cette migraine ou cette gorge enflammée. Oui, il se sentait toujours épuisé… mais il n’entendait plus le bruit des coups. Il était là, avec Mikio… contre lui… et son coeur se rassurait doucement en répétant que tout allait bien… il ne viendrait plus pour le moment.
Probablement tout à l’heure… s’il s’endormait. Mais il ne le ferait pas sous cette douche qu’il voulait essayer de prendre seul malgré son manque de forces évident « ... »
Mikio pouvait le faire pour lui.
Ce serait moins fatigant, il devait bien le savoir dans le fond… non ?
Oui mais… lui, il devait toujours se fatiguer. C’était comme ça que ça marchait quand on avait quelque chose d’aussi pathétique à cacher.
Et même s’il se rendait compte qu’il en montrait déjà bien trop, il y avait toujours cette part de raison en lui pour souffler qu’il n’en n’avait pas le droit, il ne pouvait pas faire ça.

En forme, italien normal, il aurait sans doute plaisanté qu’ils pouvaient toujours prendre une douche ensemble.
ça faisait un moment non ? Qu’il n’avait plus fait de plaisanteries de ce genre….
Il ne savait plus trop maintenant. Il avait juste été Naoki… un genre de Naoki… pas celui que connaissait Mikio, pas celui qu’il cachait… un Naoki un peu plus distant sans doute.
« … c’est que... » … il avait trop honte… oui…. Alors jouer les italiens allumeurs qui balance une réponse confiante, une proposition de douche commune, il n’en n’avait pas les compétences maintenant. Une douche assise, c’était sans doute le mieux.
Et puis, de toute manière, aussi faux qu’aurait été le jeu, il aurait été coupé par cette toux douloureuse qu’aucun talent d’acteur ne pouvait contenir.
Trouvant une main, il avait senti une réponse, des doigts qui se resserraient et les siens avaient répondu à son tour tandis qu’une gorge enflammée faisait briller ses yeux sous la douleur.
Pourquoi est-ce qu’il était tombé malade ?
Il trouvait ça un peu injuste… c’est vrai…. Parce qu’il avait fait tellement d’efforts pour ça. Il avait vu Saeko plus régulièrement et en récompense pour le mal qu’il s’était infligé, il en recevait un d’un nouveau genre.

Il était puni. S’il avait cherché à ne pas inquiéter Mikio et à se débrouiller, le résultat était loin de répondre à ses attentes quand il s’était au final enfoncé bien plus bas.
Et maintenant, juste prendre une simple douche semblait compliqué. Il avait envisagé de se lever. Dans sa tête, il avait étudié les options qui le rendraient moins pathétiques. Quel pied il devait mettre avant l’autre ? Est-ce qu’il devait d’abord se dégager un peu de Mikio ?
Il n’avait pas vraiment eu le temps de faire le moindre plan pour faire tourner sa tête de manière plus certaine sans que ça ne se voit trop…. Cette mission impossible, Mikio la lui avait épargnée.
Un baiser. Et il avait tourné la tête à nouveau vers lui. Quelques secondes plus tard, il se sentait relevé et, dans un réflexe, sa main était venue s’appuyer sur l’épaule de son aîné.
« ... » si fort, sa tête s’était mise à lui tourner. Ce vertige, il ne l’avait pas vraiment dissimulé quand son front avait trouvé le cou du coréen.
Et puis, ses pieds avaient quitté le sol alors son bras avait fait le tour de ses épaules pour que sa main puisse s’appuyer sur l’autre quand son autre main s’était raccrochée au t-shirt de son aîné.
Oui, se lever tout seul aurait probablement été une bonne réussite.
Déposé dans la baignoire, il avait laissé glisser son bras mais sa main n’avait pas été capable de relâcher le haut de son coréen tout de suite. Pendant plusieurs secondes, trop sans doute, elle s’était agrippée comme un instinct de survie étrange qu’il ne contrôlait pas lui-même. Ses doigts avaient fini par se détendre, ce t-shirt avait été libéré et il avait levé les yeux bêtement vers Mikio. Ils étaient descendus jusqu’à son sourire « ... » et sa bouche s’était ouverte pour ne laisser filtrer aucun mot.

