Love Whisper [♥] HAROON ♥

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     Mar 30 Jan - 0:12

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“In the gray sky
There is a brighter light
Behind the dark clouds
There is a dazzling light
You shine like the stars
You light up my heart
At the end of today’s hardships
Brightly shine on me”


Ji Hoon n’était pas tombé amoureux de Haruto pour son physique. Evidemment que non. Il avait toujours été attiré par les courbes féminines jusqu’alors. Oh, le Japonais était beau. Vraiment très, très beau. Il aimait tout de son physique, dans les moindres détails, même si son visage restait sa partie favorite. Il craquait pour son sourire, pourrait passer des heures à fixer ses yeux. Ses si beaux yeux… Mais son physique n’était pas sa priorité, même si c’était bien son corps tout entier qui le rendait dingue, qui lui faisait perdre la tête. C’était un peu comme un charme qu’il ne comprenait pas, il pouvait être un poison, comme un enchantement. Le Coréen se souvenait combien il avait maudit son amour pour Haruto, maudit d’être aussi amoureux de lui. Il se sentait piégé, incapable de s’en défaire. Au final, il savait que Haruto était juste l’amour de sa vie. La personne qui comptait le plus pour lui. Personne ne pouvait comprendre le sentiment d’avoir enfin trouvé la personne qui nous correspond totalement, celle avec qui on veut s’imaginer finir sa vie. C’était un sentiment étrange, presque indescriptible. Comme s’il avait trouvé l’endroit où il se sentait le mieux. Se sentir à la maison, peu importe où il se trouvait. L’important, c’était qu’il était là avec lui.

« Je t’aimerais encore, quoiqu’il arrive. Même si t’es dodu. » Il essaya de lui attraper un petit bout de ventre, finissant par un clin d’œil mal maitrisé. « Je veux les voir ! » Les pires, les meilleures, toutes ! Il savait qu’il trouverait Haruto mignon quoiqu’il arrive. Il était encore très mignon aujourd’hui. Quand il prenait sa petite mine boudeuse, quand il riait comme un enfant… Parfois, il le trouvait tout simplement adorable. C’était un homme, il pouvait se montrer fort, viril, sérieux, affirmé… Mais parfois, il avait ce sourire un peu enfantin, ses yeux qui brillaient avec malice... Dans les deux cas, Ji Hoon fondait pour lui. Haruto lui demanderait la lune qu’il volerait une navette spaciale pour la lui décrocher. Personne ne le rendait aussi heureux, personne ne lui donnait autant envie de se dépasser chaque jour. Aujourd’hui, ils annonçaient officiellement leur amour. Aujourd’hui, ils tiraient un trait sur l’année passée, ils avançaient vers leur avenir à deux. Ses parents comprendraient ou non, c’était un pas en avant pour eux. après cette année à stagner au même stade, se quitter, se réunir, ils allaient enfin pouvoir avancer.

Le père de Haruto lui ressemblait. Pas seulement physiquement. Il lui rappelait le Haruto qu’il avait connu il y a cinq ans. Un peu timide, il avait ce rire discret, embarrassé, comme s’il craignait de déranger. Il ne parlait pas fort, gardait toujours une certaine réserve. Il paraissait mal assuré, mais était sans aucun doute bon dans ce qu’il faisait. Voir leur relation l’émouvait, il les fixait en souriant tendrement. Il n’avait jamais été si proche de son père. Une relation plutôt conflictuelle, ils étaient si différents. Son père était très raisonné, plutôt stricte, un esprit cartésien. Ji Hoon savait qu’il était bon, qu’il aurait tout fait pour eux. Qu’il aimait sa famille plus que tout. N’en déplaise à l’adolescent rêveur qu’il était, il ne voulait que son bien. Ses nombreuses remarques et interdictions n’étaient là que pour le protéger, pour éviter qu’il ne fasse n’importe quoi de sa vie. Son regard s’était levé vers Keisuke quand il s’adressa à lui. Il était tout le contraire de son père, sans doute. Si doux, si calme. Il lui sourit quand il lui tendit la main, l’attrapant dans la sienne, il la serra doucement. Ji Hoon voulait se faire accepter, il voulait qu’il l’apprécie. Ça comptait beaucoup pour lui.

Tentant de calme Haruto en caressant son dos, il lui sourit quand il attrapa sa main, espérant ne pas déranger son père par leur proximité. Après tout, ça pouvait paraître bizarre, quand on était pas encore habitué. Il sourit un peu plus en l’entendant dire qu’il ferait en sorte qu’ils apprennent mieux à se connaître. Ji Hoon le voulait sincèrement. Pouvoir parler de tout et de rien avec lui, qu’il lui raconte un peu comment était son homme quand il était enfant, la relation qu’ils avaient… Tout l’intéressait ! « C’est vrai que c’est un homme incroyable. » Oh oui, Haruto était merveilleux, le meilleur de tous. « Mais il l’a bien de quelque part. » Il sourit amoureusement à celui qui le faisait chavirer. Inutile de préciser qu’il ne pouvait pas tenir ça de sa sorcière de mère. Jamais. Son air se fit tout de suite plus enthousiaste en entendant la proposition de Haruto. Quelle bonne idée ! « Oh ! oui ! On devrait vraiment faire ça ! » Charmer le père avec ce délicieux breuvage, en voilà une idée merveilleuse. Dans ce bar coréen où ils étaient allés plusieurs fois. Ce serait une bonne idée.

Cependant, sa proposition fit retomber son enthousiasme. Il sentit son cœur se compresser dans sa poitrine, faisant de son mieux pour garder son sourire, même s’il sembla se figer. Il ne pourrait jamais inviter le sien. Il n’avait jamais pu partager une bière avec son père. Il y avait tant de choses qu’il n’avait pas pu faire avec lui. S’ils avaient été en mesure de lui payer des soins pour qu’il vive plus longtemps, ils n’avaient jamais eu l’occasion de le revoir. Il n’avait jamais pu lui dire au revoir, jamais parlé d’homme à homme, comme il le voulait si souvent. Il y avait tant de choses qu’il avait raté, tant de choses dans le futur qu’il aimerait partager avec son père. Il aurait aimé lui présenter Haruto. Il aurait aimé pouvoir boire cette bière avec les Kamiya. Le rendre fier en traduisant ce qu’ils disaient, tantôt en coréen, tantôt en japonais… Souvent, il essayait de ne pas y penser. La vie continuait, même sans lui. Il évitait d’en parler, il évitait de regarder ses photos, il évitait tout ce qui le concernait. Dès que son image apparaissait dans sa tête, il la chassait, faisait rapidement autre chose. A sa seconde question, il secoua doucement la tête, comme pour se forcer à avoir l’air vivant. « Désolé… Il est mort… » Il avait presque murmuré, comme s’il refusait lui-même de s’entendre. « En 2015. » Il secoua sa main pour que le père Kamiya ne se sente pas mal pour ça. Il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir.

Ji Hoon fut presque soulagé d’entendre la gueuse rappeler son mari. Il garda son sourire alors qu’il s’éloignait, contenant un soupir. Sa main serra celle de Haruto un peu plus fort avant de la relâcher pour qu’il puisse se coller à lui, hochant la tête pour indiquer que ça allait. « Oui, prêt. On est venu pour ça. » Un petit rire quitta ses lèvres. Chassant toute mauvaise pensée de son esprit. Ses yeux se fermèrent en sentant son front contre le sien, il hocha la tête. « L’important, c’est qu’on avance. » Ensemble. Il répondit à son baiser, riant ensuite. Lui aussi était heureux de voir les choses bouger. « On a plus qu’à attendre que ta mère t’accepte comme un Lee. » Il sourit un peu moqueur. C’était après tout ça, la base de ce coming out. Qu’elle apprenne que Haruto ne lui appartenait pas. Qu’il faisait ses propres choix désormais. Serrant sa main dans la sienne, il le suivit hors de la chambre. Prêt à affronter le monde.

Elle ne sembla pas particulièrement heureuse de les voir arriver ainsi. Tant pis. Le Coréen ne voulait pas particulièrement faire d’effort pour lui plaire. A sa question, il arqua un sourcil. Il avait pris passionnément son fils sur son lit d’enfant et avait même tenté des positions sadomasochistes en l’empêchant de hurler. Il préféra laisser Haruto répondre, la regardant aller chercher le fameux album qu’évoquait son fils. Sa nouvelle question fut un peu plus surprenante, mais elle ne leur laissa pas le temps de répondre, passant à un tout autre sujet. Oh oui, il savait bien. Un Coréen dans une relation homosexuelle, ce n’était pas forcément ce qu’il y avait de plus vendeur. Il n’était pas stupide, il ne le criait pas sur tous les toits. Il ne le cachait pas pour autant. Ji Hoon n’était pas idole, il n’avait pas fait de vœux de chasteté, il n’avait pas besoin de se cacher. Sa vie privée était plutôt bien respectée, du moins, pour le moment. Sa famille était un autre sujet. Elle enchaînait si vite, le perdait presque. Son regard se posa sur Haruto et il secoua la tête. « Non, on reste. » Son ton était un peu ferme, mais il lui sourit tendrement, serrant sa main un peu plus fort.

« Oui, on vit ensemble. » Enfin, plus ou moins. Il passait la plupart de son temps chez Haruto, même s’il essayait d’être au maximum avec sa famille. Il devait rattraper le temps perdu. Sa famille lui avait tellement manqué toutes ces années. « Ma mère sait pas encore, elle vient tout juste d’emménager ici, je voulais pas lui annoncer au téléphone, on le fera bientôt. » Tout comme pour Jin Seok et Sooyoung, même ça, c’était différent. Il le ferait quand il pourra avoir un peu de temps juste avec eux. Son regard se perdit sur la table, avant de se reposer sur elle. Elle pouvait bien le jauger, ça ne le toucherait pas. Elle ne l’aurait pas à ce petit jeu, il connaissait beaucoup trop bien les femmes comme elle pour se laisser bêtement avoir.

Laissant un moment de flottement, il reprit : « Haruto est plus important que ma carrière. Peu importe les choix auxquels on me… » Le mot lui échappait. Il se détestait de ne pas avoir le vocabulaire adéquat là, tout de suite. « Qu’on me demandera… » Pas exactement le mot qu’il voulait, mais ça irait. « C’est toujours lui que je choisirai. » Il sourit un peu à la mère de famille, lui montrer qu’elle ne l’impressionnait pas. « J’ai toujours trouvé des solutions, de quoi me relever. Tant pis si ça s’arrête demain. On trouvera une solution. » Ils en trouvaient toujours. « Vous savez, avant, j’étais comme vous. Je pensais que les relations homosexuelles apportaient rien, que c’était bizarre, pas légitime. Qu’on devait se marier, faire des enfants, peu importe ce qu’on faisait ensuite. J’étais peut-être tout aussi raciste, homophobes et discriminatoire que vous l’êtes. » On ne pense jamais l’être jusqu’à y être directement confronté. Riant un peu, il secoua la tête. « Il m’a fait changé d’avis sur tellement de chose. Il est la meilleure chose qui me soit arrivée. Vous pourrez dire ce que vous voudrez, ça changera rien. Ce sera toujours lui. » Pour toujours. Le seul avec qui il voudrait être, celui avec qui il voulait finir sa vie. Il ne savait pas s’il serait encore mannequin dans cinq ans, il ne savait pas s’il serait encore au Japon. Il ne savait pas ce qu’il ferait de sa vie. Sa seule certitude, c’était que Haruto serait avec lui. Qu’ils avanceraient ensemble, continueraient leurs projets. Qu’il était celui avec qui il voulait se réveiller chaque matin, celui qu’il voulait rendre heureux tous les jours, sans jamais y manquer. Si Haruto avait pu en douter, s’il avait pu les sacrifier, Ji Hoon savait qu’il n’en serait pas capable. Qu’il serait trop égoïste pour le laisser. Il était déterminé à le garder près de lui. Et elle ne pourrait jamais rien y faire.


