*reviens mamie!" [Taiki]

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     Sam 3 Mar - 23:32
"Reviens mamie !!"

Ho Beom avait fait tous les placards. Depuis sa dernière crise de somnambulisme encaissé par Ho Hwan, pauvre de lui, il avait découvert qu'il n'y avait plus de quoi manger la nuit. On est un morfal ou on l'est pas, et pour le jeune coréen, avoir des placards vides c'était la mort. On était le week end, et il n'y avait plus rien à son gout! Il n'était pourtant pas difficile. Mais bouffer du bicabornate de soude ou du pain rassi, c'était plus être difficile avouez. Sortir. Faire des courses. Il est déjà 18h, mais il a passé sa journée à bosser, même s'il n'y avait pas cours. Dans sa tête, ça ne se résumait pas seulement aux heures réglementaires. AKA avait besoin du meilleur d'eux-même, du moins, lui, le concevait ainsi. Un coup d'oeil sur l'horloge, il attrape un long pull en laine noire, enfile ses converses blanches et noires, une écharpe écossaise super longue et chaude, un cuir, et le regarde les trous dans son jean délavé. ouais, il attrapera une pneumonie par les rotules, on s'en fout, même s'il doit faire un truc en dessous de zero dehors, parce que l'hiver cette année, c'est bien la loose, de quoi finir avec les bijoux de famille en raisins secs. Il ne sait pas s'il aura des gosses un jour, mais au cas où il aimerait bien garder le matos fonctionnel. Et jusqu'à présent, il met toujours pas des slip à fourrure. Ce sera bien que l'hiver prenne fin. Il passe la porte en rangeant son porte feuille dans sa poche arrière de jean. Les autres sont sortis , un autre dort, il va y aller seul, ça va lui faire du bien de prendre l'air seul, il a besoin de réfléchir un peu. Il a parlé à ses petites soeurs il y a peu et son père va apparemment obtenir la liberté conditionnelle.... ça ne lui plait pas. Un jour, il le verra se pointer, il le sait, mais il préférerait que ce soit le plus tard possible, un peu comme la mort, vous savez. Il y a des choses qu'on fuit comme la peste, parce qu'on sait que c'est notre trepas et que notre jugulaire y est trop fragile. Il a beau être aussi solide qu'il veut, il ne pourra pas encaisser cette brute et sa carrière de trainee, il n'est pas fou.

Perturbé, il s'enfonce dans la rue, la musique dans les oreilles, son attention partant peu à peu sur autre chose, oubliant son père, ses travers, ses soeurs, les gardant en coin pour un autre moment, ses pupilles sensibles tombant sur différents endroits fumants de la ville. les panneaux lui irradient les iris, il se laisse porter par l'univers anonyme des aléas de Tokyo la nocturne, avec un appetit d'errance qui grandit à chaque fois. Ho Beom le rêveur, Ho Beom l'entaché par la vie, Ho Beom, le hyun désharmonisé qui joue des airs sur un piano désaccordé et dont les dances enivrent les yeux. Ho Beom, le brun, le blond, le bleuté aux yeux changeants, qui n'a plus d'origine que ce qu'on veut bien lui laisser dans les medias. Ho Beom, dont les pas lents et simples avalent les mètres de découverte, les odeurs le portant ailleurs. Un monde de nourriture, d'envies culinaires. Il mélange tout, sucré, salé, fin ou grossier, amer, acide, relevé ou fade, la vie est un repas qui ne dure jamais assez et il y fout les mains dedans sans prendre de couverts. Il en a un peu rien à foutre, il sait qu'il est différent et c'est aussi pour ça qu'il brille sans s'en rendre compte, parce qu'il se pense hyung désaxé, il est ainé solide et réconfortant, au sourire qui désarçonne et aux frasques qui chassent les mauvais nuages. Il est de ces grands frêres qui otent les conflits d'une pichenette parce que la vie est trop courte pour en faire un champ de bataille de chair à canon. Alors il frappe de son joug de bonne humeur et d'humanité, le sol de ceux qui le cotoient et son estomac en redemande aussi comme eux. Il ne s'en rend pas compte mais il donne autant qu'il mange. Un puit sans fond comme son gosier capable d'enfourner une qualité de bouffe qui fait peur. Ho Beom il a faim de vie comme de ce qui fume dans l'échoppe. Celle là? Non celle un peu plus loin peut être. Non, il y a trop de monde. Il s'apprête à s'approcher de l'une d'entre elles qui lui fait mal au ventre au point qu'il se réveille quand il sent quelqu'un le frôlait, et il tourne la tête, sous sa casquette noir qui lui obstrue une partie du visage. He? Cette voix, il la connait, c'est bizarre. Où est-ce qu'il l'a entendu? Fronçant les sourcils, il monte ses mains cachées à moitié par ses manches de laine et de cuir à sa bouche et souffle chaudement dedans. Il trouve enfin sa cible du regard et quitte à son tour la petite file d'attente, pour interpeler après un moment d'hésitation, reconnaissant soudainement l'individu qu'il n'a pas vu depuis un moment déjà. Loin d'être timide, et vu que l'autre semble paniqué, en recherche de quelque chose ou de quelqu'un, il s'approche. "Hey! Taiki?"
Oui, on demande toujours, ça peut être un sosie. Zero pour cent de chance, mais Ho Beom est du genre à imaginer tous les scénarios possibles pour éviter de se retrouver dans une situation compliquée qui ne saurait pas gérer, ou juste parce que c'est un aimant à coïncidences plus que chiantes. Il se racle la lèvre inférieure des dents, un peu inquiet et oui, c'est bien lui. Bah merde alors, s'il avait su qu'il le croiserait un jour ici... "euh excuse moi... y'a un problème, t'as besoin d'un coup de main?" Ho Beom qui se laissait toujours contaminé par les problèmes des autres. Oui mais Lui , c'était différent, c'était un lien de longue date avec qui il s'était toujours bien entendu. Et on ne laisse pas un ami dans la merde, qu'on soit crevé, blessé ou trop loin. Il lâcherait pas facilement l'affaire et ça l'autre le savait.