Il avait répété l’inutilité quelques secondes plus tard « d’accord... », peu après cette caresse dans ses cheveux, mais sa voix ne s’était pas faite entendre avant que le rideau ne se ferme.
”Attends.”
C’était ça ? C’était ce qu’il aurait dit ?
Quittant le rideau des yeux, ces derniers s’étaient posés sur le robinet.
« ...oui ... » à tout de suite
ça allait. Tout allait bien maintenant. Il était celui qui avait demandé à prendre sa douche seul.
C’est vrai.
Mikio n’était pas loin.
Passant une main sur son front dont il ne parvenait pas à sentir la chaleur affolante de son côté, il avait tenté de faire de son mieux en la ramenant ensuite vers son boxer.
Oui, ce n’était pas plus mal que Mikio soit parti vu le pathétisme dont il avait fait preuve pour le faire passer sous ses fesses, aidé de ses deux mains. Tout ça pour se déshabiller.
Enfin débarrassé de ce dernier vêtement, il avait frotté ses yeux une fois de plus tandis que sa main libre se tendait vers le robinet. Obligé de glisser un peu pour pouvoir l’atteindre, l’eau s’était remis à couler et il avait fait de son mieux pour attraper le pommeau, posé par chance sur le rebord.

Il lui avait fallu ensuite régler le tout pour que l’eau ne s’écoule plus par le robinet et il avait eu l’impression de mettre bien trop d’efforts à la tâche. Mikio revenait déjà qu’il ne s’était pas encore mouillé.
Il avait fait vite. Mikio tenait toujours ses promesses lui….
« oui d’accord... » sage italien dont la main avait ensuite cherché à régler la température. Il était franchement idiot de regarder le rideau à plusieurs reprises, comme si Mikio pouvait voir à travers pour valider le degré de l’eau… est-ce qu’il le prenait vraiment pour un magicien maintenant ?
Mouillant sa main, il n’avait pas été capable de déterminer réellement la température, tout était faussé par la fièvre, alors il avait regardé le réglage sur le robinet avant d’orienter le pommeau dans sa direction.
ça lui semblait toujours froid.
Alors ses sourcils s’étaient froncés sans comprendre, fixant le régulateur de température que sa main avait fini par tourner un peu plus sans que ça ne change vraiment quelque chose. Il n’y avait pourtant plus touché. Oui, il était un grand garçon, il savait que Papa Michan se fâcherait s’il se brûlait.

De longues minutes, il avait laissé l’eau couler sur sa peau, tremblant sous une attaque qui n’était plus glaciale comme auparavant. À plusieurs reprises, sa tête s’était tournée vers le rideau mais il n’avait pas brisé le silence malgré une angoisse naissante. Il le savait, Mikio était toujours là.
Alors il avait orienté l’eau sur sa tête et il l’avait laissé tremper des cheveux qui venaient à peine d’être séchés. Noyant son visage de longues secondes, le pommeau était resté ensuite un moment vers son torse alors que son regard s’était porté une fois de plus vers le rideau.
« ... » nerveux, il s’était mordu la lèvre. Ce n’était que des angoisses, ça n’avait pas à lui prendre maintenant. Il n’avait pas à repenser à ces souvenirs… même s’ils revenaient le hanter bien trop souvent la nuit et qu’ils tentaient à présent de s’en prendre à nouveau à son coeur.
Mikio venait juste de le réchauffer un peu… alors pourquoi est-ce qu’il le sentait déjà se glacer ?
« Michan… ? » oui, il était là, juste à côté, il l’avait dit … et pourtant sa voix mal assurée, légèrement tremblante, peut-être à cause des frissons qui faisaient toujours trembler ses lèvres, elle avait fini par ajouter « Tu peux parler… un peu… ? … s’il te plait... » posant sa main libre sur son genou pour arrêter sa jambe de trembler quand le problème venait de son corps entier, il avait attendu d’entendre la voix de son coréen en tendant la main vers le robinet pour couper l’eau.