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     Mar 30 Jan - 16:30

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« Et je t'aimerai aussi. » Haruto craqua sous le clin d'oeil de son homme. Pourquoi tout ce que Ji Hoon faisait le faisait lui inévitablement craquer ? Il pouvait simplement le regarder droit dans les yeux, que le Japonais fondait immédiatement. Ce qu'il ressentait avec lui, Haruto ne l'avait jamais connu. Et il ne le connaîtrait plus avec personne, c'était une certitude qui ne le quittait pas. Ji Hoon était la personne qui lui était destinée, qu'importe les préjugés et les difficultés rencontrées. C'était dingue, mais au fond, c'était simplement à la hauteur de leur amour. Pour la première fois de sa vie, le timide Kamiya avait trouvé quelqu'un avec qui il souhaitait tout partager, avec qui il voulait s'ouvrir au monde. Ji Hoon faisait de lui un homme meilleur, il en était convaincu. Qu'importe ce que pouvait en penser Haruka, ou cette vieille randonneuse un peu trop curieuse, ou tous ces anonymes qui les jugeaient en silence. Haruto n'en avait plus rien à faire. Aujourd'hui, il avait franchi ce pas qu'il avait tant redouté faire. Il avait annoncé à sa mère – le plus gros obstacle dans leur relation – qu'il aimait Ji Hoon, avec tout ce que cela impliquait. Il espérait vraiment qu'un jour, Haruka comprenne quelle erreur elle avait pu commettre en manipulant son fils. S'il savait avoir une grande part de responsabilités dans cette fâcheuse histoire de fiançailles, il savait aussi que sa mère y était pour beaucoup. Il avait culpabilisé, s'était laissé convaincre qu'il était redevable de quelque façon que ce soit envers sa génitrice. Aujourd'hui, il comprenait son erreur, et la payerait sûrement jusqu'à la fin de sa vie.

Rire avec Ji Hoon, partager ces moments complices, retomber encore et encore amoureux en le regardant... Il aurait pu perdre tout ça. Haruto ne voulait pas y penser. Ils devaient avancer ! Bien sûr, il n'oubliait pas qu'il devait se faire pardonner, il voulait sincèrement que son homme le pardonne réellement, un jour. Il ne doutait pas que la blessure était toujours là, et ce serait injuste que de lui demander de simplement oublier et continuer à aller de l'avant. Haruto désirait non seulement retrouver sa confiance, mais la mériter, aussi. Doucement, retrouver son amour. Pas comme avant. Beaucoup plus fort ! Il le pouvait, ils le méritaient. La plus belle histoire que ce monde ait connu. C'était la leur, et il voulait le prouver. Pour cela, il devait donc tout partager avec lui, désormais. Même ses photos les plus embarrassantes. L'ancien petit garçon dodu n'en reviendrait pas de voir quel homme il était devenu. Que lui dirait-il, s'ils pouvaient se parler ? Haruto s'était souvent senti seul, à l'époque. Hors de ce monde. Aujourd'hui, il y avait quelqu'un sur qui il pouvait compter. Il y avait Ji Hoon. Qui le ramenait sur terre, qui l'envoyait au septième ciel. Tout dépendait. « D'accord, d'accord, tu les verras ! » Tant pis s'il se moquait, s'il riait en les voyant. Tout ce que Haruto voulait, c'était ne plus voir ce sourire si beau, si charmant, disparaître du visage de son homme.

Heureux que son père les accepte, Haruto réalisait combien il aurait aimé rencontrer celui de Ji Hoon. Ce n'était malheureusement plus possible. Il se demandait alors si Keisuke et Jong Dae se serrait entendu. Serait-il venu boire des bières avec eux trois, ou aurait-il renié son fils et son amant ? Personne ne saurait jamais. Voir comment Ji Hoon parvenait à séduire son père pour se faire accepter le faisait sourire. Ce dernier, comme toujours, sembla gêné, mal à l'aise, mais son fils devinait qu'il était plutôt content. Les mots de l'un et l'autre touchèrent Haruto qui voulait les prendre tour à tour dans ses bras. Voir son père accepter Ji Hoon était le moment qu'il chérirait sûrement le plus, pour un long, long moment. Son cœur s'était réchauffé, et il se disait que cette soirée n'était alors pas vaine. Mais quand Keisuke proposa de sortir entre hommes Lee et Kamiya, son sourire retomba un peu, et son regard se porta immédiatement sur son homme. Devait-il le dire pour lui ? Le psychiatre qu'il était savait que c'était important que Ji Hoon l'annonce lui-même, aussi difficile que cela lui paraissait. Keisuke comprit immédiatement qu'il avait dû dire quelque chose de déplacé, et baissa la tête lorsque le meilleur ami – l'amant – de son fils lui répondit. S'excusant immédiatement, il ne sut visiblement quoi dire, murmurant des vœux de condoléances maladroits, mais sincères. Haruto baissa les yeux, encore terriblement désolé pour son homme. La façon dont il avait appris le décès de son père était horrible, et il devinait que là aussi, c'était une blessure qui n'avait pas encore cicatrisé.

L'intervention de Haruka sembla étrangement soulager tout le monde. Une fois Keisuke disparu, Haruto retourna son attention sur son homme. Hésitant un instant à évoquer Jong Dae, il changea d'avis. Pas ici, pas maintenant. Et si Ji Hoon voulait lui en parler, il savait qu'il le ferait. Ne résistant pas à l'envie de se rapprocher de lui, il leur accorda un petit instant de répit supplémentaire. Histoire de mieux pouvoir affronter sa mère. Ils avançaient, qu'importe l'avis de cette dernière. « Elle devra bien. » Haruto se blottit contre lui. Tant pis si Haruka finissait par le renier. Keisuke était de leur côté, Erena aussi. Haruno restait en quelque sorte... Neutre ? Finalement, c'était plutôt un bon résultat. Une fois cette soirée passée, le plus dur serait derrière eux. Ils devaient encore l'annoncer aux Lee, mais il s'en faisait beaucoup moins pour ça. Embrassant encore son homme, et encore, Haruto l'emmena finalement une fois encore vers la cuisine. Tant pis s'ils choquaient sa mère, ou il ne savait trop quoi. Haruto se fichait de savoir ce qu'elle imaginait. C'était se faire du mal toute seule. Il était bien tenté d'inventer un mensonge pour la choquer, mais cela ne mènerait à rien. Et même si Keisuke les acceptait, ça ne voulait pas dire pour autant qu'il était prêt à tout entendre. Et il savait que ce serait faux. Préférant lui demander cet album photo, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle réponde aussi rapidement à sa requête.

Les questions de sa mère, néanmoins, il aurait dû s'y attendre. Son regard noir n'y fit rien, Haruka était lancée. Regardant Ji Hoon droit dans les yeux, elle les enchaîna. Elles étaient offensantes, gênantes. Bouillant à l'intérieur, Haruto se força à garder son calme, respirant doucement par le nez. Ils devaient s'en aller. Il était certain de ne pas pouvoir faire changer sa mère d'avis. A quoi bon essayer ? Du moins, pour le moment. Un jour, il espérait tout de même qu'elle change un peu d'avis. Mais pour le moment, cela ne servait à rien, tant elle se montrait bornée. Aussi, la réponse de Ji Hoon le surprit. Haruto lui jeta un regard surpris, avant de finalement serrer sa main en retour. Hochant la tête, il finit par lui sourire à son tour. Le laissant répondre, il ne le lâcha pas, fixant à son tour sa mère, la prévenant du regard qu'elle n'avait pas intérêt à d'interrompre son homme. Semblant comprendre, elle posa ses baguettes, se tenant soudainement bien trop droite pour que cela paraisse naturel. Ils vivaient ensemble, oui. Finalement, un jour, sans qu'il ne le remarque, Ji Hoon avait pris les clés. Le double avait disparu du tiroir où il les avait rangées ! Le Japonais ne se souvenait que trop bien du large sourire qui avait étirer ses lèvres lorsqu'il s'en était rendu compte, et de la douce chaleur qui avait fait battre son cœur un peu plus rapidement. Haruto avait hâte qu'il l'annonce au reste de la famille de son homme. Une fois fait, ce serait un grand pas en avant qu'ils auraient franchi, tous les deux. Pour seule réponse, Haruka renifla, restant toujours bien droite sur sa chaise.

Haruto caressa tendrement la main de son homme à l'aide de son pouce, l'encourageant silencieusement. Ce n'était pas grave s'il butait sur les mots. Il était si fier de lui ! Les mots que Ji Hoon prononçait l'émouvait sincèrement, il baissa légèrement la tête pour cacher son sourire, avant de se dire que ça ne servait à rien, qu'il pouvait bien montrer combien son petit ami le rendait heureux. Ses yeux glissèrent vers Ji Hoon, auquel il sourit encore plus largement, amoureusement. Il ne ferait plus l'erreur de le faire passer en second. Il était la personne la plus importante pour lui, à présent. Haruto se sentait si fier d'avoir pu lui faire changer sa vision des choses. « Mon amour... » Il en oublia ce qu'il y avait autour. Dans le silence qui tomba après la déclaration d'amour du Coréen, Haruto se pencha pour l'embraser tendrement. Le raclement de gorge de Keisuke le rappela à l'ordre. Haruto roula ses lèvres l'une contre l'autre avant de s'excuser tout doucement. Il n'était pas désolé, comme le prouvait son sourire, mais par respect pour son père, il se redressa pour se rasseoir correctement sur sa chaise. Keisuke semblait gêné, Haruka les fixait, les yeux plissés. Ce qui n'augurait rien de bon. « Je ne suis pas... raciste. Ni homophobe, ni... discriminatoire. » Elle sembla chercher ses mots. « Je trouve simplement cela très étrange, comme revirement de situation. » Elle semblait carrément piquée au vif, ses joues avaient rougi. Elle lança un regard à son mari. « Tu vas laisser ça comme ça ? C'est ton fils unique. Le porteur du nom Kamiya ! » « On aura des enfants. » Keisuke qui allait répliquer tourna vers lui un regard aussi surpris que sa femme. Haruto se racla la gorge, soudain nerveux. « On est en 2018. Le monde change, le Japon un peu plus lentement, certes, mais pourquoi penser que cela restera impossible dans quelques années ? Maman, c'est sérieux. Je veux vivre avec Ji Hoon. Je veux fonder une famille avec lui. » Sa main serra celle de Ji Hoon un peu plus fort. « Ce ne sera pas tes enfants. » Haruto soupira, secouant la tête. « Tu aimerais que je fasse comme il a dit ? Me marier, faire des enfants, juste pour sauver les apparences, et qu'importe ce que je fais à côté ? Pourquoi les apparences sont si importantes pour toi ? Tu aurais aimé que papa te fasse ça ? T'aurais fait quoi ? Sourire comme idiote, alors que tu aurais été malheureuse ?  » « Haruto. » Le ton de son père était autoritaire. Le fils s'excusa, baissant les yeux. C'était ridicule. Pourquoi ne comprenait-elle pas ? Il chercha du soutien chez son père, mais celui-ci détournait les yeux. Erena ? Ji Hoon ?

Poussant un soupir, il se cala un peu mieux sur sa chaise. « S'il te plaît, maman. Accepte au moins ça. Le fait que j'aime Ji Hoon et que je ne veuille plus lui faire du mal. » Haruka garda son regard fixé sur son assiette. « Je voulais juste ton bonheur... Que tu aies une belle vie. » Haruto lui sourit. « Eh bien alors, sois rassurée. Ji Hoon me rend très heureux. Je t'assure. » Il y eut un silence, puis sa mère se redressa dignement. Attrapant ses baguettes, elle fit un geste vague vers le centre de la table. « Servez-vous, qu'est-ce que vous attendez ? » Un petit rire échappa à Haruto, qui attrapa ses baguettes à son tour. Se tournant vers Ji Hoon, il lui sourit tendrement. Oui, c'était avec lui qu'il voulait finir ses jours. Avec lui qu'il voulait fonder une famille. Des enfants, un mariage. Pas forcément dans cet ordre. Ça n'avait pas d'importance, tant qu'ils les avaient ! Il y croyait très fort. Une belle histoire à la hauteur de leur amour. Que rien ni personne ne pourrait gâcher. Qui durerait toujours. Et au-delà.

