Just a spoonful of sugar - Naomi ♥

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     Sam 17 Juin 2017 - 22:22

just a spoonful of sugar
Naomi

Bien sûr qu'au fond, Mikio avait conscience qu'il n'y avait rien de raisonnable à être si proche de Naoki quand il avait autant de fièvre. Il n'était sûrement pas médecin mais il savait que la grippe était contagieuse... Mais il refusait de laisser son protégé seul dans cet état qui semblait le ronger plus que n'importe qui. Il n'avait pas seulement une forte fièvre... C'était bien plus qui poussait le chanteur à rester près de lui malgré les alertes censés du plus jeune. Beaucoup diraient qu'il était idiot, mais il rétorquerait comme le meilleur des prétextes qu'il était près de lui depuis ce matin alors un peu plus un peu moins... Quitte à tomber malade, il préférait le faire en étant près de lui.
Mais il ne tomberait pas malade. Non. C'était tout aussi hors de question que de s'éloigner de Naoki. Parce qu'il le voyait bien... ça le préoccupait. Il ne ferait que l'inquiéter et donner une raison de plus à l'étudiant de se torturer. Il n'avait pas besoin de ça... Alors oui, Mikio irait bien. Son coeur s'était accéléré tandis qu'il hochait la tête pour le lui promettre encore... et surement se le promettre aussi à lui-même.
Oui, il était sûrement idiot. Prendre un cachet et vouloir très fort rester en bonne santé suffirait-il vraiment à lui éviter la maladie ? En tout cas, il n'avait jamais autant espéré que l'un des dictons de sa mère se révèle vrai... Ceci dit, il pouvait presque s'y fier : c'était vrai que son idiot de fils tombait rarement malade.

Mais alors, avait-il le droit de blâmer Nao quand ce dernier semblait aussi compter sur sa force de volonté pour se remettre rapidement ? L'aîné ne présentait encore aucun symptôme... ce n'était pas le cas de Naoki. Pourtant, il semblait vraiment le vouloir, guérir aussi vite. Peut-être même qu'il y croyait sincèrement... et cette idée comprima la poitrine du chanteur. Nao venait de passer de la raison à une perte de tout bon sens... et Mikio se sentait sincèrement désolé d'essayer de le ramener à une dure réalité. Ses yeux le fixaient quelque peu désemparé quand sa bouche ouverte n'osait émettre aucun son. Oui, même s’ils faisaient encore semblant, il y avait des illusions qu’il ne pouvait vraiment lui accorder. Mais comment lui expliquer quand il semblait tant y tenir ? Il aurait adoré que Naoki soit doté d'une capacité de guérison aussi miraculeuse mais il était évident que s'il avait pu guérir de par sa simple volonté, il ne serait pas dans ce lit à cet instant. Mikio ne l'aurait même jamais retrouvé dans cette salle de bain... Son protégé semblait abhorrer l'idée d'être malade. La preuve... le seul mot était prohibé de sa bouche.
Finalement, tout ce qu'il craignait de ces promesses c'était que Nao ne se force et que rien ne s'arrange. Et que l'histoire se répète... Mais ils ne pouvaient plus continuer comme ça à présent. S'il n'avait plus eu le coeur de le contrarier pour le laisser s'exprimer péniblement, Mikio se jurait intérieurement de ne plus le laisser faire de connerie avec sa santé.

Il l'avait encouragé silencieusement. S'il aurait pu s'attendre à de nouvelles divagations , Mikio avait pourtant senti que c'était une chose plus sérieuse, plus importante que Naoki luttait à lui livrer... Mais il ne s'imaginait pas une seconde recevoir de tels mots. Des mots que son coeur désespérait d'entendre pourtant depuis des semaines... et il lui tombaient dessus, comme ça... si brusquement... et pourtant, une telle soudaineté ne lui avait jamais fait autant de bien. Cela avait été comme une libération. Un poids en moins sur son coeur qui avait de nouveau pu produire des battements qui lui étaient interdit jusqu'alors. Ce n'était que trois mots et pourtant, ils avaient indéniablement un pouvoir... celui de faire disjoncter la raison du Coréen. Celui d'envoyer balader tout le reste, oubliant de cette larme dissidente qui avait roulé sur sa joue jusqu'à ce baiser déraisonnable par bien des aspects qu'il lui avait volé. Quelle peine pour le coin de ses lèvres ? C'était un délit, inconscient, égoiste, fou, stupide... mais pas un crime. N'est-ce pas ? Sur l'instant, il s'en était moqué entièrement. Il n'avait peut-être même pas dû réalisé...
Parce que tout comme cette étreinte, il ne l'avait pas contrôlé. C'était son coeur, dont chaque battement semblait désormais être dévoué à Naoki, qui était derrière tout ça. Parce qu'à ces mots, il avait voulu donner une réponse... mais il n'avait pas su s'exprimer autrement que par ce besoin de récupérer ce qu'il considérait comme entièrement à lui. Naoki.. son protégé. Ce besoin grondant et viscérale d'anéantir ce qu'il espérait être les dernières distances qui les séparaient...
C'était à se demander, comment ils faisaient à chaque fois pour se rapprocher toujours un peu plus et faire ensuite toujours plus de pas en arrière. Ca n'avait pas de sens, c'était injuste et ça le rendait fou. Est-ce que cette fois, il y arriverait ? Garder Naoki dans ses bras... l'empêcher de s'éloigner un peu plus ? Il n'en pouvait plus. Etre à la fois près de lui et si loin... C'était une torture lancinante à laquelle il voulait mettre définitivement fin. Pour ça, lui non plus ne devait plus faire d'erreur... mais tout ce qu'il pouvait faire pour l'instant, c'était laisser son coeur parler à sa place. Ces caresses, ces baisers... cette étreinte... Oui, c'était sûrement ça les remerciements de son coeur.
Et il avait encore plus envie de lui dire merci en sentant Naoki se resserrer contre lui et mieux se laisser aller à cette étreinte. S'il en avait eu la lucidité, il se serait peut-être rassuré quant au fait que Nao n'avait pas l'air fâché à propos de ce baiser... La vérité, était sûrement qu'il aurait dû se punir lui même pour ce geste ou ne pas le faire. N'abusait-il pas encore une fois de l'état de celui qu'il considérait comme son protégé ? C'était un autre débat et on déciderait de sa peine carcérale plus tard quand il aurait repris ses esprits... ce qu'il n'était visiblement pas prêt de faire pour l'instant.

Ce n'était pas de sa faute. Il en avait besoin... de cette proximité là. De cette chaleur souhaitable quand il faisait pourtant déjà trop chaud en cette saison. Son coeur n'avait que mieux crié sa joie en sentant son cadet chercher lui aussi le contact de son côté, provoquant quelques frissons chez le Coréen qui ne l'avait que mieux rapproché de lui. Ses doigts s'étaient doucement resserrés dans ses cheveux quand les autres n'avaient que mieux pressés sa peau. Sa tête ne s'était pas montrée plus modéré en pressant davantage celle de Nao, s'enivrant de son odeur comme s'il pouvait de nouveau respirer dans une étreinte pourtant étouffante.
C'était juste que... oui, ça faisait du bien. Beaucoup de bien. Ce n'était plus seulement qu'un instant de tendresse volée mais... un soulagement, voulait-il croire.
Est-ce qu'il n'était pas trop optimiste ? Qu'est-ce qui lui permettait d'affirmer que dans quelques minutes, Nao n'essaierait pas de nouveau de remettre de la distance entre eux ?
Rien. Seulement son coeur. Et cette conviction qu'il n'y croirait plus. Et si doutes il y avait, alors il ne voulait pas bouger. Ils pouvaient rester comme ça... et se mouvoir uniquement pour mieux le couvrir de baisers et lui rappeler que lui aussi, il l'aimait. De tout son coeur...
C'était au cas où, cette étreinte ne le traduisait pas suffisamment.

Dans sa poitrine, un sursaut s'était fait ressentir à l'instant où dans un éclair de lucidité, il s'était dit qu'ils auraient quand même besoin d'un peu d'air. Mourir dans les bras l'un de l'autres... le symbole était peut-être beau mais certainement trop tôt. Seulement, il y avait eu cette résistance... cette main qui s'était raccrochée à son épaule et qui avait fait passer un message aussi clair que troublant. Ne pas desserrer son étreinte... encore un peu... Oui... il voulait bien aussi. Alors, bien sûr, Mikio n’avait pas résisté à accéder à sa requête en resserrant ses bras autour de lui. Est-ce que ce baiser sur son crâne était également un signe d'acceptation ? Peu importe, ce n'était pas la seule chose condamnable. Il y avait aussi ce sourire qui s'était formé au coin de ses lèvres... Mikio ne pouvait pas dire qu'il était fou de joie parce qu'il était encore inquiet pour Naoki... mais il y avait tous ses sentiments, tous ces gestes qui faisaient palpiter son coeur d'une façon plus agréable depuis quelques minutes.... C'était comme si, dans cette obscure brouillard étouffant, il venait de retrouver la lumière au loin et entamait d'en prendre la direction pour sortir enfin de cette errance épuisante. Ils étaient sur la bonne voie, tous les deux, n'est-ce pas ? Alors, il n'avait pas réussi à ne pas s'en réjouir un peu...
Et lorsqu'il s'était enfin détaché, juste assez pour pouvoir regarder son protégé, son sourire n'avait pas disparu. S'il n'avait pas cherché à le cacher, il ne s'attendait pas à ce que Nao le note de cette façon... et une nouvelle fois, son coeur s'était affolé, jouant de fausse mesure dans sa poitrine. Un frisson l'avait parcouru lorsque ses doigts s’étaient mis à doucement glisser sur les lèvres du chanteur... Son sourire et son regard s'étaient aussi troublé mais il n'avait pas protesté car si le geste le surprenait toujours, il n'avait rien de déplaisant. Même son coeur qui était mis à rude épreuve ne s'en plaignait pas....  
En dépit de cette légère perturbation durant laquelle son regard n'avait cessé de tenter de capturer le sien, Mikio parvint à souffler tous les mots qu'il voulait.
Ou plutôt, même ceux qu'il ne voulait pas. S'il ne réalisa qu'à la fin de sa réplique, il se maudit aussitôt.

Bébé... Mais qu'est-ce qu'il lui passait par la tête ? Personne n'avait envie de savoir sûrement. Mais lui... il avait conscience que c'était la troisième fois aujourd'hui ? Il devait se reprendre, arrêter ses conneries. On n'appelait pas son colocataire "bébé" !
Malheureusement pour lui, son rattrapage éclair fut inutile. Encore plus que le premier qui était tout aussi pathétique. Si Nao avait encore de la fièvre et que la fatigue le terrassait, il semblait être revenu suffisamment à lui pour consentir à un nouveau délire. A ce niveau, c'était plutôt Mikio qui devenait fou. Et ses yeux qui le dévisageaient en silence à présent en était la preuve. «  » Et désormais, l'embarras marquait clairement le visage du Coréen, paniqué à l'idée de savoir ce qui tournait à présent dans la tête de Naoki... Il allait finir par trouver ça bizarre, gênant... Il allait lui demander d'arrêter... Il devait arrêter !

Mais durant de longue secondes, seul les battements affolés de son coeur retentirent dans le silence. Nao ne prononça aucun mot au point que lorsqu'il émit un premier mouvement, Mikio manqua de sursauter comme si l'heure de la sentence avait sonné. Cependant, le geste effectué fut d'une bien bête simplicité ce qui fit douter un instant le chanteur... avant qu'une partie de lui ne se montre encore plus désespérante en ne pouvait s'empêcher de trouver Naoki mignon à tirer la couette sur eux. Désespérément désespérant. Et la volonté de s'occuper de lui pris même le pas sur la panique : « Tu as froid ? » Même s'il s'en était enquit d'une voix douce, il trouvait ça surprenant. Nao était encore habillé, la chambre n'était pas aérée... Ce devait être la fièvre. Il ne s'était donc pas posé plus de question tandis que sa main avait retenu la couverture dans son dos, aidant d'une pression dans celui-ci, son cadet à mieux se caler contre lui comme il sembla chercher à le faire.
Si lui en avait plutôt chaud, il n'empêcha qu'un frisson le secoua lorsque les doigts du garçon vint directement trouver la peau sur sa hanche pour y courir. Evidemment, ça n'avait pas été sans conséquence pour son rythme cardiaque mais il l'avait laissé faire, sans le quitter des yeux. Alors il pensa que Naoki ressemblait vraiment à un môme qui recherchait un meilleur confort contre son doudou...
......
....... Comment Mikio était-il censé arrêter de le traiter comme un "bébé" avec ça hein ??

Et pour ne pas l'aider, Nao lui renvoya sans la moindre forme son crime à la figure, frappant en plein contre sa poitrine où son coeur s'assomma. «  » Il déglutit et remercia le fait que Nao préférait son cou à la vision de son visage puisque ce dernier venait de virer cramoisi. Oui, au cas où il en doutait encore, il l'avait bien redit. Merci Naoki pour cette précision... peut-être que Mikio allait enfin répondre de ses actes !
Sa bouche s'ouvrit mais il fallut bien une longue seconde pour qu'un son n'en sorte : « Je… » ... D'accord, peut-être cinq pour qu'une vraie phrase puisse être entendue. « P-pardon... Naoki, je ... Tu trouves ça bizarre ... ? » Evidemment ! « Je… » vais arrêter....
Mais il n’avait pas eut le temps de le déclarer officiellement, la voix de Nao s’était de nouveau faite entendre pour une suite inattendue... quand son coeur, lui, avait semblé vouloir aidé son cadet à illustrer son propos se mettant à battre plus fort.
Si fort… Oui… C’était un peu - beaucoup - comme ça que ça faisait contre sa cage thoracique. Nao aussi… ?
Dugum dugum ?
De réponse, il n’avait pas su en formuler tout de suite. Nao n’avait pas l’air d’en attendre non plus… Alors, incapable de calmer son coeur détraqué, il avait laissé les mots de son cadet chauffer davantage ses joues… mais ses lèvres s’étiraient légèrement à la mention de ce sourire « spéciale ». Il ne sut pas très bien pourquoi cette esquisse se reforma, pas plus qu’il ne réalisa resserrer son étreinte autour de Naoki. « … Oui… ? » Il était si spéciale que ça son sourire … ? Et pourquoi cette idée l’élargit un peu plus ? Parce qu’il avait semblé plaire à Naoki….Baissant bêtement le visage un peu gêné alors que le garçon ne se trouvait même pas à sa hauteur, ses doigts s’emmêlèrent distraitement dans ses cheveux sombres. « C’est toi… C’est toujours toi qui fait ça… » Toujours… Ces sourires là, il n’y avait que Nao qui savait les déclencher. Tout comme son coeur n’avait jamais battu de cette façon pour quelqu’un d’autre… « C’est parce que… tu sais… ces mots et… enfin… » Cette fois, c’était bien lui qui était en difficulté pour s’exprimer. Il pouvait bien accuser son coeur de battre trop fort pour parvenir à s’entendre penser, ou Naoki pour le troubler de cette façon… Ce n’était pas si compliqué pourtant : « Tout ça, ça fait du bien… » Tout simplement. Et, sans s’en rendre compte, son sourire s’étira encore avant d’ajouter : « Tu dois être le seul à les voir… c’est sûr même… » De spéciale, il n’y avait que Nao pour lui… Après tout, n’était-ce pas la parfaite définition pour leur relation… spéciale ?

Seulement, Naoki ne sembla pas avoir terminé de le surprendre. Le laissant bouger à sa guise dans son cou, il ne se douta pas de ce qu’il avait en tête si bien que lorsqu’il sentit ses lèvres se poser pour le seconde fois de la journée dans son cou… Un frisson presque électrique traversa son échine. « Yeobu… » Son soupire, il ne l’avait pas vraiment retenu… pas plus que cette main qui se serra ensuite mieux dans ses cheveux, loin de réclamer qu’il prenne ses distances…. Ses yeux s’étaient clos quelques secondes avant qu’un nouvel aveu ne franchissent ses lèvres : « Oui… ça m’a vraiment manqué tout ça… » Est-ce que Nao se rendait compte à quel point ?

Alors oui, à nouveau, il avait tout simplement savouré cet instant… Oubliant presque sa bourde, il s’était laissé aller aux caresses de son protégé et la main dans ses cheveux l’avait imité. Doucement, tendrement, elle plongeait dans ses mèches à un rythme régulier… Si le geste se trouvait être aussi apaisant pour le Coréen, son coeur ne sembla pas d’humeur à décélérer… Ce n’était pas très grave : ces battements là n’étaient pas douloureux.
Il y aurait peut-être mis plus d’efforts à les calmer s’il avait su que Nao les relèverait. A moins que ce soit que les siens…. Cependant, même s’il ne s’attendait pas à réentendre ce mot, la panique ne l’envahit pas. Il resta même étonnamment calme et un souffle rieur s’échappa de ses narines. « Oui… dugum… très fort… mais ils sont agréables ceux-là… non ? » Et l’idée que leur coeur puisse battre à l’unisson à cet instant ne les rendit que plus appréciables…
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     Dim 18 Juin 2017 - 14:46
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
« ... » on s'y attendait, malgré son trouble, il se contenterait de secouer la tête. Ou alors, il nierait plus franchement avoir froid. Mieux encore, il rajouterait qu'il n'était pas malade et qu'il était grotesque d'avoir froid en cette saison « ...oui... un peu... » .........................................................
............... est-ce qu'il venait vraiment d'admettre qu'il avait froid ?
Oui... un peu.... Mais il y avait bien un oui avant cette minimisation de son état non ? On ne l'avait pas rêvé. On ne l'avait pas halluciné. Est-ce qu'il suffisait un baiser, un "bébé" et de la tendresse pour qu'il mente un peu moins ?
Non... sauf si elle venait de Mikio. Evidemment, ça ne pouvait être que lui l'homme à accomplir des miracles sur celui qui comptait de nombreuses façades et s'y accrochait bien trop. S'il n'admettrait jamais se sentir mal... ne pas être bien... il venait, sans s'en rendre compte, de faire un progrès. Mikio ne le saurait jamais mais, à cet instant, pour la première fois de sa vie, il avait admis une faiblesse à haute voix quand son père ne devait être que le seul à les voir. Et il ne s'en était même pas rendu compte. Pire encore, il s'était collé davantage à son coréen tandis que ce dernier retenait la couverture sur eux. Sa joue s'était frottée un peu plus contre lui et il avait cherché de la chaleur comme un enfant avec son ours en peluche préféré.

Ce n'était pourtant pas bien. Si lui avait froid, ce n'était probablement le cas de Mikio habillé sous une couette en plein été. Encore moins quand on avait un italien bouillant sur nous qui ne semblait pas vouloir descendre de son perchoir. Bien sûr, il pourrait se servir de l'excuse qu'on l'avait placé ici. Mais il ne pourrait pas prétendre qu'il ne voulait pas contrarier Mikio. Encore moins quand cette couette, il ne l'avait pas tiré sur eux que pour le froid.
Le confort. Oui. Il se sentait si bien contre lui maintenant que, sans s'en rendre compte, il avait appelé un peu plus de douceur pour se sentir mieux encore.
Depuis quand est-ce qu'on se soignait comme ça ?
Toujours pour les autres.
Lui. Jamais. C'était bien la première fois de sa vie qu'il cherchait à profiter de la tendresse, de la douceur dont il avait pourtant toujours manqué. Pour être plus précis encore... ça ne lui était jamais arrivé de se laisser réconforter dans des cas comme celui-là.

Non. Jamais.
En général, toujours, il se débrouillait tout seul. Il se faisait violence pour pouvoir quitter le lit le plus rapidement possible et n'affichait jamais aucune faiblesse. C'était comme ça que ça marchait avec lui. Il ne pouvait pas en être autrement.
Et pourtant... il avait froid et cherchait de la chaleur auprès de celui qui lui donnait envie de l'accepter pour la première fois de sa vie.... Maintenant... alors que ses faiblesses se voyaient trop.
Qu'est-ce qu'il avait ce Mikio là ? Pourquoi est-ce qu'il était aussi magique ? Est-ce qu'on pouvait vraiment encore dire qu'il était humain ?
... Pour Naoki, c'était impossible.
Il était sa lumière.
Son rêve.
Un miracle dans sa vie.
Un magicien qui colorait tout ce qu'il touchait.

Et c'était ce magicien là qui lui avait donné ce surnom qu'il avait pourtant détesté dans une autre bouche. Pourquoi maintenant est-ce qu'il réagissait comme ça à l'entendre à nouveau ?
C'était la première fois. Oui, pour lui, pour son coeur, il ne l'avait jamais entendu. Il n'y avait rien de comparable. Parce que c'était la voix de Mikio et qu'il avait une manière différente de dire les choses. Comme un ensorceleur qui essayait de voler de plus en plus son coeur alors qu'il n'était déjà rien qu'à lui. Est-ce qu'il en avait seulement conscience qu'il n'y avait aucune partie de son coeur qui ne battait pas pour lui ? Un simple "je t'aime" ne suffirait jamais à le dire.
« ... hum... » une bien curieuse manière de répondre après avoir fait preuve d'un trop grand sadisme qui semblait désormais gêner son coréen. Sa réponse manquait de clarté et il était impossible de savoir s'il trouvait ça bizarre ou non. S'il demandait en un son à Mikio d'arrêter. Ou s'il espérait l'entendre à nouveau. Pourtant, sa tête avait fini par se secouer et il avait ajouté sans chercher à faire preuve de clémence... non, c'était juste sa voix qui tentait de traduire des battements complexes dans son coeur, complexes et trop nombreux pour lui qui n'avait pas l'habitude de battre autant « ... Non... j'aime bien... » bien seulement ? Non... beaucoup plus que bien ... « ...de toi, ça me plaît... » oui.... ça lui faisait tout drôle dans sa poitrine mais... « ... vraiment... » ... mais, ce n'était pas grave n'est-ce pas ? Parce que... il l'avait dit Mikio ...
« C'est une bonne chose alors. Ton coeur qui bat si fort.... ça veut dire que tu es vivant. »
... il s'en souvenait bien ... et bêtement, il avait répété des mots comme un enfant qui avait retenu sa leçon « ... je suis... vivant... » un instant, rien qu'un, son coeur s'était serré avant de s'affoler à nouveau. Comme s'il se demandait comment il allait faire maintenant ? Comme s'il ne savait pas... comment est-ce qu'on faisait pour être vivant ? Est-ce que lui il saurait ?

Un sourire. Parfois, quand un sourire était vraiment beau, il suffisait de le regarder pour oublier une angoisse qui ne demandait pourtant qu'à naître. Et celui de Mikio était si beau maintenant que sa main s'était desserrée de sa chemise pour rester néanmoins posée sur des battements qu'elle ne voulait pas perdre.
Sa tête s'était hochée pour confirmer la différence de ce sourire et il l'avait regardé un peu plus... vraiment... si beau... il n'en connaissait pas de plus beau. Il l'aimait si fort ce sourire... il l'aimait si fort son Michan...
« ... moi... » évidemment, on ne pouvait pas attendre d'un italien que Rome se construise en un jour. Ses sourcils s'étaient froncés sous l'incompréhension, il avait cherché à voir davantage le visage de Mikio et puis, il était finalement revenu à son sourire. Lui... faire ça... avec trois mots.
Légèrement, sa tête avait bougé sans s'en rendre compte pour chercher plus de ces caresses dans ses cheveux et il s'était recalé sans perdre des yeux les lèvres du coréen. Mikio souriait parce qu'il lui disait je t'aime alors est-ce que... est-ce que ça marchait tout le temps ? « ... J'ai vu... » ... oui... un peu... ne l'avait-il pas vu comme un cadeau ce sourire-là ? « ... lui... » ... il avait vraiment quelque chose de spécial... et son coeur avait soufflé la folie qu'il lui était adressé... « ... je crois... » une chose aussi belle pour lui....