Quelques secondes plus tard, elle se levait vers la première étagère pour attraper un gel douche et en faisait tomber deux dans la baignoire « ça va. » resserrant la main sur la bouteille qu’il voulait, il avait ajouté pour rassurer son aîné de sa position « J’ai fait tomber le gel douche… mais ça va. »
Le pommeau éteint près de lui, il avait ouvert la bouteille pour en mettre dans sa main. Grelottant, il avait alors entrepris de se laver, se concentrant sur sa tâche… mais aussi sur Mikio.
Après cette seconde partie accomplie, sa main avait remis l’eau en route avant de reprendre le pommeau pour se rincer. Tremblant toujours autant sous l’eau, il l’avait coupé une fois les dernières traces de gel douche parties.
C’était là que le problème s’était réellement posé. Lorsque ses yeux s’étaient relevés vers les shampoings.
Il en avait plusieurs à lui… tous étaient trop hauts. Et pourtant, sa main s’était tendue dans une tentative qu’il savait vaine. Tout lui avait semblé à 10 mètres… ses doigts pouvaient se tendre un peu plus, ça ne changerait rien. Sinon à lui faire constater à quel point ils tremblaient désormais.

Il devait se lever. Prendre appui sur le rebord, se saisir d’une bouteille, la première, peu importe. Et il l’avait bien envisagé.
Se torturer la lèvre n’avait pas empêché un surnom de filtrer « Michan... » oui, il pouvait forcer, se mettre sur ses jambes, se retenir au carrelage de la douche quand les vertiges le harceleraient davantage et espérer ne pas tomber pour ne pas avoir à s’excuser auprès de Mikio… encore… « Mon shampoing… il est rangé trop haut…. »
Ou il pouvait ramener ses jambes contre lui, les retenir dans ses bras et attendre Mikio en cachant au mieux ses tremblements et l’épreuve qu’il était en train de vivre pour une simple douche.

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     Dim 15 Oct - 20:56

just a spoonful of sugar
Naomi

Quelques secondes, il considéra cette « petite » main qui refusait de relâcher son haut. Penché sur Naoki qu’il venait de déposer dans la baignoire, son coeur s’était serré comme si c’était lui qu’on avait agrippé. Comme si c’était lui… Mikio ne fut pas capable de s’éloigner immédiatement. Son regard passa de cette attache au garçon apeuré qui se retenait à lui. Ce n’était pas que la fièvre qui faisait ça… Mikio le savait. Ce n’était pas seulement cette maladie… Il y avait autre chose qui lui échappait toujours. Autre chose que Nao s’entêtait à garder hors de sa portée. Et pourtant… cela devait être une chose si terrible pour que son corps soit secoué si fort de tremblement, que ses iris effrayées tremblent aussi, tout comme cette main qui se raccrochait désespérément à son t-shirt. Mikio la saisit doucement dans la sienne. L’autre caressa son visage bouillant et pressa sa joue comme on aurait pu le faire à un enfant : «  Ca va Bébé… Doucement… voilà… » C’était des mots encourageants qu’il lui souffla avec une extreme douceur jusqu’à ce que cette main accepte de le lâcher. Mais lui la garda dans sa paume chaude avant de sourire doucement et prononcer sa promesse de revenir vite. Il voulait le rassurer… Même si ce n’était que pour quelques courtes minutes, il était rebuté par l’idée de le laisser seul dans son angoisse.
Oui, c’était terrible parce qu’il avait vraiment l’impression d’avoir un gosse. Il ne voyait aucunement le Naoki de 21 ans à présent devant ses yeux, mais bien un enfant d’au moins la moitié de cet âge, recroquevillé dans une baignoire trop grande et trop froide pour lui, menaçant de l’avaler encore une fois. Il avait peur d’être seul, peur des monstres et il avait besoin d’un grand comme Mikio. Ou d’un doudou comme Mimi l’Ourson pour se rassurer. Et lui, il voulait être tout ça à la fois. L’adulte, le doudou, …. et surtout cette personne qui aurait le droit de rester aux côté de ce môme toute sa vie. Au fond, le plus terrible, c’était sûrement que ce gosse, Mikio en était bien trop dingue. Il avait ce sentiment, ces sentiments, qu’il osait à peine envisager ou croire… mais ils étaient bien là, bouillonnant au creux de son coeur et de son ventre. Ce gamin, cet homme, ce garçon… il éprouvait pour lui une affection qui dépassait l’entendement. Qui rendait ridicule et révoltante cette notion « d’ami pour de vrai ». Ils n’étaient pas amis… Ils l’avaient peut-être été une fois, mais ils savaient tous les deux que se définir de cette façon était une erreur. Ce baiser qui datait tout juste de quelques minutes en était la meilleure des preuves… C’était peut-être une connerie, mais elle était réelle. Plus réelle qu’il ne l’aurait cru d’ailleurs… Mais ce gosse qu’il contemplait désormais avec ce sourire rassurant, s’il remettait en doute beaucoup de choses chez le chanteur et notamment le fait qu’il n’était probablement pas si sain d’esprit qu’il le croyait, il apportait des certitudes toutes aussi fortes : il l’aimait comme il n’avait jamais aimé personne et désirait plus que tout le protéger.

