Can you take away the pain ? ft. Haruto

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Sam 27 Jan - 13:43

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



Sae avait pris une grande inspiration en tournant le coin du couloir de l’aile de psychiatrie, après avoir préalablement annoncé son nom et la raison de sa visite à l’agente administrative chargée de contrôler l’accès à cette zone. La route quoi… un rendez-vous hebdomadaire. Un rendez-vous qu’elle aurait préféré éviter, juste de penser à voir son médecin lui causer une bouffée d’angoisse. Pourtant, elle se força à faire un pas, à se rendre vers son bureau. Aux yeux des non-initiés, le couloir semblait banal, blanc, stérile, des portes closes de chaque côtés avec le nom du spécialiste sur celles-ci, des chaises pour attendre à l’extérieur. Elle s’était dirigée vers le bureau de Dr. Park, observant malgré elle le fond du couloir, elle se prit à espérer pouvoir continuer quatre portes plus loin… son ancien médecin était –et de loin – d’un meilleur support. Reposant ses iris sur la petite plaque au nom de son psychiatre du jour, elle avait soupiré, résignée.

N’eut été de l’amalgame d’emmerdes qui lui arrivaient, l’un après l’autre depuis des mois : l’abandon de sa meilleure amie, son frère étrangement distant et secret depuis qu’il trainait avec cette bécasse de hauts quartiers, le départ précipité de son colocataire et maintenant, l’accident de Mirai… Ajoutez à cela le maniaque qui lui avait hurlé dessus lors de sa dernière séance de consultation, elle n’aurait pas mis les pieds ici, jamais, elle détestait son nouveau médecin. C’est fort probablement en raison de tous ces soucis, et des crises de panique qui la prenait de plus en plus fréquemment, qu’elle endurait le crétin qu’on lui avait collé : le Dr. Park. Elle avait besoin de ses prescriptions pour assommer l’angoisse qui ne la quittait presque plus. D’ailleurs, son visage d’ordinaire si charmant, était blême, cerné, le manque de sommeil ayant finalement laissé ses traces… Autant dire que les palpitations, la panique, ne l’avait pas quitté alors cognait telle une condamnée à mort, sur la porte de son psychiatre.

Malgré son pédigrée surprenant et ses années d’expériences – probablement trop –  son médecin avait une incompétence classique pour ce qu’il jugeait comme des problèmes anodins et mensongers, le stress, la panique ,et plus spécialement le stress post-traumatique à la suite d’une agression sexuelle, ce n’était assurément pas dans ses cordes. Il ne cessait de la sermonner, d’augmenter sa dose de médicaments et de tenter de la rassurer en posant ses salles pattes sur son épaule. Elle voulait hurler. L’estomac en nœud, elle avait attendu qu’il ouvre la porte, jetant un nouveau regard vers le bout du couloir… pour y apercevoir son ancien médecin, le charmant Kamiya Haruto. Dans un réflexe incontrôlé, elle avait pivoté vers lui dans un : « Docteur ? » au même moment ou la porte s’ouvrait sur le Dr. Park. Remarquant sa patiente en pleine fuite – ou du moins, il devait la croire perdu, elle avait fait un pas vers Haruto – le vieil homme se permis une main sur son bras pour la retenir et un : « Kiritani-chan? Que faites-vous ? Ça va aller?   » ce simple geste suffit à la pétrifier.

Elle savait que c’était stupide, elle se détestait probablement plus que quiconque pour réagir de la sorte, mais ce simple contact eut raison d’elle. Elle s’était figée sur place, raide, crispée, le cœur battant à la chamade. Ça n’allait pas, et franchement, elle se demandait si ça irait un jour. Elle semblait dépérir à chaque seconde…. Tous ses progrès réduit à néant. Sa gorge était nouée, sa respiration saccadée et ses yeux se brouillèrent de larmes. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas remarquer qu’elle était en pleine panique, et franchement terrifiée. N’importe qui aurait au minimum eu la décence de retirer sa main. Oh mais pas son connard de médecin, qui était certain que les problèmes de cette patiente-là, trop léger pour ses cas habituels, étaient imaginaires. « Mais reprenez-vous bon sang!   »
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Mer 7 Fév - 17:44