Un jour, il était né pour être un objet qu'on contrôlait et qu'on lançait contre des murs pour voir s'il pouvait se fissurer davantage en restant obéissant. Ce n'était pas grave, on n'était pas né pour connaître plus. On n'avait pas le droit d'espérer.
Mais vingt ans plus tard... on rencontrait un coréen et il se mettait à vous donner tout un tas de choses, toutes trop belles pour vous, et on ne trouvait aucune logique à cette chance.... Depuis quand est-ce qu'on rêvait... nous qui n'avions jamais su comment faire avant ?
« ... Ils sont vraiment beaux tes sourires... » ça, Mikio allait finir par le savoir... « ... c'est l'une des choses que je préfère chez toi... » entre autres... parce qu'il y en avait tellement. Mais ce sourire là était une excellente excuse pour se perdre dans son cou un instant. C'était probablement mal mais il n'avait pas pu retenir ses lèvres de se poser à l'endroit où elles s'étaient posées pour la première fois un jour en Italie. Oui, sans doute que ce cou entrait dans les choses qu'il préférait chez lui. Est-ce qu'il ne serait pas plus simple et plus rapide de lister ce qu'il n'aimait pas ?
...
Oui, la liste se terminait en quelques points imprécis où son coeur ne savait rien trouver.

Laissant un soupir franchir ses lèvres pour cette main dans ses cheveux, la raison n'avait pas repris le dessus et il ne s'était pas éloigné. Comment aurait-il pu quand son coréen savait trop bien le rendre faible maintenant ? « Je t'en referai... si tu veux.... » même malade ? « ... un peu ... » on espérait qu'il ne se demanderait jamais pourquoi ce surnom de "bébé" s'était échappé un jour de la bouche de Mikio. Parce qu'il y avait des circonstances atténuantes. Comme son attitude maintenant... celle dans laquelle il s'était probablement déjà perdu parfois de manières différentes.
Et pourtant, personne sauf Mikio ne le comprendrait ce surnom.
Parce qu'il y avait le Naoki des autres. Et le Naoki de Mikio. Parce qu'il était différent avec lui et qu'il l'était parfois un peu trop.... Quand il se laissait aller... il était... est-ce qu'il en avait seulement conscience ?
Un peu... sans doute... mais il était difficile de trouver des réponses à la confusion que Mikio mettait toujours dans les battements de son coeur.

Coeur qui ne voulait pas se calmer à présent. Sa main ne pouvait que le sentir qu'il n'avait pas terminé de s'exprimer quand l'autre n'était plus capable d'épargner cette hanche qu'il voulait caresser sans jamais s'arrêter. Alors qu'il voulait cacher ses faiblesses plus tôt, maintenant il n'avait qu'une seule envie, se serrer fort contre son Michan, ne pas le décoller et retenir toujours plus ce rêve où... oui... son coeur battait d'une manière "agréable" ... « ... Hum... oui... c'est juste... vraiment beaucoup... » oui... vraiment très beaucoup pour lui qui n'en n'avait pas l'habitude. Il n'était toujours pas certain que son coeur soit capable de tenir la distance mais il serait le dernier à s'en plaindre. Mourir d'avoir reçu trop d'amour... lui... mourir d'avoir tant aimé... oui, Mikio l'était vraiment... un miracle dans sa vie... un tour de magie un peu trop fabuleux, trop beau... trop impressionnant et qui vous aveuglait tellement il brillait. C'était normal d'en être aussi fou ?
... oui... parce que s'il ne savait pas en faire, il aimait la magie... et plus exactement celle qui entourait Mikio.

Remontant un peu mieux sous ce t-shirt, câlinant un peu plus cette peau, il était resté silencieux un moment à simplement profiter de cette étreinte. De longues minutes, sa main avait tenté de compter les nombreux battements de son coeur avant que l'autre ne se perde trop haut et ne les sente... eux qui étaient si beaux.... Sa tête s'était reculée assez pour voir le visage de Mikio en entier et puis, son regard avait fait son chemin jusqu'à son torse avant qu'il ne lui vole à nouveau la couette le temps de glisser sa tête dessous, se calant plus bas sans pour autant descendre de son coréen.
Caché par la couverture, il avait reposé son oreille contre le torse de son aîné et il avait simplement écouté tandis que sa main retrouvait sa hanche pour reprendre ses caresses là où elle les avait arrêtées.
Oui... là aussi... ça battait beaucoup. Mais il fallait être réaliste, c'était beaucoup plus joli ce son là chez Mikio. Et il s'y était perdu de longues minutes sans avoir l'air d'éprouver le besoin de prendre de l'air en dehors de la couette. On n'allait pas le chasser n'est-ce pas ? Il avait peut-être toussé quelques fois, mais ça n'aurait rien changé à l'air libre. Et puis... il était bien... contre les battements de ce coeur qu'il aimait tant.

De l'air, il n'en n'avait pris que pour son autre main quelques minutes plus tard, après avoir écouté de nombreux battements. Elle avait glissé sur le bras d'un coréen pour sortir de sous la couette, trouver une épaule, et finalement se mettre à caresser doucement son cou.
De longues minutes, il ne savait pas exactement combien, il était resté comme ça, ses mains et ses doigts dévoués à des caresses dans lesquelles il avait perdu toute conscience. Il voulait simplement rester là, contre son coréen, et rêver... toujours plus... rêver en lui donnant cet amour qu'il n'exprimait plus assez depuis trop longtemps. Il avait complètement oublié son coeur qui se comportait étrangement au profit d'un son beaucoup plus beau pour lui et il aurait très bien pu se laisser bercer comme ça.
En fait, sans s'en rendre compte, le sommeil l'avait probablement menacé de trop près. A plusieurs reprises, ses yeux s'étaient fermés et il s'était senti glisser avec trop de douceur. Parce qu'il voulait rêver si fort, il s'était accroché à la tendresse de son coréen, dormir maintenant... c'était quitter ces bras qu'il ne voulait jamais quitter.

C'était un peu cruel de devoir le faire pour ne pas s'endormir et c'était la raison pour laquelle il avait couru le risque de sombrer. Mais quand sa main avait quitté un instant cette hanche pour se frotter les yeux, il s'était maudit d'être aussi fatigué aujourd'hui.
Quelques minutes de plus, il avait tenu. Et il aurait lutté encore si de microbes qu'il avait tenté de chasser dans ses pensées, la suite ne lui était pas venue « ... Michan ? » la couette parlante avait attendu quelques secondes avant d'ajouter « Tu veux que je te donne quelque chose ? Tu sais... des médicaments... ? » oui, pour ne pas que tu tombes m-a-l-a-d-e. Ce fameux mot interdit qu'il n'avait pas prononcé. En tout cas, pas dans ce cou que ses doigts avaient persisté à chatouiller malgré la fatigue ou sur cette hanche qu'il ne comptait pas quitter avant des années visiblement.




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     Lun 19 Juin 2017 - 2:20

just a spoonful of sugar
Naomi

Hum. Cette réponse vague avait résonné très clairement contre le coeur du Coréen. Evidemment que Naoki trouvait ça bizarre ! Personne n’appelait son colocataire a priori hétéro « bébé » ! Même pour rire, ça ne devait pas se faire. Même leur jeux stupides étaient moins stupides que ce surnom qu’il s’entêtait pourtant à donner à son cadet depuis des mois. S’il parvenait en général à le garder au fond de lui, il avait bien trop commis d’erreur en à peine une journée. C’était inadmissible et sans le moindre doute très gênant pour le principal intéressé. Il n’osait pas lui dire plus franchement mais il n’en avait pas besoin : Mikio comprenait parfaitement. Au fond, il le savait… ce n’était pas normal de penser ça de son « ami », même s’il était plus jeune que lui et que ses expressions étaient par moment clairement plus redoutable que celle d’un gosse… Naoki avait 21 ans. Quand est-ce qu’il se le mettrait en tête ? Il sentit son coeur se briser dans sa poitrine tandis qu’il tentait de se condamner à ne plus jamais le penser pour éviter un nouveau dérapage…
La tâche était impossible. Même s’il se concentrait de toutes ses forces sur l’Italien et toutes ses autres expressions scandaleuses, il ne pouvait ignorait cette vision plus forte et permanente à l’origine de cette obsession à toujours le protéger et le garder pour lui…
Mais alors qu’il se débattait avec ses propres sentiments contradictoire, il fut surpris par cette tête secouée. Quoi ? Il se trompait ? Il devait aussi arrêter d’être aussi obnubilé par lui, c’était ce qu’il essayait de lui dire ?
Non, à moins que Nao ne sache lire dans les pensées et encore… les mots qui suivirent démentiraient cette supposition. Et avec autant de douceur que la fois précédente, c’est à dire aucune, il se reçut cette nouvelle réponse comme un direct du droit dans la poitrine. C’est que sa pompe à sang allait finir par lâcher à la fin… « . »
Il… Il aimait bien…. ?
… de lui … ?
Une longue secondes, Mikio s’était retrouvé en plein bug système. Dans sa tête, les paroles de Naoki furent analyser au moins cinq fois avant d’en conclure qu’il avait bien compris… ou pas. Cependant, il ne niait pas aimer ce discours qu’il croyait comprendre…. même si son coeur venait de terriblement s’emballer. En mémoire lui revint alors ce même mot qui faisait polémique à  cet instant, prononcé par une bouche qu’il aurait voulu agrafer pour bien des raisons. Ce « bébé », il n’était pas le premier à le prononcer, peut-être que l’affreuse docteur non plus… mais le sien, bien qu’il fut probablement le moins légitime de tous, était, pensait-il sincèrement, différent des autres. Pourtant, comme il avait détesté celui qui était sorti de cette bouche tout aussi détestable, il avait aussi craint que le sien soit mal interprété… Peut-être y avait-il de quoi… Mais non, ce n’était pas pareil… là… Nao aimait… vraiment bien… ? Déglutissant, Mikio avait serré quelque peu nerveusement la couverture entre ses doigts. « … V-vraiment…. Tu…. tu trouves pas ça bizarre… ? » Puisqu’il te le dit… ! Sa lèvre fut maltraité quelques secondes durant laquelle son cerveau tourna à peine régime pour cette simple phrase…. Ca voulait dire que… qu’il pouvait continuer … ? Ses bras se resserrèrent autour de Nao sans vraiment s’en rendre compte, toujours plongé dans une intense réflexion où son coeur participait sûrement un peu trop. « Bébé… » Un soufflé, une tentative, une confirmation…. Est-ce qu’il était vraiment assez idiot à essayer de le redire pour en évaluer les conséquences… ? Plus ou moins… ça lui avait échappé et bien qu’il fut encore un peu incertain, il ne l’avait pas dit sans une discrète esquisse à la perspective d’une telle autorisation. Pourtant… il le savait que c’était mal, non ?
Pourquoi… ? Si Nao aimait bien… Il n’en abuserait pas, il le promettait.
Mouai.

Et tandis que sa main s’était affairé à le réchauffer encore par des caresses appuyées dans son dos, son discret sourire ne le fut plus tant. C’était à cause des mots prononcés par Nao, doucement familier quoique surprenant… et pourtant, il avait trouvé ça adorable. Oui, Naoki était vivant. Il le sentait à ce coeur qui tambouriner contre sa poitrine, semblant chercher à rencontrer le sien qui cognait tout aussi fort. « Oui… moi aussi… » C’était une évidence. Une belle évidence que lui rappeler son organe en maintenant un rythme fort et soutenu.

Ce rythme-là, il le devait bien évident à son protégé. Tout comme ce sourire qui semblait si particulier à ses yeux. Si les paroles du garçon avait troublé le chanteur, la réciproque semblait désormais s’appliquer après que ce dernier y ait répondu honnêtement… Oui, ces sourires n’apparaissaient que pour et grâce à lui, c’était un fait. Nénamoins, connaissant Naoki, Mikio s’était attendu à des protestations, encore. Secouer la tête, dire qu’il se trompait…. mais non. Rien. Pas le moindre mouvement négatif si ce n’était un trouble apparent chez l’étudiant. En fait, il sembla même assimiler l’information et … l’accepter.. ? Mikio retint inconsciemment son souffle. Au moins, il ne la nia pas ce qui constitua en soi une petite victoire que son coeur fêta par quelques battements supplémentaires quand ses lèvres soufflèrent à travers une douce esquisse : « Oui, toi. Pour toi. » Que les choses soient bien claires…

Cependant, il ne s’attendit pas une seule seconde à recevoir ce compliment. C’est vrai qu’il avait retrouvé un peu le sourire mais… Que Nao bloque autant dessus avait eu le mérité d’en figer un pendant que son coeur menaçait une nouvelle fois d’exploser. Ses joues furent charriées par un afflux sanguin sauvage et sa bouche, perdant malheureusement son sourire, s’ouvrit dans une expression confuse mais aucun son n’en sorti…
Cette confession-là… Si elle était troublante, elle résonnait si tendrement dans sa poitrine… Si elle était troublante, elle restait l’un des plus beaux compliments qu’on ne lui avait jamais fait… Sûrement parce qu’il venait de Nao et qu’il impliquait une chose à lui que le garçon aimait… Oui, il était atteint à ce point pour s’en réjouir si fort… Mais tentant de contrôler une émotion disproportionnée, tandis que ses doigts balayaient tendrement ses cheveux et son regard brillait d’affection pour Nao, le Coréen retrouva sans mal un même sourire avant de parvenir à répondre : « Oui ? Ca me touche… J’ai envie de te promettre de le faire toujours pour toi alors… » C’était vrai. Si Nao aimait ça, si Nao se plaisait à le voir sourire, s’il pouvait le rendre un peu heureux ne serait-ce qu’en étirant ses lèvres alors il souhaitait le faire toujours. Mais évidemment, ses plus beaux sourires ne seraient destinés qu’à Naoki et Naoki seul… parce que son coeur ne pouvait tout simplement pas en produire pour un ou une autre.
Avalant une nouvelle fois sa salive en dépit des tambourinement dans sa gorge, ses doigts glissèrent sur son front puis sa joue dans une tendre caresse. Une lueur plus triste voilà néanmoins son regard une seconde : « Retrouve vite le tiens aussi Nao, il me manque… » Il l’avait soufflé très doucement. Sans trop même s’en rendre compte. C’était un autre souhait que son coeur avait exprimé à sa place… Des sourires, il voulait en offrir tous les jours à Nao… mais son coeur, il voulait en recevoir au moins autant de sa part.

Et puis, comme si Naoki voulait être certain de malmener son coeur jusqu’au bout, il l’avait achevé de cette sensation électrisante sur sa peau. Un frisson qui avait pris sa source là où les lèvres de son protégé s’étaient posées. De son cou et tout le long de son échine pour imploser dans sa cage thoracique. C’était trop bon pour qu’un soupire ne lui échappe pas. Trop fort pour que ses doigts ne se resserrent dans ses cheveux qu’il venaient de retrouver… Si Nao aimait les sourires de Mikio, savait-il à quel point ce dernier aimait ses baisers ? Même s’ils n’étaient jamais raisonnable… du premier au dernier, Mikio les avait tous aimé. Même s’ils faisaient détaillés son coeur, jamais… Du plus chaste au plus scandaleux, en passant par celui qui laisser une marque…. jamais il n’en regrettait un.
Alors, à cette proposition soufflé contre son cou… Comment était-il supposé ne pas y faiblir ? Les yeux clos, il avait tenté d’en retenir les derniers picotement grisant sur sa peau avant de céder : « S’il te plait… » Oui, il en revoulait. Tant pis si Nao était malade, il n’avait pas le droit de se priver quand ses lèvres étaient si douces sur sa peau… « Ca aussi pour moi, c’est une des choses que je préfère…. tes baisers… » Est-ce qu’il était bien raisonnable de l’avouer ? C’était seulement une réponse trop honnête quand il ne pouvait pas mentir sur cette sensation ensorcelante que procurait ce contact dans son cou, son visage, ses mains… sa bouche…
Oui… même celui-là, s’il admettait n’avoir été qu’un con, il ne pouvait pas le regretter.

Dugum Dugum… Comment pouvait-il oublier ? Ce son qui l’avait fait fondre une première fois. Qui, finalement, n’avait plus cessé d’habiter sa poitrine. Si fort. C’était de la faute de Nao… Ou plutôt grâce à lui. Oui, si c’était éprouvant, ce n’était pas désagréable.
Mais à la confirmation de Nao, le Coréen senti sa pompe à sang s’affoler un peu plus. Lui aussi, c’était « vraiment beaucoup »… Une idiote confusion embrouilla son esprit. Si son coeur à lui battait si vite, il n’y avait bien sûr qu’une raison : il aimait Naoki. Si fort… Au delà de la raison et sûrement à un point qui ferait peur à la folie, il le savait… Leur rythme similaire pouvait-il signifier que Nao l’aimer à ce même degrés ? Il aimait Mikio, ce dernier le savait… mais autant que lui….
Et puis une autre pensée plus cartésienne lui traversa l’esprit, interrompant ce débat intérieur qui n’avait que plus affolé le coeur du chanteur. Et s’il était à côté de la plaque et que Nao lui faisait un truc du genre tachycardie pendant qu’il s’interrogeait comme une gamine de 14 ans… ?!  Pressant maladroitement l’épaule de Nao, Mikio chercha à le regarder une lueur un brin inquiète dans les yeux : « C’est une bonne chose mais euh…. enfin, au cas où si ça va pas dis le moi hein… ? » Ah, il avait l’air malin maintenant. Il ne voulait juste pas passer à côté d’un problème parce que son coeur faisait des siennes…. Nao avait toujours de la fièvre et si la toux semblait le laissait tranquille pour l’instant, il y avait toujours la fatigue et sûrement d’autres maux dont l’étudiant souffrait que Mikio ne pouvait pas déceler. Mais après une longue considération, il lui sembla que sa poitrine n’en était pas la cause ou du moins pas de ce genre de mal.

Tout ce dont Nao semblait avoir besoin pour l’instant, c’était de rester contre le chanteur. Loin d’être contrarié à cette idée, Mikio l’avait laissé faire dans le calme en continuant ses caresses de son côté. Peut-être un peu trop calme d’ailleurs, si bien que l’aîné craignit un moment que Naoki ne replonge dans le sommeil. C’était triste… d’avoir peur qu’il s’endorme quand il lui souhaitait avant tout du repos… Mais c’était sûrement encore trop tôt pour le renvoyer aux pays des rêves qui n’en était pas… Le malade avait besoin de réconfort, de chaleur et d’affection… ce qui ne semblait pas y avoir dans ce monde que le plus jeune en venait à souhaiter noir. Heureusement, il n’eut pas besoin de s’arracher le coeur pour maintenant Naoki éveillé, la main sur sa hanche parcourant sa peau le rassurant.
Avant qu’elle ne fasse plus certainement frissonner le Coréen tandis qu’elle s’aventurait plus haut, soulevant dans son voyage, son t-shirt. Un peu surpris, il tenta d’ignorer les battements confus de son coeur et n’émit aucune protestation… Si c’était ce dont Nao avait besoin, alors il voulait bien s’improviser doudou. Ce qu’il semblait déjà être depuis plusieurs minutes en vérité.
Malheureusement pour lui, il put difficilement persuadé son coeur de ne pas s’emballer quand son protéger décida d’explorer son torse, faisant frémir un peu plus le chanteur avant de rencontrer plus sûrement le rythme de cardiaque affolé de ce dernier. Et s’il avait fait de son mieux pour ne pas se troubler, c’était clairement un échec quand au creux de la main de Naoki, son coeur frappa deux fois à l’instant où l’étudiant relevait le visage vers lui.
Est-ce qu’il avait l’air beaucoup perturbé ?
Est-ce que Naoki le remarquerait ? Il espérait que non… ce n’était rien après tout qui méritait d’être arrêter. Ce contact, au fond, il le trouvait plus agréable que gênant… C’était juste que son coeur le trahissait bien trop. Mais il ne pouvait certainement pas le refuser à Nao, connaissant ce besoin qu’il avait de toujours le toucher, ainsi que cette singulière passion pour les mesures de son coeur.

« Tu as besoin de quelque chose ? » l’interrogea-t-il en constatant que Nao semblait réfléchir ou chercher quelque chose. Il n’était pas sûr. En le voyant se préoccuper de la couette, il songea que Nao avait encore froid mais il n’eut pas le temps de décider d’une action que la suite lui fit écarquiller les yeux. « Ah… ! » Qu’est-ce que… ? Est-ce que Nao venait de disparait sous la couverture… ? « N-Naoki… ? » En le sentant tout près de lui, et plus particulière de sa poitrine, celle-ci se fit un peu plus harceler comme si son coeur avait chercher à embrasser cette figure qu’il avait senti se poser contre. A cet instant, le son produit ne devait en rien avoir l’air d’une mélodie apaisante… Ce n’eut pourtant pas l’air de déranger celui qui se prenait pour une marmotte puisque Mikio ne le vit plus émerger. Considérant de longues secondes la forme qui se dessinait sous la couette, il resta bêtement les bras loin de lui comme s’il n’osait pas le toucher. Sa bouche, ouverte depuis trop longtemps, osa cependant enfin émettre une phrase correcte : « Tu...tu vas avoir chaud… » C’était peut-être le but de Naoki après tout. Mais quelqu’il soit, il ne sembla pas vouloir sortir de là. Un instant, l’aîné s'inquiéta de son état… mais de nouveau les caresses sur sa hanche lui assurèrent qu’il était bien vivante et éveillé. Alors Mikio dû se rendre à l’évident : est-ce qu’il avait vraiment le coeur de l’en déloger ?
Non, bien sûr.

Alors, il l’avait laissé là, sans plus protester. Un moment, il s’était contenté d’observer la couette se relever et redescendre au rythme de sa respiration qui lui sembla assez régulière pour ne pas l’inquiéter. Ses mains toujours orphelines. Et puis, il dû considérer que la literie n’était pas suffisante pour le couvrir puisqu’il infiltra ses bras à l’intérieur pour mieux le reprendre contre lui, sans chercher à l’étouffer. Un soupire lui échappa tandis que ses mains couraient déjà dans son dos. C’était assez inattendu, c’était le moins que l’on puisse dire… Mais Naoki avait l’air de s’y plaire dans ce nouveau cocon. Un sourire attendri se dessina sur les lèvres du chanteur, laissant l’une de ses mains trouver ses cheveux qu’il entama de caresser doucement.
S’il s’étonna un court instant que Nao n’étouffe pas là dessous, il ne pu s’empêcher de faire à plusieurs reprise la même réflexion : il était mignon. Adorable. Totalement inconscient pour se montrer si irrésistible avec le Coréen qui ne maitrisait pas sa faiblesse face à son attitude enfantine… Mais il n’arrivait même pas à le blâmer. C’était comme si un petit chat s’était roulé en boule contre son torse… Voilà. Impossible de résister.
Et la toux perturbatrice ne suffit pas Mikio pour l’inciter à ressortir. Certes, appuyer ses caresses n’avait aucun effet… Mais Nao avait l’air si bien là… Alors il s’arrangea pour bouger un peu à l’entrée parfois, histoire que de l’air puisse pénétrer dans sa cachette mais il ne l’avait pas plus embêter.

Naturellement, il avait aussi réprimé l’envie de le bercer même s’il avait conscience que le faire aurait été si simple. Il s’était persuadé de ne pas le faire en se convainquant que, si Nao ne dormait pas, il pouvait trouver un peu de repos contre lui de cette façon. Il n’en avait aucune idée en vrai, peut-être que cela s’avérait même plus difficile pour lui… mais là encore, Mikio n’avait rien fait pour le dissuader de rester là, si ce n’était que surveiller les mouvements réguliers et tendre de cette main sur sa hanche.
Il fut cependant surpris d’en voir une autre faire son apparition hors du terrier. Haussant les sourcils, il la suivit du regard puis son corps se chargea d’en tracer le chemin par la suite en frissonnant. Un nouveau soupire lui échappa, ravie par cette distribution d’affection… Sur le coin de ses lèvres, un sourire s’était logé et en réponse à ses doigts si doux dans son cou, les siens s’était appliqué à mieux s’emmêler dans les mèches du plus jeune, ou taquiner davantage sa peau qu’il avait retrouvé sous sa chemise.
Si dans sa poitrine son coeur jouait toujours un rythme fort et rapide, le Coréen eut pourtant l’impression de se sentir plus apaisé au grès des frissons grisants que Nao lui procurait. Une net sensation de détente l’avait gagné au point qu’il avait fermé les yeux et qu’il aurait très pu lui aussi s’endormir comme ça… mais il avait tenu bon en se concentrant sur les tendresse que lui avait à fournir, savourant néanmoins cette nouvelle ambiance qui s’était instaurée entre eux. Comme une bulle… Douce, chaleureuse sans être étouffante pour la saison, intime… Il n’y avait qu’eux. Mikio et son bébé. Naoki et son doudou. Ils étaient bien là, tous les deux… Nao, lui, il avait l’air d’aller bien… Alors, il n’y avait aucune raison d’y mettre fin.