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     Jeu 1 Fév - 0:08

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Ji Hon avait eu envie de dire 2016 mais non. Son père était bien mort en 2015. Le Coréen ne s’y faisait pas. Se dire qu’il avait vécu quasiment un an sans en avoir conscience. Qu’il avait laissé passer ses dernières chances de lui dire adieux. Qu’il n’était même pas revenu pour le serrer dans ses bras une dernière. Le remercier pour tout ce qu’il avait fait pour lui, pour l’homme qu’il avait été. Le remercier de l’avoir aidé à devenir l’homme qu’il était devenu, même si Ji Hoon savait qu’il ne serait peut-être pas si fier que ça. Il vivait à Tokyo, comme mannequin et escroc. L’un comme l’autre, ce n’était de vrais métiers selon lui. Il n’avait pas fait d’études. Il était tombé amoureux d’un homme… Non, d’accord, sans doute pas ce que son père aurait imaginé pour lui, mais peu importe. Il aimait sa vie. Il aimait ce qu’il en avait fait. Ces conflits ont peut-être contribué à l’empêcher d’entrer dans le moule. Sans doute pas ce qu’il aurait voulu. Peu importe, à quoi bon gâcher tout ça ? Il secouait la tête, faisant signe au père Kamiya de ne pas s’inquiéter, ce n’était pas grave, il ne pouvait pas savoir. Après tout à vingt-cinq ans, en général, on possède toujours ses deux parents. Il se força à continuer de sourire, heureux malgré tout d’entendre la vieille l’appeler.

En silence, il le regarda s’en aller, laissant Haruto le prendre dans ses bras. Son père n’aurait sans doute pas accepté si facilement. Malgré une certaine ouverture d’esprit, plus grande que la plupart des Coréens, en épousant une Chinoise, il restait plutôt classique et traditionnel. Que penserait-il de tout ? Pourrait-il accepter, au bout du compte, qu’un de ses fils soit tombé fou amoureux d’un Japonais ? Il ne savait pas vraiment. Il aurait fallu du temps, mais un jour ou l’autre, sans doute se serait-il dit que tant qu’ils étaient heureux, ce n’était pas bien grave, que ce soit une femme, un homme ou peu importe ? Pour Ji Hoon, ça allait plus loin que ça. Il s’en fichait que Haruto soit un homme, une femme… Ce qui comptait, c’était qu’il était lui. La personne exceptionnelle qu’il était, qui avait fait qu’il n’avait pas résisté, il était tombé fou amoureux de lui. Depuis tout ce temps, ça n’avait pas changé, il voulait rester avec lui. Il espérait vraiment ne jamais le perdre. Il avait été si brisé quand il l’avait quitté. Une âme vide, en peine. L’ombre de lui-même. Plus jamais Ji Hoon ne voulait ressentir ça, cette impression qu’on lui avait arraché une partie de lui-même. Agir comme un robot, se lever, se coucher, tenter de vivre un peu au milieu. Survivre.

Une fois de retour dans le salon, il sourit au père Kamiya et à Erena avait de focaliser son attention sur la mère. Il se sentait en plein combat contre elle, mais il ne la laisserait pas gagner. Ecoutant ses questions, il savait bien qu’elle essayait de les déstabiliser, mais ça ne marcherait pas. Elle ne l’aurait pas. Poliment, il la laissa terminer, secouant la tête et refusant fermement la décision d’Haruto. Non, ils restaient. Depuis le début, il n’avait pas pu s’exprimer, pas pu donner son avis. Il ne la quittait pas du regard alors qu’il parlait. Il devait donner son point de vue, se faire entendre. Qu’elle comprendre qu’il aimait sincèrement Haruto. Parler avec son cœur, se faire entendre. Il était plus important que sa carrière, plus important que tout. Il avait besoin de lui, et il espérait que le Japonais avait aussi besoin de lui. Il lui sourit une fois la fin de sa tirade atteinte en l’entendant l’appeler « mon amour », il fut néanmoins surpris de le voir s’approcher et poser ses lèvres sur les siennes. Sa main se leva par réflexe pour se poser sur sa joue, il se sentit rougir, un peu embarrassé qu’il l’embrasse devant ses parents. Néanmoins, il sourit en entendant son père tousser, baissant la tête en s’excusant.

Haruka se décida à répondre. Si, elle était raciste, homophobe et discriminatoire. Pourquoi se mentir à ce point ? Effectivement, le revirement de situation était étrange, mais, et alors ? Ils étaient heureux dans cette situation. Ji Hoon aimait Haruto. Haruto l’aimait aussi. Sans doute depuis le début. Ce n’était pas vraiment un revirement. C’était juste la suite logique des choses depuis leur rencontre. Ils avaient attendu d’être prêts pour finalement vivre leur histoire d’amour. Il regarda le père de famille quand elle l’interpela soudainement, sentant son cœur rater un battement à la déclaration soudaine du Japonais. Ils auraient des enfants ? Ji Hoon pinça ses lèvres pour éviter un rire nerveux. Pourquoi est-ce qu’il devait dire ça comme ça ? Ils n’avaient jamais parlé de ça entre eux. Oh si une fois, pour plaisanter, avant d’être ensemble. Mais des enfants… Ils ne pouvaient pas vraiment en avoir ! Il se sentit un peu paniquer en l’entendant continuer. 2018, oui, bien sûr, dans quelques années. Fonder une famille. Il avait chaud, il faisait si chaud. Ils devaient payer beaucoup pour l’électricité, c’était un vrai sauna !

Non, ça ne serait pas leurs enfants, en effet. Des enfants adoptés. Oh oui, avec une maison en banlieue et des grands chiens. Pinçant les lèvres, il fixa leurs mains. Il avait envie de lâcher la sienne, mais tenait bon. Son cœur battait si vite dans sa poitrine. Ce n’était pas le moment de paniquer ! Hors de question de tout gâcher ! Il sursauta en entendant le ton autoritaire de Keisuke, n’ayant pas vraiment suivi ce que Haruto avait dit juste avant. Il tenta de se concentrer sur la suite. Oui, il ne devait plus lui faire de mal. Plus comme l’année passée. Il ne pardonnerait pas une seconde fois. Sa menace tenait toujours. Il lui ferait regretter leur rencontre. Mais pour le moment, l’heure n’était pas aux menaces. Il regarda Haruka, sous-entendant que son fils n’aurait pas forcément une belle vie avec lui. Il écouta Haruto affirmer qu’il le rendait déjà très heureux. Il voulait partir de cette maison, serrer Kimyaki, parler avec Liang, avec sa mère. Il profita de l’invitation de la mère à manger, mettant fin à la petite guerre, pour lâcher la main de son homme et se servir. Il n’avait pas faim, ne pouvait rien avaler. Le Coréen fit mine de se servir avant de reposer ses baguettes. « Il faut que j’aille dans aux toilettes. » Il ne savait pas où c’était. Il allait trouver. Sans rien ajouter de plus, il se leva pour retourner dans le salon, se laissant guider pour finalement tomber sur la salle de bain dans laquelle il s’enferma, poussant un long soupir.

Est-ce que deux hommes pouvaient vraiment prendre soin d’un enfant ? Pourquoi est-ce qu’il en doutait ? Au final, Haruto n’avait pas forcément balayé tous ses aprioris. Un enfant avait besoin d’une mère, non ? C’était important, une mère. Deux pères, c’était bizarre ? Même s’ils aimaient l’enfant plus que tout. Sa langue glissa sur ses lèvres. Pourquoi est-ce que ce Japonais s’emportait toujours ? S’approchant du lavabo, il se passa un peu d’eau sur le visage, pour se calmer. Qu’il arrête de paniquer ! C’était un jour important ! Fermant les yeux, il se maudit avant de se redresser. Il devait y retourner. Arrêter de paniquer pour un rien. Haruto avait juste affirmé avec certitude qu’ils auraient des enfants. Voilà. Il paniquait à nouveau. Est-ce que ça allait trop vite ? Après l’année qu’ils venaient de passer, oui, sans doute. Il aimait Haurto, il voulait passer sa vie avec lui. Mais il ne voulait plus autant s’emballer, il ne voulait plus autant se perdre. Respirant profondément, il quitta la salle de bain, retournant auprès des Kamiya. « Désolé. » Se réinstallant à côté de Haruto, il fixa les plats, son regard se leva vers Haruka. « Ça a vraiment l’air délicieux, mais je me sens pas très bien, je pense pas pouvoir avaler quoique ce soit. » il se courba un peu vers elle en s’excusant. Ses yeux se posèrent sur son petit-ami. « Je crois que je vais rentrer… Tu peux rester encore un peu si tu veux, d’accord ? On se voit après. » Non, sans doute pas, puisque par entrer, il entendait chez sa famille. Sûrement trop d’émotion d’un coup, passer par trop de stades différents. L’inquiétude, la colère, le soulagement, la peine, l’angoisse, la panique. On n’aurait pas dû parler de son père, Haruto n’aurait pas dû dire ça. « Merci de m’avoir reçu aujourd’hui. Je suis vraiment très heureux qu’on ait pu vous annoncer pour nous deux. La prochaine fois, venez dîner chez nous, d’accord ? » Son regard se posa plutôt sur Haruka avant de se tourner vers Keisuke. « Et c’est quand vous voulez pour la bière coréenne. » Il sourit un peu. Pas aujourd’hui, pas dans la semaine à venir, mais assurément, ils devaient le faire. Il voulait être plus proche des Kamiya. Sa belle-famille, en quelque sorte. Des proches de l’amour de sa vie, en somme.


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     Jeu 1 Fév - 19:55

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Ils n'auraient pas dû rester pour dîner. Passer un dimanche après-midi, quand rien ne les retiendrait. Quand rien ne les empêchait de partir quand ils le décidaient. Pourquoi pas une rencontre à l'extérieur ? Sur un terrain neutre, où Haruka n'aurait pas pu faire de scandale ? Elle en aurait fait un de toute manière. Haruto ne connaissait que trop bien sa mère. Aucune situation n'aurait été meilleure qu'une autre. Du moins, il tentait de s'en convaincre. Peut-être aurait-il dû l'annoncer à chacun de ses parents séparément ? Peut-être aurait-il dû venir seul ? Ça lui avait semblé important de venir ici, avec Ji Hoon. De leur annoncer ensemble, à tous les deux. Ce n'était pas nouveau que Kamiya Haruto idéalisait un peu les choses. Encore une fois, il s'était laissé prendre au jeu. Encore une fois, il s'était sûrement trompé. Bien sûr, il ne s'était pas attendu à ce que tout glisse comme s'il avait annoncé une promotion ou il ne savait pas trop quoi. C'était beaucoup plus important que ça, et donc, beaucoup plus compliqué à dire, à accepter. Si sa mère ne pouvait comprendre, Haruto espérait au moins qu'elle n'essayerait pas de l'empêcher. Comme elle l'avait inconsciemment fait depuis quelques années. Il était à peu près sûr qu'importe qu'elle soit une femme, si elle n'avait pas convenu à Haruka, cette hypothétique petite amie qu'il aurait eu à la place de Ji Hoon aurait reçu à peu près le même accueil. Bon, sûrement en moins pire, cela allait de soit. Ici, elle avait l'excuse que la personne qu'il lui présentait était en fait son meilleur ami, et donc, un homme. Le fait qu'il soit Sino-Coréen n'était qu'une excuse de plus à ajouter.

Aurait-il réellement pensé sa mère comme ça ? Il ne savait pas trop. Depuis qu'ils étaient petits, elle leur promettait le monde. Ses enfants étaient si beaux, si intelligents. Aucune mère n'aurait pu être aussi fière ! Mais quand avait-elle commencé à se montrer si intrusive ? Toujours, du moins avec lui. Avec Haruno aussi, sûrement. Erena avait su se protéger, un peu trop bien peut-être. La faute lui revenait, il le savait bien. S'il s'était efforcé de lui démontrer son ennui, cela n'avait clairement jamais suffi à la pousser à arrêter de se mêler de la vie de ses enfants. Pour un peu, et il s'attendait à ce qu'elle leur annonce devenir la manager de leur pauvre petite sœur. Aujourd'hui, Haruto voulait reprendre le contrôle total de sa vie. L'année passée avait été affreuse, après son accident, son coma, son amnésie, ses fiançailles... 2017 était derrière eux, avec ses lourdes traces dans leurs vies. Ils ne pouvaient pas les effacer si facilement, ni vraiment les oublier. Ils ne le devaient pas. Le Japonais se disait que c'était important aussi, ne pas oublier, pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Pour mieux avancer. Ils étaient plus forts que ça. Plus forts que les préjugés de sa mère, plus forts que les barrières qui se dresseraient inévitablement devant eux. Plus forts que le monde, que Haruto était définitivement certain de pouvoir combattre s'il le fallait, avec Ji Hoon à ses côtés. Ils montreraient au monde combien ils étaient plus forts. Tout irait bien.