Aussi tint-il sa promesse et fut de retour très rapidement dans la salle de bain, avec ce qu’il espérait tout le nécessaire. Déposant les affaires sur l’étagère près de la baignoire, il jeta un coup d’oeil vers le rideau fermé derrière lequel il entendant l’eau s’écouler. Il tenta de faire taire son angoisse. Au moins, Nao lui avait répondu, c’est qu’il n’avait pas eu le temps de s’évanouir. Bien. Il attendit donc, attentif à la moindre demande, exprimant son anxiété en tapotant contre le faux marbre du lavabo, contre lequel il s’était appuyé.
Quelques minutes plus tard, un voile de vapeur se dégageait par les interstices du rideau. Au moins, il pouvait se rassurer sur la température… quoiqu’il songea avec inquiétude que l’eau trop chaude n’était pas une bonne chose. Est-ce qu’il devait vérifier ? Hésitant, il s’apprêta à ouvrir la bouche pour demander si tout allait bien car il pensa également que le silence était peut-être un peu lourd mais la voix de Naoki le devança et le surprit. « O-Oui ? » répondit-il immédiatement, pris de cours mais ne désirant que trop répondre aux besoin de son protégé. Sa voix tremblait et il comprit que Nao avait toujours froid… il ne sut trop pourquoi, il fit un pas vers la baignoire comme si Nao venait de lui demander de venir le réchauffer. Sauf que sa demande fut tout autre. « Oh… Euh, oui, bien sûr. » Parler… Nao lui demandait ça parfois quand il venait de faire un cauchemar ou qu’il était angoissé. Mikio fixa le rideau derrière lequel était son cadet, assis seul au fond de cette baignoire… Si ça n’avait tenu qu’à lui, il n’aurait pas attendu une seconde de plus sans l’y rejoindre pour le serrer dans ses bras tant cette image lui faisait mal au coeur. Mais le rassurer, Naoki lui demandait de le faire autrement… Aussi, il ne bougea plus et réfléchit à voix haute : « Mmh… voyons… Ah ! » Avec toutes ses émotions, le sujet pourtant évident avait mis du temps à lui faire tilt. Prenant une inspiration, il s’intima de garder une voix calme et entama son récit :