Il ne sut pas exactement combien de temps s’écoula avant que ses yeux ne se recentre sur la bosse devenu mouvante. En fait, il fut même surpris quand il entendit une voix en provenir : « Oh mon dieu, une couette qui parle ! » plaisanta-t-il avant de souligner affectueusement du pouce ce qu’il devina être sa tempe. Au moins, il était rassuré, Nao ne s’était pas endormi. Ou s’il l’avait fait, il n’avait pas fait de cauchemar… mais c’était en demander un peu trop sûrement pour le moment. « Oui, Yeobu ? » Sans cesser ses caresses, il laissa patiemment Nao s’exprimer. Sur le coup, il ne comprit pas tout de suite et arqua un sourcil… mais il fut rapidement éclairé par la précision du malade devenu infirmier. « Oh. » Des médicaments… C’est vrai qu’il avait promis. Il s’était dit qu’il le ferait en se levant mais puisque Naoki le proposait maintenant, c’était sûrement le moment. Il se sentirait moins mal de le déloger. Et puis, son protégé avait peut-être besoin d’une pause s’il la tendresse devenait trop difficile à gérer quand Morphée le menaçait encore… Alors, inutilement parce que Nao ne pouvait pas le voir, il hocha la tête : « D’accord, je vais chercher la trousse alors. Tu as besoin de quelque chose en particulier ? » Le mieux c’était encore de la lui ramener et Nao verrait.
Il jeta un oeil aux médicaments encore sur le lit, en se faisant la réflexion qu’il n’avait aucune idée lui-même de quoi prendre. Si Nao n’avait pas proposer, il aurait peut-être regarder sur internet. Ou plus sûrement renvoyé un message à Haruto pour lui poser la question… Mais Nao avait l’air aussi de s’y connaîttre. Si l’idée lui déplaisait, il sentit que donner ces cachets à son aîné lui tenait à coeur… Probablement voulait-il se faire pardonner d’une manière ou d’une autre. Et puis, même s’il était une catastrophe pour sa santé, il était avant tout gentil et Mikio savait qu’il s’inquiétait réellement pour la santé du chanteur. S’il s’était demandait s’il pouvait vraiment faire confiance à Nao, la réponse lui parut plus évidente quand la question le concernait. Le doute demeurait juste quant à sa maladie… Il pouvait se tromper avec la fièvre… non ? Il n’aurait qu’à vérifier lui-même…

Il attendit cependant que Nao le libère et se relève un peu pour permettre à Mikio de sortir du lit. Même s’il avait chaud, il le quitter à contre-coeur… Néanmoins, il ne bougea pas tout de suite lorsque Nao émergea et se contenta de le regarder un instant. Pourquoi…. Pourquoi il était aussi mignon ? Incapable de réprimer son sourire, il attrapa les pans de la couette qui le recouvrait plus tôt pour le rabattre sur la tête de son cadet afin de lui former une large capuche. Il ferma la cape sous son menton pour garder son protégé emmitouflé. Est-ce qu’il jouait ? Pensait vraiment à garder Nao au chaud ? Ou bien avait-il juste envie de se faire du mal en rendant Nao encore plus craquant ? Le semblant de rire un peu niais qui lui avait échappé en indiquait long sur la réponse.

« C’est en étant aussi adorable que tu menaces ma santé, j’espère que tu le sais. »

Adorable parce qu’il voulait s’occuper de lui ou adorable parce qu’il avait envie de le bouffer dans cette « tenue »… ?
Là encore, la réponse eut pour indice cette doucereuse impulsion qu’il donna au plus jeune en le ramenant vers lui, tirant doucement sur la couverture, pour que la lèvres du chanteur atterrissent sur son front chaud. « Merci de t’occuper de moi quand même Yeobu… t’es un ange. » Et il ne fallut qu’un sourire trop tendre suivit d’une même brève caresse sur sa joue pour que son coeur possessif ne fasse un caprice : « Mon ange. » A lui, rien qu’à lui. Toujours.
 
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— I'M MADE IN ITALIA —
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     Dim 25 Juin 2017 - 16:41
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Tout devenait illogique avec Mikio. Anormal. Différent. Il y avait Mikio, et puis il y avait les autres.
Un exemple excellent était un adjectif possessif qui ne le dérangeait pas du tout employé par son coréen mais qui le ferait fuir dans la bouche d’une autre personne. Il avait toujours détesté ça… même en ayant conscience de n’être jamais libre et de toujours appartenir à quelqu’un, ce sentiment d’être une part de propriété pour une personne, il ne parvenait pas à le supporter. C’était radical chez lui. Il pouvait ne pas s’être lassé encore d’une conquête, il suffisait d’un rien pour lui donner envie de mettre des distances radicales avec une femme.
Il ne défendait pas un territoire que son père avait trop revendiqué. Il  était peut être un réaliste en pensant que, de toute manière, il n’appartiendrait jamais à personne d’autre… mais pas seulement. Non… il ne pouvait juste pas. Et s’il devait réfléchir au pourquoi, il y avait beaucoup de détails, sans doute pas si insignifiants que ça. C’était un tout qui faisait qu’au final, celui qu’il était devenu, son père l’avait plutôt bien réussi… son jouet ne changerait jamais de mains parce qu’il était tout simplement incapable de donner cette chose qu’il était à une autre personne. Il ne le souhaitait même pas… alors son propriétaire légitime, celui qu’il avait par droit de “commande” effectué dans un contrat de mariage… il n’avait aucune raison de s’inquiéter.
En théorie….

Oui, en théorie seulement, parce que pour qui sa tête se hochait à présent ? A qui répondait-il que ce n’était pas bizarre de lui donner un petit surnom comme celui là ? Pour qui pensait-il qu’un “mon” pouvait être rajouté devant… ça ne ferait qu'accélérer le rythme de son coeur qui se confondrait en remerciements pour avoir la chance d’entendre Mikio mettre un peu de possessif sur lui.
Oui, Mikio. C’était bien lui dont son père devrait toujours ignorer l’existence. Parce qu’un jour il avait rencontré le chemin de son fils et il y avait balayé tellement de certitudes. Quand il s’agissait de Mikio, il n’y avait plus aucune sécurité dans ce coeur qui s’affolait pour un simple mot. Les barrières qu’il avait apprises à construire, ses défenses rassurantes, elles s’affaiblissaient bien trop attaquées par de la douceur qu’il n’était pas supposé recevoir.
Et maintenant, si son visage s’était enfoui un instant contre lui, ce n’était pas pour se cacher de la même manière non ? C’était parce que son coeur battait bien trop vite… parce que pour être tout à fait honnête, ce surnom, il ne l’aimait pas seulement que bien… « … plus que bien… beaucoup plus…. » et puis, comme s’il essayait de tuer toute culpabilité chez son aîné, comme si Mikio manquait encore de justifications, il avait ajouté après s’être resserré un peu contre lui  « … si tu veux le garder… ce sera que le tiens…. » ??? il manquait un peu de clarté mais maintenant, ça ne semblait plus être un problème pour lui qui avait ajouté « … personne pourra le dire… sauf toi… » c’est vrai, il n’y en avait qu’une qui était parvenue à lui dire à plusieurs reprises… parce qu’il avait besoin d'elle, parce qu'il ne pouvait pas faire sans son "aide", il avait laissé passer… mais plus maintenant. Non, parce que Mikio l’avait dit, qu’importe qui il rencontrerait demain, ce mot là… ce ne serait que de la voix de Mikio… rien que de la sienne… ça et les cheveux… est-ce qu’il était normal de lui donner des territoires comme ça ?
… oui… son coeur savait bien que oui… et puis, Mikio n’avait pas vraiment de quoi se sentir gâté, quand en plus de ça, son affection n’était pas comparable aux autres. C’était elle qui préférait. Ces mains-là, sur lui… c’était des effets que seuls les battements de son coeur pouvaient décrire.

Un coeur qui battait si vite à présent qu’il aurait été impossible de ne pas le trahir même sans l’avouer à haute voix. Un coeur qui ne s’arrangeait pas sous les effets d’un sourire, encore moins quand ce sourire là, Mikio le disait pour lui…. C’était tellement étrange d’avoir quelque chose d’aussi beau, illogique, et une partie de lui qui n’était pas entièrement endormie lui soufflait qu’il ne le méritait pas. Pourtant, il y avait ce coeur qui s’affolait de se sentir trop chanceux. Ce coeur dont il ne savait pas retenir les battements et qui se sentait mourir d’une manière étrange pour ce cadeau qu’on lui confirmait être à lui.
L’une des choses qu’il trouvait les plus belles en ce monde… était pour lui. L’incompréhension pouvait passer dans son regard, c’était un sentiment bien différent dans sa poitrine. Et au milieu de ce langage indéchiffrable, il avait saisi une supplication, une exigence qu’il n’était pas en droit d’avoir : “un autre”.
Il en voulait encore un. Un sourire pour lui. Un sourire aussi beau… alors qu’un seul était déjà trop parfait, son coeur, confus, n’avait pu s’empêcher de réclamer. Et bêtement, son regard s’était figé sur ces lèvres trop parfaites comme si ce battement plus fort que les autres avait réclamé tout haut ce que son coeur avait semblé souhaiter si fort.

« … » il ne l’avait pas rêvé n’est-ce pas ? Il l’avait vu… autrement ses battements ne lui auraient pas donné la sensation de gagner en force. Il n’allait jamais tenir… ça ne pouvait pas battre si fort quand ça n’avait jamais battu avant. Mais en suicidaire beaucoup trop fou de ce sourire, ses doigts n’avaient pas résister à l’appel. Ils s’étaient tendus et, quelques secondes, ils avaient effleuré ces lèvres si douces qui formaient des mots insensés….
Est-ce qu’il était… en train de rêver pour de vrai… lui ? La confusion s’était emparée de ses pensées pendant un instant où il avait eu la sensation de voyager un peu trop loin.
Mais ce n’était que son rêve, celui qu’il faisait quand il était près de lui, celui qui pouvait devenir trop beau s’il se laissait trop aller, s’il prenait trop de risques… celui dont il s’était éloigné par raison à plusieurs reprises « … ça... c'est une image qui me plait bien... » oui, une image plus réelle... Un Mikio qui souriait toujours... c'était ce qu'il souhaitait le plus. Ce n'était pas un voeu trop fou. C'était un voeu qui quelque part s'accordait avec une réalité, avec un avenir pour Mikio. Oui... même quand il avait un sourire capable de vous éloigner de votre propre réalité.

Mais comme dans tout rêve, il y avait une dose d'incompréhension. En tout cas, dans les yeux de l'italien, cette émotion était passée très clairement à la remarque suivante de son aîné.
Son sourire...
Comme pour mettre en évidence la perte de qualité en comparaison ou pour chercher une réponse à ces mots étranges que Mikio venaient de former, son regard s'était porté une nouvelle fois sur les lèvres de ce dernier tandis que, fronçant un instant les sourcils, il répondait « …mais... je souris... » ne le faisait-il pas souvent ?
Alors pourquoi venait-il de baisser la tête maintenant pour fixer ce qui se rapprochait du sol ?
Parce que lui le savait... que c'était faux... Mais est-ce que Mikio était supposé les réclamer maintenant ? « … non... ? » la réponse à cette question, il ne voulait probablement pas la connaître. Il serait sans doute plus simple de se persuader que cette demande, elle n'était pas là pour souligner les nuances bien réelles entre deux sourires. Et si lui se justifierait en plaidant que rien ne pouvait valoir le sourire de son coréen, il savait dans le fond que la manière qu'il avait d'étirer ses lèvres ces derniers temps ne pouvait pas être comparée, elle n'entrait pas dans la même catégorie... « … Et puis... les tiens sont beaucoup plus beaux... »

Oui, comme ses caresses étaient également plus douces. Ou son cou plus enivrant. Comment dire le contraire quand, malgré les microbes, ses lèvres ne résistaient pas à l'appel ? Comment pourraient-elles le faire ensuite si Mikio réclamait plus de faiblesse ? Oui, c'était mal, les microbes, le reste. Il était encore plus mal de se resserrer contre lui en laissant notre coeur battre parce que ça le touchait un peu trop d'apprendre que ses baisers étaient appréciés de lui. Et puis, comme pour être à demi-sage, nos lèvres se déposaient sur une épaule où un t-shirt ne serait de toute manière pas rendu beaucoup plus contagieux que le corps que Mikio devait supporter sur lui « … moi aussi...  » en plus de devoir supporter un idiot qui ne trouvait rien de mieux à faire que d'ajouter à la liste connue les baisers de son coréen.
Mais ce n'était que justice quand sa peau votait définitivement pour ces lèvres-là. Quand elle souhaitait les connaître une nouvelle fois. Quand elle rêvait que ce soit elles qui s'y posent plutôt que n'importes quelles autres. Quand elle désespérait de se faire goûter un peu plus parce que c'était la plus douce des tortures à subir. En fait "moi aussi", c'était un bien court et pauvre commentaire à faire. Les lèvres de Mikio, la peau qu'elles avaient effleuré, elle aurait pu en parler des heures, rejointe par son coeur qui en sentait les effets perturbants dans chaque battement qu'il produisait pour accueillir ce contact dont la définition ne pouvait se faire en mots... ou pour en réclamer un autre.

Tant de battements qui rendaient tout illogique pour lui. Ce coeur qui n'avait jamais réellement battu, il s'affolait à présent pour des lèvres, un surnom, un sourire... au point qu'il se posait des questions ridicules pour d'autres : combien de temps est-ce qu'il pourrait tenir à ce rythme là ? Si en une seule journée, il essayait de rattraper trop de retard accumulé au cours des premières années de sa vie. Un coeur, ça avait besoin d'entraînement aussi non ? Et le sien, il en manquait cruellement, il en était conscient. Il aurait eu du mal à le nier quand les réactions qu'il pouvait avoir face à des gestes de Mikio le plongeaient dans l'incompréhension. Il ne s'était pas formé doucement au cours des premières années de sa vie. Il n'avait pas appris à battre sous le coup du premier sourire rempli de fierté d'un père ou d'une mère. Il ne s'était pas non plus entraîné à l'excitation à l'approche des fêtes de Noël qu'il n'avait jamais appris à attendre avec impatience. Il n'avait pas appris à se remplir d'amour pour une main tenue, des cheveux ébouriffés ou un câlin étouffant rendu incontrôlable par de l'affection trop forte. Il était resté vide, endormi... s'il avait déjà été éveillé... tout ce qu'il avait été capable de faire, c'était de se fragiliser au fil du temps. Par le manque, les coups, des mots trop durs qu'il avait appris à prendre comme des vérités, des fatalités, afin de les rendre moins blessants.
Oui, son coeur à lui, il était trop faible pour tenir à ce que Mikio lui offrait maintenant. Alors, avec un cerveau abruti par la fièvre et la fatigue, il était sans doute logique de répondre : « … Mais Michan... j'en sais rien moi...  » plutôt que de lui dire que ça n'avait rien à voir avec sa santé.
Mais pour une fois, ce n'était pas pour ajouter qu'il n'était pas malade, que tout allait bien... non, en fait sa réponse avait même été d'une trop grande franchise....

Et puis, les problèmes de son coeur avaient été mis de côté lorsque sa main était passée sur un rythme plus beau. Fort... il avait l'air de battre si fort le coeur de Mikio maintenant. Trop pour que ce ne soit pas tentant. Trop pour ne pas céder et adopter cette attitude étrange. Quel âge est-ce qu'il avait ? Avec Mikio... probablement celui de se faire surnommer "bébé" sans que ce soit si étrange que ça....
Sans faire attention à grand chose, sans réfléchir à ce qu'il pouvait faire ou ce qu'il ne pouvait pas faire, il était parti en quête d'une nouvelle cachette. Une qu'il n'aurait jamais pu trouver enfant... c'était bien dommage, parce que ça aurait été sa préférée. Probablement la seule. Il se serait condamné à être prévisible. Sans hésitation, c'était là qu'il aurait cherché toute la douceur dont il avait besoin pour s'apaiser. Dans les bras de ce joli rêve, l'oreille contre un coeur au rythme si parfait dans toutes ses variations, une main câlinant la peau de la plus douce des peluches, protégé par une couette... ou par un monde trop beau pour que son père puisse venir l'y trouver.
« Juste cinq minutes...  », c'était tout ce qu'il avait pris la peine de dire pour répondre à son coréen et tenter de gagner ce bout de plus de rêve.
Mikio ne lui avait pas refusé... et les cinq minutes s'étaient allongées....

Mais il n'avait pas chaud maintenant, il était bien ici. Il voulait rester encore un peu. Comment pouvait-il souhaiter le contraire de toute manière ? Mikio ne l'aidait pas vraiment. Les bras qui l'avaient retenu, cette main dans ses cheveux ou encore les caresses dans son dos, ce n'était que de la douceur en plus pour rendre le rêve plus parfait. Alors il s'était perdu... comme il ne s'était jamais perdu. Et s'il risquait de s'endormir ici, il avait été incapable de réveiller sa raison pour en sortir. Non. Ses doigts n'avaient pas épargné cette hanche à la peau douce, ceux de son autre main ne savaient pas quitter ce cou, quand son oreille était incapable de bouger... il louperait des battements... et les battements de son coréen, ils étaient bien trop beaux pour ne pas être addictifs.
Si ses nuits n'avaient pas été si mauvaises, si sombres, il aurait cédé maintenant. Ses yeux se seraient fermés pour ne plus se rouvrir et il se serait enfin reposé. Il aurait laissé la fatigue le gagner en toute confiance... parce qu'il n'aurait rien perdu en se réveillant. Le rêve serait toujours bien là et il n'aurait qu'à se serrer à nouveau contre lui pour en profiter.
Mais ce songe trop parfait, il ne pouvait pas le sacrifier contre un peu de repos. Il voulait qu'il dure encore et encore. Il n'avait pas envie d'être, une fois de plus, celui qui viendrait tout gâcher. Et puis... puisqu'il ne rêvait jamais... est-ce qu'il ne pouvait pas abuser et prendre une version longue ? Est-ce qu'il ne pouvait pas tricher et tenter de mémoriser son rêve dans les moindres détails quand ceux des autres étaient supposés s'estomper pour laisser la place à de nouveaux les nuits suivantes ? S'il ne pouvait en avoir qu'un, il voulait être capable de s'en rappeler avec le plus de précision.
Cette hanche, quand il la touchait, c'était à ce point qu'elle était douce. Ses doigts qui glissaient avec douceur malgré la maladresse de leur faiblesse, s'ils se perdaient par là, ils pouvait sentir les battements d'un coeur. Coeur qu'il entendait si bien en laissant son oreille posée de cette manière. Cette main, dans ses cheveux, elle avait le pouvoir d'enrober le tout avec plus de douceur et de magie... comme celle dans son dos, oui. Simplement sa tête qui se soulevait légèrement au rythme de la respiration de son aîné... c'était une sensation qu'il ne saurait pas définir... tout ce qu'il savait, c'était que son coeur battait de son côté pour dire qu'il adorait ça.

Mais les choses ne pouvaient pas durer toujours. Cinq minutes, ça ne se redémarrait pas éternellement. Et puis, un coréen, on ne le contaminait pas non plus égoïstement et ... « ...  » sous la bêtise de son aîné, sa tête s'était secouée, frottant au passage son front contre son torse. Et ce soupir aurait pu se traduire par de l'amusement, un faible rire qui n'avait pas empêché la couette parlante de poursuivre.
Et puis, Mikio avait parlé de la trousse et il avait marmonné quelque chose d’incompréhensible, quelques mots plus articulés avaient volé mais la couverture les avait probablement étouffés. Comment son coréen pourrait comprendre qu’il allait lui donner avec ces mots presque tous inaudibles. Peut-être que « sac » avait été plus clair, ou peut-être que c’était « médicaments » qu’on avait mieux compris mais on ne pourrait pas en vouloir à l’infirmier officiel de ne pas avoir saisi que son patient était en train de lui dire qu’il avait ce qu’il fallait dans son sac.
Résistant à l’envie de rester dans cette douce chaleur, sa tête avait fini par émerger de la couverture. Ah, il était beau l’italien ! L’air endormi, tout décoiffé, à se frotter les yeux du poignet et à murmurer un « Michan... » qui n’en disait pas vraiment plus long. Et cette main qui avait tenté d’applatir ses cheveux d’un geste faible, elle n’avait rien recoiffé du tout. Peut-être qu’elle n’en n’avait pas vraiment eu le temps. Difficile en effet d’être coquet quand un coréen nous emprisonnait.

Son regard, qui n’avait fait que dériver vers son sac un instant, avait retrouvé celui de son aîné. Quelques secondes, il avait semblé perdu et puis, ses lèvres avaient formé l’esquisse d’un sourire tandis qu’il soupirait à nouveau. Il allait peut-être dire maintenant que le rire de Mikio, il l’aimait beaucoup aussi… mais à la place, les mots du coréen lui avaient fait secouer la tête, comme un gamin, les yeux fermés.
Il n’avait même pas songé à se dégager, les mains posées sur le torse de son aîné, aucune protestation n’était sortie de sa bouche. Elle s’était bien ouverte pourtant, et si on doutait que ce soit pour râler d’être cajolé de cette manière, elle n’avait de toute manière pas eu le temps de s’exprimer. Son front avait rencontré les lèvres du coréen, et rapidement ses mains étaient venues se poser avec douceur sur des épaules, ses doigts se dépliant pour glisser dans un cou. Peut-être que les mots prévus se seraient changés en route pour répondre aux derniers entendus que ce n’était rien, que c’était de sa faute en plus. Oui, il aurait même probablement secoué la tête, Mikio avait dit merci après tout. Mais ce n’était pas tout ce qu’il avait dit … « ... » est-ce que c’était la fièvre à présent qui avait fait rosir davantage son teint ? Probable que non. Autrement sa bouche ne se serait pas ouverte pour avouer « ... lui aussi… j’aime beaucoup… »… qu’est-ce qu’il faisait ? Il le signalait à Mikio si jamais celui-ci avait besoin d’une liste de surnoms bons à employer ? On ne savait jamais… des fois qu’il lui prenait l’envie d’en réutiliser….
Peut-être qu’il l’appellerait idiot maintenant à le voir relâcher ses épaules pour que ses mains puissent venir fermer ce capuchon improvisé et cacher ainsi son visage un peu plus rouge. Ou alors ce serait pour cette tête qui était retombée de faiblesse aimante sur son épaule, pour ce corps qui avait cherché à se coller un peu plus au sien alors qu’ils venaient seulement de se décider à bouger un peu. Peut-être que Mikio trouverait plus justifié de le trouver bizarre pour ce front qui avait rencontré ce cou quand il s’était décidé à sortir la tête de sa cachette, ou alors… ce serait pour cette confession qu’il avait finalement soufflée « ... mais… aussi… c’est… » une confession certes timide qui avait mis du temps à se conclure « ... c’est… « mon »… j’aime bien… que tu dises « mon »… » plus que bien… et oui, il y avait vraiment des choses étranges avec Mikio… différentes… le possessif, dans sa bouche… il aimait beaucoup trop ça…. Et à présent, son cœur déraillait complètement dans sa poitrine. Il déraillait au point qu’il avait faibli à nouveau. Légers, courts mais dépassant la dizaine, des baisers avaient menacé la santé de son coréen dans son cou avant que son front ne revienne se frotter contre celui-ci tandis que ses mains attrapaient un t-shirt pour l’étreindre un peu mieux.
Ce n’était ni une réponse, ni une vengeance, ce qu’il avait fini par lâcher après un moment de ce câlin aurait probablement dû attendre après les médicaments… non, c’était juste un Naoki qui se calait mieux contre ce corps qu’il voulait serrer fort – ou même fort fort fort fort tel un enfant – contre lui… cette personne apaisante qui faisait pourtant dérailler son cœur avec trop de facilité « ... mon Mimi l’ourson…  » … non, ce n’était pas mentir que de dire qu’il n’avait probablement aucune conscience de faire une référence à un univers où il était clairement inculte. C’était juste un « bébé » qui ramenait son doudou contre lui pour le kidnapper dans ses bras au lieu de lui donner des médicaments.