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



Assis devant son bureau, Haruto observait son patient. Un garçon timide. Très timide, trop timide. Rougissant au moindre geste de son psychiatre, il semblait continuellement apeuré. Recroquevillé sur sa chaise, il donnait l'impression de vouloir se rouler en boule, encore et encore, jusqu'à se tasser complètement sur lui-même, devenir un point, et disparaître. Enfin, ça, c'était ce qu'il lui avait un jour dit. Peut-être la phrase la plus longue qu'il avait prononcé dans ce bureau. Le docteur Kamiya continuait de poser ses questions. Toujours les mêmes, pour commencer, cherchant à obtenir une réponse plus constructive qu'un hochement de tête, échouant la plupart du temps. Parfois, son patient répondait par un mot. Quelques fois, folie, deux. Et c'était là une très grande victoire. Son médecin traitant le pensait autiste, mais ce dernier ne devait pas avoir dû le voir accompagné de ses parents. « Avez-vous déjà rêvé de tuer votre mère ? » Et là, une petite lueur dans les yeux du garçon. Du soulagement, la culpabilité. Les grandes eaux. Haruto n'avait jamais aussi peu parlé lors d'une séance qu'aujourd'hui.

Raccompagnant son patient un peu moins timide, Haruto fut interpellé par une voix qu'il n'avait pas entendu depuis un moment. « Kiritani-san ? » Elle semblait presque... apeurée ? Fixant tour à tour la jeune femme et son confrère, Haruto ne mit pas beaucoup de temps à comprendre, malgré son étonnement. Que se passait-il ? Quand il demandait des nouvelles au docteur Park concernant son ancienne patiente, ce dernier était toujours positif. Visiblement, médecin et patiente n'étaient pas du même avis. « Park-sensei, vous lui faites peur. Lâchez-la donc. » Sa voix avait beau être calme, son ton était sérieux et n'appelait pas à la rétorque. Ce que fit pourtant son collègue. Kiritani ne pouvait pas se ''reprendre'', et Haruto voyait bien que quelque chose n'allait pas. Mais pouvait-il vraiment lui reprendre sa patiente ? Le dossier de la jeune femme avait changé de mains, et malgré son retour, le docteur Kamiya n'avait pas récupéré son cas. « J'aimerais à nouveau suivre Kiritani-san, si vous le permettez. »

Clairement, son collègue n'était pas de son avis. Comment un jeune psychiatre comme ce Kamiya osait-il lui tenir tête, après tout ? Haruto leur sourit, posant sa main sur l'épaule de son collègue, le forçant gentiment à s'éloigner de Sae. « Il est bientôt midi, et si on faisait tous une pause ? » Park renifla dédaigneusement, avant de capituler, spécifiant bien à sa patiente qu'ils se retrouveraient dans une heure. Haruto le regarda s'éloigner, avant de poser les yeux sur la jeune femme à ses côtés. « Tout va bien, il est parti. » Hésitant un instant, le psychiatre lui sourit chaleureusement. « C'est spaghettis aujourd'hui. Contrairement à ce qu'on croit, c'est pas si mauvais que ça. Je vous invite. » Sortant sa carte de pointage de sa veste, il la fit tourner entre ses doigts de façon qu'il voulait comique. Il sentait bien que Sae n'était pas à l'aise avec Park. Si elle s'était dirigée vers lui en l'apercevant, cela signifiait forcément qu'elle voulait plutôt lui parler à lui qu'à ce vieillard ? Officiellement, elle n'était plus sa patiente, et Park risquait de mal prendre son initiative s'il l'emmenait dans son bureau alors qu'elle n'était pas censée y être. Et ça jaserait beaucoup moins si on voyait effectivement ce qu'ils faisaient.