« Pour ta chemise, Mamie m’a dit qu’elle s’en occupait dans la journée. Plus d’inquiétude à avoir, elle a pris les choses en main, j’irais te la récupérer dans la semaine sûrement. Elle sera comme neuve. Tu sais, quand je lui ai dit que c’était la tienne, elle a pas cherché à comprendre : elle a tout de suite dit qu’elle s’en chargeait. Y’a pas de doute, elle t’aime vraiment bien tu sais ! T’es un veinard, elle t’a pourtant encore jamais vu… » Il marqua une courte pause et sourit. « Mais ça, c’est l’effet Naoki… On a tout de suite envie de t’aimer. » Trop pour certaine personne d’ailleurs. Il se racla la gorge. « Enfin, elle s’inquiète aussi pour toi Mamie, tu sais. Elle m’a tout de suite demandé comment tu te portais et du coup… enfin, j’suis pas revenu les mains vides. » Nouvelle pause mais cette fois, il parut réfléchir avant de percuter. « Merde, j’ai pas mis au frais du coup…. Bon ça craint pas tu me diras… j’ferais ça quand on sortiras et..- ! » Il sursauta quand soudain il entendit un lourd fracas dans la baignoire. « Woh ! Naoki, ça va ?? » Ses bras et ses jambes s’étaient instantanément décroisés et ses muscles s’étaient bandés comme s’il s’apprêtait à sauter dans la baignoire pour sauver Nao… mais sa voix s’éleva pour rassurer dans un premier temps Mikio bien que ce dernier préféra insister d’un inquiet : « T’es sûr ? » L’explication lui fit pousser un soupire soulagé. Il n’avait pas l’air de s’être pris quelque chose sur la tête… Il avait seulement été maladroit et ça se comprenait très bien vu sa position et sa faiblesse. « Bon… » Il déglutit et sembla hésiter, encore hébété. Grimaçant, il chercha à rassembler ses idées pour reprendre où il en était… Oui, il ne devait pas s’arrêter pour ça. Naoki avait besoin d’entendre sa voix plus que de ne l’entendre s’inquiéter. « Mh… je te disais que…. ouai, Mamie t’as préparé plein de petits plats tu sais… des trucs bons pour quand on est pas en forme et, y’a même de la soupe au poulet. J’sais que tu voulais manger la mienne mais je t’assure que tu rates rien comparé à celle de ma grand-mère, c’est même mieux. » Ah, s’il s’avait à quel point !
Il gratta distraitement le haut de son crâne avant de demander : « Tout à l’heure, on remettra un film si tu veux. » La suite de Batman ? C’est vrai qu’ils avaient si bien suivi le premier hier soir. « On pourra se mettre dans le salon si tu veux, je nous mettrai la couverture, on sera bien. » Ca changerait Naoki de sa chambre dans laquelle il était enfermée fatalement. Kô n’étant pas de retour avant ce soir, ça ne serait pas gênant et surtout… Naoki pourrait dormir un peu. Pour le confort, ça ne changeait rien puisque Mikio servait à moitié de matelas et d’oreiller. En fait, c’était sûrement un peu naïf, mais il pensait que changer d’atmosphère ferait aussi du bien à Naoki pour sa santé et son esprit… On avait pas peur dans un salon avec « un ami » en général…. non ? « C’est comme tu veux, » conclut-il tandis qu’il entendit l’eau couler de nouveau.

Il débâtit encore, plus vaguement sur le film qu’ils pourraient regarder ensuite, sur le fait qu’ils pourraient le mettre sur la grande télé et qu’il lui promettait beaucoup de câlins pendant. Mais il y eut une sorte de pause alors que l’eau s’était une nouvelle fois coupée depuis une minute. « Ca va, Nao ? » Il n’entendait plus le malade bouger et l’inquiétude l’avait naturellement regagnée. Mais finalement, son coeur bondit à l’appel de ce surnom. Il fit de nouveau ce pas en avant : « Oui Yeobu ? » Le shampoing. Il était trop haut. Oh. « Ah… je vois, bouge pas. » Comme s’il craignait que Nao essaie alors qu’il venait de clairement admettre qu’il n’en était pas capable, il n’attendit pas plus longtemps avant de rejoindre la baignoire. Il ouvrit une partie du rideau vers l’étagère où était disposés tous les produits de toilettes. C’était drôle qu’il y en ait autant pour un appartement de mec. Il repéra son propre shampoing, qu’il partageait parfois avec Kô. Tout le reste appartenait à Naoki. Mais il ne fit aucun commentaire sur les habitudes du rital - qui, avouons-le, faisait parti de son charme - et se saisit de différentes bouteilles qu’il montra à Naoki : « Tu veux lequel ? ». Son choix fait, son regard dériva rapidement sur lui pour tendre le flacon et il se mordit la lèvre. Il s’obligea à ne pas le regarder longtemps parce que ça ne se faisait pas et surtout, Nao devait déjà être assez gêné… mais le bref coup d’oeil avait suffi pour comprendre que Nao ne se sentait pas plus réchauffé ou en meilleure forme. En vérité, il devait être tellement épuisé que la température de son corps déraillait autant que ses forces l’avaient quittés. Le coeur lourd, ses doigts se resserrent sur la bouteille qu’il n’avait pas tout à fait cédé… Il ne pouvait décemment pas refermer ce rideau et le laisser se débattre seul comme ça… il le savait, non ? Il hésita une seconde, peut-être deux… avant de lâcher :