A nouveau perdu, il s’était bien légèrement redressé à un moment, mais pas dans la bonne direction. Son front brûlant avait trouvé celui de son aîné et il était resté là de nouvelles minutes, les yeux fermés, à savourer cette proximité. Ses doigts avaient tiré sur ce t-shirt pour le remonter avant de trouver à nouveau cette peau si douce sur laquelle ils avaient glissé de longues secondes contre son cœur.
Arrêter tout ça, ne pas autant partager ses microbes, redescendre sur terre et faire comme d’habitude : se débrouiller et se forcer… est-ce que cette voix était toujours dans sa tête pour lui faire entendre raison ?
Ce n’était peut-être pas elle qui lui avait permis de décoller son front et de tourner la tête vers son sac qui se trouvait toujours sur le lit. Parce que c’était sans quitter son Michan qu’il s’était penché pour l’attraper par la poignée et le faire glisser vers eux. Normalement, il n’aurait pas dû faire ça. Ouvrir ce sac maintenant ou se dévoiler un peu plus. Il était sans doute gêné de le faire et pourtant, sa main avait fouillé à l’intérieur. Entre les bouquins de différents thèmes, deux ou trois origamis qui avaient dû s’échapper de l’un d’entre eux, et une chemise effleurée, il avait mis la main sur la trousse qu’il emmenait toujours avec lui.
Une fois sortie de son sac, il n’avait pas refermé ce dernier mais avait ouvert la première pour en étudier le contenu. Oui, il sentait bien la gêne face à d’éventuelles questions… ou face au pathétisme qu’il ne pourrait jamais nier… mais il avait poursuivi sur sa lancée… parce que c’était plus important maintenant de prendre soin de Mikio.

C’était étrange… il n’avait jamais procédé de cette manière….
Son regard s’était porté un instant sur l’heure avant de se repencher sur la boîte qu’il avait sortie, jugeant manifestement que c’était bon. Et puis, sa main s’était posée une nouvelle fois sur le front du coréen, sa tête s’était secouée et il avait fouillé une seconde de plus, avant de tirer une autre boîte pour la poser sur son coréen tandis que la trousse retrouvait le matelas.
… oui… il faisait vraiment attention…. Lui, il ne se serait jamais demandé si c’était la bonne heure pour prendre des vitamines. Lui, il n’aurait jamais tenu compte de la posologie. C’est vrai… il ne prenait pas réellement soin de lui…. C’était une question d’importance… c’est tout…
De l’autre côté, il s’était penché pour permettre à sa main d’attraper la bouteille d’eau qu’il avait tendu à Mikio sans y toucher davantage. Il n’avait bu qu’au verre alors il n’avait pas commis l’imprudence de fâcher Mikio en tentant de se lever pour aller en chercher un autre. A la place, il avait pris la main de son aîné pour l’ouvrir et craquer une capsule par tablette de médicaments à l’intérieur.
Soigneux malgré ses difficultés, il avait rangé les boites à l’intérieur de sa trousse avant de reporter son regard sur la main de Mikio tandis que la sienne passait sur ses yeux, puis sur son front.
« ...Je te donnerai autre chose demain… » oui, une vitamine, ça suffisait. Sinon Mikio n’allait pas dormir et puis, ces gouttes à mettre dans l’eau, c’était mieux que le matin de toute manière. C’est vrai que lui n’y faisait pas attention quand il en prenait mais Mikio aurait besoin de dormir. C’était important de ne pas être fatigué pour se protéger des microbes.




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     Dim 2 Juil 2017 - 1:21

just a spoonful of sugar
Naomi

Le sien. Son surnom. Son bébé. Et personne d’autre que lui, ni une conquête, ni une pseudo doc, n’aurait le droit de le prononcer. S’il le voulait ? Naoki demandait littéralement à l’aveugle s’il voulait voir. Evidemment qu’il le voulait. Le sien… qu’à lui. Et même sans donner de réponse, son coeur hurlait déjà à l’affirmative. Inutile d’avoir l’air de réfléchir quand sa poitrine le trahissait de façon si fourbe.
Mais c’était mal. Il ne pouvait pas dire oui. Il n’avait pas le droit d’exiger une telle exclusivité. Naoki n’avait pas que lui. Il avait peut-être des conquêtes aujourd’hui, mais un jour… il aurait peut-être plus. Une femme, un amour partagé qui vaudrait plus que leur échange d’affection ambiguë….
« Je le veux… »
Il n’y avait probablement pas renoncement plus rapide que celui-ci. Ni de faiblesse plus égoïste. Mais c’était de la faute de Nao. Il ne pouvait pas espérer tenter un homme au coeur aussi détraqué par l’affection qu’il lui portait sans s’en sortir avec une réponse au comble du déraisonnable. Refuser, c’était un crime contre son coeur qui pour se défendre soumettait à sa raison un argument qui ne pouvait que la faire défaillir : il avait le droit de dire oui parce que… Naoki était à lui, non ? Désespérant était désormais un mot trop faible pour le qualifier…

Mais parmi ses autres désirs, il y en avait des moins idiots, quoiqu'un peu fou. Ce qu'il voulait aussi, c'était sourire... Sourire pour Naoki si les siens lui plaisaient tant.
Est-ce que c'était la fièvre ou bien était-il vraiment fasciné par cette façon que Mikio avait d'étirer les lèvres ? Parce que le Coréen s'était un instant troublé à ce regard qu'il avait intercepté.... avant de sentir son coeur bondir à un contact auquel il ne s'habituerait décidément jamais. Mais comme toujours, il avait fallut quelques seconde à sa poitrine pour encaisser ce rythme soudain effréné avant que l'esquisse qui s'était troublé sous ses doigts audacieux ne retrouve une douceur encore plus chaleureuse. Quant à ses lèvres qui savouraient désormais bien trop ce contact étrange pour deux amis, elles n'avaient évidemment pas résisté à commettre cette folie récurrente d'embrasser doucement le bout de ces doigts. A deux reprise, elles avaient distribué un baiser pour sceller ce qu'il voulait être une promesse tacite... Celle de sourire toujours pour lui. Une promesse finalement presque trop simple à formuler quand sa bouche s'étirait seule lorsque Naoki était près de lui. Sans distance. Sans mensonge. Sans faux-sourire. Une situation qu'il imaginait sûrement trop naïvement durer toujours. A l'instar de cette image qui semblait plaire à Naoki... Oui, parce que cette promesse n'était facile aussi que parce qu'il imaginait son protégé toujours à ses côtés.... Cette photographie n'était possible que s'ils étaient deux. Mais si Nao devait disparaitre... ils avaient bien conscience que ce sourire disparaitrait avec lui, n'est-ce pas ?
Mais lui, ou son coeur, avait préféré ne pas l'envisager pour se montrer plus gourmand en demande. Oui, si Nao voulait les sourires de Mikio... ce dernier avait le droit de vouloir retrouver celui du plus jeune.

Il y eut une étrange seconde où même Nao ne sembla pas comprendre ce que signifiaient les mots du Coréen. Une seconde où si le doute n’existait pas chez ce dernier, il transparut dans la question du plus jeune. Ce ne fut cependant pas sans regret que l’aîné secoua lentement la tête. Non. Nao ne souriait pas… pas vraiment. Il faisait semblant mais Mikio savait. Il n’avait pas voulu le voir un temps… mais il ne pouvait pas toujours ignorer le manque que l’absence de vrai sourire causait dans sa poitrine. Ses faux sourires serraient son coeur. Ses faux sourires… ils ne brillaient pas autant que les vraies… ceux qui lui procuraient un sentiment de chaleur et joie dans son coeur. Même ce compliment là, s’il l’avait fait battre un peu plus fort, il ne valait pas un vrai sourire de Naoki. Ses yeux s’étaient perdus sur lui et la réponse ne s’était pas faite immédiate, préférant laisser ses doigts caresser un plus long instant son front encore beaucoup trop chaud puis glisser doucement sur sa joue dans un geste aussi tendre. Son regard se fit plus sérieux comme s’il cherchait à scruter minutieusement le visage de son protégé tandis que ses doigts dérivèrent doucement sur ses lèvres, imitant son cadet un peu plus tôt.. Traçant de son index un arc sur sa lèvre inférieure, il imagina sur cette bouche ce sourire qu’il voulait tant voir… « Laisse moi préférer les tiens… » souffla-t-il doucement sans détacher ses doigts. « Tu ne sais pas à quel point ils sont beaux quand ils sont vrais… » … quand durant quelques secondes, Mikio pouvait déceler de la joie, ressentir de l’amour, et gouter à d’autre sentiment qui se rapprochait d’un bonheur qu’il souhaitait offrir à Naoki. C’était ça, indéniablement, la plus belle chose qui existait.

Ca et ses baisers. Toute marque d’affection de sa part en vérité. Mais il aimait vraiment les baisers de Naoki… tous. Oui, même ce tout petit là, sur son épaule et qui ne touchait même pas sa peau. Ce n’était pas grave, ça n’avait pas empêché le chanteur de sourire doucement à ce geste. Parce qu’il était doux… et méritait d’être trouvé aussi parfait que les autres… Même si, oui… certains étaient incontestablement plus spéciaux. Aussi précieux qu’interdits…
Devait-il comprendre que cette sensation était réciproque ? Que Naoki aussi, aimait un peu trop les baisers de son Coréen ? D’une façon aussi déraisonnable que lui …. ? Ce n’était peut-être pas correct mais c’était ce qu’il comprenait. Ce qu’il aimait comprendre… Et ce qui n’avait que mieux étirer ses lèvres avant qu’elle ne viennent se poser doucement contre la tempe accessible du garçon, comme s’il répondait à une demande qui n‘avait pourtant pas eu lieu cette fois. Un baiser très doux qui avait soufflé un silencieux « je t’aime » quand pourtant ces mêmes mots étaient hurler par son coeur.

S’il était touché de faire autant battre le coeur de son protégé, il ne pouvait nier que la bête possibilité que cette affolement cardiaque ne soit pas dû à son affection mais à un soucis de santé déjà bien endommagé, l’avait quand même inquiété pour ne pas dire paniqué. Rassurer Naoki, il n’avait pas su le faire sur le moment, un peu confus et le convalescent n’avait pas su lui dire si ça n’allait pas. Parce qu’il ne voulait pas l’inquiéter ? A vrai dire, sa réponse avait eu l’air si franche qu’il ne lui en avait pas voulu. Mais après réflexion et observation, il tenta de se convaincre que ça allait, du moins pour son coeur… Ca avait l’air en tout cas puisque quelques minutes à peine plus tard, Naoki s’essayait à nouvelle forme de spéléologie… désarmant tout autant le Coréen qui l’avait regardé faire hébété.
Mais bien sûr… il n’avait eu le coeur de l’en déloger. Même s’il faisait chaud. Même si c’était un peu étrange. Cinq minutes…. Qui les croyait ? Personne. Surtout quand cinq minutes n’avait jamais rien de raisonnable avec eux. Mais Mikio n’avait pas protesté… Pourquoi faire ? Si ses battements de coeur affolés ne dérangeaient pas Nao… s’il se sentait bien contre lui… alors, le chanteur voulait bien l’y garder autant que son protéger le souhaitait. Là, tout contre lui… dans ses bras… à l’abris. Là où de tout son coeur, il souhaitait pouvoir le protéger. Rêve naif, mais rêve doux dans lequel Mikio n’avait pas résisté à plonger. De plus, en dehors de ses obsessions discutables, il apprécia réellement cette proximité et le moment plus qu’agréable qui en découla. C’était calme. Presque rassurant. Chaud et envoutant au point qu’il se prit à songer rester ainsi des heures, des jours et même une vie entière. Là, Nao contre lui, distribuant toute la tendresse dont il avait besoin… Mikio pouvait très bien supporter la chaleur si Naoki pouvait rester aussi paisible. C’était tout ce qu’il lui souhaitait. De l’affection et du repos.

Enfin, s’il ne souhaitait pas un repos éternel à son protégé - Dieu non ! C’était trop tôt !! - il l’aurait voulu plus long. C’est vrai, il avait plusieurs fois craint qu’il s’endorme et refasse un cauchemar mais une partie de lui avait aussi espéré qu’il trouve un sommeil plus reposant dans ce qu’il espérait être cette étreinte apaisante. Mais la voix qui s’éleva de la couette ne lui parut ni endormie - enfin, pas plus que ça quand elle était déjà fatiguée et fiévreuse… - ni alarmante. Et même s’il aurait voulu lui aussi profiter de cet instant encore, il avait conscience que pour le moment, il était plus sage de ne pas tenter le sommeil plus longtemps. Ca ne devait pas être facile pour lui… C’était peut-être pour ça que Mikio s’était permis de plaisanter légèrement. Plaisanterie qui sembla faire mouche dans la cachette puisqu’il sentit une légère secousse semblable à un rire. Une sourire à la fois satisfait et soulagé éclaira son visage puis il l’encouragea à poursuivre.
Prendre les cachets… Oui, c’était plus raisonnable. Acquiesçant, il attendit des consignes qui ne lui parvinrent qu’à moitié… voire moins.

« Mh… Nao, je crois que t’es dans un tunnel… je te capte mal. »

C’est qu’il était hilarant le Mimi aujourd’hui. Oh, il risquait d’être encore plus drôle après avoir laisser Naoki se relever. Erreur. Grave erreur que de ne pas se méfier de l’Italien qui dort. Ou plutôt du gosse. Pedo sensible s’abstenir, Serizawa Naoki, aux alentours de 4 ans et demi, venait de faire trembler les pedofeels de la Terre en se redressant avec cette tête et cette attitude.
Est-ce que Mikio avait survécu ?
…..
Les joues rouges, les yeux un peu trop ronds fixés sur le criminel et…. est-ce que Naoki pouvait songer à lui donner quelque chose pour les saignements de nez ? Parce qu’il allait probablement tâcher les draps. Et si le doute d’une mort cérébrale avait plané, on était soulagé de constater que le Coréen ne nous avait pas claquer entre les doigts tandis que ses bras s’étaient empressé de se mouvoir pour capturer l’imprudent. Quoiqu’on craignait pour son intégrité physique quand tout ce qui passait dans la tête du plus vieux était ce genre de pensées : kqesdnfmoejrhmowiehxmrogidmfouswuxudfshuxhgfngsourhgmfog POURQUOI IL EST AUSSI MIGNON QSMDFHSMWIORFNMOGUNMUNMOFNDMXUDHGFUHGSUGMBB ????
Qu’il se retienne de le bouffer relevait presque du miracle et la question précédente avait désormais changé : est-ce qu’il avait capturé Naoki dans la couette pour le retenir au chaud ou bien était-ce une tentative désespérée - et finalement totalement contre productive quand il avait l’air encore plus adorable comme ça blblblblbl - de se préserver de ce trop de plein de mignonnerie  qui, il le savait, le mènerait un jour à sa perte.

Une perte qui valait le coup.
C’était bien un sourire qu’il avait vu passer sur ses lèvres ? Furtif mais bien réel… non ? Encore un peu. S’il faisait encore un peu d’effort, Mikio pourrait de nouveau le voir… oui ? Un espoir que son coeur avait formulé par des battement significatifs, que les mains de l’Italien avaient peut-être entendu, quand sa bouche elle avait délivré une vérité absolue. Naoki était bien trop mignon pour son bien. Trop pour qu’il ne cède pas à embrasser son front tendrement. Il ne le mangerait pas… mais il le gouterait juste un peu. Faible. Surtout quand son cadet l’encourageait avec de si douces caresses dans son cou. Oui, ses lèvres n’avaient pas résisté à s’attarder un peu plus longtemps sur sa peau et savourer un peu plus ce contact dont il ne se lasserait jamais.
Les mots suivants, s’ils étaient d’abord légitimes, il n’en avait pas modéré la portée. C’était des remerciements que le garçon méritaient.
Vraiment ? … Et ce surnom, n’était-il pas en trop ?
….
Non. Pas selon Naoki semblait-il.
Le coeur du Coréen sursauta. C’était bête, ça venait de lui. Mais que Nao le valide… D’accord, il avait peut-être pris conscience que ce surnom n’était pas le plus banale à donner à son colocataire et ça lui avait fait quelque chose. Ses joues s’étaient mise à rosir en même temps que celles de l’étudiant, là où ses yeux s’étaient perdus un court instant. Ce n’était pas la fièvre… n’est-ce pas ?

« Oui… ? » Il n’était pas obligé de le souffler de cette façon, comme s’il était distrait par le vacarme de son coeur. « Je vais le garder alors… parce que je le pense vraiment… » Comme « bébé ». Parce que c’était la vérité. Naoki était un bébé, un ange et un amour.
Mais sûrement que pour « mon amour », il attendrait un peu. Toujours, c’était sûrement le mieux.

Sa faiblesse avait été un peu plus sollicité lorsque le fourbe Italien se servit de son capuchon pour se cacher. Adorable. Irrésistible. Cruel gosse qui jouait avec son coeur faible. Mais son sourire ne s’en était que plus agrandi et tandis qu’il ré-accueillit le plus jeune contre lui, un léger rire lui échappa. Sans même chercher à résister, ses bras l’entourèrent doucement et bêtement alors qu’ils avaient à peine réussi à se décoller. « C’est donc un échec », souligna-t-il amusé avant que la voix de Naoki ne le fasse taire, le laissant s’exprimer. « Hum ? » S’il s’était d’abord refait la réflexion qu’il était vraiment trop mignon, ça ne l’avait pas vraiment aidé à comprendre tout de suite ce que Naoki avait voulu dire. Mon ? Mon quoi ?
Et puis lorsque ce fourbe gosse précisa, le coeur du Coréen s’agita bien trop une nouvelle fois. « Oh… » Ses joues prirent littéralement feu.
Mon. Il aimait bien quand Mikio disait « mon ».
… Ce n’était pas lui… c’était son coeur trop possessif qui lui faisait parfois dire des choses qu’il était incapable de filtrer. Ce coeur qui n’avait de cesse de penser que Naoki était à lui….
« C’est parce que… je peux pas m’empêcher d’y penser et de le vouloir…. que tu sois à moi… »
Est-ce qu’il venait vraiment de dire ça ? Est-ce que ce n’était pas lui qui avait de la fièvre finalement ? Ce n’était pas la première fois qu’il faisait montre de possessivité… Mais certains mots, formulés de certaines façons… Naoki ne risquait-il pas de se méprendre ?
Non, « se méprendre » n’était pas le bon mot quand finalement c’était exactement ce que son coeur voulait dire. Et celui-ci n’avait fait que défaillir en sentait une première fois les lèvres de Naoki retrouver son cou. Brièvement mais assez pour le faire soupirer…. mais le souffle n’avait pas terminé de lui échapper que le bougre récidivait, provoquant des tremblements sur son épiderme jusqu’à faire exploser sa pompe à sang tandis que le nombre de baisers avaient surement dépassé la limite du raisonnable. Mais ce serait mentir que de dire que l’aîné s’était montré plus sage… soupirant une énième fois, ses bras s’étaient resserrés autour du corps qu’il tenait déjà et bien que sa bouche s’était ouverte pour protester, sa tête l’avait trahi en se relevant pour clairement mieux profiter de ces lèvres taquines : « Naoki… tu me chatouilles… » Autant pour nous, ce n’était pas vraiment une protestation. Pas une seconde il ne s’était raisonné pour admettre que ce n’était pas sage alors que Nao était malade… ne s’était-il pas lever pour l’en prévenir d’ailleurs ? Alors pourquoi l’encourageait-il à continuer cette bêtise ? C’était encore la faute à cet organe dissident qui n’appréciait que trop chaque geste affectueux et transpirant de faiblesse de son protégé… Non, ce n’était pas de sa faute. Tout ça, ça lui avait bien trop manqué pour qu’il demande à Naoki d’arrêter.

Même à cette suite auquel il n’était pas préparé. Personne ne l’était à vrai dire. Ni le Monde. Ni la narratrice. Ni Dieu. Dieu avait mowté. Dieu avait probablement cassé son clavier.
« ….. »
Si jusque là, les mains du Coréen bougeaient dans le dos du garçon pour le caresser tendrement, s’appuyant parfois sur sa nuque à travers la couette pour le pousser à mieux se serrer contre lui, tous ses membres s’étaient figés. Ses yeux s’étaient ouverts et ils avaient fixés l’armoire en face du lit.
Quoi ? Son…. ?
« ….. »
Mimi l’ourson.
« …. Mi…. mi… ? »
izeqsdfnioewnfogixdhgfoibosdfivnmdofixgnmoifgnmo.
Le coeur du chanteur avait dû faire quelque chose comme ça quand son visage, déjà chaud, s’était enflammé plus que jamais. QUE…. ?
L’image d’un certain ourson jaune un peu rond et addicte au miel lui vint en tête et il lui fallut quelques secondes pour dévisager Naoki tout autant de temps. Mimi l’ourson. Est-ce que… Nao venait vraiment de l’appeler comme ça ?
Le sien… ?
………………..
Quelle ironie. Lui qui s’entêtait à renommer Naoki depuis le début de la journée, voilà qu’il était en train mourir quand le plus jeune lui en donnait un. Il n’avait pas le droit lui ? C’était un droit exclusif aux coréens possessifs ?
… Mais… Mimi l’ourson ?
…. C’est vrai, il aurait détesté. « Mimi » était déjà un surnom clairement prohibé. Il n’aimait pas ça les surnom en général. Souvent parce qu’ils étaient idiots ou dévalorisants. Kana, son amie d’enfance, s’y était un peu trop amusé et Mikio l’avait toujours reprise. Si c’était elle qui avait sorti ça, il aurait grogné. Il se serait même vexé pour l’ourson et son image. Et même s’il persistait à se demander pourquoi on l’avait confondu avec Winnie, la réaction qu’il avait eu était loin de celle qu’il aurait dû avoir normalement. Avec Naoki… de sa bouche…. Pourquoi est-ce qu’il avait trouvé ça adorable ?????

Mimi l’ourson. Non, il ne s’en remettrait peut-être jamais. Cet étrange surnom qui pourtant n’avait eu l’air que trop sincèrement pensé à l’instar des siens…. mais si c’était ce que Naoki voulait, il ne pouvait pas lui refuser, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il l’avouerait… ? Que ça lui plaisait même un peu… Il fallait juste espérer qu’il puisse s’en tirer vivant.
Cependant, le choc n’avait pas eu le temps de passer et son coeur s’était maintenu à une vitesse trop élevée tandis que le visage Naoki s’était bien trop rapproché du sien. Trop près… Son front bouillant contre le sien, un souffle qui chatouillait ses lèvres… Ses yeux confus avaient scruté les paupières closes et fatiguées de son protégé. S’il avait passé de longues secondes à tenter de calmer le bruit assourdissant de sa poitrine, il l’avait senti se serrer tandis que son attention s’était reportée sur les traits de son visage où il distinguait encore trop nettement les signes d’épuisements. Il avait été trop naïf de croire que quelques minutes contre lui aurait suffit par la plus hasardeuse des magies à reposer un peu son cadet….
Cependant, ses yeux s’abaissèrent sur cette main audacieuse qui semblait encombrée par son haut. Frissonnant à ce contact toujours déstabilisant, il n’avait que dégluti sans protester… Pourtant, la panique était réelle. Naoki tenait-il vraiment à le toucher à cet endroit quand son coeur était aussi bruyant ? Il se trahissait trop souvent. Ses battements, ils s’affolaient toujours trop sous les doigts du garçon….