Les réponses que donnait Ji Hoon à sa mère le rendait heureux. Peut-être un peu trop ? Haruto ne réfléchit pas vraiment à son geste. Sous l'impulsion, il avait eu envie de l'embrasser. Tant pis si cela gênait sa famille. Sur le moment, il n'y avait pas pensé. Il n'avait pas non plus pensé à la gêne de son homme. Il s'excuserait auprès de lui dès que possible. L'amour qu'il avait pour lui le rendait parfois peut-être un peu trop heureux. Trop enthousiaste. Mais il avait vraiment trouvé la paix, auprès de Ji Hoon. Jamais Haruto ne s'était senti aussi vivant. S'il le pouvait, il le remercierait tous les jours pour l'avoir tiré de son quotidien ennuyeux, de l'avoir aidé à aller mieux, de s'ouvrir au monde. De vivre enfin. S'il restait timide et parfois effacé, le petit Kamiya avait bien grandi. Avec Ji Hoon, il goûtait enfin à la vie, plutôt que de l'observer passivement. C'était les ailes qui lui avaient poussé dans le dos depuis qu'il s'était révélé profondément amoureux de Ji Hoon qui le faisaient parfois un peu trop s'emporter. Comme lorsqu'il parlait avec sa mère, lui répondant peut-être avec un peu trop de zèle sur un futur fantasmé avec son petit ami. Assuré d'avoir gagné cette petite joute verbale, il finit par se servir quand sa mère les invita à le faire, un petit sourire aux lèvres. Sourire qui disparut quand Ji Hoon indiqua devoir aller aux toilettes. Faisant mine de se lever pour lui indiquer le chemin, il se rassit aussitôt quand il aperçut que son homme ne le demandait pas. Pinçant les lèvres, il fixa la porte derrière laquelle il avait disparut. Son cœur battit soudain douloureusement, l'inquiétude s'empara de lui.

Le silence dans la pièce tomba sur lui comme un poids écrasant. Fixant d'abord son père qui baissa les yeux en faisant mine d'être subitement très intéressé par son repas, Haruto chercha le soutien chez Erena, avant de tourner le regard vers sa mère. Il le voyait. Ce sourire qu'elle réprimait. Haruto ravala sa salive, ne trouvant l'appétit que pour quelques grains de riz. Il ne put ouvrir la bouche pour faire le moindre commentaire. Ce ne fut que lorsque Ji Hoon revint s'asseoir à ses côtés, qu'il osa bouger plus que son bras dont la main tenait ses baguettes. « Tout va bien ? » L'inquiétude transparaissait clairement dans sa voix, son cœur battait un peu trop vite dans sa poitrine. Une crainte indescriptible commençait à le ronger doucement. Il le fixait toujours, alors qu'il s'excusait auprès de sa mère. Quand leurs yeux se rencontrèrent, il ressentit cette angoisse profonde qu'il détestait tant. Secouant la tête, il ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. Baissant les yeux, il l'écouta s'excuser auprès de ses parents, leur proposer de dîner chez eux, inviter son père à boire cette fameuse bière coréenne. Pourquoi tout lui semblait si faux ? Relevant les yeux vers son petit ami, Haruto prit une grande inspiration. « On va y aller. » Souriant à ses parents, il se leva, ne donnant le choix à personne. Haruka ne semblait pas particulièrement heureuse, Keisuke parut interdit. Contournant la table, il les serra l'un après l'autre dans ses bras, avant d'oser s'approcher de sa sœur. « Merci d'avoir été là. » Il la serra tendrement, très brièvement, avant de poser le regard sur Ji Hoon. Hors de question qu'il le laisse s'en aller seul, pas après cette soirée !

S'emparant de l'album photo, il attrapa son manteau, tendant le sien à Ji Hoon. Sa mère les observait, l'épaule contre le chambranle de la porte, son mari juste derrière elle qui avait posé une main hésitante sur son épaule. « Revenez quand vous voulez, d'accord ? Ce sera avec plaisir pour la coréenne, Ji Hoon. » Sa femme fronça les sourcils, levant la tête pour lui adresser un regard noir. « La bière coréenne, ma chérie. Suis un peu. » Haruka se contenta de hausser les épaules, avant de s'approcher de son fils. « Appelle-moi un peu plus souvent, tu veux bien ? Tu restes mon seul fils. » La mâchoire de ce dernier se crispa, et son sourire fut plutôt tordu. « Je t'appellerai. » Se baissant pour une nouvelle étreinte, il la lâcha en faisant un signe à son père. Celui-ci leva timidement la main pour saluer le couple. Haruka s'était à peine inclinée devant Ji Hoon, comme toute bonne hôtesse nipponne.

Retrouvant le froid de l'hiver japonais, une fois la porte de la demeure Kamiya fermée derrière eux, Haruto avança peut-être un peu trop lentement vers la voiture. Il savait que ses parents ne pouvaient plus les entendre, mais il n'osait toujours pas parler. Il frotta ses mains l'une contre l'autre, soufflant contre ses paumes son haleine qui s'élevait dans un nuage blanc. « Drôle de soirée, hein... » Il tenta bien de rire, mais il sonnait un peu trop faux. Reniflant brusquement, il chercha les clés de la voiture, déverrouillant rapidement les portes. S'approchant de la place arrière côté conducteur, il déposa l'album sur la banquette, avant de s'installer derrière le volant. S'il alluma immédiatement son moteur, il ne fit pas mine de démarrer le véhicule. « Qu'est-ce qui ne vas pas ? » Il fixa un moment droit devant lui, avant de tourner la tête vers Ji Hoon, lui souriant tendrement, bien qu'un peu tristement. « Je veux dire... A part ma mère, et... » Il ferma les yeux, avant de les baisser, prenant une inspiration, expirant lentement ensuite. « J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? » Son sourire était définitivement triste, désormais, alors qu'il relevait la tête pour le regarder à nouveau. « Tu es devenu... bizarre, lorsque j'ai parlé de nous. De notre futur. » Haruto savait qu'il s'emballait peut-être un peu trop, mais n'était-ce pas légitime ? Il voulait sincèrement finir sa vie à ses côtés, alors n'avait-il pas le droit de se projeter un peu plus ? Se trompait-il ? Son amour pour Ji Hoon l'aveuglait-il à ce point ?

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     Sam 3 Fév - 1:57

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Deux hommes ne pouvaient pas naturellement avoir d’enfants, c’était bien connu, Ji Hoon le savait, il faisait bien avec cette idée. Enfin, il n’y avait jamais vraiment songé, parce que depuis qu’ils étaient ensemble, ce n’était pas vraiment le premier sujet qui lui venait. Il était bien comme ça, avec leurs deux petits chiens. Qu’est-ce qui l’embêtait, au juste ? Le Coréen ne saurait vraiment répondre alors qu’il fixait son reflet. Sans doute qu’il balance ça avec tant de certitude alors que c’était un sujet qu’ils n’avaient jamais abordé. Un sujet tellement important, pourtant. Ce n’était pas comme dans un couple hétérosexuel, où ça pouvait sembler évident. Un jour, on arrêtait toutes les contraceptions et on essayait de faire un bébé. Ils ne pouvaient pas faire ça. C’était un sujet sérieux, important, il n’avait pas le droit de le balancer comme ça, d’en parler comme si de rien n’était. Ji Hoon s’emportait, il abusait sans doute. Deux hommes pouvaient-ils vraiment élever un enfant correctement ? Il n’en savait rien, il ne s’était jamais posé la question. Au fond de lui, il se disait que non, la mère était plus importante. Aussi doux qu’était Haruto, il restait un homme. Ça n’y changeait rien.

Il était si beau, c’était dommage de gâcher ses gênes en ne se reproduisant pas. Il se fit rire un peu en se recoiffant, avant de laisser son sourire doucement retombé. Inutile d’être triste maintenant. Il savait dans quoi il s’engageait en se mettant en couple avec Haruto. Abandonner sa vie qu’il avait toujours imaginé. Marié à une bombe, deux ou trois enfants, un chien. Des maîtresses presque aussi canon que sa femme. Il avait fait une croix dessus parce qu’il avait préféré à cette vie ordinaire, un amour extraordinaire. C’était mieux, mieux que d’être le salaud qu’il avait pu être. Oh, il aurait aimé ses enfants, c’était certain. Il espérait qu’il aurait été un bon père. Ça n’avait pas d’importance maintenant, il devait s’enlever tout ça de la tête. Il devait rentrer, il voulait se coucher, passer tout ça, reprendre tout demain. Ce n’était rien de bien grave, il ne devait pas dramatiser toute cette histoire, il ne voulait pas inquiéter Haruto, il ne voulait pas laisser cette victoire à la mère de famille Kamiya. Il devait se montrer plus fort que ça. Respirant profondément pour se calmer, il s’admira encore un peu avant de hocher la tête, cherchant tout son courage pour y retourner.

Sa main se posa sur l’épaule de son petit-ami. Il n’y arrivait, il voulait rentrer. Le Coréen s’excusa platement auprès de sa « belle-famille », mais c’était trop pour lui ce soir. Son homme pouvait rester s’il voulait, Ji Hoon ne lui en voudrait pas. C’était sa famille, c’était important de profiter de sa famille. Cependant, il aurait dû y penser. Il décida de le suivre. Ji Hoon lui sourit un peu en le voyait se lever et déclarer qu’ils partaient. Il était visiblement temps, même s’il ne voulait pas vraiment faire un topo de la soirée avec son petit-ami tout de suite. En silence, il resta dans l’embrasure de la porte, observant son homme dire au revoir à sa famille. Erena lui sourit un peu, tapotant trois petits coups dans son dos quand il vint l’étreindre. Ça n’avait pas été aussi intéressant que prévu, mais peu importe, elle n’allait pas chouiner. Tendant la main vers son manteau, il remercia Haruto d’un sourire avant de l’enfiler, s’approchant de l’entrée pour pouvoir remettre ses chaussures. Un petit rire lui échappa aux mots de Keisuke, il hocha la tête en guise de réponse. « Elles vous attendent au frais. » Il s’amusa de son humour vers sa femme.

Cette dernière accapara une dernière fois son fils, réclamant plus d’appels de sa part. Il les observa en silence avant de se courber vers elle, même si cela pouvait davantage faire penser à un simple geste de la tête. Ouvrant la porte, il ne fit plus attention au froid, bien trop heureux d’être enfin dehors, d’être libre. Il voulait rentrer, se coucher, câliner Kimyaki. Lui raconter la soirée pour voir ce qu’il en pensait. Bien sûr, il savait qu’il ne voulait pas qu’ils aient de bébé, il avait déjà assez de mal avec Takochi. Cependant, le petit bichon était assez mature pour faire la part des choses. « Oui… Vraiment très drôle. » Il tourna brièvement la tête pour lui sourire avant d’accélérer le pas jusqu’à la voiture. S’installant à la place passager, il attendit que Haruto s’installe pour démarrer mais il ne sembla pas d’humeur à coopérer. Il voulait parler. Bien évidemment à quoi s’était encore attendu le Coréen ?

Refusant de le regarder, il fixa la route devant lui. Pourquoi ne pouvait-il pas deviner ? Pourquoi ui demander de parler ? Ses lèvres se pincèrent. Il n’avait rien contre leur avenir ensemble, il ne voulait juste pas le fantasmer, juste qu’ils en parlent avant d’entendre ce qu’il s’imaginait. Baissant la tête, il la secoua doucement. « Désolé… » Il avait tout gâché, ça devait faire jubiler sa mère, mais il ne pouvait plus. Lentement il secoua la tête. « Tu sais que j’aime vraiment ton ent... Quand tu fais ou dis des trucs en étant super content… » Oh oui, il était si mignon quand il était excité par quelque chose, il le trouvait adorable et il avait besoin de ça. Besoin d’entendre que Haruto voyait un avenir pour eux, besoin de faire des projets avec lui. « T’as pas le droit de dire qu’on aura des enfants comme ça. T’as pas le droit de le dire comme si ça arriverait forcément. » Non, il n’avait pas le droit. Et Ji Hoon n’avait pas le droit d’avoir cette pointe d’agacement dans la voix. Ils devaient parler calmement. « Tu penses pas que c’est utile d’en parler avant de dire ce genre de connerie ? Enfin, avec moi. » Oui, parce que c’était tout de même le principal intéressé s’ils devaient adopter. Ils ne pourraient sans doute jamais le faire, c’était inutile. Mais le sujet méritait d’être abordé. « C’est pas un sujet que tu peux balancer comme ça, comme si c’était normal. Deux hommes peuvent pas avoir d’enfants, tu peux pas l’aborder comme si on pouvait prévoir naturellement d’en faire. » Comme si c’était naturel alors que non. Respirant profondément, le Coréen ferma un instant les yeux.