« Tu ne veux… vraiment pas que je le fasse ? T’as déjà fait beaucoup et c’est bien, mais… enfin… »

Il se mordit la lèvre une seconde fois. Sa main libre vint masser nerveusement sa nuque avant d’ajouter : « Je ferais ça vite… comme ça, après… je pourrais te voler plus rapidement au chaud… mh ? » Il tenta un sourire. Un sourire moins assuré que les précédents mais d’une sincère bonne volonté. Il savait que c’était délicat, que Nao n’en avait probablement aucune envie… mais c’était sûrement le mieux qu’il l’aide avec ça. Il osait à peine l’imaginer se débattre avec le shampooing, frotter, piquer les yeux… D’accord, Naoki n’avait pas 5 ans mais il était clairement un enfant dans cette baignoire et Mikio ne pouvait se résoudre à l’abandonner à son sort. Il pouvait au moins demander une dernière fois…. Si Nao ne voulait vraiment pas alors… il serait sage. Mais il resterait près de cette baignoire, à l’affut. Oui, il était chiant et il n’y pouvait rien.   
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     Ven 20 Oct - 15:33
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Le regard fixé sur le rideau, il avait attendu d’entendre la voix de Mikio. Un accord. Et puis le début d’un récit. Il avait juste besoin de l’entendre un peu parler. Il pouvait lui réciter la recette d’une cuisine, un poème qu’il avait appris par coeur petit, ça n’avait pas d’importance, il voulait juste entendre le son de sa voix.
Alors comment est-ce qu’il faisait à l’hôtel ?
Il avait ses vidéos….
Ce n’était pas pareil mais oui, c’était bien la voix de Mikio qu’il cherchait là-bas aussi. Dans le fond, c’était toujours lui qu’il cherchait. Quand ça n’allait pas… son coeur réclamait un peu de ce coréen pour tenir. Il réclamait ses bras, son affection. Il souhaitait entendre sa voix… ou le son de ce si joli coeur qui battait dans sa poitrine. Son nez voulait s’enfouir dans son odeur. Tout à la fois pour les moments d’exigence, ou rien qu’un peu pour ceux de désespoir… les plus fréquents… presque tout le temps en réalité. Parce qu’il le savait ce coeur qui criait sa souffrance, on ne lui donnerait rien. Rien de plus qu’un peu d’imagination, des efforts pour tromper la douleur sans succès en s’imaginant aux côtés de son coréen. Un t-shirt dans lequel enfouir son visage ou des écouteurs dans des oreilles. Oui, c’était tout ce qu’il avait à l’hôtel.