Seul un troublé « Nao… » était sorti de sa bouche, rien de plus. Il ignorait si c’était cela qui avait fait revenir l’intéressé à la raison, quoiqu’il ne se décolla pas vraiment. Mais au moins, il montra un semblant de sagesse, plus que son aîné, en se souvenant de leur objectif de base. Revenant sur Terre, le Coréen compris que Naoki s’intéressait à son sac et il voulu l’aider…. mais un peu tard. Son temps de réaction était assez affligeant alors qu’il réussissait tout juste à tendre la main quand Nao avait déjà récupéré l’objet. Atterrissant complètement, il s’intéressa au contenant. C’était là dedans que Naoki allait trouver les cachets ? Sa trousse était pourtant sur la commode…. Mais le mystère fut résolu quand il vit Nao en tirer une autre de son sac.
…. A moins qu’il ne s’épaississait.
Pourquoi Naoki avait-il une pharmacie dans ce sac ? Et combien de medoc’ avait-il ? Le chanteur fronça les sourcils. Il aurait sûrement préféré continuer leur séance de câlins puisqu’à présent, les questions trop nombreuses avaient fait leur grand retour dans la tête du Coréen. Ce sac l’intriguait depuis qu’il l’avait vu. A quoi servait-il ? Naoki lui avait assuré qu’il ne comptait pas partir mais au vu de son contenu, il était clairement fait pour découcher. Or, le cadet dormait toujours avec lui la nuit, il en était certain… Alors où allait-il avec ? « Naoki… » Il devrait peut-être se taire et renoncer à poser plus de questions… Mais il ne pouvait pas s’empêcher de s’interroger et s’inquiéter. Ce sac, il n’était pas tout neuf et à usage unique. De ce qu’il en avait vu, il avait l’air de servir régulièrement pour des séjours dont il ne savait rien. « … comment ça se fait que tu as tout ça avec toi.. ? Où est-ce que tu vas ? » Il devait savoir. Nao lui répondrait sûrement que ce n’était rien, qu’il ne devait pas chercher à savoir mais… Il ne fermait plus les yeux. Et ça le tracassait vraiment. Est-ce qu’il allait chez ses conquêtes avec ça ? Et tandis qu’il fouillait la trousse, il s’était demandait combien il avait de médicaments. La façon dont il les avait obtenu n’était malheureusement plus un mystère et y repenser avait comprimé sa poitrine. La colère qu’il avait refoulée depuis ce matin, il l’avait étouffée, mais pour sa peine… la tâche fut infaisable. C’était à se demander comment, avec autant de cachets, Naoki avait pu tomber malade… Mais la vérité c’était qu’il connaissait la réponse et qu’il ne l’aimait pas…
Ces médicaments, ils ne servaient qu’à sauver les apparences n’est-ce pas ? Faire tenir un corps qu’il poussait déjà à bout alors qu’il n’en prenait pas soin… sans sommeil, sans aliment correcte… Ce n’était finalement pas si étonnant. Juste… désolant.

Si Nao ne faisait pas attention à sa propre santé, pouvait-il lui faire confiance pour prendre soin de lui ?
Oui. Il n’en doutait pas une seconde. A cette main sur son front, à cette réflexion qui se lisait sur son visage, même fatigué… Naoki avait l’air d’y accorder une minutieuse importance, confirmant ce que Mikio savait déjà : il lui mettrait sans hésiter sa vie entre ses mains. Ca lui faisait seulement de la peine que Nao soit incapable de faire de même avec lui….
Sans commentaire, il l’avait regardé faire, sans avoir la moindre idée de ce que Nao avait sélectionné. Comme il n’avait pas d’allergie quelconque ou d’antécédent spéciaux - c’était comme ça que disait les médecins à la télé non ? - il ne s’inquiéta pas vraiment de la sorte des deux comprimés qu’il récupéra docilement. Puis ses yeux se plantèrent dans ceux de Naoki une dizaine de secondes. Toujours sans un mot, il finit par mettre les deux cachets dans sa bouche avant de porter le goulot de la bouteille à sa bouche. Dans une entière confiance aveugle, il avala les médicament avant de reposer le tout sur la table.
Sa tête se hocha : « D’accord… merci Naoki. » Et peut-être que ses remerciements manquaient de chaleurs selon puisqu’un nouveau baiser étaient venu ponctuer le tout sur le sommet de son crâne tandis qu’une de ses mains s’était pressée à l’arrière. Avec autant de douceur il l’attira contre lui pour l’étreindre. Ses doigts s’emmêlèrent affectueusement dans ses cheveux et il savoura le contact un instant avant de souffler : « Tu as faim ? J’ai préparé de la soupe au poulet. C’est bon quand on est malade. » Cette étreinte… qu’il en profite avant de se heurter à un nouveau mur.  
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     Dim 2 Juil 2017 - 15:50
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Lui ? Un ange ?
Son ange ?
N'était-il pas trop sombre pour ce rôle ?
Quelque part, quand il avait validé ce surnom, il s'était planté en chemin. N'avait-il pas suffisamment vu ce reflet qu'il détestait ? Devait-on mettre plus de miroirs sur sa route pour qu'il évite d'accepter des choses qui ne lui allaient pas du tout ? Bien sûr, il pouvait se justifier en prétextant que tout surnom de Mikio avec "mon" devant était trop tentant pour être refusé.
Mais un ange... lui... dans le fond, il le savait bien qu'il n'avait à rougir pour les mots de Mikio. Oui, il ne pouvait probablement pas dire tout haut que son coréen se trompait quand il le pensait, mais il devait continuer à se répéter dans son coeur que ce surnom ne lui allait pas. Il était beaucoup trop sombre pour le porter. Il avait causé trop de mal aux autres pour mériter cette comparaison. Et si quelqu'un dans cette pièce pouvait se faire surnommer de cette manière, ça ne pouvait être que Mikio.

Lui... quand est-ce qu'il aurait pu être un ange ?
Quand, par son égoïsme, le seul chien qu'il avait jamais eu enfant avait connu une fin douloureuse ? Parce qu'il n'avait pas été capable d'en refuser la garde, parce qu'il en avait trop envie... son Thésée était mort plus blessé qu'il ne l'avait recueilli. Un simple non, et ce chien aurait eu une belle vie.
Un simple non. Des responsabilités plus assumées, et Reina ne terminait pas en prison. Oui, peut-être qu'un autre aurait fini par l'y amener parce qu'il n'avait manifestement pas été le seul. Mais était-ce une raison pour ne pas s'en sentir coupable ? Il savait bien que non.
Des gens, comme ça, il y en avait eu d'autres. Ses oncles régulièrement se retrouvaient probablement à payer à cause de lui. Et maintenant, n'assumaient-ils pas son égoïsme ? Parce qu'il n'était pas là, parce qu'il avait besoin d'un peu d'air et qu'il avait pris la fuite aussi loin que le Japon... ils le couvraient et assumaient pour lui... sans même savoir qu'il n'avait pas réellement quitté ce pays dans lequel il ne pouvait pourtant plus rester. Ils s'arrangeaient pour lui, ils l'aidaient... mais lui, il faisait un caprice et tardait à partir au risque de leur causer davantage d'ennuis.
Alors lui ? Un ange ? C'était une vaste plaisanterie. Il aurait même dû en rire maintenant.

Pourtant, malgré le manque de qualifications, il aurait aimé l'avoir réellement... ce surnom... ce rôle....
Il voulait dire veiller sur Mikio, prendre soin de lui.
Il avait beau savoir que ça ne pouvait pas être lui, qu'il n'en n'était d'ailleurs pas capable, son coeur ne pouvait pas s'empêcher de le souhaiter.
ça aurait été si beau de pouvoir être responsable des choses biens pour Mikio plutôt que d'être condamné à lui faire du mal s'il en restait trop près.
Il aurait pu se charger de le faire sourire davantage. De veiller sur ses nuits et d'essayer de les rendre plus belles. De se laisser aller à tout un tas de petites actions juste parce qu'elles contenteraient son coréen davantage. L'envelopper d'amour et s'assurer qu'il soit toujours bien et aussi heureux qu'il le méritait.
Et s'il connaissait la vérité. Cette vérité qui était que Mikio méritait mieux que lui... un bonheur qu'il ne saurait jamais lui donner... son coeur battait à présent d'envie... et pour un mon pour lequel il avait trahi une faiblesse après un "échec" auquel il n'avait même pas essayé de mettre fin.

Elle était belle la volonté de protéger Mikio. Autant que celle de se cacher.... Quand il le faisait contre lui... autant contre lui.
Est-ce qu'il comptait seulement se ressaisir dans la journée ?
Si Mikio persistait à le câliner de la sorte, s'il l'affaiblissait autant de ses lèvres, il y avait peu de chances pour qu'il trouve assez de forces pour partir à la recherche de sa raison. Il était si faible sous la tendresse de coréen. Quand Mikio lui donnait trop d'amour comme ça, il avait tendance à ne plus contrôler grand chose. Son coréen était une faiblesse de laquelle il ne semblait pas capable de se détacher. Parce qu'une seconde près de lui était bien trop précieuse pour son coeur, il se laissait facilement porter quand il battait pour supplier d'en avoir une autre, puis encore une autre.
Et maintenant ? Comment son coeur allait-il battre pour les derniers mots de son coréen ?
Fort. Beaucoup trop fort.
Il s'était d'abord arrêté et puis il y avait un coup violent contre sa poitrine, suivi d'un autre... pour au final sentir un rythme beaucoup trop rapide, affolant et perturbant pour lui qui n'avait pas l'habitude de sentir de telles réactions. Si ses mains s'étaient serrées plus fort à ce t-shirt, ce n'était que pour lui une vaine tentative de se retenir quand il avait le sentiment qu'il était en train de chuter.

Est-ce que c'était désagréable ?
Perturbant.
... un peu angoissant c'est vrai... parce qu'il était définitivement un novice en matière de coeur.
... aveuglant... mais aussi enivrant... doués pour vous donner le vertige... ces mots-là avaient définitivement semer le trouble dans son coeur... et dans ses pensées. Plus rien n'allait droit maintenant.
Ce n'était rien. Mikio ne faisait peut-être que plaisanter. Ou alors, ces mots-là, il ne les pensait pas si fort. Il n'y avait vraiment pas de quoi faire une crise cardiaque.
C'était les mots qu'il aurait pu dire à son coeur s'il n'avait pas été certain qu'ils seraient restés sans effet.
Parce qu'il les avait entendus son coeur. Trop bien entendus. Et dans tous ces battements confus, il y avait quelques "oui", quelques "encore" pour réclamer comme si on était sourd de les entendre à nouveau. Et de nombreuses supplications. Celle de lui dire, comme pour ce "bébé", que si Mikio le voulait vraiment, ça pouvait se faire. On avait qu'à se donner... où était le mal ?
On était déjà à quelqu'un ?
C'est vrai... mais alors on pouvait partir très loin d'ici, dans un endroit où il ne nous retrouverait jamais... on pouvait regarder celui qui nous voulait dans les yeux et lui dire que c'était d'accord... c'était d'accord à condition qu'il parte très loin avec nous. On pouvait être égoïste... encore une fois... mais ce serait la dernière fois et le seul égoïsme dont on ferait preuve à l'avenir. Parce qu'on avait besoin que de lui... que de Mikio... et s'il pouvait nous avoir, on ne désirerait rien d'autre.

« ... » si sa vie pouvait être aussi belle... si le souhait d'un coeur pouvait se réaliser aussi simplement... alors il apprendrait à l'aimer cette vie qui n'avait pourtant jamais voulu de lui ... « ... c'est déjà le cas tu sais.... » oui... c'est vrai... tout était impossible... mais il y avait cette chose pour laquelle il pouvait se prétendre au moins un peu à lui... en partie. Parce que dans sa poitrine, il avait ce coeur qui ne battait rien que pour lui et qui ne battrait jamais pour une autre personne, il pouvait quand même être "son".... Si son corps ne serait jamais qu'un instrument de divertissement pour un autre, son coeur ne changerait jamais de propriétaire... parce qu'il l'avait choisi et qu'il ne voulait aimer que lui.
Mais d'une main qui avait relâché un t-shirt pour venir tapoter une chemise à l'endroit où son coeur s'affolait, il s'était expliqué sans joindre des paroles qui auraient probablement sonné confuses.
Il l'aimait. Juste lui. Il n'y avait que lui. Son coeur s'épuisait à le dire.
Mais peut-être que ses lèvres qui s'étaient perdues ensuite à plusieurs reprises dans le cou de son aîné tentaient également d'en dire un peu des "je t'aime" dont il s'était privé longtemps « ...pardon... » une demi-excuse quand ses lèvres s'étaient déposées encore une fois dans ce cou. Dire pardon en recommençant le même crime... le jury devant lequel il passerait ne voudrait pas écouter un seul mot de repenti quand il était évident qu'il était prêt à se rendre un peu plus coupable contre un autre baiser.

Et contre un surnom idiot qu'il avait lâché. Un surnom qui semblait avoir figé son coréen et pour lequel lui avait fini par se mordre la lèvre, comme s'il réalisait tout à coup qu'il était idiot.
Il avait bien entendu les deux syllabes d'un début de surnom mais sans être capable de dire s'il avait été vexant ou non. C'est vrai, c'était un peu enfantin. Il pouvait dégivrer un peu son cerveau embrumé par les microbes et la fatigue pour le voir au moins un peu. Mais il l'avait pensé, comme ça.... C'était encore plus étrange quand on savait qu'il n'avait jamais eu de doudou pour dormir. Une peluche offerte terminait toujours à la poubelle quand son père faisait preuve de clémence et ne s'amusait pas plutôt à la déchirer devant lui... son oncle avait pourtant essayé de lui donner un compagnon de nuit... et il avait dû s'imaginer que son neveu dormait avec cette peluche toute douce... mais il n'avait en réalité eu le temps d'en apprécier la douceur que quand il le lui avait offert. C'était la seule fois où il avait pu la prendre dans ses bras avant qu'il ne se fasse punir pour avoir été gâté par un frère que son père détestait. Il n'avait pas vraiment compris, ce jour-là, ce qu'il avait fait de mal. Il avait juste assumé que c'était mal sans avoir une véritable raison.
Mais prendre Mikio pour un doudou maintenant... « ...excuse-moi... » c'était tout ce qu'il avait trouvé à dire à ce second "Mimi".
Pourtant, c'était vrai... qu'il avait envie de se blottir contre lui pour se sentir mieux. C'était vrai aussi qu'il voulait trouver refuge contre sa douceur. Et c'était vrai aussi que comme un doudou, comme l'élu des peluches, il aurait été celui que ses bras auraient choisi sans hésiter sur les autres propositions.

Mais il ne comprenait pas tout à fait. La main sur le coeur de son coréen à présent, elle captait des battements... des battements qui avaient fait s'échapper de ses lèvres un « ...si fort... il bat si fort... » oui... un peu comme le sien... « ...toi ? ... » lui quoi ? "Nao" ... et "toi" ? C'était une réponse bien curieuse à son surnom.
D'incompréhension, ses yeux s'étaient plissés un instant avant qu'il n'ajoute enfin « ...c'est normal ? » ???
Il voulait dire... pour Mikio... est-ce que c'était normal que son coeur batte aussi fort ?
Est-ce qu'il était malade aussi ?
Non... ce n'était pas ça... il ne voulait pas parler de la maladie maintenant. Seulement... est-ce qu'il était normal pour Mikio d'avoir un coeur qui battait si fort ? Parce que lui, il savait que pour le sien c'était inhabituel... mais leurs deux coeurs n'avaient pas la même éducation, pas la même expérience alors... oui, c'était juste qu'il ne savait pas trop. Et cette question stupide, il aurait sans doute mieux fait de la retenir et d'y réfléchir seul.
N'avait-il jamais senti le coeur de Mikio s'affoler ?
Si... c'est vrai...
Autant ?
...
Il avait l'impression que c'était différent. Mais... dans le fond, c'était peut-être normal. Oui, peut-être que son propre coeur ne faisait qu'essayer de battre comme ceux des autres. Il ne s'y connaissait pas vraiment, et c'était un sujet où il aurait sans doute toujours des lacunes. Il n'existait aucun livre pour l'expliquer... n'est-ce pas ?

Alors son front s'était frotté doucement contre celui de son coréen et il s'était concentré sur la véritable urgence du moment. Il ne comprendrait jamais comment un coeur battait de toute manière, autant prendre soin de son aîné avant d'être responsable de l'affaiblissement de battements qu'il aimait bien trop.
Et parce que le contaminer, alors qu'il n'était pas malade, était une crainte réelle, il avait tiré vers lui ce sac dont il aurait pourtant aimé cacher le contenu. Il n'avait même pas plus hésité que ça à l'ouvrir et à en sortir sa pharmacie. Même si c'était toujours un territoire sur lequel il voulait évoluer seul. De la honte, pour ça, il en avait. Mikio ne devait jamais l'imaginer dans cette chambre d'hôtel à se débattre avec ses cauchemars. Pas plus qu'il n'aurait dû imaginer ce qu'il faisait avant ça....
Alors pourquoi l'avoir ouvert ? Pourquoi s'exposer ainsi ?
Pour lui... parce qu'il ne voulait pas qu'il tombe malade.
Mais s'il avait fait autrement, son prénom ne lui aurait pas fait relever les yeux vers Mikio tandis qu'il fouillait dans sa trousse « ... ». Cette question, il ne l'aurait pas entendue « ... » et il n'aurait pas regardé Mikio quelques secondes sans qu'aucun son ne franchisse ses lèvres avant de baisser à nouveau les yeux vers les médicaments... avec cette honte qu'il ne cachait pas assez bien sur ses traits « ... » dire quelque chose... n'importe quoi.... Il pouvait lui répondre que c'était pour le "travail"... ça passerait bien... non ? Après tout, il allait souvent à l'hôtel... trop souvent et ses conquêtes, s'il ne les ramenait pas à l'appartement, il fallait bien qu'il couche avec ailleurs. Parfois chez elles, c'est vrai, mais pas toujours « ...c'est... c'est... » c'était quoi ? « ...c'est... rien... » ... si c'était rien, pourquoi ne lui disait-il pas ?

Mikio ne voulait pas savoir.
Il ne voulait pas savoir que depuis quelques temps, son petit "ange" fuyait à l'hôtel pour se reposer... parce qu'il était trop misérable pour le faire devant ses yeux. Il ne voulait pas non plus savoir qu'à coup de cachets et de douche froide, il essayait de se forcer au repos. Oui... alors qu'il aurait pourtant préféré rester près de lui....
ça, il ne pouvait pas se mentir. Parce qu'il y avait ce t-shirt qu'il serrait contre lui en se forçant au sommeil. Il y avait eu cet album photos, jamais offert, qu'il lui avait fait pour se concentrer et retrouver son calme.... Et il y avait eu son coeur qui se forçait toujours à s'imaginer être dans ses bras.
Mais c'était mieux comme ça... parce que ses cauchemars... ses crises qui en étaient le résultat, Mikio ne pouvait pas le voir comme ça.... Aujourd'hui, il n'aurait pas dû en deviner une partie et la fonction de ce sac qu'il taisait, elle aurait dû être là maintenant s'il n'avait pas tout fait foirer en chutant dans cette salle de bain...
« ...c'est pas bien... » alors il le savait ? « ...c'est pas bien... si tu sais... » évidemment, tout était une question de formulation.
C'était correct de faire les choses comme il le faisait... mais c'était quand même mieux si maman Mikio l'ignorait « ...c'est pas ... grave... » ... ce n'était pas grave mais ce n'était pas bien s'il savait.... Oui, il n'y avait probablement aucune logique.

Il valait mieux mettre ces médicaments dans sa main et s'en occuper « ...prends-ça... » couper court à cette conversation tandis que les actions démontraient que le coréen était définitivement quelqu'un de plus sage que lui. Il ne faisait pas sa mauvaise tête pour prendre des cachets. Il faisait mieux attention à lui. Naoki prenait mieux soin de lui quand il ne savait pas le faire envers sa propre personne. Mais oui, c'était différent, alors à quoi bon le souligner ? On ne pouvait pas comparer l'importance de la santé de Mikio avec la sienne. Evidemment. Il ne prendrait même pas le temps de réfléchir aux différences avec lesquelles il traitait ces deux santés.
Des cachets pris, un "merci" qui lui avait fait secouer la tête parce que c'était normal et puis un baiser qui lui avait fait perdre des mots éventuels. Sans protester, il s'était laissé attirer dans une nouvelle étreinte. Collé contre lui, il n'avait pas ordonné à ses mains de se serrer à nouveau à ce t-shirt, au-dessus de son bassin, non, elles l'avaient fait toutes seules par l'automatisme d'un coeur qui en avait bien trop envie.
Mais sa tête qui s'était reposée contre lui en savourant ces caresses dans ses cheveux, elle s'était bien évidemment secouée à la suite.
Sage... mais pas trop...

« Je prendrai un yaourt plus tard. »
évidemment... il ne pouvait pas y avoir d'autres réponses.
Mikio s'était battu pour des médicaments après s'être battu pour un médecin.
Et maintenant, il devrait mener un combat sur la nourriture.
Il n'avait pas faim ?
Il n'avait pourtant pas mangé aujourd'hui ?
Et hier ? Est-ce qu'il avait avalé plus d'un yaourt ?
... ce n'était pas un mensonge, il n'avait réellement pas d’appétit et ça n'avait aucun rapport avec les talents particuliers de Mikio derrière des fourneaux.
Il ne se sentait pas la force de s'obliger à manger quelque chose maintenant. Il le ferait, parce qu'il faisait des efforts, oui... mais plus tard, et juste pour un laitage. Il n'y avait bien que ça que son ventre accepterait.
Au moins, il ne lui avait pas fait l'affront de le prendre pour un con en lui sortant une excuse récurrente où il était un sage Naoki qui avait déjà mangé....




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     Sam 8 Juil 2017 - 23:09

just a spoonful of sugar
Naomi

Un souffle et coeur qui bondit. Naoki était à lui. Rien qu'à lui. Il le voulait toujours. Trop au point de le souhaiter trop fort. Au point de laisser des mots s'échapper de sa bouche quand il aurait dû les contenir dans son coeur... mais trop pour ne pas avoir la déraison de savourer chaque mot d'une réponse qu'il ne se lasserait jamais d'entendre. Encore. Son coeur l'avait réclamé. Tout comme il avait réclamé silencieusement ses baisers au lieu de les condamner. Il aimait bien trop ça... les lèvres de Naoki sur sa peau. Et parce qu'il était désespérément atteint, de telles excuses ne pouvaient lui donner envie que de subir ce crime à nouveau. Mikio était un faible, un fou. Rien de respectable. Pas quand il était à ce point possessif. Pas quand on éprouvait le besoin de posséder plus un coeur et un corps que l'on aurait déjà dû ne jamais effleurer de si près. Mikio était un faible, un fou et un idiot.
Parce qu'il aimait bien trop tout ça, toute cette affection. Il en avait terriblement besoin. Besoin de la retrouver et d'en avoir plus... Et ce plus... il le trouva sûrement dans ce surnom.

Mimi l'ourson.
En plus de n'y être pas habitué, en dehors de "Michan" qu'il avait très bien assimilé, trop même, au point de paniquer quand il entendait son vrai prénom de la bouche de l'étudiant, il n'avait pu s'empêcher de trouver celui-ci... plus qu'inattendu. Bien sûr que ça l'avait perturbé, troublé... mais sa réaction idiote, son bégaiement, il le regrettait profondément. Il n'avait pas été capable de reprendre ses caresses tout de suite et se maudissait pour ce délai. Parce qu'il n'avait pas pu ignorer que le trouble avait aussi gagné son protégé. Idiot. Il était malade, ce n'était pas de sa faute. Et puis... lui, il avait droit à "Bébé" et "mon ange", mais Nao, lui, était interdit de surnom ? D'accord, il pourrait toujours se défendre en disant que "Mimi l'ourson", il y avait de quoi se troubler... mais tant que ça ? A vrai dire, n'est-ce pas dans la même lignée que "Michan", certes ne glorifiant pas sa virilité, mais affectueuse et surtout innocente ? Quand on pouvait largement reprocher à ses sobriquets de ne refléter là que les désirs retord de son coeur détraqué...
Alors son excuse lui avait serré le coeur et sa tête s'était secoué. Non, non, il ne voulait pas que Nao culpabilise. Se traitant une énième fois de crétin, il s'était ordonné de se reprendre suffisamment pour articuler un pénible : « N-non... ne t'excuse pas, c'est... mh… » ... mignon ? Terriblement. Et de façon tout à fait incompréhensible. Il n'aimait pas les surnoms mais celui-ci... Pourquoi avait-il trouvé ça mignon, doux et même... non... mais si. Plaisant. Son visage avait bien pris feu pour toutes ces raisons contradictoires qui se bousculaient dans sa tête et qui lui avait fait ajouter avec plus de confusion : « C'est comme ça... que tu me vois ? » Il n’y avait pas de reprocher dans son ton. C'était étrange surtout quand sa mère et sa grand-mère le surnommait "renard", principalement à cause de ses yeux. Mais cette image un peu idiote de lui dans la peau de l'ourson jaune de Disney et cette façon dont elle sonnait dans la bouche de Naoki... Il avait... aimé ça ? De sa bouche. Uniquement de sa bouche. Uniquement pour lui. Oui, si c'était pour son bébé alors... Quel droit avait-il pour lui refuser ? Et c'était aussi pour ça qu'il avait regretté sa réaction à cette excuse. Il avait cru, bêtement, ne plus le réentendre... « Mimi l’ourson… » Venant de lui, ça lui semblait encore plus étrange... Il ne comprenait toujours pas pourquoi Nao avait fait cette association. Sûrement parce qu'il ne se voyait pas directement le matin, au réveil, quand il avait cette attitude d'ourson mal réveillé, ni lorsqu'il se posait quelque part avec sa boite de biscuit qu'il grignotait avec sa tête de... hamster ?
Combien d'animaux Mikio avait-il en lui exactement ?
Jae lui répondrait probablement qu'il manquait un éléphant ou une baleine.
Cependant, dans sa réflexion où tous ces faits ne l'avait pas effleurés, un sourire attendri s'était dessiné sur ses lèvres. Ses mains doucement reprirent ses caresses. C'était toujours troublant mais... quelque part... il avait bien aimé...