_________________

Because it’s love ♒︎ You have my world, you’re my small universe© endlesslove.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Dim 11 Fév - 19:57

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



C’était comme si son corps réagissais de lui-même, dès l’instant ou son médecin avait posé une main qu’il voulait rassurante sur son bras, son être entier s’était crispé, figé, alors qu’elle demeurait immobile comme un lièvre pris au piège. Elle aurait aimé se raisonner, faire comprendre à ses fichues neurones qu’il n’y avait rien à craindre, que personne ne lui ferait de mal hors, dans son cerveau mal programmé, il semblerait que ça ne soit pas le cas. Sa pauvre pompe à sang battait à tout rompre, sa peau frémissait de torpeur et elle pouvait sentir sa gorge se serrer au point de bloquer toute respiration. Ne voyait-il pas l’effet qu’il avait sur elle? Elle détestait qu’on la touche, son regard paniqué était figé vers l’endroit où elle avait précédemment repéré son ancien médecin traitant. Elle aurait aimé avoir la force de dégager son bras, d’être forte, elle aurait aimé que son ventre ne se torde pas de panique… sauf que comme toujours, elle était morte de peur, sans raison, sans logique explication. Elle détestait ça. Parfois, les jours ou c’était pire que tout, elle espérait que ça s’arrête… elle songeait sérieusement à y mettre fin. Sae demeura là, impuissante, pendant un long, très long moment, jusqu’à ce que la voix d’Haruto, son sauveur, la fasse cligner des yeux.

Dans son esprit embué, les paroles des deux hommes étaient une sorte de bruit de fond, toujours est-il que dès qu’elle senti son bras être libéré de l’emprise de son nouveau psychiatre, elle fit inconsciemment un pas vers le plus jeune de deux, comme s’il pouvait la tirer de ce mauvais pas. Ses iris suivaient la scène, alors que sa respiration reprenait péniblement un rythme acceptable. Depuis quand est-ce que ça durait? Ce n’est qu’en présente de son ancien spécialiste qu’elle remarqua hors de toute doute que le nouveau bouffon qu’on lui avait affublé, outre doubler ses doses de médicaments, n’avait réussi qu’à la plonger plus profondément dans des crises de panique incontrôlable. Lorsque le vieux docteur osa lancer, à son attention, qu’ils reprendraient la rencontre après l’heure de lunch, elle se recula un peu plus près d’Haruto en couinant faiblement un : « Non. ». Pouvait-elle demander à Naoto de casser la gueule de son nouveau psy? Il semblait le mériter. Clignant des yeux rapidement, à l’entente de son nom, elle débuta faiblement un : « Je… » qui mourra sur ses lèvres. Elle n’était pas encore pleinement remise…

Heureusement pour elle, le jeune psychiatre se mit à faire le bouffon avec sa carte et il réussit, contre toute attente, à lui faire pouffer de rire. Ses bras s’étaient refermées sur elle-même, comme pour la protéger d’un danger imaginaire – elle avait pourtant cessé ce réflexe, des mois plus tôt, quand il était son médecin… et voilà qu’elle semblait faire 300 pas en arrière. Sourcils froncés, comme la fille de pauvre sans culture qu’elle était, elle avait demandé, confuse. « Spaghetti? » oui, vraiment, elle l’ignorait. « C’est quoi? » ça se mangeait? Si oui, c’était suffisant pour elle! D’un pas trainant, elle suivi son ainé vers la cafétéria, se torturant mentalement avec l’idée de lui parler. Ça avait toujours été tellement facile de se confier… et il avait toujours eu, à défaut d’une solution, pour lui faire croire que tout ira bien… Sae s’était immobilisée au milieu du couloir, osa laisser sa voix pleine de trémolo craintif demander : « …. Docteur Kamiya? » ses poings s’était serrés, elle avait pris une grande, très grande inspiration. « … je… je… » elle avait soupiré à nouveau, se mordant la lèvre avant de demander, d’un ton suppliant, ses perles sombres noyés de larmes contenu difficilement. « … je ne veux plus … le voir. » puis, comme pour s’assurer d’être bien comprise. « Le docteur Park. »
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Ven 2 Mar - 23:25