Dans cette baignoire maintenant, Mikio n’était peut-être pas à côté mais sa voix… il était réellement là. Alors, il avait soupiré et il avait tenté de se reprendre un peu. Il n’y aurait pas de cauchemar pour venir le surprendre. Ce rideau, il ne serait pas tiré pour laisser apparaître un visage qui ne cessait jamais de le hanter. Non, derrière, il y avait Mikio. Juste Mikio.
Il avait vraiment une jolie voix. Il ne le penserait jamais assez. Même quand il ne faisait que parler… il aimait bien trop l’écouter. Si tout lui manquerait plus tard, sa voix faisait incontestablement partie des choses dont son coeur pleurerait l’absence.
Sa chemise. Mamie tartine. C’était de bien plus jolies choses à écouter que le son des coups qui était venu le torturer avant l’arrivée de son aîné.
Sa maladresse, il l’avait regretté davantage pour l’interruption du discours du chanteur « Excuse-moi… ça va.... » il ne voulait pas l’inquiéter. ça allait... « Tu peux continuer.... » même s’il ne donnait pas tellement de signes de vie, entendre Mikio parlait était un réel besoin pour lui qui avait pourtant voulu prendre sa douche seul. Pour lui qui ne cessait de rechercher la solitude quand ça n’allait pas…
Il y avait la raison, les “je ne dois pas” ou “je ne mérite pas” … et son coeur…
...et son coeur maintenant, il souhaitait un compromis malgré les distances nécessaires pour protéger un peu cet enfant abîmé qu’il gardait au fond de lui « … s’il te plait... » tout allait bien, Mikio pouvait parler encore de mamie tartine… qui lui rendrait une chemise plus belle simplement parce qu’elle s’en était occupée et qui… elle avait vraiment fait à manger pour lui ?
”ça c’est l’effet Naoki”
Quelque part dans son coeur, ces mots avaient affolé un rythme.
L’effet Naoki…
C’était… gentil… oui… vraiment gentil….

Et c’était quoi l’effet Mikio ?
L’effet Mikio c’était… dugum… dugum…
Ce résumé n’était pas trop mal. Il aurait mieux valu rester là-dessus, ou se concentrer sur cette soupe au poulet plutôt que de se répéter que ça allait… quand il avait bien conscience qu’il peinait simplement à se laver.
Il était juste fatigué… ou épuisé…
Il voulait terminer de se laver et puis…
Et puis quoi ? Il trouverait une force magique pour faire comme si tout allait bien ?
Ou il s’écroulerait sur ce canapé avec son coréen, blotti contre lui à risquer de retourner se perdre dans un monde qui l’angoissait malgré une formation assidue pour le supporter... « …. » il voulait juste être contre son Michan… serré contre lui… c’était plus chaud… il aurait sans doute moins froid que maintenant et puis… et puis Mikio lui avait dit qu’il pourrait écouter son coeur « … oui… d’accord... » il l’avait déjà dit, il ne savait plus trop pour quoi… mais il avait déjà dit ces deux mots il n’y a pas si longtemps que ça. Quelle utilité alors de les répéter quand sa voix tremblait bien trop ?

Quelque part dans sa tête, s’il ne faisait que se concentrer sur la voix de Mikio et sur sa tâche, il avait bien compris qu’on attendait une réponse de lui.
Quelque part dans son coeur… une voix plus fourbe s’était peut-être dit que si on répondait maintenant quand on était bien faible, on ne pouvait plus revenir en arrière ensuite. On pouvait peut-être rêver encore un peu pour de faux… comme hier.
Mais hier… il s’était endormi et puis… on lui avait volé son rêve pour de faux pour lui donner en échange l’obscurité habituelle quand il aurait souhaité rester un peu plus près de cette chaleur qu’était son coréen.
Il l’avait embêté. Il le savait. Il l’avait empêché de dormir.
Pourtant, quand il cédait à cet égoïsme, c’était un peu mieux. C’était la fièvre maintenant qui n’aidait pas sans doute… mais avant… Mikio parvenait toujours à le protéger un peu de ce qui rongeait son coeur malgré les distances qu’il avait mis entre ce mal et lui. Il était trop cassé pour s’en éloigner entièrement. Mais les bras de Mikio… c’était une bulle où il se sentait mieux. Et quelque part, son coeur espérait qu’elle n’éclate jamais.

S’il s’était montré plus faible, plus égoïste, il n’aurait pas eu de problème maintenant. Fixer cette bouteille inaccessible, voir sa main si pitoyable face à lui… ça ne lui aurait pas fait mal au coeur.
Il pouvait se lever. Forcer. Courir le risque. Mais sa voix avait prononcé ce surnom… avant de faire part de son problème…
Avec un cerveau plus alerte, il l’aurait peut-être compris de toute manière à ce “ça va” qui avait précédé un surnom, que ce n’était même pas la peine d’essayer. Il n’aurait sans doute même pas le temps de le faire.
Mais il s’était montré plus raisonnable. Ses genoux s’étaient rapprochés un peu plus de son corps à la réponse de Mikio et il n’avait attendu que quelques secondes avant que le rideau ne soit légèrement tiré.
Tremblant, il avait laissé son regard porté vers le bas jusqu’à ce que son aîné ne lui demande de faire un choix. Relevant alors les yeux vers ce qui se présentait à lui, l’une de ses mains avait libéré en partie cette prison visant à le faire si petit pour désigner l’un des shampoings « celui-là… s’il te plait…. » si basse, il avait douté que sa voix soit parvenue à articuler quelque chose de compréhensible mais il ne s’était pas repris pour autant.