Ce qui n'avait cependant pas suffit à apaiser son coeur et ses rougeurs et Nao n'avait fait qu'amplifier le phénomène en se rapprochant si près de lui. Ce n'était pas la première fois, c'était idiot de se troubler pour ça mais... comment était-il supposé retrouver un rythme raisonnable quand son cadet cherchait à l'évaluer par lui-même à même sa peau... ?
Evidemment… ça cognait si fort là dedans… c’était inévitable. Nao l’avait remarqué. Pire, il l’avait souligné. « …. » Le feu sur ses joues n’avait que repris de plus belle et parce qu’il s’agissait probablement du plus vicieux des cercles, le coeur du Coréen ne s’en était que plus affolé. Si fort… ça relevait de l’euphémisme. Son coeur était devenu fou, il allait lâcher. Parce que Nao lui disait toutes ces choses, parce qu’il était près de lui, si près de lui, trop près et pourtant jamais assez… Parce qu’il avait retrouvé de cette proximité dangereuse qui lui était devenu indispensable pour vivre aujourd’hui et parce qu’il avait le droit de l’appeler ‘’bébé’’ ou ‘’mon ange’’. Parce que Nao était à lui et qu’il était son ‘’Mimi l’ourson’’. Parce que Nao semblait vraiment intrigué par des battements que lui-même provoquait…
Ses yeux s’étaient détournés quelques secondes mais il avait trouvé la force de relever le regard vers son visage confus à cette question qui l’était tout autant. Quoi ? Est-ce que c’était normal que son coeur batte si fort à cet instant ?
Non. Ca ne l’était pas. Il n’avait jamais battu aussi fort de sa vie, du moins, pas avant qu’il ne rencontre Naoki. Jamais aussi vite, même avec une fille qu’il aurait cru aimer. Même avec Jin Ah et certainement pas avec un homme. Mikio possédait un coeur faible qui battait volontiers pour des personne qu’il pensait pouvoir aimer… mais jamais à ce point. Lorsqu’il avait rencontré Naoki pour la première fois, jamais - comment aurait-il pu ? - il n’avait cru que sa pompe à sang battrait des record. Mais aujourd’hui, il ne l’avait plus fait que pour lui. Si fort, si vite, qu’il s’était détraqué pour ne plus battre uniquement qu’à la folie. Alors que pouvait-il bien lui répondre maintenant sans avoir l’air d’un fou ?

Sa tête sembla lentement décrire un non, quoiqu’incertain, comme si son corps trahissait des pensées qu’il n’était pas certain d’avouer. Cherchant son souffle quand il s’enivrait déjà trop à celui de son cadet, il répondit à la limite du murmure : « C’est… toi… C’est de ta faute… » Accuser Naoki était peut-être honnête mais on n’était pas certain que cela éclairait la lanterne du plus jeune quand il semblait si perdu lorsqu’on parlait de coeur. Pourtant, c’était on ne peut plus clair pour Mikio… et tandis que lui s’était clairement égaré sur son visage et cette réelle proximité qu’il sembla tout juste réaliser, il ajouta dans un même souffle : « C’est toujours comme ça… avec toi… » Ailleurs, il n’en avait pas seulement l’air… Il était distrait, pour ne pas dire obnubilé, par ce souffle qui rencontrait le sien et caressait ses lèvres. Envouté par le mouvement que celles de Naoki faisaient, si près des siennes…. Qu’est-ce qu’il foutait ? Qu’il arrête de fixer cette bouche tout de suite… Ce n’était pas le moment. Ce ne serait jamais le moment. Mais certainement pas quand Naoki avait autant de fièvre, encore moins quand il avait la main sur son coeur… Il était bête Mikio. Croyait-il que de cette façon, Nao serait capable de lire ses battements comme s’il lisait ses pensées ? Il ne devait pas. Tais toi… Arrête de battre si fort…. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?
C’était sûrement tous ces sentiments qui allaient bien au delà de la volonté de le protéger… plus vers celle de le posséder… Ca n’allait pas du tout. Comment était-il censé étouffer ce genre de désirs s’il n’arrivait même plus à raisonner son coeur durant ce genre de moment ?

Il le fallait. Se faire violence et ne pas faire de connerie, il s’y était plié mais c’était sûrement Naoki qui l’avait sauvé à cet instant. Plus raisonnable et animé par de véritables bonnes intentions, celui qui était malade avait souhaité soigner son infirmier. Forcé de revenir sur Terre, il avait même un peu trop atterri tandis que son esprit se focalisait désormais sur le contenu de ce fameux sac et son utilité. Toutes ces affaires, ces cachets… Naoki n’avait pas souhaité lui dire de quoi il s’agissait plus tôt et le Coréen s’était d’abord contenté de ce que ça n’était pas. Seulement, il s’agirait sûrement d’une erreur que de rester sur cette seule affirmation quand l’état de son protégé l’inquiétait réellement et qu’il ne pouvait plus se permettre de se laisser berner par ses mensonges. Ca ne l’enchantait pas et en dehors du fait qu’il n’était pas du genre à se mêler de la vie privée d’autrui, chose qui ne s’appliquait plus depuis longtemps à Naoki, il avouait en craindre la véritable raison si le plus jeune était si réticent à le lui dire. Mais il devait savoir et il n’avait pas retenu plus longtemps une question qui avait sans surprise bien eu l’air d’embêter l’étudiant.
Et ce fut malheureusement encore plus sans surprise qu’il accueillit cette première réponse qu’il attendait. Mais ne voulait pas. Ce n’était jamais rien avec Naoki. Et il était fatigué d’entendre toujours cette même réplique. Il avait néanmoins eu un bête un espoir à son hésitation… vraiment bête. Est-ce qu’il pouvait en rester là ? Ce sac, il pouvait avoir des tas d’utilité sans gravité… mais ce serait la pire conclusion à avoir quand Naoki lui cachait indéniablement quelque chose. Et ses soupçons ne s’étaient que plus renforcés à la suite, tandis que ses sourcils s’étaient froncés. Ce n’était pas bien ? Ce n’était pas grave, mais ce n’était pas bien… Mais ce qui n’était pas grave pour Naoki était généralement tout l’inverse pour le Coréen. Déglutir lui fut pénible et son poing se serra sur la couverture comme si cela pouvait atténuer la douleur de son estomac tordu. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Qu’est-ce que Naoki lui cachait ?
Ses iris sombres fixaient son cadet et ne le quittèrent que quelques secondes pour recevoir ces cachets qu’il lui avait mis dans sa main. Pour le soigner autant que pour couper court à cette conversation manifestement. Mais si ses doigts s’étaient refermés sur les comprimés, il avait posé la bouteille d’eau pour libérer son autre main et la poser doucement sur le bras du garçon. Dans son regard, bien que la gravité était présente, ne brillait aucune colère. Uniquement une préoccupation à laquelle il voulait mettre fin… « Naoki… » Ce regard fuyant qu’il avait vu tout à l’heure… Son coeur s’en trouvait encore serré. Ce sac, ce n’était rien d’anodin… et peut-être que la réponse ne lui plairait pas… mais il devait savoir. Il devait comprendre. Il devait aider Naoki… pour de vrai… « Je ne me fâcherais pas… mais il faut que tu me le dises.... s’il te plait… » Son pouce, doucement, avait pressé son épaule dans une caresse qu’il voulait encourageante, avant que sa main ne remonte plus franchement sur sa joue qu’il pressa brièvement, non sans douceur. Sérieusement, Mikio… Naoki avait 21 ans, combien de fois faudrait-il le lui répéter ? Est-ce qu’il pensait sincèrement qu’il avait peur de se faire gronder par Papa Michan ?

Au moins, Papa Michan s’était montré de bonne foi ensuite en prenant docilement les cachets que Nao lui avait remis. Son regard n’avait pas quitté le visage de Naoki. S’il était incapable de dissimuler entièrement son anxiété, il était resté calme, patient. C’était tout ce qu’il pouvait faire et il n’avait de toute façon aucune envie de hurler sur celui qu’il voulait protéger.

Il avait préféré le remercier pour les médicaments et l’attirer de nouveau contre lui maintenant qu’il était un plus « protégé ». Ses yeux se fermèrent et il réprima un soupire d’aise à cette proximité retrouvée. Oui, c’est vrai que Naoki avait été terriblement loin jusque là. Tandis que ses doigts jouaient tendrement dans les cheveux de l’Italien, son coeur n’avait pas pu s’empêcher de noter la présence trop volontaire de ses mains autour de lui, ravivant ce rythme rapide et doux à la fois dans sa poitrine. Ca lui faisait du bien que Nao ne se retienne plus… Trop pour qu’il songe à risquer de l’éloigner encore. Il voulait garder Nao près de lui… veiller sur lui… prendre soin de lui… C’était pour ça qu’après avoir savourer quelques minutes une étreinte dont il avait probablement plus besoin que son cadet, il s’était mis en tête de le nourrir.
Il s’était peut-être montrer un peu trop enthousiaste au vu du résultat… Une déception qui se traduit par une moue désappointée, sans pour autant que ses doigts ne cesse de s’affairer dans sa crinière.

« Ca te fera du bien une soupe… »

Un yaourt, c’était trop peu. Est-ce que c’était vraiment tout ce qu’il mangeait depuis des mois ? Il voulait bien croire aux bienfaits des produits laitiers, mais il doutait sérieusement qu’un yaourt par jour suffisait vraiment à faire tenir un corps déjà fatigué… Il attrape doucement quelques unes de ses mèches de cheveux pour les serrer entre ses doigts tandis que son nez vint se frotter affectueusement sur le haut de son crâne : « Il faut que tu reprennes des forces bébé… » Et du poids, avait-il songé sans se troubler à ce surnom qui était sorti tout seul. Naoki était dramatiquement léger. Il le sentait à peine sur lui quand il était pourtant plus grand. Ses joues creuses s’ajoutaient aux cernes de ses yeux et il n’était pas trop dur en affirmant qu’il détestait ce visage là… Il voulait que Nao retrouve la santé. Il voulait que bientôt, ce corps se retrouvent avachi sur lui parce qu’il en avait envie et non parce qu’il n’avait plus de forces… Il voulait que Nao sourit et que sa fossette creuse une joue plus charnue. Il voulait que ses yeux puissent retrouver les siens pour pouvoir se noyer dans ce regard qu’il aimait tant….
 
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     Sam 22 Juil 2017 - 19:44
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EXORDIUM.
Est-ce qu'il n'était pas un peu idiot ? Beaucoup en réalité.... Pour laisser passer un tel surnom qu'il n'avait clairement plus l'âge d'employer... encore moins pour quelqu'un comme Mikio.
Mimi l'ourson... évidemment que ça avait dû lui faire bizarre à son coréen.... Les petits surnoms italiens, ça passait encore... oui, même s'il avait tendance aujourd'hui à les penser d'une manière différente lorsqu'il les employait... ils prenaient un autre sens, ils étaient tous plus forts pour lui et pour son coeur qui les pensait avec un langage inexistant, avec des battements qui ne pourraient jamais se traduire en mots tant Mikio comptait pour lui.
Michan.... Michan, c'était simplement resté. Il avait commencé, sans doute avait-il trouvé ça amusant au début. Il avait continué. Il s'était habitué. Et l'appeler Mikio, curieusement, c'était devenu bien plus étrange que de le surnommer Michan.
Mais entre les tesoro, amore, ce surnom qui franchissait tout seul ses lèvres et Mimi l'ourson... il y avait un monde. Bien plus d'un monde probablement. Et maintenant ça l'embêtait, oui, même s'il ne l'avait pas fait exprès et qu'il était venu tout seul.

Simplement comme ça. Parce qu'il était contre lui. Entourée par cette douceur que son coeur réclamait bien trop... un coeur qui le suppliait de se laisser faire parce que ça faisait du bien d'être serré par ces bras là et de rendre une étreinte dont il avait besoin. Ne se sentait-il pas mieux lorsqu'ils étaient comme ça... si proches ? Ce sentiment d'être apaisé, il l'avait eu assez pour prononcer une idiotie qui, à raison, semblait avoir perturbé son aîné suffisamment pour lui faire arrêter ses gestes.
S'excuser, c'était normal. Mikio avait beau être le doudou idéal qui nous apportait du réconfort quand on le serrait contre soi, il n'avait pas tellement signé pour ça. C'était les microbes, la fatigue, il était un peu confus... il ferait plus attention, il essaierait en tout cas. Oui, même si dans le fond, ce surnom ne venait pas de nul part. Son coréen avait bien tout de cet "ami" si précieux qu'on nous offrait enfant et qu'on avait bien du mal à abandonner en grandissant même si la fierté faisait qu'on n'avait pas le choix.
Mais, dans son cas, si on lui avait offert un "Mimi l'ourson" enfant, s'il avait pu avoir le droit de le garder, il n'aurait jamais abandonné dans un placard la chaleur que son coeur ne cessait de réclamer.
Qu'est-ce qu'il en savait ? Il n'avait pas une grande expérience en la matière et Mikio n'était définitivement pas une peluche.
C'est vrai, il était bien plus que ça. Et qu'importe la forme qu'il pourrait prendre dans un rêve éveillé qu'il s'inventerait... il aurait toujours ce qui ferait qu'il serait incapable de s'en séparer. Qu'importe comment un souhait irréalisable aurait pu lui donner, son coeur aurait su le voir... que c'était tout simplement lui dont il avait besoin... celui pour lequel il voulait battre et celui dont il voulait rester proche sans jamais être forcé de s'en éloigner. Avec un Mikio dans sa vie, celle-ci aurait été beaucoup moins sombre. Cette lumière, il aurait cherché à la garder à l'abri de son père pour la protéger et, égoïstement, pouvoir se réfugier quand il le pouvait dans un monde plus doux où les douleurs se taisaient au profit de la chaleur et de sensations déstabilisantes qui perturbaient son coeur avec trop de facilité.

Mais maintenant, il était bien dans la réalité. Il avait beau sembler l'oublier pour faire semblant de rêver avec son Michan, il n'était pas l'enfant qui tentait dans sa tête de créer un rêve sans savoir réellement comment ça marchait... ça ne marchait pas vraiment d'ailleurs... parce que quand on fermait les yeux, au final, on ne retrouvait jamais ce à quoi on avait essayé de penser de toutes nos forces. Non, c'était quand même les cauchemars... toujours sa réalité même dans son sommeil.
On persistait, encore... et puis encore un peu... on avait beau finir par se dire qu'on y arriverait jamais, que les vrais rêves, ceux avec les yeux fermés dans un monde reposant qu'on refusait de quitter au matin, ce n'était pas pour nous... on essayait... parce qu'au final c'était mieux que rien de faire semblant parfois qu'on savait de quoi ça parlait ce verbe "rêver". On enviait pas vraiment les autres parce qu'on avait conscience que si on n'y avait pas le droit, c'était bien parce qu'on ne le méritait pas... mais on trouvait ça un peu réconfortant de s'enfermer dans un monde qui n'existerait jamais... dans du vent, de la douceur qu'on ne pourrait jamais réellement saisir, des rires qu'on entendait pas vraiment ou de la lumière qu'on emporterait jamais avec nous en revenant à la réalité.

Mais... là, il n'était pas ce Naoki. Et il n'était pas non plus tout seul. Alors, il était naturel de secouer la tête quand Mikio demandait de ne pas s'excuser. Evidemment qu'on le devait ! Et répondre à la question suivante ?
... c'était probablement mieux de dire non. Il s'était trompé ou Mikio n'avait pas bien compris... « ... oui... un peu... parfois.... » minimiser, bonne stratégie oui « ... le matin, quand t'es mal réveillé, beaucoup.... » mais ne pas trop minimiser non plus visiblement « ... et puis, j'ai toujours envie de te serrer contre moi... » ... avant de le refaire passer pour un doudou qu'on gardait dans nos bras pour se bercer. C'était idiot, et même s'il s'était mordu la lèvre un instant, il avait cru bon de continuer à répondre plus honnêtement à la question « ... tu sais, comme ... avec un ours en peluche pour les enfants. » oui, pour "les" enfants qu'il n'avait jamais été... il n'y connaissait pas grand chose à l'enfance, c'est vrai, mais il s'était manifestement assez cultivé sur le sujet pour surnommer son colocataire de cet étrange surnom.
Et si c'était venu comme ça maintenant, c'était bien parce qu'il cherchait de la douceur contre lui... qu'il avait envie d'être serré fort par ses bras et de lui rendre une étreinte qui n'en finirait plus... mais quand même, il n'avait plus trois ans... « ... c'est toujours mieux quand on est comme ça... » avoue-le, justifie-le... avant de demander pardon à un Naoki plus raisonnable qui lutterait pour se rattraper plus tard.
Demander à rester seul pour se cacher, prétexter qu'il en avait besoin... c'était certain, il n'y aurait pas plus crédible que lui dans tout l'immeuble, voir dans tout Tokyo.
Mais après tout maintenant, quelle importance si son ourson acceptait de reprendre ses caresses ? Oui, ce n'était pas trop grave d'être stupide... et puis, son coeur serait probablement ravi de le voir lutter, de le savoir condamné à rester avec son coréen qu'il aimait un peu trop... beaucoup trop... de chaque battement.

Et des battements... des beaucoup plus beaux que les siens, il en sentait à présent en grand nombre contre sa main. Tellement, et des si forts, que les mots n'avaient pu s'empêcher de franchir ses lèvres pour le remarquer. Est-ce que c'était normal ? Ou est-ce que c'était quelque chose de spécial ? Le coeur de Mikio ne battait pas toujours comme ça... il avait des manières différentes... c'est vrai qu'il battait souvent beaucoup.... Mais aujourd'hui, il avait l'impression que c'était plus et que sa main pouvait sentir des coups plus forts. Il se faisait peut-être des idées... ce n'était peut-être que la fièvre et la fatigue qui faussaient son jugement.
Sa faute ?
Sous l'incompréhension, ses yeux s'étaient plissés un instant et il avait semblé réfléchir à l'accusation quand d'autres n'en n'auraient probablement pas eu besoin. Parce que c'était bizarre....
Bizarre pour lui qui prenait avec facilité les fautes ?
Oui... mais là...
... c'est vrai, son coeur battait si vite... et si fort... mais c'était de jolis battements... comme c'était toujours le cas avec le coeur de son coréen...
Alors... qu'une aussi belle chose soit de sa faute... c'était suffisant pour que son regard se trouble légèrement avant que la suite ne vienne plus certainement le perdre « ... » et sa bouche s'était ouverte un instant sans qu'aucun mot ne soit capable de la franchir. Un instant, ses yeux s'étaient baissés sans que son front ne vienne pour autant se décoller, et ils n'étaient jamais réellement parvenus à regarder en direction de ce coeur que sa main refusait de quitter.
Sa faute.... Sa faute à lui... quelque chose d'aussi beau ?
... le coeur de Mikio battait comme ça quand il était là... ? Comment est-ce qu'il battait d'habitude ?
... est-ce qu'il avait les plus jolis battements ?
... lui ... ?

C'était idiot, tellement idiot... et son autre main avait tenté de balayer rapidement une idiotie qui s'était échappée sur sa joue. Comme pour dire que ce serait la seule et qu'il ne pleurerait pas, ou que ça allait, sa tête s'était secouée doucement avant que sa main ne se presse davantage sur le coeur de son coréen.
Pour lui....
Pourquoi est-ce qu'il avait un si beau cadeau ?
Quelques secondes, ses yeux s'étaient fermés tandis que ses doigts glissaient doucement contre le coeur de son coréen. Est-ce qu'il pouvait bien les mémoriser ces battements-là ?
« ... comment est-ce qu'il bat normalement... ? » malgré l'absurdité de la question, ses yeux s'étaient rouvert et son front s'était pressé un peu plus contre le sien comme s'il cherchait à les rapprocher. Il avait senti que ces battements prenaient un nouveau rythme et dans les siens étaient montés l'envie d'être encore plus proche de son coréen... celle de couvrir sa peau de baisers et de rester des heures, une éternité, à simplement l'aimer. C'est que... il en était tellement fou de Mikio.
Oui, il en était fou au point de connaître plusieurs rythmes à son coeur sur le bout des doigts qui tapaient parfois contre un matelas pour le reproduire.
Il y en avait des plus ou moins rapides.
Celui quand il dormait... il était plus calme... mais tellement joli aussi. S'il avait pu, il aurait voulu que ce soit ce son là qui le berce vers le sommeil. ça... et la voix de Mikio, ça marchait généralement très bien... quand il se l'accordait... avant....
Mais il s'était refusé ce droit... c'était forcément mal pour lui quand c'était trop agréable ?
... ce n'était pas tout à fait ça....

Maintenant... maintenant tout était différent et il abusait sans doute un peu trop du rêve. Il oubliait tous les interdits au point que sur ses lèvres, sans qu'aucun son ne les franchisse pourtant, il s'était formé un silencieux je t'aime tandis qu'il se perdait davantage dans les bras de son aîné.
Ils étaient bien trop proches à présent. Et s'il n'avait pas conscience de la bêtise tentante pour son coréen, il s'était efforcé de ne pas céder à celles qui battaient dans son coeur pour souhaiter plus de faiblesse. Ses doigts s'étaient perdus un peu plus en tendresse contre ce torse et il s'était enfin décidé à faire ce pour quoi il était sorti de sa cachette.
Est-ce qu'il était content maintenant de ne pas être resté sous sa couette dans cette douce chaleur ?
... Il le fallait. Il devait les donner ces médicaments à Mikio. C'était mieux ça que de lui donner ses microbes et de le voir malade.
« ... » et il pensait s'en tirer avec un classique "c'est rien" ?
Embêté, son regard s'était relevé un instant vers celui de Mikio avant de trouver cette main qui s'était posée sur son bras. Et puis, il avait dévié plus bas sur celle qui retenait les médicaments sans les prendre. Oui, c'était mieux de regarder plus bas maintenant. Il pouvait s'enterrer pour se cacher, ce serait encore plus simple quand il ne savait taire sur ses expressions ce sentiment de honte.
Si ce n'était rien, si ce n'était pas grave. Il n'aurait rien dû laisser passer et simplement dire la première excuse pas trop mal qu'il trouverait.
« ... pardon... »  ou commencer par s'excuser.... C'était tout ce qu'il savait faire au final.

Il ne pouvait pas le dire à Mikio. Il n'en n'avait pas non plus envie. Il ne voulait pas que son aîné l'imagine comme ça... Il en avait déjà trop vu.... Et pourtant, il était loin de s'imaginer à quel point celui dont il s'occupait maintenant pouvait être pathétique.
Nerveux, il s'était mordu la lèvre et son regard avait retrouvé un instant celui du chanteur à cette main sur sa joue. Il ne savait pas trop pourquoi il avait fait l'effort de se débattre avec des mots « ... c'est juste... pour le travail... »  quand il savait très bien qu'il ne voulait pas vraiment parler comme ça maintenant. Surtout quand celle qu'il voyait généralement à cet endroit-là, Mikio savait très bien ce qu'il faisait avec... et c'était bien un service contre salaire « ... »  et comment est-ce qu'il expliquait le contenu de ce sac si ce n'était que pour le travail ? Ce n'était pas logique et il le savait bien non ? Que Mikio n'attendait pas un mensonge de plus....
Alors, ses yeux avaient fouillé plus bas dans un soupir, de réponses, il n'y en avait pas vraiment.
Ce n'était pas grave... ou pas si grave...
« ... J'y vais parfois quand.... je suis trop.... »  "fatigué" était un mot qu'il ne savait pas prononcer comme "malade" ? Et puis, où est-ce qu'il allait exactement ? Papa Michan n'avait pas demandé le jeu du texte à trous... « ... à l'hôtel... un peu.... »  oui, un peu, pendant la journée... parce qu'il lui avait promis de faire des efforts... « ... comme ça, après... quand je rentre... »  ... il était mieux et il ne l'inquiétait pas trop son coréen. Il essayait simplement de lui couvrir les yeux après s'être battu seul à l'hôtel. Il ne s'en était même pas rendu compte que cette manie avait repris... que ses doigts se trituraient à présent nerveusement entre eux. Pourtant, il avait les yeux fixés sur ses mains tremblantes qui ne s'épargnaient pas entre elles « ... enfin... je t'avais dit que... je ferai attention... et puis... » ... ce n'était pas vraiment ça qu'il voulait dire. Il ne voulait pas vraiment rappeler sa promesse. C'était juste plus simple d'aller vers le pourquoi que d'expliquer ce qu'il y faisait dans cette chambre d'hôtel.

