race against time |#| LIANGHOON

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
— I'M MADE IN KOREA —
— I'M MADE IN KOREA —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mar 8 Mai - 21:23
race against time ☽ Il avait passé la matinée à aider Soo Young à compléter les documents nécessaires à son début d’année scolaire. Rien de bien difficile : il était passé par là, lui aussi. Cependant, il lui avait fallu du temps et beaucoup de patience afin d’instruire sa sœur, dont le japonais était encore sommaire, malgré tous les efforts qu’il déployait pour l’aider à s’améliorer. Quand elle était finalement sortie, Liang avait posé les yeux sur le facteur, qui faisait visiblement route vers leur logement. Quand son regard croisa celui du vieil homme, il sentit son cœur battre accélérer. Encore plus quand il se dirigea plus précisément vers lui et lui remit une lettre à son nom, ainsi que quelques publicités et factures. Il fixa l’enveloppe pendant quelques longues secondes avant de refermer la porte.

Liang détestait recevoir du courrier. Les années lui avaient appris que trop de situations délicates commençaient par la réception d’une lettre ou d’un message. C’était en effet la poste qui lui avait appris, quelques années auparavant, le décès de son père. C’était également une lettre qui lui apportait, aujourd’hui, la plus mauvaise nouvelle qu’il aurait pu recevoir : son visa arrivait à expiration, et s’il ne parvenait pas à le faire renouveler, il allait devoir quitter le pays. Comment avait-il pu omettre une chose aussi importante que le renouvellement de son visa ? C’était ridicule, mais pas impossible. Trop de choses étaient venues perturber le calme apparent de sa vie, ces derniers temps. C’était une raison amplement suffisante.

Les yeux rivés sur cette maudite lettre, Liang ignorait quoi dire. Son frère était là, et il savait qu’il ne pouvait lui cacher la vérité, tout comme il l’avait fait avec leur père. Mais devait-il lui annoncer de but en blanc ? Il n’avait jamais réussi à s’exprimer directement, encore moins lorsque la situation était aussi délicate, mais avait-il le choix ? C’était l’histoire de quelques mois. « Hoonie ? » Ce surnom était suffisamment rare pour qu’il attire l’attention de son jumeau. C’était du moins le souhait du jeune homme. « Tu te souviens de la faillite du café ? » Elle était survenue si rapidement qu’il n’avait qu’à peine eu le temps de comprendre. Ses lèvres se pincèrent un instant, il tendit la feuille à son jumeau. « J’ai reçu ça aujourd’hui. » Un avis. Quelques mois pour se régulariser, où le renvoi chez lui. Il avait été facile de les faire entrer dans le pays, mais leur statut avait changé, depuis quelques temps, et ceux qui les avaient autrefois aidés n’étaient plus à même de le faire aujourd’hui. Plus important encore : il savait que sa mère et leurs sœurs n’approuveraient pas de vivre dans l’illégalité.

« J’ai jusqu’à la fin du mois de juillet… » Conscient de la délicatesse de sa situation, Liang préféra ne rien ajouter, laisser à son frère l’occasion de décanter les informations. Ji Hoon était au courant de la faillite de l’établissement dans lequel il travaillait, et il savait également qu’il n’avait, pour l’heure, trouvé aucun emploi officiel. Les seules activités qu’il avait étaient celles que lui donnaient les hommes pour qui ils travaillaient dans l’ombre. S’il ne trouvait rien, il serait renvoyé chez eux.

code par me'ow

_________________

mastermind

somewhere in the world you got a robber and a bank and the bank robbed the people, so the people rob the bank and the police came to get him but they let him get away 'cause they're all just workin' to get paid the very same ©️ me'ow

— I'M MADE IN KOREA —
— I'M MADE IN KOREA —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mar 8 Mai - 23:58
race against time ☽ La gloire, le succès, Ji Hoon commençait à baigner dedans, à se faire un nom. Il vivait sur son nuage, un nuage d’égocentrisme, où il ne pensait qu’à lui, qu’à sa carrière, qu’aux personnes qui l’adulaient et l’adoraient pour son image. Pour sa façon d’être, son style, ses photos. Il ne pensait plus à sa famille, donnant de ses nouvelles quand il pouvait, ne réalisant pas qu’il parlait principalement de lui, de ce qu’il avait fait, de ses prochains voyages. Il délaissait aussi Haruto, oubliait de se rendre à leurs rendez-vous, oubliant de passer du temps avec lui. Il oubliait le principal ; ceux qu’il aimait, ceux à qui il tenait. Un égoïsme sans pareil. Il n’avait pas prêté attention à la lettre qu’il avait reçu, lui demandant de régulariser son visa, son agence avait dit qu’elle le ferait pour lui, qu’il n’avait pas à s’en faire. Il ne manquerait plus qu’on ait à le laisser retourner en Corée du Sud !

Quelques heures en famille, il pouvait enfin manger les plats de sa mère. Il lui parlait un peu de Haruto, mais c’était automatiquement elle qui revenait sur sa carrière, sur ses plans. Elle était fière, mais elle s’inquiétait. Il la rassurait toujours, lui assurant que tout allait bien, qu’il était heureux. Fatigué, certes, mais il avait l’impression de profiter d’une vie qu’il n’avait jamais pu avoir auparavant, une vie de gloire, une vie où on le reconnaissait. On le reconnaissait enfin à sa juste valeur. C’était le principal, pour lui, et il ne voulait pas s’arrêter, voler toujours plus haut, devenir important. Il ne réalisait pas qu’on pouvait courir à sa perte.