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



Haruto se demandait parfois ce qui l'avait réellement poussé à faire ce métier. Certes, il y avait toute la perspective du garçon rêveur qui aimait observer le monde, mais ce n'était sûrement pas suffisant. Il voulait comprendre l'âme humaine, aussi horrible pouvait-elle être. Cela le fascinait, depuis bien longtemps. Essayer de comprendre une personne, même inconnue, cela relevait du miracle. Aussi doué pouvait-il être, Haruto savait très bien qu'il avait ses limites. Comme ses patients pouvaient en avoir. Il savait que tous les efforts du monde, que sa vie entière, ne suffiraient pas. L'être humain était complexe, et si l'on pouvait creuser, essayer de comprendre, il restait toujours une part de mystère. Parce que l'être humain avait cette drôle de volonté de survie. Le plus faible des Hommes luttait encore. Même le suicidaire, qui jusqu'au bout voulait la contrôler. La vie, chacun y tenait d'une différente manière. Même les plus désespérés. Rien n'était simple. Un facteur A pouvait bien amener à un facteur B, mais il ne fallait jamais négliger le facteur C. Et D, jusqu'à Z, et plus loin encore. On pouvait bien évidemment croire à la loi de cause à effet, mais Haruto ne voyait pas forcément ça comme l'onde qui courait sur un lac dans lequel on jetait une grosse pierre. Il voyait ça comme une poignet de graviers que l'on aurait tous jeté en même temps. Les causes et les effets se mélangeaient. Une infinité de et si? en découlait. Etait-ce le temps ? Etait-ce les gènes ? Etait-ce l'éducation ?

Quoi ou qui avait fait de Kiritani celle qu'elle était aujourd'hui ? Certes, Haruto connaissait le passé qu'elle avait bien voulu lui dire, mais son traumatisme ne relevait pas seulement du monstre qui lui avait infligé sa croix. Pourrait-il l'aider à la porter ? Il n'en savait rien, au fond. Lui était-il d'un quelconque secours ? Il n'avait pas été là pour elle pendant un long moment, et pourtant, elle ne semblait pas lui en vouloir. Au contraire. Haruto avait vu le léger désespoir dans ses yeux, il l'avait vue se figer lorsque son collègue l'avait rattrapée. Et il avait compris qu'elle l'avait attendu. S'était noué entre eux un lien de confiance. Il avait fallu du temps, et Park ne faisait visiblement pas ce qu'il fallait pour qu'il en soit de même avec lui. Mais comment un spécialiste des troubles du comportement alimentaire s'était retrouvé à s'occuper du cas de Kiritani ? C'était complètement idiot !

C'était dangereux, en tant que kohai de tenir tête à son collègue. Pourtant, le docteur Park finit par s'éloigner, le laissant seul avec sa patiente. Le comportement de cette dernière l'alarmait assez pour qu'il s'inquiète pour elle. Du mieux qu'il le pouvait, Haruto se montra professionnel. Il devait vraiment reprendre le dossier de la pauvre Sae. Pris de court par sa question, il se gratta l'arrière du crâne. « Ce sont des pâtes, et de la sauce tomate, avec un peu de viande. » Ceux de la cantine ne valaient évidemment pas ceux qu'il avait pu manger en Italie, lors de son voyage avec Ji Hoon. « C'est comestible. » Pourquoi ne pas tenter la plaisanterie pour la rassurer un peu ? Haruto n'était pas sûre de la toucher sur ce plan là. « Allez, viens. »