Et rien que d'y penser lui, rien que d'en parler, sans pourtant véritablement le faire, devant Mikio, il s'était senti un peu plus honteux. Ses doigts s'étaient resserrés fort autour de son index dans lequel ses ongles s'étaient plantés avant de le triturer avec nervosité « ... mais c'est rien... » vraiment rien... c'était juste le mieux à faire, c'était comme ça qu'il devait faire pour adapter les seules habitudes qu'il pouvait avoir quand ça n'allait pas « ... c'est comme ça que... je dois faire... mais c'est rien... »  oui, il n'aurait pas dû être là maintenant. Ce n'était pas du tout comme ça qu'il devait gérer les choses. Normalement, ce matin, il aurait dû réussir à quitter cet appartement pour retrouver cette chambre d'hôtel. A la place, il était toujours là, sur son coréen, à se débattre avec des mots difficilement compréhensibles « ... tu dois pas t'inquiéter... ça va.... »  et parce qu'il s'était probablement rappelé que Mikio n'aimait pas ce genre de mots, qu'il n'avait pas le droit de lui demander ça, il s'était mordu la lèvre et son regard s'était relevé une fois encore avec hésitation vers le visage de son coréen pour retrouver bien vite ses mains.
Oui, lui il était comme ça. Il n'était pas comme Kô. Pas comme Mikio. Il n'était pas quelqu'un de bien. Et des différences, il en voyait tellement quand il se trouvait dans cette chambre d'hôtel. Mais les mots qui étaient en train de blesser son coeur, il les avait retenu parce que c'était probablement un peu trop honnête pour être dit à haute voix.

Et pourtant, maintenant, il se laissait profiter de ce qu'il ne méritait pas vraiment. Il se laissait attirer dans les bras du coréen pour recevoir de la douceur que Mikio aurait dû garder pour quelqu'un d'autre.
Ses mains s'étaient serrées pour se retenir à lui, sa tête n'avait pas cherché à s'éloigner pour échapper à la douceur que son aîné voulait toujours bien lui donner... malgré l'enfant récalcitrant qu'il avait à garder.
Il ne mangeait pratiquement plus rien ces derniers temps. Aujourd'hui, il n'avait rien avaler. Hier, il n'avait dû prendre qu'un yaourt et ce n'était pas mieux les jours d'avant. Oui, il avait le sentiment de déjà se forcer mais ce n'était manifestement pas assez « ... je n'ai pas très faim.... », ce n'était pourtant pas un mensonge. Son estomac ne réclamait rien et refuserait probablement d'en prendre trop. Oui, sans doute aussi parce qu'il l'avait habitué à de trop petites quantités depuis un moment.
Mais l'enfant borné qu'il était avait un adversaire de taille aujourd'hui « .... » un adversaire qui négociait avec un surnom qui avait accéléré aussitôt le rythme de son coeur et rapproché son corps du sien tandis que son visage venait trouver refuge dans le cou de son aîné « ... Michan.... » c'est tout ce qu'il avait soufflé d'une voix faible.
Céder n'était pourtant pas une bonne idée. Il n'était vraiment pas certain que cette soupe lui fasse du bien, elle l'achèverait plus probablement mais de ça, Mikio n'en n'avait pas conscience quand il l'avait cuisiné pour lui... pour prendre soin de lui... « ... je ne sais pas si ça va passer.... » le contraire était même certain et pourtant, il était sur le point de céder juste pour faire plaisir à ce fourbe coréen qui usait de techniques trop douces avec lui aujourd'hui « ... en ce moment, j'ai du mal à.... » oui, tellement fourbes qu'il en oubliait tous ces "j'ai déjà mangé" ... « ... je veux dire.... » rien, se taire était encore la meilleure réponse quand il n'était clairement pas en état aujourd'hui de faire attention à ce qu'il racontait.
Correction. Il aurait pu s'en sortir mieux si son adversaire n'était pas Mikio... celui qui affaiblissait bien trop ses défenses.




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     Dim 23 Juil 2017 - 22:24

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Naomi

Mimi l’ourson. C’était ce qu’il était aux yeux de Naoki. Enfin « parfois ». « un peu ». C’était étrange, oui, selon lui et ses yeux s’étaient un instant plissé pour marquer son interrogation. Étrange mais pas déplaisant… Pas de sa part. Il était, pour dire vrai, plus intrigué que vexé et il était curieux d’en comprendre les raisons. Il n’allait pas être déçu… L’honnêteté qui suivit lui fit d’abord hausser les sourcils, comme surpris avant qu’il ne sente ses joues chauffer un peu plus. Le matin… il était mal réveillé… il ressemblait à un ourson ? … vraiment ? Il ne se voyait pas. Il savait que le réveil n’était jamais des plus simple pour lui mais il ne s’était jamais fait la réflexion sur ce à quoi il ressemblait quand il était encore dans le pâté. Il s’en moquait jusqu’à maintenant. Jusqu’à cette question qui n’aurait pas dû lui traverser l’esprit : est-ce que Naoki le trouvait… mignon ?
Et s’il n’eut pas le temps de spéculer sur la réponse, son coeur ne bondit qu’un peu plus à cette nouvelle explication. Ce n’était décidément pas le genre de conversation appropriée qu’on avait avec son colocataire… mais à quel point il s’en fichait quand il sentait son coeur fondre à cet aveu qui aurait dû être interdit pour toute personne craquant un peu trop sur cette bouille enfantine. Des battements affolés par une étrange euphorie résonnèrent plus fort dans sa poitrine tandis que les yeux presque arrondis du chanteur étaient incapables de se détourner de ce gosse fiévreux. Non, ce n’était pas normal d’être aussi mignon. Et lui, lui il ne devait pas faiblir à ce genre de confession quand Nao était aussi faible contre lui. Ce n’était pas correct de permettre à sa pompe à sang de s’emballer de cette façon. Ce n’était pas plus correct de se répéter que son cadet était trop adorable pour son bien, pas plus que ça ne l’était que de souhaiter que Nao le fasse, oui, qu’il le serre autant qu’il le voulait dans ses bras si c’était ce dont il avait envie. Et c’était terriblement idiot que vouloir être cette peluche pour un jeune homme de 21 ans quand il était lui même un humain de 24 printemps. Mais il s’en moquait… si c’était ce que Nao voulait, si c’était comme ça qu’il aimait penser à lui… Mikio voulait être ce Mimi l’ourson pour lui. Celui qui le serrerait dans ses bras dans les meilleurs moments comme dans les plus difficiles. Celui qui le rassurerait quand Nao aurait peur et même lorsque tout allait bien. Celui qui le câlinerait parce qu’il serait aussi un ourson en grande demande d’amour…
Il devait sûrement avoir un problème pour sourire aussi niaisement à présent en se complaisant de sa nouvelle condition. Il était atteint. Chaque jour un peu plus. Mais ça, c’était de la faute de Naoki… c’était lui qui affaiblissait chaque fois un peu plus son coeur… mais ce n’était pas grave. Mikio ne s’en plaignait pas. Loin de là, jamais et encore moins maintenant que ses doigts avaient repris ses caresses tant dans ses cheveux que dans son dos, ramenant même un peu plus le corps du garçon contre le sien comme pour remplir pleinement son rôle d’ours en peluche.

« Je vois… si c’est ce que tu veux alors… je veux bien l’être… ton Mimi l’ourson… »

D’accord, c’était un peu gênant à voix haute. Ses pommettes avaient tiré un peu plus dans le rouge. Heureusement Nao ne pouvait pas voir. Ce n’était pas très utile d’enfouir un peu plus son nez dans sa crinière sombre. Ce n’était pas tant pour se cacher que pour s’enivrer un peu mieux de son odeur à vrai dire… Parce qu’au fond, ce n’était pas très important. Nao était important. Et il voulait lui donner tout l’amour qu’il méritait…
Aussi, l’aveu suivant ne pu évidemment que provoquer un plus grand cognement contre sa cage thoracique. Un soupire lui avait échappé et par réflexe ses bras s’étaient mieux serrés autour de lui. « Oui… ça c’est vrai… » Avec ça… il ne pouvait qu’être d’accord… Il n’y avait rien de mieux que lorsqu’ils étaient ensemble. Aucune autre sensation au monde ne valait celle qu’il ressentait lorsqu’ils s’étreignaient. Enfin… il y en avait peut-être une, dans un genre à peine différent… mais il était interdit d’y penser. Surtout maintenant… A la place, il avait seulement songé qu’il avait été trop con un peu plus tôt à croire que Naoki ne voulait pas de cette proximité qu’ils réclamaient tous les deux… Il ne le laisserait plus. Il n’avait ni le droit, ni le coeur.

Et ce dernier fut rapidement mis à rude épreuve. Ce semblant de sérénité et joie qu’il avait trouvé dans cette étreinte, il ne l’avait finalement que peu savouré avant que tout ne s’affole. Parce que Naoki était si près de lui, plus près de son coeur que cette main curieuse perturbait, plus près de son visage à en faire lutter les fines barrière de raisons qui lui restaient. Trop fine pour ne pas faire preuve d’une honnêteté qui avait aussi bien semblé troubler son protégé… Oui, c’était de sa faute si à cet instant, tout semblait se brouiller dans sa tête. Sa faute si chaque fois que Nao l’approchait un peu trop, tout déraillait dans sa poitrine. Il ne savait plus ce qu’était la raison quand les distances étaient si faibles entre eux… et il était à ne pas en douter assez fou pour ne pas souhaiter qu’il s’éloigner. Même si ses pensées n’avaient rien de bon. Même si ce souffle qui rencontrait le sien le mènerait probablement un jour à sa perte… ou du moins vers une connerie qu’il menaçait trop souvent de faire. Heureusement - ? - son enivrement s’était vu troubler par un geste inattendu et le Coréen parvint à relever légèrement le regard pour observer cette main qui était venu balayer sa joue. Est-ce que c’était une larme qu’il venait de chasser ? Mikio sembla retrouver la Terre, au moins quelques secondes, pour froncer les sourcils et s’inquiéter pour son protégé… Nao pleurait ? Etait-ce la fièvre ou la fatigue ? « Hé… Bébé… » n’avait-il pu s’empêcher de s’enquérir. Evidemment, Nao n’avait sûrement pas voulu inquiéter son aîné et c’était ce que devait signifier ce mouvement de tête. Un énième « ce n’est rien ». Mais à cette pression contre sa poitrine, son coeur avait battu plus fort comme s’il avait voulu se loger au creux de sa main. La sienne n’avait su se retenir de remonter sur sa joue pour la caresser doucement et s’assurer qu’aucune autre larme ne glisse sur sa peau… Qu’est-ce qui avait troublé Naoki à ce point ? Qu’est-ce que s’était passé dans son coeur et dans sa tête ? Les prunelles du chanteur avaient scruté le visage tant aimé de son cadet comme pour tenter d’en percer une énième fois les secrets. Sans succès encore… parce que Naoki demeurerait sûrement toujours sa plus grande énigme.

Mais ses questions prirent fin à celle du plus jeune. Le trouble et la confusion avait remplacée l’inquiétude dans la tête du Coréen. Comment son coeur battait… normalement ? Aussi inattendue qu’elle était, la question semblait vraiment tarauder l’étudiant. Le coeur de Mikio, plus général, avait l’air de le fasciner… comme si, à l’instar de son aîné, Naoki souhaitait aussi en comprendre tous les secrets… et cette idée ne troubla que davantage le métis qui sentit des pulsations plus vives cogner dans sa gorge, l’obligeant à entrouvrir les lèvres pour trouver un souffle que Nao semblait lui voler…
Comment est-ce qu’il battait normalement ?
… comment pouvait-il le savoir quand Naoki se pressait de cette manière contre lui et provoquait des battements toujours plus affolés ? Plus bruyants aussi… il ne pouvait pas réfléchir, il en était incapable quand il était si près, si demandeur de proximité et de chaleur…
Mais puisque cette question était absurde et impossible à résoudre parce que Naoki ne le lui permettait pas, il avait le droit de ne pas y répondre n’est-ce pas ?
… Il avait cherché. Un instant, ses yeux s’étaient clos pour ne plus se laisser déstabiliser par cette vision trop tentatrice… Il y avait toujours son souffle sur ses lèvres et ses doigts obstinés contre sa poitrine mais il s’était fait violence pour réfléchir et apporter une réponse à son cadet. Et alors, au bout d’une minute, peut-être moins, Mikio ne put que confesser dans un souffle :

« Je ne sais plus… j’ai oublié depuis… »

Depuis que Nao était rentré dans sa vie. Depuis qu’il avait détraqué ses battements. Son coeur, il avait oublié comment il battait avant lui. C’est vrai qu’il s’affolait toujours quand Nao était là, près de lui. Parfois, il suffisait qu’il soit juste dans la même pièce. Le chanteur s’était habitué à ces battements là au quotidien, au point que souvent, seul l’absence de son protégé lui faisait remarquer que son coeur ne battait plus si bien. Et lorsqu’ils étaient trop proches, alors il lui rappelait qu’il n’avait jamais battu aussi fort avant… et pourtant il était incapable de se souvenir de cette sensation qui devait être tristement fade. Devoir y penser lui avait même semblé absurde finalement… pourquoi s’infliger des souvenirs qui ne semblaient plus avoir de sens à présent ? Il battait pour lui aujourd’hui… avant ? Il ne savait pas. Peut-être qu’il l’avait juste attendu.
C’était sûrement triste, et il s’en voulait un peu quelque part, d’avoir même essayé de repenser à Jin Ah pour tenter de se remémorer. Même avant d’avoir connu Naoki… cette femme qu’il avait pourtant cru aimer de tout son coeur, celle qui indéniablement lui avait apporté plus d’amour que toutes les autres… il n’arrivait pas à mettre de rythme sur ces moments-là. Les seuls qui lui revenaient, c’était ceux qu’il avait eu avec elle quelques semaines plus tôt…. mais qui ne lui étaient tristement pas destiné. Pas une fois, ses battements si forts ne s’étaient accordé avec son nom… aussi agréable avaient pu être leurs échange et le reste, son coeur n’avait jamais battu que pour un autre. Quand leurs lèvres se rencontraient…. c’était à d’autres qu’il pensait. Ces mêmes lèvres que ses yeux avaient retrouvés, provoquant ainsi une nouvelle salve de cognements assourdissants dans sa poitrine, sa gorge et ses tempes….et seule une voix lointaine parvenait à s’élever parmi ce brouhaha entêtant… une voix qu’il essayait de taire depuis trop de temps que son coeur, à la merci d’une main plus dangereuse que jamais, ne pouvait ignorer à cet instant… cette voix qui martelait qu’il était un idiot, mais qu'il était surtout fou…. fou de ce souffle contre ses lèvres… fou de ces caresses sur sa peau… fou de ces larmes déchirantes et magnifiques… fou de cette voix addictive… fou d’une proximité trop risquée…. fou du souvenir de ces baisers volés….. tout simplement fou de lui… de Naoki… désespérément….
Et faire face à ce fait qu’il faisait en sorte de taire avait accéléré son rythme cardiaque comme jamais… Et plus encore en songeant que Nao pouvait les sentir… est-ce qu’il saurait les lire ? Est-ce qu’il pouvait le démasquer… ? L’affolement était réel et pas uniquement provoqué par cette crainte… il y avait son souffle qui s’était emballé et qu’il peinait à maîtriser tandis que son regard refusait de lâcher cette bouche… cette bouche qui venait de bouger… elle avait formé des mots qu’il désespéré d’entendre et en crevait encore plus de ne savoir lui répondre convenablement… Il l’aimait. Oui, lui aussi… comme un fou… comme il n’aurait pas dû…. il l’aimait d’une façon qui dépassait la déraison et l’interdit au point que son regard s’étaient brouillé… et juste cette fois, il remercia le fait que Nao était incapable de le regarder dans les yeux… parce qu’il aurait pu y lire, il en était convaincu, une réponse trop honnête qu’il se cachait à lui-même…
Il était…. Il était…
…. depuis quand ses lèvres étaient si proches des siennes.. ?
C’était son souffle… c’était de sa faute et celle de ce coeur.
Stop. Il avait soudainement fermé très fort les yeux et figé tous ses gestes. Son front s’était pressé plus fort contre celui de Naoki mais il avait empêché son visage s’avancer plus. Il s’était fait violence pour taire toutes ces pensées criminelles dans sa tête. Qu’est-ce qu’il foutait ? Qu’est-ce qu'il foutait bordel ? Ce n’était pas le moment. Ce ne serait jamais le moment… et encore moins quand il était malade… oui, même s’il le rendait si faible… à croire qu’il était celui qui avait de la fièvre… malheureusement, ce que son coeur lui avait soufflé trop fort, ce n’était pas qu’un délire. Il l’était vraiment…. amoureux de Naoki…

S’il avait retrouvé un semblant de raison, bien qu’encore extrêmement troublé, c’est Naoki qui se montra plus raisonnable en revenant au sujet des cachets. Moins quand il avait fallu en venir à ce fameux sac. Nao eut beau tenter de le dissuader avec des mots que Mikio connaissaient par coeur, ça ne marcherait pas cette fois. Parce que cette expression sur son visage, autant que cette excuse, ne lui confirmait que trop bien que ce n’était pas rien. Nao lui cachait quelque chose qu’il ne voulait pas avouer à son aîné… et s’il aurait pu être dans son droit, Mikio savait que ce n’était pas quelque chose qu’il devait ignorer. Que ce n’était pas nullement grave comme son cadet voulait le lui faire croire….
Cependant, l’aîné s’était refusé à le brusquer. S’il rebutait à le faire en temps normal et s’en mordait toujours bien trop les doigts, l’état de Nao le dissuadait plus particulièrement de se montrer dur avec lui. Alors, pour l’encourager il lui avait promis de ne pas se fâcher… ce qui était assez étonnant finalement pour lui. Mikio… n’était-il pas censé ne jamais se mettre en colère ? C’était vrai. Sauf contre Nao… il était le seul… le seul par lequel il ne supportait pas se faire abuser… le seul pour qui l’inquiétude et l’attachement le rendait fou d’angoisse au point d’être sorti plusieurs fois malgré lui de ses gonds. Et c’était bien pour cette raison qu’il avait promis… Parce que Nao ne devait pas le craindre et parce que lui-même, il devait se tenir… Ses réactions, il ne contrôlait pas toujours avec lui… de moins en moins à vrai dire, comme il venait si bien de l’illustrer plus tôt…

Il lut une hésitation dans son regard qui avait enfin osé croiser le sien. Un très bref instant. Mais assez pour que son pouce ne l’encourage davantage d’une caresse.
Mais voilà. Cette première réponse lui fit l’effet d’une lame cruellement plantée dans son coeur. Le travail. Ce que Naoki appelait « travail », c’était toutes ses conquêtes dont le Coréen ne voulait pas entendre parler. C’était bien le genre de réponse qu’il détestait et que le plus jeune savait normalement éviter. C’était idiot. Affreusement idiot. Parce que Nao couchait avec qui il voulait, il était majeur, libre et…. et il menait la vie privée qu’il souhaitait bien sûr. Ca ne devait pas affecter Mikio. Pourquoi ça l’affecterait ? Pour toutes ces mêmes raisons qui le rendaient affreusement con avec l’étudiant…. Mais il n’avait pas son mot à dire. En fait, il ne cherchait jamais à donner son avis… c’était le genre de sujet qui le braquait assez pour vouloir clore le sujet et l’éviter comme la peste. Ca suffisait en général pour que Mikio ne se montre pas plus désireux d’en savoir plus… Et ça aurait pu être une de ces fois, d’autant que le souvenir de Koteda était encore trop frais, donnant à ce « travail » une dimension encore plus détestable. Trop pour que, malgré sa promesse, il ne sente pas la colère gronder en lui à la seule idée que son protégé puisse se retrouver à sa merci dans un lit pour obtenir ses médicaments… Ses traits s’étaient crispés et la rage brûlait au fond de ses iris qu’il avait préféré détourner pour ne pas effrayer son cadet… parce que ce n’était pas contre lui qu’il était furieux. Cette femme le dégoutait, le répugnait… il n’avait jamais ressenti autant de haine à la simple évocation - ou non - d’une personne qu’il n’avait pourtant pas côtoyée une heure.
Il aurait pu en rester là et accepter, non sans douleur, que c’était bien ce pourquoi était fait son sac. Il aurait pu bêtement prendre ce mensonge astucieux pour vérité si une pointe de bon sens ne l’avait rattrapé, aidé par une attitude incertaine de la part de Naoki. Son regard dériva sur le sac et son contenu qu’il apercevait partiellement. Ca ne collait pas. Il se maudit et se répéta qu’il était bien trop con pour se laisser emporter par de telles conneries… conneries qui ne l’auraient jamais atteint avant… mais il était toujours qu’un crétin quand il s’agissait de ce gosse là…
Ce sac était rempli d’affaires et de boites de médicaments. Il se trompait s’il pensait qu’il s’agissait du butin rapporté par ses heures donnés à Koteda… Ne fonctionnaient-ils pas sur ordonnance ? Et  puis c’était clairement des médicaments que Naoki usait en prévention… un usage qui semblait presque quotidien… Quant à ses affaires à l’intérieur, il y en avait trop pour qu’il ne s’agisse d’un simple sac pour visiter ses conquêtes… Il découchait définitivement avec. Or, le mystère restait entier puisque Naoki « dormait » ici tous les soirs…. Alors qu’est-ce qu’il pouvait bien faire avec ce sac ? Qu’avait-il loupé ?

Le scepticisme avait dû se lire sur son visage et en vérité il s’apprêtait bien à émettre une objection bien qu’un peu tardive, mais Nao avait finit par rajouter de lui-même une autre explication. Que le Coréen ne comprit pas vraiment… ou du moins pas tout de suite. Naoki allait où ? Quand il était trop quoi ? Ses sourcils froncés par l’incompréhension, il avait dévisagé sans mot son cadet à la recherche de réponse. Sa main refusait de lâcher son bras sans se montrer pressante. Il voulait comprendre… et il finit par le faire. Tandis que l’étudiant précisait par morceau, les choses lui apparurent alors plus clairement en y mettant aussi un peu de réflexion.
L’hôtel. Voilà qui expliquait bien des choses. Même si le raisonnement de Nao lui échappait, il parvenait à comprendre certaine choses et l’une d’elle le percuta tandis qu’une nouvelle fois, son regard s’égara sur le sac : « …. Tu comptais y aller ce matin, c’est ça ? » C’était pour ça qu’il s’était levé si tôt. Et c’était pour ça aussi qu’il s’éclipsait tous les autres matins, trop souvent peu après l’aube ou à une heure clairement inhumaine pour le paresseux - ou l’ourson selon les points de vus - que Mikio était… Et quand l’heure était assez avancée pour que ce départ nécessite une justification, Nao prétextait tantôt retrouver un ami, tantôt une conquête sans même souvent avoir besoin de le dire parce que le Coréen se faisait ses films tout seul… Comme c’était pratique parce qu’il était trop con. Nao n’allait ni faire une course, ni voir Ren, ou Mardi… quand ses yeux étaient plus cernés que les autres jours, quand son teint faisait peur à voir peu aidé par le creux de ses joues… C’était à l’hôtel qu’il se rendait. Parce qu’il ne dormait pas la nuit… il attendait d’être là-bas pour le faire… Et à ce pourquoi, il trouva pour une fois très vite une réponse : les cauchemars. Tout comme Nao avait souhaité le chasser plus tôt, il n’avait tout ce temps pas voulu que Mikio se rende compte de ses crises fréquentes durant son sommeil… C’était ce qu’il comprenait en tout cas en assemblant ce puzzle complexe qu’il n’avait pas été capable de résoudre durant tout ce temps. Son ventre se tordit. Il n’avait rien vu. Tout ce temps, il avait fermé les yeux, fait semblant de chercher, il n’avait pas été assez attentif. Il avait été trop con. Et surtout, un piètre protecteur…. et pendant tout ce temps, Nao était seul. Seul avec ses cauchemars….