Ji Hoon devait se calmer, mais tout se bousculait dans sa tête. Plus jeune, il se disait qu’il serait un père plus cool que le sien. Un meilleur père. Au final, il ne saurait sans doute jamais la vérité. Il partirait du principe que son père aurait éternellement été mieux que lui. « Et tu devrais passer plus de temps avec ton père, il attend que ça. » Un soupir lui déchira les lèvres. Qu’est-ce qu’il ferait pour avoir ne serait-ce que cinq petites minutes avec les siens ? Mordillant sa lèvre, il chassa son père de son esprit, désignant la route. « Démarre, je veux rentrer, il fait froid. » Trop froid. Et ils étaient quand même mieux chez eux que dans cette voiture pour discuter. Il ne voulait même plus discuter, ça lui avait aspiré toute son énergie. Cette soirée avait été bien trop difficile. Il voulait juste s’allonger, dormir jusqu’à demain. Soir. « Ramène-moi chez ma famille, s'il te plaît. » Il voulait passer du temps avec sa mère, discuter avec sa famille comme si de rien n’était. Il avait besoin d’être avec eux. Ji Hoon aimait Haruto plus que tout. Et c’était bien parce qu’il l’aimait qu’il voulait éviter encore une dispute, qu’il voulait éviter de dire des choses qu’il ne pensait pas. Qu’il voulait se reposer avant de raconter n’importe quoi. Par amour pour lui.


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     Sam 3 Fév - 21:37

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Si Haruto avait hâte de partir désormais, il avouait ne pas trop savoir ce qu'il se passerait ensuite. Le malaise évident de Ji Hoon n'était peut-être pas seulement dû aux réactions de sa mère. Ils devaient parler, c'était important. Combien de fois se l'étaient-ils promis, depuis ces terribles fiançailles ? Néanmoins, précipiter le départ n'était pas la solution non plus. Du moins, le précipiter plus que nécessaire. Il se fichait que sa mère jubile, il lui expliquerait sa façon de penser plus tard. Pour l'heure, Haruto voulait s'occuper de son homme. Savoir pourquoi, soudainement, tout avait été gâché – du moins, un peu plus encore que ça ne l'avait été par Haruka et ses questions idiotes. C'en était assez pour ce soir. Il essayerait de reparler à sa mère, mais pas aujourd'hui. Ni demain, ni même dans la semaine à venir. Plus tard, quand lui-même aurait digéré son attitude. Couper les ponts avec elle lui avait définitivement fait du bien. Il regrettait néanmoins que cela l'avait aussi un peu éloigné de son père. Un mal nécessaire ? Haruto ne voulait pas trop y penser, alors qu'il lui disait au revoir, le remerciant tout bas pour le soutien qu'il leur apportait. S'il savait que son père n'était pas un mauvais homme, le fils Kamiya restait surpris de la manière dont il avait pris la chose. En bien, évidemment. Et c'était ce souvenir qu'il chérirait, de cette soirée.

Marchant vers la voiture, le Japonais choisit de ne pas trop vite se repasser le film de ce repas. C'était encore assez frais dans sa mémoire, aussi devait-il d'abord parler avec son petit ami. Clairement, quelque chose n'allait pas. En vérité, il avait un peu peur de demander. Comme s'il savait, au fond, que c'était de sa faute. Avoir mis Ji Hoon en colère, ou pire, l'avoir rendu triste ce soir, le peinait profondément. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu. Son amorce de conversation fut maladroite, lui-même le concevait. Le sourire de Ji Hoon ne le rassurait pas vraiment, et le Japonais fit au mieux pour suivre sa cadence, se dirigeant vers sa voiture dans laquelle il déposa d'abord l'album photos, avant de s'installer derrière le volant. Et maintenant ? Qu'allait-il faire ? Il ne pouvait pas démarrer, pas maintenant. Il voulait lui parler. Haruto savait que s'il ne le faisait pas maintenant, il lui serait impossible de se focaliser sur sa conduite. Et hors de question de recommencer avec un accident et un coma. Il espérait simplement que Ji Hoon voudrait bien le suivre dans cette idée. Ils devaient se parler. Toujours. Ne pas garder en soi ce qui n'allait pas. Pourtant, le Japonais sentait bien que cela ne serait pas simple.

Quand Ji Hoon s'excusa, Haruto retint son souffle, attendant la suite. Pinçant les lèvres, il osa à peine le regarder. Pourtant, ses yeux se levèrent vers lui, le fixant intensément. Il avait promis d'être plus fort, désormais. De pouvoir tout entendre, de ne plus fuir. Il se força à sourire plus largement quand son homme lui parla de son enthousiasme, mais n'eut pas la force de le corriger. Derrière cette phrase, il voyait venir le problème. Elle l'amorçait assez pour qu'il comprenne. Mais bien sûr, le Coréen continua, et Haruto ne sut comment il réussit à garder une expression neutre, bien que ses traits étaient légèrement tordus par le chagrin. Ces mots lui serrèrent le cœur, tout comme l'agacement qu'il l'y entendait. L'avait-il fâché à ce point ? Mais la suite le blessa beaucoup plus. Son envie de fonder une famille avec lui, une connerie ? Haruto baissa les yeux, ne sachant que répondre, assommé par les paroles de l'homme qu'il aimait. Qui lui faisait tellement de mal, à cet instant. Le reste finit pas l'achever, et doucement, il se glissa contre le dossier de son siège, l'air hagard. Celui l'avait donc dérangé à ce point ? Haruto s'était-il à ce point trompé sur leurs envies communes ? Passant sa langue sur ses lèvres, il essaya plusieurs fois de parler, avant de refermer la bouche sans avoir prononcé le moindre mot.

Pourtant, il savait bien qu'il devait dire quelque chose. « Une connerie ? » Il y avait eu un rire dénué de joie dans sa voix, ainsi que de la tristesse et de la déception. Prenant une grande inspiration, Haruto se redressa en même temps. Fixant droit devant lui, il cherchait encore ses mots, puis tourna la tête vers Ji Hoon. « C'est vraiment ce que tu penses ? De l'idée qu'on ait une famille ensemble ? » Il ne devait pas s'énerver. Il devait rester calme. Pourtant, les mots de son homme l'avaient profondément blessé. « Pour moi, c'était quelque chose qui me semblait évident ? Je veux finir mes jours avec toi... Et donc, me battre pour qu'on puisse avoir des enfants, ou un seul, ou je sais pas... » L'agacement transparaissait désormais dans sa propre voix. « Ce n'est pas comme si j'en voulais un maintenant, tout de suite. Ou même dans un an, ou cinq. Pour moi, c'est pour ça qu'on en a pas encore parlé. Je veux dire... C'est sérieux, mais pas vraiment urgent. » Se passant une main sur le visage, il se demanda lui-même s'il était clair. Il soupira, avant de rire sans joie. « Je suis désolé de m'être emballé. Désolé que mon envie de construire quelque chose avec toi soit une connerie à tes yeux. » Haruto secoua la tête, se tournant cette fois-ci à ce qu'il fasse face à la route. La voiture, cependant, ne démarrait toujours pas. Ses doigts tapotaient nerveusement sur le volant, comme s'il ne savait pas quoi faire. Hurler ? Pleurer ? S'excuser ? « Tu as encore des problèmes avec ça ? Le fait qu'on soit deux hommes ? » Haruto était trop blessé pour réfléchir correctement, visiblement. Reniflant un peu, il secoua la tête. « A t'entendre, c'est comme si on avait pas d'avenir. » Son sourire était faux, son cœur lui faisait mal. Il resta un moment silencieux, à son tour.

La pique de son homme concernant Keisuke le blessa un peu plus. Fronçant les sourcils, il se tourna vers lui. « Ne reporte pas ta frustration sur moi, s'il te plaît. » C'était cruel, mais peut-être que cela pousserait Ji Hoon à lui parler de son père ? Ou au contraire. Haruto ne savait pas, ne savait plus. La douleur dans sa poitrine l'empêchait de raisonner comme il le devrait. Soufflant du nez, il se laissa retomber contre son siège. « Oui. » Et il démarra, mettant immédiatement le chauffage en route. « Comme tu veux. » Il ne devait pas pleurer. Même si ses mains tremblaient, le Japonais s'engagea sur la route, conduisant prudemment. Se concentrant au mieux, il essaya de ne pas penser à leur échange. Il s'en voulait terriblement, se demandant comment il pourrait rattraper tout ça. Il n'eut même pas le cœur d'allumer la radio, malgré le silence qui lui oppressait le cœur. Peut-être roulait-il un peu plus lentement que nécessaire. Son corps entier tremblait, comme s'il luttait contre un énorme chagrin. C'était le cas. La tristesse était réelle, et sûrement pouvait-elle facilement se lire sur ses traits, dans ses yeux brillants. Mais il ne voulait pas craquer. C'était trop ridicule, et il s'était promis de pleurer moins.

« Je ne voulais pas te faire peur. Ou te blesser. » Haruto profita d'un arrêt à un feu rouge pour tenter de s'expliquer un peu plus calmement. « Ma mère est persuadée que notre histoire ne peut pas durer. Je veux lui prouver le contraire. Lui montrer que c'était sérieux. » Mais peut-être au contraire avait-il tout gâché, désormais ? Haruto n'avait jamais était certain d'être un bon papa. Quelques fois, il s'était étonné à se dire que, pourquoi pas ? Lorsqu'il gardait la petite fille de son amie, il agissait plus naturellement qu'il ne l'aurait au début pensé. Pendant longtemps, il s'était dit qu'il y réfléchirait plus tard. En vérité, aucune de ses petites amies ne lui en avait donné envie. Avoir un enfant, ce serait pour dans un futur où il serait installé dans un quotidien parfait et bien rôdé. Quand Minah lui avait annoncé attendre un enfant, il avait paniqué, soulagé ensuite de cet avortement. Pourtant, parfois, il se posait la question. A quoi ressemblerait-il aujourd'hui ? Aurait-ce été une fille ? Un garçon ? Quel âge aurait-il ? Et il comptait. Mais très vite, il s'en voulait. Se sentait énormément coupable. Vis-à-vis de Ji Hoon, surtout. Il n'avait pas le droit. Alors, il réfléchissait à leur avenir un peu lointain, et il s'imaginait avec lui, et deux enfants. Parfois trois. Comme ils en avaient un jour parlé, pour rire. Deux garçon, une fille. Une véritable princesse, la plus parfaite des petites filles. L'enfant unique, s'il devait choisir, désolé pour ses petits gars. Mais visiblement, son enthousiasme était trop grand. Il tirait des plans sur une comète trop éloignée. Il s'emballait un peu trop, surtout après l'année passée. Ji Hoon n'était pas sur la même longueur d'onde, et malgré l'amour extraordinaire que Haruto lui portait, cela le blessait, le brisait un petit peu. Comme si tous ses efforts, au final, ne servaient pas à grands choses. Puisque visiblement, il les écrasait lui-même juste après.

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     Dim 4 Fév - 23:59

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Deux hommes pouvaient tomber amoureux, c’était un concept que le monde commençait à comprendre doucement. On fantasmait ce genre de relation, s’imaginait que ça ne pouvait pas être sentimental. On tentait de calquer ces relations sur ce qu’on connaissait ; les couples hétéros. L’un faisait forcément la femme. C’était une croyance à laquelle on échappait difficilement, comme des œillères qui nous empêche de voir la vérité. Pendant longtemps – toute sa vie – Ji Hoon avait fait parti de ces personnes qui voyaient ces couples de cette façon, sans chercher plus loin. Il ne connaissait pas vraiment d’homosexuel, c’était un univers qu’il ne fréquentait pas, qui ne l’intéressait pas. Pourquoi faire ? Il aimait les femmes, il n’avait aucune raison de s’y intéresser. Maintenant, il comprenait ce que c’était, un vrai couple formé de deux hommes. Il comprenait également ce qu’était l’amour, dans sa forme la plus belle et douce. Tous ses préjugés étaient envolés, il s’en fichait des relations hétérosexuelles. Il savait que ce n’était pas pareil. Il savait qu’aucune histoire d’amour ne se ressemblait. Il se disait toujours que la leur était la plus belle, il s’en persuadait. Malgré tout, ils restaient ensemble, toujours aussi raides dingues l’un de l’autre. Un amour surpuissant les unissait, pour rien au monde il ne voudrait laisser passer ça.