Avançant lentement, il se retourna, interloqué quand Kiritani l'interpela. « Oui ? » Se retournant complètement, le psychiatre attendit qu'elle parle, qu'elle ose. Ce serait un progrès, d'une quelconque manière. Patient, il l'encouragea du regard, malgré les larmes de la jeune femme qui risquaient de couler. Elle devait y parvenir ! Souriant très légèrement lorsque les mots sortirent de sa bouche, Haruto hocha lentement la tête. « C'est noté. Je ferai le nécessaire pour récupérer votre dossier. » S'approchant d'elle, il lui sourit plus largement. « Ne vous inquiétez pas pour ça, d'accord ? Le docteur Park n'est pas spécialisé dans votre cas. Et vous étiez ma patiente. Je vous trouverai un créneau. » Se redressant un peu après s'être penché vers la jeune femme pour la regarder dans les yeux, Haruto lui fit signe de le suivre, entrant dans la cafétéria. « Asseyez-vous, j'arrive tout de suite. » Faisant marcher sa carte, le psychiatre paya deux repas complet, espérant que Sae mangerait. La retrouvant le plus rapidement possible, il poussa devant elle l'un des deux plateaux qu'il avait réussi à porter seul jusque là. « Mangez tant que c'est chaud. Ça ne l'est pas longtemps. » Haruto énonça ensuite la formule de politesse toute nipponne, et plongea sa propre fourchette dans ses pâtes, l'air de ne pas surveiller.

_________________

Because it’s love ♒︎ You have my world, you’re my small universe© endlesslove.
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Dim 1 Avr - 15:04

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



Lorsque le docteur Kamiya avait eu son accident et s’était soudainement trouvé indisponible pour leurs séances hebdomadaires, Sae avait été prise d’un élan de panique qu’elle avait rapidement refoulé en trouvant sa réaction assez égoïste quand l’état de santé du pauvre médecin était aussi précaire. Aussi, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, elle s’était cramponnée à sa seule bouée disponible : Mirai. Avec du recul, s’était certainement une idée merdique, un premier pas vers l’autodestruction de leur couple, mais elle n’avait vraiment pas su quoi faire d’autre. À part son thérapeute, il était somme toute la seule personne à qui elle osait parler, en détail, aborder certains sujets qui la hantaient encore. Et ça avait marché, un temps, longtemps… jusqu’à ce que ce soutient là aussi lui soit arrachée. Qu’on se le dise, elle était heureuse que son ex ait réalisé son rêve de scène, ait même réussi à accrocher son premier amour, et elle l’avait probablement un peu trop encouragé à aller de l’avant, à la laisser derrière… combien de fois lui avait-elle dit que ça irait, qu’elle était forte. L’odieux mensonge. Elle le savait bien, à l’instant même où elle s’était retrouvée seule dans cet appartement, dans les vestiges de Kô avait laissé derrière, que ça n’irait pas. Alors elle avait une fois de plus pris sur elle, refoulé, et était retournée en thérapie en espérant s’éviter la noyade.

La bonne blague. Le Dr. Park ne lui avait jamais inspiré confiance, pas une seule seconde, là où elle avait toujours eu l’impression qu’Haruto voulait la comprendre, l’aider, la faire progresser lentement mais certainement, le vieux médecin semblait y aller d’une approche plus brutale… Elle avait l’impression dans chacune de ses paroles, qu’il lui demandait de passer par-dessus ses peurs, ses traumatismes, et se relever et d’arrêter d’être une victime. Elle se sentait jugée, rabaissée, et pire que tout, il semblait tout bonnement incapable de comprendre ses limites et que si elle ne s’améliorait pas, comme il lui disait sans arrêt, ce n’était pas par manque de volonté! Non mais, si on lui donnait le choix, d’arrêter d’avoir peur tout le temps, de ne plus avoir de crises de panique tellement abrutissante qu’elle se retrouvait recroquevillée en position de fétus, elle le ferait. Mais hélas, ça n’était pas si simple, son corps réagissait par lui-même, elle n’était par moment que la victime de réactions inexpliquées, un concept qui semblait incohérent à son nouveau médecin. Elle le savait, et probablement qu’elle ne l’aidait pas non plus, à restreindre ses confidences, à se buter dans un mutisme… à attendre le retour du Dr. Kamiya. Parce que oui, elle l’avait attendu, elle le savait… il était spécial.