Il se maudit un peu et son regard dériva vers le bas, accablé par la culpabilité et la honte d’avoir été si mauvais. Et son coeur s’était serré un peu plus au rappel d’une promesse qui s’était révélée être un véritable échec. Et c’était en premier lieu celui de Mikio et non celui de Naoki… parce qu’il avait été assez naïf de croire que ça suffirait pour le protége. Quelques mots qui n’avaient pas été assez fort. Parce que ce n’était rien des mots… Naoki ne prenait pas soin de lui. Il ne l’avait jamais fait, même tout ce temps… C’était Mikio qu’il avait préservé. Rien de plus. Lui… il avait continué de se torturer comme il torturait ses doigts…. Parce que ce n’était rien et qu’il ne méritait pas que le Coréen s’inquiète pour lui. Ses sourcils se froncèrent en même temps que son coeur s’écrasa. A quel point tout cela était-il absurde ? Naoki était vraiment extraordinaire…

S’il était peut-être temps qu’il s’exprime, il ne le fit pas tout de suite. Ses mains réagirent avant sa bouche et capturèrent celles de son cadet pour faire cesser ce manège insoutenable. Non. Naoki n’avait jamais arrêté de se faire du mal… et le pire dans tout ça, c’était qu’il le faisait trop souvent devant le nez du Coréen… et que ce dernier ne faisait rien. « Arrête… » Sa voix n’était ni grondante, ni suppliante. C’était un souffle, presque un murmure et pourtant assez ferme. Son regard était fixé sur ces mains qu’il serra doucement, veillant à ce qu’aucun doigt ne continue à se blesser. « Arrête ça… » répéta-t-il sur le même ton avant d’emmener doucement ses doigts vers sa bouche. Avec une infinie précaution, il embrassa ses phalanges à plusieurs reprises avant de souffler d’une voix tout aussi basse mais claire : « Tu vas les abîmer… » Ses mains… ses jolies mains… A force de les maltraiter, il allait avoir du mal à jouer… or, il n’y avait rien de plus précieux pour un musicien que ses mains. Naoki ne devait pas les abîmer. Ni elles, ni lui.

« Ne fais plus ça Naoki… »

Cette fois, ses yeux s’étaient plantés dans ceux de son cadet. Sans lâcher ses mains, il l’avait regarder un instant, laissant planer le doute sur sa demande. Il ne devait plus se faire du mal aux mains ? « Ne vas plus là bas… » précisa-t-il rapidement, sur un ton qui ne laissait transparaitre aucune colère. L’hôtel… Il n’avait plus besoin d’y aller maintenant. Il n’avait plus besoin de s’y forcer… Il avait été trop aveugle pour l’en empêcher avant, mais c’était terminer à présent. Il serait là pour lui…. Il ne le laisserait plus se battre seul contre des démons qui le bouffaient à chaque fois qu’il fermait les yeux. Sa poitrine se compressa… c’était affreux. Il ne pouvait pas l’ignorer cette image… Naoki peinait déjà affreusement quand Mikio l’aidait à se réveiller… Comment faisait-il alors lorsqu’il était seul dans cette chambre ? Ses mains emprisonnèrent plus certainement les siennes qu’il colla une nouvelle fois contre ses lèvres comme pour chercher à chasser tardivement sa douleur. Ses yeux brillants trahirent une peine qu’il aurait voulu moins visible tandis que sa voix, qui jusque là était parvenue à rester calme, s’était faite plus affectée : « Pourquoi tu t’inflige ça Naoki… ? Je suis là, moi… Pourquoi tu ne comptes pas plus sur moi… ? » Il n’avait pas cherché à accabler son protégé. Ces reproches étaient plus de véritables questions… des rappels de promesses qu’il lui avait déjà faites des mois et des mois en arrière. Il était là… il pouvait se reposer sur lui… alors pourquoi ne le faisait-il pas ? A quoi servait-il sinon ? « Ca ira maintenant… t’as plus à faire ça… Je serais là… T’as plus à rester tout seul… » Il l’avait déjà été depuis trop longtemps….
Déposant un dernier baiser sur ses mains, il ne les lâcha que pour attirer Naoki contre lui et le serrer avec force. Ses lèvres s’apposèrent sur sa tempe et ses caresses reprirent pour ne plus cesser, même lorsque le sujet changea.

Il s’agissait désormais de fair avaler quelque chose à l’étudiant. Il s’était peut-être un peu emballé en lui proposant directement sa soupe qu’il avait pourtant faite spécialement pour lui. Y avoir mis beaucoup d’amour ne changerait probablement rien au fait que Nao n’avait pas d’appétit ces temps. Et qu’elle demeurait probablement immangeable. Mais ça, malheureusement, Mikio était le seul à l’ignorer… Pourtant cette réponse n’étonna guère le Coréen. Marquant une pause sans cesser ses caresses dans cheveux et dans son dos, il avait tenté de se montrer convainquant sans faire attention à l’emploie d’un surnom qui devenait décidément trop fréquent. L’état de Naoki y était sans aucun doute pour quelque chose et il n’arrivait pas à s’empêcher de le voir autrement que comme un gamin. Un gamin qui malmenait bien trop son coeur par ses réactions et ce même s’il s’agissait de faire la forte tête… Ce « Michan » là, oui… il avait mis un sacré coup dans la poitrine du chanteur. C’était injuste d’être aussi mignon, de se plaindre de cette façon et d’essayer d’acheter l’infirmier avec des câlins… Mais parce que Nao ne faisait pas exprès, Mikio ne l’avait pas disputé et c’était même mieux laisser attendrir. Pire encore, il avait resserré son étreinte pour renforcer ses caresses, réprimant un frisson à ce souffle dans son cou.
« Mh… » Une nouvelle pause et le chanteur réfléchit, semblant nourrir sa réflexion en entortillant ses doigts dans les mèches du plus jeune. Naoki avait arrêté de s’alimenter correctement bien avant de tomber malade - ce qui avait dû participer probablement à chopper la mort. Cependant, il ne pouvait pas ignorer que manger était difficile quand était malade, surtout les premiers jours. Naoki devait reprendre des forces, c’était important… Mais il ne pouvait le forcer à lui faire avaler son poulet. Même en soupe, c’était peut-être encore un peu trop consistant ? L’aveu de Naoki le conforta dans cette pensée avant qu’il ne baisse le regard sur lui et cette autre confession. Il n’était pas aller jusqu’au bout de celle-là et sûrement parce que l’aîné était trop concentrer dans son mode nounou, il crut d’abord que Nao pensait à « avaler » plutôt que « manger » en général. Parce qu’il avait songé à sa gorge et qu’il s’était demandé si Nao avait trop mal pour que ça passe….
Alors, il était resté encore quelques secondes silencieux, un air profondément songeur sur le visage tandis que ses doigts jouaient encore sa crinière. « Mh… Tu as mal à la gorge ? » Quoi ? Il allait lui proposer de sucer un bonbon ? Encore faudrait-il que Naoki lui réponde honnêtement… mais il n’y avait pas pensé, enchainant d’une voix douce, trop douce même sûrement… Oui, il parlait à Naoki comme s’il avait 3 ans… « Ca te dirait un chocolat chaud ? Ca passera peut-être mieux que la soupe…. Si je mets du miel dedans, ça fera aussi du bien à ta gorge. » Mimi l’ourson consentait à lui céder de son miel, oui. L’avantage, c’est qu’un chocolat chaud, Mikio pouvait difficilement l’empoisonner.
 
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     Sam 29 Juil 2017 - 15:09
Just a spoonful of sugar
EXORDIUM.
Il aurait sans doute mieux fait de rester là, à tenter de percer les mystères d’un cœur, à se concentrer sur des battements dont il n’avait pas été formé à la compréhension. Il risquait de contaminer Mikio à chaque seconde mais l’égoïsme était au moins une place sans honte. Une place où il aurait pu se perdre sans mal quand elle consistait à sentir ce cœur auquel il était accroc. Cette merveille abritée dans le torse de cette personne remplie de magie qu’était son coréen.
C’était contre production, il le savait bien mais s’il en avait eu le droit, il se serait trop volontiers « contenté » d’occuper cette place pour toujours. Est-ce qu’il aurait pu apprendre chaque battement par cœur ? Est-ce qu’il aurait pu en comprendre certains ? Est-ce qu’à force d’attention, il aurait fini par déchiffrer ces mots étranges prononcés quelques secondes plus tôt et qui avaient laissé échapper une larme sur sa joue en menaçant d’en faire couler de plus nombreuses ? Comment est-ce qu’il pouvait admettre que quelque chose qu’il était loin de valoir était pour lui ?
Oui… il lui aurait fallu bien plus d’une vie pour ça et en avoir une moins abimée à la base. Mais il aurait pu essayer juste pour le plaisir de pouvoir écouter pour toujours ces choses si jolies.
Souhaiter ce vœu étrange qu’au lieu d’être un objet à manipuler pour parfaire le portrait Serizawa, il puisse être un battement… rien qu’un du cœur que possédait Park Mikio... peut-être qu’il l’avait déjà fait….

Au bout de combien de battements finirait-il par se lasser ?
Il n’existerait pas. Ce battement où il finirait par penser qu’il en avait assez entendu, que ses doigts en avaient senti assez. Parce que pour toujours, il serait complètement accroc à ces rythmes qui étaient capables de l’envoûter maintenant. C’était une si belle mélodie. Qu’importe comme elle se jouait, le cœur de Mikio était aussi magnifique que la voix qu’il possédait.
Pour lui, il était tout simplement parfait. Et bien plus encore. Il faudrait sans doute inventer un mot pour le décrire quand la perfection était bien moins passionnante que lui.
Comment est-ce que battait le cœur de Michan normalement ?
Il ne le saurait pas aujourd’hui.
Mais peut-être qu’il aurait mieux valu se demander pourquoi il battait si fort, si vite maintenant ?
Il ne pourrait pas le comprendre n’est-ce pas ? Ça faisait partie des choses où il n’était pas capable d’apporter une réponse. Du moins pas la bonne. Et dire tout bas, contre des lèvres trop proches des siennes « ... c’est vraiment... très fort… » n’aiderait en rien sinon le trahir un peu plus sur l’obsession qu’il avait pour ce cœur. Ce rythme le troublait… il voulait en entendre plus… quelque part, dans son cœur, il y avait quelque chose qui résonnait pour émettre ce souhait.
… et cette envie de le garder contre lui… ce « à jamais » qu’il devait s’efforcer de taire« ... ça… »  ça quoi ?
Ça…
… le rendait confus manifestement…
« ... ça… fait tout drôle dans le mien… » … et étrange… ou gamin… on aurait dit qu’il n’avait jamais rien appris dans la vie.
Non. Il avait appris beaucoup. C’était la vie en elle-même qu’il n’avait jamais appris. Cette vie que Mikio essayait d’amener dans son cœur sans même s’en rendre compte.
Il n’y connaissait rien à tout ça. Il n’était pas supposé pouvoir comprendre tous ces mystères. Et pourtant, son cœur essayait avec force de s’adapter.
Il n’avait pas le choix. Comment ne pas battre dans ces bras ? Comment ne pas battre si près d’un visage qu’il affectionnait tant ? Comment résister quand ses doigts touchaient des battements dans lesquels il aurait voulu se noyer pour l’éternité.
Des « je t’aime », il était pris de l’envie de lui en murmurer sans fin jusqu’à ce que le manque de souffle l’en prive.

S’il s’interdisait bien souvent de se perdre, oui, il aurait probablement mieux valu le faire maintenant.
Il n’en n’aurait pas été capable, c’est vrai. Parce que ces médicaments, il voulait que Mikio les prenne et il redoutait avec trop de craintes de partager les microbes dont il niait l’existence.
Mais maintenant il avait ouvert la boîte de Pandore et il devait répondre de son existence.
Comment est-ce qu’il avait pu répondre si honnêtement ?
Ce n’était pas permis. Il n’avait pas le droit de faire ça. Lui, il était supposé mentir et être ce parfait italien pour lequel on ne se posait aucune question. Cet italien qu’on regardait en pensant qu’il était con et n’avait aucun souci, assez pour être bienheureux et n’avoir à s’en faire de rien. Il était un petit con. Oui, un petit con plus assuré que l’image qu’il montrait maintenant.
S’il avait été un italien qui se rendait à l’hôtel pour coucher avec ses conquêtes, il n’aurait pas eu l’air si honteux maintenant.
Mais non, il avait beau avoir du succès, il n’était pas qu’un séducteur. Dans le fond, il y avait quelqu’un de bien plus abîmé. Quelqu’un qu’il cachait soigneusement parce qu’il ne serait jamais capable de soigner ses blessures pour le faire sortir à la lumière. Cette lumière à laquelle il était allergique tant il était une partie de l’obscurité.
Et pourtant, maintenant, ce n’était pas vraiment l’italien qui parlait. Ce n’était pas lui qui venait de confesser le mot « hôtel » comme s’il s’agissait là d’un lieu dont on devait taire l’existence. Le séducteur, pour réponse à cette dernière question, il aurait dû sourire et avouer qu’il fréquentait pas mal d’hôtels de la ville en raison de son trop grand répertoire. Il aurait même pu en rajouter une couche avec son « travail à domicile » qu’il faisait parfois.

Oui, même si de ses conquêtes, il n’en parlait jamais à Mikio. Jamais. Il n’y avait pas vraiment de quoi se vanter, c’est vrai, mais ça aurait été bien mieux que ce regard qu’il avait relevé une seconde vers son aîné avant de retrouver ses mains. Bien mieux que ce hochement de tête et cette réponse soufflée « ... oui.... » il aurait dû mentir.
C’était là la seule réponse qu’il devait donner.
Mikio n’était pas obligé de savoir où il voulait fuir plus tôt et où il espérerait encore pouvoir le faire plus tard.
Et pourtant, il lui avait reconnu d’un simple mot que, s’il n’avait pas perdu connaissance dans leur salle de bain, il serait désormais dans une chambre d’hôtel froide. Mikio n’avait pas les détails… il pouvait toujours s’en consoler pour demander pardon à un Naoki qui se débrouillait mieux… quand il n’était pas si faible… et quand ce n’était pas Mikio.
Mais s’il n’avait pas parlé tout haut… il savait lui… assez pour sentir cette honte le rendre plus mal encore au point que la douleur qu’il s’infligeait aux doigts ne lui semblait pas être suffisante maintenant.

Il le savait non ? Qu’il n’avait pas sa place ici ? Qu’il n’avait pas à profiter de l’affection de quelqu’un comme Mikio…
Et Mikio allait bien finir par le savoir aussi qu’il ne valait pas grand-chose.
… tant mieux non ? Ça arrangerait tout. Il n’aurait plus qu’à partir d’ici et imaginer un Mikio soulagé puis heureux… surtout heureux, c’était tout ce qu’il demandait. Tout serait plus juste si de son côté il n’abusait plus de ce qu’il n’avait jamais mérité et de ce que Mikio lui donnait toujours.
Pourquoi est-ce qu’il était venu vivre dans cet appartement à la base ?
Est-ce qu’il avait besoin de plus de temps dans cette chambre d’hôtel à pointer les différences entre ses colocataires et lui pour comprendre que, même s’il ne s’en sentait pas la force, il ne devait plus attendre ici de blesser des personnes qui, en plus de compter pour lui, ne méritaient pas d’être abimées.
Avoir honte de soi était une chose… vivre avec la certitude d’avoir abîmé son si précieux coréen en était une autre qu’il ne pourrait pas supporter. Il ne ferait pas trois pas avec cette culpabilité-là.

Lorsque son aîné avait arrêté son « jeu », lui n’avait pu s’empêcher de sursauter avant de relever les yeux un bref instant vers le visage du chanteur.
Et c’était au-dessus de ses forces, Mikio avait bien dû le sentir que sur le moment, plutôt que d’obéir, ses mains avaient bien tenté faiblement de se libérer. C’était plus fort que lui, oui. Un tic qu’il était préférable de cacher… et qui ne s’était arrêté réellement qu’à la répétition de son aîné. Le désir de lui reprendre était pourtant toujours là, presque comme un besoin, un automatisme qui avait fait légèrement trembler ses mains retenues en otage. C’était la fièvre… il dirait que c’était la fièvre « ... pardon.... » pourquoi s’excuser quand il recommencerait sitôt ses mains libérées ?
Malgré ses mains portées jusqu’aux lèvres de son coréen ?
Ses yeux les avaient suivi jusqu’à ce qu’elles rencontrent des baisers, son regard s’était troublé « .... » et il n’avait pas été capable de prononcer le moindre mot tandis que l’une des questions habituelles revenaient dans sa tête.
Pourquoi Mikio était aussi gentil avec lui comme ça ?
… il ne comprenait vraiment pas qu’il prenait soin de quelqu’un qui avait décidé de continuer sur le chemin du pathétisme parce qu’il ne semblait pas capable d’en emprunter un autre ?
Devait-il lui rappeler comment il obtenait les médicaments dans ce sac pour lui faire ouvrir les yeux ?
Oui… c’est ça… il avait trop honte pour le faire de toute manière « ... je suis désolé... » et comme toujours, il ne savait que s’excuser.

Pourtant, si on lui demandait de quoi, est-ce qu’il aurait su répondre ?
Quand il était évident qu’il pouvait très bien continuer sur la même lancée sans remettre en doute une seule seconde la méthode qu’il s’était choisi pour tenir cette promesse faite à Mikio.
C’était… il faisait toujours comme ça. Et que Mikio prenne soin de lui aujourd’hui, et autant, c’était ridiculement perturbant. Il… « ... je ne comprends pas… » … oui… rien du tout même. Et Mikio n’en comprendrait pas plus quand lui avait décidé de ne pas poursuivre ce début de confession. Ça ne concernait même pas ses mains que son aîné semblait vouloir protéger quand il s’était donné tant de mal à les torturer quelques secondes plus tôt.
Les abîmer… sa tête s’était secouée sans s’expliquer. Abîmer, il l’était déjà bien trop pour prêter attention à ces petits détails insignifiants.
Alors pourquoi ne pas lui retirer ses mains au lieu de laisser Mikio les soulager avec de la tendresse ?
Coupable, il s’était mordu la lèvre avant que sa bouche ne s’ouvre pour laisser passer, comme souvent, du silence « … ». Ses yeux s’étaient perdus un instant de plus sur ce kidnapping trop tendre, puis, ils avaient retrouvé le bas à cette consigne qu’il ne pouvait pas respecter.

Du moins, il ne pouvait pas promettre de ne jamais chasser les angoisses de cette manière quand il était difficile pour lui de se contrôler. En public, il pouvait… normalement… et puis… oui, c’était Mikio ou celui seul qui avait le don de perturber son jeu d’acteur parfait.
Mais le perturbateur ne parlait pas de ce « jeu », non, il lui parlait d’une confession faite plus tôt et qui ne cessait de le rendre plus honteux encore « ... je … » il quoi ? Sans se libérer, par réflexe, ses mains avaient cherché à revenir vers lui probablement pour reprendre leur jeu tandis qu’il luttait à s’exprimer pour une simple incapacité « ... je ne peux pas… » oui il était obligé d’aller là-bas. Il était obligé de coucher avec Saeko contre des ordonnances. Il était obligé de se traiter de cette manière… pour que ça aille mieux.
L’idée pouvait sembler grotesque et pourtant, il n’y avait bien que comme ça que ça marchait avec lui.
Ah oui ? N’allait-il pas mieux quand il se laissait aller avec Mikio ?
… il n’avait pas le droit et puis… il ne pouvait pas montrer tout ça à Mikio… non… rien que de l’imaginer… il se sentait plus mal encore « ... je ne peux pas… » et il se répétait. Il ne pouvait pas plus se laisser aller avec son coréen quand il le faisait trop. Il n’avait pas le droit…. Tout comme répondre à ce pourquoi. Alors, au lieu d’en rajouter à cette phrase, sa tête s’était secouée avant de se pencher pour pouvoir se frotter contre son épaule et tenter de balayer sur sa chemise les larmes qu’il soupçonnait s’être échappées de ses yeux. Ou c’était la chaleur, quelques gouttes de sueur ou ses yeux rendus brillants par la fièvre. Peut-être qu’il pourrait se chercher des excuses à sa faiblesse.
Mais quand sa tête s’était penchée un peu plus vers le bas comme s’il cherchait à se cacher à tout prix, qu’est-ce qu’il pouvait trouver pour démentir un mal évident en lui ?
Est-ce que c’était la mention de cette solitude qui avait fait peiner un peu plus sa volonté à ne pas se montrer trop touché par ce qui était supposé n’être qu’un rien, un pas grand-chose dont il fallait s’inquiéter…
« ... ça va… c’est rien… » au moins, il était toujours capable de continuer cette technique peu efficace de persuasion « ... ça va… là-bas… »
Non, ça n’allait pas, et il le savait très bien dans le fond. Même si ça ne privait pas de le qualifier d’un « rien » parce qu’il s’agissait de lui….
Un « rien » qui ne l’empêchait pas de se laisser attirer contre un coréen…
Combien de temps est-ce que ça lui avait pris pour laisser ses mains libérées se serrer à lui ? Combien de temps pour enfouir sa tête dans son cou après son baiser ?
« ... je suis désolé Michan… »
Trop peu. Au moins autant de temps qu’entre ses « premières » excuses et les suivantes « ... pardon… » s’excuser, s’il faisait les choses biens, est-ce qu’il pouvait vraiment le faire ?

C’était sans doute incohérent. Mais ça l’était presque autant maintenant de manger quelque chose de préparé par Mikio quand on était déjà au bord de la mort.
Il résisterait hein ? Il ne s’achèverait pas en consommant cette soupe que son coréen avait dû préparer avec son cœur ?

Sauter par la fenêtre maintenant serait sans doute moins douloureux.
Il survivrait peut-être au vue de l’étreinte du si faible Maman Michan qui, plutôt que d’insister et de se montrer plus ferme, le serrait un peu plus contre lui pour s’offrir en réponse un malade qui avait tenté à son tour de se coller mieux à lui.
Faible et avec un « s » à la fin ce serait encore mieux.
Un gros « s » parce que le fourbe coréen l’affaiblissait si bien avec son affection capillaire au point que l’italien s’était perdu dans un murmure sans forces « ... plus tard… » qui manquait probablement de conviction.
En insistant un peu, l’empoisonneur des cuisines parviendrait à l’avoir. Qu’est-ce qu’il n’obtenait pas de lui après tout ? Un peu de tendresse, un sourire ou quelques mots prononcés d’une manière précieuse, mieux encore un « bébé » et l’enfant borné se faisait déjà plus docile.
Probablement pas au point de reconnaître ses symptômes, on s’en doutait, et pourtant, il s’était trahi d’une certaine manière quand son front s’était frotté un instant dans le cou de son coréen pour que ses yeux puissent regarder la boite de bonbons à laquelle il n’avait pas touché. S’il songeait à en prendre un ou à le demander, ou mieux encore à avouer qu’il peinait jusqu’à avaler sa salive, on ne le saurait jamais, cette bouche qui s’était ouverte s’était refermée lorsque le chanteur l’avait devancé pour une proposition moins dangereuse.

Evidemment, il n’avalerait rien, Mikio se fatiguait en vain et c’était peine perdue que de s’obstiner avec un gosse aussi borné que l’italien dont il avait hérité. Il ne parviendrait pas à le faire manger quand c’était déjà un miracle que d’être parvenu à lui donner ses médicaments « ... alors juste un tout petit peu… » un tout petit peu ? « ... Je veux bien faire un effort… » …………………………………….. « ... si ça te fait plaisir… » ……………………. Mais où était l’Italie ?
Dans les bras de son coréen … « ... Je pourrais avoir une paille avec ? » … et en enfance.



 
Just a spoonful of sugar - Naomi ♥
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