Le silence de la voiture l’angoissait, mais pas autant que l’idée de parler à Haruto. Il le connaissait, enthousiaste, si heureux. Il aimait ça chez lui, quand ses yeux pétillaient en pensant à quelque chose, quand il parlait avec passion de choses qu’il aimait. Ji Hoon pourrait l’écouter des heures sans se lasser, même quand il ne comprenait pas toujours. Le bonheur de son homme était le sien. Pourtant, parler d’avoir des enfants, il n’arrivait pas à partager son enthousiasme. Ça lui faisait peur. Deux hommes avec un enfant, ça lui paraissait encore si bizarre. Pourtant, il avait aimé avoir l’impression d’avoir une petite famille en gardant Rika avec lui. Il aimait l’idée d’avoir un enfant avec lui, mais tout le reste l’angoissait. Deux hommes pouvaient-ils vraiment élever un enfant ensemble, comme si c’était normal ? Ce n’était pas comparable à la notion de couple hétérosexuelle conte homosexuelle. Là, il y avait un petit être en plus. Et si l’enfant réclamait une mère, une présence féminine ? Sa réaction était stupide, au fond, il le savait. Il était stupide, tellement stupide, mais il en voulait à son petit-ami. C’était un sujet qu’ils devaient sérieusement aborder ensemble avant de le balancer comme ça, le jour d’un coming-out.

Une connerie. Le Coréen regretta ce mot qu’il ne pouvait même pas faire passer pour une maladresse de langage. Il avait énervé Haruto. Le Coréen n’osait pas bouger, pas le regarder. Non, ce n’était pas ce qu’il pensait quand il imaginait une famille avec lui. Pour lui, ce n’était pas une connerie, c’était juste impossible. Totalement impossible qu’ils puissent avoir une famille ensemble. « C’est sérieux ? Et tu penses pas que tu devrais m’en parler avant ? » Avant de s’imaginer avec ces enfants. Avec de s’imaginer en train de se battre pour les droits de la communauté LGBT+ au Japon. Il ne voulait pas s’énerver, mais son Japonais l’agaçait. Il ne le comprenait pas, il prenait tout de travers. Comment pouvait-il s’expliquer ? Ça lui semblait impossible. « Ça a rien à voir avec le fait de construire quelque chose ensemble. » Non, c’était totalement différent. Après tout, leur couple ne reposait pas sur le fait qu’ils aient ou non des enfants plus tard. Ji Hoon aimerait plutôt voir ça comme une option, mais comme une obligation à laquelle ils devaient forcément se soumettre. A sa question, il resta silencieux, yeux baissés. Non, il n’avait concrètement plus de problème avec le fait qu’ils soient deux hommes. Ça ne le dérangeait pas de l’embrasser, le toucher, lui faire l’amour. Il pouvait tenir sa main en public, laisser ses lèvres picorer les siennes dans la rue. Il assumait leur couple, ne se cachait plus. « Non, Haruto, c’est pas ça le problème. » Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre, pour une fois ?

Bien sûr qu’ils avaient un avenir ensemble. Son regard se leva vers son petit-ami, il n’aimait pas quand il se mettait à dire des choses aussi absurdes. « C’est à toi que je devrais demander ça ? » Oui, après tout, c’était lui, qui faisait ses drôles de plan comme s’il ne pouvait rien avoir d’autre. « On dirait qu’on a un avenir seulement si on se marie, adopte un gosse après avoir acheté une maison en banlieue avec un shiba inu ? C’est ça que tu veux ? Sinon quoi ? » La vie de famille typique au Japon. Le grand rêve. Ils méritaient mieux que ça. Sa main se leva pour frôler son torse, là où se trouvait la bague qu’il lui avait offert pour noël et un rire légèrement agacé quitta ses lèvres. « Tu te voiles la face, tu sais très bien qu’on pourra jamais avoir tout ça. » Tout ce qu’ils pouvaient avoir, c’était des bagues symboliques. Haruto se montrait si hypocrite quant à leur relation, ou bien il était totalement dans le déni.

Keisuke voulait vraiment passer plus de temps avec son fils. Cela se sentait, une certaine évidence. Haruto le reconnaissait lui-même, ils s’étaient éloignés. Ji Hoon ne voulait pas qu’il regrette un jour, qu’il regarde derrière lui en réalisant tout le temps qu’il avait laissé filer. Il ne voulait pas qu’il vive la même chose que lui. Des regrets, c’était bien tout ce qu’il avait. Sa réponse arriva comme une lame tranchante, directement dans son cœur. « … Ma frustration ? » Il n’avait pas osé le répéter plus fort. Comment pouvait-il se montrer si dur ? Presque insensible. Le cœur du Coréen se serra douloureusement dans sa poitrine. Il avait envie de hurler, mais aucun son ne quittait ses lèvres. Il sentit une larme silencieuse glisser le long de sa joue et tourné immédiatement la tête pour admirer le paysage, maintenant qu’il avait démarrer. « Désolé. » De passer sa frustration sur lui, visiblement. De vouloir lui éviter de voir la tombe de son père et réaliser qu’il ne sait rien de ce qu’il a vécu les dernières années de sa vie. Ji Hoon donnerait tout pour revoir le sien, juste entendre sa voix, revoir son sourire. Parfois, il réalisait qu’il n’arrivait presque plus à se souvenir de sa voix, un lointain murmure, rien de plus. Il devait regarder des vidéos de lui pour s’en rappeler pleinement, mais il n’y arrivait pas. Rien que regarder une photo de lui semblait au-dessus de ses forces. Le meilleur qu’il ait pu faire, c’était aller une seule fois se recueillir sur sa tombe. Il ne l’avait pas regardé, avait fui des yeux la pierre tombale où il serait contraint de lire « Lee Jong Dae ». Il ne voulait pas lire ça. Il ne voulait pas se rendre à l’évidence. Il refusait de l’accepter.

La voiture s’arrêta à un feu rouge, il gardait la tête obstinément tournée. Il était ridicule, il devait arrêter de pleurer. Ça faisait déjà deux ans. Trois. Il s’en voulait encore, il s’en voudrait toujours. De ne pas avoir été là. Il en voulait encore un peu à Liang, mais pas autant à lui-même, de ne pas avoir insisté pour rentrer à la maison de temps en temps. De n’avoir même pas proposé. « Alors c’est pour ça que tu voudrais qu’on se marie ? Qu’on ait une famille ? » Du mieux qu’il pouvait, il tentait de cacher les sanglots dans sa voix. Il était consterné, il en avait assez de cette soirée, de la famille Kamiya toute entière. Il ne voulait pas perdre Haruto, mais ce soir, il l’agaçait, il l’énervait. Qu’est-ce que c’était ? Une petite rébellion de l’enfant modèle ? Sortir avec un homme pour lui apprendre ? « L’avenir dont tu parles, c’est juste pour montrer à ta mère que c’est « sérieux » ? » Il rit, encore plus consterné. Secouant la tête, il chercha quoi ajouter, mais c’était déjà bien assez. Bien trop ? Ils étaient différents, si différents. Il repensait à cette constatation qu’il avait pu faire quand Haruto l’avait quitté. Haruto ne pouvait pas comprendre ce que sa famille avait vécu. Et il constatait que c’était réellement le cas. Réalisait l’univers qui les séparait. « Je vais me débrouiller pour rentrer. » Détachant sa ceinture, il ouvrit la portière. « Bonne soirée, Haruto. » Et sans demander son reste, il se dépêcha de rejoindre le bord de la route avant que le feu ne repasse au vert, quelques secondes après. C’était assez pour ce soir. Comme disait souvent son père, si quelque chose ne va pas, le sommeil aidera à apaiser tous les problèmes. Ji Hoon n’était pas persuadé que c’était vrai, mais ce soir, il voulait au moins essayer. Il ne pourrait pas fuir Haruto, la conversation n’était pas terminée. Mais il ne voulait pas pleurer devant lui, il ne voulait pas passer sa frustration sur lui, ni même la lui montrer. Il ne pourrait tout simplement pas comprendre.


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     Mar 6 Fév - 0:06

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Une connerie ? Comment Ji Hoon pouvait dire une chose pareille ? Depuis qu'il avait accepté ses sentiments pour lui, depuis qu'ils s'étaient officiellement mis en couple, depuis qu'il avait réalisé vouloir finir ses jours à ses côtés, Haruto s'était imaginé construire quelque chose avec lui. Dans un futur pas forcément proche, il se voyait fonder une famille avec lui, qu'importe les moyens. Adoption, mère porteuse, kidnapping. Il ne savait pas quand, ni comment, mais il le désirait vraiment. Pas encore, évidemment. Ils étaient jeunes, il avait envie d'en profiter le plus possible – et ils avaient leurs deux petits chiens. Le Japonais ne s'était jamais vraiment demandé si Ji Hoon en voulait ou pas. Avec lui. Mais combien de fois l'avait-il mentionné, quand ils commençaient à se fréquenter ? Certes, son meilleur ami s'imaginait avec une superbe femme, à ces moments-là, mais l'information était tout de même restée dans la tête de Haruto ; Ji Hoon voulait des enfants. Et puis, cette fois où ils en avaient plaisanté ensemble ? Un peu de sérieux s'était mêlé à la discussion, il aurait pu le parier. Ces deux garçons et cette fille. Bien sûr, cette fratrie était fantasmée, mais les faits étaient là ; Ji Hoon, encore une fois, voulait des enfants. Et quand ils gardaient Rika, combien de fois s'était-il dit que son homme se débrouillait très bien avec un bébé ? Aussi, Haruto n'avait pas réfléchi plus loin pour plusieurs raisons, et la première était le fait qu'il n'en voyait pas encore la peine. Pas tout de suite, en tout cas. Ils formaient un jeune couple, après tout.

Pourquoi, donc, Ji Hoon s'énervait de la sorte ? Haruto avait le sentiment que son agacement ne venait pas seulement du fait qu'ils n'en aient pas parlé avant. Qu'il y avait autre chose, en vérité. Néanmoins, il ne voulait pas – ne voulait plus – sauter à des conclusions trop hâtives. Il était blessé, il avait peur de dire quelque chose qui dépasserait sa pensée, surtout maintenant. La dialogue. Combien de fois s'étaient-ils dit qu'ils devaient parler, quand quelque chose n'allait pas ? Il avait l'impression qu'ils n'y arriveraient jamais complètement. Ce sentiment lui déchira un peu plus le cœur. « Excuse-moi si pour moi c'est le cas. » Avoir des enfants, une manière de solidifier un peu plus leur couple. Un nouveau pas dans leur vie à tous les deux, ensemble. Il ne pensait pas que cela représentait une fin en soi, ni une étape obligatoire, loin de là, mais l'idée le séduisait. Peut-être un peu trop ? Mais alors, que s'imaginait Ji Hoon ? Comment voyait-il leur avenir ? Quel genre d'avenir voyait-il pour eux ? Cette discussion l'angoissa, soudainement. Il s'en voulait de l'avoir ici, dans cette voiture, devant la maison de ses parents, après avoir fait leur coming out. Ce n'était pas le bon moment. Ils ne devraient pas s'énerver comme ça. Parler calmement des problèmes, n'était-ce pas ce qu'ils avaient convenu ? En étaient-ils vraiment incapables ?