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     Sam 10 Mar - 0:38

C’était la deuxième fois. Après avoir été aussi inquiet la première fois, Taiki pensait être prêt à gérer si cela était amené à se reproduire, mais clairement, il ne l’était pas. Tout comme il y a quelques mois, il avait reçu un appel de l’hôpital qui lui signalait la disparition de sa seule famille, sa grand-mère. On lui avait fait remarquer qu’il n’y avait cependant pas de quoi s’inquiéter, une voix douce d’infirmière qu’il aurait bien voulu croire si cette situation n’était pas un énorme déjà vu. Des personnes avaient été mobilisées pour partir à sa recherche, et pourtant Taiki n’avait pas pu tenir en place. Contrairement à la fois précédente, il avait au moins la « chance » d’être seul sur le moment, et non pas pris par une répétition ou quoi que ce soit qu’il aurait dû quitté à la hâte… Cette fois ci, son départ n’allait pas causer de soucis et il serait le seul à ne pas avoir l’esprit tranquille. De plus, il avait été prévenu assez tôt pour réagir vite. Jusqu’à preuve du contraire, sa grand-mère n’allait pas taper un sprint et elle se déplaçait d’ordinaire toujours à pieds. En soit, il n’avait qu’à traîner autour de l’hôpital et ses alentours.

Mais c’était sans compté la masse de population qui traînait dans les rues nippones à cette heure. C’était cool certains soirs, mais pas aujourd’hui. Il aurait souhaité y voir plus clairement, l’a ramener gentillement dans sa chambre, faire un petit scandale à l’hôpital avant de rentrer l’esprit semi-tranquille au dortoir et peut-être manger un petit quelque chose avant de rejoindre son lit. Était-ce trop demander ? Il semblait bien. Sans le vouloir, le jeune homme cédait un peu à la panique en questionnant les patients, en criant des « mémé » à tout bout de champ. Si elle était dans un bon jour, il y avait moyen qu’elle se retourne en reconnaissant la voix de son petit-fils, mais les chances étaient minces. Il s’égosillait la voix davantage dans le but de se dire qu’il ne restait pas les bras croisés, au moins. Malgré tout, il devait aussi veiller à ne pas être reconnu, car même si ce genre de situation faisait son bonheur d’ordinaire, il n’avait vraiment pas le jouer de jouer à l’idole exemplaire heureux de tomber sur un fan. A vrai dire, ce soir, il n’avait envie de tomber sur personne, si ce n’était la personne qu’il recherchait.

Mais comme s’il avait pensé trop vite, une voix familière et finalement pas tant que ça car ça faisait longtemps qu’il ne l’avait plus entendu l'interpella. « Oh, Ho Beom, ça fait plaisir de te revoir ». Taiki avait déjà su être plus enthousiasme… mais pour le coup, il avait plutôt lancé une réponse automatique sans s’attarder sur son vieil ami, les sens alertes au cas où son regard tomberait sur celle qui recherche. C’était sa priorité. Conscient qu’il ne pouvait tout de même pas simplement l’ignorer, le regard paniqué et peiné de Taiki se posa un instant sur celui de son ami, empli de questionnement mais bienveillant malgré tout car Ho Beom avait toujours été de ce genre de personne. …Et Taiki avait toujours été de celle à ne pas vouloir inquiéter son entourage et de la même façon, à se débrouiller par ses propres moyens. « Non, non.. ». Il glissa les mains dans les poches de son jean pour feindre un air plus posé, ce qui était cela dit en parfaite incohérence avec le fait qu’il ne portait qu’un simple t-shirt par un froid pareil ; il n’avait pas vraiment eu le temps de réfléchir plus longuement à ce détail avant de sortir. « Dis, par hasard, t’aurais pas vu une mémé toute mignonne passée ? ». Il manquait plus qu’on croit qu’il ait des vues sur les séniors maintenant… Déjà que certains doutaient de son hétérosexualité à vue de l’absence de petite amie apparente et ce depuis… toujours ? Il n’avait pas vraiment envie de multiplier les fausses idées à son sujet. « Une vieille dame avec une robe bleu marine… et des chaussons ». Car bien évidemment, elle s’évadait toujours avec les chaussons de l’hôpital aux pieds, pas franchement malin mais plutôt pratique pour la retrouver, il devait l’admettre. « Oh et puis laisse tomber, c’est carrément stupide » céda-t-il en s’accroupissant soudainement au milieu du trottoir.  Gros coup de mou maintenant qu’il réalisait qu’elle devait certainement avoir froid, seule, dehors à errer sans but. Il avait d’autant plus envie de la retrouver au plus vite, mais il ne savait vraiment pas comment s’y prendre si ce n’était de tourner dans tous les sens en espérant tomber sur elle.
 
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