Sa main s’était à peine resserrée sur ses jambes qu’il la tendait à nouveau en direction de la bouteille tendue malgré ses tremblements.
Il n’avait regardé que ce shampoing. Mais au lieu de lui donner, Mikio avait raffermi sa prise sur la bouteille. Il s’était mordu la lèvre et n’avait pas vraiment osé relever les yeux vers son aîné. Et puis, sa question était tombée et il s’en était posé une autre intérieurement de son côté.
Est-ce qu’il avait l’air vraiment si pathétique que ça maintenant ?
« …pardon.... » … sans doute, autrement pourquoi s’excuser ?
… c’était ce qu’on faisait… quand on ne parvenait pas à faire des efforts. Il ne faisait les choses qu’à moitié, son père le lui reprochait souvent.
Mais son père ne lui proposait pas de faire l’autre partie….
« …. »
Hésitant, son regard avait fini par faire le chemin jusqu’au visage de Mikio. Il y avait un sourire… un peu… pas tout à fait… Mikio, il ne savait pas forcer les sourires son coréen…. Ce n’était pas important quand ceux qu’il avait sans les chercher étaient aussi beaux.
Avalant sa salive avec difficulté, son regard avait retrouvé ses pieds, son bras s’était serré un peu plus sur ses jambes comme s’il pouvait moins trembler de cette manière, et sa tête s’était finalement hochée deux secondes avant que sa main n’abandonne la bouteille de shampoing dans celle de Mikio.

Plutôt que d’insister dans ce combat, elle était revenue à sa place précédente et il s’était recroquevillé un peu plus sur lui dans une répétition « … pardon….. » de lui offrir une image aussi pitoyable aujourd’hui, de ne pas savoir faire mieux et de ne même pas chercher maintenant à s’entêter un peu plus. Est-ce que c’était vraiment une bonne décision ?
Sur le fond de la baignoire, l’une de ses mains s’était tendue une fois de plus pour éloigner dans la direction de son aîné ce que son regard avait croisé. Lui rapprochant le pommeau pour après, son regard avait dérivé sur le régulateur de la température comme s’il s’apprêtait à demander à Mikio s’il l’avait bien réglé.
Oui… il était bien… c’était une question stupide. Il avait froid parce qu’il était malade… et épuisé… il pouvait toujours prétendre le contraire mais son corps parlait pour lui à présent.
« …. Michan ? » essayant de masquer ce souffle qui montrait trop clairement qu’il grelottait en s’échappant de ses lèvres, il avait innové un peu dans les mots pour ajouter « … merci d’avoir parlé... » … comme une nécessité, il l’avait remercié d’une aide dont Mikio ne soupçonnait peut-être pas la force… c’était probablement mieux qu’il ne le fasse pas mais…

… mais lui le savait non… qu’il se serait sans doute remis à halluciner sans ça ?
Oui… il savait… où il serait plongé maintenant…. Et c’était probablement pour accompagner ce remerciement étrange que sa main avait affaibli sa cachette une nouvelle fois afin de trouver celle de Mikio quelques secondes…. juste le temps d’en caresser le dos de doigts tremblants… se resserrer autant de temps… et le faire un peu plus fort pour contenir une émotion qui se lisait pourtant trop clairement dans son regard embrumé. Regard embrumé qu’il avait porté davantage vers le bas quand sa main était revenue emprisonner la honte.
Non. Mikio ne s’en rendrait jamais tout à fait compte de tout ce qu’il faisait pour lui….

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Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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