Les mots lui échappaient, Haruto parlait, répondait. S'en voulait. Mais Ji Hoon l'énervait. Pourquoi lui dire tout ça maintenant ? N'aurait-il pas pu attendre qu'ils soient rentrés, pour en discuter calmement ? Visiblement non, et le Coréen ne semblait pas prêt à baisser les armes. Et chaque réponse qu'il lui donnait faisait un peu plus mal à Haruto. « Mais qu'est-ce que tu racontes ? Quand est-ce que j'ai pu dire ça ? » Fronçant les sourcils, il reporta son attention sur son petit ami. « C'est comme ça que tu me vois ? Comme un bourge aspirant à une vie de bourge clichée ? Tu penses vraiment que c'est ce que je veux ? » Il allait ajouter quelque chose, mais se retint de justesse. Inutile de jeter de l'huile sur le feu. Ne pas lui balancer que dans ce cas-là, il aurait choisi une épouse docile et obéissante, une bourge sans cervelle que sa mère lui avait présenté. Jusqu'à quand ses erreurs l'empêcheraient de s'expliquer, de dire ce qu'il désirait vraiment, sans passer pour le plus grand hypocrite qui soit ? Jusqu'à quand est-ce que tout cela le poursuivrait ? Ne serait-il jamais pardonné ? « Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait jamais ? Personne ne sait de quoi demain est fait ! Pourquoi tu te montres si pessimiste ? » Haruto ne se voyait pas forcément défiler dans les rues pour défendre le droit des homosexuels d'avoir des enfants, de se marier. Mais s'il le fallait, pourquoi pas ? Tout changeait, tout le temps. Une perpétuelle évolution faisait tourner le monde. Il se refusait de croire que le Japon ne s'ouvrirait pas un peu, dans quelques années.

Le reproche suivant tomba comme un cheveu sur le soupe. Certes, Ji Hoon ne l'avait pas directement formulé comme un reproche, mais Haruto comprit sans mal le sous-entendu. Passer du temps avec Keisuke. Il avait plus que raison. Père et fils Kamiya ne se voyaient plus aussi souvent qu'avant. Connaissant la situation dans laquelle se retrouvait son petit ami, le Japonais devrait justement en profiter un peu plus. Pourquoi alors lui balancer ça, exactement ? Même lui ne le savait pas. Un psychiatre, lui ? Le meilleur de sa promo ? Ça ressemblait soudain à une blague. Un froid bizarre s'insinua en lui. Il démarra, mais il se sentait extrêmement mal. Comment avait-il pu ? Il n'avait jamais demandé à Ji Hoon de lui parler. Parce que ce dernier n'avait jamais semblé être prêt à lui en parler, justement. Le deuil n'était pas encore fait, Haruto pouvait très bien le voir. Il le savait. Mais il ne voulait pas forcer son homme à s'exprimer sur le décès de son père. Il savait que c'était traumatisant, que c'était quelque chose avec quoi il devrait vivre toute sa vie. Ses regrets, sa peine, sa déception... Sa frustration. Mais ce n'était ni l'endroit, ni le moment de lui jeter ça à la figure. Quel mauvais petit ami il faisait ! Haruto s'en voulut tellement... Comment se rattraper, maintenant ? Il ne savait pas ce que c'était. Il avait grandi confortablement, il avait suivi des études qui lui plaisaient, il vivait tranquillement sa vie dans la ville qu'il connaissait depuis toujours, il n'avait jamais vécu loin des siens. Ses parents vivaient toujours. Et si c'était ça, le problème ? Pour le Japonais, ça ne comptait pas, mais pour Ji Hoon ? Combien de fois lui avait-il dit qu'il détestait les femmes comme sa mère ? Par extension... Les familles comme la sienne ? Lui-même, s'ils ne sortaient pas ensemble ? Le cœur du Japonais se serra.

Et il essaya bien de se rattraper, une fois à ce feu rouge. Mais encore une fois, il fut plus maladroit qu'autre chose, visiblement. La réaction de Ji Hoon le prouvait bien assez. Réaliser qu'il pleurait lui donnait envie de le prendre dans ses bras, mais il était comme paralysé. Ses mains tremblaient sur le volant, avant qu'il ne réalise que c'était tout son corps. Les mots de son homme le frappaient en plein cœur. Encore une fois, il avait été maladroit, encore une fois, il avait blessé celui qu'il aimait plus que tout au monde. « Non, ce n'est pas... » Il prit une grande inspiration, secouant la tête. Les mots restaient coincés dans sa gorge. Trop longtemps pour lui donner le temps de réagir quand Ji Hoon sortit de la voiture. « Ji Hoon !! » Haruto sursauta, une voiture venait de klaxonner derrière lui. Serrant les dents, il fixa la silhouette de son petit ami qui s'éloignait. Un nouveau klaxon. Décident de démarrer, Haruto bifurqua sur la route qui longeait le chemin qu'avait pris Ji Hoon. Se garant comme un sauvage, il attrapa ses clés, sortit de sa voiture, manqua d'être renversé par un livreur de curry indien en scooter, contourna le véhicule tout en le verrouillant, et courut après son petit ami. « Attends !  » L'attrapant par le bras, il le força à lui faire face. « Putain, Ji Hoon... » Haruto était au bord des larmes. « Pourquoi... » Sa main se serra sur son bras. « Pourquoi on y arrive pas ? » Se parler, s'écouter, se comprendre, s'excuser, se pardonner. Lentement, ses doigts se desserrèrent, mais impossible de le lâcher. « Je t'aime. C'est tout. Le reste, je m'en fous. Les enfants, la famille, la maison, le shiba inu, le restaurant, le petit appartement, le tour du monde, la mariage, les lunes de miel... Je sais pas ce qu'on aura. Je... » Il baissa la tête. « J'aimerais des enfants avec toi. J'aimerais qu'on ait une maison. J'aimerais aussi faire le tour du monde avec toi. J'aimerais que tu aies ce petit restaurant familial... J'aimerais plein de choses, et je sais qu'on aura sûrement pas tout, qu'on serait chanceux d'en avoir ne serait-ce que la moitié. » Prenant une profonde inspiration, le Japonais releva la tête. « Mais il y a un truc que j'aimerais. Et je compte pas y renoncer. C'est être avec toi. Vivre plein de choses, à tes côtés. Des expériences dont je rêvais, d'autres que j'aurais même pas imaginé... » Finalement, il le lâcha, mais ne le quitta pas des yeux. Haruto savait qu'il ne pouvait pas le retenir, il l'avait agacé, énervé, et pire que ça, blessé. « C'est toi que j'aimerais. Pour toujours. » L'amour de sa vie, et de toutes les autres.

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     Mer 7 Fév - 0:23

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Bien évidemment qu’ils ne pouvaient pas totalement se comprendre. Ils avaient grandi dans deux univers différents. Aucun élément de leurs enfances respectives ne se rapprochaient. Il était un peu triste de le constater. Ne pouvaient-ils pas essayer de se comprendre plutôt ? S’entendre sur quelques points. Ji Hoon le voudrait vraiment, il essayait. De comprendre le besoin de sa mère à l’unir à une femme de son rang. Haruto était quelqu’un de relativement simple. Il se contentait de peu, était toujours heureux, peu importe ce qu’on lui offrait, peu importe ce qu’on faisait pour lui. C’était bien pour ça qu’il était différent des autres aux yeux de Ji Hoon, qu’il était tombé amoureux de lui et pas d’un autre type de sa catégorie. Il était spécial, unique, il sortait du lot. Ce qu’il aimait le plus chez lui, c’était sa patience. Sa capacité à pouvoir écouter, comprendre. Même si cette faculté ne semblait pas présente ce soir. Ça brisait un peu le cœur du Coréen, mais il avait déjà remarqué cet océan qui pouvait les séparer quand il s’agissait de leur famille. Peut-être que Ji Hoon aurait dû se la jouer plus pauvre campagnard ? Chouiner sur son sort, lui rappeler toutes les cinq minutes qu’il n’est qu’un pauvre Sino-Coréen issu d’une famille pauvre, qui a grandi dans un village de pêcheur ?

Il se sentait mal dans cette voiture, à l’étroit. Avoir des enfants. Il n’y croyait pas. Peut-être que c’était bien le garçon issu du village de pêcheur qui ressortait ? Un esprit étroit, mais il ne pouvait pas concevoir que cela était possible. Au fond de lui, il voudrait des enfants. Un enfant, au moins. Il aimerait pouvoir trouver ça possible. Se dire qu’ils feraient de bons parents. Sans doute ? Il y avait un bon équilibre entre eux. Ils s’accordaient bien, savait se tempérer l’un et l’autre. Mais, deux hommes ? Il ne savait pas. Ji Hoon se demandait si c’était vraiment possible d’élever correctement un enfant sans présence féminine. Cette dispute était ridicule, comme tout ça n’aurait pas lieu. Pourquoi est-ce que son homme s’était-il emballé ? Même si l’adoption était ouverte aux couples homosexuels, quelles étaient les chances que cela soit accepté pour un couplé formé d’un Japonais et d’un Coréen ? Ce n’était pas possible, pas pour le moment, pas dans cette drôle d’époque qu’ils vivaient. Le temps que cela arrive, ils seraient déjà si vieux ! On ne leur confierait plus d’enfant.

Du fond de son cœur, il voudrait que ce soit possible, mais il ne pouvait pas en parler à Haruto. Bien trop énervé sans réellement savoir ce qui lui arrivait. Son regard se posa sur lui, il inspira plus fort, sourcils froncés. « Je sais pas Haruto, je sais plus ce que tu veux ! » Après tout, il avait failli s’y plier, à cette vie de bourge clichée. Mais il n’était pas assez énervé pour lui balancer ça à la figure. Il n’arrivait pas à oublier ce qu’il avait fait, cette manière odieuse dont il l’avait quitté. Plus simple de briser leur couple et épouser une laideronne riche pour faire plaisir à sa mère que de tout simplement dire la vérité. Aujourd’hui, il avait fait un grand pas en avant, mais pour autant, le Coréen ne pouvait pas oublier ce qui s’était passé quelques mois auparavant. « Tu veux qu’on passe notre vie à espérer un truc qui risque de jamais arriver ? » C’était ça qui allait les détruire, oui. Qui allait briser leur couple. Espérer encore et encore. Se battre tous les jours pour un enfant qu’ils n’auraient jamais. Tellement, qu’au bout du compte, ils n’auraient profiter de rien, seraient rester éternellement malheureux, à penser qu’il leur manquait quelque chose.

Ji Hoon ne voulait pas d’une autre frustration. Les mots de son petit-ami lui firent mal, sans doute un peu trop. Cela lui confirmait ce qu’il avait déjà pensé. Il ne le comprenait pas. Il ne pouvait pas comprendre. Il pouvait lui balancer ça au visage, il s’était même amusé à en jouer l’an passé. Abandonner sa famille pour faire sa petite vie. Haruto ne savait pas, il ne comprenait pas. Il ne savait pas la chance qu’il avait eu, sans doute ? Le Coréen voulait sortir de la voiture, ne plus le voir pour le moment. Il ne savait pas vraiment quoi penser de tout ça, quoi penser du fait qu’il ne le prenait sans doute pas au sérieux. Tout un autre univers. Un univers différent du sien. Son père n’aurait peut-être pas aimé les Kamiya. Il s’en fichait des classes sociales, tant qu’on s’en fichait aussi. La mère Kamiya les aurait sûrement méprisée. Il avait bien vu sa once de mépris quand Haruto lui avait annoncé, quand elle l’avait désigné. Son père lui avait toujours appris à être fier de qui il était, d’où il venait. Tant pis si on a pas d’argent, qu’on fait un travail que très peu valorisant. L’important, c’était nous, ce qu’on faisait, comment on agissait avec les autres. Les valeurs qu’on défendait. Il ne savait pas si Jong Dae apprécierait les valeurs actuelles de son fils. S’il pouvait, il lui certifierait qu’il n’avait pas oublié. Ni qui il est, ni d’où il vient.

Au fond, il était encore ce gamin trop ambitieux, qui voulait réaliser un milliard de rêve. Qui était encore impressionné par la taille des buildings de Tokyo. Par la taille de Tokyo tout court. Qui avait besoin de la mer pour se ressourcer, se calmer. Qui pouvait reconnaître et nommé une variété impressionnante de poisson. Des vêtements de luxe n’y changeait rien, même s’il avait les dernières technologies, il savait encore par quoi il était passé, il était reconnaissait envers ses parents pour ce qu’ils avaient fait pour eux. Ses parents qu’il n’aurait pas eu besoin d’impressionner, de leur prouver le sérieux de sa relation avec un homme en adoptant un peu. Ne souhaitant pas entendre ses explications, il décida de quitter la voiture, rentrer par ses propres moyens. Sa vue était troublée par les larmes, il se dépêcha de retrouver l’autre côté. Il aimerait changer tellement de choses, créer des miracles. Il aimerait qu’on puisse considérer sa relation avec Haruto comme ordinaire. L’épouser, adopter des enfants. Il voudrait remonter le temps, retourner voir son père. S’excuser, lui demander pardon, lui dire qu’il l’aimait. Il aimerait lui présenter Haruto, lui dire qu’il était heureux, même s’il lui manquait horriblement. Qu’il espérait encore le revoir. Dans leur maison à Seokgyo, il avait son canapé. Il avait toujours l’impression qu’en le contournant, il pourrait le voir affalé dessus, mains emmêlées sur son torse, à dormir. Ce n’était jamais le cas, il n’était jamais là.