Son surnom prononcé de la bouche de son frère eut le don de le laisser un instant coi. Il savait qu’il y avait toujours quelque chose de spécial quand il l’utilisait. Leur mère était sortie faire des courses, ils étaient seuls. Lentement, il hocha la tête. « Oui, ça fait déjà quelques semaines. » Il ne s’en faisait pas, ce n’était qu’une couverture, ce n’était pas comme si Liang gagnait des millions à travailler là. Il regarda la lettre qu’il lui tendit, il la reconnut. Il n’avait pas pensé à Liang. Pas pensé qu’il la recevrait aussi. Pourtant, n’était-ce pas évident que son jumeau l’aurait également. Ses yeux survolaient les kanjis, les comprenant sommairement. « Juillet ? » Il blêmit. Pour lui, ça avait été si simple, mais sans emploi, Liang serait obligé de quitter le pays. « Mais… Juillet, c’est dans deux mois ! »

Qu’il était intelligent quand il s’y mettait ! Ses yeux se levèrent sur Liang, tombant trop violemment de son nuage, un rire nerveux quitta ses lèvres. « La famille vient juste de s’installer à Tokyo, tu peux pas retourner en Corée… » Non, pas après tout ce qu’ils avaient traversés. Et Ji Hoon ne pouvait toujours pas vivre sans son jumeau près de lui. Il se sentait mal dès qu’il ne le voyait pas plus d’une journée. Ils avaient appris à prendre un peu d’indépendance récemment, mais cela ne signifiait pas qu’ils arrivaient réellement à vivre l’un sans l’autre. Non, Ji Hoon avait trop besoin de lui. « Qu’est-ce qu’on peut faire, Liang ? On peut pas tout quitter… On vit ici maintenant. » Ils ne pouvaient pas tout reprendre à zéro, pas encore. « Tu… Tu sais pas où tu pourrais trouver un travail ? » Et s’il demandait à son agence de l’aider ? Ce serait impossible, il le savait, mais ils étaient au pied du mur, comme finalement cerné.

code par me'ow

_________________



♡ 좋아합니다 ♡
Nymphadora Tonks ☽ My heart is racing like it’s about to burst,I wanna know what’s next. My reasoning only gives me one answer, Call me crazy, I still want you. All that’s left for me is your deep scars and they’ll never fade.
— I'M MADE IN KOREA —
— I'M MADE IN KOREA —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mer 9 Mai - 18:01
race against time ☽ Après avoir passé autant de temps sur le sol japonais, et même s’il avait à plusieurs reprises envisagé un retour au pays du matin calme, Liang ne se voyait pas rebrousser chemin. Pas maintenant qu’il avait récupéré l’argent de la demeure familiale. Pas maintenant qu’ils avaient laissé Seokgyo dans le passé et avaient changé leur présent, d’une façon qu’ils pensaient définitive. Cette lettre était un coup de poignard dans les convictions de Liang : un de plus. Et il réalisait douloureusement à quel point la situation était délicate. Il ne pouvait se contenter de brûler ce morceau de papier et de laisser la vie continuer. C’était tout simplement impossible.

« Juillet, dernière limite. » Liang ne riait pas, alors que d’autres se seraient montrés amers ou se seraient énervés contre l’administration, maudissant son fonctionnement et les différentes règles qui régissaient le pays. Lui, se contentait d’être troublé par la nouvelle, écrasé par un événement qu’il n’avait pas vu venir, dont il cherchait les raisons. Pourquoi n’avait-il pas pensé à ce visa ? Il pensait à tant de choses, habituellement. C’était la preuve que tout homme possédait ses limites. « Oui, on y sera très vite. » S’il ne parvenait pas à trouver un moyen de régulariser son visa, il serait renvoyé en Corée du Sud ou contraint de vivre comme un sans-abri, et il connaissait parfaitement le sort que l’on réservait à ces gens, en particulier à Tokyo. La plupart d’entre eux tournaient mal, d’autres finissaient dans les bas-fonds de la ville. Il n’avait pas envie de terminer comme l’un d’entre eux.

Secouant silencieusement la tête pour approuver les propos de son frère, Liang gardait les yeux posés sur ce maudit papier. Allait-il seulement pouvoir l’expliquer à Sayumi ? Elle avait été secouée par la fermeture du café, où elle passait une grande partie de son temps, mais elle n’avait pas proposé de l’aider à trouver un autre travail. « Non, je sais. » Il n’avait pas envie d’y retourner, lui non plus. Sa vie était à Tokyo, avec eux. Il ne pouvait imaginer s’éloigner définitivement de sa famille, de Hiromu... Ni même d’Asuka.

« Je vais trouver une solution… » Il roula ses lèvres l’une contre l’autre, essayant de mettre un peu d’ordre dans ses pensées. Que pouvait-il faire ? « J’en ai aucune idée. Je pourrais voir pour de la comptabilité... Quelque chose dans le genre. » Il avait bien envoyé quelques CV depuis la faillite du café, mais la plupart d’entre eux avaient été refusés. Les japonais de pure souche étaient préférés à un pauvre métis arrivé du fin fond de la Corée du Sud, mais ça n’avait rien de surprenant. « Je pourrais demander à Sayumi si elle ne connait pas un endroit. Elle a beaucoup d’amis. » Contrairement à lui, qui avait toujours été un rat de bibliothèque, aux côtés de sa petite amie, bien plus sociable. « Ou à Hiromu. » Il n’avait pas envie de demander l’aide d’Asuka. C’était comme revenir pour obtenir quelque chose, et ça ne se faisait pas. Pas du tout, même.
code par me'ow

_________________

mastermind

somewhere in the world you got a robber and a bank and the bank robbed the people, so the people rob the bank and the police came to get him but they let him get away 'cause they're all just workin' to get paid the very same ©️ me'ow


    
 
race against time |#| LIANGHOON
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
#TAKETHATKOREA :: Wonderful Tokyo :: Minato-