Preuve étant qu’aujourd’hui encore, il n’avait eu besoin que d’un pas, d’un geste, pour qu’elle se sente plus calme… en sécurité. S’il était là, elle ne redoutait pas tant le Dr. Park, s’il restait là, ça irait. Il devait être une des rares personnes en qui elle avait encore confiance, une denrée rare dans son univers ou l’abandon remonte à son tout premier souffle. Raide, elle regarda son thérapeute s’éloigner, alors que son vis-à-vis lui parlait de nourriture, un sujet généralement très sérieux pour l’estomac sur patte qu’elle était. « Oh! … d’accord. » Lui emboitant le pas, elle se retrouva rapidement dans une cafétéria. Sa pompe à sang accéléra, les gens… elle n’appréciait pas. Encore une fois, elle accrocha son attention sur Haruto, il avait cette façon de la calmer, juste à le regarder. C’était probablement pour ça qu’elle l’adorait autant, il avait l’air gentil, le genre de présence qui vous donne envie d’être franc.

Et parlant de franchise, elle avait utilisé toute sa volonté pour lui demander, du mieux de ses maigres capacités en communication, de la reprendre. C’était son dernier appel à l’aide, sa dernière tentative, en sa présence, c’était la première fois depuis des mois qu’elle se sentait presque… fonctionnelle? Assez pour risquer un sourire un peu triste, un peu forcé mais très doux, lorsqu’il proposa de reprendre son dossier. Comme une enfant demandant une autre assurance quant au monstre sous son lit, elle risqua un « C’est promis? » Presque plaintif. Elle avait vraiment besoin de s’accrocher à quelque chose, à n’importe quoi, pour croire qu’elle pourrait remonter la pente. Nerveusement, elle s’était mise à jouer avec une mèche de ses cheveux rosés, en prenant place là où il le lui indiquait. Tout le temps qu’il s’était éloigné, elle l’avait suivi des yeux, comme si elle redoutait de le voir se volatiliser, disparaitre. Rapidement pourtant, il revint avec les plateaux, elle observa le contenu, un faible sourire aux lèvres. « Merci. » il n’avait définitivement pas besoin de la forcer.

Murmurant les formules de politesse typique, elle plongea dans son assiette de pâte, prenant une bouchée, intriguée pas la chose, puis, elle releva ses iris vers Haruto. « Est-ce que…. Est-ce que ça va mieux… euh… votre tête? » une nouvelle bouchée fut prise, elle se sentait un peu plus calme, mieux, c’était peut-être pathétique, mais pour elle, c’était une grande amélioration. Son pied tapait nerveusement sur le sol, en fait, son petit corps entier était raide, tendu, elle n’avait pas été aussi nerveuse depuis… probablement leur première séance, deux ans plus tôt. Se mordillant un peu la lève, elle tenta une discussion légère dans un : « Comment va votre ami Hoonie? Je l’ai vu sur un magazine l’autre jour! Vous le féliciterez pour moi hein? Ma petite sœur… Sana-chan, elle …. Elle dit qu’il a l’air d’un prince charmant. » Du haut de ses cinq ans.  
— I'M MADE IN JAPAN —
— I'M MADE IN JAPAN —
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

     Dim 29 Avr - 19:23

" Can you take away the pain ? "
ft. Sae & Haruto  Sniiif



Durant ses études, Haruto s'était souvent demandé s'il parviendrait vraiment à aider toutes ces personnes qui souffraient. C'était compliqué, parce que c'était humain. Cela ne venait pas d'un virus à neutraliser, d'une blessure à cicatriser. C'était complexe, c'était fascinant. Effrayant, également. Mais il avait tenu bon, parce qu'il voulait être cette aide pour ces patients particuliers qui attendaient souvent qu'on les aide simplement à comprendre. Qu'on les écoute, aussi. Et parfois surtout. Il y avait cette relation de confiance qui devait se nouer, un lien à établir. Et malheureusement, tout le monde n'en était pas capable. Il y avait les connaissances, évidemment. Importantes et essentielles. Mais pas seulement. Il fallait de l'empathie. Certains parleraient d'aura. Haruto n'était pas certain de l'avoir. Il savait néanmoins reconnaître lorsque ce lien si précieux ne se nouait pas. Que ce soit avec lui, ou pour un de ses confrères. Le docteur Park n'avait pas su établir ce lien de confiance avec Kiritani Sae. Pire, c'était sa confiance à elle qu'il semblait avoir touché, celle que la jeune femme était censée confier à autrui. Que faire pour réparer ? Haruto ferait de son mieux pour regagner la confiance de sa patiente, mais aussi pour celle qu'elle devait avoir en les autres, et surtout en elle-même. Cependant, il savait que cela mettra du temps.