Sentant son bras se faire capturer, il s’arrêta, reniflant discrètement. Pourquoi n’y arrivaient-ils pas ? Il n’en savait rien. Parfois trop différents, c’était leur force, mais leur plus grande faiblesse aussi. En guise de réponse, il haussa les épaules. « Je sais pas… » Il n’en avait pas la moindre idée. Baissant la tête, il l’écoutait en silence, souriant en l’entendant dire les lunes de miel. Définitivement, ils ne pourraient pas en avoir qu’une seule. Lui aussi voulait tout ça. Il voulait les enfants, le mariage, les lunes de miel, le petit restaurant… Mais plus que tout, être près de Haruto. Même sans enfants, sans maison, sans mariage. Tant qu’ils étaient ensemble, il serait heureux. « Je t’aimerais toujours aussi. » Peut-être que s’il pleurait encore un peu, c’était désormais d’émotion. On le lançait, il ne s’arrêtait plus. Riant en réalisant qu’il était ridicule, il secoua la tête. « Je veux juste pas que ça nous obsède, qu’on oublie de vivre… Qu’on soit rongé par ça… » Reniflant un peu bruyamment, il ferma les yeux pour se calmer, expirant profondément. « C’est pas le plus important pour moi. J’aurais voulu que tu évites de dire ça, parce que oui, on est deux hommes et on s’est jamais renseigné sur les possibilités. » Ils n’avaient jamais évoqué sérieusement le sujet. Doucement, il s’éloigna un peu de Haruto. « On a d’autres problèmes à régler avant de se projeter aussi loin. Je veux vivre le présent avec toi. Je sais que je veux que mon avenir soit près de toi, je sais aussi que je veux profiter de chaque instant qu’on nous donne. Tu réalises peut-être pas combien c’est précieux, mais je veux rien regretter. » Il ne voulait pas se dire qu’ils avaient manqué plein de choses en projetant un avenir qui n’arriverait peut-être pas. Le présent comptait plus que tout. Hors de question d’avoir d’autres regrets. Ji Hoon voulait vivre sa vie pleinement. Et sa vie allait de pair avec celle de Haruto. Il le voulait près de lui pour toujours.

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     Mer 7 Fév - 23:28

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“In the gray sky
There is a brighter light
Behind the dark clouds
There is a dazzling light
You shine like the stars
You light up my heart
At the end of today’s hardships
Brightly shine on me”


Non, Haruto ne voulait pas d'une vie bourgeoise. Il ne voulait pas vivre dans un cliché perpétuel, avec femme, enfant unique et shiba inu. Eventuellement, il voulait bien le chien, mais pas le reste. Ça ne l'avait jamais attiré, bien que pendant longtemps, il n'avait pas vraiment montré d'opposition, surtout devant sa mère. C'était pourquoi il ne pouvait pas la blâmer seule. Oui, Haruto savait qu'il avait une grande part de responsabilités dans ces fiançailles. Et il s'en voudrait toujours, sans vraiment pouvoir changer ça. Il ne pouvait pas effacer cette erreur, il ne pouvait pas faire comme si ça ne s'était jamais passé. Il le savait, et le regrettait tous les jours. Le mal qu'il avait fait à Ji Hoon, ce jour-là, il savait aussi que ce ne serait sûrement jamais oublié. C'était trop terrible, trop affreux. Il devait s'estimer heureux que le Coréen ait bien voulu continuer leur relation. Qu'aurait-il pu faire, sinon ? Haruto ne savait pas. Il aurait été perdu, pour le reste de sa vie. Mais ce n'était pas le cas. Il pouvait se rattraper, au moins un peu. Après le pas en avant fait ce soir, impossible de tout gâcher encore ! Parce que justement, Haruto avait la chance de pouvoir passer le reste de sa vie avec l'homme qu'il aimait, et il ne voulait pas la laisser passer.

Pourtant, il se retrouvait bien maladroit, une fois encore. Rien n'allait comme il l'aurait souhaité, la faute à son trop grand enthousiasme, ou à son imagination débordante, ou à ses plans d'avenir qu'l prenait un peu trop au sérieux. L'agacement profond de Ji Hoon était plus que compréhensible, et le Japonais entendait bien ce qu'il lui disait. Pourtant, il restait blessé par quelques propos qu'il pouvait avoir. Haruto s'imaginait leur avenir, certes, mais pas au point de se perdre dans ses rêves. Il connaissait les limites de leur couple, que naturellement ils ne pouvaient pas avoir d'enfants. Il savait qu'ils ne pouvaient pas se marier dans ce pays, qu'ils ne pourraient pas adopter. C'était des choses qu'il avait assimilé, mais pas forcément accepté. Devait-il vraiment devenir un fervent défenseur des droits homosexuels qu'il le ferait. Pour Ji Hoon, il était prêt à tous les combats.

Tous, sauf ceux contre lui. Haruto ne désirait plus se disputer avec lui. Ils avaient déjà assez souffert. Mais les mots dépassaient sa pensée. Après une soirée comme celle-ci, ils étaient tous deux à fleur de peau. C'était compliqué, mais il suffisait qu'ils se parlent, voilà tout. Haruto devait avant tout se calmer. Parler dans cette voiture, alors qu'il devait se concentrer sur sa conduite n'était pas la meilleure solution. Oh, combien il s'en voulait d'avoir amener le père de son homme dans la conversation. C'était trop cruel. Mais peut-être qu'au fond, il en voulait un peu à Ji Hoon de ne pas lui en parler. Pas parce qu'il était psychiatre, ça jamais. Mais parce qu'il était son petit ami. Son bien plus que ça. Haruto avait essayé de l'évoquer, mais ses tentatives s'étaient toujours soldées par un échec. Après tout, s'il se montrait toujours aussi cruel en le ramenant lors de moments sensibles comme ce soir, il était logique que son homme ne souhaite pas lui en parler. La mort du père de famille l'avait affecté bien plus que n'importe qui ne pouvait le penser, Haruto s'en doutait bien. Et c'était justement pourquoi il aurait aimé aider Ji Hoon à faire son deuil. Peut-être n'en parlait-il même pas à Liang, il ne savait pas. Il devrait. Cela semblait égoïste, mais cela peinait énormément le Japonais que de voir l'homme qu'il aimait se murer dans le silence à chaque fois que son père était évoqué, même le plus subtilement possible. Lors de leur escapade dans le chalet Kamiya, quand Haruto avait parlé de son enfance avec Keisuke, l'occasion s'était présentée, mais il ne l'avait pas saisie. Et aujourd'hui, le Japonais venait une fois encore de manquer son occasion.

Quand Ji Hoon quitta le véhicule, la panique envahit Haruto. Non ! Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça, ce soir ! Pas après la soirée qu'ils venaient de vivre, pas après ces mots qu'ils avaient eu. Leur histoire valait mieux que ça. C'était pourquoi Haruto ne le laissa pas fuir. Il l'avait promis, après tout. Il agirait, il parlerait ! Tant pis si Ji Hoon finissait pas lui en coller une, mais il était impensable qu'il le laisse partir comme ça. Le malaise avait assez duré ! Le rattrapant par le bras, il le força à le regarder. Son regard parlait pour lui, il ne le laisserait pas s'en aller avant de mettre fin à cette discussion. A ce malentendu. Voir son homme pleurer le plongeait dans un état de détresse profond. Sa seule envie était de le prendre dans ses bras, mais pas maintenant. Haruto n'était pas assez stupide pour faire ce faux pas. Avant de céder aux larmes à son tour, il laissa les mots coulés. Ils n'avaient sûrement pas de sens, il devait beaucoup se répéter, il s'embrouillait à coup sûr... Mais c'était son cœur qui parlait. C'était ce qu'il ressentait. Qu'importe, après tout ! Un enfant, trois, ou bien zéro. Une maison, un appartement, ou un bateau. Leurs carrières respectives, ou un restaurant ensemble. Tant qu'ils étaient tous les deux, ça lui allait. Sincèrement. Le reste, ce n'était que des détails qui rythmeraient leurs vies. Ils n'en avaient pas assez pour vivre tout ça. Haruto voulait croire en la réincarnation. Il savait que dans toutes, il retrouverait son seul et unique amour. Le seul, le destiné. Ji Hoon.

C'était pourquoi il voulait se battre pour lui, pour eux. C'était pourquoi, une fois encore, il lui déclarait son amour, car ça ne semblait jamais assez. Le Japonais se rendait bien compte que sa vue se brouillait, mais il retenait ses larmes, reniflant bruyamment alors que son petit ami lui répondait. Il hocha la tête, comprenant bien ce qu'il voulait dire. Bien sûr, il avait parfaitement raison. Lentement, avec hésitation, il leva les deux, les posant sur les bras de son homme, avant de les frictionner un peu, dans un geste qui se voulait tendre et rassurant. « Je suis désolé... Je ne voulais pas te blesser. » Ses mains se figèrent sur ses biceps, alors qu'il baissa la tête, reniflant encore. « Tu as complètement raison... Je me suis laissé emporté. » Son cœur lui faisait mal dans la poitrine. « Je ne voulais pas tout gâcher... » Ce dîner avait vraiment été important pour eux. Un grand pas en avant dans leur relation. Déglutissant bruyamment, Haruto releva la tête, plongea ses grands yeux brillants dans ceux de Ji Hoon. « Tu me rends tellement heureux, en vérité je n'ai pas besoin d'autre chose. Tout le reste... C'est un plus. Vraiment. » Un nouveau chien, un enfant, une grande maison, un petit restaurant... Qu'importe, si c'était avec lui. Lentement, ses mains glissèrent sur ses bras, cherchant les siennes. Maladroitement, il mêla ses doigts aux siens. Gelés. « Je vais arrêter d'être trop enthousiaste et de faire trop de projets dans ma tête. Ou de t'en parler avant, avant de le crier bêtement dans une réunion de famille. » Il rit un peu, mais son sourire retomba légèrement, alors que ses yeux se baissèrent à nouveau. Timidement, il se rapprocha un peu de Ji Hoon, collant son front au sien. « Je suis tellement désolé... » Fermant les yeux, il renifla, empêchant au mieux ses larmes de couler.

« Mon avenir, c'est toi. » Et c'était là tout ce qu'il aurait dû dire à ses parents. C'était ça, le plus important. « C'est toi que je veux... » Quitte à le rendre dingue, à penser à lui chaque jour. Ji Hoon lui manquait si vite, quand il n'était pas là. Presque timidement, ses lèvres se posèrent sur les siennes. Un baiser chaste, si doux. Se reculant un peu, Haruto sourit à son petit ami. « On doit parler des choses importantes. Je ne veux pas que tu gardes du ressentiment envers moi... Ne fuis pas, s'il te plaît. » Il était plus que sérieux, ses doigts serrèrent les siens. Haruto eut un petit rire sans joie, tandis qu'il reniflait une énième fois. « Je ne te mérite pas. » Une profonde tristesse l'envahit, et une fois encore, son regard fuit le sien. Et si Ji Hoon s'en rendait compte ? Et s'il le quittait pour ça ? Ce ne serait que mérité. Il serait perdu, mais il l'aurait cherché. « Je ne veux pas te faire souffrir, mais ces derniers temps, on dirait que je ne suis bon qu'à ça... » Et avant qu'il ne put s'en rendre compte, les larmes avaient commencé à couler. Riant de sa bêtise de chialer à un moment pareil, il leva les yeux au ciel, comme si la gravité pouvait aider à arrêter de pleurer. Reniflant une, deux fois, il baissa à nouveau les yeux vers son homme, soupirant avant de lui adresser un sourire triste. « Pardonne-moi d'être si stupide. » Haruto savait qu'il ne méritait pas que Ji Hoon accepte de l'écouter. Mais par amour, il voulait un peu y croire, pour qu'ils puissent continuer d'avancer ensemble. Sans s'arrêter, jusqu'à la fin.

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