Mais pourquoi pas entamer le processus en lui offrant un repas ? Ce n'était pas si mauvais qu'on pouvait l'imaginer, même si Haruto préférait ses repas personnels. Surtout ceux préparés par Ji Hoon. Mais inutile de le préciser à Sae. Pour ce midi, il voulait bien faire celui qui appréciait ses spaghettis. Il ne se souciait pas vraiment de ce qu'on pourrait dire si on les voyait. Il ne faisait rien de mal. Assis droit sur sa chaise, le docteur Kamiya voulait se montrer professionnel. Hors de question de paraître familier. Suivre la jeune Kiritani nécessitait de la constance. Une relation qui, sans sortir du cadre médecin-patient, se calquait sur une certaine forme d'amitié. Le psychiatre espérait simplement que sa patiente serait en mesure de garder cette information en tête. Il connaissait l'attachement que certains pouvaient éprouver pour leur thérapeute, et il voulait à tout prix éviter devenir vital pour elle. Même si sa réaction de tantôt tendait à lui prouver que c'était déjà un peu le cas. Haruto restait persuadé qu'il pouvait toujours corriger le tir.

Hochant la tête pour confirmer sa promesse, Haruto lui adressa un sourire à la fois poli et amical. Il la secoua ensuite, toujours sans se défaire de son sourire qu'il voulait rassurant. Il n'y avait pas de quoi le remercier, évidemment. Observant Sae, il l'imita rapidement et se mit à manger. Il s'amusait de ses réactions. Satisfait de la voir se nourrir, il baissa les yeux vers son assiette, pour les relever vers la jeune femme. Dans un geste presque mécanique, inconscient, sa main droite se leva vers sa tempe. Une cicatrice demeurait, souvenir de son horrible accident. « Ça va beaucoup mieux. » Son bras se baissa alors, et tandis qu'il se saisissait à nouveau de sa fourchette, Haruto offrit un sourire qu'il voulut rassurant à sa patiente. Inutile de rentrer plus avant dans le sujet complexe de l'amnésie. Loin de lui l'idée et l'envie de l'inquiéter. « On m'a dit que vous étiez passée me voir ? » Bien sûr, inutile de préciser qu'il n'en avait pas le moindre souvenir.

Qu'elle lui parle de Ji Hoon le surprit peut-être un peu plus qu'il n'aurait dû le montrer. Rougissait-il ? Il espérait bien que non ! Souriant à la jeune femme, il eut un rire légèrement embarrassé, se grattant distraitement la joue avec l'ongle de son pouce. « Il va bien. Je ne manquerai pas de le lui dire. Il a beaucoup de fans. » Riant encore un peu, il avala une bouchée, avant de reprendre. « Je peux lui demander de signer un magazine pour Sana-chan, si vous voulez. » Terrain glissant. Qu'il cesse de se permettre ce genre de proposition. « Vous trouvez qu'il a l'air d'un prince charmant, vous ? » Et lui, allait-il finir par demander des conseils sentimentaux à ses patients ? Il réalisa alors que le sujet pouvait être un peu trop sensible. « Maintenant que j'y pense, vous étiez au bal d'Halloween, non ? J'ai crû vous apercevoir... Vous connaissez du beau monde ? » Histoire de parler, bien évidemment.

_________________

Because it’s love ♒︎ You have my world, you’re my small universe© endlesslove.

    
 
Can you take away the pain ? ft. Haruto
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
#TAKETHATKOREA :: Wonderful Tokyo :: Chiyoda :: Centre Hospitalier-